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MessagePublié: 08 Fév 2006, 18:47 

Enregistré le: 31 Aoû 2005, 06:31
Messages: 5
Bonjour.
Un texte remarquable publié aujourd'hui dans la Zone, sous la plume de Jean-Luc Evard (auteur de Ernst Jünger, autorité et domination et de Signes et insignes de la catastrophe, aux éditions de L'Eclat) :
http://stalker.hautetfort.com/archive/2006/01/21/geographie-mentale-de-la-shoah-par-jean-luc-evard.html

Cordialement.


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MessagePublié: 09 Fév 2006, 07:56 
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Enregistré le: 30 Avr 2005, 01:16
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Un lecteur nous demande de mettre cette réponse en ligne...

"Je connais cette histoire des sources du national-socialisme, de la société secrète de Thulé et de cette vieille idée selon laquelle il fallait purifier le monde en le débarrassant des Juifs. Par contre, je me méfie de cette «symbolisation» du lieu d’accomplissement de la Shoah «à mi chemin entre Paris, capitale la plus occidentale du continent européen (encore que Madrid et Lisbonne soient encore plus occidentale) et Moscou , la capitale la plus orientale» qui me semble tirée par les cheveux, même si la shoah, décision qui défie la raison, relève d’ une quasi mystique de la haine. Comme toute mystique, l’hitlérisme s’est entouré de symboles. Mais le choix de la Pologne comme lieu d’accomplissement me semble plus prosaïque et pour une fois «rationnel». Ce pays destiné à devenir une colonie de peuplement allemand (c’est ainsi que Lodz, ma ville natale, devint la ville allemande de Litzmannstadt) abritait la plus importante population juive d’Europe (près de 3,5 millions) dont il fallait se débarrasser en premier. Il est à noter que l’URSS, en abritait moins (2,5 millions de Juifs.) Or, la majeure partie des victimes de la shoah dans ce pays ont été exterminées sur place par les sinistres Einsatzkommando (exemple: le ravin de Babi Yar près de Kiev) et non pas déportées vers les camps d’extermination polonais. Il est vrai que la région envahie ne disposait ni d’un réseau ferré dense ni d’autorités locales suffisamment coopérantes; l’extermination sur place était donc la plus «appropriée» et la plus «économique». Alors qu’en Europe occidentale, où la population juive était comparativement beaucoup moins nombreuse (France, Belgique, Pays-Bas totalisaient entre 350 et 400 000 Juifs), les nazis trouvaient une police locale opérant le «ramassage» des Juifs et des cheminots locaux pour les acheminer vers l’Allemagne où ils étaient relayés par leur collègues allemands. Du reste, notre SNCF facturait le transport des déportés et on n’a signalé de la part des cheminots, même résistants, aucun acte de sabotage susceptible d’entraver le bon déroulement des déportations."


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MessagePublié: 24 Avr 2008, 12:12 
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Enregistré le: 30 Avr 2005, 01:16
Messages: 6806
etabori a écrit:
les Arabes et les Palestiniens qui nient la réalité de la Shoah. Les articles qui nient la Shoah sont nombreux dans les médias arabes et rencontrent assez peu de contre pouvoir.

"La Shoah, je n'y crois pas" seulement quand il faut faire la propagande on utilise les comparaisons.
De même, des groupes palestiniens, dont l’Autorité Palestinienne et le Hamas, parlent maintenant régulièrement des combats entre Israël et le Hamas, comme d’un «holocauste .



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MessagePublié: 16 Fév 2009, 10:59 
Si ma tante
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Enregistré le: 01 Mai 2005, 13:46
Messages: 16595
Intéressante chronique de Trigano. Difficilement classable tant son analyse imbrique des sujets différents en apparence en les rendant pourtant cohérents... :wink: J'ai choisi pourtant ce fil... Mais j'ai failli le mettre sur le Fil Benoît XVI :idea:

http://www.controverses.fr/blog/blog_trigano.htm#c

Un scandale qui tombe à pic
par Shmuel Trigano publié le 12 février 2009

Nous avons pu assister, en ce début février 2009, à un phénomène idéologique étonnant. Les médias sont passés sans transition d’une violente hostilité envers Israël à un concours de vertu pour condamner la réhabilitation par le pape d’un évêque intégriste osant nier la réalité de la Shoa. Comme s’il n’y avait aucune contradiction entre la peinture judéophobique d’un Israël stigmatisé pour sa cruauté supposée envers les enfants et les civils et l’indignation que l’on puisse prétendre que les Juifs n’ont pas été victimes des nazis. L’accusation du meurtre rituel commis sur des enfants est un classique de l’antisémitisme.

C’est la deuxième occurrence d’un tel phénomène. Au terme de la deuxième Intifada, à l’occasion du 60 ème anniversaire de « la libération d’Auschwitz » (1), nous avions vu tout un continent, l’Europe, passer d’une violence symbolique, inédite depuis les années 1930, envers Israël et les communautés juives, à l’exaltation de la mémoire de la Shoa.

Ces manifestations paradoxales ne sont pas contradictoires. Elles sont au contraire l’illustration même de la nouvelle judéophobie ou, si l’on veut, du « nouvel antisémitisme » (2). Elles fonctionnent en effet de concert, l’une soutenant et compensant l’autre. L’exaltation de la mémoire de la Shoa vient authentifier la moralité et la pureté de l’accusation disproportionnée d’Israël que j’ai analysée dans mon précédent blog (3). C’est ce qui explique pourquoi il est impérieux pour cette idéologie que cette mémoire soit sacralisée et défendue scrupuleusement contre ses négateurs. Elle exalte un peuple mort pour mieux accabler un peuple vivant.

Car ce qui est en question de façon implicite dans cette posture c’est le destin et la condition des Juifs comme peuple. La Shoa les a détruit en masse et ils y ont connu un destin collectif qui tranchait sur leur condition de citoyens individuels. Ce que symbolise Israël pour tous les Juifs du monde et aux yeux du monde, c’est la résurgence positive et affirmative d’un destin collectif juif, politique et non pas mémoriel. C’est là que situe l’enjeu de l’hostilité, unique au monde, envers Israël aujourd’hui. On dénie aux Juifs la légitimité de leurs attributs de peuple souverain dans l’État d’Israël au nom de la célébration d’un peuple mort dans les camps.

L’exaltation de la mémoire est devenue un élément capital pour éviter que l’hostilité disproportionnée envers Israël ne soit tenue pour antisémite. Les critiques virulentes envers l’extrême droite, le négationnisme, etc, quand elles sont couplées avec l’hostilité envers Israël ont pour finalité systémique d’assurer cette défense (4).

J’analyse ici un phénomène idéologique, c’est-à-dire à un processus dont les acteurs sociaux qui en sont parties prenantes sont totalement inconscients et qu’ils ne maîtrisent pas, voire qu’ils dénieraient avec vigueur s'il leur était dévoilé. Le partage des domaines auquel ils se livrent généralement pour se justifier vise à brouiller les pistes : la critique d’Israël serait la critique de la politique d’un gouvernement et n’aurait rien à voir avec les Juifs ou la Shoa. C’est un argument dilatoire car cette critique est à nulle autre pareille pour aucun autre État dans le monde, et déjà, en l’occurrence, pour un mouvement de type fasciste comme le Hamas. Elle falsifie les données de la situation et néglige tout un ensemble d’aspects quand elle ne manipule pas le récit des événements de toutes sortes de façons qu’il est possible de démontrer et prouver par A+B. Ce qui est en jeu, c’est la légitimité de l’existence d’un peuple juif, qui implique celle de se défendre contre un ennemi invétéré.

La logique que je tente ici de porter au jour n’a elle même rien à voir avec le fait qui est à l’origine du scandale qui nous préoccupe, à savoir la déclaration négationniste de l’évêque intégriste ou la réaction des chrétiens, si ce n’est à un second degré si l’on se souvient que le symbole de la Shoa, tel qu’il est en usage aujourd’hui, désigne, dans la novlangue du politiquement correct, le peuple juif (assigné en l’occurrence à un destin de victime). Or, cette question du peuple, de la continuité de l’«Israël selon la chair » (le peuple juif) malgré l’avènement de « l’Israël selon l’esprit » (5) (le peuple chrétien) a joué un grand rôle dans l’antijudaïsme de l’Église. En tenant ces propos, l’évêque intégriste était conséquent avec son choix théologique. Si l’Église l’entérine, c’est la même régression qui est signifiée, alors que Vatican II avait proclamé l’intention de modifier cette donne originelle du christianisme. Le négationnisme iranien s’inscrit également dans cette perspective. Ahmadinejad a très bien compris le système symbolique de l’Occident contemporain : en niant la Shoa, il veut dire qu’il n’y a pas de peuple juif et c’est pour lui la meilleure façon de saper la légitimité d’un État d’Israël, l’expression la plus forte aujourd’hui d’un peuple juif. Quand le site de la conférence de sécurité de Munich réécrit le discours du président de l’assemblée nationale iranienne en en supprimant le passage sur la Shoa, c’est aussi dans cet esprit là.

