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MessagePublié: 14 Aoû 2006, 09:25 
http://erc.lib.umn.edu/dynaweb/french/a ... 716;pt=636


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MessagePublié: 14 Aoû 2006, 09:28 
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Le Prince Charmant, conte.
Il y avoit une fois un Prince, qui n'avoit que seize ans lorsqu'il perdit son pere. D'abord, il fut une peu triste ; et puis, le plaisir d'etre Roi le cousola bien-tôt. Ce Prince, qui se nommoit Charmant, n'avoit pas un mauvais cœur, mais il avoit été élevé en Prince, c'est-à-dire, à faire sa volonté ; et cette mauvaise habitude l'auroit sans donte rendu méchant par la suite. Il commençoit déjà a se fâcher, quand on lui faisoit voir qu'il s'étoit trompé. Il négligeoit ses affaires pour se livrer à ses plaisirs, et sur-tout il aimoit si passionnément la chasse, qu'il y passoit presque toutes les journées. On l'avoit gâté comme on fait ordinairement tous les Princes. Il avoit pourtant un bon gouverneur ; il l'aimoit beaucoup étant jeune, mais l'orsqu'il fut devenu Roi, il pensa que ce gouverneur étoit trop vertueux. Je n'oserai jamais suivre mes fantaisies devant lui, disoit-il en lui-même : il dit, qu'un Prince doit donner tout son temps aux affaires de son Royaume, et je n'aime que mes plaisirs. Quand même il ne me diroit rien, il seroit triste, et je connoîtrois à son visage qu'il seroit mécontent de moi : il faut l'éloigner, car il me gêneroit. Le lendemain, Charmant, assembla son conseil, donnna de grandes louanges à son gouverneur, et dit, que pour le récompenser du soin qu'il avoit pris de lui, il lui donnoit le gouvernement d'une province, qui étoit fort éloignée de la cour. Quand son gouverneur fut parti, il se plongea dans les délices, et se donna sur-tout à la chasse, qu'il aimoit avec fureur. Un jour que Charmant, étoit dans une grande forêt, il vit passer une biche, blanche comme neige ; elle avoit un collier d'or au cou, et lorsqu'elle fut proche du Prince elle le regarda fixement, et ensuite elle s'éloigna. Je ne veux pas qu'on la tue, s'écria Charmant. Il commanda donc à ses gens de rester-là avec ses chiens, il suivit la biche. Il sembloit qu'elle l'attendoit ; mais lorsqu'il étoit près d'ellle, elle s'eloignoit en sautant et en gambadant. Il avoit tant d'envie de la prendre, qu'en la suivant il fit beaucoup de chemin sans y penser. La nuit vint, et il perdit la biche de vue. Le voilà bien embarrassé, car il ne savoit où il étoit. Tout d'un coup il entendit des instrumens, mais il paroissoient être bien loin. Il suivit ce bruit agréable, et arriva enfin à un grand château, où l'on faisoit ce beau concert. Le portier lui demanda qu'il vouloit, et le Prince lui conta son aventure. Soyez le bien-venu, lui dit cet homme, on vous attend pour souper ; car la biche blanche appartient à ma maîtresse ; et toutes les fois qu'elle la fait sortir, c'est pour lui amener compagnie. En même temps le portier sifla, et plusieurs domestiques parurent avec des flambeaux, et conduisirent le Prince dans un appartement bien éclairé. Les meubles de cette appartement n'étoient point magnifiques, mais tout étoit propre, et si bien arrangé, que cela faisoit plaisir à voir. Aussi-tôt il vit paroître la maîtresse de la maison. Charmant, fut ébloui de sa beauté, et s'étant jetté à ses pieds il ne pouvait parler, tant il étoit occupé à la regarder. Levez vous mon Prince, lui dit-elle, en lui donnant la main. Je suis charmée de l'admiration que je vous cause ; vous me paroissez si aimable, que je souhaite de tout mon cœur que vous soyez celui qui doit me tirer de ma solitude. Je m'appelle Vrai-Gloire, et je suis immortelle. Je vis dans ce château, depuis le commencement du monde, en attendant un mari ; un grand nombre de Rois sont venus me voir mais quoiqu'ils m'eussent juré une fidélité éternelle, ils ont manqué à leur parole et m'ont abandonnée pour la plus cruelle de mes ennemis. Ah! belle Princesse, dit Charmant, peut-on vous oublier, quand on vous a vu une fois? Je jure de n'aimer jamais que vous : et dès ce moment, je vous choisis pour ma reine, et moi je vous accepte pour mon roi, lui dit Vrai-Gloire, mais il ne m'est pas permis de vous épouser encore. Je vais vous faire voir un autre Prince, qui est dans mon palais, et qui prétend aussi m'épouser, si j'étois la maîtresse je vous donnerois la préférence ; mais cela ne dépend pas de moi. Il faut que vous me quittiez pendant trois ans, et celui des deux qui me sera le plus fidèle, pendant ce temps, sera préféré.

