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 Sujet du message: Turquie
MessagePublié: 17 Mai 2005, 00:29 
Si ma tante
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Enregistré le: 01 Mai 2005, 13:46
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Alexandre Del Valle publie "La Turquie dans l'Europe"

La Turquie dans l’Europe Un cheval de Troie islamiste ?
Avant-propos de Péroncel-Hugoz

Loin de commencer par consulter les citoyens de l’Union et de débattre des limites de l’Europe, les dirigeants européens ont envisagé, lors du sommet de Copenhague de décembre 2003, d’entamer les négociations d’intégration de la Turquie dans l’Union européenne dès décembre 2004, à la seule condition qu’elle procède à certaines réformes démocratiques, sans exiger qu’elle libère les prisonniers politiques kurdes, que ses troupes quittent le nord de l’île de Chypre et, surtout, qu’elle reconnaisse le génocide arménien. Au lieu de signaler les risques majeurs que présenterait cette intégration – l’extension indéfinie vers l’Asie des frontières de l’Union, le voisinage de pays islamiques en proie au djihad anti-occidental comme l’Irak ou l’Iran, la déstabilisation de l’économie européenne, la montée en puissance des trafics de clandestins et mafias diverses, la transformation profonde des équilibres démographiques, la dilution de la culture européenne fondée sur le partage de valeurs communes –, ces dirigeants cèdent au discours de culpabilisation du gouvernement turc, répétant à l’envi que nul ne saurait nier que la Turquie fût européenne sans « exclure les Turcs musulmans » et prôner le repli du « Club chrétien ».

Que signifie le concept « d’islamisme modéré » ? Peut-on réellement parler de démocratie en Turquie et dans le monde islamique ? Au terme d’une analyse historique et géopolitique fouillée, Alexandre Del Valle démontre qu’en exigeant le démantèlement du pouvoir politique de l’armée, seule garante de l’exception laïque turque pro-occidentale, Bruxelles fait le jeu des islamistes d’Ankara.

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Dernière édition par Uncle le 10 Mai 2009, 13:25, édité 5 fois au total.

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MessagePublié: 19 Juin 2005, 14:12 
La Turquie dans l'Europe ? J'entends tellement d'argument débiles en faveur de l'entrée de la Turquie en Europe que je me dois d'en rectifier certains. La Turquie est un pays magnifique, c'est vrai ! et les Turcs sont des gens très sympathiques. Il ne s'agit donc pas d'une quelconque hostilité envers ce peuple. Dix fois je suis allée en Turquie et j'ai appris le turc, evet !! (pendant 3 ans avec Mr Babayigit, au centre d'Etudes d'Anatolie, rue Cadet !)

"la Turquie a une longue histoire européenne" nous dit-on :!: :?: Certes. L'empire ottoman a effectivement toujours voulu conquérir de force l'Europe pour la convertir à l'Islam, asservissant les peuples des Balkans (les Janissaires, troupes d'élite, étant exclusivement composées d'esclaves européens). La Turquie rentra dans l'histoire européenne vers 1453 lors de la chute de Constantinople. La moitié de la population grecque fut tuée, l'autre déportée et remplacée par une population turque et musulmane. La ville fut nommée Istamboul. S'ensuivit des guerres perpétuelles contre les européens (ne me parlez pas de l'alliance de François 1er avec Soliman Le Magnifique et de Venise qualifiée "la putain des Turcs !". Istanbul devint même la capitale du monde musulman ! (sultans seldjoukides après sultans ottomans )

D'un point de vue ethno-culturel les turcs viennent de Mongolie. Alors pourquoi ne pas étendre l'union jusqu'à ce pays ? Si la Turquie est intégrée à l'UE il faudra aussi y intégrer Israël. Après tout ce pays est assez proche géographiquement (de Chypre et de la Turquie), remplit toutes les conditions de démocratie et économiques. Ses problèmes territoriaux valant bien ceux de la Turquie (Chypre, Kurdistan) et son histoire étant tout aussi liée à l'Europe. D'ailleurs cette terre a longtemps appartenu à des pays européens (Croisades, colonies...).

