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MessagePublié: 11 Fév 2006, 09:06 
:arrow: Texte d'Elisseievna (merci)

Burgaud, le juge qui voulait écouter les enfants

Une réponse du juge m'a frappée.

Lorsqu'on lui a demandé pourquoi il avait maintenu des personnes en détention, le juge a repondu qu'un enfant lui avait dit en substance
"au debut je n'ai pas parlé j'avais peur, mais comme je vois que vous gardé les gens en prison, j'ai moins peur de parler maintenant".

Non le juge Burgaud n'était pas "isolé", il était au contraire entouré, cerné, par la préocccupation ou préjugé majeur de ces années : l'interdit de mettre en doute la parole des enfants, l'interdit de ne pas réprimer les pédophiles.

Ajoutez à cela que dans toutes les questions de discriminations et de harcèlement, la tendance est à demander le RENVERSEMENT de la preuve.

Ajoutez à cela, la demande faite aux experts psy de juger de FAITS, d'EVENEMENTS, uniquement au regard de leurs consequences psychologiques ... ce qui est largement une MISSION IMPOSSIBLE.

Dès lors comment s'etonner qu'un juge, devant des declarations et des expertises accusatrices, se laisse convaincre que les éléments accusateurs étaient serieux et les raisons de maintenir des gens en prison suffisantes ?

Comment s'étonner qu'un juge, manifestement d'un milieu petit bourgeois, et peut etre sans famille, ait eu énormement de mal à cerner la personnalité de gens dont la majorité venait d'un autre milieu, où l'on s'exprime differemment, et ait trop compté sur les services sociaux pour s'occuper des problemes familiaux que sa procédure provoquait.

Dans ce contexte, les questions des députés font preuve qu'autant d'autisme que l'attitude du juge Burgaud :
on lui demande, et redemande, durant des heures pourquoi il était convaincu, sur quoi reposait son intime conviction qu'il avait à maintenir les gens en detention etc...

Que peut il repondre d'autre que : c'etait mon intime conviction, au vu des elements que j'avais.

Pourquoi les députés ne demandent ils pas pourquoi personne : procureur, chambre d'accusation, n'a alerté ce jeune juge ?

Mais surtout, parmi ces éléments en possession du juge, il y en a un dont les députés font abstraction, faisant preuve de la meme étroitesse de vue que celle qu'il reproche au juge, et cet element c'est l'atmosphere des idées de ces dernière années.

Le juge a voulu que les enfants n'aient pas peur de parler.
Il s'y est pris de maniere catastrophique pour les adultes et leur entourage.
Mais est ce que les vieux députés, qui l'accusent d'avoir mal estimé les choses, qui lui reprochent de ne rien dire, quand ils lui demandent de but en blanc quelle réforme toute prete de la procedure pénale il aurait à proposer, est ce que ces vieux députés ont EUX, des solutions concretes à proposer pour proteger les enfants en périls, les enfants qui n'osent pas parler ?


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MessagePublié: 13 Fév 2006, 00:07 
[img]http://img273.imageshack.us/img273/6288/101fa7c7f3f2506d35a9jf.jpg[/img]
Le juge Burgaud aurait-il condamné Mahomet :oops: à cause de Aïcha ?? :shock: :shock:


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 Sujet du message:
MessagePublié: 18 Fév 2006, 14:48 

Enregistré le: 05 Juin 2005, 15:58
Messages: 131
Lettre ouverte à Pascal Clément, Ministre de la justice : Nous sommes tous des présumés Burgaud !

Vous avez le vendredi 17 février déposé plainte en diffamation contre le journaliste de Libération, Emmanuel Poncet, qui dans un article publié le 17 février 2006 aurait établi «un parallèle insoutenable et intolérable» entre le juge Fabrice Burgaud et le criminel nazi Adolf Eichmann.(1)

Pourtant le journaliste précise lui-même les limites de sa méthode comparative en écrivant : « Il ne s'agit ni d'assimiler le juge Burgaud à Eichmann, ni de comparer de dramatiques erreurs judiciaires à des déportations. Simplement de relever quelques analogies troublantes. Et dégager un profil psychologique courant, véritable ressort du système et du problème : le jeune cadre obéissant ».

