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 Sujet du message: Le sexe d'Allah
MessagePublié: 17 Aoû 2005, 20:24 
Swiss cheese & chocolate

Enregistré le: 06 Mai 2005, 09:35
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http://www.cjnews.com/viewarticle.asp?id=7052

‘Les islamistes sont des grands frustrés sexuels’

By ELIAS LEVY
Reporter

Grand reporter à l’hebdomadaire français Marianne, spécialiste des mouvements intégristes islamistes, la journaliste Martine Gozlan est l’auteure d’un essai iconoclaste et décapant, Le sexe d’Allah (Éditions Grasset), dans lequel elle analyse l’obsession sexuelle maladive des islamistes.

Au cours des nombreuses enquêtes qu’elle a menées dans le monde arabo-musulman, cette islamologue a voulu comprendre comment l’Islam des amants avait été chassé de l’azur et mené aux ténèbres? Comment les mille et une nuits de l’Islam sont devenues les mille et une morts de l’islamisme? Troublant et passionnant.

Martine Gozlan nous a accordé une entrevue.

Canadian Jewish News: D’où provient votre intérêt pour la place qu’occupe la sexualité dans l’Islam et, surtout, dans la rhétorique doctrinale des islamistes fondamentalistes?

Martine Gozlan: Je travaille depuis quinze ans sur le problème du fondamentalisme islamiste. J’ai parcouru plusieurs fois le monde arabo-musulman, de l’Algérie à l’Iran, de l’Irak au Pakistan… Au fil de mes reportages et enquêtes, je me suis aperçue que la question de la sexualité occupait une place centrale dans les structures mentales des intégristes islamistes. Ce qui m’a surtout captivée c’est le fossé qui existe entre la nature profondément érotique et voluptueuse de la civilisation islamique et le côté castrateur et assassin des islamistes, qui ont décidé d’élaguer la dimension érotico-sexuelle inhérente à l’Islam.

C.J.N.: D’après vous, les intégristes islamistes sont des obsédés sexuels.

M. Gozlan: Les intégristes islamistes ont échafaudé un système de négation de la sexualité. Ces Fous de Dieu sont des grands frustrés sexuels. Ce système, dont la principale finalité est de bannir tout ce qui se rattache à la sexualité, a été mis au point par des hommes hantés non pas par l’érotisme, qu’ils sont incapables de concevoir, mais par le sexe. Les intégristes musulmans vivent dans une obsession permanente du sexe.

Dans l’état de barbarie auquel l’intégrisme a réduit l’Islam, le sexe occupe une place exorbitante. Machine à détecter la libido partout, masquant chevilles, cheveux et regards pour mieux légitimer le viol des réfractaires, scandant aux futurs martyrs les orgasmes indéfiniment renouvelables du paradis d’Allah, l’islamisme témoigne chaque jour d’une hantise singulière. S’il clame sa haine du sexe, c’est pour mieux en dévoiler l’obsession. Si les terroristes du 11 Septembre accumulent dans leur testament les rites d’exécration d’une sexualité vivante, c’est pour tendre de toute leur ardeur suicidaire vers celle que leur ouvrira le sacrifice.

C.J.N.: D’après vous, le débat sur le port du voile qui a révulsé dernièrement la France illustre éloquemment le phénomène de l’obsession sexuelle des islamistes.

M. Gozlan: Tout à fait. La question du voile islamique, qui a tellement agité la France avant l’adoption de la Loi interdisant le port de signes religieux ostensibles à l’école publique, est très révélatrice de ce phénomène. La position sur cette question sulfureuse d’une grande figure de l’Islam religieux, le Cheikh Youssef Qardawi, qui a un programme très populaire sur la chaîne de télévision Al-Jazira et qui est considéré comme un islamiste soft, est très explicite. Pour cet exégète des écrits coraniques, une jeune fille qui se promène sans voile correspond à la définition de “la vêtue-dévêtue”, c’est-à-dire qu’elle est une femme nue.

Pour les islamistes radicaux, ce voile n’est qu’un cache-sexe. À leurs yeux, la femme, sans ou avec voile, n’est que sexe de la racine des cheveux jusqu’ aux chevilles. Il y a dans les cénacles islamistes des discussions infinies sur les parties génitales du corps féminin. Les islamistes ont institué un système obsessionnel. Il y a chez eux une sorte de logorrhée sur ce qu’une femme a le droit de montrer et dévoiler. Naturellement, pour eux, une femme n’a le droit de dévoiler aucune partie de son corps.