Ajoutons une autre dimension comparative qui met mieux en valeur la réalité du phénomène que nous analysons. Que pèse la moralité de la réprobation universelle du pape comparée au silence total sur les discours du plus pur antisémitisme proférés chaque jour dans le monde arabo-islamique ? On n’en fait même pas mention au point que le citoyen lambda ne sait même pas qu’ils existent, et avec quelle puissance ! Qui s’est scandalisé de ce que les autorités de l’islam français n’aient pas prononcé la moindre condamnation des actes antisémites qui se sont produits en France dans la suite de manifestations meurtrières dans lesquelles la communauté musulmane a été absolument majoritaire ? Pas même les institutions juives promptes pourtant à condamner le Vatican. Qui s’est scandalisé du communautarisme virulent qui s’est manifesté alors ? Pire, qui s’est intéressé et scandalisé en France du retrait unilatéral des musulmans du « dialogue judéo-musulman » ? C’est à peine si la nouvelle fut mentionnée. C’est l’indice que l’on a jugé qu’elle était justifiée et compréhensible. Mais sur le pape, on peut tirer à boulets rouges ! On ne craint rien ! Indépendamment de la critique que l’on peut faire de la décision théologico-politique du pape, on constate ici la propension de l’Occident à se retourner contre lui même plutôt que contre l’islamisme.

Il est attristant de constater que les institutions juives s’inscrivent dans ce jeu symbolique et accréditent l’idée que la mémoire de la Shoa, dans l’usage que nous avons analysé, constitue effectivement l’unique priorité du peuple juif au moment même où c’est la légitimité de son existence qui est en jeu. La défaite en rase campagne de leur politique qu’elles ont subi ces dernières semaines avec le retrait unilatéral des musulmans du « dialogue judéo-musulman » n’est que le premier signe de leur déclin. On les retrouve, le 11 février 2009, dans la dénonciation avec le CFCM des propos de Le Pen à Marseille. En dehors du caractère effectivement raciste de ces propos, il faut souligner que cette condamnation, elle aussi, « ne mange pas de pain ». Elle s’insère dans le politiquement correct et la confusion des choses. Nous n’avons jamais entendu le CRIF rappeler à l’ordre le CFCM pour n’avoir pas condamné les manifestations antisémites et les désécrations de synagogues récentes. Par contre ses déclarations sur le pape ont été très relayées.

La critique du pape joue ainsi un rôle idéologique bien précis : elle retourne contre soi une critique qui aurait dû concerner les autorités silencieuses ou vociférantes de l’islam, tout comme la critique d’Israël retourne contre Israël la critique que le Hamas et l’islamisme méritent. Plus l’occultation du réel est épaisse, plus l’excès de la critique envers Israël est abusif et constitue le vrai scandale moral. Au fond la critique unilatérale d’Israël participe de ce même syndrome d’autodestruction de l’Occident. Morale, que de bassesses commet-on en ton nom !

Notes
(1) En fait libéré dans le cadre d’une avancée des armées alliées et pas d’une opération spécifique et expresse
(2) Cf. mon livre Les frontières d’Auschwitz, les dérapages du devoir de mémoire, Hachette Livre de Poche, Biblio-Essais, 2005
(3) En fait les bénéficiaires objectifs de la « mémoire de la Shoa » sont les Palestiniens.
(4) C’est ce qui explique que les tenants de cette idéologie sont congénitalement aveugles à l’antisémitisme islamique et à celui de l’extrême gauche. La menace ne peut venir que de la droite...
(5) Dans le jeu de chaises musicales de cette idéologie, ce sont les Palestiniens qui représentent l’Israël selon l’esprit face à l’Israël selon chair de la Shoa (chair cadavérique, relique sacrée, c’est la différence par rapport au passé lorsque la chair était maudite et corrompue)


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MessagePublié: 25 Avr 2009, 12:28 

Enregistré le: 01 Mai 2006, 15:35
Messages: 998
Au nom de « l’appel à la conscience » ils disent, ils agissent, ils se congratulent autour de l’opération « Aladin » à l’UNESCO : http://www.fondationshoah.org/FMS/spip.php?article884

Lisez une fois encore Shmuel Trigano posant les vraies questions, (r)établissant les faits et surtout, pointant les liaisons coupables ! Ils se rendent ni plus ni moins complices de l’avènement du monde cauchemardesque entériné par Durban II ! Ils ? Ceux que désigne ce pronom sont la Fondation pour la mémoire de la shoah, le CRIF, Jacques Chirac, les médias égaux à eux-mêmes, c'est-à-dire serviles et satisfaits…


http://www.controverses.fr/blog/blog_trigano.htm
Les deux fautes de la fondation de la mémoire de la Shoah

Shmuel Trigano 23 avril 2009

En lançant l’opération « Aladin » à l’UNESCO, en partenariat avec l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI), la Fondation de la Mémoire de la Shoah (FMS) a commis deux graves fautes, une faute politique et une faute morale. Ce n’est pas le projet de mettre le récit de l’histoire de la Shoah à la portée du monde musulman, et dans ses langues parlées, au moyen d’un site et sans doute à l’avenir de publications et d’événements, qui est en question. Ce sont les alliances problématiques qui le rendent possible et l’étrange troc politico-symbolique qui nourrit leur contenu. L’incompétence politique le dispute à l’indignité.

LA FAUTE POLITIQUE

Connaissez-vous l’Organisation de la Conférence Islamique ?

Son président était présent à l’UNESCO. C’est une Organisation internationale qui milite pour « défendre les intérêts et assurer le progrès et le bien être ... de tous les musulmans à travers le monde ». Fondée en 1969 à Rabat, après la tentative d’attentat contre la Mosquée El Aksa à Jérusalem par un fondamentaliste australien, son siège provisoire est à Djeddah, en Arabie Saoudite, dans l’attente de « la libération de Jérusalem ».

Sa charte (1972) lui assigne comme objectif « la défense des lieux saints de l’islam et la libération de la Palestine ». Sa création est une des conséquences de la conférence de Khartoum de septembre 1967 connue par sa devise des « trois non» : pas de paix avec Israël, pas de reconnaissance d’Israël, pas de négociations avec Israël...

C’est cette conférence qui décida de l’utilisation de l’arme du pétrole, prépara la guerre du Kippour (1973) et fit de la défense des droits du « peuple palestinien » (une des premières occurrences de ce terme) le but de sa politique. En mars 1989, l’OCI fut à la tête de la croisade contre le livre de Rushdie Les versets sataniques, et c’est elle qui agite « la rue arabe » chaque fois que l’Occident commet une « faute » envers l’islam.

En 1990, l’OCI adopte la « Déclaration des droits de l’homme en Islam » qui fait dépendre les droits de l’homme de leur conformité avec les principes de la Charia, une loi qui ne reconnaît pas l’égalité des non-musulmans et des femmes.

Connaissez-vous l’Alliance des Civilisations ?

Cette Organisation, qui dispose de budgets considérables venant des monarchies pétrolières du Golfe, est la poutre maîtresse d’un projet politique d’envergure mondiale : l’Alliance des civilisations (1) Née d’un projet du président iranien Mohamed Khatami (le Dialogue des Civilisations) pour s’opposer à ce qu’il croit être le projet de l’Occident, le « clash des civilisations », la création de l’Alliance fut annoncée lors de Durban I, puis elle s’institua à l’ONU sous la forme d’une instance à part entière. Dirigée par un Haut représentant, Jorge Sampaio, ancien président portugais, elle est soutenue par la Turquie, le Maroc et l’Espagne, convertie à ce projet au lendemain des attentats d’Al Qaida à Madrid. De nombreuses fondations, notamment européennes, des multinationales et la Commission Européenne en premier, le projet euro-méditerranéen, apportent leur soutien et leurs fonds à une entreprise qui ambitionne de développer le dialogue entre les civilisations mais dont les retombées (et les objectifs inavoués) visent surtout à briser le cadre universel des relations internationales qui se fondent sur le primat des droits des individus et des règles universelles pour les refonder sur des rapports de « bloc », de « civilisations » - de religions, en fait - qui préserveraient ainsi leurs normes spécifiques contre des normes universelles. C’est exactement ce qui motive une déclaration islamique des droits de l’homme... Il est clair que l’un des buts politiques les plus importants de l’Alliance est de sanctuariser l’islam dans le monde entier, d’interdire toute critique à son égard et de l’installer sur toutes les scènes de la culture occidentale comme une donnée centrale. Lors du récent Durban II, à Genève, l’OCI s’est faite l’avocate de l’interdiction mondiale du blasphème et elle l’a obtenu sous la catégorie de « haine religieuse », ce qui est pire.