Il faudrait aussi intégrer la Russie qui est sans conteste européenne (jusqu'au pacifique ?). "10% de la Turquie se trouve sur le continent européen." C'EST PEU ? très peu :roll: La partie asiatique est beaucoup plus considérable :x :x :x :x


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MessagePublié: 20 Juin 2005, 09:43 
Swiss cheese & chocolate

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Intégrons la Chine !


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MessagePublié: 10 Aoû 2005, 17:47 

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L'analyse pertinente d'Alexis Govciyan parue dans la rubrique "Débat" le 04/08/2005 doit conduire à une réponse clairement négative quant à l'adhésion de la Turquie. L'Union européenne a été créée pour rassembler des peuples de même civilisation (et pour mettre fin aux guerres entre eux) et non pour s'étendre au Monde entier.

Philosophiquement, l'Europe actuelle est basée sur 1) la pensée grecque, 2) la religion chrétienne, 3) la Renaissance italienne, 4) la Réforme protestante et 5) le Siècle des Lumières.

Elle ne devrait pas se laisser influencer par les intérêts économiques de quelques lobbys qui souhaitent décentraliser nos industries vers des pays où la main d'oeuvre est moins onéreuse. Les USA encouragent l'adhésion parce qu'ils souhaitent que l'Europe reste un marché commercial, dénué de pouvoir politique, et où ils auront un allié à l'ouest, le Royaume-Uni, et un autre à l'est, la Turquie.

Si l'on envisage ensuite la question religieuse, il suffit de lire Anne-Marie Delcambre et Alexandre Del Valle pour être bien documenté. Il peut être utile de rappeler que la si splendide et tant vantée civilisation arabo-andalouse a surtout transmis (et probablement seulement aux élites locales et non aux colonisés) des savoirs antérieurs (auxquels l'Italie, non occupée, avait accès, grâce aux marchands de Venise), et que la domination musulmane ne devait pas être si agréable pour les pauvres dhimmis espagnols. Bref, bonne chance aux enfants européens des adhésionnistes.

Abd Ul-Haqq.


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MessagePublié: 10 Aoû 2005, 19:54 
Swiss cheese & chocolate

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Le problème, il me semble, est justement que l'Europe n'est pas basée sur les valeurs que vous énumérez. L'«Europe» n'est guère qu'une union monétaire, pas civilisationnelle ou philosophique. Les critères d'adhésion ne sont que d'ordre démocratique, économique et institutionnel, soit des attributs qu'un État, voire un gouvernement, peut adopter par opportunisme en quelques années.

L'Europe aurait pu être un grand et beau projet, s'il avait commencé par se définir des valeurs communes philosophiques. Et peut-être n'est-ce pas encore trop tard ? Pour l'instant, de l'extérieur, on a l'impression que ce n'est qu'un théâtre de marionnettes. Et un canard boiteux. Que ce sera un miracle s'il tient encore 20 ans. Et je ne suis pas sûr que ce soit souhaitable.

Il faudrait un virage puissant, une réflexion fondamentale, une recherche de vraies valeurs, qui débouche sur une vraie Constitution, qui réunisse les peuples d'Europe autour d'idées force capables de guider l'avenir.

Il faudrait un débat qui dépasse enfin le cadre étouffant de la diplodocomatie européique, qui englobe et responsabilise directement les entreprises, les églises, les associations, le tissu social, quoi, les gens, le peuple. Pas ces élites de gauche incapables de voir au-delà des étiquettes, de faire la différence entre religion et idéologie conquérante.


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MessagePublié: 11 Aoû 2005, 08:05 
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Je suis de toute évidence contre l'entrée de la Turquie en Europe, elle n'est pas européenne, un point c'est tout ! S'ajoutent à cela, tout un tas d'autres raisons négatives pour qu'elle n'y entre pas. L'Amérique veut que la Turquie entre en Europe, pour moi, mais je me trompe peut-être, je ne suis pas du tout spécialiste en économie, c'est pour déstabiliser un peu plus l'Europe déjà si fragile et pour que nous ne soyons pas des adversaires trop forts à tous les niveaux face à eux.

L'Europe du peuple, celle à laquelle chaque citoyen aspirait, n'est vraisemblablement pas la même que celle qu'on nous offre et le non à la constitution a été une gifle aux dirigeants, le peuple ne s'y est pas laissé prendre et a montré qu'il n'était pas si bête qu'on voulait le laisser entendre. Tant que l'Europe ne sera pas sociale, elle ne sera pas !


