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MessagePublié: 07 Juil 2005, 13:01 
http://www:soufisme.org.
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Les serviteurs du Tout Miséricordieux sont ceux qui marchent humblement sur terre et qui, lorsque des ignorants s'adressent à eux, disent: "Paix". Coran 25, 63
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Perspectives & enjeux
L'islam politique est une hérésie
entretien avec Faouzi Skali

Nous reproduisons ici une interview de M. Faouzi Skali, anthropologue, disciple d'une voie soufie (Qadiriyya Boutchichiyya) et auteur de nombreux ouvrages sur le soufisme [1]. Dans cet entretien, initialement paru dans Maroc Hebdo International [2], Faouzi SKALI rappelle les principes clairs et fondamentaux du soufisme, coeur vivant de l'Islam.

Maroc Hebdo International : Les événements tragiques de Casablanca ont amené de nombreux analystes à coller la même étiquette à tous les mouvements qui se réclament de l'islam. La confrérie Boutchichie a-t-elle échappé à la règle ?

Faouzi Skali : Il s'agit là d'une confusion bien malheureuse. A l'origine, l'islamisme s'est développé contre les confréries. Le soufisme a été définitivement désigné par le wahabisme comme un ennemi juré qu'il fallait éradiquer. Les islamistes ont puisé dans ce réservoir idéologique la majeure partie de leurs thèses.

On oublie souvent qu'au Maroc, l'offensive des wahabistes ne date pas d'aujourd'hui… Il suffit de lire le Kitab Al Istiqçaâ de l'historien Nassiri pour comprendre la guerre que livre ce mouvement pour détourner le pays de ses fondements culturels et religieux en s'attaquant plus particulièrement au soufisme des confréries. On y apprend qu'au début du 19ème siècle, il y avait eu des soulèvements populaires massifs contre l'incursion du wahabisme. De nombreux maîtres spirituels, comme Moulay Larbi Darkaoui, avaient conduit cette insurrection. C'est dire combien il est inadéquat de confondre, aujourd'hui, islamisme et confréries, extrémisme religieux et soufisme. Je crois qu'il est absolument indispensable à présent de clarifier les choses pour éviter l'amalgame.

MHI : C'est très bien, mais des confréries comme celle des Boutchichis ne tirent-elles pas également leur légitimité d'une idéologie bien particulière ?

F.S. : Contrairement aux idées reçues, les cheikhs [3] soufis se sont avant tout souciés de ce que doit être le musulman, de ce qui constitue généralement sa vie spirituelle, des devoirs qui lui incombent, non seulement par rapport à la religion, mais surtout dans ses rapports avec la société. Les guides spirituels ont de tout temps cherché à diriger les gens vers une conception de la religion qui leur permette d'atteindre un état d'élévation spirituelle grâce à leur bonne compréhension.

MHI : ne s'agit-il pas alors d'une religion dans la religion ?

F.S. : Dans le Coran, il est dit qu'il n'y a "point de contrainte" dans l'Islam. La religion musulmane n'est en aucun cas le monopole de quiconque. Il est du devoir de chacun d'apprendre sa propre religion convenablement, comme il est de son devoir de la pratiquer autant qu'il le peut. Les extrémistes religieux se réfèrent à une interprétation complètement erronée des principes de l'islam, pour justifier des actes tout à fait arbitraires.

MHI : La confrérie des Boutchichis organise régulièrement des rassemblements où sont conviés des milliers de personnes. D'aucuns trouvent ces rassemblements plutôt suspects ?

F.S. : Je ne pense pas qu'on puisse provoquer des rassemblements d'une telle ampleur, inciter au déplacement de milliers de personnes qui viennent de partout dans le monde sur la base d'une grossière manipulation. Ces personnes, de grands intellectuels, des savants, des penseurs qui ont pignon sur rue, qui ont une soif spirituelle sincère, choisissent la confrérie qui leur paraît être la plus proche de leurs convictions.

L'idée que la religion ne doit exister qu'en rupture de ban de la société, est une notion dangereuse. La mouvance qui est née contre l'islam traditionnel marocain a développé une idéologie du "pour ou contre", d'où les prêches enflammés et les appels au meurtre. Le soufisme, lui, est étranger à ce débat.

MHI : Vous voulez dire que le soufisme n'a pas de réponse au politique ?

F.S. : Pour les guides spirituels, le soufisme constitue un cadre d'élévation spirituelle et sociale du musulman. Mais pas question pour eux de prétendre apporter une réponse à toutes les questions. C'est pour cela qu'un penseur musulman aussi illustre que Ghazali disait que le faqih [4] n'a pas à donner de réponse politique. Par son caractère modéré, le soufisme marocain reste fortement impliqué dans le social et la maturité politique, c'est justement de ne pas tout confondre, chaque citoyen a sa propre opinion politique ; mais la politique, c'est un métier et à chacun sa spécialité.

"La religion qui apporte une réponse à toutes les questions" est une hérésie, ce qui correspond à une espèce de délire, à une déconnexion par rapport à la réalité.

MHI : Vous voulez dire que les extrémistes religieux sont complètement déconnectés d'avec le réel ?