Dans son article intitulé «Un cadre obéissant », Emmanuel Poncet fait référence au procès d'Eichmann à Jérusalem en 1960 et relève des analogies entre les systèmes de défense adoptés par Eichmann et je juge Burgaud : «Toutes proportions gardées, l'amère impression laissée par l'audition du juge Burgaud,(…) rappelle cet épisode ».

Et il poursuit, en parlant du juge Burgaud: «Malheureusement pour lui (mais aussi pour nous), ses propos résonnent singulièrement, et presque terme à terme, avec ceux d'Eichmann lors de son procès (…) Même si comparaison n'est jamais raison, cette ligne de défense est-elle si différente, au fond, de la fameuse «méthode employée pour l'enquête» dont se prévaut le juge Burgaud ? ».

Théorie du crime de bureau

Emmanuel PONCET s'appuie, dans son article, sur les analyses d'Hannah Harendt sur la banalité du mal, reprises par l'écrivain Rony Brauman, et plus tard par le psychiatre Christophe Dejours pour le milieu du travail.

Le journaliste s’appuie donc sur les théories du crime de bureau : « La philosophe allemande Hannah Arendt avait choqué à l'époque dans sa couverture du procès en invoquant la «banalité du mal». (..) Sa théorie du «spécialiste», de l'employé modèle, de l'exécutant discipliné, capable d'atrocités, peut éclairer certains aspects de cette affaire».

Dans une interview parue dans le journal Libération le 2 décembre 2005, Serge Portelli, le Vice-Président du tribunal de Grande Instance de Paris, déclare : « On se trompe lourdement en cherchant des responsabilités au mauvais endroit. La façon dont le juge Fabrice Burgaud a mené l'instruction est au centre des reproches, mais il faut se rappeler ce que ce juge a dit à Saint-Omer: il a affirmé qu'il était un bon technicien et que d'un point de vue technique il n'y avait rien à lui reprocher. Je pense qu'il avait raison. Il a fait son boulot, peut-être de façon un peu tendancieuse mais il a bien fait tourner la machine d'un point de vue technique. Tout comme sont «irréprochables» les 70 magistrats qui ont contribué à cette catastrophe ».
Il poursuit: « C'est toute la formation des magistrats qui est à revoir. La formation et la carrière du juge sont fondées sur le principe du caractère technique de son travail. Le credo de l'école de la magistrature est de former de bons mécaniciens du droit. C'est une erreur profonde, fondamentale. »

Les fonctionnaires nazis avaient également bien fait tourner la machine en ayant le sentiment de n’avoir fait que leur travail.
C’est d’ailleurs ce qui caractérise du crime de bureau que le philosophe Pierre Davreux décrit très bien : « c'est la fonctionnarisation de l’extermination ou le sentiment moral s’honore du souci scrupuleux de l’exécution professionnelle du travail, dans le respect pointilleux des normes administratives, des dispositifs organisationnels et de la division technique du travail ; avec, conséquemment, l’abolition du sens de la responsabilité des personnels dans le processus d’extermination puisque la distanciation assassins/assassinés ainsi obtenue protège les premiers de l’épreuve du contact direct aux seconds. »

Nous sommes tous des présumés Burgaud !

Il convient de relire cet article pour constater que le journaliste Emmanuel PONCET ne fait pas du juge Burgaud un bouc-émissaire : « La défense et l'attitude du juge Burgaud pendant son «procès médiatique» révèle cette question sulfureuse, scandaleuse pour nos sociétés : celle de l'obéissance. Du légitimisme. Du légalisme. De la soumission à une hiérarchie. A une procédure. A des pouvoirs en place. (…)La «vie de bourreau», en quelque sorte. Elle concerne chacun de nous, (..) Au quotidien, dans les écoles, les entreprises, des individus aux tâches morcelés, et par là se sentant irresponsables des conséquences qu'elles induisent, font vivre les structures sociales. Burgaud incarne le «cadre» universel, terne et modèle. Il questionne la fabrique des élites. Et pas seulement judiciaires. »

Mauvaise foi ?

Contrairement à ce que vous affirmez, le juge Burgaud n’a pas été « nazifié » par le journaliste. Le titre de l’article que vous incriminez est en soit révélateur : « Le juge constitue un dommage collatéral de la fabrique des élites formatées. Burgaud, un cadre obéissant ».

