LibertyVox • Voir le sujet - Les Flamands en Belgique, ces Belges trop peu connus !
 
 
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MessagePublié: 10 Oct 2006, 11:19 
http://www.monde-diplomatique.fr/2005/06/BAILLY/12521
Pour alléger le fil sur la Belgique, et sachant tout ce que ce forum doit aux Belges , je suggère d'ouvrir ce fil qui serait consacré à cette belle région de Flandres. En France on connaît mal cette opposition Flamands/Wallons et c'est un moyen de mieux connaître un pays proche.
Si je demande à l'administrateur la permission d'ouvrir ce fil c'est que la parole libre est confisquée , en Belgique comme en France. Dès que quelqu'un s'écarte du politiquement correct il est immédiatement classé comme Extrème-droite, fascite, xénophobe et j'en passe. Ce forum est un des rares espaces de liberté qui restent, face à une soviétocratie islamophile à outrance. Des gens ont aussi le droit de penser autrement. C'est cela la liberté d'expression.
Je ne fais pas de politique mais j'estime avoir le droit de parler et de dire ce que je pense.


juin 2005 Pages 16 et 17

La crise belge vue de wanze et de Kruibeke

Cloisonnement identitaire entre Flamands et Wallons

La Belgique célèbre dans une ambiance délétère ses 175 ans d’existence et ses 25 ans de fédéralisme. La position autonomiste des partis flamands et les querelles communautaires nourrissent ceux qui pensent que « l’Etat Belgique » ne fêtera pas son 200e anniversaire. Flandre et Wallonie s’engageraient-elles chaque jour un peu plus dans des chemins séparés, voire opposés ? Visite de deux villes, Wanze la wallonne et Kruibeke la flamande.

Olivier Bailly
Journaliste, Molenbeek-Saint-Jean (Belgique).

Michaël Sephiha
Journaliste au quotidien économique flamand De Tijd.

Bien connue pour ses surréalistes, la Belgique pratique ce courant artistique au quotidien. Un des axes routiers principaux du pays, l’autoroute E40, flirte avec la frontière linguistique qui sépare la Flandre et la Wallonie. Puisqu’elle est massivement empruntée par les deux communautés, le bilinguisme devrait y être de mise. Ce n’est pas le cas. Les affiches de campagne de sécurité routière sont tantôt en néerlandais, tantôt en français, selon la région où elles sont implantées. Le long de l’E40, la ville flamande « Tienen » devient « Tirlemont » en région wallonne et la ville wallonne « Waremme » sera indiquée sous le nom de « Borgworm » en région flamande. Déconcerté par ces noms changeant tous les 15 kilomètres, l’automobiliste non averti quittant l’autoroute pour trouver un réconfort sur les routes régionales devra savoir de quel côté il se trouve. Si le 70 km/h est de mise sur les routes régionales flamandes, les Wallons accordent un supplément de 20 km/h pour le même type de voie. Etrange ? L’histoire de la Belgique et son train fédéraliste empruntent aussi une voie rapide...

Depuis 1993, la Belgique est un Etat fédéral composé de trois régions et trois communautés linguistiques (1). Cette structure est le résultat d’une avancée régulière de la décentralisation depuis 1970 (lire L’union fédérale fait la force). La dynamique a été poussée très loin puisque, fait exceptionnel, les entités fédérées ont même le pouvoir de signer des traités internationaux dans les matières liées à leurs compétences institutionnelles. Mais cela ne semble pas encore suffisant. Un nombre croissant de responsables politiques flamands réclament plus d’autonomie, voire pour les plus extrêmes l’indépendance.

Pendant longtemps, les appels au séparatisme émanaient seulement de Flandre mais, depuis peu, les Wallons brandissent le spectre de la séparation. « Les Francophones en ont marre d’être continuellement présentés comme des profiteurs qui empêchent une gestion efficace du pays. Nous avons l’impression de ne plus être acceptés complètement (...). Si une majorité de Flamands veut vivre sans les Francophones, nous devons également nous demander si cela a du sens de vivre ensemble », explique Béatrice Delvaux, la rédactrice en chef du quotidien francophone Le Soir (2). Chez certains responsables politiques francophones, le même état d’esprit règne. M. Jean-Claude Van Cauwenberghe, le ministre-président wallon (Parti socialiste [PS]), déclarait ainsi début mai que « la Wallonie n’est pas prête à accepter n’importe quoi, ni à défendre la Belgique à n’importe quel prix (3) ».

L’hebdomadaire francophone Le Vif/L’Express, s’engage encore plus : dans un dossier intitulé « Et si les Flamands nous larguaient ? », il estime que, « le jour venu, Francophones et Flamands devront sans doute se partager les oripeaux de l’ancienne Belgique ». Tous les états-majors politiques planchent sur les scénarios d’un avenir sans Belgique. Et, à feuilleter la presse, le pays ressemble à un baril de poudre au cœur de l’Europe. La réalité est pourtant tout autre.

Mardi 22 mars, Grand-Place de Wanze (4), en Wallonie. Sous le regard de leurs parents, des enfants profitent de la place aménagée en aire de jeux tandis que les plus grands s’essayent au skateboard, au VTT ou à la drague. La voix des Cassandre ne semble pas parvenir jusqu’ici. A vol d’oiseau, pourtant, la Flandre n’est qu’à 25 kilomètres. « La tension entre les deux communautés n’est pas présente. Il y a un respect citoyen mutuel, assure M. Claude Parmentier, bourgmestre (maire) PS de Wanze. S’il y a une échéance électorale ou un sondage, il se peut que je sois interpellé au sujet de l’extrême droite, mais pas sur les Flamands. Je ne sens pas de rejet des Flamands. Je suis persuadé que les gens ne se préoccupent pas des problèmes communautaires. »

Installés sur un banc, Bastien et Robert, 15 ans chacun, profitent des rayons du soleil. La Flandre, ils ne connaissent pas vraiment. Robert passe ses vacances à la Côte belge – « la Côte flamande », diront les Flamingants... –, mais leurs contacts avec la population locale y sont inexistants. Pour tout dire, les deux amis ne sont pas très au fait de la Belgique, de son histoire, de ses mœurs politiques, de sa culture, de ses artistes. Ils n’en sont pas moins opposés à l’éclatement de leur pays. « La Belgique n’est déjà pas très grande, si on se sépare, on va devenir minuscules », rigole Robert. Plus sérieusement, Bastien craint que, « si on coupe le pays en deux, il y ait peut-être des conflits... ».

