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MessagePublié: 09 Oct 2005, 15:30 
Si ma tante
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Enregistré le: 01 Mai 2005, 13:46
Messages: 16595
Excellent article de LSA Oulahhib sur la revue en ligne "La Minute du Sablier"

http://laminutedusablier.free.fr/mythep ... 00061.html

Dir-Yassine ou le fondement biaisé du palestinisme

Par LSA Oulahbib

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La réalité des faits est-elle encore objectivement saisissable lorsque la passion et la propagande masquent, soigneusement, méticuleusement, la vérité ? Rien n'est moins sûr. Car pour la plupart des soutiens au palestinisme la chose ne fait aucun doute : le 10 avril 1948, fut opéré par "Israël" un massacre, de sang froid, à l'encontre des deux cents habitants de Dir-Yassine, incluant femmes et enfants (certains parlèrent de 240, 254, 400, etc...).

Et, selon la propagande, cette tuerie aurait été le déclencheur même de l'exode des centaines de milliers palestiniens apeurés ; elle justifierait donc toute la haine contre Israël puisque c'était prémédité : CQFD.

Or, les faits semblent réfuter cette injonction, même s'il n'est pas évident de trier le vrai du faux lorsque l'on n'est pas témoin "direct".

Ainsi, lorsque l'on lit deux témoignages, celui de Paul Ginieswi, et celui de François Milles, écrivant tous deux sous la même responsabilité de Joseph Kessel qui supervisa les fameux 50 numéros spéciaux du Miroir de l'Histoire consacré aux "Combats d'Israël" (éditions Jules Tallandier, 1973-1974), non seulement la mise en séquence des informations diffère mais ces dernières elles-mêmes ne sont pas toutes présentées en suffisance par le second auteur (Milles) à l'opposé du premier (Ginieswi) (in Spécial 12, n°286, 1973, p.273-279).

Pour Paul Ginieswi par exemple le déroulé et la teneur des faits semblent être les suivants (p.273) : tout commence le 29 novembre 1947, lorsque les Nations Unies décident de partager la Palestine en deux Etats. La Ligue arabe regroupant divers Etats refuse cette décision, et inflitre des "unités irrégulières" qui, selon Gineswi, s'efforçent par exemple de "couper Tel-Aviv des villages juifs isolés et d'investir Jérusalem, environnée de toutes parts d'agglomérations arabes".

Les "forces militaires juives", (non organisées sous commandement unique, l'Etat d'Israël n'existera que le 14 mai alors que Dir-Yassin eut lieu le 10 avril), décident dans ces conditions de lancer une "offensive destinée à rompre l'encerclement de Jérusalem. Cent cinquante mille juifs y étaient bloqués. La légion arabe de Transjordanie, retranchée dans la vieille ville, bombardait la cité juive, qui n'avait rien pour riposter. Le pipe-line d'eau était coupé. Les Arabes occupaient les hauteurs qui surplombaient la seule route reliant la seule route reliant Jérusalem à Tel-Aviv : les convois juifs devaient passer au fond d'un défilé, Bab-el-Oued, sous un feu roulant de tireurs embusqués commodément.

La Haganah, l'armée officieuse, et l'Irgoun, formation dissidente, avaient lancé l'opération "Nakhson", pour libérer la route par l'occupation des principaux villages arabes qui la barraient. L'un, Kastel, avait été pris, perdu et repris par la Haganah à plusieurs reprises.

L'Irgoun avait décidé de prendre Dir-Yassine, par où passaient les armes et les combattants qui s'attaquaient aux convois(...)".

Que se passa-t-il maintenant sur le terrain ? Des soldats appartenant aux "unités irrégulières" de la Ligue arabe étaient mélés aux habitants du village selon une tactique bien observée ces temps-ci en Irak : il s'agit de se servir de la population civile comme boucliers, quitte à ce que celle-ci en fasse les frais, puisqu'il est bien difficile par la suite de trier sans faire de bavures. C'est ce qui s'est semble-t-il passé à Dir-Yassin.

Paul Ginieswi relate ainsi ceci :

"L'unité de l'Irgoun, forte de quelque 80 hommes, qui attaqua Dir-Yassine au petit matin savait qu'il y avait, à côté des soldats, de nombreux civils arabes dans le village. Aussi l'Irgoun avait-il fait précéder son unité d'un véhicule portant des haut-parleurs qui invitèrent la population civile à se retirer de la zone dangereuse.

L'avertissement avait été clairement formulé et fut bien compris car 200 villageois sortirent de leurs maisons, s'abritèrent au pied de la colline de Dir-Yassine et pas un seul ne fut blessé ni avant, ni pendant, ni après les combats. Tous furent évacués plus tard vers la ligne de démarcation.

Ce fait est confirmé par les Arabes eux-mêmes. La brochure, l'Agression israélienne, (publiée par la Ligue arabe) l'admet (p.10) : " Le pacifique village de Dir-Yassin, dans les faubourgs de Jérusalem, a été surpris par des haut-parleurs qui invitèrent les habitants du village à l'évacuer immédiatement (...)".

Comment réagirent les unités irrégulières de la Ligue arabe et les éléments de groupes palestiniens infiltrés dans ce village ?

Paul Ginieswi précise à nouveau ceci (p. 274) :

"(...) les Arabes avaient opposé aux hauts-parleurs une ruse de guerre. La garnison irakienne et palestinienne avait accroché aux premières maisons du village des drapeaux blancs. Quand l'avant-garde de l'Irgoun s'avança pour occuper ce village qu'elle croyait décidé à se rendre, elle fut accueillie par un déluge de feu. Son commandant fut frappé le premier. (...)".

Par ailleurs chaque maison "de ce village stratégique avait été fortifiée et fut âprement défendue. (...).

Paul Ginieswi poursuit :

"Quand la bataille fut terminée et que les soldats de l'Irgoun dénombrèrent les morts, ils découvrirent, mêlés aux corps des soldats irakiens et palestiniens, de nombreux cadavres de femmes et d'enfants. Ces civils avaient-ils été empêchés par les soldats arabes d'obéir à l'invitation des juifs d'être évacués ? Avaient-ils eu confiance dans le sort des armes arabes et avaient-ils choisi de demeurer au milieu de la bataille?

La responsabilité de leur mort incombe à ceux qui avaient violé les lois de la guerre en n'évacuant pas les civils d'un village qu'ils avaient transformé en position militaire.

Qu'aucun juif, à aucun moment, n'ait eu l'intention de s'attaquer aux civils arabes de Dir-Yassine, cela est prouvé tout d'abord par l'épisode des haut-parleurs. Cela est attesté aussi par les témoignages authentiques (...)des acteurs et survivants du drame. L'un de ceux-ci, Younès Ahmad Aassat, écrit ceci : " les juifs n'ont jamais eu l'intention de porter atteinte à la population du village, mais s'y trouvèrent forcés qaund ils eurent à faire face au feu de l'ennemi, placé au milieu de cette population, et qui tua le commandant de l'Irgoun". Ce texte a été publié par le quotidien jordanien Al-Ourdoun, le 9 avril 1955."

Comment se fait-il que le mythe du massacre délibéré ait pu voir le jour dans ces conditions ? L'auteur développe plusieurs hypothèses. D'abord le jeu trouble des Anglais qui avaient décidé de s'allier plutôt aux Etats arabes (ils s'étaient abstenu lors du vote permettant la création de l'Etat d'Israël) en amplifiant le récit d'un massacre unilatéral et prémédité qui aurait été le facteur décisif de l'exode palestinien.

Cette "thèse" ajoute l'auteur " ne s'accrédita d'ailleurs que longtemps après la guerre d'indépendance. Car, en avril et en mai 1948, les juifs, comme l'affirment les témoins oculaires de l'exode arabe, avaient fait de grands efforts pour les persuader de demeurer. C'est la Ligue arabe, elle, avec l'appui de l'administration et de l'armée britanniques, qui organisa leur exode : il s'agissait dans leur esprit d'une courte absence. Les réfugiés reviendraient dans quelques semaines sur les ruines de l'Etat juif étranglé au berceau..."

