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Bonjour Mr Bentata
Je vous remercie pour votre courrier, où vous me faite part d’un dialogue entre vous et Mme. Delacambre.
Permettez-moi de vous faire quelques remarques sur trois sujets que vous avez touché ; le fait de savoir, si le Coran critique les juifs dans leur globalité ou seulement ceux qui ne respectent pas la religion, entre autre le Shabbath ; à savoir si les versets coraniques qui sont caustiques à l’égard des juifs sont identiques à ceux qui se trouvent dans les textes du judaïsme ; sur le fait de savoir s’il est bon ou non de dénoncer les attaques du Coran contre les juifs.
En ce que concerne le premier sujet, j’évoquerai aussi l’attitude des Evangiles, desquels les attaques du Coran sont tirées.
A première vue, le Coran loue les juifs religieux et ne s’attaque qu’aux non religieux ; il laisse même entendre qu’il existera une communauté juive qui serait encore aimé par D-ieu. Mais, après examen on s’aperçoit qu’il s’attaque à tous les juifs. Il attaque tous ceux qui n’ont pas reconnus leur prophète, ainsi tous les juifs qui n’ont pas reconnu Jésus.
Les Evangiles vont plus loin. Pour ces derniers, les seuls juifs pieux et aimés par D-ieu ont étés ceux des générations passés. Ceux de la génération de Jésus - en dehors de ceux qui reconnaissent ce dernier - n’ont uniquement le droit à des insultes diffamatoires. Tous les juifs de sa génération sont calomniés sans vergogne, ils seraient des mécréants, une génération d’adultérins et les saints rabbins de sa génération sont désignés comme des hypocrites dangereux. Quand Paul rapporte que le peuple juif sera dans le futur lointain sauvé par D-ieu, il ose dire que ça sera uniquement pour la raison de leurs pères ! Comme si le peuple juif n’a pas des mérites personnels ! (A la fin de cet article j’ajouterai un article que j’ai écrit au sujet de la Nostra Aetate qui fait, entre autre, la même erreur). Comme si le refus du peuple juif de tous les affabulations et élucubrations de Paul et consort ne sera pas un acte de piété !
Le Coran reprend malheureusement les accusations des Evangiles au sujet des juifs qui ne reconnaissaient Jésus, et les cloue au pilori ; les auteurs du Coran, (de Médine) furent évidemment des prêtres. En fait, les auteurs du Coran, comme celles des Evangiles, ne tiennent aucunement compte du fait que le rejet de Jésus et de Mohammed par la grande majorité ne fut aucunement par raison de mécréance, mais exactement pour la raison inverse : par raison de leur piété et de leur attachement à Moise et la Thora. Enfin, les auteurs du Coran négligent, par ignorance ou par mépris délibéré, la vraie foi et des dogmes du judaïsme ; ils ne savent pas ou ne veulent pas savoir que pour les juifs, les Evangiles sont en contradiction totale avec la Thora. En ce que concerne Jésus, les auteurs du Coran n’y connaissent évidemment aucunement l’œuvre dévastatrice et hérétique de Jésus, connus aux rabbins et aux autres juifs contemporains de ce dernier, et ils ne font que suivre les légendes chrétiennes.