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MessagePublié: 11 Aoû 2005, 09:14 
Swiss cheese & chocolate

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L'«Amérique» espère que l'Europe fera pencher l'avenir de la Turquie vers les valeurs démocratiques. Elle surestime l'Europe. Encore. Hélas. Mais elle ne souhaite certainement pas l'affaiblir. Aucune «Amérique» n'a intérêt à avoir des alliés faibles. Toute la philosophie sous-jacente de l'Amérique consiste à enrichir ses alliés, et ses gauchistes actuels veulent même enrichir ses ennemis, d'ailleurs.

Qu'est-ce que ça veut dire, «sociale» ?


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MessagePublié: 11 Aoû 2005, 09:17 
snycat a écrit:
.../.... L'amérique veut que la Turquie entre en Europe, pour moi mais, je me trompe peut-être, je ne suis pas du tout spécialiste en économie, c'est pour déstabiliser un peu plus l'Europe déjà si fragile et pour que nous ne soyons pas des adversaires trop forts à tous les niveaux face à eux.

Mmh... je ne suis pas non plus une spécialiste du domaine, mais c'est là le genre de théorie de CdB (sur le forum Skynet) que je n'achète pas. A mon sens, le soutien US à la Turquie est bien plus histoire de s'assurer un allié au MO que "d'enterrer" l'Europe ! Et puis soyons sérieux deux minutes : on ne tire pas sur une ambulance... "pour que nous ne soyons pas des adversaires trop forts à tous les niveaux face à eux" ?? Le défi sera (et même est déjà) du côté du Pacifique, pas de l'Atlantique !
snycat a écrit:
.../... Tant que l'Europe ne sera pas sociale, elle ne sera pas !

Ici aussi, je ne suis pas. J'ai même le sentiment que "plus de social" est le meilleur moyen d'enterrer encore un peu plus nous même le futur de nos contrées... (comme déjà signalé, je rejoins l'analyse de Marc Steyn que j'ai traduite sur ce post : [url]viewtopic.php?t=68&postdays=0&postorder=asc&start=15[/url] ). "plus de social" est surtout démagogique, il s'agit au contraire d'arrêter de jouer à l'autruche ou à la victime et de se relever les manches...

(PS : j'ai encore une fois été trop verbeuse, et Ajm m'a devancée ! :D )


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MessagePublié: 11 Aoû 2005, 10:37 
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Sociale veut dire qui pense à chaque citoyen et pas seulement au profit économique. L'un ne va pas sans l'autre me direz-vous, sans doute, mais les pauvres sont de plus en plus nombreux dans les pays riches et les riches de plus en plus riches. Est-ce normal ?

Je peux penser par moi-même tu sais :lol: :wink: et je ne partage pas tous les avis de Charles, pour lui le oui de la constitution était indispensable, sans doute est-il plus malin que moi, il l'est sûrement d'ailleurs et voit-il des choses que j'ignore totalement mais je sais qu'il est contre l'entrée de la Turquie en Europe.


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 Sujet du message: Un petit texte intéressant...
MessagePublié: 11 Aoû 2005, 11:29 
Désolée, je sais bien que tu peux penser par toi-même, je ne voulais rien sous-entendre là dessus. 8) Simplement pour dire que cette explication du soutien US à la candidature turque, fort répandue, ne me convainc guère. Cela dit, je suis mois aussi contre l'entrée de la Turquie dans le machin européen. Mais vu la "fuite en avant" qui semble tenir lieu de politique européenne, je ne me fais pas trop d'illusions.
snycat a écrit:
.../.... les pauvres sont de plus en plus nombreux dans les pays riches et les riches de plus en plus riches...Est-ce normal ?