F.S. : Comment définir quelqu'un qui décide de se faire exploser au nom d'une religion qui a pourtant sacralisé la vie ? Dans cet acte, il y a un déni de réalité poussé à son extrême. Le fait est dangereux, puisque la religion n'est plus une voie de réalisation sociale et spirituelle. On rejette l'histoire et le fait de vivre avec son temps, l'évolution pour recréer une religion des origines, dans une espèce de refonte de la religion jusqu'à en faire une véritable pathologie. Il s'agit d'une idéologie déconnectée avec la réalité. Quelqu'un avait trouvé un titre significatif "l'Islamisme est la maladie de l'Islam".

MHI : On a souvent tendance à considérer le soufisme dont se réclame la tariqa Boutchichie comme une alternative à l'échec de l'islamisme au Maroc. Qu'en est-il ?

F.S. : Les turuq [5], au Maroc comme ailleurs, ne cherchent pas à se placer contre qui que ce soit.

Contrairement aux thèses extrémistes, le soufisme est un hymne à la vie en groupe, il est au cœur de ce projet de société marocain qui a résisté à des siècles de combat contre l'obscurantisme. Les confréries ont été les gardiennes du respect des pluralités culturelles, religieuses ou ethniques avec des règles de vie basées essentiellement sur l'hospitalité, la générosité et la courtoisie.

MHI : Pour répondre à l'islamisme, certains préconisent de remiser le religieux dans les placards, pensez-vous qu'il s'agit là d'une réponse appropriée ?

F.S. : Le risque est grand de tomber dans un faux débat entre religieux et laïcs, entre musulmans et athées, Si on met le doigt dans cet engrenage, nous sommes alors bons pour vivre le scénario algérien. Parce que, aujourd'hui, le danger, c'est que la frontière entre "islam" et "islamisme" s'estompe et que chaque musulman devienne forcément intolérant et peut même être considéré comme un terroriste potentiel.

Au contraire, on doit pouvoir continuer à s'intéresser aux traditions religieuses, en les abordant, de l'intérieur.

S'attacher aux spécificités de l'islam marocain, avec cette spiritualité bien particulière qu'est le soufisme. Le soufisme mais également la référence au rite malékite qui fait partie de notre identité culturelle et historique. Revaloriser l'islam au lieu de le dénigrer, c'est la meilleure manière de lutter contre l'intégrisme.

[1] La Voie Soufie ; Traces de Lumières chez Albin Michel, Le Face à Face des Coeurs, Ed. Le Relié,

[2] Nous remercions chaleureusement Maroc Hebdo International et tout particulièrement M. Abdellatif El Azizi, journaliste, pour leur autorisation de reproduire cet entretien initialement paru dans Maroc Hebdo International N°560 du 31 mai au 5 juin 2003

[3] NDLR : Maîtres spirituels

[4] NDLR : juriste en droit musulman

[5] NDLR : Voies spirituelles soufies, confrèries

© L'Isthme 2005


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MessagePublié: 07 Juil 2005, 13:43 
http://www:soufisme.org.

©Tamurth.net HMM. 2002. Confreries religieuses, sainteté et religion Grande Kabylie
Elements de bilan d'une recherche dur un siecle (1850-1950)
Le lundi 15 décembre 2003.
Des mêmes auteurs...

Brahim SALHI est chargé de cours à l'université de Tizi Ouzou, responsable du département de langue et culture Amazigh. Ses travaux concernent principalement le système conférique, la construction de lignages religieux et le rapport à la scriptualité, sur le terrain kabyle. Ilexpose ici le cheminement d'un processus de recherche, de la phase de reconnaissance d'un champ de savoirs constitués jusqu'à celle du renouvellement des connaissances et des hypothèses. Face à l'accumulation des travaux passés, en l'occurrence ceux de l'historiographie coloniale et de l'historiographie algérienne des ordres confrériques, et sur un terrain concret d'investigation, la grande Kabylie, ce qui est donné à lire, c'est la double relation du chercheur à une tradition savante et à une configuration actuelle, la succession et l'activité de mise en concordance des positions qu'elle génère.
Il s'agit de tenter de faire le point sur une recherche qui, commencée en 1975, se prolonge aujourd'hui encore.

Une première étape s'est conclue par la production d'une thèse de troisième cycle (1) portant sur la Rahmaniya (1850-1950).

Une seconde étape (à partir de 1980) sur une problématique voisine mais sur un terrain plus précis, la grande Kabylie ou la Kabylie du Djurdjura, a pour préoccupation essentielle la nature du rapport Société-Religion.

Si nous devions absolument restituer la posture du chercheur par rapport à son objet, nous résumerions cela de la façon suivante :

Tout d'abord, une période dite "réactive" où tout le problème était de montrer que la perception de la confrérie par l'historiographie coloniale et l'historiographie algérienne était réductrice, non sans remarquer que l'image que la confrérie donne d'elle-même ne correspond pas davantage à la confrérie telle que les pratiques vivantes peuvent la laisser entrevoir.