Mais il n'y a pas que cela selon l'auteur. Certaines officines juives majoritaires comme la Haganah et l'Agence juive, avaient intérêt à écarter l'Irgoun, mais aussi le Palmah, le Groupe Stern, de la formation de l'Etat d'Israël. Il fallait donc les discréditer. La tragédie de Dir-Yassine fut un excellent moyen. Ben Gourion "envoya un télégramme au roi Abdallah de Transjordanie pour dire son horreur" qlors que l'Irgoun et le Groupe Stern récusèrent ces allégations qui ne prenaient pas en compte le déroulé des faits.

François Milles (idem, spécial 12, 1973, N°286, p.279) ne fait pas de son côté le même constat que Paul Giniewski. Dans son (petit) article il ne fait pas par exemple état de la présence des éléments de la Ligue arabe. Il souligne plutôt le fait que les habitants "ont toujours entretenu de bonnes relations avec les juifs des environs et ont même éconduit les envoyés du grand mufti. Toutefois, par mesure de prudence, alors que le grondement de la bataille semble se rapprocher, quelques hommes armés de fusils antédiluviens assurent la garde du village. Cette nuit-là, ils sont sept".

On ne peut déjà faire plus contrasté avec l'analyse précédente : aucune présence d'éléments armés de la Ligue arabe, les Juifs n'y ont que des amis, et les villageois, surtout, sont uniquement munis de "fusils antédiluviens". Pourtant, les commandos juifs "se heurtent à une résistance acharnée" souligne François Milles. Et puis, à ce stade du récit, ce dernier bascule vers un tout autre cours:

"Ce n'est qu'au bout de deux heures d'efforts que les deux colonnes israélites réussissent à faire leur jonction au coeur du village. De nombreux assaillants ont été blessés. Toutefois, on ne compte que quatre tués.

C'est alors que l'incompréhensible se produit. Les juifs, déroutés par cette résistance imprévue, sans expérience de ce genre de combat -la plupart d'entre eux ne sont que des adolescents-, se laissent envahir par une frénésie meurtrière. Ils perdent littéralement la tête. Sommés de sortir de leurs maisons, les Arabes sont abattus à la mitraillette, par familles entières. Le nettoyage s'achève à la grenade, au couteau. Accouru de Jérusalem, un des chefs de l'Irgoun, Mordehaï Ramanan, fait sauter à l'explosif une quinzaine de maisons où se sont retranchés des groupes d'irréductibles.

Averti en fin de mâtinée, le chef de l'Irgoun de Jérusalem ne cache pas sa fureur. S'il a donné le feu vert à l'opération du Groupe Stern, c'était pour participer à l'attaque de Kastel et non pour enlever un objectif de seconde catégorie. (...)".

Ainsi, tandis qu'un des chefs de l'Irgoun vient prêter main forte au massacre, un autre chef déplore ce qui s'est accompli.

Nous avons donc deux versions. La première, celle de Paul Giniewski, s'appuie sur deux éléments extérieurs, deux textes, d'origine arabe, l'un confirmant l'existence d'un appel à la reddition, l'autre soulignant la présence effective de "l'ennemi, placé au milieu de cette population".

La seconde version, celle de François Milles, ne s'appuie sur aucun autre élément que "l'inexpérience" et la jeunesse des "commandos" juifs pris, brusquement, d'une "frénésie meurtrière".

Pourtant Hannah Arendt, certes bouleversée par le drame, souligne seulement, dans une lettre ouverte publiée dans le New York Times du 4 décembre 1948 (et signée également par Albert Einstein), que le massacre (240 selon elle) fut attribué uniquement au groupe de Menahem Begin, l'Irgoun, sans mantionner la dénégation de celui-ci, ni faire état des circonstances. En particulier la présence, non dénuée de fondements pourtant, de forces irrégulières appartenant à une Ligue arabe qui avait refusé le vote onusien.

Hannah Arendt fit plutôt état du défilé qui fut organisé avec les rescapés laissés vivants pour l'occasion (alors que tous les habitants avaient été massacrés selon la version de Milles...).

L'aspect, unilatéral en réalité, de la présentation des faits fut également renforcé par des témoignages comme celui de Jacques de Reynier, (chef de la délégation du Comité international de la Croix-Rouge à Jérusalem), par le témoignage suivant (qui avance, lui, le chiffre de 400) :

"L'Agence juive et le Grand Quartier général de la Haganah me disent ne rien savoir de cette affaire et qu'en outre il est impossible à quiconque de pénétrer dans une zone Irgoun. Ils me déconseillent de me mêler de cette affaire, ma mission risquant d'être définitivement interrompue si j'y vais. Non seulement ils ne peuvent pas m'aider, mais ils déclinent toute responsabilité sur ce qui ne manquera pas de m'arriver (...)."

Or, le fait que l'Irgoun ait été accusé, d'emblée, alors qu'il s'agissait d'une action du Groupe Stern selon François Milles, et que les deux groupes nient que cela fut un massacre, ne sont aucunement pris en compte.

Un membre du Groupe Stern,Nathan Yalin-Mor, parle en ces termes des relations de son groupe avec les palestiniens l'été 1947, en citant un de leurs bulletins internes (in Israël, Israël...Histoire du groupe Stern 1940-1948, Paris, Presse de la Renaissance, 1978, p. 323) :

"Chaque Anglais sur notre sol doit être considéré comme un intrus...et comme un oppresseur. Mais les Arabes ne sont pas des intrus. Ils sont, comme nous,des habitants légitimes de cette terre. (...).

Simultanément, nous nous adressions à la population arabe, dans sa langue, dans un texte intitulé A nos frères arabes et signé d'un nom que les Arabes avaient toujours tenu en grande estime, celui du " Groupe Stern". Nous mettions l'accent sur la communauté de nos intérêts, sur le bien du pays que nous partagions et sur la nécessité d'expulser, au sein de nos peuples, les traîtres qui nous causaient à tous un tort grave.

Notre voix fut la seule à s'élever, dans les deux camps, pour faire entendre des paroles de sagesse. Le résultat de notre intervention apaisante ne se fit pas attendre. Quelques jours plus tard, des représentants des Hébreux et des Arabes se rencontrèrent pour signer un traité de paix. Sans doute, il y avait encore de la méfiance des deux côtés. Mais le conflit généralisé était évité et les relations de bon voisinage furent heureusement restaurées. Pour nous, c'était une victoire."

Le Groupe Stern n'était donc pas animé d'un racisme invétéré antiarabe comme certains groupes palestiniens manipulés de l'extérieur par la Ligue arabe, mais aussi certains officiels juifs, le répandaient, parce qu'ils avaient intérêt à le faire croire.

En effet, les relations entre les divers groupes chez les Juifs n'étaient pas au beau fixe. Ainsi Jacques Derogy et Hesi Carmel font état (in Histoire secrète d'Israël, Paris, Olivier Orban, 1978, p. 122) des faits suivants :

"Quand la guerre éclate, le 15, avec les Etats de la Ligue arabe, (soit le jour suivant la déclaration d'indépendance d'Israël), les dissensions sont loin d'être dissipées et les ordres passent mal, quand ils ne sont pas ouvertement contestées. Les rapports entre la brigade "Harel" du Palmakh et le commandant nommé par Ben Gourion sur le front de Jérusalem, le colonel américain Markus, arrivent au point de rupture. Quand, quelques heures avant l'instauration de la trêve, Markus est tué accidentellement par une sentinelle, Ben Gourion déclenche une enquête pour savoir s'il n'a pas été assassiné par un membre du Palmakh. (...).

Quelle conclusion en tirer ?

La teneur des faits peut être lue de différentes manières selon que l'on retranche ou ajoute un élément décisif comme on l'a vu.

Ainsi, la première version, celle de Paul Ginewski, semble être plus vraisemblable puisqu'elle peut être recoupée à la fois avec d'autres preuves, citées par la partie adverse, mais aussi avec des faits relatifs au contexte de l'époque marqué essentiellement par le refus arabe de la création de l'Etat juif, s'ajoutant à toutes les exactions perpétrées sur les Juifs depuis la fin des années 20, après la défaite turque.