Ce sentiment est largement répandu dans la population belge. Selon un sondage, réalisé en mars 2005 par le quotidien La Libre Belgique, 87 % des personnes interrogées désirent une Belgique unie, le pourcentage étant à peu près identique à Bruxelles, en Wallonie et en Flandre (5). Mais, au-delà de cette question générique, des divergences sur le « comment vivre ensemble ? » apparaissent, une majorité de Flamands réclamant plus de compétences au niveau régional. Mais rien là d’une revendication séparatiste. « Les Flamands ne sont pas pour l’indépendance de la Flandre, même si les mentalités entre le nord et le sud du pays sont différentes », assure Mme Myriam Claes, propriétaire de la seule crèche privée de Kruibeke. Située à quelques dizaines de kilomètres d’Anvers, cette commune flamande est l’équivalent de Wanze, la wallonne (6). Et, en effet, les mentalités paraissent différentes...

Là où Wanze, avec son collège communal (conseil municipal) entièrement socialiste, illustre la puissance du PS en Wallonie, Kruibeke la Flamande confirme l’image catholique du nord de la Belgique. Alors qu’à Wanze l’église est nettement séparée de la place communale, à Kruibeke elle trône au milieu du village. Pendant l’agonie très médiatisée du pape Jean Paul II, la mairie de Kruibeke arborait les drapeaux de la ville et de la Flandre ; mais, devant la maison du bourgmestre, c’est le drapeau du Vatican qui était en berne... L’église est entourée par la mutualité chrétienne, le syndicat chrétien, la maison communale (mairie) et le presbytère. Bien en vue, là aussi, le drapeau du Vatican. Pour parfaire l’osmose entre la commune et son église, les annonces des permis de bâtir s’apposent sur les panneaux d’affichage de l’édifice religieux. « Mais peu de gens vont à l’église », regrette M. Antoine Denert, bourgmestre de la commune depuis 1983.

« Je n’ai rien personnellement contre les Wallons, poursuit ce chrétien convaincu, qui se définit comme flamingant et nationaliste flamand. Quand je reçois des collègues wallons en visite, je sors un drapeau wallon. Ce n’est pas en Wallonie qu’on verrait ça. Mais moi, je suis un extrémiste en tolérance », se plaît-il à répéter. Pourtant, le bourgmestre de Kruibeke reprend volontiers le slogan du parti d’extrême droite, le Vlaams Belang (7) : « Eigen Volk Eerst » (Notre propre peuple d’abord). « Je n’ai pas de problème avec cela. Il faut d’abord être fort avant d’aider les autres. La Wallonie a une autre mentalité et une autre culture. Les Wallons approchent les problèmes différemment et fixent d’autres priorités. Au niveau de la gestion, par exemple, nous sommes plus rigoureux en Flandre. » A l’évidence, il ne verrait pas d’un mauvais œil l’indépendance de « sa » Flandre.

A Wanze, M. Parmentier met également en avant son identité, wallonne, mais il défend l’unité de la Belgique. « Je suis pour un fédéralisme bien compris, qui respecte les conceptions, les cultures différentes. Mais le séparatisme est une mauvaise idée. » Pourtant, dans la brochure qu’il remet aux Wanzois fraîchement installés dans sa commune, la ville est décrite comme s’inscrivant « au cœur de la région de Liège, de la Wallonie et de l’Europe ». Entre la Wallonie et l’Europe, n’existerait-il donc plus d’espace politique intermédiaire ?

« Sire, il n’y a pas de Belges »
L’oubli de ce dépliant communal ne traduit pas une volonté de nier la Belgique, mais il révèle le peu d’attachement à l’identité belge. Si, en Flandre comme en Wallonie, on connaît son village, la ville voisine, sa province, voire sa région, la méconnaissance de l’autre Communauté est de plus en plus flagrante.

Kevin, 16 ans, et Christophe, 15 ans, suivent des cours à l’Athénée royal de Beveren, la première grande ville à proximité de Kruibeke. Ils ne connaissent pas un chanteur belge francophone, n’ont pas d’amis ou de connaissances en Wallonie, n’y vont jamais ou rarement de leur propre initiative. Pieter, 15 ans, va de temps en temps rendre visite à sa famille à Virton (Ardennes). Sur place, il doit souvent utiliser l’anglais avec les habitants du cru, « sinon les gens ne se comprennent pas ». Enfin, Annelies, 18 ans, déclare aller de temps en temps en Wallonie, dans une bourgade, qu’elle situe près de... Marseille !

