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MessagePublié: 24 Juin 2006, 17:16 
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L'islam d'Arabie : le wahhabisme
Anne-Marie Delcambre

Docteur d'Etat en droit, docteur en civilisation islamique
Islamologue et professeur d'arabe

Le succès du wahhabisme, né au XVIIIe siècle dans le Nedj en Arabie centrale, est étroitement lié à son adoption, dés 1744, par la famille des Sa'ud, fondatrice en 1932 du « royaume d'Arabie Saoudite » dont il devient alors la doctrine officielle. Interdisant la pratique d'autres religions, le wahhabisme se distingue par son fondamentalisme. Anne-Marie Delcambre, docteur d'État en droit, docteur en civilisation islamique, professeur d'arabe et islamologue, nous explique la nature de cette idéologie et la manière dont elle régit, encore de nos jours, le système politique, social, économique et judiciaire de l'État saoudien.

Origines et naissance du wahhabisme

Durant la célèbre inquisition – mihna – inaugurée à Bagdad par le calife abbasside Al-Ma'mun en 833, et dirigée contre les jurisconsultes hostiles à l'exercice de la raison dans l'élaboration du droit musulman – fiqh – , le fondateur de l'école hanbalite, Ahmad ibn Hanbal, avait été emprisonné et flagellé en raison de son attitude intransigeante. Son fidéisme intégral s'expliquait toutefois peut-être par le fait que son école était moins une école de droit qu'une école religieuse ; certains la considéraient comme le rite musulman dans son aspect juridique. D'ailleurs, elle n'avait pas réussi, contrairement aux autres écoles, à imposer son influence sur un territoire déterminé.

Tout changea pour le hanbalisme au XVIIIe siècle, avec Muhammad ibn Abd al-Wahhâb, un Arabe de la tribu des Tamim, originaire du Nejd, le cœur de l'Arabie désertique. Il était né en 1703 dans l'oasis de Uyayna, dans une famille de juristes ; son père était un cadi, « un juge », très attaché à la rigueur hanbalite. Sur ses conseils, le futur cheikh s'était rendu, à Médine, pour parfaire sa formation et là, il avait eu pour maître un théologien gagné aux idées d'Ibn Taymiyya, ce fameux jurisconsulte de Damas du XIVe siècle, qui était à l'origine d'un néo-hanbalisme plus rigoureux encore que le hanbalisme d'Ibn Hanbal. Ibn Abd al-Wahhâb avait ensuite voyagé hors de l'Arabie, en Irak, en Iran, en Syrie, en Égypte. Il était revenu dans sa ville natale vers l'âge de trente-six ans et avait composé un premier grand traité sur l'unicité de Dieu – ki-tâb al-tawhîd – qui lui avait attiré de nombreux disciples.

Cependant, la rencontre décisive est celle qui allait avoir lieu dans la ville de Dariyya, avec un seigneur du désert, Muhammad ibn Sa'ud – Saoud – en 1744. Un pacte – bay'a – était conclu entre l'émir et le théologien qui se juraient une fidélité réciproque pour établir le règne d'Allah sur terre, même par les armes. Ce pacte fondait l'État wahhabite, même si celui-ci se réduisait alors à une petite principauté bédouine du Nejd. Désormais, la destinée du cheikh et celle du prince étaient liées pour le meilleur et pour le pire. Le wahhabisme, doctrine d'Al-Wahhâb, était né.