Yves Courrière, (Idem, in Miroir de l'Histoire, les combats d'Israël, Spécial 11, 1973, p. 257) fait par exemple état des "hordes arabes fanatisées du 23 août 1929, qui poignardent, incendient, violent et provoquent par leur action sanglante l'interdiction anglaise faite aux juifs d'achter des terres (...)".

Que s'est-il passé le 23 août ? François Milles, qui n'est pas spécialement tendre avec certains groupes juifs comme on l'a vu plus haut à propos de Dir-Yassine relate de son côté ceci (Idem, Spécial 2, 1973) lorsqu'il expose (p. 39) l'action du mufti de Jérusalem, oncle d'Arafat, Hadj Amine el-Husseini "l'ennemi juré des Anglais et des juifs" (p.38) :

"Il est à l'origine de la flambée de violence du mois d'août 1929. Exploitant un incident au Mur des Lamentations, le grand mufti accuse les juifs de profaner une propriété arabe et de vouloir s'emparer du rocher d'où Mahomet s'était élevé vers le ciel, -(cela ne vous rappelle pas ce que dénonça en 2000 son neveu, Arafat, lorsque Sharon alla au Mont du Temple, déclenchant ainsi la seconde Intifada ?...).

Au cours de violentes émeutes, les Arabes déchaînés tuent ou blessent des centaines d'israélites, dans une véritable atmosphère de guerre sainte. Pour rétablir l'ordre, les Anglais sont obligés de faire venir des troupes d'Egypte. Trois Arabes sont pendus. Toutefois, Hadj Amine peut s'estimer relativement satisfait. Le livre blanc de 1930 freine l'immigration israélite, en fonction de la "capacité économique d'absorption". Mais pour lui, il ne s'agit que d'un point de départ.

La lutte doit continuer contre les juifs et les Anglais, et ce sont à nouveau les violents incidents de 1933 et surtout de 1935; suivis d'une grève générale des Arabes. A ce moment, le grand mufti exploite l'inquiétude de ses coreligionnaires devant la réussite économique du Foyer juif et surtout la reprise accélérée de l'immigration.

Les Anglais multiplient, en effet, les dérogations au livre blanc en faveur des israélites persécutés en Allemagne. C'est par dizaines de milliers que les juifs entrent maintenant en Palestine. Hadj Amine devient alors le chef incontesté du mouvement arabe et c'est lui qui reçoit la présidence du Haut Comité arabe dès sa création. Ses revendications sont nettes : gouvernement national, arrêt total de l'immigration, interdiction de vente de terres arabes aux juifs. (...)".

Il affiche officiellement son nazisme en écrivant une lettre à Hitler le 21 juin 1940 (Milles, op.cit.,p. 41):

"La Palestine, qui n'a cessé de se battre depuis quatre ans contre les démocraties et les Juifs, est prête, à n'importe quel moment, à redoubler d'efforts. Le peuple arabe attend donc avec confiance le résultat de votre victoire finale. Il sait qu'elle signifiera pour lui son indépendance (...), son unité et un traité de collaboration et d'amitié."

Plus tard, avec la capitulation du Reich, Milles observe que " Hadj Amine semble promis à la corde, d'autant qu'il a prodigué ses encouragements au génocide nazi. Néanmoins, grâce à son étonnante baraka, il s'en tire encore. La complaisance de certaines puissances à "vocation musulmane", comme l'URSS ou la France, joue son rôle.

De fait, en 1945, il se trouve en résidence plus ou moins surveillée, dans une villa de la région parisienne, jusqu'à ce que le gouvernement français l'invite, en mai 1946, à rejoindre le Proche-Orient où il va s'empresser de reprendre le cours de ses exploits. C'est avec un prestige inégalé et une haine intacte, qu'il reprend la direction du Haut Comité arabe."

On le voit, les jeunes groupes juifs d'alors surgissent dans la douleur des égorgements et de la haine islamiste refusant, tout le long des années 30, la coexistence alors que les Juifs désiraient vivre en bon voisinage avec la population palestinienne, hormis quelques extrémistes évidemment.

Puis, lorsque l'ONU décide la création de deux Etats, c'est au tour des pan arabistes de la Ligue arabe de signifier leur haine qui se distinguait uniquement de celle des islamistes par les moyens et le moindre attachement aux rituels religieux (sauf en Algérie...), tout en partageant le même but, celui du retour au Califat, (qu'ils appelaient à l'époque Unité de la Nation Arabe, etc...).

C'est ce contexte là qu'il s'agit également d'étudier pour comprendre à quel point la manipulation, la propagande, les luttes inter-juives, la mainmise de nationalistes arabes (venus de l'extérieur) sur une population palestinienne infiltrée, prise en otage, (comme actuellement), et, par dessus tout, la haine, implacable, contre la renaissance juive en Palestine depuis la fin du XIXème siècle, c'est cet ensemble là de facteurs, qui, combinés, peuvent expliquer la contre-violence juive de l'époque, et non pas les analyses simplistes et tronquées qui projettent sur les Juifs le refus de la coexistence, d'Etat à Etat, alors que ceux qui professent ainsi sont les premiers à brandir ce refus vis-à-vis des Juifs.

Que dit-on par exemple lorsque des partis en France s'opposent à l'immigration ? On les caractérise de racistes. Que dit-on lorsque les autorités arabo-islamistes refusent la présence juive en Palestine ? On la justifie avec les mêmes termes employés pourtant par les fascistes ou les racistes que l'on dénonce en France et ailleurs... Tout en oubliant l'essentiel : pour les arabo-islamistes et nationalistes, les Juifs ne peuvent pas avoir un Etat parce qu'il n'est pas prévu par le Coran et/ou par l'Histoire, glorieuse, de la Nation Arabe. Dans ces conditions, permettre son existence renviendrait à dire que le Coran s'est trompé, ce qui est impossible, et/ou que l'Histoire glorieuse ne reviendra pas, ce qui est insupportable.

Nous en sommes là, et ce mensonge, qui nourrit l'islam est désormais tenu à bout de bras, par toute la haine antilibérale, antiaméricaine,antiisraélienne, prête à s'allier avec l'immonde qui sévit en Irak, à Bali, à la façon de l'oncle d'Arafat lorsqu'il se coucha aux pieds d'Hitler.

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 Sujet du message: logique
MessagePublié: 09 Oct 2005, 16:48 
Ce que Lucien Oualib decrit en citant Paul Giniewsky, parait entierement logique, entierement coherent avec l'etat d'esprit des juifs de l'époque.

Les sionistes venus d'Europe, les rescapés d'Europe, n'avaient rien contre les arabes, et en général , ils n'avaient aucune mentalité de haine ou de vengeance, ni contre les allemands, ni contre les anglais, ni contre les arabes : aucun motif de haine dont aurait pu surgir un massacre.


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MessagePublié: 06 Déc 2006, 16:56 
Si ma tante
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Enregistré le: 01 Mai 2005, 13:46
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http://www.resiliencetv.fr/modules/news ... oryid=1549

Pour en finir avec l'usage du terme "Palestine"
Par David André Belhassen le 05/12/2006

Alors que la polémique fait rage autour du "voyage de Ségolène Royal en Palestine", ce dernier nom, je veux dire "Palestine", jouit du consensus général et même d'un grand prestige. Son usage politique, quoique récent et ne remontant qu'au début du 20e siècle, est universellement employé dans tous les livres d'histoire, les manuels d'archéologie, les cartes de géographie, les encyclopédies et dictionnaires, les revues scientifiques et les ouvrages de vulgarisation, les magazines et les quotidiens, les contes d'enfants et les films documentaires ou de fiction. Bref, c'est le nom que tous utilisent (y compris, chose pour le moins surprenante, les israéliens eux-mêmes!) pour désigner la contrée qui englobe approximativement la superficie de l'Etat d'Israël et celle de l'Autorité dite "palestinienne". Bien sûr, les israéliens diront qu'ils ne sont pas dupes et que "Palestine" n’est autre que la contrée que la Bible nomme Israël, Pays de Canaan, Pays des Hébreux, ou encore Qedem. Mais lorsque l'on aborde la question, somme toute légitime, de l'origine historique de ce nom (et son étymologie), toutes les langues cessent de se délier, celles des israéliens et des palestiniens en premier. Cet article a pour objet de remédier à la lacune.