Ensuite, une période où nous avons éprouvé la nécessité de rompre avec la démarche "réactive" et de poser le problème du renouvellement de l'outillage et de l'approche du religieux dans la société algérienne.

En effet, il ne suffit plus de répondre aux questions : qu'est-ce qu'une confrérie et comment fonctionne-t-elle ? Mais il faut également expliquer comment et pourquoi elle est un vecteur fondamental de l'intégration de groupes culturellement diversifiés au schéma de pensée islamique. Pour le cas kabyle, il apparaît clairement que la divulgation, à grande échelle et avec une réelle efficacité, du schéma et des significations coraniques est le fait de l'agent confrérique à compétence mystique et d'expression orale.

La confrérie entre le refus de voir et la culture de l'oubli.

En 1919, l'article d'Augustin Berque (2) marque une rupture avec la perception de la confrérie qui a prévalu depuis P.E. DE NEVEU (1846) (3) et C.Brosselard (1859) (4) et qui influence encore les travaux de L.Rinn (1884) (5), de O.Depont et X.Coppolani (1897) (6) bien que ces derniers nuancent quelque peu les contours de la confrérie.

Partant de données éparses et routinières, fournies par les rapports des Bureaux arabes et les Cercles militaires et d'un dénombrement approximatif effectué en 1851, P.E. DE NEVEU et C.Brosselard composent le modèle de la confrérie à partir des idées d'ordre religieux et de secte secrète. Ils se trouvent confortés en cela par l'accès à des écrits fondateurs de la Rahmaniya (C.Brosselard) (7) d'une part, et par deux faits de résistance militaire, d'autre part, qui révèlent effectivement les capacités martiales et politiques des confréries Qadriya (la résistance organisée de l'Émir Abd El-Kader) et Rahmaniya (la résistance de la Kabylie en 1856-1857). Se suffisant de ces éléments, parce que par ailleurs coupés de tout relais sérieux en milieu algérien, ces auteurs dressent le profil de la confrérie : vocation politico-militaire, secret, solidarité transtribale voire transnationale, hiérarchisation, discipline, sectarisme, exercice d'un contrôle total sur les populations. Il s'agit selon les termes utilisés dans cette littérature d'une véritable EGLISE. En fait cette vision est très fortement influencée par ce qu'Yvonne Turin (8) appelle le "souvenir de jeunesse" qu'ont pu représenter les luttes pour la séparation de l'Eglise et de l'Etat dans l'esprit de ces premiers "historiens" des confréries.

L.Rinn, O.Depont et X.Coppolani, tout en nuançant cette perception et la mise en évidence de la segmentation des confréries, restent attachés au schéma d'une structure fortement hiérarchisée, solidaire, à grande capacité militaro-politique, à densité doctrinale avérée et démontrant une continuité entre ordres soufiques orientaux et confréries locales.

En fait, l'ensemble de cette production inscrite dans le champ intellectuel de la colonisation était tout entier tendu vers la nécessité d'établir que les confréries sont plus un instrument politique qu'un vecteur de socialisation religieuse. De toute évidence, et cela ne peut étonner, il y a refus de voir le religieux. C'est dans le premier quart de ce siècle, avec Augustin Berque, que l'on commence à reconsidérer ces "confréries sectes".

L'historiographie algérienne a emprunté à la perception des auteurs cités les traits organiques de la confrérie. Elle inscrit la confrérie dans les mouvements de résistance paysanne (ceux de 1864, 1871...) mais elle postule la faillite du cadre et sa quasi-disparition dès la fin du 19ème siècle. Assumant l'approche et la philosophie islahistes, elle dépouille la confrérie de toute densité doctrinale et en fait le dépositaire de "l'obscurantisme" c'est-à-dire de quelque chose d'informe et de syncrétique.

Le mot confrérie ou tariqa disparaît quand bien même on évoque les grandes insurrections du 19ème siècle (insurrection d'El Mokrani, de Bou Amama, des Ouled Sidi Cheikh...).

C'est à la fois la culture de l'oubli et du refus de voir. Les repères de l'approche historique et ceux du discours universitaire sont puisés dans le discours et l'approche de l'islahisme qui, après une concurrence violente (après 1920-1950) avec l'agent religieux traditionnel, a imposé son statut de seul agent légitime en investissant (après 1962) les instances officielles du culte, disons autrement, en devenant une bureaucratie religieuse.

Cet oubli cultivé renvoie dans le champ religieux à une position dominée de la confrérie. Le discours religieux et l'agent religieux légitime (officiel) sont dans le système politique nouveau étroitement subordonnés au discours politique néo-nationaliste de nature "englobante". Le champ de la production scientifique en Algérie a subi cet effet d'enveloppement. D'où le choix de ses objets : la confrérie est un non-objet d'étude ou tout au moins un objet hérétique.

L'émergence du fondamentalisme notamment depuis 1989 introduit un nouvel enjeu. En entrant en concurrence violente avec la bureaucratie religieuse qu'il disqualifie comme détentrice du monopole sur le religieux, le fondamentalisme suscite un rapprochement de cette bureaucratie religieuse et de l'agent confrérique.