Malgré ces lacunes dans la connaissance de la Wallonie et des Wallons, pas un de ces jeunes ne tombe dans la haine de l’autre. S’ils s’accordent à reconnaître, voire à souligner des singularités aux deux peuples, les Wallons ne seraient pour autant ni « paresseux » ni « profiteurs » – des préjugés encore récemment véhiculés par le parti nationaliste flamand Nieuw-Vlaamse Alliantie (N-VA), qui s’appuie sur le montant des transferts de la Flandre vers la Wallonie : 5 milliards d’euros par an, essentiellement au niveau de la sécurité sociale. Tous tiennent à ce que la Belgique reste unie. C’en est presque étonnant, car, tout au long de leur scolarité, ils n’apprennent pas grand-chose de leur pays. Directeur de l’Athénée royal de Beveren, M. Flor Van Gheem l’admet aisément. « Le chapitre sur la Belgique n’arrive qu’en terminale. Les élèves ont, alors, des cours sur l’histoire de la Belgique. On y détaille l’histoire de la Flandre et l’évolution du mouvement flamand, mais aussi celle de la Wallonie. Les cours traitent enfin des réformes de l’Etat, des structures étatiques et du fédéralisme. »

A Huy, ville proche de Wanze, les élèves sont logés à la même enseigne. A l’Athénée royal, ceux de la classe de terminale de Mme Marie-Henriette Bekaert-Medart trahissent le caractère lapidaire de leurs connaissances sur leur pays. Si les vingt et un élèves connaissent tous La Marseillaise, un seul d’entre eux peut entonner La Brabançonne, l’hymne national de la Belgique... René commente : « On est plus lié à la France, même culturellement. Cela ne m’embête pas, mais c’est dommage qu’il n’y ait pas de véritable identité belge. » S’il est le seul à pouvoir expliquer ce qu’est la « Question royale (8) », ses condisciples savent en revanche – car ils viennent de parcourir ce chapitre de l’histoire belge – que le socialiste wallon Jules Destrée a interpellé le roi, en 1912, en lui disant notamment : « Sire, il n’y a pas de Belges. »

Près d’un siècle plus tard, le quotidien flamand De Morgen (9) établit le même constat, commentant un sondage : « Les Flamands et les Wallons ont un avis différent sur à peu près tout : leur position par rapport à l’extrême droite, l’interdiction de fumer dans les cafés, etc. » Dans la classe de Mme Bekaert-Medart, seule une élève se considère comme wallonne. Et les autres ? Des petits rires gênés. « Belges ? Oui, pourquoi pas... » Céline, en tout cas, ne se sent pas concernée par l’histoire belge : « Je n’ai pas réellement le sentiment d’être belge. »

Les jeunes élèves wallons préfèrent se plonger dans l’histoire de France ou celle d’Angleterre, plus prestigieuses, plus importantes à leurs yeux. Face à ces puissances européennes, la Belgique reste invisible, à peine murmurée. L’heure n’est plus à l’étude des grands artistes et personnalités belges, mais plutôt au profil bas.

Pour les élèves de Huy, la Flandre historique reste une nébuleuse, tandis que la Flandre contemporaine se réduit souvent à la Côte et au zoo d’Anvers. Les prestigieux stylistes d’Anvers, la beauté de Bruges, le renouveau du rock flamand (et aujourd’hui wallon) repasseront. Avouer ne quasi jamais mettre les pieds en Flandre ne les empêche pas d’avoir un avis, forcément orienté, sur leurs voisins. Pour Aurélie, qui a tout de même participé à un voyage linguistique, il y a quatre ans, dans le nord du pays (mais elle ne se rappelle plus où !), « quand on va en Flandre, on a l’impression d’être une bête curieuse ».

Alexandre soutient que « le Flamand est droit, plus réglo que le Wallon. Il aime moins faire la fête, mais il est plus respectueux que le Wallon. Il est assidu ». Et d’aborder la question du racisme. « Les chiffres sont là. Il suffit de voir les résultats des élections, le Vlaams Belang a recueilli 25 % aux dernières élections régionales en Flandre. »

Les clichés ont la vie dure, note La Libre Belgique (10) en détaillant les résultats d’un des nombreux sondages réalisés à l’occasion du 175e anniversaire du pays : « Les francophones jugent globalement les Flamands égoïstes, orgueilleux, austères, mais aussi courageux, gestionnaires et créatifs. » Paradoxalement, le quotidien constate également que, dans la même enquête, les Flamands s’estiment moins rigoureux et créatifs mais plus négligents que les Francophones... « On aura tout vu ! Avec ces résultats, qui apparaissent tellement à contre-courant des idées reçues, ce sondage confirme une des grandes caractéristiques de la Belgique : le surréalisme. »

Ex-correspondant du journal flamand De Standaard en Wallonie, Guido Fonteyn voit dans ces regards croisés les traces de l’histoire propre à chaque région : « La Wallonie est le produit de la grande industrie (mines de charbon, sidérurgie), la Flandre celui d’une tradition catholique et essentiellement agricole, analyse-t-il. Mais ces caractéristiques ont largement changé. Malheureusement, les clichés mettent plus de temps à disparaître. Or, les traits de caractère des Wallons et des Flamands ne sont pas génétiquement établis, ils changent en permanence. »

En jouant le rôle d’écran culturel, les problèmes de langue contribuent largement à cette ignorance mutuelle. La Belgique, en communautarisant progressivement l’enseignement, n’a pas profité de la formidable chance qu’elle avait d’élever sa population dans une double culture. Elle a raté le pari du bilinguisme, voire du trilinguisme (11).

Pourtant, dans les écoles flamandes, le français est obligatoire comme deuxième langue pendant une grande partie de la scolarité. Mais, en Communauté française, les élèves ont le choix entre le néerlandais, l’anglais et l’allemand. Et, à la fin de leurs études, peu de jeunes gens parlent parfaitement les deux principales langues du pays. Mais est-ce finalement si important quand, à Kruibeke comme à Wanze, il n’est pas nécessaire de maîtriser les deux langues pour trouver un travail ? Est-ce si important quand on vit dans une sorte d’autarcie linguistique ?