Aperçu historique

"Palestine", sous la forme "Paleshet", apparaît pour la première fois dans l'histoire, sur des fresques, des stèles, des papyrus, datant du 12ème siècle avant J.C, et relatant les victoires des pharaons Ra'amses et Merneftah sur les "peuples de la mer". Cette même expression "peuples de ma mer" est aussi en usage dans la Bible (en particulier dans les parties les plus anciennes, tel "Le livre des Juges" ), quoique souvent supplantée par son homologue "philistins" (en hébreu: "Plishtim"). Ce fut en effet le nom que les hébreux donnèrent à ces hommes "venus des îles" (La Crête en particulier) qui débarquèrent sur la côte et envahirent le littoral sud du pays (entre Gaza et Ashdod), désigné comme "Philistie" (en hébreu: PLeShet ). Grammaticalement parlant, Philistie ou Pleshet est le substantif formé sur la racine hébraïque PLSh (envahir, occuper, faire incursion, faire intrusion). Il signifie "territoire occupé", territoire qu'il faut donc libérer des mains de l'intrus (= Plishti ).

Mis au pluriel, Plishtim, (les fameux "philistins" dont parle le récit de Samson) peut donc se traduire littéralement par "envahisseurs". En moins de trois siècles, la plupart de ces "philistins" furent boutés hors du pays et les autres se fondirent dans la population hébreue indigène au point de disparaître en tant qu’entité ethnique séparée. Pourtant, tout au long des siècles suivants, le terme revenait ci et là dans la littérature biblique tardive, quoique de manière anachronique et atavique, pour fustiger l'ennemi symbolique d'Israël .
Après la chute successive des royaumes d'Israël et de Juda, au 8ème et 6ème avant J.C, respectivement sous les coups de boutoir des Assyriens et des Babyloniens, la langue araméenne fit irruption dans la région. C'est sous son influence que le suffixe hébreu –im, désignant le pluriel, fut parfois prononcé –in, à l'araméenne. Et c'est ainsi que plishtim devint plishtin. Notons au passage que le mot étant déjà au pluriel, on devrait le retransmettre en français par "palestiens" et non palestiniens .

Mais cette transcription erronée n'est pas récente. Elle date de l’historien grec Hérodote (5e siècle avant notre ère) qui, à cause de sa méconnaissance de l'hébreu (et de l'araméen), employa dans ces écrits la forme au pluriel, sous la forme grécisée: "Palaïstinae" , pour désigner la "Philistie". A sa suite, et ignorant tout de l’origine hébraïque du terme, certains historiens modernes se sont évertués à faire de ces "philistins" un véritable peuple, les Pélasges de la Grèce préhellénique, ou les mystérieux « palaïstes » dont on ne connaît rien d’autre que le nom déformé.

5 siècles plus tard, ce furent les romains qui banalisèrent l’usage du terme pour nommer non plus la bande côtière, comme Hérodote le faisait, mais l’intégrité de l'ancien royaume d’Israël. L’intention cette fois-ci était claire: Le toponyme latinisé "Palaestina" fut forgé en représailles aux rébellions contre l’empire Romain qui éclatèrent depuis "La guerre des juifs" en 66-70, et jusqu'à la révolte de Bar Kohba en 132-135. Soucieux de rayer de la carte ceux qui osèrent défier le tout-puissant empire romain, l'empereur Hadrien, mu par une véritable pulsion vengeresse visant à effacer jusqu’à l’identité du peuple qui y vivait, lui refusa un droit d’existence non seulement politique, mais encore une dimension ethno-culturelle.

C’est pourquoi, il rebaptisa La Judée " Palaestina", et Jérusalem "Aelia Capitolina" (du nom de sa famille). Il est remarquable néanmoins qu'à l'époque, ce nom de "Palestine", symbole de l'ultime humiliation, ne fut jamais utilisé par les indigènes de cette contrée. Les Evangiles eux-mêmes, bien que retranscrits et canonisées à une époque où le terme ‘Palestine’ était déjà officialisé par les romains, ne l’emploient pas même une seule fois. Elles nomment systématiquement cette terre « le pays d’Israël » ou « la terre d’Israël ».

L’usage du terme « Palestine » représentait pour les disciples de Jésus une insulte au peuple hébreu dans son intégralité, en rappelant aux yeux de tous la barbarie de l’empire Romain. Ce qui n'empêche pas aujourd'hui certains curés et prêtres chrétiens de parler de "Jésus le palestinien" (sic). Il semble d'ailleurs que ces chrétiens ne se sont jamais posés la question pourquoi les Evangiles s'interdisaient l'usage du terme "Palestine", ou alors, ils n'ont pas voulu comprendre que, plus que tout autre terme, « Palestine » symbolisait l’oppression romaine. Alors que "Terre d'Israël" était fièrement arboré par les hébreux, le terme Palestine était considéré comme un affront. Son apparition exprimait une volonté délibérée d’effacer l’identité originelle du pays, peine réservée par les romains contre toute région qui osait se rebeller contre l’autorité de l’empire. C’est aussi pourquoi "Palestine" ne fut jamais, au grand jamais, utilisé parmi les juifs avant l’émergence du mouvement sioniste, qui paradoxalement fut le premier à l'employer (nous en verrons par la suite les raisons profondes).

Le nom « Palestine » fut donc en usage du second siècle de notre ère jusqu’à la fin de l’empire romain, et durant toute l'époque byzantine. Puis, il tomba progressivement en désuétude. Dans l’Europe chrétienne du Moyen Âge, les voyageurs, les pèlerins et les croisés désignent le pays comme « la terre d’Israël » ou comme « la Terre Sainte » .
Lorsque le terme « Palestine » refît surface, au 19e siècle, ce n’est pas du tout pour des raisons politiques. Par pure convention, le latin était devenu la langue de référence dans le monde scientifique. La raison était tout d’abord le traditionnel usage du latin dans les universités en tant que langue savante. Ensuite, ce choix exprimait le désir à la fois d’uniformiser la terminologie, et d’éviter la prédominance d’une des langues vivantes sur les autres. C’est pourquoi la terminologie inventée par les romains, au départ uniquement destinée à effacer l’identité hébraïque du pays après les révoltes du premier et deuxième siècle de l’ère chrétienne, fut systématiquement adoptée par les historiens, les géographes, les géologues, les naturalistes et mêmes les anthropologues. Avec l’usage du latin, le découpage du monde introduit par l’empire romain reçut soudain un cachet d’objectivité scientifique. C’est ainsi que non seulement « Palestine », mais encore « Syrie » et « Arabie » resurgirent du néant, et ce au nom d'illusions pseudo- scientifiques.

En occident, le terme « Palestine » envahit progressivement tous les ouvrages de littérature et de science, à une époque où l’archéologie, l’histoire et « l’orientalisme » non seulement connaissaient leur plein essor, mais encore bénéficiaient de l’engouement du public. Et puis, de par l’exigence de laïcité, « Palestine » remplaçait avantageusement l’appellation d’Israël ou de Terre sainte, trop chargées de connotations religieuses. C’est pourquoi, à la ruine de l’empire ottoman, rien n’empêcha de revêtir une dimension politique au terme « Palestine ».
Est-ce par le choix d’un tel terme que les premiers sionistes aspiraient à se mettre en phase avec la « communauté scientifique » ? Essayaient-ils de faire correspondre leur volonté de réveil identitaire hébreu avec des conventions poussant à l’adoption du latin en tant que « langue savante » ? Or ces deux réalités sont foncièrement contradictoires.