Sur le plan politique, il y avait grand intérêt à cette proximité qui s'exprime par un imposant séminaire des chefs de zawiyas et confréries sous l'autorité du chef du gouvernement (1991).

La presse fait des découvertes : Rahmaniya, Moussem dans le sud algérien... L'effet déracinant du fondamentalisme, sa nature menaçante et radicale font que la mémoire devient moins oublieuse dans la quête de repères religieux de résistance. Les arguments normatifs en usage dans le discours anti-confrérique se font moins incisifs.

Ce bref bilan témoigne de deux grandes difficultés pour le chercheur.

Celle de la validation de son objet d'étude dans un champ scientifique largement influencé par des schémas normatifs où l'objet confrérie reste durablement suspect.

Celle d'une construction d'une problématique du religieux qui échappe aux tentations "réactives". La démonstration du contraire et la dénonciation du pouvoir dans ces savoirs paraissent autant naïve qu'improductive. C'est pour ces raisons qu'il nous a paru utile, non plus d'interroger l'écrit peu disant et rare, mais de s'intéresser à la religion telle que le groupe la dit et la vit et en recourant au registre conceptuel des sciences sociales modernes.

Pour une approche renouvelée du rapport société-religion (à partir de l'exemple kabyle)

Comment l'islam s'est-il enraciné en grande Kabylie, zone berbère fortement préservée jusqu'à la pénétration française (1857) ?

Les modalités de pénétrations violentes, militaires, ne sont pas en regard des sources historiques dont nous disposons, celles qui ont prévalu dans cette zone. L'islam semble s'être inséré dans la société kabyle sans heurt et sans bouleversement majeur des contours généraux de l'organisation sociale.

Il s'agit pour nous de comprendre comment le schéma structurant de la pensée islamique (d'après la définition qu'en donne M.ARKOUN) (9) a pu être divulgué à grande échelle et comment il s'enracine durablement.

En analysant la situation telle qu'elle se présente au 19ème siècle et au début du 20ème siècle (avec l'accès à des sources écrites, en interrogeant les pratiques vivantes actuelles et la production symbolique....) deux vecteurs paraissent être essentiels et ont fortement contribué à la divulgation massive et à l'enracinement du schéma islamique. D'une part, les lignages religieux ou M'rabtin au 15-16ème siècles et, d'autre part, une confrérie religieuse (la Rahmaniya) à la fin du 18ème siècle.

La pauvreté des données pour la période antérieure au 15ème siècle (ainsi les quelques pages consacrées par Ibn Khaldoun aux Zwawas) (10) renseigne peu et mal sur d'éventuels contacts qu'aurait pu avoir la grande Kabylie avec les tribus voisines (à l'Est ou à l'Ouest) et donc sur d'éventuels supports de diffusion de l'islam.

Globalement, nous avons en fonction dans la société kabyle (18-19ème siècles) deux séries d'éléments.

Tout d'abord, un type d'institution religieuse : la Zawiya ; les réseaux de zawiyas relativement denses datent du 15-16ème siècles avec l'émergence des lignages religieux. Ce sont ces mêmes réseaux qu'emprunte la Rahmaniya dans son expansion à la fin du 18ème siècle. En outre, ce sont les lignages religieux qui servent de relais concrets à la pénétration confrérique.

Ensuite, deux savoirs en circulation dans cette institution ; un savoir coranique, scripturaire transmis sur le mode récitatif, et un savoir mystique qui est une lecture particulière du corpus coranique, diffusé sur le mode initiatique et supposant, en principe, le recours à l'écriture, mais, dans les fait, seuls les agents confrériques au sommet de la hiérarchie, chioukh et moqqadem, ont accès à l'écriture et au savoir mystique véhiculé par écrit.

Ces deux savoirs sont portés par deux profils d'agents religieux : le taleb à compétence coranique et scripturaire et appartenant en général à un lignage saint ; le khawni agent apparu avec la confrérie, à compétence mystique et essentiellement orale, d'origine laïque en général.

L'univers religieux de ces deux agents et leurs savoirs participent d'un même schéma de pensée islamique structurant durablement les visions du monde et reformulant les significations véhiculées par le vieux fonds berbère.

A partir de l'observation des itinéraires des agents religieux, notamment leur mode d'insertion dans la société kabyle, leur fonctionnement effectif et pratique, nous concluons que l'agent confrérique a été socialement plus efficace dans l'enracinement du schéma de pensée islamique.

En effet, le taleb apparaît, dans la société kabyle, comme un agent privilégié de la gestion d'une "scripturalité restreinte"(11). Cette dernière, usant du statut ontologique de la langue de la Révélation, fonctionne sur le mode de l'imposition. Un nouveau rapport à l'écriture émerge. La graphie en ce qu'elle est sacrée introduit un rapport fétichisé. Le taleb fonde ainsi son statut non seulement sur la transmission d'un savoir rudimentaire mais aussi sur un glissement vers la sphère du magique dans laquelle il associe à l'écriture sacrée des vertus prophylactiques (12). Toutefois, le savoir scripturaire dont il détient le monopole reste circonscrit dans un monde clos. Cet agent religieux a surtout contribué à coraniser la société kabyle (13). Cela signifie que la lettre coranique et la graphie qui en est le support existent dans cette société avec comme vocation principale l'enracinement d'un habitus (14), d'un réflexe social qui les consacre sans que l'on puisse parler d'une maîtrise ouvrant sur une "rumination intellectuelle" et donc d'une explicitation efficace de l'univers religieux contenu dans le Livre.