Quelle est la différence entre les formulations suivantes? :
1° « la monstruosité du juge Burgaud»
2° « la monstruosité du fiasco judiciaire d’Outreau ? »
3° « le calvaire monstrueux des acquittés d’Outreau »

Seules les deux dernières formulations sont pertinentes car elles expriment que la monstruosité réside dans les mécanismes à l’œuvre que le journaliste s’efforce de dévoiler en citant par exemple les travaux du psychiatre du travail Christophe Dejours avec sa théorie du normopathe : « Fervent exégète des théories d'Hannah Arendt, le psychiatre du travail Christophe Dejours a proposé le terme de «normopathe» pour qualifier ces jeunes hommes qui «se présentent comme des sujets hypernormaux, simples et sans complication». Comme Burgaud lorsqu'il croit servir l'institution judiciaire. Comme Eichmann lorsqu'il prétendait servir sa hiérarchie. ».

Le journaliste a également raison de mentionner Primo LEVI : «Dans un contexte historique extrême, les «normopathes» présentent toutes les qualités pour devenir «les mille fidèles, les exécutants aveugles des ordres reçus» que Primo Lévi dénonçait. »

Aussi je vous suggère de méditer sur la mise en garde de Primo Lévi : « Dans le monde réel, les hommes armés existent, ils construisent Auschwitz et les honnêtes et les désarmés aplanissent leur voie ; c’est pourquoi chaque allemand, plus, chaque homme doit répondre d’Auschwitz et qu’après Auschwitz, il n’est plus permis d’être sans arme » ( Le système périodique- Albin Michel – 1988)

En effet, en croyant répondre avec cette plainte contre un journaliste au malaise corporatiste des magistrats, vous risquez de vous rendre coupable d’aplanir la voie d’autres affaires d’Outreau

Car n’oublions qu’il s'agit d'empêcher, demain, d'autres Outreau, désastre judiciaire qui cache la forêt d'autres petites catastrophes qui se produisent au quotidien.

Nous avons bien là l’illustration de la pertinence de la méthode comparative employée par le journaliste : tout en rappelant et en respectant la spécifité de la Shoah, Emmanuel PONCET nous invite à percevoir que les enseignements de la shoah ont une vocation universelle comme par exemple éclairer les mécanismes à l’œuvre dans l’affaire d’Outreau.

Sémantique inappropriée ?

Comme les auditions de la commission parlementaire l’ont révélé, non seulement, les dérives dans l’affaire d’Outreau n’ont pas été corrigées en dépit de la soixantaine de magistrats impliqués mais cette absence d’esprit critique et de reconnaissance des erreurs commises par le Juge Burgaud s’est traduite par une altération de la vérité comme par exemple le Procureur de la République de Boulogne

Lors de l’audition de Gérald Lesigne, procureur à Boulogne-sur-Mer, Philippe Houillon (UMP, Val-d'Oise), rapporteur de la commission, a relevé un témoignage du coiffeur d'Alain Marécaux, l'huissier acquitté à Paris. Celui-ci explique à la police que Marécaux s'était mis à porter une barbe de trois semaines, ce qui arrondissait le bas de son visage mais précise que, quand on connaît l'huissier, on voit facilement que c'est lui. Or, dans un des réquisitoires de Lesigne, ça devient : «L'huissier s'affichait avec des barbes de différentes tailles, ce qui modifiait substantiellement le contour de son visage.» Lesigne acquiesce : «C'est vrai : la sémantique n'est pas appropriée.» Houillon se fâche : «Quand on renvoie les gens aux assises, il vaut mieux avoir une sémantique appropriée.»

Le moins que l’on puisse dire c’est que cela pose problème sur le plan de la déontologie et des pratiques de ces magistrats.

Plus qu’une sémantique inappropriée, c’est une faute qui devrait être sanctionnée car c’est d’altération de la vérité dont il s’agit.

Comment expliquer qu’une soixantaine de magistrats impliqués aient avalisé le travail juge Burgaud ? Celui-ci a d’ailleurs le sentiment de ne plus être soutenu : «Personne ne m'a dit que je faisais fausse route, ni le procureur de la République (...), ni le procureur général (...), ni la chambre de l'instruction.»

Ce n’est pas porter atteinte à l’indépendance des magistrats que de dénoncer le corporatisme c'est-à-dire une culture qui veut qu’en toute circonstances on pense d’abord à protéger ses collègues plutôt que de dire le Droit et le Juste. Or c’est cela qui devrait être sacré pour un juge.