Ca aussi c'est une antienne que j'entends très très souvent, et qui me semble fausse ou tout au moins très simpliste... D'abord, 'faudrait savoir ce qu'on entend par "pauvre" et "riche". Par ex., les pauvres de chez nous sont dans la majeure partie des cas très bien lotis par rapport aux pauvres d'autres pays, et même par rapport aux "riches" de certains pays ! Ensuite, ce que j'observe en Belgique, c'est une classe moyenne/laborieuse dont le pouvoir d'achat se restreint d'année en année, en partie parce qu'elle doit soutenir une gabegie gouvernementale (ou devrais-je mettre ces termes au pluriel, vu la structure décisionnelle de notre pays ?), ainsi qu'une population "assistée" qui a de plus en plus de mal à sortir de cette condition - pas seulement parce que le travail est rare, mais aussi et parfois surtout parce qu'on ne voit pas/plus l'intérêt de se bouger le c.l pour "pas grand chose"... Des exemples de réactions ahurissantes de ce type, j'en ai beaucoup à donner, si tu en veux.

Ajoutons que le "coût du travail" résultant de ces facteurs ne fait rien pour attirer ou retenir entrepreneurs et investisseurs, ce qui n'arrange rien. A moyen et long terme, en tenant compte de la démographie (moins de gosses, population vivant plus longtemps), je ne vois pas trop comment ce système mènerait à autre chose qu'à la cata. Et, plus que le danger posé par l'Islam, c'est sans doute cela qui me fera changer de cieux !

Un petit texte intéressant sur la Turquie et le machin européen, traduit il y a peu (pour qui voudrait le pdf, il est sur http://www.ajm.ch/pistache/Une_Europe_Islamique.pdf

Une Europe Islamique ?
Par Christopher Caldwell. The Weekly Standard, 10/04/2004

Il est rare que le cours de l’histoire européenne soit modifié par les propos d’un non-politicien. Mais lorsque le quotidien conservateur de Hambourg Die Welt interviewa Bernard Lewis, historien de Princeton, et que ce dernier affirma que, selon lui, l’Europe serait islamique à la fin de ce siècle « au plus tard », ce fut un fameux pavé dans la mare ; et la politique continentale ne put pas ignorer cette interview du 28 juillet…

Quelques jours avant le troisième anniversaire des attentats du 11 septembre, ce fut au tour d’un commissaire européen sortant (1), le Néerlandais Frits Bolkestein, de causer du tapage lorsqu’il mentionna la remarque de Lewis lors du discours d’ouverture de l’année académique à l’Universtié de Leiden. Bolkestein avertit son public que l’Union Européenne « imploserait » si elle s’élargissait trop rapidement. Sujet de circonstance.

Dans quelques jours, le commissaire européen à l’élargissement, l’Allemand Günter Verheugen, publiera un rapport sur l’opportunité d’ouvrir des négociations avec la Turquie en vue de son adhésion à l’Union. On s’attend à ce que l’avis soit positif. Le rapport doit être voté par la Commission en Décembre, après quoi une décennie de pourparlers devrait s’ouvrir. Mais puisque l’avis devrait être positif, et puisque l’on s’attend à ce que la Commission valide les recommandations du rapport, et puisque l’on n’a jamais vu un état-candidat accéder aux négociations d’adhésion être rejeté par la suite, l’adhésion semble être un fait accompli(2). Grâce à … quoi, au fait ? L’humeur de Günter Verheugen ?, les peuples d’Europe sont sur le point de voir leur destin attelé irrévocablement à celui du monde islamique. En fait, la nécessité de forger des liens durables avec le sécularisme islamique à la turque, le kémalisme, est la raison la plus souvent avancée pour justifier l’adhésion turque.

Bolkestein parlait donc d’une déconfiture à l’échelle d’un continent. Son discours fut long. Et ne consistait pas en élucubrations. Faisant allusion à l'ambition de l’Union de devenir un état multinational, il attira l’attention de ses auditeurs sur le sort de la dernière puissance européenne à avoir entretenu cette aspiration, l’Empire Austro-Hongrois d’il y a juste un siècle. Les Autrichiens jouissaient alors d’un grand rayonnement culturel - Liszt, Richard Strauss, Brahms, Mahler et Wagner composaient à Vienne. Ils étaient prospères et fiers. Le problème fut sans doute qu’ils n’étaient que 8 millions, et l’expansion de leurs frontières les amena à faire face à un énergique mouvement panslave. Une fois 20 millions de slaves « absorbés », il fallut trouver de douloureux compromis entre accorder aux nouveaux sujets une certaine autonomie, et préserver ses institutions et sa culture… De manière similaire à l’Union Européenne d’aujourd’hui, l’Empire passa le point un point de non-retour avant de réaliser qu’il n’allait nulle part en particulier.