Charmant, fut fort affligé de ces paroles ; mais il le fut bien davantage, quand il vit le prince dont Vrai-Gloire lui avoit parlé. Il étoit si beau il avoit tant d'esprit, qu'il craignit que Vrai-Gloire, ne l'aimât plus que lui. Il se nommoit Absolu, il possédoit un grand royaume. Ils souperent tous deux avec Vraie-Gloire, et furent bien tristes quand il fallut la quitter le matin. Elle leur dit qu'elle les attendoit dans trois ans, et ils sortirent ensemble du palais. A peine avoient-ils marché deux cents pas dans la forêt, qu'ils virent un palais bien plus magnifique que celui de Vraie-Gloire ; l'or, l'argent, le marbre, les diamans, éblouissoient les yeux ; les jardins en étoient superbes, et la curiosité les engagea à y entrer. Ils furent bien surpris d'y trouver leur princesse, mais elle avoit changé d'habits ; sa robe étoit garnie de diamans, ses cheveux en étoient ornés, au lieu que la veille sa parure n'étoit qu'une robe blanche, garnie de fleurs. Je vous montrai hier ma maison de camapagne, leur dit-elle, elle me plaisoit autre fois ; mais puisque j'ai deux princes pour amans, je ne la trouve plus digne de moi ; je l'ai abandonnée pour toujours, et je vous attendrai dans ce palais ; car les princes doivent aimer la magnificence. L'or et les pierreries ne sont faites que pour eux ; et quand leurs sujets les voient si magnifiques, il les respectent davantage. En même temps, elle fit passer ses deux amants dans une grande salle. Je vais vous montrer, leur dit-elle, les portraits de plusieurs princes qui ont été mes favoris. En voilà un qu'on nommoit Alexandre, que j'aurois épousé, mais il est mort trop jeune. Ce prince, avec un fort petit nombre de troupes, ravagea toute l'Asie, et s'en rendit maître. Il m'aimoit à la folie, et risqua plusieurs fois sa vie pour me plaire. Voyez cet autre : on le nommoit Pyrrhus. Le desir de devenir mon époux l'a engagé à quitter son royaume pour en acquérir d'autres ; il courut toute sa vie, et fut tué malheureusement d'une tuile, qu'une femme lui jetta sur la tête. Cet autre se nommoit Jules-César : pour mériter mon cœur, il a fait pendant dix ans la guerre dans les Gaules ; il a vaincu Pompée, et soumis les Romains. Il eut été mon époux ; mais ayant, contre mon conseil, pardonné à ses ennemis, ils lui donnèrent vingt-deux coups de poignards. La Princesse leur montra encore un grand nombre de portraits, et leur ayant donné un superbe déjeûner, qui fut servi dans des plats d'or, elle leur dit de continuer leur voyage. Quand ils furent sortis du Palais, Absolu dit à Charmant : Avouez que la Princesse est mille fois plus aimable aujourd'hui, avec ses beaux habits, qu'elle n'étoit hier, et qu'elle avoit aussi beaucoup plus d'esprit. Je ne sais, répondit Charmant, elle avoit du fard aujourd'hui, elle m'a paru changée, à cause de ses beaux habits ; mais assurément elle me plaisoit davantage sous son habit de bergere. Les deux princes se séparerent ; et s'en retournerent dans leur Royaume, bien résolus de faire tout ce qu'ils pourroient pour plaire à leur Maîtresse. Quand Charmant, fut dans son Palais, il se ressouvint qu'étant petit, son gouverneur lui avoit souvant parlé de Vraie-Gloire, et il dit en lui-même : puisqu'il connoît ma Maîtresse, je veux le faire venir à ma Cour ; il m'apprendra ce que je dois faire pour lui plaire. Il envoya donc un courrier pour le chercher ; et aussi-tôt que son gouverneur, qu'on nommoit Sincère, fut arrivé, il le fit venir dans son cabinet, et lui raconta ce qui lui étoit arrivé. Le bon Sincère, pleurant de joie, dit au Roi : Ah! mon Prince, que je suis content d'être revenu! sans moi vous auriez perdu votre Princesse. Il faut que je vous apprenne qu'elle a une sœur, qu'on nomme Fausse-Gloire ; cette méchante créature n'est pas si belle que Vraie-Gloire, mais elle se farde pour cacher ses défauts ; elle attend tous les Princes qui sortent de chez Vraie-Gloire ; et comme elle ressemble à sa sœur, elle les trompe. Ils croyent travailler pour Vraie-Gloire, et ils la perdent en suivant le conseil de sa sœur. Vous avez vu que tous les amans de Fausse-Gloire, périssent misérablement. Le Prince Absolu, qui va suivre leur exemple, ne vivra que jusqu'à trente ans ; mais si vous vous conduisez par mes conseils, je vous promets qu'à la fin, vous serez l'époux de votre Princesse. Elle doit être mariée au plus grand Roi du monde, travaillez à le devenir. Mon cher Sincère, répondit Charmant, tu sais que cela n'est pas possible. Quelque grand que soit mon Royaume, mes sujets sont si ignorans, si grossiers, que je ne pourrai jamais les engager à faire la guerre. Or, pour devenir le plus grand Roi du monde, ne faut-il pas gagner un grand nombre de batailles, et prendre beaucoup de villes? Ah! mon Prince, réparti Sincère, vous ayez déja oublié les leçons que je vous ai données. Quand vous n'auriez pour tout bien qu'une seule ville et deux ou trois cents sujets, et que vous ne feriez jamais la guerre, vous pourriez devenir le plus grand Roi du monde ; il ne faut pour cela qu'être le plus juste et le plus vertueux. C'est-là le moyen d'acquérir la