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MessagePublié: 08 Juil 2005, 12:45 
INTERDITS ALIMENTAIRES

http://www.air-islam.com



Sont autorisés pour le musulman
- tous les types de poissons,
- tous les types de volailles, pigeons, perdrix, etc,
- les chèvre, mouton, veau, chameau, boeuf, buffle, et autres ruminants,
- les lapins et lièvres .

Les animaux ci-dessus (sauf le poisson) doivent être égorgés selon les règles islamiques, sinon leur viande n'est pas halal. Un poisson mort de mort naturelle ne doit pas être mangé (seuls les poissons vivants au moment de la pêche sont halal).


Ont été interdits par Allah (swt) et Son envoyé (pbsl)
- Tous les animaux carnivores (y compris les oiseaux carnivores). Exemples : lion, tigre, vautours, aigles, etc.

- Anes, singes, éléphants, etc.

- Tout animal mort naturellement, tué par un autre animal, mort à cause d'une chûte ou tué par un non-musulman.

- Tout animal sacrifié au nom d'un autre dieu ou déesse qu'Allah.

- Toutes les formes d'impuretés

- Drogues/Produits toxiques (alcool, tabac..)

- Les produits contenant des ingrédients haram, comme du poisson cuisiné au vin, des glaces ou gâteaux contenant du rhum, ou autre liqueur.

La contamination d'un produit halal par quelque chose de haram n'est pas acceptable.


Il n'y a de Puissance ni de Force qu'en Allah.
Wassalamou Alaikoum,
Abdurrachid.





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Dernière édition par Delcambre le 24 Juil 2005, 17:46, édité 1 fois au total.

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MessagePublié: 08 Juil 2005, 13:41 
http://www.islamophile.org.

Faut-il être un homme pour prononcer le sermon du vendredi ?
Le lundi 28 mars 2005.


Question

Vous avez sans doute suivi les dernières informations rapportées dans les médias au sujet de cette déclaration de Amînah Wadûd, selon qui elle s’apprêtait à diriger les fidèles dans la prière du vendredi. Nous souhaitons avoir plus d’éclaircissements sur cette question ?

Comment répondre à ceux qui s’appuient sur ce hadith du Messager de Dieu - paix et bénédiction sur lui - qui aurait demandé à Umm Waraqah de diriger la prière des gens de sa maisonnée ? Ce hadith est rapporté par Abû Dâwûd et Ad-Dâraqutnî et a été jugé bon par Sheikh Al-Albânî.

Que Dieu vous récompense.


Réponse du Comité Permanent du Conseil Américain des Juristes Musulmans

Le Conseil Américain des Juristes Musulmans a reçu une demande d’explications concernant la légitimité pour une femme de diriger la prière du vendredi et de prononcer le sermon de cette prière, et ce, à l’occasion des déclarations d’une femme, rapportées dernièrement, qui compte prononcer le sermon du vendredi et diriger la prière dans une mosquée de New York.

Condamnant vigoureusement cette position innovatrice et égarée, le Conseil réaffirme à la Communauté musulmane les vérités suivantes :


L’argument décisif et l’arbitre suprême sont le Coran et la Sunnah. Le Prophète dit en effet : « J’ai laissé parmi vous, si vous vous y tenez, ce qui vous empêchera à jamais de vous égarer après ma mort : le Livre de Dieu et ma Tradition ». De plus, le consensus sur la compréhension d’un texte donné constitue une preuve manifeste coupant court à toute tentative cherchant à en travestir le sens. Car Dieu a épargné la majorité de cette Communauté de l’égarement. Quiconque s’écarte de ce qui a fait le consensus des Musulmans à travers les siècles ouvre les portes de l’égarement, et suit une voie autre que celle des croyants. Or, Dieu dit dans le Coran : « Quiconque fait scission d’avec le Messager, après que le droit chemin lui est apparu et suit une voie autre que celle des croyants, alors Nous le laisserons comme il s’est détourné, et le brûlerons en Enfer. Et quelle mauvaise destination ! » [1] Le Prophète décrit par ailleurs la secte sauvée, d’entre toutes les autres sectes vouées à périr, comme étant « celle qui suivra ma Tradition et celle de mes Compagnons ».


Le consensus de la Communauté, en Orient et en Occident, s’est établi autour de l’impossibilité pour les femmes de prononcer le sermon ou de diriger la prière du vendredi. Toute prière accomplie dans ces conditions est invalide, aussi bien pour l’imam que pour le fidèle. À notre connaissance, tout au long des siècles consécutifs qui ont fait l’histoire musulmane, aucun ouvrage musulman n’a fait état de l’opinion d’un seul juriste, qu’il soit sunnite, shî`ite, hanafite, malékite, shâfi`ite ou hambalite, ayant permis à la femme de prononcer le sermon ou de diriger la prière du vendredi. Il s’agit donc d’une innovation à tous points de vue, condamnée par toutes les écoles juridiques suivies par les Musulmans, qu’elles soient sunnites ou non.


Il est nécessairement connu de la religion musulmane que, pendant la prière, les femmes doivent se tenir derrière les hommes, car les meilleures parmi les rangées des hommes sont les premières et les meilleures parmi les rangées des femmes sont les dernières. Muslim rapporte en effet dans son Sahîh d’après Abû Hurayrah - que Dieu l’agrée - que le Messager de Dieu dit : « Les meilleures parmi les rangées des hommes sont les premières et les pires sont les dernières ; les meilleures parmi les rangées des femmes sont les dernières et les pires sont les premières », et ce, afin de les préserver de la séduction et de barrer la voie aux prétextes de la tentation sous toutes ses formes. Comment leur serait-il dès lors permis de prendre place sur les chaires des mosquées et de s’avancer pour diriger les hommes dans des prières publiques ?


Il n’a jamais été question au cours de l’histoire musulmane qu’une seule femme ait entrepris une telle initiative ou l’ait revendiquée, ni au temps du Prophète, ni au temps des Califes Bien-Guidés, ni au temps des Successeurs, ni dans les époques postérieures. Ceci prouve de manière catégorique le caractère fourvoyé et innové de cette attitude et de ceux qui la défendent.


Si une telle chose était permise, les premières femmes à en être dignes auraient été les Mères des Croyants, parmi lesquelles il y avait des juristes érudites, et dont on tient une grande partie des enseignements de la religion. Il suffit simplement de mentionner l’exemple de l’oratrice, l’éloquente, la savante, l’érudite, la Véridique, fille du Véridique, la Mère des Croyants, `Â’ishah - que Dieu l’agrée. S’il y avait quelque bien dans cela, ils nous y auraient précédés, et nous auraient montré la voie à suivre. L’histoire musulmane a connu des femmes juristes, érudites, spécialistes du Hadith, et dignes de confiance. Les femmes ont honorablement participé à cet effort d’enseignement de la religion et ont été réputées pour leur véridicité et leur fidélité de restitution, ce qui poussa le Hâfidh Adh-Dhahabî à constater : « On ne connaît aucune femme ayant rapporté des hadiths mensongers ». Il ajoute également : « Je n’ai connaissance d’aucune femme dont la fidélité de restitution des hadiths ait été remise en question ou dont la narration ait été rejetée » [2].

Ainsi, parmi les maîtres du Hâfidh Ibn `Asâkir, on comptait plus de quatre-vingts femmes ! Idem pour l’Imâm Abû Muslim Al-Farâhîdî, le spécialiste du Hadith, qui fut à l’école de soixante-dix femmes. Au cours de l’histoire de cette Communauté, il y eut des femmes qui enseignèrent à des géants tels qu’Ash-Shâfi`î, Al-Bukhârî, Ibn Khallikân, Ibn Hayyân, et bien d’autres encore. Mais malgré tout, il n’est relaté au sujet d’aucune de ces femmes qu’elle a aspiré à prononcer le sermon ou à diriger la prière du vendredi, bien qu’elles surpassaient alors de nombreux hommes dans la connaissance de la religion et des enseignements du Prophète - paix et bénédictions sur lui.

L’histoire musulmane a connu la femme active dans tous les domaines : elle l’a connue en tant que savante, en tant que juriste, en tant que participante dans les adorations collectives, dans les opérations humanitaires, dans l’injonction au bien et la réprobation du mal. Mais elle ne l’a jamais connue en tant qu’imam dans une assemblée publique d’hommes.

Par conséquent, il est évident et nécessairement connu de la religion musulmane que la masculinité est une condition pour pouvoir prononcer le sermon du vendredi ou pour diriger les prières publiques en congrégation. Ceux qui polémiquent à ce sujet ont devant eux l’âge de Noé pour chercher dans les ouvrages du patrimoine et nous sortir quelque chose allant dans leur sens. C’est peine perdue d’avance, car ils ne pourront jamais répondre à cette requête.