Bolkestein demanda quelles leçons les Européens devraient tirer de l’histoire, alors qu’ils sont sur le point d’accueillir la Turquie. Il adressa ensuite deux problèmes spécifiques. D’abord, qu’il n’y avait pas de limite logique en vue à l’expansion européenne – après avoir accepté la Turquie, aucune raison de principe ne permet, par exemple, de rejeter l’Ukraine et la Biélorussie. L’Europe de ce fait s'adjoint une instabilité qu’elle n’a ni les moyens financiers, ni la solidarité culturelle de contrôler. Ensuite, avertit Bolkestein, l’immigration transforme l’Union Européenne en « Empire Austro-Hongrois à grande échelle ». Il fit allusion au fait que certaines grandes villes (deux des plus importantes étant de son pays, Amsterdam et Rotterdam) ne seront bientôt plus peuplées que d’une minorité d’Européens, et prévient que l’ajout de 83 millions de turcs (projection démographique pour 2020) ne pourrait qu’œuvrer en faveur de l’islamisation de l’Europe. C’est cette partie de son discours, dans laquelle il se référa aux prédictions de Lewis, qui fit les gros titres de la presse mondiale : « les tendances actuelles n’autorisent qu’un pronostic », dit Bolkestein. « Les USA restent une superpuissance unique. La Chine devient un géant économique. L’Europe s’islamise ».

Une sorte de réaction en chaîne s’ensuivit. Deux jours après le speech de Bolkestein, le Financial Times reproduisit une lettre que l’Autrichien Franz Fischler, commissaire européen à l’Agriculture sortant, avait adressée en privé à ses collègues. Fischler y plaidait que la Turquie était « bien plus Orientale qu’Européenne » et, pire, qu’il « restait des doutes quant au sécularisme à long terme et au crédit démocratique » de ce pays ; « qui pourrait connaître un retour de flamme fondamentaliste ».

La réaction de l’Europe fut un “Et c’est maintenant que vous nous le dites !” collectif. Prises ensembles, les remarques de Fischler et Bolkestein semblent symptomatiques du politiquement correct qui baigne la question de l’adhésion de la Turquie. Une majorité du parlement européen s’y oppose, les différents parlements nationaux sont contre, et les populations nationales y sont hostiles de manière écrasante. C’est la Commission Européenne qui avait conduit le processus – et maintenant voici que deus membres proéminents de cette institution, au crépuscule de leur carrière politique, disaient que tout cela avait été une grosse boulette dont personne n’avait osé discuter. La seule chose qui puisse fâcher l’homme de la rue davantage qu’une telle sournoiserie bureaucratique est sans doute le soutient constant et déconcertant de Washington à une Turquie dans l’U.E. …

Ce qui est fascinant au sujet de l’interview de Lewis qui donna lieu à ces doutes européens est qu’elle ne concernait pas particulièrement l’Europe. Bernard Lewis fut interrogé sur les développements de la guerre en Irak, sur l’évolution de la question palestinienne, sur les espoirs de voir une démocratie libérale en Iran, et sur les perspectives de défaire Al Quaeda. Mais le futur islamique de l’Europe n’a été soulevé qu’incidemment. Interrogé sur la question de savoir si l’U.E. pourrait servir de contrepoids aux U.S., Lewis a simplement répondu « non ». Il ne voit que trois intervenants « globaux » potentiels : la Chine et l’Inde sans aucun doute, et éventuellement une Russie revivifiée. « L’Europe, » dit-il, « fera partie de l’ouest arabe, du Maghreb ». Ce qui semble avoir rendu furieux certains Européens est que Lewis n’a pas présenté ceci comme un risque ou une possibilité. Il l’a juste affirmé comme quelque chose que toute personne politiquement neutre et intellectuellement honnête sait être un fait acquis.