Si cela transparaît en évidence de tous le Coran, permettez-moi d’en donner à mes propos une illustration en détail. Le Coran (7, 163) évoque comment les habitants juifs de la ville, où les poisson se trouvèrent sur la surface de l’eau le jour de Shabbath, transgressèrent ce jour saint et furent maudit. Les musulmans, souffrants d’ignorance en matière d’histoire juive, interprétèrent alors ce verset de façon fantaisiste, comme il est de leur coutume. En fait, le Talmud (Kidouchine 72 A) raconte ainsi : Le jour où Rabbi Yéhouda hanassi décédait, des prophéties sont sortis de sa bouche. Il avertissait de graves péchés qui se passèrent en ce moment dans le peuple juif. Entre autre il racontait comment s’y trouve une ville en Babylonie, où le fleuve débordait ce Shabbath, les poissons s’y trouvèrent alors rejeter sur la surface, et les habitants de la ville les pêchèrent ce Shabbath. Le rabbin Achi bar Yosia les mit alors en quarantaine et ils apostasièrent alors. Pour le Talmud il est normal de raconter cette petite histoire, car ses auteurs sont les saints rabbins qui guident le peuple. Mais quelle perversion cela est-il de la part du Coran de cité ce souvenirs ! N’est pas que se sont les auteurs et les adeptes des Evangiles qui luttèrent pour faire abandonner aux juifs le respect du saint Shabbath, et c’est pour cela que les rabbins de leurs générations les ont mis en quarantaine ? Cette perversion des Evangiles et des chrétiens fut reprise par le Coran et ses adeptes. Quand le Talmud évoque les péchés et la haine gratuite qui amenèrent à la destruction du deuxième Temple, la haine gratuite que déversaient Jésus et ses adeptes à l’égard des rabbins et des juifs religieux y est pour beaucoup. En fait, toute l’histoire qui est racontée aux Evangiles est truquée et perverse ; ce qui est lumière est racontée comme étant obscurité et vice-versa, et le Coran roule pour la même cause et dans le même esprit.
Concernent la question si les accusations dans le Coran se trouvent oui ou non dans les textes juifs, la réponse est : oui et non ! Je m’explique (comme je l’ai déjà fait dans mon ouvrage). A première vue, la Thora et le Tanakh contiennent en effet les accusations que le Coran apporte. Et pourtant, ils ne sont aucunement semblables ! Pour comprendre le sens de la Thora, il faut lire tous ses textes ! Et quand Moise et tous les prophètes distribuent des mauvais points aux juifs, ils distribuent autant des louanges extraordinaires ! Ils mettent aussi de façon récurrente les autres nations en garde contre une éventuelle idée qu’il leur sera permis de faire du mal aux juifs ! Vis-à-vis de ce qu’est la coutume des autres nations, les juifs furent beaucoup plus pieux ; les termes péjoratives les plus virulentes à l’égard des juifs qu’énonçaient les prophètes sont tous relatives et à prendre avec précaution. Celui qui n’a pas étudié en profondeur ce sujet ne comprend évidemment rien, rien de la Thora, et Talmud déclare au sujet de cet homme : « D-ieu pleure tous les jours sur celui qui ne peut pas étudié la Thora et il l’étudie quand même… . »
Mais il est vrai que la Thora a prévue que les nations utiliseront les fautes qui sont cité dans la Thora pour se permettre de vexer et maltraiter les juifs : « ki férao Aharon léchimzah békoméhém » (Exode 32, 25, voir Rachi).
Concernent la question si le Coran a bien fait de citer ces accusations qui se trouve dans les textes juifs, la réponse est : non. Citer des accusations sans citer les mérites est une basse calomnie et supercherie qui incite au meurtre. En fait, ces citations catalogue ce livre en un pamphlet antisémite.
Quand aux juifs qui ignorent leurs propres textes, cela est en effet un vrai malheur pour le peuple juif. Ceux des leurs qui croient que la paix au Proche-Orient viendra de la laïcité, et qui oublient de faire un retour aux sources, sont évidemment dans l’erreur. Mais là encore faut-il analyser, oh combien cela est du au désespoir des juifs, que les adeptes des Evangiles et du Coran ont provoqué.