C.J.N.: Vous démontrez, moult exemples à l’appui, que la sexualité et l’érotisme ont toujours occupé une place prépondérante dans les écrits coraniques et dans la tradition musulmane.

M. Gozlan: On ne peut pas parler de la tradition arabo-islamique et de son érotisme, ni de la religion musulmane et de la façon dont elle aborde la sexualité, sans se plonger dans le Coran. Pour mesurer la force de ce phénomène, il faut relire le Coran, surtout les grands biographes de Mahomet, et se poser la question de la vie érotique du Prophète. Cette vie a été placée au centre des commentaires religieux musulmans depuis que ceux-ci existent, soit depuis le 8ème siècle. L’Islam est né au 7ème siècle. À partir de la fin du 7ème siècle-début du 8ème siècle, il commence à y avoir des hadith, c’est-à-dire des commentaires religieux, dont la somme infinie, des centaines de milliers de hadith, forme la Sunna, la tradition musulmane. Il y a deux sources dans la religion musulmane: le Coran et la Sunna, la tradition.

Dans la Sunna, la vie sexuelle et érotique du Prophète Mahomet est détaillée. On parle de tout, aussi bien de ses relations avec ses nombreuses femmes dans la seconde vie qu’il a eue après la mort de sa première épouse, Khadija, que de la façon dont un Musulman doit imiter le Prophète dans sa vie sexuelle. Par exemple, un grand philosophe du 12ème siècle, Jhazali, explique qu’un Musulman qui aime une femme et qui consomme l’acte de chair se doit de calquer son comportement sur celui de Mahomet. Il exhorte les Musulmans à se comporter comme leur Prophète même au moment de l’éjaculation. C’est assez amusant de constater qu’aujourd’hui on souhaiterait exercer une censure sur ce que les plus pieux, les plus lettrés des Musulmans n’ont jamais interdit au fil des siècles.

C.J.N.: Vous reprochez aux Occidentaux, en particulier aux Américains, d’être insensibles à la détérioration du statut des femmes dans le monde arabo-islamique.

M. Gozlan: En réaction à l’intégrisme et à cette déferlante de barbarie islamiste, on assiste aujourd’hui dans le monde musulman à une riposte des intellectuels, des écrivains, des universitaires… En Iran par exemple, on voit bien qu’il y a un besoin de vivre irrépressible. Il y a aussi au Liban une kyrielle d’écrivains, d’intellectuels et d’artistes qui veulent vivre leur vie sans contraintes. L’Occident n’a pas beaucoup aidé les pays arabo-islamiques à résoudre les questions du sort des femmes, du dévoilement de l’amour, de la jouissance…

L’intervention américaine en Irak, où le sort des femmes est aujourd’hui une tragédie, a ouvert une boîte de pandore. Bien entendu, sous Saddam Hussein, le sort des femmes n’était pas gai. Je me suis rendu à Bagdad plusieurs fois avant l’intervention américaine. J’ai vu alors à quel point les femmes pouvaient vivre une certaine laïcité grâce à la Constitution irakienne, promulguée en 1959. Saddam Hussein avait commencé à écorner cette Constitution. Aujourd’hui, nous voyons que l’Irak risque de devenir une république islamique. On ne voit pas très bien comment pourraient triompher les droits des femmes dans un régime qui sera bientôt majoritairement dirigé par des chiites islamistes fondamentalistes.

C.J.N.: Donc, selon vous, l’intervention militaire américaine en Irak n’a pas été très bénéfique pour les femmes de ce pays.

M. Gozlan: Au lieu d’intervenir militairement dans le monde arabo-musulman, il aurait plutôt fallu que l’Occident aide les esprits libres dans ces contrées en proie à un intégrisme débridé. Il faut aider les pays musulmans à structurer des processus démocratiques. Or, malheureusement, chaque fois que les Occidentaux interviennent par la force au Moyen-Orient arabe ce n’est pas pour structurer des processus démocratiques mais pour déstructurer des sociétés déjà profondément malades. Pour moi, l’intervention américaine en Irak est un grand désastre. Aujourd’hui, si elles sortent sans voile, les femmes irakiennes sont menacées de Fatwa. Des chrétiennes irakiennes sont obligées de s’exiler. La pseudo-intervention démocratique américaine en Irak n’a fait qu’accentuer la mainmise de la religion sur la vie privée.