L’est-ce vraiment ? Bolkestein affirma qu’il ne savait pas si les choses tourneraient comme Lewis le prédit – « Mais s’il a raison », ajouta-t-il, « la libération de Vienne en 1683 n’aura servi à rien ». Bassam Tibi, un immigrant syrien qui est aussi le plus proéminent des musulmans modérés en Allemagne, semble être d’accord avec le diagnostic de Bernard Lewis, même s’il en rejette l’emphase. « Ou bien l’Islam s’européanise, ou bien l’Europe s’islamise » écrit-il dans Welt am Sonntag. Ayant passé la majeure partie de la dernière décade à œuvrer pour la construction d’institutions islamiques raisonnables en Europe, Tibi semble avertir l’Europe qu’elle n’a pas la capacité de rejeter l’Islam, ni l’opportunité de le contrôler. « Le problème n’est pas que la majorité des Européens soient musulmans, mais de savoir quel type d’Islam – l’Islam de la Charia ou un « Euro-Islam » ? – est appelé à dominer l’Europe.
______
1 De 1999 à 2004, était en charge des compétences suivantes : Marché Intérieur, Fiscalité et Union douanière
2 En français dans le texte


Dernière édition par Pistache le 11 Aoû 2005, 20:04, édité 1 fois au total.

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MessagePublié: 11 Aoû 2005, 12:26 
Swiss cheese & chocolate

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snycat a écrit:
Sociale veut dire qui pense à chaque citoyen et pas seulement au profit économique.

Qu'est-ce que ça veut dire, «penser» ?


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MessagePublié: 29 Sep 2005, 00:02 
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Nouveau livre-événement d’Alexandre Del Valle et Emmanuel Razavi

Un livre-argumentaire disponible en librairie dès aujourd'hui

"Le Dilemme turc, ou les vrais enjeux de la candidature d'Ankara" Editions des Syrtes, Paris

Bien que la Turquie refuse toujours de reconnaître la République de Chypre et occupe le nord de l’île, soit une partie de l’Union européenne, les chefs d’État de l’UE, Tony Blair en tête et la Commission de Bruxelles, s’apprêtent à ouvrir les négociations d’adhésion de la Turquie à l’Europe, le 3 octobre 2005, ainsi que cela avait été convenu lors du sommet de Bruxelles du 17 décembre 2004. Il est vrai que la Grande Bretagne, qui préside l’Union depuis le 1er juillet 2005, a fait de l’adhésion de la Turquie dans l’Europe l’une de ses priorités, en dépit même des réticences grandissantes formulées ces derniers mois par la France, la Grèce, Chypre et l’Autriche. Quoi qu'il en soit, rien n’est irréversible et le débat sur la Turquie dans l'Europe ne fera de toutes façons que commencer après l'ouverture de négociations que l'on sait d'avance longues et difficiles.

Il est vrai que plus que tout autre nouveau candidat à l’entrée dans l’Union européenne, la Turquie pose à l’Europe un réel problème existentiel: étant donné que la Turquie n’est pas européenne, ou du moins qu’il s’agit du premier Etat candidat dont l’européanité est plus que discutée, la candidature turque oblige pour la première fois l’UE à se poser de vraies questions géopolitiques concernant son identité, ses limites géographiqueset civilisationnelles, son avenir, son développement et son projet.

Le débat relancé sur la Turquie dans l’Europe est également une formidable occasion offerte à ce pays, pont entre l’Orient et l’Occident, pour faire le point sur lui-même, sur son identité, ambivalente et complexe. Car la Turquie est fondamentalement un pays déchiré, entre, d’une part, un Ouest prospère et une élite occidentalisée adhérant plus ou moins à l’idéologie officielle laïque héritée du Kémalisme, puis, d’autre part, un Est-anatolien islamo-asiatique majoritaire, tourné vers le Moyen-Orient. Ces « deux faces de Janus » de la Turquie ayant toutes deux voté pour un parti politique islamo-conservateur, durablement ancré dans la vie politique du pays depuis 2002 et issu d’un mouvement islamiste radical en progression constante depuis les années 80...

Dans le contexte international de la lutte contre le terrorisme islamiste, et après les terribles attentats de Madrid puis de l’été 2005 à Istanbul, à Londres et à Charm al Cheikh, cette Turquie à la fois candidate à l’UE et de plus en plus sensible aux sirènes de l’islam politique, ne cesse d’inquiéter non seulement les opposants à sa candidature et les
Européens en général, mais aussi les forces vives militaro-kémalistes qui craignent que les Islamistes utilisent les réformes démocratiques européennes dans le but de démanteler les derniers freins à l’islamisation que sont les prérogatives politiques de l’armée et les structures du kémalisme.