La doctrine wahhabite

La doctrine wahhabite n'était pas originale. Elle reprenait les idées de l'école hanbalite dont le fondateur, Ibn Hanbal, affirmait que le califat devait appartenir aux Quraychites. Elle s'inspirait aussi d'autres docteurs hanbalites, surtout d'Ibn Taymiyya dont toute l'œuvre était reprise, en particulier les professions de foi et surtout la Siyâsa char'iyya ou « Politique conforme à la Loi révélée ». La vie du jurisconsulte de Damas était citée en exemple. Ibn Taymiyya était né en 1263 à Harran mais sa famille avait fui l'invasion mongole et s'était réfugiée en Syrie. Très rapidement, le jeune juriste s'était distingué par son intransigeance. En 1294 il intervenait pour réclamer violemment contre un chrétien, accusé d'avoir insulté le prophète de l'islam, la peine de mort prescrite par la loi islamique. Il ne cessait d'inciter le sultan mamelouk du Caire, dont dépendait la Syrie, à se montrer très ferme à l'égard des gens du Livre. Il écrivait dans une de ses trois célèbres professions de foi : « Les gens du Livre ne sont autorisés à séjourner en territoire musulman contre le paiement de l'impôt de capitation, que dans la mesure où les musulmans ont besoin de leurs services. Mais le jour où ce besoin ne se fera plus sentir l'Imam est autorisé à les exiler, comme le Prophète avait déjà exilé les juifs de Khaybar ». Inlassablement, il prêchait le djihâd, « la guerre religieuse », contre l'envahisseur mongol qu'il soupçonnait de favoriser les chrétiens. En même temps il s'attaquait à l'hérésie que constituait à ses yeux le soufisme. Il avait condamné avec force la doctrine du célèbre mystique Ibn Arabi. Plusieurs fois emprisonné, il ne cessait de dénoncer les chiites et de dresser les musulmans contre les chrétiens et les juifs : « Les musulmans doivent se garder de tout ce qui pourrait les faire ressembler aux gens du Livre. Ils ne doivent jamais s'associer à leurs fêtes ». Il stigmatisait le culte des saints, comme innovation blâmable, se référant à la parole du prophète : « Dieu a maudit les Juifs et les Chrétiens qui ont fait des tombes de leurs prophètes des lieux de prière ».

Or, si Abd al-Wahhâb avait été convaincu par les idées d'Ibn Taymiyya, c'est qu'il voyait une étrange similitude entre l'Arabie du XVIIIe siècle, soumise au pouvoir turc ottoman dont les mœurs laxistes et la tolérance à l'égard des chrétiens et des juifs scandalisaient les austères musulmans d'Arabie, et la Syrie du XIVe siècle qui devait affronter les Mongols aux mœurs barbares. Contre Ibn Taymiyya, avait été portée l'accusation d'anthropomorphisme grossier car il soutenait que Dieu se tient réellement sur son trône et qu'il parle en proférant des paroles et des sons. Abd al-Wahhâb allait toutefois encore plus loin dans l'interprétation littérale du Coran. Il haïssait les philosophes, comme les mu'tazilites, qui entendaient concilier raison et vérité révélée. Avec une violence beaucoup plus rude qu'Ibn Taymiyya, il s'attaquait au culte des saints, à la visite de leurs tombes et à toutes les superstitions qui n'avaient pas cessé dans les milieux bédouins encore mal islamisés. Ce qui le séduisait toutefois le plus chez ce maître hanbalite, était son insistance sur l'importance de la communauté des musulmans et sur le rôle des martyrs. « Les vrais sunnites », écrivait le jurisconsulte de Damas « sont ceux qui suivent le véritable islam pur de toute altération [...]. Parmi eux sont les martyrs. C'est d'eux que le Prophète a dit : « Une fraction de ma communauté ne cessera de proclamer la vérité. Aucun de ceux qui la combattront ou refuseront de la secourir ne pourra lui nuire et il en sera ainsi jusqu'au jour de la Résurrection ».

Un État wahhabite

Muhammad Ibn Abd al-Wahhâb en passant son pacte avec Muhammad Ibn Sa'ud espérait donner une portée pratique à sa doctrine. Si son espoir se trouva rapidement réalisé, c'est que le Nejd était la patrie des bédouins nomades, pillards mais guerriers intrépides. Ce sont eux qui allaient contribuer au succès de Muhammad Ibn Sa'ud. À sa mort en 1765, une grande partie du Nejd se trouvait conquise et convertie au wahhabisme. Muhammad Ibn Abd al-Wahhâb mourait, lui, en 1792 après avoir assisté aux premières grandes conquêtes de son allié Sa'ud. Il allait demeurer le fondateur par excellence du mouvement wahhabite et nul ne songerait jamais à le remplacer. Au début du XIXe siècle, le royaume des Sa'ud s'étendait sur la plus grande partie de la péninsule arabique et constituait le premier État wahhabite. Il était dirigé par Sa'ud Ibn Abd al-Azîz.