Quant au hadith sur lequel ces gens s’appuient, relatant que le Prophète - paix et bénédiction sur lui - a permis à Umm Waraqah de diriger les gens de sa maisonnée, à supposer que ce hadith veuille bien être authentique, il n’a aucun rapport avec la question qui nous concerne. Car ce hadith parle d’un imamat particulier où la femme dirigerait la prière d’autres femmes, ou, selon les interprétations les plus larges et les plus dérogatoires, la prière de femmes et d’hommes de sa famille. Où a-t-on affaire ici au sermon du vendredi ou à la direction d’une prière publique ?

Le Conseil met en garde la Communauté contre la tentation de répondre favorablement à ces appels égarés et hérétiques, qui suivent une autre voie que celle des croyants. Le Conseil invite les Musulmans à se cramponner au Livre et à la Sunnah. Il leur rappelle que le savoir islamique fait partie intégrante de la religion et qu’ils doivent examiner de qui ils apprennent leur religion. Le Conseil rappelle également que dans les temps présents, celui qui s’attache à la religion est tel celui qui empoigne une braise ardente. Le Conseil demande enfin à Dieu de préserver cette Communauté des troubles, de la délivrer saine et sauve des crises qu’elle traverse et de la porter vers la plus belle destinée. Il en est le Garant et en est certes Capable.

Que Dieu nous guide dans la voie droite.

Et Dieu est le plus Savant.

Traduit de l’arabe du site Islamonline.net.
[1] Sourate 4, An-Nisâ’, Les Femmes, verset 115.

[2] Conférer Mîzân Al-I`tidâl, 4/604.



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MessagePublié: 08 Juil 2005, 13:51 
L'ADULTERE

http://www.islamophile

Question

Qu’est-ce que la fornication (zinâ) ? Est-ce qu’elle se caractérise par la pénétration ? Les attouchements sexuels — comme la masturbation — avec une tierce personne sont-ils considérés comme de la fornication ?


Reponse de Sheikh Sayyid Sâbiq

Toute relation sexuelle illicite entre un homme et une femme est sujette à une sanction sévère prévue par la Législation islamique. Les juristes sont unanimement d’avis que la fornication est caractérisée par la pénétration volontaire d’un pénis dans un vagin "interdit", en l’absence certaine d’une union maritale, et ce, même s’il n’y a pas d’éjaculation.

Les autres pratiques charnelles, telles que les préliminaires, qui n’aboutissent pas à une relation sexuelle, ne sont pas sanctionnées par une peine légale (hadd) comme c’est le cas pour la fornication. Cependant, le gouverneur ou le juge a le droit de sanctionner par une peine discrétionnaire (ta`zîr) ceux qui s’impliquent dans de tels actes illicites.

La preuve que ces actes ne sont pas sujets à la même peine que la fornication provient du hadith rapporté par Ibn Mas`ûd — que Dieu l’agrée — qui raconte qu’un homme se rendit auprès du Prophète — paix et bénédictions sur lui — et lui dit : "Ô Messager de Dieu, je me suis livré à des attouchements avec une femme dans les alentours de Médine. J’ai commis un péché, mais je ne suis pas allé jusqu’à la fonication. Je te prie d’émettre ton verdict me concernant." `Umar — que Dieu l’agrée — lui dit : "Dieu a couvert ta faute. Tu aurais dû en faire de même." Le Prophète — paix et bénédictions sur lui — ne lui donna aucune réponse. L’homme se leva alors et partit. Aussitôt, le Prophète — paix et bénédictions sur lui — envoya quelqu’un le quérir et il lui récita le verset : "Et accomplis la prière aux deux extrémités du jour et à certaines heures de la nuit. Les bonnes œuvres effacent les mauvaises. Cela est une exhortation pour ceux qui réfléchissent." [1] Suite à cela, le Prophète — paix et bénédictions sur lui — lui donna congé en lui disant : "Dieu t’a exempté de subir un châtiment corporel pour ton péché." Une personne présente à ce moment demanda au Prophète — paix et bénédictions sur lui — si cette clémence était réservée uniquement à cet individu. "Non, elle est donnée à tout le monde", dit le Prophète — paix et bénédictions sur lui — rassurant ainsi les croyants [2].

Cela ne signifie pas pour autant que ce genre de comportements, tels que s’embrasser, s’étreindre, se caresser, se câliner, etc. ne sont pas interdits, mais les conditions requises pour l’application de la sévère sanction de la fornication sont très strictes. Ces actes ne relèvent pas de la fornication majeure, mais tombent néanmoins dans la catégorie de la fornication mineure qui est aussi interdite. Bien évidemment, des couples peuvent s’adonner à ces activités sans s’exposer devant des témoins oculaires et ainsi éviter d’être punis ici-bas. Mais ils devront tout de même en répondre devant Dieu Tout-Puissant, Qui nous a mis en garde en des termes très explicites contre toute activité d’ordre sexuel en dehors du cadre du mariage.

Dans un hadith authentique rapporté par Ahmad, le Prophète — paix et bénédictions sur lui — dit : « Les yeux se rendent coupables de fornication, les mains se rendent coupables de fornication, les pieds se rendent coupables de fornication et les parties intimes se rendent coupables de fornication. » [3] Dans une variante de ce hadith, le Prophète dit, après avoir énuméré la fornication des yeux, des mains et des pieds : « Puis les parties intimes le confirment ou l’infirment. »

Traduit de l’anglais du site Islamonline.net.
[1] Sourate 11, Hûd, verset 114.

[2] Hadith rapporté par Muslim, At-Tirmidhî et Abû Dawûd.

[3] Musnad Ahmad, hadith n° 4258.



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MessagePublié: 08 Juil 2005, 14:03 
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La relation sexuelle entre époux
Le dimanche 9 mars 2003.

Question

Est-il permis à l’homme de se positionner derrière son épouse pour la pénétrer par-devant, c’est-à-dire par l’endroit du labour [1] ?


Réponse du Docteur Yûsuf `Abd Allâh Al-Qaradâwî

Louanges à Dieu et paix et bénédiction sur le Messager de Dieu.

Au sujet de la relation sensuelle, Dieu a révélé le verset suivant : « Vos épouses sont pour vous un champ de labour ; allez à votre champ comme vous le voulez et œuvrez pour vous-mêmes à l’avance. Craignez Dieu et sachez que vous le rencontrerez. Et fais gracieuses annonces aux croyants ! » [2]

La révélation de ce verset a un motif et une sagesse que l’érudit indien Walî Allâh Ad-Dahlawî a mentionnés : « Les Juifs étaient très stricts quant à la position de l’acte sexuel, et ce, bien qu’il n’y eût pas de directive divine à ce sujet. Les Auxiliaires (Ansâr) [3] et leurs alliés avaient adopté la coutume juive et se disaient : « Si l’homme se positionne derrière sa femme pour la pénétrer par-devant, alors l’enfant qui naîtra sera atteint de strabisme. » C’est alors que ce verset fut révélé : « allez à votre champ comme vous le voulez », autrement dit, « positionnez-vous par-devant ou par-derrière », du moment que la pénétration se fait dans le vagin qui est l’endroit du labour. Cela s’explique par le fait que la position de l’acte sexuel n’influe en rien sur les intérêts publics et communautaires. L’être humain est le plus à même de connaître ses intérêts propres en cette matière. La coutume juive n’était qu’un approfondissement de leur part et son abrogation était parfaitement recevable. »

Il n’est pas du ressort de la religion de déterminer à l’homme la position qu’il doit avoir lors de l’acte sexuel ni la manière dont cet acte doit se dérouler. Ce qui importe à la religion, c’est que l’époux craigne Dieu et sache qu’il est destiné à Le rencontrer un Jour : il doit donc s’abstenir de la pénétration anale, car il s’agit là d’un endroit sale et impur. En outre, la sodomie possède quelque ressemblance avec l’infâme pédérastie. La religion a donc le droit d’interdire cette pratique. C’est à ce sujet que le Prophète dit : « Ne pénétrez pas les femmes dans leur anus. » Le Prophète dit au sujet de celui qui pénètre sa femme dans son anus : « C’est la pédérastie mineure. » Une femme auxiliaire [3] demanda au Prophète ce qu’il en était de l’homme qui se positionne derrière sa femme pour la pénétrer par-devant. Il lui récita alors le verset : « Vos épouses sont pour vous un champ de labour ; allez à votre champ comme vous le voulez. », en précisant que cela devait se faire uniquement dans le vagin. Un jour, `Umar dit au Prophète : « Ô Messager de Dieu, je suis perdu ! » Il lui demanda : « Et qu’est-ce qui t’a perdu ? » `Umar répondit : « J’ai changé de destination hier soir » - signifiant par-là qu’il s’était positionné derrière son épouse pour la pénétrer par-devant. Le Prophète garda le silence et ne dit rien, jusqu’à la révélation du verset susmentionné. Il lui dit alors : « Positionne-toi par-devant ou par-derrière, mais fais attention à la période des règles. »

Et Dieu est le plus Savant.