C.J.N.: Les femmes musulmanes dans monde arabo-islamique s’organisent-elles pour contrer les attaques misogynes dont elles sont l’objet de la part des islamistes?

M. Gozlan: Il y a aujourd’hui dans le monde arabe deux mouvements parallèles et contradictoires qui se livrent une lutte violente. Un mouvement d’émancipation de la femme et un mouvement de régression. On a vu ces dernières années au Maroc des manifestations féminines émanant de la société civile qui réclamaient des droits et l’émancipation des femmes. En même temps, il y avait aussi des manifestations d’islamistes, femmes comprises, qui réclamaient l’instauration de la Charia, la loi islamique.

Comment expliquer l’existence de ces deux mouvements parallèles et antinomiques? À partir du moment où les femmes musulmanes réclament publiquement le droit de dévoiler leur vie, leur visage, leur bonheur, finalement de réclamer le droit d’“aimer”, les hommes islamistes deviennent fou. Ces derniers ne peuvent pas supporter de telles revendications. C’est pour cela qu’il existe aujourd’hui dans le monde arabo-musulman ces deux mouvements ambivalents. L’un nourrit l’autre. Plus il y a une occidentalisation du mode de vie des femmes musulmanes, plus les islamistes deviennent frustrés et fous parce qu’ils sentent que cette émancipation de la femme, qui les menace, va faire éclater leur univers. Il sont saisis d’une peur indicible. Désemparés, ils ont alors recours au terrorisme.

C.J.N.: Un mouvement de revendications pro-féminines analogue pourrait-il aussi voir le jour dans les Communautés musulmanes vivant dans les pays occidentaux?

M. Gozlan: Oui. C’est ce qui se passe en France. Lors du débat controversé sur le port du voile islamique nous avons vu apparaître un mouvement sans précédent de Musulmanes en faveur de l’intégration, que l’on a appelées les “beurettes”. Un mouvement constitué de jeunes filles musulmanes qui réussissent mieux que les garçons, parfaitement intégrées dans la société française, nombre d’entre elles mariées à des Français non-Musulmans. Ces jeunes musulmanes s’arrachaient à leurs traditions.

Cette émancipation de la deuxième génération de femmes musulmanes françaises a provoqué une véritable panique chez ceux qui veulent réislamiser les couches d’origine musulmane de la société française. C’est ce qui a poussé ces Musulmans fondamentalistes à formuler des revendications sociales aussi radicales. Je crois que ce double mouvement, celui auquel on assiste en terre musulmane et celui auquel on assiste en terre occidentale, où l’Islam est minoritaire, est le même. Quand le corps, l’être et la vie de la femme demandent à vivre librement et à exulter, les islamistes sortent le voile et le brandissent comme un étendard de l’oppression dans lequel ils veulent à nouveau embastiller les Musulmanes.
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MessagePublié: 17 Aoû 2005, 22:03 
Ah très bon sujet ! Ne pas oublier le grand classique de Boudbiba ( Abdelwahab) , la sexualité en islam" , PUF , 1975
Très joliment écrit le livre de Martine Gozlan " le sexe d'Allah" .


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MessagePublié: 17 Aoû 2005, 22:12 
http://www.changement-egalite.be

La sexualité en islam
Pendant des siècles le christianisme a associé le plaisir sexuel au péché et prôné l’idéal de la chasteté dont Jésus était le modèle tandis que le Coran promettait aux croyants un paradis de délices charnels.
Vierges éternelles, beaux éphèbes, vins capiteux, orgasmes renouvelés. Les musulmans ont longtemps eu la réputation de ne pas souffrir de la culpabilité sexuelle si caractéristique de la morale judéo-chrétienne.

Aujourd’hui on assiste à un renversement de situation : ce sont les islamistes qui font figure de moralisateurs en fustigeant la dépravation des mœurs occidentales. Que s’est-il passé ?

Regards croisés

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’entre les deux civilisations, les malentendus ont été nombreux et tout particulièrement en matière de morale sexuelle.