Aperçu politique

Les sionistes n’attendirent pas le découpage de l’empire ottoman par la Société des Nations pour utiliser le terme «Palestine ». Les premiers pionniers du mouvement hébreu-sioniste de libération, les ‘amants de Sion’, faisaient déjà usage de ce terme dans les années 1870, en évoquant tantôt la « terre d’Israël » et tantôt la « Palestine », comme si ces deux termes étaient interchangeables. Herzl, quant à lui, élimina toute ambiguïté en employant explicitement "Palestine" à chaque fois qu’il évoquait la terre d’Israël. Les dirigeants des congrès sionistes firent eux aussi systématiquement usage de cette terminologie. Il est fort possible que l’adoption du terme « Palestine » par la SDN, qui lui conféra soudain une contenance politique, soit une conséquence de son usage par les sionistes. Voici les causes de ce revirement:

- Tout d’abord, Israël, le nom du pays depuis le 12e siècle avant notre ère jusqu’à l’occupation romaine, avait perdu sa dimension politique de par sa récupération par le Judaïsme et par le Christianisme (Verus Israel). Or les premiers sionistes tenaient à se démarquer de toute dimension religieuse.

- Ensuite, il est difficile à des autochtones, et qui plus est à des gens qui déclarent vouloir recouvrer le pays de leurs ancêtres dont ils ont été spoliés depuis près de 2000 ans, à la fois de se définir et de renverser les valeurs imposées par leurs agresseurs. Par exemple, le terme Amérique est construit sur le nom d’Amérigo Vespucci, le fameux conquistador qui participa aux massacres d’indigènes à grande échelle. Le continent lui doit son nom tout simplement parce que Vespucci fut l’auteur de carnets de voyage qui firent le tour de l’Europe, et dans lesquels il décrivait les autochtones comme de sanguinaires barbares auxquels il attribuait tous les vices possibles. Il est vrai qu’aucun terme, autre que « nouveau monde » (ou nouvelles Indes), n’était en usage à cette époque pour nommer ce continent dans son intégralité .

Tout comme chez les "amérindiens" , le vide sémantique contribua à populariser chez les sionistes l’usage d’une terminologie insultante envers eux-mêmes.
Pour la première fois donc dans l’Histoire, les promoteurs d’un mouvement de libération ont réhabilité un nom introduit en vue d’effacer l’existence et même la mémoire de leur propre peuple. Le peu de sensibilité à l’affront historique et national que représente le terme Palestine contraste avec l’hypersensibilité justifiée des sionistes, et des juifs en général, face aux manifestations d’antisémitisme .
‘L’apathie’ face à une telle humiliation fut poussée au point où les dirigeants du sionisme mandataire, en parfaite continuité avec la terminologie adoptée par l’empire britannique, envisagèrent très sérieusement l’idée de nommer « Palestine » l’état en voie de formation. En adoptant la terminologie du conquérant romain, le mouvement sioniste aurait ainsi perdu ce qui lui restait de légitimité.
Ce qui entrava un tel destin fut le pouvoir de ralliement qu’exerçait le terme Israël sur les hébreux judaïsés, ce même pouvoir qui incita jadis à adopter le terme de ‘sionisme’ pour nommer le mouvement hébreu de libération.

En contrepartie, le terme « Palestine » ne réveillait aucun sentiment, entre autres parce qu’il était complètement étranger au Judaïsme . Et puis, l’adoption du terme « Palestine » par les dirigeants du sionisme officiel fut vivement critiquée par ce qui restait des militants du mouvement hébreu-sioniste de libération qui revendiquaient un nom plus authentique et patriotique. Les dirigeants sionistes se virent donc obligés d'abandonner l’idée de nommer ‘Palestine’ l’état en voie de formation. Entre Sion, Judée ou Israël, leur choix se porta sur le dernier terme qui leur sembla le plus général. Après avoir usé et abusé pendant plus de trente années du terme « Palestine » pour se définir politiquement, ils firent volte-face juste avant l’indépendance.

En parallèle, l’usage du terme Palestine est également très tardif chez les palestinistes arabophones. En effet, tant que le terme se rattachait au sionisme, les palestinistes se gardaient bien de revendiquer une telle identité. Pour eux, le terme de "palestinien" était au départ rattaché aux britanniques et aux sionistes. La seule véritable identité revendiquée était une identité arabo-musulmane, celle de la grande nation arabe formant le cœur de l’Umma. En effet, le terme « d’arabe palestinien » fut imposé par l’autorité mandataire. C’était là un moyen facile pour les britanniques de désigner la population arabophone vivant sur le territoire qu’ils administraient. Cette terminologie répondait donc avant tout à une exigence administrative, la même qui définissait les pionniers hébreux en tant que « juifs palestiniens ». De la même façon, furent qualifiés de ‘syriens’ les hommes vivant sur le territoire que les français, à l’image de l’empire romain, nommèrent la Syrie.

Mais il n’y a là encore aucune dimension nationale identitaire, et encore moins de connotation ethnique. Le fait que, au départ, l’identité "palestinienne" ne fut pas revendiquée de façon exclusive n’a rien de très étonnant. Dans la littérature musulmane classique, y compris le Qoran et la hadith c'est-à-dire les paroles orales traditionnellement attribuées à Mohammad, le pays est nommé de deux façons: soit Ard Bneï Israël, littéralement la terre des fils d’Israël, soit Ard Sham , qui est une appellation plus vaste encore, englobant la Syrie et le Liban.
Le terme ‘Palestine’ n’apparaît absolument jamais dans le Qoran. Il ne peut donc être revendiqué au nom de l’Islam. Ce n’est que lorsque les conquérants arabo-musulmans supplantèrent les byzantins en terre d'Israël qu’ils reprirent à leur compte le terme de « Palestine ». Mais ce n’est pas pour désigner un pays ni même un peuple. Dans leurs cartes, cette région de leur empire apparaît sous l’appellation ‘Djundi Falestîn’, ce qui signifie littéralement ‘le district militaire de Palestine’. Cette terminologie s’inscrit exclusivement dans une logique de conquête, et non pas de revendication identitaire.

Restreint à une dimension militaire, l’usage du terme Palestine tomba progressivement en désuétude, dans le monde chrétien comme dans le monde musulman. Il fut oublié au point où les turcs, en s’installant dans le pays, n’en eurent pas même connaissance. Ils nommèrent cette province de leur empire « la Grande Porte » en vertu du statut particulier de Jérusalem pour les religions monothéistes. Mais l’usage d’un tel terme montre bien le caractère anonyme de cette région qu’ils qualifiaient également de « Syrie méridionale ».
Ce sont les sionistes qui, en refusant au dernier moment de se servir du terme de Palestine pour nommer leur état, ont créé de facto une identité palestinienne regroupant tous ceux qui s’opposaient à l’émergence de l’état d’Israël. Il a fallu l’abandon volontaire du terme de Palestine par les sionistes, après l’avoir réintroduit, utilisé et banalisé pendant 70 longues années, pour en permettre sa récupération totale par le monde arabe.

Mais cette récupération ne fut pas aisée. Tout d’abord, le terme n’était pas en usage dans la population arabophone. Ensuite, il n’existe aucun cas de mouvement national qui emprunte le nom donné par des colonialistes pour désigner ce qu’il considère comme sa propre terre. Pour un peuple se libérant du joug de conquérants, la moindre des choses est de revenir à ses sources, c’est à dire à l’appellation originelle de sa terre. Or les arabophones, en récupérant le terme Palestine, se désignèrent comme des envahisseurs. Théoriquement, les "palestiniens" aurait pu envisager de revendiquer une identité cananéenne. Cela aurait été là un moyen de transposer dans un passé mythique le conflit, afin d’en renverser les termes et de transformer les conquérants arabo-musulmans en autochtones. Mais la chose ne fut pas possible car l'Islam reprit à son compte l’injonction biblique sur les cananéens maudits et voués à l’anathème .

Il devint donc impensable pour le palestinisme, en tant que fer de lance du pan-arabisme islamique, de s’affilier aux cananéens (1) . Conscients du fait que le terme ‘Palestine’ se rapporte aux philistins mentionnés dans la Bible, les dirigeants du Hamas et du Djihad islamique ne l’utilisent jamais dans leurs propos en privé. Ils en réservent l’usage aux déclarations officielles tournées vers l’étranger, l’utilisant comme un artifice médiatique destiné à gagner la sympathie du public non-musulman. Entre eux, les activistes islamistes nomment le pays comme il est désigné dans la tradition musulmane Ard Sham . En cela, ils restent fidèles à la logique qui animait jadis le mufti de Jérusalem (et allié de Hitler), un certain Hadj Amin El Husseini, à savoir la protection de l’intégrité de l’Umma, sans le moindre recours à un combat identitaire autochtone.