Tenant compte à la fois de cette inquiétude légitime et des aspirations contradictoires des milieux politiques turcs rivaux (islamistes tactiquement pro-européens versus kémalistes-militaires de plus euro-sceptiques), Alexandre del Valle et Emmanuel Razavi s’attachent à présenter dans ce nouvel essai un tableau concret de la Turquie, vue par
elle-même, dans tous ses contours et en dehors des sentiers battus du politiquement correct ou du romantisme orientaliste : celui des élites prestigieuses et des universités tournées vers l’Occident et la démocratie, mais aussi celui d’un pays qui continue de nier le génocide arménien, qui rechigne à accorder des droits équitables aux minorités non-musulmanes, lesquelles placent de ce fait tous leurs espoirs dans l’Europe, et qui a du mal à allier respect des droits de l’homme et démocratisation. Une nation fière, au nationalisme intransigeant, qui demeure ancrée dans ses traditions anatoliennes, et dont la population se sent souvent plus proche des pays islamiques que de l’Europe chrétienne, la grande mode actuelle étant au retour de «l’ottomanisme».

Au réalisme argumenté des réflexions géopolitiques d’Alexandre Del Valle, spécialiste reconnu, s’ajoute le regard journalistique d’Emmanuel Razavi. Les reportages et les observations sur le terrain sont alimentés par des témoignages précieux d’hommes politiques, intellectuels, et de minorités turques, rarement présentes dans le débat.

Une analyse sans concessions de la Turquie, telle qu’elle est en 2005 !

Alexandre Del Valle est chercheur en géopolitique. Il collabore régulièrement à de nombreuses publications et est l’auteur de plusieurs essais traitant de relations internationales, dont le très remarqué Totalitarisme islamiste à l’assaut des démocraties, Syrtes, 2000, et La Turquie dans l’Europe, un cheval de Troie islamiste, Syrtes, 2004.

Emmanuel Razavi est journaliste. Il collabore avec Paris Match, le Fig mag et Valeurs Actuelles en tant qu’envoyé spécial au Moyen-Orient. Il a été nominé pour le prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre, à propos d’un reportage sur l’Afghanistan et Ben Laden.

Prix : 20 €


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MessagePublié: 05 Oct 2005, 19:32 
Les Malheurs de Soufi
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Messages: 457
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Sondage censuré chez Skynet.

Sur la page d'accueil de http://www.Skynet.be : ils ont mis un compteur pour le oui ou le non à l'adhésion de la Turquie. Ce matin le compteur affichait 2.124 réponses, dont 82 % de non !

Stupeur ce soir ; le sondage a simplement disparu ! Question : qui ça gène, qui a eu le pouvoir de faire fermer ce sondage défavorable à cette adhésion ?

_________________
Un esprit noble s'adonne principalement à la sagesse et à l'amitié.


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MessagePublié: 18 Mai 2006, 16:34 
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En Turquie on tue pour le voile :?

Un avocat, islamiste présumé, tue un juge du Conseil d'Etat turc et en blesse quatre autres
LE MONDE | 18.05.06 | 16h35 • Mis à jour le 18.05.06 | 16h35

Aslan Alpaslan, un avocat de 29 ans inscrit au barreau d'Istanbul, a fait irruption, mercredi 17 mai, dans la salle du Conseil d'Etat à Ankara où siégeait la 2e chambre de cette juridiction administrative suprême de la Turquie. "Nous sommes les soldats de Dieu", a-t-il hurlé en ouvrant le feu, selon un témoignage de la vice-présidente du Conseil. Résultat : le juge Mustafa Yücel Özbilgin, atteint à la tête, est mort ensuite à l'hôpital et quatre autres juges, dont deux femmes, ont été blessés - l'un d'eux, le président de la chambre, grièvement.

La police, qui a maîtrisé et identifié l'assaillant, a trouvé dans sa voiture, selon l'agence de presse gouvernementale, un exemplaire du journal islamiste Vakit, qui affichait en "une" les photos de quatre de ces juges. Ils sont "coupables", selon les milieux islamistes, d'avoir interdit - à quatre contre un - la promotion d'une directrice d'école élémentaire qui portait le voile à l'extérieur de son établissement (en Turquie, le port du voile par les femmes est interdit dans les établissements de la fonction publique, les écoles et les universités).