Guido Fonteyn considère qu’il y a toujours eu deux vies quotidiennes en Belgique, l’une flamande et l’autre wallonne. Directeur du Centre de politique comparée de l’Université catholique francophone de Louvain-la-Neuve (UCL), M. Lieven De Winter nuance : « Il y a plus de différences entre les Flamands et les Hollandais, ou entre les Français et les Wallons, qu’entre les Wallons et les Flamands. Malgré tout, il existe deux systèmes d’enseignement, deux mondes médiatiques parallèles, etc. Entre Francophones et Flamands, on se rencontre très peu, mis à part à Bruxelles, à la Côte et dans les Ardennes wallonnes » (12).

Les traces du flamand en Wallonie sont quasi inexistantes en dehors des parcours touristiques les plus importants. Si la ville de Huy propose des dépliants dans cette langue à ses visiteurs du Nord, la seule indication que les Flamands pourront lire dans leur langue au château de Moha, site touristique sur le territoire de Wanze, est qu’il est « défendu d’enlever des pierres sous peine de poursuites judiciaires ». Dans les vestiges du château de Rupelmonde, sur le territoire de Kruibeke, on n’apprendra que le géographe flamand Mercator (Rupelmonde 1512 – Duisbourg 1594) fut emprisonné sur le site uniquement si on sait lire le flamand. Heureusement, une ou deux brochures en français viendront à la rescousse du touriste hexagonal ou wallon qui passerait à l’office du tourisme local...

La presse aussi est exclusivement unilingue. « Il n’y a jamais eu de journal bilingue en Belgique, alors que ça a été le cas en Suisse ou au Luxembourg. Le bilinguisme n’a jamais existé en Belgique », observe Guido Fonteyn. Pas de médias bilingues et très peu de lecteurs bilingues. « Il n’y a que 3 % de personnes qui lisent la presse de l’autre communauté », ajoute M. De Winter.

Il ne suffit pas de vouloir lire « l’autre » presse, encore faut-il la trouver... A la librairie de Kruibeke, le seul journal francophone disponible sur les rayons est le tabloïd La Dernière Heure/Les Sports. Et encore, seulement le lundi : pour les résultats sportifs. A Wanze, on trouve deux exemplaires du quotidien populaire flamand Het Laatste Nieuws, mais nul ou presque ne les achète. Et, en s’éloignant du centre de la commune, la situation devient absurde. La Librairie de la Presse ne propose pas un seul journal flamand : « J’en ai déjà demandé pourtant, précise son responsable, mais l’éditeur ne voit pas l’intérêt d’en fournir ici... J’ai voulu obtenir des mots croisés en flamand il y a deux ans pour une cliente bilingue. Je les attends toujours. En revanche, j’ai des revues anglaises, américaines, allemandes. Je n’arrive pas à me procurer le journal flamand De Morgen, qui est vendu à 20 kilomètres d’ici, en Flandre. Mais si vous voulez avoir El País, pas de problème, je le commande... »

Les chaînes de télévision participent également au cloisonnement identitaire. Dans le nord comme dans le sud du pays, elles ne se penchent souvent sur l’autre communauté et ses représentants qu’en cas de dossier symbolique, anecdotique, ou « national », au risque de céder facilement aux clichés et aux généralités.

Lancée en 1989, la chaîne privée flamande VTM a sans conteste contribué à forger un sentiment identitaire puissant, grâce à des programmes axés sur la culture flamande et le phénomène des Bekende Vlamingen (« Flamands connus »), repris depuis par toutes les autres chaînes flamandes. Résultat : on ne regarde quasiment plus les chaînes néerlandaises en Flandre.

Réinventer une forme d’identité nationale
Dans le sud du pays, en revanche, ce genre de programmes n’a jamais drainé les foules. Les « stars » francophones du petit et du grand écran préfèrent « monter » à Paris. Et la concurrence des chaînes françaises (TF1, France 2, France 3) est particulièrement rude. Régulièrement, elles attirent plus d’un tiers des téléspectateurs francophones belges. Difficile, dans ce cas, de construire une identité locale aussi forte qu’en Flandre.

Culturellement, la Belgique est un pays qui a manifestement deux identités. Deux ? Ou sept, ou quinze ? La Flandre et la Wallonie sont-elles si homogènes ? Carolorégiens, Liégeois et Luxembourgeois sont-ils identiques ? Les différences entre le Limbourg et la Flandre occidentale n’existent-elles pas ? Certains évoquent une différence Nord-Sud mais aussi une différence Est-Ouest. Si la solidarité économique et les échanges culturels devaient prendre fin entre Wallons et Flamands, pourquoi les maintenir entre Limbourgeois et Brugeois, entre Montois et Spadois ? Ce n’est pas tant le projet « Belgique » qui cabre les identités que l’absence de projet...

Editorialiste du quotidien flamand De Standaard et auteur du livre Le Rêve de la Flandre ou les aléas de l’histoire (13), Marc Reynebeau met en cause ce manque de vision pour le pays : « La Constitution belge ne mentionne nulle part ce que le modèle fédéral poursuit exactement comme objectif. C’est pourquoi la dynamique politique du pays est dominée quasi fatalement par un mouvement de défédéralisation, qui a pour effet que l’Etat central continue à s’évaporer. » « Le fédéralisme belge n’est pas un modèle de cohabitation, mais plutôt de dissociation », enchaîne M. De Winter.

Si le pays semble se désagréger, c’est donc plus du fait de la volonté politique d’une partie de ses élites qu’en raison d’une forte divergence entre ses populations. A un tournant de son histoire, la Belgique a peut-être une dernière occasion de réinventer une forme d’identité nationale. Celle-ci ne s’appuierait plus sur la fierté, le drapeau ou la nation, mais sur une nationalité légère, faite de sentiments et de qualités humbles, capable de combiner les différentes identités de ses habitants sans pour autant qu’une d’entre elles ne phagocyte les autres.