Cependant, les Turcs ottomans, inquiets de la piraterie wahhabite, s'étaient alliés à l'Égypte et les wahhabites furent chassés du Hedjaz et pourchassés jusque dans leur fief du Nejd. Dariyya, la ville des Sa'ud, tombait en 1818 aux mains des Turcs qui la faisaient raser. Le roi Abdallah Ibn Sa'ud, fait prisonnier, était promené trois jours durant dans les rues d'Istanbul puis décapité sur ordre du sultan. L'épopée saoudite allait néanmoins se poursuivre. Un deuxième État wahhabite devait voir le jour, entre 1821 et 1880, avec une branche cadette des Sa'ud qui prenaient Riyad comme fief. Les Turcs ne s'étaient toutefois pas résignés et les Sa'ud, obligés de fuir, avaient dû se réfugier au Koweït. Cependant, en 1902, Abd al-Azîz Ibn Abd al-Rahman entreprenait la reconquête de l'ensemble de la région, fondant ainsi le troisième État wahhabite et redonnant à l'idéologie hanbalite tout son prestige. En 1910 il rassemblait les Bédouins au sein d'une fraternité conforme à la communauté prônée par Abd al-Wahhâb : les frères – ikhwân – étaient regroupés dans des grandes colonies à la fois militaires et agricoles. Enflammés par les prédicateurs, ils multipliaient les conquêtes entre 1912 et 1932, sans souci des frontières, notion contraire aux valeurs bédouines.

Jusqu'en 1939, Ibn Sa'ud revendiquerait la plus grande partie du Qatar qui fit naguère partie des conquêtes saoudiennes et qui, depuis 1809, était wahhabite comme son royaume. Une tribu du Nejd s'était en effet installée à la fin du XVIIIe siècle dans ce pays qui devenait ainsi la deuxième monarchie wahhabite de la péninsule arabe. Les guerriers bédouins, même s'ils s'appelaient « frères » avaient toutefois conservé leur mentalité tribale. Le roi avait fini par leur interdire de se livrer à la razzia perpétuelle et d'en conserver le butin. C'est alors, à partir de 1926, qu'ils avaient commencé à se rebeller. Ces Bédouins de choc, devenus un danger pour la monarchie saoudienne, allaient être écrasés sans pitié avec l'appui militaire des Britanniques.

État wahhabite et royaume saoudien

Le 18 septembre 1932, Abd al-Azîz proclamait que le royaume du Nejd, du Hedjaz, d'Assir, du Hassa et de leurs dépendances devenait le « royaume d'Arabie Saoudite ». C'était le seul État dans le monde à porter le nom de la famille qui le dirigeait et à être bâti à la fois à partir d'une doctrine religieuse et d'un pacte d'alliance entre un chef tribal et un théologien. L'union avait d'ailleurs été scellée par le mariage entre un fils de Muhammad Ibn Sa'ud et une fille de Muhammad Ibn Abd al-Wahhâb, le premier d'une longue série d'alliances matrimoniales entre les Al-Sa'ud et les Al-Cheikh, les descendants du Cheikh Muhammad Ibn Abd al-Wahhâb. Depuis cette époque, le pouvoir saoudien n'a jamais songé à remettre en cause l'idéologie wahhabite. Le roi Faysal, dans un discours à Médine le 1er avril 1963, déclarait en effet : « Notre constitution est le Coran, notre loi est celle de Mahomet, et notre nationalisme est arabe ». L'Arabie Saoudite a placé tout son système politique, social, économique et judiciaire sous l'influence wahhabite. Le drapeau saoudien, vert, comportant la profession de foi musulmane en lettres arabes blanches, avec un sabre au dessous, rappelle l'importance de la conquête guerrière pour l'islam wahhabite. Ce drapeau ne peut en aucun cas être mis en berne car, s'il l'était, le symbole même de l'islam le serait. En tant que pays ayant vu naître le prophète, l'Arabie Saoudite interdit la pratique des autres religions.