Ce travail sera dévolu à l'agent confrérique.

Le khawni n'a pas de compétence scripturaire contrairement au taleb, mais il agit dans la société kabyle comme agent privilégié de la transmission et de la reproduction d'une culture religieuse, s'inspirant à la fois de la "scripturalité restreinte" des tolbas à laquelle sont empruntés les schémas islamiques centraux et de la culture locale. Le support de cette culture religieuse élargie est le dhikr.

Le dhikr tel qu'il est pratiqué par les khwans kabyles est l'élément fondamental de la diffusion dans la société de l'univers des significations islamiques, pour plusieurs raisons.

Sa thématique révèle un savoir islamique intégré. En effet, elle fait appel à des éléments locaux (hagiographie locale) et à des éléments centraux ou universels (coraniques). A ce sujet, l'analyse de chants religieux, par Y.NACIB, est édifiante (15). On y relève, par exemple que "le nom du prophète est évoqué dans tous les chants religieux kabyles, celui des saints locaux connus pour leur ascétisme aussi". Il est vrai cependant que les références aux éléments coraniques prédominent, ce qui indique une restructuration de l'imaginaire régional autour du schéma ou du pôle central coranique. Mais ce dernier est mis en relation avec le pôle du sacré local.

Le mode de transmission de ce savoir est l'oralité. C'est une modalité non-savante. Elle utilise une technique attrayante, le chant, et elle est accessible au plus grand nombre de par le véhicule linguistique qu'elle utilise : le berbère.

Les khwans kabyles ne font pas que transmettre un savoir religieux, ils le composent, et chemin faisant, ils l'adaptent aux demandes. En ce sens, ils sont à la fois des agents religieux mais aussi plus généralement des agents culturels.

Le dhikr, en grande Kabylie, est à la portée de tout individu qui peut le mémoriser et le répéter. En outre, des individus peuvent composer le dhikr sans avoir le statut de khawni. Le khawni, par le biais du dhikr, assure une fonction sociale de familiarisation avec l'univers religieux, et une fonction d'éducation religieuse non-savante s'insérant parfaitement dans l'univers de l'oralité.

L'observation de veillées funèbres le montre bien. Alors que la psalmodie des versets coraniques, de la compétence des tôlbas, se déroule comme un rituel clos et indéchiffrable pour le plus grand nombre (i.e. tous ceux qui n'ont pas de compétence scripturaire), le dhikr tout en étant accessible à tous, fait simplement appel à l'émotion (16).

Pour toutes ces raisons, exposées ici de façon schématique, nous estimons que l'agent confrérique a été plus efficace dans l'enracinement du schéma islamique. Il a pu mieux que l'agent à compétence scripturaire en populariser les éléments et les relier au pôle du sacré local. Dans le champ religieux de la société kabyle du 19ème et du 20ème siècles existe une hiérarchie des statuts religieux fondée sur la référence à une généalogie sacrée et la possession de la compétence scripturaire. Le taleb occupe de ce fait un statut dominant par rapport au khawni qui ne possède souvent ni l'un ni l'autre. Toutefois, la pratique religieuse fait apparaître une division du travail religieux dans laquelle le khawni occupe, de par son profil et sa vocation, une position privilégiée parce que c'est lui qui dans cette société orale accapare "l'oreille des croyants".

Le renouvellement de l'approche du rapport au religieux dans la société algérienne en général et au sein des différents groupes culturels (notamment la Kabylie) passe nécessairement par un retour vers les pratiques sociales de la religion analysées à partir des concepts socio-anthropologiques.

En ce sens, la norme est plus un objet d'étude qu'une grille d'analyse.

Brahim SALHI


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Notes :
1 Salhi M.B. Etude d'une confrérie religieuse algérienne : la Rahmaniya à la fin du 19ème siècle et au début du 20ème siècle. Thèse de 3ème cycle, Paris, EHESS, 1979.

2 Berque A. "Essai d'une bibliographie critique des confréries musulmanes algériennes", Bulletin de la société de géographie et d'archéologie d'Oran, T. XIX 1919, juin - septembre pp 135-175, décembre, pp. 193-233.