Lorsqu’on se rend au Hall Omnisport de Wanze, on est accueilli par une affiche apposée sur la porte d’entrée : « Les rollers, vélos et frites sont interdits dans le hall. » Autodérision ou surréalisme au quotidien ? La Belgique existe toujours.

Olivier Bailly et Michaël Sephiha. --------------------------------------------------------------------------------
Lire aussi :
L’union fédérale fait la force
BHV, les lettres sans réponse

(1) Les régions flamande, wallonne et la région bilingue Bruxelles-Capitale ; les communautés flamande, française (Wallonie-Bruxelles) et germanophone. La Belgique a trois langues officielles : le français, le néerlandais et l’allemand. Seule la région flamande est unilingue, la région wallonne comprenant la communauté germanophone.

(2) Interview à De Morgen, Bruxelles, 5 février 2005.

(3) La Libre Belgique, Bruxelles, 2 mai 2005.

(4) On peut qualifier Wanze de commune « moyenne ». La ville compte 12 500 habitants répartis sur une superficie de 44 km2. Le revenu annuel moyen par habitant est de 23 867 euros en 2004 et le taux de chômage de 12,5 % en 2004, selon les statistiques de l’Union des villes et communes (UVC) de Wallonie.

(5) La Libre Belgique, 21 mars 2005.

(6) Kruibeke compte environ 15 000 habitants sur 34 km2. Le revenu annuel moyen par habitant était de 24 414 euros en 2001, et le taux de chômage de 3,49 %, selon les statistiques de la Vereniging van Vlaamse Steden en Gemeenten (VVSG), l’équivalent flamand de l’UVC, et de la banque Dexia.

(7) Nouveau nom du Vlaams Blok.

(8) En 1950, les Belges ont été invités à s’exprimer par référendum – pour la première et unique fois – sur le retour d’exil du roi Léopold III. On reprochait au souverain une attitude insuffisamment claire pendant l’Occupation. Le « oui » l’emporta à 57,68 %, mais les disparités régionales étaient grandes : la Flandre vota massivement en faveur du retour, la Wallonie et Bruxelles s’y opposèrent. Cet épisode est connu en Belgique sous le nom de « Question royale ». Lire aussi Serge Govaert, « Quasi-guerre civile autour de la “question royale” » (1950), Le Monde diplomatique, octobre 2002.

(9) 23 décembre 2004.

(10) 11 avril 2005.

(11) La communauté germanophone compte environ 71 000 habitants.

(12) Dans la région bilingue de Bruxelles-Capitale, les deux communautés ont pris conscience de leur particularité bruxelloise. Au niveau culturel, elles travaillent de plus en plus souvent ensemble.

(13) Marc Reynebeau, Le rêve de la Flandre ou les aléas de l’histoire, La Renaissance du livre, Bruxelles, 2002.

LE MONDE DIPLOMATIQUE | juin 2005 | Pages 16 et 17
http://www.monde-diplomatique.fr/2005/06/BAILLY/12521

Traductions de cet article >> فارسى — تيغه بندي هويتي بين فلامان ها و والون ها
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MessagePublié: 10 Oct 2006, 12:38 
Image
Quand j'ai vu le drapeau des Flandres (que j'ai d'ailleurs pris comme avatar) j'ai failli m'évanouir. C'était le même lion que j'avais toujours vu dans les armoiries de ma famille :oops: . Grâce à Uncle, ce génie de l'informatique, il a trouvé je ne sais où ce lion. Vraiment il y a une ressemblance.
Mais c'est vrai que j'ai une réelle attirance pour les Flandres . J'ai même acheté une méthode de néerlandais. Mon rêve serait de faire un jour une conférence ...en néerlandais devant un public de Flamands.
J'adore Bruges et la peinture flamande et je vais me faire tuer par certains mais je trouve que ce sont de vrais travailleurs, des gens sur qui on peut compter. Eh oui, je suis désolée mais je les adore.


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MessagePublié: 10 Oct 2006, 12:50 
Ministre des Colonies
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Enregistré le: 26 Juin 2006, 12:09
Messages: 2840
Localisation: au sud du progrès
j'ai regardé hier avec interet l'émission lundi investigation sur canal+, qui traitait de la question de la montée de l'extreme droite en belgique et plus particulièrement à Anvers. j'ai été surpris d'y voir developpée la question du secessionisme entre flamands et wallons. du moins, que cette question ait pris de telles proportions.
que les partis politiques restent sur leur ligne traditionnelle, rien que de très normal. ce qui, par contre est significatif, c'est la progression du nombre de leurs sympathisants.
les musulmans de belgique feraient mieux de regarder où ils ont conduit ce merveilleux pays, symbole pour moi (peut-etre à tort), du vivre ensemble.
quel gachis :cry:


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MessagePublié: 10 Oct 2006, 13:22 
Africanus Rex
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Enregistré le: 02 Avr 2006, 18:23
Messages: 6654
Localisation: Entre Poitiers et Covadonga.
J'ai l'impression que plus l'identité régionale est forte , plus forte est la résistance à l'islamisation , les flamands , comme les alsaciens ou les basques ou encore les corses ont une identité très forte, un musulman dans le décor se repère vite , non?
Même s'il y a déjà beaucoup de turcs en Alsace(Elsass).

Vraiment , en comparaison , peut on parler d'une forte identité val-de-marnaise ou seine et marnaise qui résisterait de toute son âme à cette invasion?
Dans ma Gascogne ça pourrait-être presque pareil, malheureusement , les centres urbains comme Toulouse , Bordeaux , Pau et quelques faubourg de Bayonne sont déjà bien contaminés, mais les campagnes résistent très bien aux turbans et hijab (pour combien de temps?ils testent aussi les campagnes comme depuis cette fameuse histoire du gîte vosgien).