Le pays tout entier est considéré comme « une grande mosquée ». Dés les premières années du wahhabisme, l'expansion de l'islam, à l'intérieur du pays, a requis l'aide d'une milice de soldats volontaires, véritable police des mœurs, les muttawwi ‘în, « pour prévenir le vice et protéger la vertu ». Ils étaient chargés aussi bien de détruire les idoles que de briser les amulettes. Ils réprimaient les pratiques religieuses fautives. Aujourd'hui encore ces muttawwi'in barbus circulent un bâton à la main et n'hésitent pas à s'en servir contre les « délinquants religieux ». Veiller aux bonnes mœurs est leur objectif. Ils sont donc particulièrement attentifs à s'assurer que les femmes sont couvertes de la tête aux pieds, y compris le visage, par l'abbaya, cette grande pièce de tissu noir, qu'elles ne conduisent pas de voiture – décret royal pris en 1957 par le roi Sa'ud –, qu'elles ne sortent pas seules mais accompagnées d'un parent mâle de leur famille. Ils font fermer les restaurants où se produisent des musiciens, ils interviennent dans les lieux où ils soupçonnent que l'on boit de l'alcool ou que l'on joue de la musique. Ils interdisent les sapins de Noël considérés comme des objets de pratique idolâtre, ainsi que les bibles et les objets en forme de croix. Ils pénètrent sans autorisation dans les domiciles suspects à leurs yeux et importunent les passants pris en faute, même s'ils sont étrangers. Le zèle de ces inquisiteurs musulmans peut se révéler extrêmement dangereux pour les Séoudiens pris en infraction. Les peines prononcées par la justice wahhabite sont celles de la loi islamique selon la stricte interprétation wahhabite de l'école hanbalite. Les exécutions capitales se font en public par décapitation au sabre, généralement le vendredi après la prière du matin. La flagellation et l'amputation figurent parmi les peines prononcées par les tribunaux islamiques. La lapidation pour adultère fait toujours partie de l'arsenal juridique. On ne saurait oublier l'exécution pour adultère en 1978 de la princesse Michad, âgée de dix-neuf ans et mariée d'autorité.

En politique extérieure, la da'wa, « appel islamique », a toujours été la raison même de l'existence de 1'État wahhabite saoudien. Cela l'oblige à se livrer au prosélytisme religieux et à financer l'islamisme. De ce fait il y a eu « wahhabisation » de l'islam mondial. Aujourd'hui, cependant, l'islamisme constitue un danger pour le royaume car il émane de religieux qui dénoncent la corruption de la famille royale. L'État wahhabite n'est-il pas menacé par le pouvoir séoudien qui serait en contradiction avec ses propres fondements religieux ? En politique intérieure, la monarchie est soumise à un double assaut : celui des islamistes qui voudraient revenir à la pureté de la doctrine wahhabite et celui des modernistes qui désireraient plus de souplesse dans l'application de la loi islamique. Une contestation féministe a même eu lieu le 6 novembre 1990 : quarante-sept femmes saoudiennes, pour la plupart des universitaires, ont bravé l'interdit de conduire une voiture.

En politique internationale, la monarchie a joué un jeu ambigu, ayant toléré sur son sol, en 1990, des milliers de soldats non musulmans – y compris des femmes soldats américaines – mais n'ayant pas hésité à destituer, en avril 1994, Oussama ben Laden de sa nationalité saoudienne, coupable d'activités islamiques terroristes. Pourtant on peut considérer l'ancien leader des « Afghans » saoudiens comme un pur produit de l'islam wahhabite. Pour un homme du désert d'Arabie, les exhortations au djihâd contenues dans le Coran, sont facilement comprises comme des appels à la violence guerrière.

Anne-Marie Delcambre
Février 2002
Copyright Clio 2006 - Tous droits réservés

Bibliographie
Mahomet, la parole d'Allah
Anne-Marie Delcambre
Découvertes
Gallimard, Paris, 1987

Géopolitique de l'Arabie Saoudite
Olivier Da-Lage
Editions Complexe, Bruxelles, 1999

La profession de foi d'Ibn Taymiyya, la Wâsitiyya
Ibn Taymiyya
Librairie orientaliste Paul Geuthner, Paris, 1986

Les Sept Piliers de la sagesse
Thomas E. Lawrence
Folio, Paris, 1992

Les Nations du Prophète
Xavier de Planhol
Fayard, 1993

Le royaume d'Arabie Saoudite face à l'Islam révolutionnaire
Jean-Louis G. Soulie et Lucien Champenois
éditions Armand Colin, Paris, 1966

Ibn Séoud ou la naissance d’un royaume
Jacques Benoist-Mechin
Historiques
Editions Complexe, Bruxelles, 1991
http://www.clio.fr/BIBLIOTHEQUE/l_islam ... abisme.asp


Dernière édition par Delcambre le 12 Juil 2006, 08:42, édité 3 fois au total.