Dans ce projet, les partenaires concernés sont embrigadés sous le jour lénifiant du « dialogue ». Les Juifs sont particulièrement sollicités tout en étant réduits au rôle de figurants. Il faut, en effet, impérativement donner le spectacle de l’entente et s’assurer de leur participation pour accréditer cette entreprise qui se met sous l’égide du mythe de l’« Age d’or andalou » (2). Comment croire à la pureté de ces intentions alors que tous les pays islamiques sont actuellement soulevés par une vague d’antisémitisme virulent dont l’OCI est l’un des plus importants facteurs? Nous sommes entrés dans une ère où la culture et la religion sont instrumentalisées à des fins exclusivement politiques : prestige, puissance, gloire. La diplomatie des « civilisations », qui n’est plus celle des États, annonce une ère de guerres identitaires et culturelles.

Elle met, dans son fondement même, l’Occident au banc des accusés en le contrastant avec l’islam, « religion de paix ». C’est ce qu’on lit dans « L’Appel à la conscience » signée à l’occasion de l’inauguration :

« L’Islam reconnaît le judaïsme et le christianisme comme des religions révélées. Les Musulmans considèrent les Juifs et les Chrétiens comme des frères appartenant au «Peuple du Livre» qui partagent tous le monothéisme d'Abraham ... Juifs et Musulmans, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, ont vécu ensemble pendant des siècles et, s'il est vrai que les Juifs furent souvent victimes de discriminations dans le monde musulman, ils furent rarement persécutés. A la différence de leur sort en terre chrétienne, les Juifs n'ont pas été contraints d'abjurer leur foi. Les premiers stéréotypes antijuifs sont apparus, dans le monde musulman, au XIXe siècle, lors de la conquête (sic) du monde musulman par les puissances coloniales européennes. Il importe de le rappeler. »


La déroute de la FMS

En s’inscrivant dans cette mouvance, la FMS, est tombée dans un piège majeur dans l’arène des symboles et de l’idéologie. Elle n’a pas hésité à mettre de côté le contentieux entre le monde arabo-musulman et le monde juif pour assurer l’image de la Shoa dans l’opinion arabo-musulmane, alors que le négationnisme qui s’y développe a pour finalité unique de délégitimer l’État d’Israël. La FMS a fait en somme de cette mémoire une « transcendance » complètement séparée du destin des Juifs.

C’est bien ce qu’on lit aussi dans « L’Appel à la conscience »:
« La compréhension par les Musulmans de l'Histoire des Juifs, comme la compréhension de l'histoire des Musulmans par les Juifs (remarquons le balancement qui partage les responsabilités) est pervertie par des mythes et de la malveillance, qui les rend insensibles à la souffrance de l'autre, passée et présente. Mais, parmi les nombreux sujets qui nous divisent, il y en a un qui doit être exclu du champ politique, idéologique et religieux. Il s'agit de la Shoah, le génocide nazi au cours duquel six millions de Juifs d'Europe ont été massacrés.»

On ne peut mieux entériner la « religion de la Shoah », vivante dénégation du statut historico-politique des Juifs qui fonde leur existence comme État ou communautés diasporiques, ce qui est aujourd’hui au cœur du nouvel antisémitisme et de la survie de l’État d’Israël. On ne peut mieux saper à la base l’identification et la compréhension du nouvel antisémitisme contre lequel la FMS est censée lutter, parmi ses attributions...

Le discours de Jacques Chirac lors de l’inauguration était très significatif de cette déroute. L’ancien président, comme d’ailleurs d’autres orateurs qui lui ont succédé, ont inscrit le conflit proche-oriental et leur soutien à la Palestine, dans leur adhésion : « J’ai dit aux Israéliens que la colonisation était une faute. On ne construit pas la paix avec son voisin en expropriant ses terres, en arrachant ses arbres, en bouclant ses routes… ». L’ancien président a également reproché à certains de « vouloir faire porter aux pays musulmans une culpabilité qui n’est en aucun cas la leur ».

L’histoire retiendra qu’il a mis en branle il y a quelques années la machine inquiétante du « devoir de mémoire » que j’ai eu l’occasion d’analyser dans mon livre Les frontières d’Auschwitz, les ravages du devoir de mémoire (3), et qui consiste à dissocier dans la Shoah le martyrologe des Juifs du peuple juif. Le premier est dûment célébré comme « universel », « humain », quasi spirituel (exactement ce que pensait l’écrivain François Mauriac) mais il est compris comme l’envers de la condition historico-politique de l’existence des juifs comme peuple vivant, sauf si les Juifs consentent à devenir les grands prêtres de cette mémoire : une belle façon de contourner et de sublimer la culpabilité de l’Europe. Dans cette mémoire étatisée à travers des Mémoriaux, des Fondations, des Chaires académiques, l’existence du peuple juif avec ses dimensions communautaires et politiques fait problème. Elle dérange le côté lisse de l’objet vénéré. Ce qu’a bien illustré le même Jacques Chirac, auteur de la « repentance », dans sa politique envers Israël. La révérence faite à la « mémoire » victimaire a couramment autorisé moralement et fondé politiquement l’accablement d’Israël, accusé de la trahir si bien que les bénéficiaires (moraux et... financiers) planétaires de cette mémoire sont les Palestiniens. Nous touchons ici à l’idéologie institutionnelle de la Fondation de la mémoire. La FMS, qui, à n’en pas douter s’est lancée dans le processus « Aladin » en s’inscrivant dans la mouvance chiraquienne, vient d’apporter une nouvelle confirmation officielle à ce système idéologique, qui éclaire sa vocation idéologique implicite dans le paysage européen et mondial.

Que recherche la FMS avec « Aladin »?

C’est une question que l’on peut se poser. Il y a une naïveté sociologique à croire que le négationnisme arabo-musulman procède de l’ignorance des faits historiques. Il est au contraire de l’ordre de la croyance et de l’idéologie. Ce qui s’y trame, c’est moins l’histoire de la Shoah que le déni de l’existence d’un peuple juif qui aurait légitimité à la souveraineté. Si la Shoah en est devenu le vecteur, c’est parce que le peuple dans les Juifs en fut la cible, détruits en masse, toutes nationalités confondues. La Shoah pose la question du destin collectif des Juifs dans la politique moderne. C’est bien ce qui est en question avec l’État d’Israël. Dans le débat idéologique contemporain, y compris en Occident (4), la Shoah joue ainsi le rôle d’un substitut symbolique de la notion de peuple juif. Toutes les accusations d’excès de mémoire, de lobby juif, d’exploitation de la mémoire par l’État d’Israël ou les communautés juives, découlent de cette substitution symbolique. Tout lien de la Shoah au peuple juif est ainsi portraituré comme un dévoiement de la « Mémoire ». C’est une façon de dénier le droit d’exister au peuple juif au nom de la Shoah. C’est ce sanctuaire de la Shoah que la FMS veut défendre : aux dépens des intérêts et des valeurs des Juifs vivants.

En monde musulman, c’est pour mieux dénier le peuple juif que la Shoah est niée sous la forme du syllogisme suivant:

1) Le peuple juif n’existe pas
2) S’il existe (l’État d’Israël), c’est un mensonge (la Shoah)
3) L’État d’Israël ne peut exister que sur la base de ce mensonge et de la culpabilité de l’Occident qui a cédé à ce chantage.

Obtenir d’une institution juive qu’elle accepte la dissociation de la Shoah de la question cruciale pour la survie des Juifs que constitue aujourd’hui l’existence de l’État d’Israël est un atout considérable dans la lutte contre Israël. Elle rejoint toutes les déclarations arabes sur l’inexistence d’un peuple juif (5). Elle les absout des menaces proférées sur l’existence d’Israël. A ce compte, l’O.C.I. peut bien « reconnaître » la « mémoire de la Shoah »... Le bénéfice politico-symbolique est immense dans l’optique de ses objectifs. D’autant plus qu’elle entraîne un bénéfice secondaire : la condamnation de l’Europe (« colonialiste ») coupable, ce qui ne fait que rehausser l’excellence du monde islamique. Les stigmatisations de l’Europe coupable d’antisémitisme abondent de fait sur le site d’Aladin (cf. infra : l’étude de textes)

Quelle reconnaissance recherche la FMS ?