Princesse Vraie-Gloire. Ceux qui prennent les Royaumes de leurs voisins, qui, pour bâtir de beaux châteaux, acheter de beaux habits, et beaucoup de diamans, foulent leurs peuples, sont trompés, et ne trouveront que la Princesse Fausse-Gloire, qui alors n'aura plus son fard, et leur paroîtra dans toute sa difformité. Vous dites que vos sujets sont grossiers et ignorans, il faut les instruire. Faites la guerre à l'ignorance et au crime ; combattez vos passions, et vous serez un grand Roi, et un conquérant au-dessus de César, de Pyrrhus, d'Alexandre, et de tous les héros dont Fausse-Gloire, vous a montré les portraits. Charmant résolut de suivre les conseils de son gouverneur. Pour cela, il pria un de ses parens de commander son Royaume pendant son absence, et partit avec son gouverneur, pour voyager dans tout le monde, et s'instruire par lui-même, de tout ce qu'il falloit faire pour rendre ses sujets heureux. Quand il trouvoit dans un Royaume un homme sage, un habile, il lui disoit : voulez-vous venir avec moi, je vous donnerai beaucoup d'or. Lorsqu'il fut bien instruit, et qu'il eut un grand nombre de gens habiles, il retourna dans son Royaume, et chargea tous ces habiles gens d'instruire ses sujets, qui étoient très-pauvres et très-ignorans. Il fit bâtir de grandes villes et quantité de vaisseaux, il faisoit apprendre à travailler aux jeunes gens, nourrissoit ses pauvres malades et les vieillards, rendoit lui-même la justice à ses peuples, ensorte qu'il les rendit honnêtes-gens et heureux. Il passa deux ans dans ce travail, au bout de ce temps, il dit à Sincère ; Croyez-vous que je suis bientôt digne de Vraie-Gloire? Il vous reste encore un grand ouvrage à faire, lui dit son gouverneur. Vous avez vaincu les vices de vos sujets, votre paresse, votre amour pour les plaisirs, mais vous êtes encore l'esclave de votre colere ; c'est le dernier ennemi qu'il faut combattre. Charmant eut beaucoup de peine à se corriger de ce dernier défaut ; mais il étoit si amoureux de sa Princesse, qu'il fit les plus grands efforts pour devenir doux et patient. Il y réussit, et les trois ans étant passés, il se rendit dans la forêt, où il avoit vu la biche blanche. Il n'avoit pas mené avec lui un grand équipage ; le seul Sincère l'accompagnoit. Il rencontra bientôt Absolu dans un char superbe. Il avoit fait peindre sur ce char les batailles qu'il avoit gagnées, les villes qu'il avoit prises ; et il faisoit marcher devant lui plusieurs Princes, qu'il avoit faits prisonniers et qui étoient enchainés comme des esclaves. Lorsqu'il apperçut Charmant, il se mocqua de lui et de la conduite qu'il avoit tenue : dans le moment, ils virent les Palais des deux sœurs, qui n'étoient pas fort éloignés l'un de l'autre. Charmant, prit le chemin du premier, et Absolu en fut charmé, parce que celle qu'il prenoit pour sa Princesse, lui avoit dit qu'elle n'y retourneroit jamais. Mais à peine eut-il quitté Charmant, que la Princesse Vraie-Gloire, mille fois plus belle, mais toujours aussi simplement vêtue que la première fois qu'il l'avoit vue, vint audevant de lui. Venez, mon Prince, lui dit-elle, vous etes digne d'être mon époux ; vous n'auriez jamais eu ce bonheur, sans votre ami Sincère, qui vous a appris à me distinguer de ma sœur. Dans le même temps, Vraie-Gloire commanda aux vertus, qui sont ses sujettes, de faire une fête pour célébrer son mariage avec Charmant ; et pendant qu'il s'occupoit du bonheur qu'il alloit avoir, d'être l'époux de cette Princesse, Absolu arriva chez Fausse-Gloire, qui le reçu parfaitement bien, et lui offrit de l'épouser sur le champ. Il y consentit, mais à peine fut-elle sa femme, qu'il s'apperçut, en la regardant de près, qu'elle étoit vielle et ridée, quoiqu'elle n'eût pas oublié de mettre beaucoup de blanc et de rouge, pour cacher ses rides. Pandant qu'elle lui parloit, un fil d'or, qui attachoit ses fausses dents, se rompit, et ses fausses dents tombèrent à terre. Le Prince Absolu étoit si en colère d'avoir été trompé, qu'il se jetta sur elle pour la battre ; mais, comme il l'avoit prise par de beaux cheveux noirs, qui étoient fort longs, il fut roue étonné qu'ils lui restassent dans la main, car Fausse-Gloire portoit une perruque et comme elle resta nue-tête, il vit qu'elle n'avoit qu'une douzaine de cheveux, et encore ils étoient tous blancs. Absolu, laissa cette méchante et laide créature, et courue au Palais de Vraie-Gloire, qui venoit d'épouser Charmant ; et la douleur qu'il eut d'avoir perdu cette Princesse, fut si grande, qu'il en mourut. Charmant, plaignit son malheur, et vêcut long-temps avec Vraie-Gloire. Il en eut plusieurs filles, mais une seule ressembloit parfaitement à sa mère. Il la mit dans le château champêtre, en attendant qu'elle pût trouver un époux ; et pour empêcher la méchante tante de lui débaucher ses amans, il écrivit sa propre histoire, afin d'apprendre aux Princes qui voudroient épouser sa fille, que le seul moyen de posséder Vraie-Gloire, étoit de travailler à se rendre vertueux et utiles à leurs sujets ; et que pour réussir dans ce dessein, ils avoient besoin d'un ami Sincère.