Cordialement
Hai Bar-Zeev
L’insuffisance de la NOSTRA AETATE
En l’an 1965, le Vatican a publié un document, la NOSTRA AETATE, concernant le souhait de l’Eglise d’améliorer ses rapports avec les croyants des autres religions. Le quatrième paragraphe de ce document exhorte les chrétiens à réviser leur regard vis-à-vis des Juifs et à supprimer l’antisémitisme dans l’enseignement de l’Eglise. Bien qu’en première lecture ce texte semble suggérer une avancée significative dans le rapport des Chrétiens avec les Juifs, il souffre encore de carences importantes dont nous allons en présenter quelques-unes. Voici six passages qu’ensuite nous commenterons :
A) « …Au témoignage de l'Ecriture sainte, Jérusalem n'a pas reconnu le temps où elle fut visitée; les Juifs, en grande partie, n'acceptèrent pas l'Evangile, et même nombreux furent ceux qui s'opposèrent à sa diffusion. Néanmoins, selon l'Apôtre, les Juifs restent encore, à cause de leurs pères, très chers à Dieu, dont les dons et l'appel sont sans repentance. »
B) « …Encore que des autorités juives, avec leurs partisans, aient poussé à la mort du Christ, ce qui a été commis durant sa passion ne peut être imputé ni indistinctement à tous les Juifs vivant alors, ni aux Juifs de notre temps. »
C) « …S'il est vrai que l'Eglise est le nouveau peuple de Dieu, les Juifs ne doivent pas, pour autant, être présentés comme réprouvés par Dieu ni maudits, comme si cela découlait de la Sainte Ecriture. »
D) « Que tous donc aient soin, dans la catéchèse et la prédication de la parole de Dieu, de n'enseigner quoi que ce soit qui ne soit conforme à la vérité de l'Evangile et à l'esprit du Christ. »
E) « …En outre, l'Eglise qui réprouve toutes les persécutions contre tous les hommes, quels qu'ils soient, ne pouvant oublier le patrimoine qu'elle a en commun avec les Juifs, et poussée, non pas par des motifs politiques, mais par la charité religieuse de l'Evangile, déplore les haines, les persécutions et toutes les manifestations d'antisémitisme, qui, quels que soient leur époque et leurs auteurs, ont été dirigées contre les Juifs. »
Revenons maintenant sur chacun des points précédents :
A) « Néanmoins, selon l'Apôtre, les Juifs restent encore, à cause de leurs pères, très chers à Dieu, dont les dons et l'appel sont sans repentance ».
Pour la NOSTRA AETATE, les Juifs restent encore très chers à D-ieu en raison du mérite de leurs pères. Cela sous entend donc que ce n’est pas grâce à leurs propres actes qu’ils gardent une grande proximité avec D-ieu. Ce document continue donc à juger les Juifs ! L’Eglise qui reconnaît (partiellement !) ses crimes, ses persécutions à l’égard des Juifs, se croit-elle maintenant déjà blanchie pour qu’elle se permette de juger les actes des Juifs depuis les deux mille ans écoulés ?
De plus, vu que ce texte reconnaît que les Juifs restent chéris de D-ieu, alors leur persévérance à rester Juifs et à ne pas abandonner le judaïsme malgré les persécutions des chrétiens et de l’Eglise, (voir Jules Isaac : L’enseignement du mépris) leur doit sans doute de grands mérites, pour que même sans le mérites des pères ils sont les chéris de D-ieu.
B) «… Encore que des autorités juives, avec leurs partisans, aient poussé à la mort du Christ, ce qui a été commis durant sa passion ne peut être imputé ni indistinctement à tous les Juifs vivants alors, ni aux Juifs de notre temps ».
La NOSTRA AETATE acquitte les Juifs qui n’ont pas participé à la mort du Christ. Cela veut donc dire que les Juifs qui ont poussé le Christ à mort sont toujours coupables d’un crime. Cela étonne ! Pour juger quiconque coupable, il faut à l’évidence assister au procès, entendre et saisir les arguments des uns et des autres. Les auteurs de la NOSTRA AETATE y ont-ils assisté, étaient-ils à Jérusalem y il a 2000 ans ? Le Vatican n’a aucune preuve que les Evangiles présentent la vérité historique du procès (voir Encyclopaedia Britannica 1965 vol. 12 page 1016 qui explique comment toute les histoires des Evangiles sont suspendus dans l’air). De plus, d’après eux, les Juifs considéraient Jésus comme un blasphémateur et qui plus est, en se déclarent roi des Juifs au moment où les romains dominaient militairement le pays, mettait les Juifs en danger. C’est pour ces raisons que les Juifs présents l’ont condamné à mort.
En fait, les auteurs de NOSTRA AETATE montrent ici qu’ils sont toujours prisonniers de leurs préjugés ancestraux !
C) « S'il est vrai que l'Eglise est le nouveau peuple de Dieu, les Juifs ne doivent pas, pour autant, être présentés comme réprouvés par Dieu ni maudits, comme si cela découlait de la Sainte Ecriture ».