3 DE NEVEU P.E. Les khouans, ordre religieux chez les musulmans, Paris, Guyot, 1845.

4 BROSSELARD C. Les khouans. De la constitution des ordres religieux musulmans en Algérie, Alger, Tissier, 1859.

5 Rinn L. Marabouts et khouans, Alger, Jourdan, 1884.

6 Depont O. et Coppolani X. Les confréries religieuses musulmanes en Algérie, Alger, Jourdan, 1897.

7 Bachtarzi M. Kitab Ech Sharh. Manthoumat Er Rahmaniya, Tunis-Mohamedia, Imprimerie Qadriya-Rahmaniya 1807.

8 Turin Y. Affrontements culturels dans l'Algérie coloniale (1830-1880), Paris ; Maspéro, 1971. p. 112 sq.

9 Arkoun M. "Le concept de raison islamique" in Le Maghreb musulman en 1979. Paris, CNRS, 1981, pp. 305-339.

10 Ibn Khaldoun. Histoire des berbères. Paris, P.Geuthner, 1978, pp. 256-257.

11 Goody J. La Raison graphique, Paris, Minuit, 1979, pp. 61-107.

12 Salhi M.B. "Lignages religieux, confréries et société en Grande-Kabylie (1850-1950)". à paraître dans Arabica.

13 Voir la signification que lui donne F.Colonna "La répétition. Les tôlbas dans une commune rurale de l'Aurés" in Le Maghreb musulman en 1979, pp. 187-203 ; à savoir un mode d'imprégnation total engageant autant la mémoire que le corps.

14 Bourdieu P. Le Sens pratique, Paris, Minuit, 1980.

15 Nacib Y. Chants religieux du Djurdjura, Paris, Sindbad, 1988.

16 Champion F. et HERVIEU LEGER D. De l'émotion en religion, Paris, Centurion, 1980, voir notamment pp. 191-216, l'article de Sossie Andezian "La confrérie Issawa en Algérie".

Article paru dans Correspondances bulletin scientifique de l'IRMC

Vos réactions

Forum de l'article
> Confreries religieuses, sainteté et religion Grande Kabylie
8 janvier 2004, par RAZAK
J'ai lu avec intérêt cet article qui traite d'un thème trés sensible dans les sociétés musulmanes qui vivent une phase de crise identitaire et culturelle profonde.La kabylie, qui par sa religion dominate, appartient à l'islamité est à mon avis une des régions qui se sont le plus présevé, grâce entre autres à cet islam soufi , des conséquences désastreuses de l'islam politique(wahabisme,salafisme et FM).L'islam enseigné dans les zaouias confrériques, malgrés le fait qu'il soit quelque peu altéré par un certain ritualisme, est le plus proche de celui prôné par les grands maitres soufis et mystiques d'afrique de nord et d'Andalousie. Il est l'opposé de islam officiel proné par les ulemas et les tenants de l'intégrisme islamique. L'etat en adoptant cette ligne crypto-wahabite a combattu et relègué le spirituel, le mystique," l'Unicité en Dieu" et les grands principes humanistes et de liberté du coran, au profit d'un discour jurdiste, conjoncturel ,interessé, sans profondeur spirituelle et sans épaisseur théologique à l'origine de la terrible dérive sociétale dans laquelle s'est embourbé le monde musulman. Des études de ce genre sont à encourager pour nous permettre de comprendre et par la suite d'agir pour qu'on puisse entrer dans cette modernité ô combien difficile mais nécessaire pour nos sociétés. Bon courage Mr salhi ! !
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> Confreries religieuses, sainteté et religion Grande Kabylie
6 janvier 2004, par résistant à l'islam
Comment l'islam s'est-il enraciné en grande Kabylie, zone berbère fortement préservée jusqu'à la pénétration française (1857) ?

Les modalités de pénétrations violentes, militaires, ne sont pas en regard des sources historiques dont nous disposons, celles qui ont prévalu dans cette zone. L'islam semble s'être inséré dans la société kabyle sans heurt et sans bouleversement majeur des contours généraux de l'organisation sociale.


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AZul fellewen, Il est faux de dire que la religion mahométane s'est imposée en kabylie sans violence !Les sources historiques à lesquelles vous faites allusion ne sont évidemment qu'arabo-musulmanes ou découlant de la falsification dont ils sont passés maîtres à l'égard de l'histoire du peuple amazigh de l'afrique du nord.Les bérbéres ont résisté durant plus d'un siécle à la colonisation arabe !Alors pourquoi la kabylie devait être en reste de cette résistance ? ! Les confréries musulmanes n'ont rien apporté comme développement et prospérité aux kabyles.car leur seul but était la propagation de la doctrine islamique.D'où le seul "savoir"si l'on peut dire qui y enseigné se résume à l'ânnonement stérile des versets de cette doctrine religieuse.d'où l'état de déliquescence et de misére propres à toutes ces sociétes musulmanes. Ar tufat.

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MessagePublié: 07 Juil 2005, 14:05 
Swiss cheese & chocolate

Enregistré le: 06 Mai 2005, 09:35
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Localisation: CH
Juste comme ça entre parenthèses: Allah n'a en fait rien de miséricordieux.