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MessagePublié: 14 Aoû 2006, 09:44 
:lol: :Parlons des contes pour enfants. Cela entraînera moins de problèmes que les contes pour grandes personnes. :lol:

Rien de tel qu'un conte cruel

par Ariane Poulantzas
Lire, juillet 1998 / août 1998


Bruno Bettelheim, psychologue et psychiatre d'origine viennoise ayant exercé aux Etats-Unis, s'est particulièrement intéressé aux enfants. Dans La psychanalyse des contes de fées, ouvrage de 1976 considéré désormais comme un grand classique, il démontre que les contes présentent un intérêt bien supérieur au simple divertissement; ils contribuent à la structuration psychique des enfants.

C'est à tort que certains parents délaissent les contes de fées qu'ils considèrent comme trop cruels et préfèrent raconter à leurs enfants de gentilles petites histoires douces et lisses. L'enfant, en effet, n'est pas étranger à la complexité et à la cruauté du monde. Dès lors, loin de tenter en vain de l'éloigner de cet aspect du réel, il faut l'aider à le comprendre et à l'accepter. Aider l'enfant à mettre de l'ordre dans le chaos de ses sensations angoissantes, telle est la fonction du Petit Chaperon rouge ou de La Belle au bois dormant.

«Plus j'essayais de comprendre pourquoi les contes réussissaient si bien à enrichir la vie intérieure de l'enfant, écrit-il, plus je me rendais compte que, plus profondément que tout autre matériel de lecture, ils débutent là où se trouve en réalité l'enfant dans son être psychologique et affectif. Ils lui parlent de ses graves pressions intérieures d'une façon qu'il enregistre inconsciemment, et lui font comprendre par l'exemple qu'il existe des solutions momentanées ou permanentes aux difficultés psychologiques les plus pressantes.»