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MessagePublié: 29 Juin 2006, 09:27 

Enregistré le: 30 Mai 2006, 14:18
Messages: 329
Localisation: Théâtre des opérations
Après la descritpion de cette belle démocratie saoudienne :lol: que vient de nous livrer Mme Delcambre, il me semblait interessant de reproduire cette lettre obsequieuse adressée par notre président au Roi d'Arabie Saoudite suite à la bousculade lors du dernier pélerinage à La Mecque.

Certes, nous y avons des interets commerciaux, certes, le protocole (et parfois la réelle compassion) veut que l'on présente ses condoléances a un "état" touché par un drame, mais de là à ce que le dirigeant d'un pays libre et démocratique se rabaisse à dire à un théocrate qu'il est "très éclairé"... il y a des limites que même les interets commerciaux n'autorisent pas à franchir... Il me semble qu'il est possible de présenter ses condoléances sans se compromettre. Chirac se comporte ici en dhimmi sans y être contraint!!!


LETTRE ADRESSEE PAR M. JACQUES CHIRAC,PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE,
AU ROI D'ARABIE SAOUDITE
A LA SUITE DE LA BOUSCULADE
SURVENUE LORS DU GRAND PELERINAGE

(Paris, 13 janvier 2006)

Sire,

Je viens d'apprendre avec beaucoup de regret qu'une bousculade survenue lors du grand pèlerinage a provoqué la mort de très nombreux fidèles. Que ce drame se soit produit alors que les victimes accomplissaient un devoir religieux ajoute encore aux sentiments d'horreur qu'il suscite.

En ces circonstances tragiques pour tout le Royaume, j'adresse à Votre Majesté mes condoléances les plus sincères et je Lui exprime toute ma solidarité dans l'épreuve. Je La remercie de bien vouloir assurer les familles des victimes de ma sympathie attristée.

Gardien des lieux saints de l'islam, Votre Royaume en assume, sous Votre conduite éclairée, toute la charge. Ce jour cruel est aussi l'occasion de rendre hommage à tous les efforts entrepris pour que le grand pèlerinage se déroule dans les meilleures conditions possibles.

Je prie Votre Majesté d'agréer l'expression de ma très haute considération. Et de ma bien cordiale amitié dans l'épreuve./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)
http://www.diplomatie.gouv.fr/actu/bull ... #Chapitre8


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MessagePublié: 12 Juil 2006, 08:39 
Cela me fait penser qu'il n'y a pas de fil sur les ecoles juridiques. Je vais modifier le titre :lol:


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MessagePublié: 06 Aoû 2006, 22:54 
:oops: L'erreur profonde des occidentaux est de considérer l'islam comme une religion analogue au christianisme.
Pour les musulmans la révélation coranique est principalement celle d'une LOI.
Et l'obsession des pieux croyants va être d'appliquer correctement la Loi.
Le Prophète va servir de modèle pour appliquer correctement cette loi.
En fait pour les musulmans qui vont jusqu'au bout de la logique de l'islam, Dieu seul peut légiférer et imposer une Loi aux hommes.
Seulement le problème pour les musulmans n'est pas celui de la connaissance de la Loi mais bien celui de son application.
.

Comment appliquer la loi ?
C'est là qu'apparaît le rôle des écoles juridico-religieuses dans le sunnisme.


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MessagePublié: 07 Aoû 2006, 16:30 
Delcambre a écrit:
:oops: L'erreur profonde des occidentaux est de considérer l'islam comme une religion analogue au christianisme.
Pour les musulmans la révélation coranique est principalement celle d'une LOI.
Et l'obsession des pieux croyants va être d'appliquer correctement la Loi.


Au temps de Moïse, il en est de même lorsqu'il rapporte les tables de la LOI à son peuple...