Traduit de l’arabe du site Islamonline.net.

On pourra également consulter l’article suivant : « L’importance des relations conjugales ».

[1] L’endroit du labour est l’image coranique utilisée pour désigner l’endroit fertile qui recevra la semence de l’homme : il s’agit du vagin.

[2] Sourate 2 intitulée la Vache, Al-Baqarah, verset 223.

[3] Ce terme désigne les Musulmans médinois qui accueillirent le Prophète lors de l’Hégire.



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MessagePublié: 08 Juil 2005, 14:42 
http://www.islamophile.org


Serrer la main aux femmes
Le mardi 28 juin 2005.


Question

Chers savants, que la paix soit sur vous.

J’ai un problème qui doit sûrement concerner un grand nombre de gens. Il s’agit de la poignée de mains avec les femmes, notamment avec celles qui me sont étrangères, comme mes cousines, les épouses de mes oncles ou mes belles-sœurs. C’est un problème auquel sont confrontés beaucoup de musulmans pieux, notamment à certaines occasions comme un retour de voyage, un rétablissement après une maladie, un retour de pèlerinage ou toute autre occasion similaire, où les proches, la belle famille, les voisins, les collègues se rendent visite et se félicitent les uns les autres en se serrant la main.

Ma question est la suivante : Est-il prouvé dans le Noble Coran ou dans la Sunnah que le fait de serrer la main aux femmes est formellement interdit dans les relations sociales ou familiales, notamment lorsqu’on est confiant qu’il n’y a pas de risque de tentation ?


Réponse de Sheikh Yûsuf Al-Qaradâwî

Je ne cache pas à l’auteur de la question que le problème de la poignée de mains entre un homme et une femme est un problème complexe. Rendre un verdict islamique loin de l’extrémisme et du laxisme requiert un effort psychologique, intellectuel et scientifique, afin que le mufti puisse se libérer aussi bien de la pression des idées importées que de la pression des idées héritées, si celles-ci ne sont pas fondées sur des preuves tirées du Coran ou de la Sunnah, et afin qu’il puisse discuter et peser les différents arguments, dans le but d’aboutir à la conclusion la plus juste et la plus vraie de son point de vue de juriste. Le vecteur directeur de son étude doit être en effet l’Agrément de Dieu, non les passions des hommes.

Avant d’entrer dans les détails, j’aimerais exclure d’office deux cas de figure qui, à ma connaissance, ne font l’objet d’aucune divergence d’appréciation entre les juristes antérieurs.

Premièrement, il est interdit de serrer la main d’une femme si cet acte est accompagné de désir ou d’excitation sexuelle, d’un côté comme de l’autre, ou s’il y a un risque de tentation potentiellement évident. La raison en est que l’obstruction aux prétextes de la corruption (sadd adh-dharâ’i`) est une obligation, notamment lorsque se manifestent les signes avant-coureurs de cette corruption ou que se présentent les causes permettant sa réalisation. Ceci se trouve appuyé par ce qu’ont dit les juristes musulmans concernant le contact physique ou le tête-à-tête entre un homme et une de ses proches parentes (mahârim) avec qui tout mariage est définitivement interdit. Bien qu’un tel contact physique ou un tel tête-à-tête soit originellement permis, il devient interdit s’il y a lieu de craindre la mise en branle du désir [1], notamment lorsque la femme en question est par exemple pour l’homme, la fille de son épouse, la mère de son épouse, l’épouse de son père, sa sœur de lait, devant qui il peut parfois ne pas ressentir le même tabou qu’il ressentirait devant sa mère, sa fille, sa sœur, sa tante paternelle ou sa tante maternelle.

Deuxièmement, il est permis de serrer la main d’une vieille dame, sachant que celle-ci ne suscite plus de désir. Il en est de même pour la petite fille, qui ne suscite pas de désir elle non-plus. Les vieillards, ne ressentant plus de désir, sont autorisés à serrer la main d’une femme. Ces règles sont fondées sur des récits rapportant que Abû Bakr — que Dieu l’agrée — serrait la main des vieilles dames, et que `Abd Allâh Ibn Az-Zubayr loua les services d’une vieille dame qui s’occupait de lui alors qu’il était malade, qui le massait et qui lui épouillait les cheveux [2]. Ceci est d’ailleurs confirmé par le Coran, lorsqu’il parle des femmes ménopausées à qui il permet de s’alléger de certains vêtements, chose qu’il ne permet pas aux autres femmes : « Quant aux femmes ménopausées qui n’espèrent plus de mariage, nul grief contre elles si elles déposent leurs vêtements de sortie, sans cependant exhiber leurs atours. La chasteté est meilleure pour elles. Allâh est Audient et Omniscient. » [3] De même, font exception les hommes qui n’éprouvent aucun désir pour les femmes, et les enfants trop jeunes pour éprouver du désir, devant qui les croyantes ne sont pas tenues de cacher leurs atours : « ou aux domestiques mâles qui n’éprouvent pas de désir, ou aux enfants qui ignorent tout des parties cachées des femmes » [4].

Tout ce qui sort de ces deux cas de figure est matière à discussion et constitue un sujet d’étude nécessitant une fine analyse.

Certains considèrent que la femme est tenue de couvrir tout son corps, y compris le visage et les mains. Pour eux, le visage et les mains ne rentrent pas dans le cadre de l’exception énoncée par le verset : « et qu’elles ne montrent de leurs atours que ce qui en paraît » [3]. Cette exception désigne selon eux les vêtements externes ou les parties du corps de la femme qui se découvrent contre son gré, comme lorsqu’une rafale de vent soulève sa robe par exemple. Il n’est donc pas étonnant que les tenants de cet avis interdisent de serrer la main à une femme étrangère. Les mains devant être couvertes, il devient dès lors illicite pour un homme étranger de les regarder. Et si le fait de les regarder est illicite, alors, à plus forte raison, il est illicite de les toucher, car le contact physique - en l’absence duquel il ne saurait y avoir de poignée de mains - suscite davantage le désir que le regard.

Mais il est notoire que cette vision est minoritaire : la majorité des juristes musulmans, depuis les Compagnons et leurs Successeurs jusqu’aux juristes contemporains, sont d’avis que le visage et les mains rentrent dans le cadre de l’exception définie par "ce qui en paraît" [3]. Quelles sont donc les preuves avancées par ces juristes pour interdire de serrer la main, même en l’absence de désir ?

A vrai dire, j’ai recherché une preuve textuelle convaincante, mais je n’ai rien trouvé. L’argument le plus solide qui soit avancé est l’obstruction aux prétextes de la tentation, qui est sans aucun doute un argument acceptable lorsque le désir s’éveille ou que se manifestent les signes avant-coureurs de la séduction. Mais lorsqu’un tel risque est absent, comme très souvent, quelle peut être la raison de l’interdiction ?

Certains savants ont fondé leur verdict sur le fait que le Prophète — paix et bénédictions sur lui — s’abstint de serrer la main des femmes lorsqu’il reçut leur serment d’allégeance le jour de la conquête de La Mecque, ce célèbre serment ayant été évoqué dans la sourate Al-Mumtahanah. Mais il est établi que lorsque le Prophète s’abstient d’une chose, cela ne signifie pas nécessairement que cette chose est prohibée. Il pouvait s’en abstenir soit parce qu’elle était prohibée, soit parce qu’elle était détestable, soit parce qu’elle n’était pas l’option la plus préférable, soit tout simplement parce qu’il n’y était pas enclin, comme par exemple lorsqu’il s’abstint de manger de la viande de lézard malgré sa licéité. Ainsi, le simple fait que le Prophète se soit abstenu de serrer la main des femmes étrangères n’est pas une preuve de la prohibition de cet acte. Il faut trouver d’autres arguments à l’appui des tenants de la prohibition.

Quoiqu’il en soit, et de toute manière, il n’y a pas unanimité sur le fait que le Prophète — paix et bénédictions sur lui — se soit abstenu de serrer la main aux femmes pour prendre leur serment d’allégeance. Car Umm `Atiyyah Al-Ansâriyyah — qu’Allâh l’agrée — a rapporté un récit indiquant que le Prophète a serré la main des femmes pour prendre leur serment d’allégeance, contrairement au récit authentique de la Mère des Croyants `Â’ishah — qu’Allâh l’agrée — qui l’a nié et a juré que cela n’avait pas eu lieu.