C'est comme en Serbie , ce n'est pas les belgradois qui se sont mis en tête de résister à l'islamisation des Balkans mais bien la campagne serbe.

On résiste d'autant mieux à l'islam si l'on a une identité forte et que l'on en a CONSCIENCE(arméniens , juifs, maronites,coptes etc...ne passent pas de compromis avec l'islam )
Le multiculturalisme à la française , la culture du bordel ambiant(supposée plus "créative" pour les bobos-gogos-gauchos) , le souk multicommunautaire fait le lit de l'islam(c'est toujours la plus grosse minorité qui finit par en bénéficier)!

_________________
VIS ET HONOR
-Ne pas subir
-Frapper l'ennemi c'est bien. Frapper l'imagination c'est mieux (deux maximes attribuées au Maréchal de Lattre de Tassigny)


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MessagePublié: 10 Oct 2006, 14:45 
Ministre des Colonies
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Enregistré le: 26 Juin 2006, 12:09
Messages: 2840
Localisation: au sud du progrès
oui oui c'est juste, ce que je voulais dire par symbole du vivre ensemble concernait les wallons et les flamands. et je trouve dommage que cette volonté cesessionniste d'un autre age, trouve son principal justificatif dans l'introduction d'une nouvelle "ethnie" qui est venue compromettre un état qui me semblait stable. au lieu de contribuer à la grandeur de la societé qui les a accueilli, le musulmans ont contribué à son eclatement.


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MessagePublié: 10 Oct 2006, 14:59 
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Enregistré le: 10 Mai 2005, 10:54
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Le premier slogan du Vlaams belang est "België barst" ; traduisez "Belgique crève". Le séparatisme est très ancré chez les flamands et fait partie des revendications prioritaires du VB. Or, en moyenne 25% des flamands votent pour ce parti. En wallonie aussi existe un parti d'extrême-drtoite, et s'il parle de mettre à la porte les étrangers, il ne compte pas parmi eux les flamands. Pourquoi ? Peut-on croire que les électeurs du Vlaams Belang ne votent pour lui que pour jeter dehors les étrangers ? Non.
Il faut savoir qu'autrefois, la Flandre a elle aussi été maintenue économiquement par la Wallonie florissante grâce aux charbonnages et à la sidérurgie. Maintenant, Clabecq et ses forges sont moribonds, les mines sont fermées, et les dirigeants wallons gouvernent en dépit du bon sens, plus préoccupés par leurs profits personnels et le népotisme gagnant de leur politique que par le véritable intérêt du citoyen. Oui, ils donnent de l'argent aux wallons pour la sécurité sociale, mais ils refusent de scinder la caisse d'allocations familiales (cela leur serait plus coûteux, puisqu'ils ont plus d'enfants).
Il y a quarante ans, lors des événements de Louvain, les wallons auraient dû demander leur rattachement à la France. Il existe un mouvement en ce sens, mené par Paul-Henri Gendebien. Son idée est à l'image de celle des flamingants : la Belgique est un état artificiel créé en 1830 et qui allie deux sortes de mentalités, de cultures, qui n'ont pas prise ensemble. Les flamands trop longtemps rétrogradés comme de simples manants ont pris leur revanche et exigent maintenant que les francophones de la région bruxelloise apprennent le flamand (voir problème des communes à facilité). Or, le flamand parlé à Malines n'est pas celui d'Anvers ou d'Ooostende. ne le confondez pas avec le néerlandais, ce n'est encore qu'un patois et beaucoup de personnes disent à quel point il est parfois difficile de parler ensemble. En wallonie existent différents patois, mais tous parlent une langue unie, de Mons à Liège et d'Arlon à Bruxelles : le français.
Quoiqu'il en soit, la séparation est imminente et la wallonnie ne pourra pas survivre seule. Quant à la flandre, se replier ainsi sur soi-même la conduira aussi à sa perte. Au printemps 2007, lors de sprochaines législatives, le VB et le CDNV nous feront connaître leurs prochaines exigences. Je ne pense pas que les gouvernants wallons auront assez de poigne pour ne pas, une fois encore, leur accorder tous leurs désiderata.

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MessagePublié: 10 Oct 2006, 14:59 
hocine_ben a écrit:
oui oui c'est juste, ce que je voulais dire par symbole du vivre ensemble concernait les wallons et les flamands. et je trouve dommage que cette volonté cesessionniste d'un autre age, trouve son principal justificatif dans l'introduction d'une nouvelle "ethnie" qui est venue compromettre un état qui me semblait stable. au lieu de contribuer à la grandeur de la societé qui les a accueilli, le musulmans ont contribué à son eclatement.


Ben Hocine, je ne sais pas ce que d'autres (Bedouin, SinGood, Mecreant etc) te diraient ou te diront là dessus, mais pour ma part je ne blâmerais certainement pas les musulmans pour celà!

Selon moi, la Belgique est un pays éminemment artificiel, qui n'a tenu jusqu'ici qu'au moyen de compromis et de rafistolages ineptes.

Je travaille avec des flamands et m'entends bien avec la plupart, mais je dois bien constater que nous ne partageons pas du tout la même sphère culturelle (eux plus tournés vers leur région puis vers le monde anglo-saxon, mes copains wallons plutôt vers la France).

Les discours politiciens n'ont certainement pas arrangé les choses, mais je crois que cela ne date pas d'hier - j'ai des lettres de mon arrière-grand-père, militaire de carrière, écrites à mon grand-père dans les années 40-50 qui prédisaient déjà à l'époque un éclatement imminent du pays.