Au début, à La Mecque, Mahomet n'appelait pas son dieu Allah, mais Ar-Rahman (le miséricordieux), du nom d'un dieu dont on retrouve des traces au Yémen. Plus tard, Ar-Rahman disparaît totalement du Coran en tant que désignation de Dieu. Mais ça fait bien comme introduction des sourates, ça fait «chrétien». Et puis ça «sonne» très bien en conjonction avec Ar-Rahim (le Clément).
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MessagePublié: 20 Juin 2006, 01:05 
Si ma tante
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Je viens de lire votre conférence sur le soufisme. Cette dimension “mystique” n’est-elle pas une pièce de plus à l’édifice de la schizophrénique de l’Islam? Dans la mesure où il n’y a pas de distanciation avec le contenu du Coran et les récits de la vie du prophète, tout cela n’est-il pas construit sur une base totalement perverse? Le soufisme n’est-il pas finalement une sorte de reliquat de pratiques antérieures à la colonisation musulmane, mais totalement coupé de ses racines premières et ré ancré” sur l’Islam, le rendant totalement dépourvu de son sens premier? Une transe animiste dans laquelle le Coran et Allah auraient remplacé les esprits? :?:


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 Sujet du message: Le soufisme*
MessagePublié: 20 Juin 2006, 06:26 
Hugh*

Quand je pense que l'obédience "franc maçonne" de mon meilleur copain a invité un grand "cheick" a leur faire une conférence sur le soufisme!

Il m'expliquait que c'était l'islam leight!
Il me disait aussi que c'était dans un but de savoir!
Je vais le regarder maintenant d'un oeil plus critique!

Cette entité FM est pavé de bonnes intentions suspectes à mes yeux!
On invite pas les nazis pour savoir comment ils pensent!

Attention je ne parle que de la loge de mon ami!


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MessagePublié: 20 Juin 2006, 06:45 
Uncle a écrit:
Je viens de lire votre conférence sur le soufisme. Cette dimension “mystique” n’est-elle pas une pièce de plus à l’édifice de la schizophrénie de l’Islam? Dans la mesure où il n’y a pas de distanciation avec le contenu du Coran et les récits de la vie du prophète, tout cela n’est-il pas construit sur une base totalement perverse? Le soufisme n’est-il pas finalement une sorte de reliquat de pratiques antérieures à la colonisation musulmane, mais totalement coupé de ses racines premières et ré ancré” sur l’Islam, le rendant totalement dépourvu de son sens premier? Une transe animiste dans laquelle le Coran et Allah auraient remplacé les esprits? :?:

Excellent, cher Uncle, et c'est d'autant plus vrai que le soufisme n'est absolument pas né à Médine; il est apparu lorsque l'islam s'est trouvé confronté à des cultures étrangères à celles de ses origines, byzantines (chrétiennes et grecques) dans un premier temps, "iranisées" dans un second temps. Au contact des chrétiens de Syrie au milieu du 7ème et au début du 8ème vont surgir des "hadîths"(paroles du prophète) se référant à certains passages des Evangiles; plus tard, à partir du milieu du 8 ème siècle et au 9 ème siècle , à Bagdad , au contact du zoroastrisme , fleuriront des hadîths empreints de la sagesse des Mages. La connaissance des Evangiles par les convertis chrétiens, la pratique de la sagesse persane par les convertis iraniens, la pratique "chamaniste" par les convertis turcs ou turcophones, tout cela va donner naissance , à travers les hadîths, à une étrange figure "mystique" de Jésus qu'il n'est pas toujours facile de distinguer de celle des Evangiles mais qui parfois s'en éloigne terriblement.. Comme vous le dites il y a là une réintroduction de pratiques "étrangères"coupées de leurs racines premières et réancrées sur l'islam :roll: :roll:D'où ce sentiment curieux que l'on éprouve avec la mystique musulmane , le sentiment du déjà vu . Mais totalement plagié, faussé, récupéré, bref "islamisé" et donc rendu incompréhensible car coupé de la significarion première des emprunts "juifs", "chrétiens","zoroastriens", "bouddhistes","indiens", un vaste syncrétisme qui n'a jamais voulu dire son nom mais qui, sous l'appellation "islam" , voyait ressurgir toutes les tentations, toutes les hérésies. Et vous avez entièrement raison de parler de schizophrénie car il y va y avoir déchirement entre la prétendue pureté des origines arabes, et la réintroduction de fragments de cultures religieuses étrangères par le biais du soufisme. En fait le ciment "musulman" sera cette idolâtrie du Coran et de son prophète que l'on retrouve chez le croyant le plus modéré, chez le combattant du jihâd le plus excité, chez le mystique le plus détaché.
Votre analyse est d'autant plus géniale ( sans flatterie) que le père Antoine Moussali se demande si, au fond, l'islam ne serait pas une religion de la jouissance, celle-ci se manifestant par l'incantation du verbe coranique répété à l'infini autour du nom d'Allah: " Le texte est rimé, rythmé comme pour envoûter et vous porter , vous transporter ailleurs. (...) . Le mot Allah est fait pour être répété à l'infini , au coeur d'une respiration haletante qui vous fait oublier et traverser les frontières de l'espace."


Dernière édition par Delcambre le 20 Juin 2006, 10:15, édité 1 fois au total.