Quel type de reconnaissance de la Shoah, la FMS espère-t-elle ? En s’alliant à l’OCI et en plaçant donc son entreprise sous l’égide de « l’Alliance des civilisations », elle a choisi de ranger implicitement la Shoah dans le cadre du « patrimoine immatériel » de l’humanité où l’OCI a déjà placé la religion musulmane (« Convention pour la sauvegarde du patrimoine immatériel » adoptée par l’UNESCO en 2003 dans la lignée des Déclarations et Conventions sur la diversité culturelle (6). On retrouve toujours à ce propos la marque de Jacques Chirac qui a prétendu faire passer cette convention au nom de la défense de la francophonie contre la culture américaine mais qui n’a été adoptée que grâce au soutien des membres de l'OCI. La Shoah devient ainsi un élément de la Convention sur la diversité culturelle, ce qui revient à dire que la FMS a enfermé l’identité et toute la culture juives dans la mémoire de la Shoa, ce qui a de graves conséquences sur le plan de la compréhension de l’identité juive. En somme, la FMS a échangé la sacralisation de la Shoah contre la sanctuarisation de l’islam.

Il faut faire un peu d’histoire pour replacer cette démarche dans le paysage global et mieux comprendre ses tenants et aboutissants. La meilleure spécialiste en la matière, Malka Marcovich, nous renseigne à ce propos (7). « Lors de Durban I, l’inclusion de la mémoire de l’Holocauste a fait l’objet d’un troc entre l’Union Européenne et l’OCI, soit la mention de l’Holocauste en échange de la désignation particulière des Palestiniens comme victimes du racisme israélien... » « La mémoire de l’holocauste » (8) fut aussi reconnue pour mieux mettre en avant le caractère occidental d’un crime perpétré contre les Juifs. C’est ce que confirment alors « les déclarations finales (où sont émises des réserves au moment de l’adoption du texte), il apparait que l’inclusion de l’Holocauste sert à la condamnation des Européens plus qu’à la « reconnaissance » des Juifs. « La République islamique d’Iran a souligné que la mémoire de l’« holocauste » visait ici « l’holocauste des juifs » par les « Européens ». La Syrie est allée dans le même sens et a déclaré que c’était une « erreur » de la part « des Européens de vouloir faire partager leur culpabilité au monde » en donnant à l’Holocauste un caractère général. Le Qatar au nom de l’OCI a également souligné que les « pays extérieurs à l’Europe » ne pouvaient être « tenus responsables ». De même, les Émirats arabes unis (au nom également de l’Arabie saoudite, de Bahreïn, du Koweït, d’Oman et du Qatar) ont souligné le caractère européen de cette mémoire, et ont tenu à indiquer que « ce concept ne s’applique pas exclusivement à un peuple ou à un groupe particulier, comme l’illustrent clairement les pratiques racistes observées quotidiennement dans les territoires arabes occupés. »

L’inclusion de l’antisémitisme à Durban I soulevait le même type de problèmes. Il fut lié dans le même paragraphe à « l’islamophobie », réduisant la définition des attaques à l’encontre des Juifs, comme relevant uniquement de comportements contre la religion juive (puisque dans l’islamophobie il est question d’islam, de religion). Ainsi, est mis en œuvre le déni de la dimension politico-historique de la Shoah et sa transformation en réalité religieuse, ce qui conforte tout à fait le monde arabo-islamique pour dissocier la Shoah de sa signification politique centrale. Cependant, tout comme la mention de l’Holocauste, l’inclusion de l’antisémitisme a soulevé des réserves de la part de la République islamique d’Iran, qui a indiqué que ce terme devait « s’appliquer aux Arabes et aux Juifs », l’OCI soulignant pour sa part (sans même mentionner les Juifs) que « les Arabes constituent la majorité écrasante des Sémites ». Comme avec l’Holocauste, la « reconnaissance » des Juifs aboutit aux Palestiniens et à l’islam (9). En effet, les Juifs pourraient bien être traités d’« antisémites » s’ils étaient « islamophobes »... C’est bien ce tour de passe passe qui est sans cesse rejoué à la commission des droits de l’homme de l’ONU.

LA FAUTE MORALE

Une conscience juive a du mal à accuser le coup de l’indignité morale dont a fait preuve la FMS. En effet, le troc symbolique concernant Israël s’est doublé d’un autre troc concernant la mémoire des sépharades, bradée à bas prix pour obtenir une reconnaissance de la mémoire de la Shoa. La FMS s’est sentie en effet obligée de réécrire leur histoire pour fonder son entreprise. La lecture du site d’Aladin fournit un exemple rare d’historiographie où l’amateurisme le dispute à la complaisance.

On peut déjà se demander ce qui autorise la FMS à parler au nom du monde sépharade, à la mémoire duquel elle ne s’est jamais intéressée et pour la représentation duquel elle n’a aucun mandat légal, ni aucune légitimité. Ce que l’on pressent de mépris ethnique derrière cette façade de « bonne volonté » est accablant. « L’Appel à la conscience » déclare : « C’est une grave offense que de réécrire l’histoire pour des motifs politiques » ». On ne peut pas mieux dire ! Mais charité bien ordonnée commence par soi-même.

Cette institution est sortie du champ de ses attributions en instrumentalisant l’histoire des communautés juives originaires du monde arabo-musulman. Le récit historique des rapports judéo-arabes qu’elle propose, sur le site d’Aladin, fait bon marché de leur mémoire en évacuant l’essentiel du contentieux politique, historique et moral qui obère le rapport des Juifs et des musulmans aujourd’hui et qui est avant tout leur contentieux, à eux qui sont originaires de ces pays-là.

Le livre collectif, La fin du judaïsme en terres d’islam (Denoël), que je viens de publier sous ma direction tombe à point nommé. Il fait le clair sur cette histoire contemporaine », à laquelle j’avais déjà consacré 2 numéros de la revue Pardès (10). Il existe très peu d’ouvrages sur ce sujet car l’historiographie de ce drame concernant un million de personnes est un tabou, y compris en Israël. Un jour l’histoire de cette occultation sera aussi écrite. La FMS ne peut invoquer l’innocence et l’ignorance, en la matière. C’est un choix politique et moral qu’elle a fait en toute connaissance de cause de minoriser (par mépris ?) les témoignages et les faits de cette histoire pour « arrondir les angles ».

Bien avant la question du sionisme et de l’État d’Israël, c’est le statut des Juifs en islam qui est en effet en question dans le monde arabo-musulman. A-t-on remarqué qu’il n’y avait quasiment plus de communautés juives dans ces pays depuis les années 1970 ? Les faits historiques d’avant l’ère coloniale témoignent de ce que le statut des non musulmans, les dhimmis, n’engendrait pas seulement la condition de nation dominée, ségréguée, mais aussi et surtout un régime de vexations et d’avilissement, de tracasseries permanentes. L’OCI n’y a pas renoncé car dans la « Déclaration des droits de l’homme en islam », qu’elle a édictée (1990), il est statué que ces droits ne sont valides que s’ils sont en conformité avec la Sharia. Qui ne reconnait pas l’égalité, des Juifs, des chrétiens et des femmes.

Le scandale que représente la création d’Israël pour ce monde-là, c’est avant tout l’auto-détermination d’une nation (dhimmie) dominée. L’histoire tragique des Arméniens en quête d’indépendance en fut le premier acte. La disparition progressive des Arabes chrétiens dans ces pays aujourd’hui en est l’acte final. Au sortir de la période coloniale, qui fut pour ces nations dominées, on le comprend, une libération, les Juifs étaient en passe de redevenir des dhimmis. Le nationalisme y avait engendré un antisémitisme qui n’avait rien à envier à ses homologues européens et qui puisait dans un fonds islamique dont des livres entiers peuvent témoigner. De puissantes vagues antisémites ont conduit soit à leur expulsion, encadrée par un véritable « statut des Juifs » (Égypte, Lybie, Irak, Syrie), soit à leur exclusion de tous les domaines de la société, en fonction de processus sournois, et la plupart du temps d’une violence pogromique servant d’avertissement. Il n’y avait pas de place pour les Juifs dans les nouveaux États nations qui, très vite, adoptèrent le Coran comme loi constitutionnelle.
Tel est le B.A-BA du contentieux judéo-musulman, du Maroc à l’Iran. Il ne commence pas avec le sionisme et à cause de l’État d’Israël mais bien avant la période coloniale. Tous les documents historiques sont là pour en témoigner. La FMS a prétendu le clore pour solde de tous comptes.


LE NÉGATIONNISME DE L’HISTOIRE DU MONDE SÉPHARADE PAR LES TEXTES

Le modèle rhétorique de la FMS est facile à reconstituer à partir du discours qui nourrit le site Aladin. Il est intéressant d’y glaner des citations pour comprendre la stratégie idéologique qui est à l’œuvre. C’est le banc d’essai d’une réécriture négationniste de l’histoire.