Loin de gommer les difficultés de la vie, le conte de fées les exprime et enseigne à l'enfant qu'elles sont surmontables pour peu qu'il accepte de s'y confronter. Cet enseignement, pour être entendu et intégré, a besoin de passer par les voies de l'imaginaire: l'enfant a besoin de s'identifier à ces personnages fantastiques.

Les contes de fées retraçant métaphoriquement les principales phases du développement de l'enfant et les conflits qui lui sont associés aident ce dernier à les apprivoiser. Ainsi en est-il notamment de la phase odipienne (celle où l'enfant désire son parent de sexe opposé et rejette celui de son propre sexe). La figure récurrente de la méchante belle-mère (Blanche-Neige, Cendrillon) qui tente d'éloigner la fille de son père aide la petite fille à concilier sans culpabilité les désirs destructeurs qu'elle a à l'égard de sa propre mère avec l'amour immense qu'elle a pour elle. Cette dissociation réelle, dans le conte, de la bonne et de la mauvaise mère répond à une phase primordiale de l'évolution de la petite fille. La spécificité du conte par rapport au mythe d'Odipe est de présenter à l'enfant un dénouement heureux. Les difficultés existent mais se résolvent.

On peut certes reprocher à Bruno Bettelheim d'être parfois caricatural dans ses analyses et de ne retenir des contes que ce qui entre dans sa grille de lecture; néanmoins, cet ouvrage a l'immense mérite de rappeler que les contes de fées représentent un trésor inestimable que peu d'histoires de la littérature enfantine actuelle peuvent égaler.
La psychanalyse des contes de fées

Bruno Bettelheim
HACHETTE


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MessagePublié: 14 Aoû 2006, 10:09 
Évidemment : Les mille et une nuits : contes arabes, traduction d'Antoine Galland :

[img]http://pages.infinit.net/vdemers/Nuits/galland.gif[/img]

Volume I : http://gallica.bnf.fr/document?O=N103280
volume II : http://gallica.bnf.fr/document?O=N103281
Volume III : http://gallica.bnf.fr/document?O=N103282

(Si vous lisez : "Le document que vous avez demandé n'est pas accessible", il faut alors actualiser la page (CTRL+R) jusqu'à ce que ce message disparaisse. Vous pouvez également télécharger chacun des volumes en format PDF.)

Autre édition web de la même traduction :

[img]http://www.ebooksgratuits.com/html/img/mille_et_une_nuits.jpg[/img]

Volume I : http://www.ebooksgratuits.com/html/cont ... tome1.html
Volume II : http://www.ebooksgratuits.com/html/cont ... tome2.html

[img]http://www.culture-commune.org/images/153-10.jpg[/img]

"1704 - Paraît à Paris le premier volume de la traduction des MILLE ET UNE NUITS établie par Antoine Galland (1646-1715). De nombreuses éditions lui ont succédé, mais comme le souligne René R. Khawam "c'est lui qui a fait découvrir les Nuits au vaste monde, lui qui a ouvert à l'imaginaire occidental la porte magique de l'Orient".

Jusqu'alors LES MILLE ET UNE NUITS n'existaient que sous la forme de manuscrits écrits en arabe inlassablement recopiés et modifiés en fonction de l'évolution des moeurs et des intérêts du pouvoir en place, et ce depuis les 12ème et 13ème siècles, période probable de la rédaction des Nuits.
"Comment pourra-t-on croire qu'un seul homme ait eu l'imagination assez fertile pour suffire à tant de fictions" (Galland). Tandis que certains reconnaissent la patte d'un auteur unique, d'autres y voient "l'oeuvre de milliers d'auteurs (...) dans laquelle on a envie de se perdre, car on sait qu'en entrant dans ce livre, on pourra oublier sa propre destinée" (Borges).

Le propos de cette exposition est de faire sentir, par l'image et par le texte, l'importance exceptionnelle de cet ouvrage tant du point de vue de sa structure que de son contenu.

A partir d'un conte gigogne particulièrement ingénieux se succèdent contes magiques, épopées, romans d'aventures, romans d'amour, histoires édifiantes, fables, anecdotes, poésies, mille sortes de récits de diverses longueurs, de la nouvelle au roman fleuve.

Chaque nuit, selon un rituel immuable Schéhérazade raconte au Sultan une histoire qu'elle interrompt à l'aube à un moment particulièrement palpitant. Elle sauve ainsi sa vie, nuit après nuit, et plonge ses auditeurs dans un "suspens" de plus en plus insoutenable."

http://www.culture-commune.org/Expositi ... 53-10.html


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