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MessagePublié: 20 Juin 2006, 08:25 
Si ma tante
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J'en étais sûr! je suis génial... Merci Anne-Marie :lol: :lol: :lol:


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MessagePublié: 20 Juin 2006, 09:16 
Uncle a écrit:
J'en étais sûr! je suis génial... Merci Anne-Marie :lol: :lol: :lol:

Bien sûr que vous êtes génial, sinon pourquoi resterais-je sur ce forum !!
Pour en revenir à votre analyse , elle va tout à fait dans le sens de celle du père Antoine Moussali qui pose la question, à propos du jeûne de Ramadan:
"Pourquoi une ascèse aussi radicale des sens, le jour, est-elle suivie, la nuit, d'un débordement aussi intense de jouissance", (d'autant plus intense que les interdictions pèsent de tout leur poids et que la pression sociale est très forte !)

Cette jouissance, Antoine Moussali voit bien qu'elle est spéciale , jouissance de l'incantation, "jouissance sacralisée par l'enchantement de la prière privée et collective et culminant , pour les musulmans, dans la magie du verbe coranique ."

Mais, en fait, plus que de la jouissance , il s'agit de la transe des devins d'Arabie, mais aussi celle des sorciers chamanes de l'Asie centrale !

Alors vous avez entièrement raison, Uncle, c'est bien cela : "Une transe animiste dans laquelle le Coran et Allah auraient remplacé les esprits."

Mais n'était-ce pas aussi la seule façon de transcender, de sublimer pour oublier l'écart existant entre des textes rigides et immuables et un contexte qui exigeait le changement. La schizophrénie était , vous l'avez bien compris, encore une fois :wink: ,inévitable !

*Je suis contente de voir que "la schizophrénie de l'islam" vous plaît. Je le dirai à mon éditeur. :lol: :lol:
P.S Je crois que je vais laisser les fautes. C'est impossible de corriger :oops: :oops: BUG, BUG :shock:


Dernière édition par Delcambre le 20 Juin 2006, 10:18, édité 2 fois au total.

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MessagePublié: 20 Juin 2006, 10:09 
Si ma tante
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:oops: :oops: Votre livre m'a tant plus que je vais en envoyer un exemplaire à un ami accompagné également des "interdits"... Je les trouve très pédagogiques et passionnants.


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MessagePublié: 20 Juin 2006, 10:27 
Ange de l'orthographe
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Je viens de lire votre conférence :!: BRAVO :!: C'est fantastique, clair, net et précis ! J'ai adoré et en plus j'ai tout compris :D C'est vraiment super !
Merci Mme Delcambre ;)

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MessagePublié: 20 Juin 2006, 11:41 
[img]http://perso.numericable.fr/~battdelle/cadrl592.gif[/img]
Théo, pensez-vous que, elle, elle comprendrait ?
Eh bien elle doit avoir l'âge qu'avait Aïcha lorsqu'elle a épousé le prophète. :shock: :shock:


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MessagePublié: 20 Juin 2006, 12:03 
Ange de l'orthographe
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Enregistré le: 08 Jan 2006, 20:26
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Localisation: Quelque part entre une chaise et mon ordinateur
Je ne vous suis pas Mme Delcambre c'est du gif que vous parlez?

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MessagePublié: 20 Juin 2006, 13:04 
Africanus Rex
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Messages: 6654
Localisation: Entre Poitiers et Covadonga.
Le soufisme ne serait-il pas un élément de la taqiyya , encore une ruse pour piéger le gogo? après tout même le nazisme puisait dans une pseudo mystique , fut-elle de type néo-païen, dans un obscur Walhala(ça ressemble à Allah) avec ses Walkyries et ses tours de Jul.

Certes les textes d'un Ibn Arabi ou d'un Al Hallaj sont souvent beaux , peuvent parfois toucher, mais quel rapport intime ont-il avec l'islam le plus orthodoxe?

Et puis le fait d'apprendre qu'un Averroes présenté comme un grand philosophe était un cadi(un juge un docteur de la loi islamique) ce qu'il ya de plus strict , ce n'est pas très engageant .

Il ya sûrement des mystiques sincères , mais dans l'islam , je me pose des questions, peuvent-ils vraiment être mis sur un même plan que des hésychastes byzantins, des Angelus Silesius, Jean de la Croix catholiques ou des bonzes ou des méditants du bouddhisme zen, des saddhus hindous, des lecteurs juifs du Zohar et d'autres.

Dans le soufisme , j'ai l'impression que l'on vous sert le sucré et les bakhlawas avant la soupe à la grimace de l'indigeste Coran.
Beaucoup se font piéger vers une voie sans retour.

_________________
VIS ET HONOR
-Ne pas subir
-Frapper l'ennemi c'est bien. Frapper l'imagination c'est mieux (deux maximes attribuées au Maréchal de Lattre de Tassigny)


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MessagePublié: 20 Juin 2006, 16:55 
:oops: Cela sert à quoi que je mette une conférence en ligne ? :lol: :lol: :lol: :lol:


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MessagePublié: 20 Juin 2006, 17:01 
theo a écrit:
Je ne vous suis pas Mme Delcambre c'est du gif que vous parlez?

En fait Théo, j'ai trouvé le gif très drôle :oops: :oops:
Je dois avouer que sur ce forum il y a des libertynautes qui font des montages fantastiques: vous, Fantomas , Porkie, Stabilo :lol:


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