La complaisance est son principe général. Il s’agit de flatter la partie islamique, ce qui se fait toujours, très systématiquement, aux dépens du christianisme et de l’Europe, présentés sous la forme d’une comparaison négative, de façon à faire croire à une plus grande complicité, une plus grande proximité des Juifs et des Arabo-musulmans. Cette complaisance ne fait que conforter un univers ethnocentrique qui méconnait avec suffisance le destin de ceux qui y étaient différents et elle favorise l’anti-occidentalisme.

Quand une mention est défavorable aux Arabes et à l’islam elle se voit toujours immédiatement équilibrée par une affirmation positive, de façon à annuler l’effet négatif, comme pour excuser et amoindrir la responsabilité. La comparaison avec la culpabilité de l’Europe joue à ce moment-là comme l’argument massue.

Aladin reproduit le modèle de l’idéologie dominante contemporaine qui récuse l’idée que deux « camps » s’opposeraient sur la scène internationale. Le concept de « camp » est inhérent à l’idéologie du « dialogue ». Il a pour origine le concept d’origine soviétique de « camp de la paix ». Il y a en effet toujours des « camps » mais la frontière passe dans chaque camp. En fait, elle passe surtout à travers le camp occidental (et bien sûr, juif) car le camp de l’OCI reste très compact, lui. La volonté de paix et de dialogue se traduit ainsi immédiatement par une guerre de l’Occident contre son propre « camp »: « Tout en ne cherchant pas à examiner les causes et les effets du conflit politique au Moyen-Orient ni ce qui est juste ou ne l'est pas, on voit que la nature de plus en plus religieuse d'une lutte territoriale a été le fait de différentes mouvances. Elles présentent ce conflit comme un clash de civilisations entre le monde musulman et la société occidentale. Des extrémistes présentent l'adversaire comme étant dénué de tout caractère moral et sans légitimité religieuse, les juifs et Israël étant présentés comme une « tête de pont » hostile établie dans le monde arabe en particulier et le monde musulman en général. La vérité, cependant, est que ce à quoi nous assistons n'est pas un clash de civilisations mais plutôt un clash à l'intérieur de civilisations. C'est un conflit entre divers éléments au sein d'une même culture religieuse. Entre ceux qui ont le sentiment d'avoir subi insultes et humiliations sur le plan historique, ce qui a provoqué leur aliénation, et d'autres éléments au sein de leur propre société ainsi qu'avec ceux qui sont extérieurs à leur culture religieuse. Le conflit interne est avec ceux qui cherchent à avoir des contacts constructifs avec d'autres sociétés dans le cadre d'une culture mondiale et d'une interaction positive avec la modernité. Ce clash « à l'intérieur même de civilisations, » signifie que des voix éclairées des deux côtés ont pour responsabilité de travailler ensemble non seulement pour devenir plus grandes que la somme de leurs différentes parties mais aussi pour apporter ce témoignage alternatif essentiel, à savoir celui de la coopération inter-religieuse et interculturelle ainsi que celui du respect mutuel. Plus particulièrement, les dirigeants musulmans et juifs doivent à leurs communautés et aux traditions de leur foi de réfuter toute exploitation destructrice de leur civilisation religieuse respective en tirant leur inspiration des exemples de la coopération et de la collaboration glorieuses du passé des enfants d'Abraham, musulmans, chrétiens et juifs, au profit de tous. »

La description de la dhimma, condition d’avilissement et de déchéance des Juifs est donc naturellement l’objet d’un déni. Le discours qui en rend compte témoigne d’une insensibilité de plomb à ce que fut la condition des Juifs en islam. Ainsi, Juifs et chrétiens « ont toujours joui d'une plus grande protection (équilibre comparatif) que celle dont bénéficiaient les païens. Pendant des siècles, le statut de la dhimma a été appliqué à (sic) juifs et chrétiens dans le monde musulman. Ce qui signifie qu'en contrepartie d'un paiement d'impôts supplémentaires des droits limités leur étaient accordés. » On fait équilibre à la dhimma en la comparant au statut des « païens ». Appliqué ? Imposé par la coercition !

Quand des exactions ont été commises, le « mais » arrive toujours très vite « Mais, en dépit de leur statut de dhimmi, les juifs étaient libres de pratiquer leur religion et ils vivaient mieux sous administration musulmane que sous administration des chrétiens byzantins. » Ce qui est une contre-vérité car le statut du dhimmi est un statut politique qui enferme les populations non musulmanes dans la religion, c’est à dire l’islam.

« En règle générale, les communautés juives qui étaient restées dans le monde musulman étaient protégées selon les termes du Pacte d'Umar. Et, si elles acceptaient leur statut de citoyens de seconde classe, elles vivaient paisiblement et en bonne intelligence avec leurs voisins musulmans. » On croit rêver et on se demande qu’elle est la conscience juive et le sentiment de dignité des gens qui font la FMS...

Le « miracle d’Al Andalous » est présenté comme si il avait été un phénomène suis generis et non le résultat d’une invasion et d’une conquête cruelle de djihad. Andalous était une terre où Juifs et chrétiens étaient des dhimmis, où il y eut des vagues d’antisémitisme théologique, de grands pogroms, etc.

La fin d’Andalous est présentée comme une menace venant d’un islam extérieur, de surcroît, justifiée par une menace chrétienne ! « Il y eut un revers de cette société relativement ouverte d'al-Andalus, puis sa fin, lorsque des armées sont venues d'Afrique du Nord pour aider à la défendre contre les chrétiens espagnols qui repoussaient les musulmans dans le nord, les chassant de leurs bastions. Les juifs subirent des restrictions sévères sous les régimes berbères islamistes et finirent par se déplacer vers le nord pour aller dans des régions conquises (sic) par les chrétiens et où, pour l'heure, ils étaient mieux traités. » C’est ahurissant, ces armées venues d’Afrique du Nord étaient les mêmes que celles qui avaient envahi l’Espagne. Par contre la Reconquista est présentée comme une conquête qui menace l’Andalousie...

Un peu plus tard, « la société islamique commença à faire place à une mentalité plus féodale, à la fois rigide et autoritaire. De nombreuses communautés juives durent (sic) s'installer dans des ghettos (qu’en de beaux mots ces choses-là sont dites !) et ici ou là (sic) des communautés juives et chrétiennes furent détruites. « Ici ou là » ? Toutes les communautés d’Afrique du Nord furent exterminées ! Faut-il parler de négationnisme ?
Les perles sur la dhimma s’enfilent, je les cite non exhaustivement :

le grand (sic, sic, sic) conquérant Omar Ibn Al-Khattab, calife qui spécifia les conditions d'octroi de ce statut aux protégés dans ce qu'on appelle le « pacte d'Omar ». Grâce au pacte, les « Gens du Livre » étaient autorisés à s'installer et à posséder des biens, à exercer librement leur culte, à entreprendre et à circuler. La soumission des « dhimmi » se traduisait surtout par le paiement d'une taxe de capitation (djizya) et des conditions de vie inférieures ». Merci pour l’autorisation ! Ils étaient là avant l’invasion arabe qui les déposséda de leurs biens et de leurs propriétés.

-« La situation sociale des Juifs découlait de leur statut juridique, de leur activité économique et de la tradition religieuse de leurs voisins. La masse des musulmans manifestait mépris à l'égard des dhimmi et des étrangers quels qu'ils soient, mais cette situation n'empêchait pas l'existence de bonnes relations de travail et parfois même de liens d'amitié. » « Découlait » ? Où est la responsabilité politique ?

-« Les Juifs n'ayant pas d'existence politique indépendante et ne constituant pas une nation contrôlant un territoire défini, bénéficiaient d'une présomption de loyauté envers les autorités, qui les traitaient bien, collectivement et individuellement. » Haïs par les masses, ils étaient les serviteurs obligés des potentats qui, parfois les livraient à la foule. Le chef de la nation juive était très souvent exécuté.

-« L'adoption de l'arabe par les Juifs introduisit non seulement un nouveau vocabulaire ; mais aussi un mode de pensée entièrement neuf, permettant aux Juifs des pays musulmans de participer à la culture dominante et de l'intégrer comme ils n'avaient jamais pu le faire dans l'Europe chrétienne ».
Ce qui est un mensonge si on oppose à cela l’exemple de la Pologne où les Juifs connurent une grande époque et une sorte d’État sur un grand territoire, le « Conseil des Quatre Pays ».

- « Au milieu du VIIe siècle, l'État perse devint une province de l'empire arabo-musulman. La conquête arabe substitua une religion d'État à une autre, mais pour les Juifs, c'était un progrès. Ils bénéficiaient, comme ailleurs sous la loi de l'islam, d'un statut inférieur mais protégé. Protégé contre qui ?

Cependant, la constitution de 1979 reconnut les Juifs comme une minorité religieuse et leur accorda un siège réservé au Parlement ». Or, c’est exactement l’application de la condition de dhimmi.