EMBARRAS GOUVERNEMENTAL

L'affaire avait fait grand bruit en février : le premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, dont l'épouse et les deux filles portent le foulard, s'était indigné de cette "intrusion dans la sphère privée" de la vie de la jeune directrice, alors que les milieux kémalistes accusaient le premier ministre de violer l'indépendance de la justice. Ce clivage entre, d'une part, le gouvernement, contrôlé depuis 2002 par le Parti de la justice et du développement (AKP, issu de la mouvance islamiste), et de l'autre, les élites kémalistes (armée, présidence de la République et institutions judiciaires) s'accentue avec l'approche des échéances électorales de 2007. Les premières réactions à l'attentat n'ont pas manqué de traduire également cette opposition.

Le président Ahmed Necdet Sezer a estimé qu'il "visait la République et en particulier ses principes intangibles de démocratie et de laïcité". Le barreau d'Ankara a sommé le gouvernement de "ne pas encourager les ennemis du régime séculier" et la présidente du Conseil d'Etat, Sumru Cortoglu, a renchéri en disant que l'attaque était "le résultat de remarques encourageantes et étourdies faites par des autorités de l'Etat". [b]Le chef du Parti républicain du peuple (opposition laïque), Deniz Baykal, y a vu un "signal" pour ceux qui "refusent toujours de voir (...) les grands dangers vers lesquels la Turquie est entraînée".

L'embarras est évident du côté du gouvernement. Plusieurs de ses représentants ont parlé de "provocation" visant, selon le président du Parlement, Bulent Arinc (AKP), à "créer des désordres sociaux et de la tension politique". M. Erdogan, qui a promis un châtiment sévère à l'auteur - et ses éventuels complices - de cette "attaque contre la démocratie turque", n'a pas eu l'honneur d'être accueilli sur le perron du Conseil d'Etat par les collègues des juges attaqués, contrairement au traitement réservé au président Sezer, a remarqué la télévision privée CNN-türk.


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MessagePublié: 18 Mai 2006, 21:24 
Chamelle Trophy
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La Turquie sous le choc après l'attaque anti-laïque meurtrière
18/05/06 11h26

Alparslan Arslan a fait irruption mercredi au Conseil d'Etat où il a tué un juge et en a blessé quatre autres. Plus de 25.000 personnes ont afflué ce jeudi au mausolée de Mustafa Kemal Atatürk (1881-1938), fondateur de la Turquie moderne et laïque, dans un geste symbolique pour réprouver une attaque survenue la veille, visant le Conseil d'Etat et la laïcité, qui a coûté la vie à un juge.

Le cortège, conduit par les chefs des principales instances judiciaires du pays -Cour constitutionnelle, Conseil d'Etat, Cour de cassation- aux mines graves, a observé une minute de silence devant le tombeau du père fondateur de la République turque, musulmane mais strictement laïque. Des juges, procureurs et avocats, portant leur robes, mais aussi des recteurs et de très nombreux citoyens, étudiants, hommes, femmes et enfants, arborant des photos d'Atatürk et le drapeau turc, se sont inclinés au cours de cette manifestation spontanée devant la tombe d'Atatürk, à Ankara. "La Turquie est laïque et le restera", ont scandé des milliers de personnes réunies sur l'esplanade du mausolée.

Un avocat de 29 ans a fait irruption mercredi au Conseil d'Etat où il a tué un juge et en a blessé quatre autres dans un acte supposé de représailles à la fermeté avec laquelle la plus haute juridiction administrative du pays fait respecter le port du voile islamique dans la fonction publique et les universités. Le gouvernement islamo-conservateur du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan est montré du doigt dans cette attaque car le Premier ministre, un ancien militant islamiste dont l'épouse et les deux filles portent le voile, s'en était publiquement pris à des décisions du Conseil sur le port du foulard.

Le port du voile, strictement interdit dans la fonction publique et les universités, est perçu par les milieux laïques, dont la puissante armée qui se considère comme la garante de la laïcité, comme un signe ostentatoire de soutien à l'islam politique. Les obsèques du juge tué doivent avoir lieu jeudi après-midi. M. Erdogan ne sera pas en principe à Ankara car il a prévu d'assister à des inaugurations à Antalya.


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