S'agissant du christianisme, Marcel Metger écrit, dans un commentaire à propos d'un petit ouvrage de Mme Eva Synek, directrice de recherches à l'Université de Vienne qu'il a traduit :
"Sous cet aspect [....], l’étude de Mme Synek ouvre de nouvelles perspectives, en mettant en évidence, dans les règlements ecclésiastiques, cette pratique de la didascalie, qui est comme un Talmud chrétien, un commentaire de la Loi.

Parmi les multiples apports de cette étude, on signalera ici plus particulièrement ceux qui concernent les Constitutions apostoliques et la compréhension chrétienne de la Loi. Mme Synek a procédé à une analyse systématique du vocabulaire législatif des Constitutions apostoliques, ce qui lui a permis d’apporter d’utiles précisions pour la compréhension des mots Nomos (correspondant à Torah), desmoi, kanon, et bien d’autres encore. De cet examen minutieux, elle a pu dégager la théologie de la Loi mise en œuvre dans la tradition des règlements ecclésiastiques. Guidée par cette compréhension globale, elle a pu apporter quelques corrections et améliorations à la traduction que j’avais publiée dans la collection Sources chrétiennes 320, 329 et 336. À la p. 38 je ferai cependant une réserve sur l’interprétation des parallèles entre les listes sacerdotales de l’Ancien Testament et celles des Constitutions apostoliques. En effet, on ne peut conclure que le compilateur ramène tous les ministères chrétiens à des prototypes de l’Ancien Testament. Un telle entreprise était matériellement impossible, puisque les ministères dans les Églises sont plus nombreux et variés que ceux du Temple de Jérusalem. De fait, le compilateur a regroupé l’ensemble des services, à partir du diacre, pour les comparer globalement aux lévites. D’ailleurs, il n’y a qu’un seul endroit des Constitutions apostoliques où la comparaison soit poussée aussi loin, à savoir en II, 26, 3, à propos de la répartition des offrandes, mais le compilateur n’exploite la comparaison que sous cet aspect limité.

Quant à la compréhension chrétienne de la Loi, l’A. a pu reconstituer celle mise en œuvre dans les recueils de règlements ecclésiastiques. Il s’agit d’une tradition remontant au Christ et aux Apôtres et qui a conduit les Églises des quatre premiers siècles à reconnaître la Loi comme une expression de Dieu, révélée dans sa plénitude par l’Incarnation. Toutes les lois sont ainsi rapportées à Dieu et à son législateur, le Christ, non seulement la Torah, la nouvelle Loi du christianisme et la loi naturelle, mais aussi le droit romain (p. 63). Poursuivant l’examen des continuités entre la littérature biblique et les traditions chrétiennes antiques, l’A. met en évidence la permanence des formes d’expression de type législatif, en particulier le genre narratif (p. 81), et reconsidère, dans ce contexte, le genre littéraire des règlements ecclésiastiques (p. 12-20, 77-84).

ici => http://www.uni-tuebingen.de/uni/ukk/nom ... en/052.htm

Il semble que la différence fondamentale entre l'islam et le christianisme c'est que ce dernier permet d'emblée une "sortie de religion" pour la société civile ainsi que le montre mon ami Marcel Gauchet dans "Le désenchantement du Monde" où il n'hésite pas à dire que le christianisme est 'La religion de la sortie de religion' (2ème partie p. 133...) Le christianisme a permis en effet aux institutions civiles et même à la politique de se dissocier des dogmes religieux. L'islam ne permettra jamais cela, jamais !


Anne-Marie Delcambre a écrit:
Le Prophète va servir de modèle pour appliquer correctement cette loi.
En fait pour les musulmans qui vont jusqu'au bout de la logique de l'islam, Dieu seul peut légiférer et imposer une Loi aux hommes.
Seulement le problème pour les musulmans n'est pas celui de la connaissance de la Loi mais bien celui de son application.
.

Comment appliquer la loi ?
C'est là qu'apparaît le rôle des écoles juridico-religieuses dans le sunnisme.


Les chiites ont, eux, une Église et un clergé pour organiser et rappeler tout cela, avec force et véhémence s'il le faut, comme on l'a vu en Iran en 1979. Et le mème (virus virulent) s'est développé, s'est répandu de proche en proche dans le monde musulman qui n'attendait que ça...