La NOSTRA AETATE reprouve donc les abondantes expressions des malédictions à l’égard des Juifs dans la « Sainte Ecriture », tout en la considérant comme Sainte. Mais comment un texte reprouvé peut-ils garder son statut de Sainteté ?
Précisons par ailleurs que le judaïsme ne reconnaît pas que l’Eglise est le nouveau peuple de D-ieu !
D) « Que tous donc aient soin, dans la catéchèse et la prédication de la parole de Dieu, de n'enseigner quoi que ce soit qui ne soit conforme à la vérité de l'Evangile et à l'esprit du Christ ».
Les auteurs prétendent que la vérité de l'Evangile et l'esprit du Christ seraient contre la persécution des Juifs. D’après les Evangiles, Jésus demande « qu’on égorge en sa présence tous ceux qui ne veulent pas qu’il règne sur eux » (Luc 19, 27 ; 12, 49-53 ; Mat. 10, 34-36). Or, de tous temps, y compris de nos jours, les Juifs n’ont jamais voulu que Jésus règne sur eux. Il y a donc un paradoxe entre la demande de NOSTRA AETATE et les Evangiles.
E) « …L’église…, poussée non pas par des motifs politiques, mais par la charité religieuse de l'Evangile, déplore les haines, les persécutions et toutes les manifestations d'antisémitisme… »
La NOSTRA AETATE réprouve les persécutions antisémites pour des raisons de charité et non pas par amour de la justice. Cela sous entend, qu’elle pourrait les légitimer du point de vue de la justice et que les Juifs mériteraient ces persécutions ! En fait, dans ce document, l’Eglise n’a donc rien reconnu de la criminalité de ces persécutions. Et elle se présente pourtant comme la championne de la charité.
Revenons sur une des déclarations générales de la NOSTRA AETATE :
« L'Eglise catholique ne rejette rien de ce qui est vrai et saint dans ces religions (hindouisme bouddhisme, islam, judaïsme). Elle considère avec un respect sincère ces manières d'agir et de vivre, ces règles et ces doctrines qui, quoiqu'elles diffèrent en beaucoup de points de ce qu'elle-même tient et propose, cependant apportent souvent un rayon de la Vérité qui illumine tous les hommes. Toutefois, elle annonce, et elle est tenue d'annoncer sans cesse, le Christ qui est " la voie, la vérité et la vie " (Jean 14, 6), dans lequel les hommes doivent trouver la plénitude de la vie religieuse et dans lequel Dieu s'est réconcilié toutes choses à savoir le salut du monde non Juif ».
Les Juifs pensent que le salut du monde non Juif ne dépend en aucun cas d’une quelconque foi en Jésus, ni à toute la philosophie présentée autour de lui dans les Evangiles. Ce salut ne dépend que de l’acceptation et de la pratique des lois Noa’hides que D-ieu à demander aux nations de respecter. Celles-ci se trouvent énoncées dans la Thora et le Talmud, desquels la NOSTRA AETATE les a simplement repris à son compte, à savoir la foi en un D-ieu unique, la pratique de la justice, de la moralité, de la charité et de la paix.
Haï Bar-Zeev
Haï Bar-Zeev , dans son livre "une lecture juive du Coran", Berg International, 2005 , donne aussi bien le point de vue musulman que le point de vue du judaïsme , avec les références aux rabbins médiévaux. L'auteur enseigne la tradition et l'histoire juive. Il se pourrait même qu'il soit rabbin. S'il a jugé bon d'intervenir- malgré la retenue proverbiale des religieux de judaïsme- c'est que l'auteur est conscient que la tradition musulmane ignore ou occulte trop souvent ce qu'elle doit au judaïsme. Le livre de Haï Bar-Zeev est , à mon avis, d'une importance CAPITALE car il évite que ne se forme , une fois encore, une "alliance" islamo-chrétienne ...contre les juifs, dans une ambiance d'antisémitisme alimenté par l'antisionisme. Et c'est grave car les juifs sont minoritaires en nombre et l'affaire palestinienne facilite une attaque commune islamo-progressiste-catholique palestinophile ...contre les "méchants" sionistes* chargés, une fois encore, de tous les péchés d'Israël (*car on n'ose par dire , on n'ose plus dire " juifs" !)
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