-« Les autorités ottomanes n'avaient pas posé de restrictions sur les activités professionnelles des minorités religieuses, la seule limite était l'enrôlement dans l'armée ou l'entrée dans les rouages du pouvoir et de l'administration. Les dhimmi jouissaient donc d'une totale liberté dans ce cadre ». Liberté ?

- « L'Islam maintint le statut juridique et communautaire des Juifs ainsi que leurs conditions de sécurité et, malgré les affrontements entre des tribus juives et l'armée du prophète Mahomet, le Coran reconnut le judaïsme. » La réécriture tire de la farce ici. Il y a eu une vie juive florissante en Arabie avant l’islam. Les tribus juives furent, à ce que rapporte le Coran, exterminées, converties ou chassées. On décréta qu’il ne pouvait y avoir 2 religions dans la péninsule arabique. Remarquons au passage l’équilibre établi avec la violence des tribus juives ! Ah, ces sépharades !

-« Les Juifs soutinrent la conquête de l'Irak par les musulmans. Sous la domination des califes de Bagdad, ils payaient une taxe individuelle, qui leur assurait la liberté religieuse et communautaire. » Encore une version scandaleuse de la dhimma !

-« Sous le gouvernement des Jeunes-Turcs (1908), qui menèrent une politique d'unification, ils servirent dans l'armée, obligatoire pour tous. Ils combattaient dans les unités turques pendant la Première Guerre Mondiale ou y furent médecins ou traducteurs. »Occultation totale de la persécution dont les Juifs furent victimes dans cette armée (cf l’article sur la Turquie dans le livre La fin du judaïsme en Terres d’islam) !

-« Quand Saddam Hussein accéda au pouvoir en 1979, il restait moins de 400 Juifs en Irak. La communauté juive vécut donc sous surveillance constante. Toutefois, il semble que l'attitude de Saddam Hussein envers les Juifs irakiens ait été moins excessive qu'on pourrait le croire ». En somme vive la tyrannie de Saddam !

-« Pendant la période ottomane, les Juifs d'Algérie étaient strictement soumis au statut de «dhimmi». Il faut toutefois noter une grande diversité d'application de ces règles dans l'espace et dans le temps. Des relations de bon voisinage voire d'amitié purent se nouer, notamment à l'occasion de la célébration des fêtes juives. » On est confondu par tant de mièvrerie. L’auteur semble méconnaître que les Juifs qui échappaient à la condition de dhimmi devaient acheter la protection de consulats européens qui leur conférait leur citoyenneté sur le plan juridique, en vertu d’un accord des puissances européennes avec la Sublime Porte.

-« Comme les autres Juifs des pays islamiques, ceux d'Ifriqiya (nom pris par l'actuelle Tunisie) acquièrent le statut de dhimmi. En réponse à cette nouvelle situation, les Juifs choisirent de s'insérer économiquement, culturellement et linguistiquement dans la société tout en conservant des particularités, notamment culturelles et religieuses. » Acquérir ? c’est un statut imposé, non pas d’insertion mais de ségrégation !

-« Certains Juifs marocains se réjouirent de cette mainmise coloniale, espérant que la fin du statut de dhimmi signifierait pour eux l'obtention de celui de citoyens français, comme pour les Juifs algériens en 1870. Mais ils furent déçus... Entre la création de l'État d'Israël en 1948 et l'indépendance du Maroc en 1956, 90% des Marocains juifs émigrèrent. Les plus pauvres partirent en Israël, où ils constituèrent une part importante du prolétariat et de la population des "villes de développement", tandis que l'élite et la classe moyenne émigrèrent au Canada et en France. Les Marocains juifs étaient des citoyens à part entière, électeurs et éligibles. L'État marocain leur avait établi un espace juridique conforme aux préceptes du judaïsme. Sur le plan du statut personnel, ils furent régis par la loi mosaïque, ce qui signifiait qu'ils étaient justiciables des chambres rabbiniques près des tribunaux réguliers pour tout ce qui touchait au mariage, à l'héritage et au droit des mineurs. » Ici ce sont les stéréotypes les plus éculés qui sont repris. Quant à la citoyenneté à part entière, c’est une vision négligente car les Juifs sont toujours des dhimmis au Maroc, hors du droit commun dans un pays qui ne sait pas ce qu’est la citoyenneté démocratique parce que l’islam y est religion d’État.

- « En 1882, un groupe de 150 Juifs partirent du Yémen et entreprirent un voyage harassant de 9 mois, qui les mènera à Jérusalem. En 1922, Le gouvernement yéménite réintroduisit une ancienne loi islamique laquelle contraignit les orphelins juifs de moins de 12 ans à être convertis à l'Islam. » Et ainsi l’on passe très vite sur l’extraordinaire souffrance des Juifs yéménites...

-« En 1947, le vote de l'ONU sur le partage de la Palestine eut des conséquences dans tout le monde arabe. Au Yémen, des émeutiers musulmans s'en prirent aux Juifs, en tuant 82 à Aden, détruisant des centaines de maisons juives. En 1949, quelques semaines après la fin de la guerre et à l'issue de la création de l'Etat d'Israël, la totalité de la communauté du Yémen, soit 49000 Juifs, arriva en Israël. » Les conséquences de quoi ? Du vote ou du refus du monde arabe ?

-« L'orthodoxie rigide de Saladin (1169-1193) ne sembla pas avoir affecté les Juifs de son royaume. En 1166, Maïmonide se rendit en Égypte et s'installa à Fostat ». Se rendit ? Il dût fuir les persécutions qui gagnaient la merveilleuse Andalous !

-« Sous la dynastie mamelouke des Baharites (1250-1390), les Juifs menèrent une existence relativement paisible, bien qu'ils soient obligés de payer de lourdes taxes pour l'entretien des équipements militaires, et qu'ils soient harcelés par les cadis et les oulémas de ces musulmans rigoureux ». A nouveau le même négationnisme sur la condition de la dhimma.

La venue au pouvoir d'Hitler en 1933, bouleversa cet équilibre entre Juifs et Égyptiens, Hitler et la propagande antijuive nazie gagnèrent du terrain parmi la communauté allemande en Égypte, ce qui suscita la formation d'associations juives luttant contre l'antisémitisme ». C’est une farce ? L’auteur fait abstraction de tout le processus de dénationalisation des Juifs égyptiens par le biais d’un véritable Statut des Juifs.

-« Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, la communauté manifestait peu ou pas d'intérêt pour le sionisme. Significative à cet égard fut sa réponse aux violentes manifestations antijuives du 2 novembre 1945 (anniversaire de la déclaration Balfour en faveur de la création d'un foyer national juif en Palestine). Aux émeutes accompagnées de l'incendie de synagogues et du pillage de magasins juifs au Caire, le grand rabbin de l'époque réagit, dans une lettre au Premier ministre d'Égypte, en se dissociant de la revendication d'un État juif en Palestine. ». En somme les réactions sous la menace pour sauver sa peau sont tenues pour des positions de principe !

-« Al-Husseini et les troupes musulmanes qui combattirent aux côtés de la Wehrmacht n'étaient pas représentatives de ce que ressentait l'ensemble des musulmans lors de la deuxième guerre mondiale. En effet, des centaines de soldats musulmans venus d'Afrique, des Indes et d'Union Soviétique contribuèrent à vaincre le fascisme en se battant à El Alamein, Monte Cassino, sur les plages de Provence ou à Stalingrad. Il y eut également des cas de musulmans qui firent preuve d'un grand courage et se sacrifièrent en risquant leur propre vie pour sauver des juifs des mains des nazis. » C’est des mouvements nationalistes qu’il est question qui, tous fleuretèrent avec le nazisme. Al Husseini compte parmi les plus grands leaders du nationalisme arabe, le fondateur du nationalisme palestinien, celui qui conféra un statut religieux à l’antisionisme. L’opinion arabo-musulmane dans sa grande majorité soutenait les puissances de l’axe, ennemies des pouvoirs coloniaux.

-« Les conditions de vie des juifs dans plusieurs pays musulmans commencèrent à se détériorer au XIXème siècle avec le déclin du pouvoir ottoman et la montée de la ferveur nationaliste et du radicalisme religieux en réaction à l'influence grandissante des pouvoirs coloniaux européens. C'est à cette époque qu'apparurent les premiers stéréotypes antisémites dans le monde musulman. » La haine des Juifs vient toujours de l’Occident de surcroît colonial qui vient sans doute briser l’idylle judéo-arabe...

****
On se demande en vertu de quelle autorité, la FMS réécrit l’histoire. La reconnaissance de la Shoah qu’elle escompte manquera inéluctablement son objet mais autorisera le ressentiment politique envers Israël, dont l’histoire des Juifs en monde musulman est la clef et non la mémoire de la Shoah. Elle approfondira son mépris paternaliste pour le monde sépharade. La FMS dépolitise le contentieux judéo-musulman au profit d’une sanctuarisation de la Shoah dont la moindre des conséquences n’est pas d’assigner l’existence juive à un passé muséographique. Par contre, cette dépolitisation a des conséquences éminemment politiques. Le problème avec le monde arabo-musulman, n’est pas la Shoah mais le peuple juif vivant, sujet de l’histoire.