Al-Bukhârî rapporte dans son Sahîh que `Â’ishah dit : "Le Messager d’Allâh — paix et bénédiction sur lui — éprouvait les croyantes qui émigraient vers lui avec ce verset : "Ô Prophète ! Quand les croyantes viennent te prêter serment d’allégeance et jurent qu’elles n’associeront rien à Dieu, qu’elles ne voleront pas, qu’elles ne se livreront pas à la fornication, qu’elles ne tueront pas leurs propres enfants, qu’elles ne commettront aucune infamie ni avec leurs mains ni avec leurs pieds, et qu’elles ne te désobéiront pas en ce qui est convenable, alors reçois leur serment d’allégeance, et implore de Dieu le Pardon pour elles. Dieu est certes, Pardonneur et Très Miséricordieux." [5]" `Â’ishah dit : "A celles, parmi les croyantes , qui souscrivaient à ces conditions, le Messager d’Allâh — paix et bénédictions sur lui — disait verbalement : "J’accepte ton allégeance". Par Dieu, la main du Messager d’Allâh — paix et bénédictions sur lui — n’a touché la main d’aucune femme pendant le serment d’allégeance. Il acceptait leur allégeance en disant simplement : "J’ai accepté ton allégeance"". [6] Commentant les propos de `Â’ishah, le Hâfidh Ibn Hajar écrit dans Fath Al-Bârî : "`Â’ishah a juré pour appuyer sa version des faits, comme si elle voulait réfuter par-là la version de Umm `Atiyyah. Car Ibn Hibbân, Al-Bazzâr, At-Tabarî et Ibn Mardawayh rapportent d’après Ismâ`îl Ibn `Abd Ar-Rahmân que sa grand-mère Umm `Atiyyah dit à propos du serment d’allégeance : « Le Messager d’Allâh - paix et bénédictions sur lui - tendit sa main de l’extérieur de la maison et nous tendîmes nos mains de l’intérieur de la maison, puis il dit : "Ô Dieu, sois Témoin" ». Dans le hadîth suivant [celui de `Â’ishah dans le Sahîh d’Al-Bukhârî], Umm `Atiyyah dit dans le même ordre d’idées : « Une femme retira sa main » [7], ce qui laisse sous-entendre que les femmes prêtaient serment d’allégeance avec la main. Au premier récit de Umm `Atiyyah, on peut répondre que tendre la main de derrière un rideau indique l’acceptation de l’allégeance, même s’il n’y a pas eu de poignée de mains. Au second récit, on peut répondre que le retrait de la main indique l’ajournement de l’allégeance, ou que le serment d’allégeance s’opérait au travers d’un écran empêchant le contact des mains. Abû Dâwûd rapporte en effet dans ses Marâsîl, d’après Ash-Sha`bî, que : « Lorsque le Messager d’Allâh - paix et bénédictions sur lui - prit l’allégeance des femmes, il apporta une cape qu’il posa sur sa main en disant : "Je ne sers pas la main des femmes" ». [...] D’autre part, dans ses Maghâzî, Ibn Ishâq rapporte le détail suivant : « Le Messager d’Allâh - paix et bénédictions sur lui - plongeait sa main dans un récipient rempli d’eau et la femme plongeait sa main avec lui dans ce récipient. » Mais il se peut aussi qu’il n’y a pas eu un seul serment d’allégeance, mais plusieurs". Cette dernière précision d’Ibn Hajar permet en effet de penser qu’à certaines occasions, le Prophète acceptait l’allégeance sans toucher la main d’aucune femme, que ce soit directement ou indirectement via un écran, comme l’a affirmé `Â’ishah, alors que dans d’autres occasions, il serrait la main des femmes via un écran empêchant tout contact physique, comme l’a rapporté Ash-Sha`bî. Mais il arrivait aussi parfois que l’allégeance soit conclue comme mentionné par Ibn Ishâq en plongeant la main dans un récipient ou encore par une poignée de mains directe comme le laisse sous-entendre le récit de Umm `Atiyyah.

Parmi les éléments plaidant en faveur de la diversité des occasions, il y a le fait que `Â’ishah parlait de l’acte d’allégeance des femmes émigrées après la trêve d’Al-Hudaybiyah, alors que Umm `Atiyyah parlait de ce qui semble être le serment d’allégeance des femmes croyantes de manière générale, et de femmes médinoises comme Umm `Atiyyah la narratrice du hadîth, en particulier. Ceci explique pourquoi Al-Bukhârî a classé le hadîth de `Â’ishah dans le chapitre intitulé « Quand les croyantes viennent à toi en émigrées », et le hadîth de Umm `Atiyyah dans le chapitre intitulé « Quand les croyantes viennent te prêter serment d’allégeance ».

En citant tout ce qui précède, l’objectif est de montrer que les arguments de ceux qui soutiennent la prohibition de la poignée de mains avec une femme étrangère, sont des arguments qui ne font pas l’unanimité, contrairement à ce que pourraient croire ceux qui ne remontent pas aux sources originelles. Il existe une réelle divergence sur la question, comme nous venons de le voir. Certains savants musulmans contemporains justifient l’interdiction de serrer la main à une femme étrangère en invoquant le hadîth rapporté par At-Tabaranî et Al-Bayhaqî d’après Ma`qil Ibn Yasâr, selon qui le Messager d’Allâh — paix et bénédictions sur lui — dit : « Mieux vaut pour l’un d’entre vous de se voir planter une aiguille en fer dans la tête que de toucher une femme qui lui est interdite. » Al-Mundhirî dit dans son Targhîb concernant l’authenticité de ce hadith : "Les narrateurs cités par At-Tabarânî sont des hommes de confiance et figurent parmi les narrateurs cités par Al-Bukhârî".

L’invocation de ce hadith appelle les remarques suivantes :


Les Imâms du Hadîth n’ont pas affirmé explicitement l’authenticité de ce hadîth. Des gens comme Al-Mundhirî ou Al-Haythamî se sont contenté de dire que les narrateurs du hadith sont dignes de confiance ou qu’ils figurent parmi les narrateurs cités par Al-Bukhârî. Mais cela n’est pas suffisant en soi pour établir l’authenticité du hadîth parce qu’il se peut très bien qu’il y ait une interruption dans la chaîne des narrateurs ou qu’il y ait une défaillance plus subtile qui le rend caduc. C’est pourquoi aucun des plus célèbres recueils de traditions prophétiques n’en a fait mention. Et c’est pourquoi également aucun des juristes antérieurs n’a fondé son verdict d’interdiction de serrer la main à une femme étrangère sur l’autorité de ce hadîth.


Les juristes hanafites et certains juristes malékites ont stipulé que la prohibition de cet acte ne peut être établie à moins qu’il existe une preuve catégorique et indubitable, telle qu’un énoncé coranique, un hadith transmis de manière concordante (mutawâtir) ou un hadith notoire (mashhûr). Quant aux hadiths dont l’authenticité est suspecte, ce que l’on peut en déduire tout au plus, c’est le caractère détestable de la chose. L’information qu’on en tire est ainsi semblable à celle des hadiths authentiques transmis par un très petit nombre de narrateurs. Si tel est le statut réservé à des hadiths authentiques, comment en serait-il autrement pour des hadiths dont l’authenticité est discutable ?


Mais admettons que le hadîth sus-mentionné soit authentique, et que l’on peut se fonder dessus pour établir la prohibition de la poignée de main avec une femme étrangère, alors il me semble dans ce cas que le lien entre la signification du hadîth et le verdict qui en est tiré, n’est pas très clair. En effet, l’expression « toucher une femme qui lui est illicite » ne désigne pas le simple contact physique, dépourvu de désir, comme lors d’une poignée de main ordinaire. Le mot "toucher" a deux acceptions lorsqu’il est employé dans le Coran ou la Sunnah :


Il peut désigner le rapport sexuel, comme cela est rapporté dans le commentaire d’Ibn `Abbâs de la formule coranique : « ou si vous avez touché les femmes » [8]. Ibn `Abbâs dit en effet : ""Toucher une femme" dans le Coran signifie avoir un rapport sexuel avec elle". L’examen des versets coraniques où figurent cette expression confirme manifestement cette interprétation : « Elle dit : "Seigneur ! Comment aurais-je un enfant, alors qu’aucun homme ne m’a touchée ?" » [9] ; « Et si vous divorcez d’avec elles sans les avoir touchées » [10]. La Sunnah rapport par ailleurs que le Prophète - paix et bénédictions sur lui - approchait ses épouses sans les toucher.