Merlin de Brocéliande


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MessagePublié: 22 Juil 2015, 14:05 
Davis
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Messages: 921
http://www.dar-al-hadith.com/

COMMUNIQUÉ OFFICIEL DU CENTRE DAR AL HADITH DE BESANÇON SUITE AUX ACCUSATIONS MENSONGÈRES PUBLIÉES DANS L'EST RÉPUBLICAIN

Au nom d'Allah le Tout Miséricordieux, Le Très Miséricordieux.

Suite à la publication de l'article du journal franc comtois "l'Est Républicain" concernant le crime de Yasin Salhi, en ce dimanche 28 Juin, nous tenons à démentir et à réfuter les informations mensongères et diffamatoires prononcées à notre encontre :

Premièrement, il nous incombe ainsi qu'à tout musulman, de condamner, de la manière la plus ferme cet acte criminel qui ne trouve aucune origine et qui n'a aucun rapport avec l'islam, au même titre que nous avons condamné les attentats terroristes précédents, et ce depuis le début de notre activité.

Deuxièmement, nous nous désavouons totalement de cet individu qui n'a jamais mis un seul pied dans notre centre. Bien au contraire, il était connu de lui un penchant pour ces groupuscules extrémistes armées "Khawarij" (appelés également par nos savants : Takfiri) prônant la violence et la haine. Nous avions même averti un certain nombre de musulmans contre le fait de le fréquenter, et de se laisser influencer par son idéologie déviante. Il est donc d'avantage mensonger et inconcevable de prétendre qu'il récoltait des dons pour notre centre qu'il n'a jamais fréquenté, et nous ne l'aurions d'ailleurs jamais accueilli si ce n'est avec une conviction évidente de sa part, de se repentir de son égarement et de revenir à la vérité.

Troisièmement, quant au fait que nous ayons pour objectif de nous accaparer de la mosquée "Al Fath", encore un mensonge et nous vous renvoyons simplement au démenti de cette information prononcé par les responsables eux-même de la mosquée, figurant sur L'est Républicain en date d'aujourd'hui.

Quatrièmement, quant au fait que "les salafistes soient bien implantés à Besançon" nous disons : Oui, par la grâce d'Allah, beaucoup de salafis sont présents, et la voie salafya est bien notre prêche.

Cependant, il est primordiale de clarifier les termes employés : Si par " les salafistes " vous entendez : les musulmans qui se cramponnent au Coran et à la sounnah (tradition prophétique) avec la compréhension des "salafs" (qui signifie en arabe "prédécesseurs", et qui sont avant tout les compagnons de notre prophète, paix et salutation sur lui), alors nous espérons en faire partie, et c'est ce qui incombe à tout musulman comme les nombreux versets coraniques et paroles prophétiques authentiques en témoignent.

Mais si par " les salafistes " vous entendez les groupuscules terroristes qui prônent la haine, le terrorisme, le djihad en Syrie ou en Irak, de manière passive ou active, rattachés ou non à Daesh, Al Qaîda et leurs semblables, alors ils sont nommés "Khawâriji" et "tekfiri", et sont bien connus au sein de notre communauté, faisant l'objet d'une grande méfiance et d'un rejet de notre part.

Le terme "salafi" (pour ne pas dire "salafiste") est employé ici à mauvais escient et il est constamment perverti de manière volontaire ou non. Tout en soulignant que n'est pas salafi quiconque le prétend, c'est plutôt sa croyance, ses paroles et ses actes qui en témoignent. Ainsi il est évident que l'auteur de cette tuerie n'est pas salafi.

Cinquièmement, nous dévoilons depuis toujours rigoureusement toutes les dérives sectaires terroristes durant nos cours hebdomadaires, et de manière encore plus explicite à travers l'organisation de grands séminaires ouverts au public. Nous avons d'ailleurs eu l'occasion de recevoir des journalistes de L'Est Républicain avec hospitalité durant notre dernier séminaire en date du Samedi 23 et Dimanche 24 Mai 2015.

Nous distribuons également des flyers en masse ayant comme intitulés " Mise en garde contre les groupes terroristes de Daesh & Al-Qaida ", et " La position de la vrai voie Salafya face aux actes criminels perpétrés à Paris ". Notre prêche est donc clair et transparent, notre centre est une maison de verre et tous nos audios et nos supports sont disponibles.