Les chrétiens chastes et monogames ne laissèrent pas d’être choqués par la vision des harems, l’institution de la polygamie, les nombreux mariages du Prophète Mohammed et plus encore par la promesse coranique d’un paradis sexué incompatible avec l’annonce d’un Royaume des Cieux où il n’y a « ni homme ni femme ». De leur côté, les musulmans pour qui le mariage est un devoir, la moitié de la religion, critiquent le monachisme chrétien et le célibat des prêtres. À leurs yeux, les catholiques sont des refoulés voire des castrés. Au Moyen-âge déjà, les musulmans doutaient de la virilité des Croisés qui ne manifestaient aucune jalousie à l’égard des amitiés masculines de leur femme. [1]

Aujourd’hui, entre l’Occident laïque féministe et le monde musulman qui a conservé son code de la famille traditionnel, l’incompréhension est devenue totale sur la question du statut de la femme. Les Occidentaux considèrent le voile islamique comme un signe de soumission de la femme, tandis que les musulmans interprètent comme une marque d’irrespect envers la femme la libération des mœurs que revendiquent les Occidentaux : depuis le travail des femmes, la mixité des espaces publics jusqu’à l’exploitation sexuelle dans la publicité et la pornographie.

Les deux faces

Finalement, les musulmans sont-ils puritains ou libérés ? Comment répondre simplement à cette question quand l’attitude de l’islam à l’égard de la sexualité est si ambivalente ?

Théoriquement, le plaisir sexuel est extrêmement valorisé, considéré comme un avant-gout terrestre des joies paradisiaques pour aider le croyant à supporter les vicissitudes de la vie d’ici-bas. Contrairement au couple chrétien dont la sexualité est subordonnée à la procréation, le mariage musulman est un rite qui rend légitime les relations sexuelles. La jouissance sexuelle est une fin en soi dans le couple. L’épanouissement sexuel du croyant est donc une valeur importante en Islam [2]. La shari’a ou loi islamique a tout prévu pour éviter la frustration sexuelle du croyant : la polygamie (le droit d’avoir quatre femmes légitimes), le concubinage (le droit aux relations sexuelles avec un nombre illimité de servantes ou esclaves), la répudiation (divorce unilatéral et expéditif) et si tout cela ne suffisait pas, le croyant pourra toujours se rattraper au paradis en compagnie des houris et des éphèbes.

Comment se fait-il qu’avec un tel programme, les enquêtes sociologiques révèlent une profonde misère sexuelle dans le monde musulman, un état de frustration effrayant exploité sans vergogne par certains leaders idéologiques (n’a-t-on pas promis 74 houris ou vierges éternelles aux kamikazes islamistes ?). [3] L’épanouissement sexuel prôné par l’islam atteint ses limites parce qu’il concerne uniquement les hommes. Comme dans toutes les sociétés patriarcales, la sexualité des femmes est sévèrement contrôlée et le plaisir féminin est frappé de suspicion, associé à la fornication et à l’adultère. Or, il n’y a de véritable épanouissement sexuel qu’à deux. Là où les femmes sont brimées, enfermées, les hommes sont également frustrés et refoulés, condamnés à vivre dans un monde sans femmes ou à trouver dans leur lit des compagnes froides et éteintes.

Voilà la première contradiction de la morale sexuelle musulmane : elle exalte le désir masculin, l’encourage à la conquête (donnant en exemple le Prophète et ses douze femmes) mais frustre l’homme de la présence féminine en imposant la ségrégation des sexes. Cette contradiction entretient l’agressivité à l’égard des femmes coupables d’aviver des désirs inassouvis.

Ritualisation

L’autre contradiction de l’islam à l’égard de la sexualité tient à sa sacralisation. Si le plaisir sexuel est don divin d’un avant-gout du paradis, il devient une affaire éminemment religieuse. L’homme ne peut en jouir que dans le cadre prescrit par Dieu (le mariage). En dehors de ce cadre, il devient source de péché. Fornication, adultère et homosexualité sont des péchés capitaux passibles de peines très lourdes. La morale sexuelle est donc sévère et restrictive.

Même dans le cadre du mariage, l’expression spontanée du désir sexuel est limitée par une extrême ritualisation. Pas de rapports sexuels dans les temps et les lieux religieux (pèlerinage, ramadan, fêtes religieuses, pièces qui servent de lieux de prière). Pas de rapports sexuels pendant les périodes menstruelles. Formules coraniques à prononcer avant, pendant et après les rapports. Ablutions complètes obligatoires après tout rapport sexuel, éjaculation ou pertes menstruelles.