Et honnêtement, j'en ai tellement "ras-le-bol" du communautaire - pseudos-problèmes à la con qui occultent la plupart du temps des choses plus importantes - que je suis tout-à-fait pour la scission du pays, histoire de repartir sur des bases plus saines. De plus, je comprends tout à fait que les flamands n'aient pas envie de continuer à se coltiner un boulet wallon qui ne fait aucun effort pour réagir face à ses malheurs (le vote de ce WE, concernant ma région, ne me donne aucun espoir de réveil à court terme... 40 à >60% de votes pour le PS, au pouvoir depuis des décennies, qui n'a fait que créer une jolie classe de moutons assistés... grrr!)


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MessagePublié: 10 Oct 2006, 15:05 
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Oui, Pistache, tu as raison. mais en cas de scission, la wallonnie pourra-t-elle encore vivre décemment avec les politiciens qui la gouvernent et le peu d'argent dans les caisses ? Vous, amis français, savez-vous les bêtises qu'ils ont faites,notamment avec le Grand Prix de Spa-Frazncorchamps, qui oblige la région a payer des amendes parce que l'on a refusé le GP à cause d'une loi anti-tabac votée plusieurs années avant les autres pays de l'UE ? Maintenant, y aura-t-il un GP en 2007 ? Parce que ce qu'il faut savoir, c'est qu'actuellement, on paie plus cher ces foutues amendes à Ecclestone que le coût réel de l'organisation du GP, sans en tirer bénéfice. Et en plus, ils doivent rénover le circuit. Où en est-on ? Cette année, en juin, ils se sont seulement demandé où ils en étaient alors que le GP devait avoir lieu en août !!!! Finalement, encore une passoire dans laquelle coule à flot l'argent du contribuable wallon.

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MessagePublié: 10 Oct 2006, 15:09 
Je vois que Bébé a pas mal expliqué la situation aussi, en gros... je voulais seulement préciser une chose par rapport à la situation économique "autrefois" et "maintenant": ce "maintenant" commence à dater et à durer... !

J'ai une petite trentaine d'années, je n'ai jamais entendu un autre discours que celui-là... Le dernier charbonnage Wallon a fermé il y a plus de 20 ans, il serait largement temps de faire son deuil de l'industrie du 19° siècle et de passer à autre chose. Des pays comme l'Irlande sont passé au premier rang économique en bien moins de temps et en venant de bien plus loin. Seulement, ça demanderait de sacrées réformes et le courage (politique entre autre, mais aussi de la part de la société) de les mener à bien. Il semble qu'on n'y soit pas prêt.


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MessagePublié: 10 Oct 2006, 15:16 
Bébé a écrit:
Oui, Pistache, tu as raison. mais en cas de scission, la wallonnie pourra-t-elle encore vivre décemment avec les politiciens qui la gouvernent et le peu d'argent dans les caisses ? (...)


Ben non. -> adieux société d'assistanat -> Misère -> potentiellement, réformes en profondeurs. Ca fera mal, mais c'est le seul moyen.

Quant aux politiciens wallons en dessous de tout, je suis bien d'accord avec toi. Problème: les gens continuent à voter pour ces ratés, parce qu'il a une bonne tête, ou qu'il a fait engager la cousine Christine, parce que papa et grand papa votait pour le parti, parce que c'est pour défendre les "acquis sociaux", parce que les autres sont fachisss'... S'ils réélisent des gus comme ce pochtron de Daerden (as-tu vu sa brillante prestation dimanche ? il y a 0dguKikz7Ec&NR, et il y avait une autre vidéo - encore pire - de son passage sur RTC télé Liège, mais apparemment elle a disparu!), et bien sorry, ils n'ont que ce qu'ils méritent. :evil:


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MessagePublié: 10 Oct 2006, 15:17 
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N'oublie pas Pistache, que les industries se sont facilement implantées en Flandre à cause de la topographie de ce plat pays. la wallonnie, comme son nom l'indique, est vallonnée, et cela ne facilite pas toujours les choses. Il faut voir aussi l'implantation des structures, les autoroutes, le chemin de fer. A ce sujet, tous les trains modernes et climatisés, c'est pour les flamands. De même à Bruxelles, nombre des postes de haut niveau sont promis aux flamands (pas pour des questions de compétences hein !) au détriment des francophones. N'oublions pas la propagande "les wallons sont paresseux, buveurs, fumeurs, en mauvaise santé, sédentaires et refusent de se déplacer pour le travail". Or, je n'ai pas le pourcentage en tête, mais les francophones navetteurs qui se rendent chaque matin à Bruxelles sont plus nombreux que leurs homologues flamands ! Si la wallonnie comporte plus de chômeurs, c'est
-un que les chiffres sont souvent truqués, on ne prend en compte que certains types de demandeurs d'emploi
- deux : il n'y a pas de travail ou très peu en walonnie, et les flamands accordent toujours la préférence aux leurs. Une politicienne flamande (je ne me souviens plus laquelle) a dit un jour qu'elle préférait engager un flammand unilingue qu'un francophone parfait bilingue ! On comprendra alors pourquoi les francophones, qui en ont la capacité intellectuelle (et toc pour monsieur leterme !) ne veulent pas apprendrele flamand.

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MessagePublié: 10 Oct 2006, 15:20 
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Pistache a écrit:
S'ils réélisent des gus comme ce pochtron de Daerden (as-tu vu sa brillante prestation dimanche ? il y a 0dguKikz7Ec&NR, et il y avait une autre vidéo - encore pire - de son passage sur RTC télé Liège, mais apparemment elle a disparu!), et bien sorry, ils n'ont que ce qu'ils méritent. :evil:


Daerden ? Il était encore dans l'état habituel ? Il a en tout cas bien réussi, pour lui, et pour son fiston. A quand la fin des cumuls ?