Il peut désigner les préliminaires de l’acte sexuel comme les baisers, les étreintes, les caresses, etc. C’est l’interprétation formulée par certains de nos pieux prédécesseurs.
Al-Hakîm écrit dans Al-Mustadrak `alâ As-Sahîhayn, dans le Livre de l’Hygiène : "Al-Bukhârî et Muslim ont tous deux relaté dans leurs deux Sahîh des hadîths indiquant que le toucher désigner les préliminaires de l’acte sexuel. Parmi ces hadîths, citons :



Le hadîth rapporté par Abû Hurayrah : « La fornication de la main, c’est le toucher. »

Le hadîth rapporté par Ibn `Abbâs : « Tu l’as peut-être seulement touchée ? »

Le hadîth rapporté par Ibn Mas`ûd concernant le verset « Et accomplis la prière aux deux extrémités du jour » [11]". Al-Hâkim fait allusion ici au hadith rapporté par Al-Bukhârî et Muslim, d’après Ibn Mas`ûd : "Un homme vint trouver le Messager d’Allâh — paix et bénédictions sur lui — et lui dit qu’il avait obtenu les faveurs d’une femme, en l’ayant embrassé, en l’ayant touchée de la main ou en ayant fait quelque chose de cet ordre. L’homme semblait s’enquérir de la manière dont il devait expier son péché. Allâh — Exalté soit-Il — révéla alors le verset : « Et accomplis la prière aux deux extrémités du jour et à certaines heures de la nuit. Les bonnes actions effacent les mauvaises. »" [12]

Al-Hâkim poursuit : "Il existe également d’autres hadiths authentiques, non rapportés par Al-Bukhârî et Muslim". Il cite les suivants :



`Â’ishah raconte : « Rares étaient les jours où le Messager d’Allâh — paix et bénédictions sur lui — ne rendait pas visite à chacune d’entre nous [13]. Alors il nous embrassait et nous touchait, sans aller toutefois jusqu’au coït, puis lorsqu’il arrivait dans la maison de celle dont c’était le tour d’accueillir le Prophète, il restait chez elle. »

`Abd Allâh Ibn Mas`ûd dit : "« Ou si vous avez touché les femmes » désigne les préliminaires de l’acte sexuel, après lesquels il faut refaire ses ablutions mineures".

`Umar — qu’Allâh l’agrée — dit « Les baisers relèvent du toucher. Refaites dont les ablutions mineures après un baiser. » [14]


C’est cette dernière opinion qui a été adoptée par les Malékites et retenue par les Hambalites. Ainsi, pour eux, le contact d’une femme qui annule les ablutions est celui qui s’accompagne de désir sexuel. C’est ainsi qu’ils ont interprété la Parole divine : « ou si vous avez touché les femmes » [8].

C’est pourquoi le Sheikh de l’Islam Ibn Taymiyah a jugé bancale l’opinion de ceux qui ont interprété le terme "toucher" mentionné dans le verset coranique précédent comme étant le simple contact physique dépourvu de désir. À ce propos, il explique :

« Conditionner l’annulation des ablutions par le simple contact physique est contraire aux principes directeurs de la Législation islamique, au consensus des Compagnons et aux traditions authentiques rapportées à cet égard. D’ailleurs, les tenants de cette opinion ne sont en mesure de produire aucun texte ni aucune déduction par analogie pour étayer leurs vues.

Ainsi, si l’on dit, comme l’a fait entre autres Ibn `Umar, que le "toucher" dont il est question dans le verset « ou si vous avez touché les femmes » [8], désigne le contact de la main, le baiser ou tout acte similaire, alors il est de notoriété publique que lorsque le toucher est mentionné dans le Coran et la Sunnah, cela désigne le contact accompagné de désir, comme dans le verset traitant de la retraite spirituelle : « Et ne les touchez pas [vos épouses], pendant que vous êtes en retraite spirituelle dans les mosquées » [15]. En effet, il n’est pas interdit à l’homme retiré dans la mosquée pour la dévotion et l’adoration de toucher sa femme, en l’absence de désir. En revanche, il lui est interdit de la toucher si cet acte est accompagné de désir.

Il en est de même lorsque Dieu dit : « Ô vous qui croyez ! Quand vous épousez les croyantes et qu’ensuite vous divorcez avec elles avant de les avoir touchées, vous ne pouvez leur imposer un délai de viduité » [16] ; « Nul grief contre vous si vous divorcez avec des femmes que vous n’avez point touchées » [17]. Ainsi, si un mari touche sa femme sans désir, alors, en cas de divorce, le délai de viduité n’est pas requis, le paiement de la dot n’est pas exigible, et les liens de la belle-alliance ne sont pas consacrés, comme l’affirme le consensus des savants. Ceux qui prétendent que, dans le verset « ou si vous avez touché les femmes » [8], le toucher désigne le simple contact dépourvu de désir, contreviennent à la sémantique du Coran, et plus généralement, à la sémantique du commun des mortels. En effet, lorsqu’on parle de l’acte de "toucher" entre un homme et une femme, on signifie par-là un contact physique accompagné de désir. De même, lorsqu’on emploie l’expression arabe "fouler une femme", cela signifie qu’on a un rapport sexuel avec elle et non pas qu’on lui marche dessus. » [18]

Ibn Taymiyah dit par ailleurs dans un autre contexte : « Les Compagnons divergèrent entre eux à propos du verset « ou si vous avez touché les femmes » [8]. Certains, parmi lesquels figure Ibn `Abbâs, soutenaient que l’acte de toucher une femme désigne ici l’acte sexuel. Ils disaient : "Allâh est Pudique et Généreux. Il use des métaphores qu’Il veut pour signifier ce qu’Il veut." Cette opinion est la plus juste.

Les Arabes et les arabisés divergèrent également quant à la signification du mot "toucher" : ce terme désigne-t-il l’acte sexuel ou bien ses préliminaires ? Les Arabes répondaient "l’acte sexuel", tandis que les arabisés répondaient "les préliminaires". Ils demandèrent alors l’arbitrage d’Ibn `Abbâs. Celui-ci donna raison aux Arabes, et récusa l’avis des arabisés. » [19]

A travers tous ces développements, le but est de montrer que lorsque le mot "toucher" est employé pour désigner ce qu’un homme fait à une femme, cela ne renvoie pas au simple contact physique mais aux relations sexuelles, ou tout du moins aux actes préliminaires qui les précèdent comme les baisers, les étreintes et autres contacts de cet ordre qui sont accompagnés de désir et de jouissance.

Par ailleurs, si nous examinons les hadiths authentiques rapportés d’après le Messager d’Allâh — paix et bénédictions sur lui —, nous découvrons que le simple contact des mains entre un homme et une femme, sans désir et sans crainte de séduction, n’est pas interdit en soi. Bien au contraire, le Prophète lui-même a eu de tels contacts, et, sauf exception, ses actes sont pour nous un exemple et une source de législation. Allâh — Exalté soit-Il — dit en effet : « En effet, vous avez dans le Messager d’Allâh un excellent modèle à suivre » [20]. Al-Bukhârî rapporte dans son Sahîh, dans le Livre de la Bienséance, d’après Anas Ibn Mâlik — qu’Allâh l’agrée — que : « Toute servante de Médine pouvait prendre la main du Messager d’Allâh — paix et bénédictions sur lui — et l’emmener où elle voulait ». » Dans une variante de ce récit, l’Imâm Ahmad rapporte d’après Anas également que : « Toute servante de Médine pouvait prendre le Messager d’Allâh — paix et bénédictions sur lui — par la main ; il ne retirait point sa main jusqu’à ce qu’elle l’ait emmené où elle voulait. » Ce récit est également rapporté par Ibn Mâjah.

Le Hâfidh Ibn Hajar dit dans Fath Al-Bârî : « Ce que l’on entend par l’expression « prendre par la main », c’est sa conséquence logique, à savoir la douceur et la docilité affichées par le Prophète. Cette narration dénote de la grande modestie du Messager, et ce, à plusieurs égards : d’abord, elle fait mention de la femme plutôt que de l’homme, puis elle fait mention de servantes plutôt que des femmes libres, ensuite, elle emploie l’expression "toute servante" pour indiquer que cela concerne n’importe quelle servante, et enfin, l’expression "où elle voulait" indique que le Prophète pouvait aller avec elle en n’importe quel endroit. L’expression "prendre par la main" indique que la servante avait carte blanche pour emmener le Prophète là où elle désirait. Même si elle devait faire sa course à l’extérieur de Médine, dès qu’elle lui demandait son aide pour faire cette course, celui-ci ne s’y refusait pas. Cela démontre sa grande modestie, et son innocence du moindre signe de fatuité. » [21] Dans l’ensemble, il n’y a rien à redire aux propos du Hâfidh - que Dieu lui fasse miséricorde -, si ce n’est son interprétation de l’expression « prendre par la main ». Il écarte en effet l’interprétation littérale de cette expression au profit d’une interprétation métonymique, dans le sens où l’expression exprimerait sa conséquence logique, à savoir la douceur et la docilité du Prophète. Mais cette mise à l’écart de l’interprétation littérale est discutable, car le sens voulu pour cette expression est aussi bien son sens littéral que son sens métonymique. Originellement, tout dicours doit être compris selon son sens premier et littéral, sauf s’il existe une preuve ou un contexte particulier qui permettent d’écarter le sens littéral. Dans le cas qui nous concerne ici, je ne vois pas ce qui permettrait d’écarter ce sens littéral. Bien au contraire, la variante de ce hadith rapportée par l’Imâm Ahmad, selon laquelle « il ne retirait point sa main jusqu’à ce qu’elle l’ait emmené où elle voulait » démontre clairement que c’est le sens premier et littéral qui est visé. Il est donc abusif de vouloir contorsionner ce sens ou s’en écarter.