Cette ritualisation fait de la sexualité une préoccupation centrale de l’éducation musulmane. La sexualité des individus n’est pas une affaire privée, intime mais concerne toute la communauté des croyants. Il n’y a pas de droit au « jardin secret ». La pudeur musulmane concerne la nudité corporelle mais pas les comportements. Cacher c’est pécher. La ritualisation de la vie sexuelle oblige le croyant à partager son intimité avec le groupe. Par exemle, la musulmane qui mange pendant le ramadan « avoue » publiquement qu’elle a ses règles. Le couple qui occupe la salle de bain en pleine nuit pour procéder à des ablutions complètes annonce au reste de la famille qu’il vient d’avoir un rapport sexuel. Ce manque d’intimité a déjà commencé durant la nuit de noces quand toute la famille attendait derrière la porte des preuves tangibles de la virginité de la jeune mariée et de la virilité du mari.

Un travail à opérer

La nécessité des ablutions révèle une autre ambivalence de la morale sexuelle musulmane : le plaisir sexuel est sacré et pourtant il entraine un état d’impureté majeur. La puberté représente une sorte de traumatisme, une perte de l’innocence enfantine. La première pollution du garçon, les premières règles de la fille, en font des êtres frappés par l’impureté et les obligent dorénavant à la pratique des ablutions complètes pour avoir accès au sacré. L’éducation sexuelle musulmane entretient donc à l’égard du sexe, non pas une culpabilité à la façon chrétienne, mais plutôt un dégout qui contredit sa valorisation. Même la pratique de la circoncision masculine (parfois féminine dans certains pays) qui est appelée tahhâra ou purification induit qu’une certaine partie de l’appareil génital est impure. [4]

Aujourd’hui, l’acculturation aux valeurs occidentales met en lumière toutes ces contradictions qui sont vécues par la nouvelle génération comme insupportables. La libération sexuelle est possible dans le contexte de la foi musulmane mais tout va dépendre de la lecture qui sera faite des textes sacrés.

X. Remacle est l’auteur de Comprendre la culture arabo-musulmane, EVO, 1997.
[1] Lire à ce sujet Les croisades vues par les Arabes d’Amin Malouf.

[2] Lire La sexualité en Islam de Bouhdiba.

[3] Lire Au-delà de toute pudeur de Soumaya Naamane Guessous.

[4] Lire Histoire de la circoncision de Malek Chebel. :roll: :twisted:


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MessagePublié: 22 Aoû 2005, 06:49 
Swiss cheese & chocolate

Enregistré le: 06 Mai 2005, 09:35
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http://www.lefigaro.fr/debats/20050820. ... tml?202853

Les discours de la confusion volontaire

PAR LILIANE KANDEL *
[20 août 2005]

Le 7 juillet 2005 au matin, à Londres, 4 explosions simultanées dans le métro et un autobus faisaient 52 victimes et près de 700 blessés. Les attentats furent revendiqués peu après par un groupe s'intitulant Groupe secret du djihad d'al-Qaida en Europe.

Moins de deux semaines plus tard, la juriste féministe américaine Catharine MacKinnon affirmait, dans Le Figaro (19 juillet), qu'il n'y avait guère de différence entre le terrorisme islamiste et... l'oppression des femmes. A cela, rien de surprenant : Catharine MacKinnon avait déjà soutenu la même idée lors des attentats du 11 septembre 2001 à New York : relevant que le nombre de morts des tours de Manhattan était à peu près le même que celui des femmes victimes tous les ans de violences conjugales, elle disait : «Le 11 septembre a lieu dans notre pays tout au long de l'année», et s'indignait que l'on parlât de «guerre» dans le premier cas, et non dans le second. De son côté, son amie et alliée de toujours, Andrea Dworkin (récemment décédée), écrivait il y a quelques années que, pour les femmes vivant en Amérique et confrontées à la violence masculine, c'était «tous les jours la Nuit de cristal».

Il s'agirait, pour Catharine MacKinnon, de quelques figures de style, de métaphores destinées à «frapper les esprits et réveiller les consciences». Mais il y a dans son interview bien plus que l'excès de langage d'une théoricienne «radicale», désireuse de ranimer à tout prix, aujourd'hui, une flamme féministe à ses yeux éteinte. Car sa vision de la domination comme grille universelle de lecture, instrument de décryptage de toute situation politique ou historique rejoint exactement ce que j'ai appelé ailleurs la «vulgate dominationniste» propre à tant de militant(e)s et d'intellectuel(le)s de gauche et d'extrême gauche, aux USA comme en Europe. Vulgate qui a suscité, depuis longtemps, maints débats et polémiques dans les divers courants du féminisme.