Sixièmement, et pour conclure : la preuve incombe à qui accuse.

Puisqu'il est certain que cet individu n'a aucune relation ni proche ni lointaine avec notre centre et notre prêche, chose que tous nos responsables, membres actifs ainsi que nos centaines d'élèves inscrits et milliers de participants à nos séminaires sans exception peuvent affirmer et certifier avec noms et signatures à l'appui, nous qualifions alors ces propos de mensonger et diffamatoires, et d'une gravissime accusation de "mouvance terroriste" à l'encontre de tous.

APPORTEZ VOS PREUVES, ET CONFRONTONS-LES AUX NÔTRES.

Et Allah est plus savant. Et que les invocations d'Allah soient faites sur notre prophète Mohammed, sa famille, ses compagnons et à lui les nombreux saluts.

Rédigé par les responsables du centre. Le Lundi 29 Juin 2015.
___________________________________________________________________________________
Fin, je rajoute ;

Nouvel audio :

http://www.lavoiedroite.com/conferences/comprendre-le-salafisme



Autres cours du même homme : http://mosquee-ecquevilly.com/audio/tafsir-saadi

Lecture utile : islam/rappel-t34151.html Autre : http://islam-nancy.fr/

En Arabie Saoudite (Etat islamique salafi), les terroristes sont mis en prison, puis ils sont orientés par des savants ou des prêcheurs salafis pour les guider vers le repentir, leur faire comprendre ce qu'est vraiment le djihad et les relations avec les autres en Islam. En voici la preuve :

https://www.youtube.com/watch?v=hFpi7Gen2uw


Car il n'y a que Satan qui mène ces gens à tuer ceux dont la vie est sacré. Aucun salafi à travers l'histoire n'a commis d'attentats terroristes.

Un salafi (Souleymane Al Hayti) a dit : « Et je suis convaincu que si les politiciens du Québec et du Canada, des États-Unis et de l’Europe, ainsi que les forces policières et les services de renseignements, les médias et les journalistes, veulent vraiment gagner cette guerre contre le terrorisme, ils ne pourront le faire sans l’aide et les supports des savants musulmans Salafis et ceux qui les suivent. Car ils sont les seuls à détenir la science religieuse qui permet de réfuter les Khawaarijs sur le plan de la croyance religieuse, dans la pratique et l’interprétation de la religion. »

'Ali 'Ashmaoui -dirigeant des frères musulmans, bras droit et ami intime de Sayyed Qotb- a dit dans ses mémoires p.63 :

« ● La ceinture d'explosif a été inventée par les Ikhwans en 1954 pour tuer 'Abdelnaser. Le premier a avoir développé son usage est le frère Nassir. Cette méthode s'est ensuite développée pour être appelée "les bombes humaines", "les suicidés", "les corps piégés" etc. Les Ikhwans sont responsables de cette acte et de tout ceux qui l'utilisent et tuent les gens par ce moyen.

● L'autre méthode est les voitures piégées, qui sont utilisées jusqu'à aujourd'hui pour terroriser les gens et tuer les hommes, les femmes et les enfants. Cette voie et cette méthode sont utilisés aujourd'hui dans ce qu'on appelle "la lutte contre les envahisseurs" et pour faire trembler la terre sous les pieds des gouverneurs. Cela a été inventé par une section des Ikhwans : la Section des Unités, dirigée par Salah Shadi. »

Aucun lien avec le salafisme...

Le sahabi (compagnon du Prophète) 'AbdouLlah ibn 'Omar a dit : « Certes, parmi les affaires périlleuses pour lesquelles il n'y a pas d'échappatoire pour celui qui s'y introduit ; faire couler le sang sans droit. » Sahih Al Boukhari 6470

Comme livres bénéfiques traduit de l'arabe au français il y a : "200 questions réponses sur la croyance" de l'imam Hafidh Al Hakamy رحمه الله, "Comment j'ai connu Allah" de l'imam 'Abde Rahman ibnou Nasser AsSa'dy, "La croyance de l'unicité" du savant Salah Al Fawzan.

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