Dans une interview accordée à Libé le 2 décembre 2005, Serge Portelli, le Vice-Président du tribunal de Grande Instance de Paris confirme le corporatisme des magistrats : « .Actuellement, lorsqu'un collègue prend une décision, au lieu de le contrôler, les autres magistrats sont solidaires. Une chaîne de solidarité se met en place et le contrôle n'existe plus. Plus personne ne contrôle personne car personne n'a cette culture d'indépendance du magistrat.»

La réaction corporatiste du Conseil supérieur de la magistrature (CSM)

Dans un avis transmis à Jacques Chirac, le Conseil supérieur de la magistrature dénonce la violation de la séparation des pouvoirs lors des auditions et critique les conditions d'auditions des magistrats devant la commission d'enquête parlementaire d'Outreau : « Au vu des auditions des magistrats par la commission d'enquête parlementaire (...), le CSM déplore que ceux-ci (les magistrats) aient été interrogés sur l'élaboration de leurs décisions juridictionnelles ».

Est-il acceptable sur le plan de la démocratie que les magistrats refusent ainsi le principe d'une responsabilité personnelle ?

Comment définir le principe d'une responsabilité personnelle sans porter atteinte à leur «indépendance»?

Plutôt que de déposer plainte contre un journaliste, je vous invite à plancher sur les réformes nécessaires en vous suggérant quelques propositions :

- le Conseil Supérieur de la magistrature, à l'instar du Conseil de l'ordre des Médecins, ne pourrait-il pas sanctionner lui-même le magistrat défaillant au lieu de ne détenir qu'un pouvoir de proposition ?
- les justiciables ne pourraient-ils pas saisir eux-mêmes le CSM ce qui permettrait de balayer définitivement les risques d'auto-protection du corps judiciaire? Car aujourd’hui, seuls les chefs de cour d'appel peuvent saisir l’instance disciplinaire du CSM.

Je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, à l’expression de ma haute considération.

Le 18 février 2006,
Messaoud Bouras

Citoyen justiciable et victime actuellement d’une erreur judiciaire de magistrats qui ont le sentiment de n’avoir fait que leur travail

(1) [url]http://www.liberation.fr/page.php?Article=360128[/url]


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MessagePublié: 18 Fév 2006, 16:51 
Quand on voit la frenesie hargneuse suscitee ici par mes critiques feminstes, on ne peut que constater que les bas instincts dominent les debats sur la morale sexuelle dans notre société,

alors que l'on cesse de poser comme coupable, des juges qui s'en remettent aux experts,

les coupables se sont tous ceux qui preferent rigoler de ces sujets, et s'accrocher a leurs privileges machistes, et preferent croire que seuls des personnes diaboliques et differentes d'eux s'en prennent aux enfants,

la realité c'est qu'il y a plus d'inceste que de pedophilie, plus de prostituants que de macs, et que si l'on tente d'occulter cela, les juges et la justice refleteront une ideologie "diabolisante" et "magique" qui fausse la realité,
la réalité qui est complexe, et ou les "salauds" sont bien plus banals et proches du machos de base qu'"on" ne veut l'entendre,

c'est pourquoi ils ne pourront pas ne pas commettre d'erreur, dans un sens ou dans un autre.

l'audition du procureur Lesigne, rappelant la valeur reconnue aux experts consultés et rappelant la puissance de l'idee de la pédophilie, montre bien que si le juge Burgaud fut appliqué, c'est bien en raison de ces convictions repandues dans la société, et non pas en raison ni de fautes "professionnelles" ni de "defauts" personnels.

cela fait des années que les feminsites denoncent la volonté d'effacer l'inceste en mettant en avant la pédophilie.
en resumé, cette affaire est le resultat de cela.

quand on voit la facilité avec laquelle :

1 - notre societe tombe dans des phenomenes de lychnage, de frenesie, de reaction viscerale (nb vous voyez que l'on peut eviter le terme hysterique - parenthese fermee)

2- SURTOUT, nos politiques oublient le principe fondamentale de SEPARATION des POUVOIRS ( non ce n'est pas par corporatisme que le CSM par la voie de Dominique Rousseau réagit !), alors qu'il fait partie de notre histoire depuis plus longtemps que la république elle meme,

alors on comprend que d'autres civilisations et societes, moins armees que nous intellectuellement, puissent se laisser emporter, et peut mieux etre enclin a vouloir à la fois les condamner mais les aider


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