Souvenons-nous. Dans les années 80 et 90, quelques historien(ne)s féministes, à partir de l'évidence de la continuité et de l'universalité de l'oppression des femmes, avaient conclu que, du point de vue de celles-ci, il n'y avait guère eu de différence entre le IIIe Reich nazi, et Weimar ou les autres démocraties européennes : tous étaient, à quelques points de détail près, patriarcaux, antiféministes, familialistes et misogynes. Et cela était presque vrai – à condition de s'en tenir aux seules politiques sociales du IIIe Reich (discrimination, exclusion, exploitation...), et de gommer soigneusement ses politiques criminelles – à l'encontre des femmes handicapées, «asociales», et bien sûr juives et tziganes. A condition aussi de considérer que, du «point de vue des femmes», peu importait la distinction entre dictatures et démocraties.

Or cette confusion entre politiques sociales et politiques criminelles, qui fut longtemps l'objet d'une simple controverse entre historiens, n'a cessé de hanter ces dernières années le débat public. Souvenons-nous encore. Les morts du 11 septembre à New York furent jugés – et pas seulement par les féministes –, à l'aune des violences conjugales ou du tourisme sexuel, de maintes formes d'exclusion, de discrimination ou d'injustice de par le monde, depuis les «sans-papiers», les immigrés ou les SDF français, jusqu'aux aborigènes d'Australie. De la même manière affirmait-on il y a peu, ici même, qu'il n'y avait guère de différence entre le port du foulard islamique et celui de la minijupe, ni de raison, surtout, de s'indigner de l'imposition du voile plutôt que des publicités sexistes, ou de l'absence de parité parmi les femmes PDG, députés ou préfets. La vertueuse invocation de l'universelle domination patriarcale permettait d'occulter, en toute innocence, la violence extrême, parfois les crimes commis en France et ailleurs à l'encontre des femmes les plus menacées, et les plus démunies.

Pour «éveiller les consciences» (trente-cinq ans après l'apparition des mouvements féministes ! il était temps...), Catharine MacKinnon et ses semblables ont choisi une rhétorique de dramatisation maximale de la domination masculine. Viols, violences, prostitution, pornographie, harcèlement sexuel, autant de crimes, de «gynocides» pour certaines, en tous points comparables aux génocides du siècle. On sait cependant qu'une telle stratégie, loin de démontrer le caractère odieux, indigne, injustifiable de l'oppression des femmes, risque de provoquer, tout au contraire, une banalisation pure et simple des violences et cruautés les plus extrêmes, terrorismes, massacres et génocides.

Il faut le répéter encore et encore : si les modalités d'asservissement, d'appropriation, d'oppression et d'exploitation des femmes ne se comptent plus, on ne connaît pas, pour des raisons évidentes, d'entreprise d'élimination systématique du genre féminin en tant que tel : il n'y a pas et il n'y a jamais eu dans l'histoire de «gynocide» planifié, de projet d'élimination globale des femmes – bébés, adultes ou aïeules, malades ou bien portantes, pauvres ou riches, hétéros ou homosexuelles. Le projet génocidaire, qui vise l'anéantissement total et définitif d'une population, est radicalement distinct du projet de domination, laquelle suppose au contraire le maintien en vie des populations exploitées – même si c'est souvent au prix d'intimidations, de menaces, de brutalités voire d'atrocités sans nombre.

Non, décidément non ! Nous n'avons rien à gagner aux hyperboles «radicales», aux parallèles absurdes entre revues pornos et images des camps, entre four crématoire et four à micro-ondes, entre chambre à coucher et chambre à gaz : entre projet d'exploitation (fût-elle sexuelle) et projet d'extermination. Amalgamer les deux, réduire l'un à l'autre, tenter de déduire celui-ci de celui-là – Claude Lanzmann parlait à ce sujet d'«académiques frivolités» –, c'est brouiller radicalement toute possibilité de penser non seulement les phénomènes génocidaires, mais aussi les processus de domination. Donc, de les combattre.

* Ancienne responsable du Centre d'études et recherches féministes de l'université Paris-VII Denis Diderot, membre du comité de rédaction des Temps modernes, auteur de Féminismes et Nazisme (Odile Jacob, 2004).
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