Notes
1 - Cf. le dossier capital publié par la revue Controverses, téléchargeable à l’adresse : http://www.controverses.fr/Sommaires/sommaire9.htm
2 - Cf. idem, l’article de Ruth Attias Toledano et mon texte sur le mythe de l’Age d’or à ce sujet.
3 - Biblio-Essais, Le Livre de Poche-Hachette, 2005
4 - C’est une autre paire de manches car l’opinion arabo-musulmane joue en Europe sur un terrain déjà favorable où la Shoah est restée de l’ordre de l’impensé et de l’impensable du fait de structures mentales et morphologiques liées à la modernité politique, qui rendent aveugle à sa réalité et favorisent au contraire sa sacralisation. Cf mon livre L’idéal démocratique à l’épreuve de la Shoah, (Odile Jacob, 1999).
5 - Cf. Shmuel Trigano, « Le refus palestinien d’un Etat juif », Controverses n° 7, 2008 : http://www.controverses.fr/pdf/n7/trigano7.pdf
6 - Ce que confirme la déclaration aberrante et hors de propos (s’agissant de la Shoah) du directeur général de l’UNESCO, Koïchiro Matsuura, intervenant en premier, qui a émis le vœu que l’interculturalité et la diversité permettront une mémoire vivante de l’Holocauste dans un rapport apaisé entre civilisations en promouvant un message universel de tolérance pour les générations futures.
7 - Cf. son blog de février 2009 : http://storage.canalblog.com/89/82/412709/37001881.doc et son livre Les nations désunies : comment l’ONU enterre les droits de l’homme, Éditions Jacob-Duvernet.
8 - Qui depuis 2005 fait l’objet d’une commémoration annuelle à l’Assemblée Générale de l’ONU.
9 - Le président du Sénégal et président de l’Organisation de la Conférence Islamique, Abdoulaye Wade, lors de l’inauguration, a considéré que la Shoah est un affront à l’humanité et attaqué avec virulence le révisionnisme établissant au passage un parallèle avec celui qui concerne l’esclavage et la colonisation. De la Palestine ?
10 - En co-direction avec Hélène Trigano, « La mémoire sépharade », Pardès, In Press, 2000 et sous ma direction,
« L’exclusion des Juifs des pays arabes », Pardès, In Press, 2003.

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MessagePublié: 06 Avr 2010, 20:18 
Du Crime
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Un document étonnant en 9 (petites) parties.

Defamation de Yoav Shamir

De la paranoïa savamment cultivée, comme un des beaux arts... La pointe d'ironie du réalisateur rend le plat mangeable. N' a-yez pas peur ! entrez dans l'aspect rance !.. :mrgreen: Ne vous laissez pas distraire par une phrase ou une autre, qui pourrait vous horripiler. Il y en a pour tout les goûts, et surtout pour tout les dégôuts...de gauche, de droite, d'en haut, d'en bas...


http://www.dailymotion.com/related/xcum0b_defamation-de-yoav-shamir-partie-9_news/1

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MessagePublié: 12 Aoû 2010, 14:03 
Si ma tante
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Delcambre a écrit:
http://www.upjf.org/actualitees-upjf/article-18721-127-5-deportations-sncf-rattrapee-son-passe.html

Alors rendons les choses claires, car comment qualifier que des citoyens français aient pu être traités comme des animaux dans des wagons d'une très française SNCF TOUT SIMPLEMENT PARCE QU'ILS ETAIENT JUIFS ?

Ce n'est pas un détail de l'histoire, c'est la honte de l'histoire.

Lahrma a écrit:
La SNCF a été requise par l'occupant nazi. A cette date, toute la France était occupée. Le soi-disant gouvernement de Vichy était totalement inféodé à l'ennemi. Comme il est dit, le rôle de la SNCF s'est arrêté à la frontière française.

tyler a écrit:
On devrait aussi, tant qu'on y est, attaquer tout les sous-traitants de la SNCF car les trains ne se sont pas construits tout seuls ; de même que les fabricants de rails (et par corollaire d'acier ); et puis tant qu'on y est, les anciens propriétaires des terrains vendus à la SNCF etc... etc...

Tout cela est grotesque à la longue, et dessert la cause de ceux qui prétendent la défendre.

Vous savez Anne-Marie, j'ai plusieurs niveaux de lecture de ces évènements, surtout à partir du moment où l'on en discute en 2010, environ 70 ans après les faits. Je garde une mémoire intacte de tous les faits, sans haine ni passion, froidement, lucidement, et en même temps, je tourne la page... Non en reléguant les faits aux oubliettes, au contraire, mais parce que comme le dit à sa façon Tyler, la chaîne des responsabilités est sans fin et que je regarde ce qui est "productif" ou "contreproductif"...

Je n'ai pas aimé qu'Alain Lipietz intente ce procès à la SNCF... Lipietz, anti-israélien virulent, palestinophrène, se souvient qu'il est juif (quand ça l'arrange) et que sa famille (pas lui donc) a été déportée.... Ce procès, venant de lui, était à mon sens à vomir, un crachat à la face des victimes. On ne peut à la fois pleurer sur les juifs morts en poursuivant en justice les éléments de la chaîne de leur extermination et haïr à ce point les juifs, bien vivants ceux là, qui se battent pour exister en Israël... Et puis les choses n'étant pas en noir et blanc, on ne peut pas taire les faits authentiques de résistance au sein de la même SNCF, parfois venant d'ailleurs des mêmes conducteurs de train...

Il faut toujours remettre les choses dans un contexte et dans une histoire avant de juger trop péremptoirement les hommes et les faits. :wink:

Je regardais par exemple un documentaire hier sur les Einsatzgruppen (commandos mobiles de tuerie), ces escadrons de la mort nazis et leurs supplétifs ukrainiens, lettons etc. qui se sont rendus coupables des pires atrocités... inimaginables... chargés de la liquidation des juifs dans les territoires de l'Est et du Nord qui leur étaient confiés... Et pas que des juifs d'ailleurs mais aussi des Russes et autres populations ciblées : tziganes etc.

Les alliés avaient 3000 dossiers de responsables de ces massacres dépassant l'entendement... 24 furent jugés à Nuremberg... Pourquoi 24 uniquement ? C'est le procureur de l'époque qui le dit : car il n'y avait que 24 places assises dans le boxe des accusés ! Mais plus prosaïquement, parce qu'il fallait passer à "autre chose" et calmer l'opinion allemande qui prenait cela pour de l'acharnement et qui n'était pas forcément hostile au nazisme (remettre les choses aussi dans le contexte de la guerre froide qui commençait).

200 passèrent en justice. Quatre condamnés seulement furent exécutés par pendaison. Les autres furent condamnés à des peines qui furent amnistiées à mesure que le temps passait, si bien qu'un des pire exécutants de ce qui fut qualifié de "shoah par balles" ne fit que 6 ans de prison... (à mettre en parallèle avec la condamnation à mort d'un Robert Brasillach ou le suicide d'un Drieu)...

Bref, plus de 3000 de ces bourreaux vécurent en liberté, sans être inquiétés, parmi nous, le plus tranquillement du monde...

Alors vous savez, tout cela, la SNCF entre autres, est bien "relatif". L'essentiel est de savoir que ces faits ont bel et bien existé et que l'homme, dans certaines circonstances, peut devenir la pire saloperie de la création... mais que d'autres peuvent se révéler des âmes exceptionnelles... :wink:

PS : On attend d'ailleurs toujours un Nuremberg du communisme...

Partie 1. 1/5 :
http://www.youtube.com/watch?v=EgGTZHLU-vM


Partie 1. 2/5 :
http://www.youtube.com/watch?v=hxKRXtfQct8&feature=relmfu


Partie 1. 3/5 :
http://www.youtube.com/watch?v=OSK8cTGMUo4&feature=relmfu


Partie 1. 4/5
http://www.youtube.com/watch?v=UAVkpek_w48&feature=relmfu


Partie 1. 5/5
http://www.youtube.com/watch?v=KEhzAJyCUaU&feature=relmfu


Partie 2. 1/4 :


Partie 2. 2/4 :


Partie 2. 3/4 :


Partie 2. 4/4 :


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MessagePublié: 12 Aoû 2010, 15:43 
Du Crime
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Enregistré le: 21 Aoû 2006, 18:43
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Uncle, tu fais, ou plutôt vous faites souvent preuve d'une objectivité empreinte d'un profond bon sens.