La stratégie est néanmoins différente en ce qui concerne l’OLP, qui conféra au terme ‘Palestine’ une signification réellement politique en le ‘naturalisant’, et ce afin de ne plus dépendre d’une définition dont on connaît trop bien l’origine. A vrai dire, la chose n’est pas très aisée. La lettre P n’existe pas en arabe. ‘Palestine’ est donc nécessairement un mot étranger. Afin de l'arabiser, les palestinistes ont prétendu que l’appellation originelle du pays était non pas « Palestine », comme l’ont transcrit grecs et romains, mais « Falestin », comme le prononcent les arabes. Or la transformation de Palestine en Falestin , même si elle sonne désormais ‘arabe’, ne lui octroie toujours pas de sens (2). C’est alors qu’il fut imaginé que « Falestin » était un mot composé: Fales et Tîn, Fales, un substantif signifiant plat et Tîn= glaise . Par cet artifice arbitraire et ridicule dans lequel un mot entier est scindé justement où il ne fallait pas , les propagandistes de l’OLP ont ainsi cru réussir à transformer le terme hébreu désignant les envahisseurs en un nom ayant enfin un sens dans la langue arabe: la glaise plate. Malheureusement le relief du pays ne se prête guère à cette manipulation linguistique. ‘Le plat pays qui est le mien’ est à chercher ailleurs.

La population arabophone « palestinienne », a donc été regroupée sous cette identité sur le simple fait qu’elle utilisait la langue arabe pour communiquer. Or l’usage d’une langue imposée par un conquérant ne peut en aucun cas être considérée comme le signe d’une identité ethnique. Et la population arabophone de la terre d’Israël ne fait pas exception à la règle. Même contraints ‘d’embrasser’ la religion musulmane, elle veilla à conserver son identité ethnique (originellement hébreue) en développant le plus souvent des formes hétérodoxes de l’Islam, ce qui limitaient les alliances matrimoniales aux membres de la secte. C’est pourquoi, lorsque les croisés rentrèrent dans le pays, après 460 années de domination arabo-musulmane, ils y trouvèrent une population arabophone, certes, mais pratiquant cinq formes d’Islam (ainsi que huit formes de Christianisme) toutes hétérodoxes . Même arabisée, la population a conservé son particularisme jusqu’au 20e siècle, n’ayant que faire, avant l’arrivé des britanniques, d’une ‘identité palestinienne’. Par contre, cela fut une véritable aubaine pour les arabes, réels descendants des envahisseurs venus du Hedjaz, tout comme ceux originaires des pays d’alentour récemment émigrés à la suite de l’essor économique sioniste. Elle représentait l’opportunité d’acquérir à peu de frais une dimension autochtone à leur arabité. Et cette faction a fini par imposer ses vues.

La récupération du terme ‘Palestine’ par le pan-arabisme aurait normalement dû être vouée à l’échec. Les références étymologiques renvoient à l’hébreu, où le mot désigne l’envahisseur. De plus, ce terme rappelle à tous les crimes commis par l’empire romain, que même les chrétiens ne pouvaient oublier. Enfin, le terme de « Palestine » était foncièrement associé aux britanniques et aux sionistes, ce qui devait être amplement suffisant à un mouvement nationaliste arabe pour le rejeter en bloc.
Mais en dépit de toute logique, une "palestinité" a non seulement émergé, mais elle a progressivement récupéré la plus grande partie de la légitimité du mouvement hébreu de libération. La preuve en est le soutien massif dont bénéficient aujourd’hui le palestinisme de par le monde, soutien qui tranche avec les manifestations d’hostilité envers le sionisme de la part de militants engagés dans les combats anti-colonialistes.
Le revirement sémantique opéré par les sionistes en 1947 est bien sûr pour beaucoup dans la légitimation du terme Palestine. On ne peut impunément usé et abusé du terme « Palestine » pendant plusieurs décennies pour l’abandonner juste avant l’indépendance.

C'est ce qui a produit immanquablement l’impression que l’entité politique nommée Israël se superposait à une réalité plus ancienne, « palestinienne ». Il devenait ainsi aisé aux palestinistes de récupérer cette identité à la fois orpheline et autochtone, du moins en apparence. La manœuvre de récupération ne nécessita même pas la mise en place d’un stratagème élaboré. Il suffit aux palestinistes de reprendre à leur compte l’appellation dont se défirent les sionistes. C'est donc le volte-face subit des sionistes, se définissant au début comme palestiniens puis ensuite comme israéliens, qui est la cause directe, sinon unique, de la revendication identitaire arabe palestinienne. Par l’adoption, même temporaire, du terme Palestine, les premiers sionistes ont conduit à une légitimation implicite d’une identité palestinienne aussi bien par le monde scientifique que par les instances internationales et l’opinion mondiale. Face à l’aura d’objectivité dont se paraît le nom "Palestine", "Israël" devenait l’expression politique d’une revendication purement religieuse, d’essence messianique, et donc appréhendée comme irrationnelle. Un tel transfert de légitimité n'a cessé de fonctionner depuis 1947.

Jusqu'aujourd'hui, le terme « Palestine » n’a point perdu de sa validité, même en Israël. Il y est couramment employé par les historiens et les archéologues pour parler du pays des Hébreux dans les temps les plus reculés. Dans leurs publications scientifiques, ils évoquent une ‘Palestine de l’âge du bronze’ ou encore traduisent l’expression « Talmud Yeroushalmi (Talmud de Jérusalem) en « Talmud palestinien ». De même, l’académie israélienne des sciences édite une encyclopédie de la flore locale nommée ‘Flora palaestina’. Cet usage n’est pas le reflet d’une opinion politique, mais simplement un souci des scientifiques israéliens d’user de la même terminologie que celle de leurs collègues du monde entier. Mais un tel respect des ‘conventions internationales’ continue à entretenir le "flou artistique" entre "Israël" et "Palestine".

Si les sionistes avaient conservé l’appellation de « Palestine » après l’indépendance, il n’y aurait jamais eu de ‘problème palestinien’. Mais, en contrepartie, le mouvement de libération national hébreu se serait d’un seul coup complètement vidé de sa substance. Le piège qui s’est refermé sur le mouvement sioniste en 1947 fut posé par les premiers pionniers, à la fin du 19e siècle, de par leur utilisation erronée du terme « Palestine ».

Mythe

"Un peuple sans pays pour un pays sans peuple"?

Les premiers sionistes virent dans la Bible un document qui octroyait la légitimité historique sur laquelle asseoir leur idéologie. Or le texte biblique se situe aux antipodes de ce que peut en attendre un mouvement de libération. En effet, la Bible fait des hébreux non pas des autochtones, mais un groupe d’émigrés dont l’origine se situe quelque par au delà de l’Euphrate, des descendants d’un émigré provenant de Mésopotamie, répondant au nom d’Abraham. De plus, selon la théologie biblique, ces descendants d’Abraham aspirent à supplanter une population autochtone, les cananéens, et ce au nom d’une promesse divine. D’un côté, ce mythe transforme les hébreux en une communauté de croyants dont la présence dans la ‘Terre Promise’ est conditionnée par l’obéissance à des décrets divins. De l’autre, avec le récit de la ‘conquête de Josué’ qui soi-disant extermina les cananéens, les hébreux deviennent le premier peuple génocide de l’Histoire , mythe qui eut l’effet d’un véritable péché originel dans la conscience collective (3).

Mais l’archéologie ne confirme pas du tout l’historicité de la conquête de Canaan par les « enfants d’Israël », et encore moins une quelconque campagne d’extermination . Elle démontre au contraire une parfaite continuité dans l’habitation et la culture (4).