Plus explicite encore est ce récit rapporté dans les deux Sahihs d’après Anas Ibn Mâlik — qu’Allâh l’agrée — qui raconte : "Le Prophète — paix et bénédictions sur lui — passa un jour à l’heure de la sieste chez ma tante maternelle, Umm Hirâm Bint Milhân, qui était l’épouse de `Ubâdah Ibn As-Sâmit. Il s’endormit alors chez elle, la tête posée dans son giron, pendant qu’elle lui épouillait les cheveux. [...]".

Le Sheikh de l’Islam Ibn Hajar a récapitulé les leçons à retenir de ce hadîth : "Selon ce récit, l’invité est autorisé à faire la sieste chez ses hôtes à condition qu’il en ait reçu la permission et qu’il n’y ait aucun risque de tentation. Selon ce hadîth également la maîtresse des lieux est autorisée à servir l’invité étranger en lui offrant le repas, et en veillant à ce qu’il soit bien installé, etc. [...] En outre, elle est autorisée à lui épouiller les cheveux. Ce point a posé problème à certains. Ibn `Abd Al-Barr dit à ce sujet : « Je pense que Umm Hirâm, ou sa sœur Umm Sulaym, avait allaité le Messager d’Allâh — paix et bénédiction sur lui. Chacun d’elles était donc devenue soit sa mère soit sa tante de lait, ce qui explique pourquoi il dormait chez elle et pourquoi elle le traitait comme l’un de ses proches parents avec qui tout mariage est à jamais interdit. » Ibn `Abd Al-Barr a également rapporté des narrations indiquant que Umm Hirâm était une proche parente du Prophète, avec qui tout mariage est à jamais interdit, et ce du côté de ses tantes maternelles. La mère de `Abd Al-Muttalib, le grand-père du Prophète, était en effet de la tribu des Banû An-Najjâr.

[...]

D’autres affirment : "Le Prophète — paix et bénédictions sur lui — était infaillible. Il pouvait contrôler ses pulsions vis-à-vis de ses épouses. Comment en serait-il alors autrement vis-à-vis de femmes étrangères, lui qui était immunisé contre toute action laide et contre toute parole obscène ? Il s’agit donc là d’une spécificité réservée au Prophète [22].

[...]

Le Juge `Iyâd a répondu que les spécificités du Prophète ne se fondent pas sur des interprétations probabilistes. L’infaillibilité est certes indiscutable mais la règle originelle est qu’il n’y a pas de lois spécificiques pour le Prophète et qu’il est donc permis d’imiter ses actions, à moins qu’il existe une preuve du caractère spécifique de telle ou telle action.

Le Hâfidh Ad-Dumyâtî a surenchéri dans la réplique à ceux qui affirment la proche parenté de sang ou de lait qui existe entre le Prophète et Umm Hirâm. Il écrit : "Tous ceux qui prétendent que Umm Hirâm était une tante du Prophète — paix et bénédictions sur lui —, que ce soit par les liens du sang ou par les liens du lait, se fourvoient. Car les aïeules et les nourrices du Prophète sont bien connues. Aucune d’entre elles n’était médinoise, exceptée la mère de `Abd Al-Muttalib, grand-père du Prophète, qui s’appelait Salmâ Bint `Amr Ibn Zayd Ibn Labîd Ibn Khirâsh Ibn `Âmir Ibn Ghunm Ibn `Adî Ibn An-Najjâr. Umm Hirâm était quant elle la fille de Milhân Ibn Khâlid Ibn Zayd Ibn Jundub Ibn `Âmir Ibn Ghunm Ibn `Adî Ibn An-Najjâr. Les ascendances respectives de Umm Hirâm et de Salmâ se rejoignent donc au niveau de `Âmir Ibn Ghunm, leur premier aïeul commun. Ce n’est donc que par extension que l’on peut considérer Umm Hirâm comme la tante du Prophète, mais ce lien ne les rend aucunement interdits en mariage l’un à l’autre. On retrouve une telle extension de ce lien de parenté dans une parole du Prophète concernant Sa`d Ibn Abî Waqqâs : "Voici mon oncle". Sa`d était en effet issu des Banû Zuhrah, une tribu ayant des liens de parenté avec Âminah, la mère du Prophète. Néanmoins, Sa` d n’était le frère de Âminah ni par le sang ni par le lait". Le Hâfidh Ad-Dumyâtî ajoute : "Ceci d’une part. D’autre part, le Sahîh rapporte que le Prophète — paix et bénédictions sur lui — n’entrait chez aucune femme autre que ses épouses, à l’exception de Umm Sulaym. Lorsqu’on lui en fit la remarque, il expliqua : « J’éprouve de la compassion pour elle, car son frère a été tué alors qu’il était avec moi. » Le Prophète faisait allusion à Hirâm Ibn Milhân qui avait été tué à Bi’r Ma`ûnah"."

Si ce hadîth fait état d’un exception pour Umm Sulaym, alors cette exception concerne également Umm Hirâm, dont il est question ici car, comme le rappelle Ibn Hajar, "elles étaient sœurs et habitaient dans la même maison, même si chacune d’elles avaient ses propres appartements dans cette maison. Hirâm Ibn Milhân étant leur frère à toutes les deux, le motif par lequel le Prophète a justifié pourquoi il se rendait chez Umm Sulaym est valable pour les deux.

[...] De plus, Umm Sulaym était la mère de Anas Ibn Mâlik, le serviteur du Prophète — paix et bénédictions sur lui —, et la coutume voulait que le maître fréquente ses domestiques et leurs familles et les traite comme sa famille et non comme des étrangers.

Ad-Dumyâtî ajoute : « Rien dans le hadîth n’indique que le Prophète — paix et bénédictions sur lui — était seul à seul avec Umm Hirâm, car il se pourrait fort bien que la scène se soit déroulée en présence d’un fils, d’un domestique ou d’un mari. »

Je dirai que cela est fort probable, mais ne résoud pas réellement le problème, car il demeure que le Prophète s’est fait épouiller les cheveux par Umm Hirâm et a dormi la tête posée dans son giron. La meilleure réponse qu’on peut apporter est qu’il s’agit là d’une spécificité du Prophète. Cette réponse n’est pas empêchée par le fait que les spécificités ne peuvent être établies que sur preuve, car, précisément, la preuve est ici évidente." [23]

Pour ma part, j’ignore où se trouve cette preuve, qu’elle soit évidente ou non. Ce que je conclus des récits mentionnés ci-dessus, c’est que le simple contact n’est pas illicite. Ainsi, s’il existe des raisons justifiant la mixité telle celle qu’il y avait entre le Prophète — paix et bénédictions sur lui — et Umm Hirâm et Umm Sulaym et s’il n’y a pas lieu de craindre la tentation, alors il n’y a pas de mal à se serrer la main lorsque le besoin se présente. C’est par exemple le cas lors d’un retour de voyage, ou quand un homme rend visite à une de ses parentes non interdites en mariage (comme sa cousine ou l’épouse de son oncle) ou lorsqu’il en reçoit la visite, en particulier lorsqu’ils ne se sont pas vu depuis longtemps.

En conclusion de cet exposé, je voudrais souligner deux choses :

Premièrement, la poignée de mains entre un homme et une femme étrangers l’un à l’autre n’est permise que s’il n’y a pas de désir ni de crainte de séduction. S’il y a lieu de craindre la tentation d’un côté comme de l’autre, si le désir ou quelque plaisir d’ordre sexuel accompagnent l’acte, alors la poignée de mains est sans aucun doute illicite. Plus généralement, si l’une de ces deux conditions, que sont l’absence de désir et l’absence du risque de séduction, venait à manquer entre un homme et une de ses proches parentes définitivement interdites en mariage, comme sa tante maternelle, sa tante paternelle, sa sœur de lait, la fille de son épouse, l’épouse de son père ou la mère de son épouse, alors la poignée de mains devient illicite. Plus généralement encore, si ces deux conditions venaient à manquer entre un homme et un jeune adolescent, alors la poignée de mains devient illicite également. Dans certains milieux et pour certaines personnes, serrer la main à un jeune adolescent est en effet encore plus dangereux que serrer la main à une femme.