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MessagePublié: 10 Oct 2006, 15:20 
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merci les filles pour toutes ces precisions, j'avoue que generalement, je n'interviens pas sur les fils "Belgique" parceque je ne connais pas suffisamment le contexte. :oops: :wink:


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MessagePublié: 10 Oct 2006, 15:22 
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hocine_ben a écrit:
merci les filles pour toutes ces precisions, j'avoue que generalement, je n'interviens pas sur les fils "Belgique" parceque je ne connais pas suffisamment le contexte. :oops: :wink:


Normal. Moi, je ne connais pas le contexte en Corse, par exemple. Mais si tu as des questions, on est là pour y répondre.


PS : madame delcambre, vous qui avez le lion dans vos armoiries, connaissez-vous le bois de la Cambre ? C'est dans la région bruxelloise.

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MessagePublié: 10 Oct 2006, 15:41 
Bébé a écrit:
N'oublie pas Pistache, que les industries se sont facilement implantées en Flandre à cause de la topographie de ce plat pays. la wallonnie, comme son nom l'indique, est vallonnée, et cela ne facilite pas toujours les choses.


Désolée, bullshit - nous ne sommes pas en Suisse que je sache, et de par mon boulot je sais que a) il n'y a pas grand chose de réellement inimplantable chez nous b) on implante bien des infrastructures TRES lourdes dans des endroits TRES inappropriés - c'est en partie mon boulot que d'étudier cela! c) je ne crois pas que les investissements porteurs à l'heure actuelle soient nécessairement dans l'industrie lourde d)

Bébé a écrit:
Il faut voir aussi l'implantation des structures, les autoroutes, le chemin de fer. A ce sujet, tous les trains modernes et climatisés, c'est pour les flamands.


Partiellement vrai. Par contre, toutes les grèves du chemin de fer, c'est pour les Wallons! ;-)

Bébé a écrit:
De même à Bruxelles, nombre des postes de haut niveau sont promis aux flamands (pas pour des questions de compétences hein !) au détriment des francophones.


A nouveau, au moins partiellement vrai. Mais pourquoi?

- parce qu'ils sont, sinon plus bûcheurs, meilleurs polyglottes? En partie possible ?? En tout cas, c'est le cas de la plupart de mes connaissances (et du côté de Liège, c'est plutôt "oh mais c'est en anglais ce que tu me donnes à lire!!!" - et je ne parlerai pas de nos ministres wallons qui signent un contrat sans le comprendre - les pôvres, c'était écrit en anglais!)

- parce qu'il y a un lobbying de la part des flamands? Comme pour les investissements importants (SNCB aussi)? Certainement. Et alors, les francophones ne sont pas capables de faire de même??

Bébé a écrit:
N'oublions pas la propagande "les wallons sont paresseux, buveurs, fumeurs, en mauvaise santé, sédentaires et refusent de se déplacer pour le travail".


Pour "buveurs", "fumeurs", bof; "paresseux", je préfère ne pas me prononcer, mais pour "sédentaires et refusent de se déplacer pour le travail", vrai, vrai, vrai!!! Combien dans ma famille et dans mes connaissances pensent que nous sommes idiot - "pensez, travailler à 100 bornes de chez soi, c'est limite de l'esclavage! Et déménager?? Mais enfin, ça va pas la tête!??"

Bébé a écrit:
Or, je n'ai pas le pourcentage en tête, mais les francophones navetteurs qui se rendent chaque matin à Bruxelles sont plus nombreux que leurs homologues flamands !


Beh oui... peut-être parce que le boulot n'est pas si rare, en Flandre... Parce que pour vouloir se rendre à Bxls tous les matins, il y a une bonne raison (il se trouve que c'est ce que je fais!). Note: si je compte chez mes collègues flamands, la plupart de ceux qui ont quitté la boîte l'ont fait parce qu'ils ont trouvé quelque chose d'intéressant près de chez eux.

Bébé a écrit:
Si la wallonnie comporte plus de chômeurs, c'est
-un que les chiffres sont souvent truqués, on ne prend en compte que certains types de demandeurs d'emploi


Tu veux dire que les statistiques nationales seraient comptées différemment selon les régions?? Ca me parait énorme, mais si tu as des sources, ça m'intéresse. Note qu'en Wallolo, je peux te dire que le chiffre du chômage est lui aussi bien en dessous de la réalité!

Bébé a écrit:
- deux : il n'y a pas de travail ou très peu en walonnie,


Nous sommes d'accord, et c'est là qu'est le problème.

Bébé a écrit:
et les flamands accordent toujours la préférence aux leurs.


Et je trouve ça bien normal.

Bébé a écrit:
Une politicienne flamande (je ne me souviens plus laquelle) a dit un jour qu'elle préférait engager un flammand unilingue qu'un francophone parfait bilingue !


D'un point de vue efficacité, c'est sans doute idiot, mais si ce sont ses affinités à elle, ma foi...

Bébé a écrit:
On comprendra alors pourquoi les francophones, qui en ont la capacité intellectuelle (et toc pour monsieur leterme !) ne veulent pas apprendrele flamand.


Ton paragraphe semble impliquer que nous-autres pauvres petits francophones n'ayons d'autres possibilités que de mendier le boulot aux flamands... Fatalisme? "Y-a-pas de boulot chez nous et les méchants flamands veulent pas nous en donner"? Mais b...el, c'est bien ça le problème de la Wallonie, se poser en victime impuissante!!! Et c'est bien pour ça que je souhaite la scission: chacun chez soi, avec ses responsabilités!


Dernière édition par Pistache le 10 Oct 2006, 15:45, édité 1 fois au total.

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