Sous la plume de certains historiens modernes, ces hébreux se métamorphosent en « palestiniens embrassant la foi monothéiste », invitant à transposer dans un passé lointain le volte-face sémantique opéré par les sionistes : à savoir le rejet d'une identité ‘palestinienne’ uniquement au nom d’une adhésion au judaïsme.
Car c'est le Judaïsme qui diffusa, pour ses propres besoins, le mythe d’un abandon total du pays. Il lui était indispensable que la chute de Jérusalem fût la marque d’une punition, celle d’un dieu chassant le peuple de sa terre « en vertu de son impiété ». Non seulement ce mythe contribua à détourner les sentiments patriotiques des hébreux en exil vers la dimension religieuse communautaire, mais encore il invita à l’indifférence (pour ne pas dire la trahison) quant au devenir des résistants hébreux qui restèrent sur leur terre, envers et contre tout.

Et pourtant, contrairement à ce que prétend le judaïsme, la chute du Temple de Jérusalem n’a pas du tout sonné le glas du monde hébreu. Le tableau décrivant une désolation complète du pays après la répression romaine est imaginaire, car les hébreux ne cessèrent de se révolter contre les conquérants romains, puis byzantins.

Jusqu’à l’invasion arabo-musulmane, le pays était en immense majorité peuplé d’hommes vivant encore selon leurs traditions et leur culture ancestrale. Selon ce que révèle l’archéologie, la fracture réelle, elle qui marque la désolation et la ruine des villages habités depuis des millénaires, remonte bien aux 7-8e siècles de notre ère, soit encore à l’époque de l’invasion arabo-musulmane du pays . Pour ce qui est des samaritains, deux siècles d’occupation avaient réduit à quelques milliers une population estimée au 6e siècle à 1 millions d’âmes. Et en 1917, les britanniques en visite à Sichem ne trouvèrent plus que 152 âmes , vivant dans les conditions infâmes d'une dhimmitude avilissante. Le sort de la population judéenne ne fut d'ailleurs pas plus enviable .

Ce génocide (occulté par l'historiographie moderne -5-) s’accompagna d’une destruction massive des villages et de l’abandon des campagnes, aussi bien en Judée (6), en Samarie, en Galilée, dans la plaine du Sharon et à l’est du Jourdain. Cela signifie que le pays, dans sa grande majorité, ne fut pas repeuplé par une population d’origine étrangère. Une partie de la population a péri sous le glaive de l’envahisseur arabo-musulman, et les rescapés de ces massacres furent arabisés-islamisés de force. Mais cela ne les transforme pas pour autant en « palestiniens ».

Mais en reprenant et soutenant le mythe que le pays se vida complètement de ses habitants (hébreux) après la destruction du temple de Jérusalem par les romains, les sionistes conférèrent involontairement à la population arabophone une identité distincte de la population hébreue, et par conséquent un droit à l’autodétermination.
Ce 'vide' fut immédiatement comblé par la propagande palestiniste qui, grâce à l’usage anachronique du terme « Palestine» par les historiens, convertit d’un seul coup les conquérants arabo-musulmans en autochtones. Même la dimension islamique du pan-arabisme y trouva son compte, puisque Abraham est affublé par les historiens du poil de chameau du ‘bédouin arabe’, tandis que Jésus est désormais nommé dans les églises, non plus "Jésus le galiléen" mais "Jésus le palestinien".

Mais c’est alors que se pose un nouveau problème, celui du débat théologique entre juifs et musulmans pour savoir à qui exactement la divinité a ‘octroyé la terre promise’. Bien entendu, un tel débat est sans fin.

Les récits bibliques alimentent la confusion idéologique par encore bien d’autres voies. Par exemple, le mythe d’Abraham a engendré l’idée d’un ‘cousinage’ entre hébreux et arabes. En effet, les rabbins du Talmud nommèrent tous les nomades comme des descendants d’Ismaël (7), l’aîné des enfants d’Abraham . Ce mythe est lui même si bien ancré dans les consciences qu’il empêche de voir dans l’invasion arabo-musulmane du pays des hébreux autre chose qu’une simple ‘querelle de famille’.
Il est un autre domaine où le mythe du cousinage a particulièrement bien prospéré : la linguistique. Afin de classer ensemble des langues reconnues comme apparentées (l’hébreu, l’akkadien, l’araméen, l’arabe, le gue’ez et l’amaharique), les linguistes ont inventé un concept, celui des langues dites ‘sémitiques’. L’idée que des locuteurs de langues apparentées sont ethniquement proches engendra le concept de « peuples sémites». Né dans le contexte de la linguistique, ce concept est naturellement venu « confirmer » le mythe du cousinage entre hébreux et arabes. Mais il n’est question ici que d’une pure fiction. Par exemple, la parenté linguistique entre le roumain et le portugais ne démontre aucun « cousinage » entre les roumains et les portugais.

Plus généralement, l’homogénéité des langues dites indo-européennes n’implique pas pour autant une parenté ethnique entre les celtes, les scandinaves, les latins, les grecs, les arméniens, les perses, les afghans et les indiens. Le mythe d’une race indo-européenne sur lequel se sont construites les théories raciales d’avant-guerre a éclaté à la lumière des recherches récentes. L’idée d’un ‘peuple sémite’ n’est pas moins une chimère que celle d’un ‘peuple indo-européen’. Mais curieusement, elle a la vie longue. Il est vrai que l’idée d’un « fond sémite » octroie aux arabes une antériorité qui a tout pour appuyer leurs revendications d’autochtonie.

Les linguistes ne se sont pourtant pas fourvoyés lorsqu’ils ont remarqué la proximité entre l’hébreu et l’arabe. Cependant, leur classification faisait abstraction de toute dimension historique, non seulement dans l’émergence de ces langues, mais encore dans leur expansion géographique. Alors que l’hébreu est une langue « première », qui émergea en Qedem, c'est-à-dire, au Pays du Levant, il y a plus de 7000 ans, l’arabe est une des plus récentes langues dites « sémitiques ». Elle prit sa forme définitive, dite ‘classique’, durant la première moitié du premier millénaire de notre ère. Cette origine tardive en fait une langue dérivée.

En fait, l’arabe est un mélange d’araméen (la langue traditionnellement parlée au nord du pays des hébreux), d’hébreu et des dialectes sabéens (parlés par les populations du sud de la péninsule arabique, l’actuel Yémen). Contrairement à l’hébreu ou à l’araméen, l’arabe est en réalité une langue composite. C’est pourquoi elle ne reflète aucune identité ethnique, même à l’origine, c’est à dire bien avant la conquête arabo-musulmane. La parenté linguistique entre hébreu et arabe ne peut en aucun cas alimenter le mythe d’une parenté ethnique, celle d’un prétendu « peuple sémite ».

L’extrapolation de l’usage du terme « sémite » pour désigner non plus une famille de langues mais bien un « tronc racial commun » prit son impulsion à la fin du 19e siècle, à une époque où florissait en Europe un ‘racisme scientifique’. Le type racial « sémite » fut opposé au type racial « indo-européen » dans maints ouvrages. Bien que le racisme scientifique s’est éteint après la Seconde Guerre Mondiale, il a laissé des séquelles. En effet, le terme « sémite » continue à être employé jusque de nos jours pour désigner un type racial particulier. Ce point se trouve clairement révélé par l’usage de son corollaire : l’antisémitisme, terme décrivant un comportement raciste envers un « type sémite » (bien évidemment imaginaire) qui serait commun à la fois aux hébreux et aux arabes.
Il est évident que l’usage du terme antisémitisme a renforcé à sa manière le mythe du « cousinage ». Grâce à lui, les conquérants arabes purent se donner l’apparence de victimes. Les ‘juifs’, quant à eux, n’eurent plus de choix que de défendre la cause arabe, et ce au nom d’une communauté de destin face à « l’antisémitisme ». Enfin, il a permis au monde arabe d’échapper à toute accusation « d’antisémitisme » contre le monde hébreu, alors que le pan-arabisme islamique se révèle être à la fois le précurseur, l'inspirateur et le prolongement direct de la propagande nazie (8) .