Il y a quelque chose de grotesque, en plus d'être obscène, dans le fait de voir un Liepietz ramener sa grande gueule sur la 2ème guerre mondiale qu'il n'a pas connue, alors que les juifs d'Israël sont effectivement autrement d'actualité, côté danger.

Quant aux goys qui se ruent sur ce type d'évènements, comme la vérole sur le bas clergé pour montrer leur compassion comme ailleurs on montre son cul, c'est à dire avec beaucoup de pudeur, ils me font pitié. Il devrait y avoir des limites au ridicule.

Le mec de Californie qui remet le couvert avec la SNCF, n'est certainement pas totalement étranger à quelques intérêts bassement économiques...

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MessagePublié: 18 Aoû 2012, 17:54 
Si ma tante
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Enregistré le: 01 Mai 2005, 13:46
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Très intéressante émission. Il faudrait que vous puissiez voir les images du procès. C'est passionnant. :wink:

Procès Eichmann

Dans le cadre de l'émission "Répliques" sur France Culture le 18 août 2012, Alain Finkielkraut recevait Claude Klein et Annette Wievorka au sujet du Procès d'Adolf Eichmann.

http://www.dailymotion.com/video/x1622tv_proces-eichmann-alain-finkielkraut-annette-wieviorka-claude-klein-18-8-2012_news


http://blip.tv/uncle-sur-blip/proc%C3%A8s-eichmann-6311135


http://www.libertyvox.com/files/FranceCulture_Repliques_Proces_Eichmann_Finkielkraut_Claude_Klein_Annette_Wieviorka_120818.mp3


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MessagePublié: 03 Sep 2013, 12:36 
Si ma tante
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Enregistré le: 01 Mai 2005, 13:46
Messages: 16595
39 dossiers transmis à la "justice", dont des accusés âgés de 97 ans... :roll: Ca me met extrêmement mal à l'aise. Il faut que ça s'arrête. Comme je l'ai déjà dit, y compris sur ce fil, il ne s'agit ni d'oublier ni de "pardonner", mais d'accepter de dépasser ce moment indépassable. On veut juger les gardiens, je l'entends... et puis qui après ? Le plombier ? L'éleveur de bergers allemands qui vendait ses chiens à la Wehrmacht et celui qui leur vendait les croquettes ? Il y a quelques chose d'indécent dans tout cela car je doute de la "sincérité" de ceux qui organisent ce cirque. Je n'oublie pas ceux qui sont morts là-bas et certainement pas mes proches, mais je ne suis pas certain qu'ils auraient voulu cela 70 ans après... Oui, sur le coup, le camp à peine libéré, tu chopes le mec et tu l'exécutes sans remords, mais là... non, je ne le crois pas. Arriver à dépasser la haine et la vengeance, garder son humanité malgré l'indicible, est peut-être une façon de rendre à ces morts leur dignité, en tout cas c'est ce que je souhaite pour les miens.

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2013/09/03/97001-20130903FILWWW00309-allemagne-enquete-sur-auschwitz.php

Auschwitz : 30 dossiers transmis à la justice
Par Le Figaro.fr avec AFP. Mis à jour le 03/09/2013 à 12:11. Publié le 03/09/2013

L'office allemand chargé des crimes nazis a annoncé aujourd'hui qu'il transférait à la justice les dossiers de trente gardes présumés du camp de concentration d'Auschwitz, en recommandant des poursuites pour complicité de meurtre.

L'Office, qui ne peut engager lui même des poursuites, a examiné 39 dossiers d'anciens gardes présumés d'Auschwitz, dont le plus âgé a 97 ans et dont neuf d'entre-eux vivent à l'étranger, a déclaré le procureur spécial Kurt Schrimm, lors d'une conférence de presse à Ludwigsbourg (ouest).


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MessagePublié: 03 Sep 2013, 17:30 
Du Crime
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Localisation: dans la jungle
Ton Humanité t'honore, Uncle... Toi et les tiens. Ce fond de commerce est infernal. Du goy qui se croit plus juif que le rabbin et piaille sur sa chaise "la Shoah ! La Shoah !..." pour se filer bonne conscience à trois balles, au juif qui a senti le filon, tous ces gens me débectent.
Nous avons, semble t-il, la même infinie pudeur, mon ami... et je suis sûr que dans certaines circonstances, nous saurions nous taire ensemble...

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MessagePublié: 03 Sep 2013, 19:41 
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C'est toute la logique des crimes dits imprescriptibles. Un "bourreau" qu'il ait 25 ans ou 97 ans, reste un salaud comptable de ses crimes. Et encore ici ils ont de la chance : Les familles et les associations se contentent de les poursuivre légalement. Les services spéciaux israéliens les laissant "vivre".

Ceci dit vous pointez un élément intéressant qui se retrouve chez tous les racistes anti-blancs hystériques sur, par exemple, la question de la (dé)colonisation. Il y a effectivement une instrumentalisation de la mémoire pour condamner ad vitam aeternam l'Europe, les blancs, les occidentaux : ceux de l'époque de la Traite des Noirs, ceux des années 30 à 60 du du siècle dernier, et tous leurs descendants c'est-à-dire vous moi, nos poissons rouges, nos chats, nos chiens... etc.

Taubira en est l'exemple parfait qui exige à travers sa "politique foncière" une donation de terre au nom de cette culpabilité éternelle, contrairement au CRAN qui exige de... l'argent...

Chez les tenants de la mémoire "indépassable" de la Shoah cette instrumentalisation d'une culpabilité perpétuelle est aussi une tentation permanente... Heureusement, il me semble qu'en France elle devient de moins en moins opérante. Même si les lobbys puissants qui l'utilisent eux sont toujours au plus haut des différents rouages de notre société...

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MessagePublié: 03 Sep 2013, 22:19 
Grand Pope
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Les pauvres gens victimes de l'extermination systématique sont tués une seconde fois en servant de faire-valoir à tout un tas de traine-savates. Agiter les corps sans vie ne les a jamais ramenés parmi nous, alors laissons les tranquilles.

L'utilisation systématique de ce massacre à grande échelle, sorte de pornographie mémorielle, occulte d'autres massacres qui ont eu lieu pendant ou après : Au 8 000 000 de morts du fait de la politique Nazie (au bas mot suivant MES estimations), IL FAUT ajouter ces 2 000 000 d'Allemands disparus après 1945, dont certains ont été mis dans des chambres et des fours par les SOVIETIQUES.... dans l'indifférence générale... Vae Victis :roll:

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MessagePublié: 04 Sep 2013, 00:47 
Du Crime
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Enregistré le: 21 Aoû 2006, 18:43
Messages: 8691
Localisation: dans la jungle
halouf a écrit:
C'est toute la logique des crimes dits imprescriptibles. Un "bourreau" qu'il ait 25 ans ou 97 ans, reste un salaud comptable de ses crimes. Et encore ici ils ont de la chance : Les familles et les associations se contentent de les poursuivre légalement. Les services spéciaux israéliens les laissant "vivre".

Ceci dit vous pointez un élément intéressant qui se retrouve chez tous les racistes anti-blancs hystériques sur, par exemple, la question de la (dé)colonisation. Il y a effectivement une instrumentalisation de la mémoire pour condamner ad vitam aeternam l'Europe, les blancs, les occidentaux : ceux de l'époque de la Traite des Noirs, ceux des années 30 à 60 du du siècle dernier, et tous leurs descendants c'est-à-dire vous moi, nos poissons rouges, nos chats, nos chiens... etc.

Taubira en est l'exemple parfait qui exige à travers sa "politique foncière" une donation de terre au nom de cette culpabilité éternelle, contrairement au CRAN qui exige de... l'argent...

Chez les tenants de la mémoire "indépassable" de la Shoah cette instrumentalisation d'une culpabilité perpétuelle est aussi une tentation permanente... Heureusement, il me semble qu'en France elle devient de moins en moins opérante. Même si les lobbys puissants qui l'utilisent eux sont toujours au plus haut des différents rouages de notre société...

Remarques très judicieuses, Halouf... "C'est toute la logique des crimes dits imprescriptibles." heu... déclarés imprescriptibles par qui ? Par quelle morale détenue par qui ? Je crois que pour toute victime ou pour ses descendants, tout crime est imprescriptible.
Optimus Prime a écrit:
Au 8 000 000 de morts du fait de la politique Nazie (au bas mot suivant MES estimations), IL FAUT ajouter ces 2 000 000 d'Allemands disparus après 1945

Je ne parle jamais de cela en public parce que la loi l'interdit. C'est d'ailleurs aussi curieux qu'ambigüe puisque l'on peut parler librement de TOUT les autres sujets du même genre. Je l'ai déjà dit : une vérité qui a besoin de la loi pour imposer sa vision, ne sert pas sa cause à long terme...

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