Deuxièmement, la poignée de mains doit se limiter au strict nécessaire comme dans la situation décrite dans la question initiale. C’est le cas notamment des proches et des alliés qui sont des gens que l’on fréquente souvent et avec qui on a des liens forts. Il est préférable de ne pas accorder une poignée de main à n’importe qui, par obstruction aux prétextes de la tentation, pour s’écarter de toute situation douteuse, pour emprunter la voie la plus précautionneuse, et pour prendre exemple sur le Prophète — paix et bénédictions sur lui — dans la mesure où il n’y a aucune preuve explicite stipulant qu’il ait serré la main à une femme étangère. Il est par ailleurs préférable pour le musulman pratiquant et la musulmane pratiquante de ne pas tendre la main en premier. Mais si on lui tend la main, qu’il ou elle la tende alors.

Nous avons émis ce verdict afin que ceux qui en ont besoin en usent sans avoir le sentiment d’avoir trahi leur religion, et sans qu’ils ne fassent l’objet de réprobation de la part de ceux qui les verraient agir ainsi. Car cette question admet l’ijtihâd.

Et Dieu est le plus Savant.

Traduit de l’anglais et de l’arabe du site Islamonline.net.
[1] Conférer la référence hanafite, Al-Ikhtiyâr fî Ta`lîl Al-Mukhtâr, volume 4, page 155.

[2] Ibid, pages 155-156.

[3] Sourate 24, An-Nûr, La Lumière, verset 60.

[4] Sourate 24, An-Nûr, La Lumière, verset 31.

[5] Sourate 60, Al-Mumtahanah, L’Éprouvée, verset 12.

[6] Hadith rapporté par Al-Bukhârî dans son Sahîh, Livre de l’Exégèse, chapitre intitulé « Quand les croyantes viennent à toi en émigrées ».

[7] Hadith rapporté par Al-Bukhârî dans son Sahîh, Livre de l’Exégèse, chapitre intitulé « Quand les croyantes viennent te prêter serment d’allégeance ».

[8] Sourate 5, Al-Mâ’idah, La Table servie, verset 6.

[9] Sourate 3, Âl `Imrân, La Famille d’Amram, verset 47.

[10] Sourate 2, Al-Baqarah, La Génisse, verset 237.

[11] Sourate 11, Hûd, verset 114.

[12] Hadith rapporté par Muslim dans le Livre de la Pénitence, n°40.

[13] `Â’ishah parle des épouses du Prophète.

[14] Conférer Al-Mustadrak, volume 1, page 135.

[15] Sourate 2, La Génisse, Al-Baqarah, verset 187.

[16] Sourate 33, Al-Ahzâb, Les Coalisés, verset 49.

[17] Sourate 2, Al-Baqarah, La Génisse, verset 236.

[18] Majmû` Fatâwâ Shaykh Al-Islâm Ibn Taymiyah, volume 21, pages 223 et 224.

[19] Ibid.

[20] Sourate 33, Al-Ahzâb, Les Coalisés, verset 21.

[21] Fath Al-Bârî, volume 13.

[22] Les spécificités du Prophète désignent les choses que le commun des musulmans n’est pas autorisé à imiter car faisant l’objet de lois spécifiques pour le Prophète, comme l’autorisation de conserver sous son toit l’ensemble de ses épouses après la révélation du verset limitant la polygamie à quatre épouses au maximum.

[23] Fath Al-Bârî, vol. 13, pp 230-231.



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MessagePublié: 08 Juil 2005, 15:34 
La philosophie du mariage en Islam
Le mercredi 5 février 2003.

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Question

J’ai remarqué que les jeunes gens ont tendance à s’abstenir du mariage. Ce phénomène est dû à plusieurs facteurs : soit on les intimide en insistant sur les responsabilités maritales, soit on jette le doute sur l’institution du mariage, soit... Y-a-t-il un moyen de réfuter ces allégations ?


Réponse de Sheikh Yûsuf Al-Qaradâwî

L’Islam agit en tant que pilier de la structure sociale d’une nation. En cela il cherche à fortifier l’individu vertueux, ainsi qu’à construire un foyer sain, facteur principal et essentiel au fondement d’une bonne société. Le mariage - unissant un homme et une femme par les liens sacrés - n’a jamais été remis en question dans la mesure où il est le point de départ de la famille. Il n’est pas envisageable qu’une famille convenable puisse jamais exister en dehors du mariage, tel qu’Allah, Exalté soit-Il, nous l’a ordonné.

Les idées perverties qui s’opposent à l’institution du mariage sont décrites ci-dessous.

A travers l’histoire, l’humanité a vu naître un certain nombre d’idées et de tendances en opposition avec l’idée du mariage. C’est en Perse (Iran actuel), avant la naissance de l’Islam, que la philosophie de Mani est apparue. Elle soutenait que le monde était envahi par le mal et qu’afin de l’anéantir au plus vite, il fallait, entre autres, interdire le mariage.

Sous la bannière du Christianisme s’est développé un monachisme extrême dénonçant la vie, invitant à la réclusion dans les monastères et interdisant le mariage, sous prétexte que les femmes étaient la tentation et le diable incarné. Le simple fait de s’en approcher constituait un péché et donc corrompait l’âme et excluait le pécheur du Paradis.

Dans les temps modernes, de pessimistes occidentaux ont complètement condamné la femme, la comparant à un serpent au doux toucher mais au venin mortel. Ils ajoutent que le mariage est l’occasion rêvée pour la femme de manipuler l’homme en le faisant crouler sous les responsabilités. Pourquoi l’homme de son plein gré chercherait-il donc à s’enchaîner alors qu’il est né libre ?

Malheureusement, certains jeunes d’aujourd’hui ont été dupés par ces idées perverties et ont par conséquent décidé de se tenir à l’écart du mariage, source de responsabilités, d’obligations et de restrictions sans fin. Ils souhaitent vivre leurs vies entières comme s’ils étaient des enfants sans responsabilités à endosser. S’ils se laissent aller à leur désir ou à l’appel de leurs instincts, ils se laisseront davantage satisfaire par l’adultère illicite que par le mariage licite.

Les objectifs du mariage dans l’Islam sont décrits ci-dessous.


D’après les lois et les normes divines, nul ne peut accomplir, seul, aucun de ses devoirs. Allah a fait en sorte que toute chose ait besoin de son complémentaire. Dans le domaine de l’électricité, les pôles positif et négatif doivent être mis en relation pour produire un courant électrique, puis ensuite générer la lumière, la chaleur, le mouvement, etc. De la même manière, les électrons et les protons doivent être en contact à l’intérieur de l’atome. Quant aux plantes, les graines de pollen porteuses des gamètes mâles fertilisent le pistil de la fleur pour créer davantage de plantes, de fruits et de graines. Les animaux mâles et femelles doivent également être en contact pour se reproduire. Le Noble Coran souligne cette loi universelle dans les deux versets suivants : « Et de toute chose Nous avons créé deux éléments de couple. Peut-être vous rappellerez-vous ? » [1] ; « Louange à Celui qui a créé d’eux-mêmes tous les couples de ce que la terre fait pousser, et de ce qu’ils ne savent pas. » [2]

D’après cette loi, Allah - Exalté soit-Il - a uni l’homme et la femme dans une sublime tradition propre aux êtres humains, à savoir le mariage.