Conclusion

Vis-à-vis des autres peuples, les hébreux se définissaient jadis en tant que « fils de Qédem » (les fils du Levant). Il existait d'autres dénominations, mais elles contenaient un sens moins large. Par exemple, cananéen (cana’ani), terme désignant les habitants du littoral, s’opposait à hébreu (‘ivry), désignant les habitants des vaux et des collines. Les cananéens habitant de la plaine côtière étaient naturellement plus exposés aux envahisseurs venus de la mer que les habitants des collines et des montagnes chez qui ils allaient chercher refuge et assistance. C’est pourquoi les révoltes contre les envahisseurs explosaient généralement depuis les régions montagneuses. Les résistants se sont naturellement identifiés aux montagnards.

C’est probablement la raison pour laquelle "le montagnard" (en hébreu ‘ivry) c'est-à-dire "l'hébreu" est devenu progressivement le terme général dans lequel se reconnaissaient tous les hommes soucieux de préserver leur identité ancestrale. Mais à l’encontre des grands empires de l’âge du bronze, les hébreux rejetaient traditionnellement toute forme centralisée de gouvernement, susceptible de conférer une appellation unique à une vaste région. C'est pourquoi la confédération des tribus nommé "Israël" constitua la seule entité politique centralisée d’envergure. Mais elle eut une existence éphémère, tout au plus limitée aux règnes de David et Salomon. Et même à son « heure de gloire », elle englobait moins de la moitié du monde hébreu. C’est pourquoi Israël ne peut servir à désigner l’ensemble du peuple et du pays, ou même pour exprimer la revendication politique du mouvement hébreu de libération.. Il faut donc retourner aux appellations antiques, comme Cana'an, Pays des Hébreux, ou Qedem, le nom le plus ancien et le plus approprié en tant que fondement des revendications identitaires du peuple.

Quoi qu'il en soit, l'usage du terme « Palestine », qu'il fut mis en place d'abord par les "soins" de l'Empereur Hadrien, ensuite par l'occupant britannique (par l’intermédiaire du volte-face identitaire des sionistes), ou encore grâce à une survivance du racisme scientifique du début du 20e siècle, demeurait décidemment à proscrire. Or ce sont justement toutes ces diverses "fortunes" qui, une fois combinées, lui ont octroyé la légitimité qu’il n’aurait jamais dû acquérir. "Palestine" n'est en réalité rien d'autre que le produit du colonialisme et de l'impérialisme. Le monde arabo-musulman a donc réussi là un véritable tour de force: Rendre légitime ce qui est illégitime, et illégitime ce qui est légitime! Au point où l’affirmation du premier article de la charte de l'OLP « La Palestine est la patrie du peuple arabe palestinien » est devenu le credo de l'ensemble du globe.

En niant progressivement toute légitimité à "Israël" (assimilé à une tête de pont du monde occidental colonialiste) face aux titres de noblesse de " La Palestine", la France encourage involontairement (ou volontairement?) l’impérialisme arabo-musulman à un moment où ses fondements vacillent. Elle pousse ainsi cet impérialisme à élargir son champ d’action dans l'hexagone, invitation à laquelle le pan-arabisme musulman ne tardera pas à répondre.

L'état d'Israël également, par ses contradictions internes, aura non seulement engendré l'état palestinien en gestation, mais encore sauvé l’empire colonial arabo-musulman de la décomposition.

En effet, si la résurgence d’un peuple autochtone hébreu remettait en cause l’irréversibilité des « acquis » arabo-musulmans telle qu’elle est garantie par le Qoran, elle renfermait tous les ingrédients susceptibles de désamorcer une fois pour toutes la menace que faisait peser l’idéologie conquérante arabo-musulmane sur le monde.

Mais c'est le résultat contraire qui se produisit. Et Israël créa la "Palestine".

Aujourd'hui, il faut en finir avec l'usage de ce terme, autrement c'est l'usage de ce terme qui en finira avec Israël.

Notes

1. Quelques tentatives de récupération de la culture cananéenne par l'OLP furent pourtant amorcées. Par exemple, en 1992, les étudiants de l’Université Al Nadjar de Sichem (Naplouse) mirent en scène un fragment de la mythologie de Baal et Anat. Mais la pièce de théâtre fut violemment interrompue par les milices du Hamas et du Djihad islamique.

2. Tin ne pourrait signifier glaise en arabe uniquement après avoir transcrit la lettre t de Palestine en une autre lettre de l’alphabet arabe, le t emphatique (ta’). Or cette transformation était d’usage pour transcrire un mot étranger, ce qui prouve bel et bien que le mot Falestin était considéré comme tel par les scribes arabes.

3. Dans son ouvrage, 'Traité d'Athéologie. Ed. Grasset-Fasquelle. Paris 2005, le très 'cartésien' Michel Onfray reconnaît l'existence de « fables juives sur Canaan » (p. 209), ce qui ne l'empêche pas quelques pages auparavant de les accréditer en en parlant comme du « premier génocide » (sic!) de l'Histoire (p. 198).

4. Cananéens et Hébreux étaient en réalité le même peuple, scindé par la Bible, pour des raisons théologiques. Voir l'ouvrage " Aux origines d'Israël" de William Dever. Bayard. Paris 2005

5..Le génocide perpétré sur les samaritains par les arabo-musulmans est révélé dans l'ouvrage de M. Levy-Rubin, Le livre des samaritains, p 542-570. Ed Ben Zvi. Tel Aviv 2002 .

6. Au 5ème siècle après J.C, Eusébius témoignait dans son Onomasticon du "grand nombre de bourgs encore peuplés de juifs" (P. 94) qu'il traversa lors de son périple en Judée: Anim, Eshtamoa, Carmel, Yata etc… Les vestiges de tous ces sites furent redécouverts lors de la campagne de fouilles archéologiques qui a suivi la guerre des 6 jours.

7. En réalité, le nom Ishmaël n'est rien d'autre que celui de Shim'on, une des tribus de la confédération israélite, avec le suffixe "EL" de la divinité.

8. La propagande palestiniste calque ses caricatures sur le modèle des caricatures nazies. Voir "The arab caricature", de Arieh Stav. Zmoura-Bitan, Tel-Aviv, 199

David André Belhassen, en collaboration avec Gérard Nissim Amzallag, vient de publier La Haine maintenant ? : Sionisme et palestinisme Les 7 pièges du conflit

PS :

Voici deux commentaires mis en ligne sur le site Amazon.fr :

La génétique l'avait démontré en 2001

Commentaire de : Zulu Bambo "Zulu" (Espagne) - Voir tous mes commentaires

Les recherches génétiques ont trouvé des résultats similaires

Dans un article de l'Observer International du 25 novembre 2001 intitulé

"Journal axes gene research on Jews and Palestinians",

il est question d'un résultat de recherche génétique menée par le Professeur Antonio Arnaiz-Villena de l' Université Complutense de Madrid "'The Origin of Palestinians and their Genetic Relatedness with other Mediterranean Populations'" et dont la publication dans la revue de prestige "Human Immunology" fut étonnament retirée suite à une grande polémique et certaines pressions politiques.

Il est vrai que la conclusion énoncée

"Jews and Palestinians in the Middle East share a very similar gene pool and must be considered closely related and not genetically separate, the authors state. Rivalry between the two races is therefore based 'in cultural and religious, but not in genetic differences." a des implications politiques bien au delà d'une simple recherche scientifique.

En tout cas, il est heureux de constater que les recherches menées par les auteurs de ce livre arrivent finalement aux mêmes conclusions qu'une recherche génétique menée 5 ans plus tôt et qui démontre que Palestiniens et Juifs du Moyen Orient ont un seul et même peuple pour origine de par leurs gènes.

Un livre revolutionnaire

Commentaire de : Alain Bet "Al" (Paris, France) - Voir tous mes commentaires
Ce livre m'est tombe par hasard sous les yeux et c'est la premiere fois que je lis un ouvrage qui revolutionne totalement tout ce que je croyais savoir sur le conflit au Proche-Orient. Enfin un livre qui sort des sentiers (trop) battus!
Bravo !


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MessagePublié: 06 Déc 2006, 18:20 
Quel passionnant article !
Merci Uncle !
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