Allah - Exalté soit-Il - a placé en l’homme son besoin de la femme et en la femme son besoin de l’homme. L’un et l’autre sont guidés par un besoin bien plus exigent que la faim ou la soif. L’un et l’autre ressentent un vide dans leur vie que seule leur union selon les lois divines (le mariage) peut combler. La confusion laisse alors place à la stabilité et l’anxiété à l’assurance. L’homme et la femme trouvent, l’un dans l’autre, la sérénité, l’amour et la bonté qui illuminent leur vie et enrichissent leur âme. Allah met en évidence dans le verset suivant l’un des signes manifestes de notre univers :

« Et parmi Ses Signes Il a créé de vous, pour vous, des épouses pour que vous viviez en tranquillité avec elles et Il a mis entre vous de l’amour et de la miséricorde. Il y a en cela des preuves pour des gens qui réfléchissent. » [3]


La reproduction est le résultat naturel du mariage. Grâce à sa pieuse progéniture, l’homme perpétue l’existence de l’espèce humaine. Il s’agit d’une des faveurs d’Allah envers l’homme : « Allah vous a fait à partir de vous-mêmes des conjoints et de vos conjoints, Il vous a donné des enfants et des petits-enfants. Et Il vous a attribué de bonnes choses. Croient-ils donc au faux et nient-ils le bienfait d’Allah ? » [4]

C’est également pour cette raison que le Prophète Zacharie - paix sur lui - supplia Allah en ces termes : « Et Zacharie, quand il implora son Seigneur : “Ne me laisse pas seul, Seigneur, alors que Tu es le meilleur des héritiers”. » [5] et « Je crains le comportement de mes héritiers après moi. Et ma propre femme est stérile. Accorde-moi de Ta part un descendant qui hérite de moi et qui hérite de la famille de Jacob. Et fais qu’il Te soit agréable, ô mon Seigneur. » [6]

De la même manière, Abraham, le père de Prophètes - paix sur lui - pria Allah : « Seigneur, fais-moi don d’une progéniture d’entre les vertueux. Nous lui fîmes donc la bonne annonce d’un garçon longanime. » [7] et « Louange à Allah Qui, en dépit de ma vieillesse, m’a donné Ismaël et Isaac. Certes mon Seigneur entend bien les prières. » [8]

Le Noble Coran décrit les Serviteurs d’Allah en ces termes : « Et qui disent : "Seigneur, donne-nous, en nos conjoints et nos descendants, la joie des yeux et fais de nous un guide pour les pieux". » [9]

Grâce à la procréation, la nation grandit et se multiplie. Elle utilise son potentiel et est apte à combattre ses ennemis. Rares sont ceux qui saisissent le poids du nombre dans la balance du pouvoir mondial. Allah cite les paroles du Prophète Shu`ayb - paix sur lui - à son peuple : « Rappelez-vous quand vous étiez peu nombreux et qu’Il vous a multiplié en grand nombre. » [10]

Le Prophète Muhammad - paix et bénédictions sur lui - a dit : « Mariez-vous et procréez afin que que je puisse être fier de votre grand nombre devant les autres nations le Jour du Jugement et ne tombez pas dans la monachisme des chrétiens. » [11]

La procréation permet de préserver et de perpétuer l’espèce humaine jusqu’à l’extinction de toute vie sur terre. Allah - Exalté soit-Il - dit : « Ô gens ! Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle, et Nous avons fait de vous des nations et des tribus pour que vous vous entreconnaissiez. » [12]


Le mariage complète la foi, épargne de la séduction, aide à préserver sa chasteté et offre un moyen de satisfaire son désir sexuel. L’adultère n’est donc plus une option. C’est pourquoi le Prophète - paix et bénédictions sur lui - parla du mariage en ces termes : « Il permet de rabattre le regard et de préserver sa chasteté. » Il ajouta : « Quiconque se voit octroyer de la part de Dieu une femme vertueuse doit savoir que Dieu l’a aidé à accomplir la moitié de sa religion. Qu’il craigne alors Dieu pour l’accomplissement de la moitié restante. » [13]


Le mariage aide non seulement le Musulman à préserver sa foi, mais c’est également un pilier indispensable au bonheur terrestre auquel l’Islam invite les Musulmans. Heureux, rien ne les égare sur le chemin vers leur but ultime : l’élévation de leurs âmes et l’accès à une spiritualité plus profonde. L’Imâm Muslim rapporte que le Prophète - paix et bénédictions sur lui - dit : « La vie d’ici-bas est un bienfait. Et le meilleur de ses bienfaits est la femme vertueuse. » On attribue également au Prophète - paix et bénédictions sur lui - ces paroles : « Quatre choses apportent la joie : une épouse vertueuse, une maison spacieuse, un voisin pieux et une monture confortable. » [14]


Le mariage est l’unique moyen de fonder une famille, noyau de la société. Une société humaine respectable ne peut exister en dehors de ces bases familiales. Les liens maternels, paternels et fraternels contribuent à nourrir de chaleureux sentiments d’amour, d’altruisme, de miséricorde, d’attention et de coopération chez le Musulman.


Les relations sociales sont renforcées grâce au mariage. Avec l’extension de la famille, les sentiments d’amitié, d’amour et de proximité sociale s’étendent aussi aux nouveaux membres de la famille. Allah a fait en sorte que le lien par alliance soit tout aussi fort que les liens du sang. Allah - Exalté soit-Il - dit : « Et c’est Lui qui, de l’eau, a créé une espèce humaine qu’Il unit par les liens de parenté et d’alliance. Et ton Seigneur demeure Omnipotent. » [15]


Le mariage permet au caractère de l’homme de mûrir, notamment grâce aux responsabilités qu’il doit assumer en tant qu’époux et père. De même, le caractère de la femme mûrit de par ses responsabilités en tant qu’épouse et mère. Comme nous l’avons vu précédemment, de nombreux hommes ne se marient pas, simplement parce qu’ils souhaitent continuer à mener une vie insouciante de grands enfants sans attache et sans tracas. Ces gens-là n’ont rien compris à la vie et ne sont bons à rien. Le mariage est un puissant engagement et une responsabilité partagée entre un homme et une femme dès le premier jour de leur union. Allah - Exalté soit-Il - dit : « Et elles (les femmes) ont des droits équivalents à leurs obligations conformément à la bienséance. Mais les hommes ont cependant une prédominance sur elles. Et Allah est Puissant et Sage. » [16]

« Les hommes assument les femmes, en raison des faveurs qu’Allah accorde à ceux-là sur celles-ci, et aussi à cause des dépenses qu’ils font de leurs biens. Les femmes vertueuses sont obéissantes, et préservent ce qui doit être préservé, pendant l’absence de leur époux avec la Protection d’Allah. » [17]

Le Prophète - paix et bénédictions sur lui - dit : « Chacun d’entre vous est gardien et responsable de ceux qu’il a à sa charge ; l’homme, chez lui, est gardien et responsable de son foyer ; la femme est gardienne et responsable de la propriété de son époux. » [18] Le Prophète - paix et bénédictions sur lui - a dit également : « L’homme qui ruinerait ceux qu’il a à sa charge commettrait un péché immense. » [19] Le Prophète - paix et bénédictions sur lui - ajouta : « Allah interrogera tout gardien à propos de la charge qui lui a été confiée, qu’il l’aie préservée ou ruinée. » [20] Il dit également : « L’épouse a des droits qui lui reviennent. » [21]


En se mariant, l’homme peut mieux se concentrer sur son travail, car il est rassuré de savoir que chez lui, son épouse dispose de ses affaires, préserve son argent et prend soin de ses enfants. Il travaille mieux, à la différence de celui qui est partagé entre son travail et son foyer, son emploi et les tracas matériels (les repas, le linge, etc...). Selon le poète :

Sans épouse sous son toit, la maison de l’homme ne connaîtra point de prospérité.

Traduit de l’anglais du site Islamonline.net.
[1] Sourate 51 intitulée les Éparpilleurs, Adh-Dhâriyât, verset 49.

[2] Sourate 36 intitulée Yâ-Sîn, verset 36.

[3] Sourate 30 intitulée les Byzantins, Ar-Rûm, verset 21.

[4] Sourate 16 intitulée les Abeilles, An-Nahl, verset 72.

[5] Sourate 21 intitulée les Prophètes, Al-Ambiyâ’, verset 89.

[6] Sourate 19, intitulée Marie, Maryam, versets 5 et 6.

[7] Sourate 37 intitulée les Rangées, As-Sâffât, versets 100 et 101.

[8] Sourate 14 intitulée Abraham, Ibrâhîm, verset 39.

[9] Sourate 25 intitulée le Discernement, Al-Furqân, verset 74.

[10] Sourate 7 intitulée les Limbes, Al-A`râf, verset 86.

[11] Hadith rapporté par Al-Bayhaqî selon Abû Umâmah et mentionné dans Al-Jâmi` As-Sahîh, n° 2941.

[12] Sourate 49 intitulée les Appartements, Al-Hujurât, verset 13.

[13] Hadith rapporté par At-Tabarâni et Al-Hâkim ; Al-Mundhir affirme dans At-Targhîb qu’il s’agit d’un hadith authentique avec une bonne chaîne de transmission.

[14] Hadith rapporté par Al-Hâkim, Abû Nu`aym et Al-Bayhaqî.

[15] Sourate 25 intitulée le Discernement, Al-Furqân, verset 54.

[16] Sourate 2 intitulée la Vache, Al-Baqarah, verset 228.

[17] Sourate 4 intitulée les Femmes, An-Nisâ’, verset 34.

[18] Hadith consensuel.

[19] Hadith rapporté par Ahmad, Abû Dâwûd, Al-Hâkim et Al-Bayhaqî selon Ibn `Umar.

[20] Hadith rapporté par An-Nasâ’î et Ibn Hibbân selon Anas.

[21] Hadith consensuel rapporté selon Ibn `Umar.



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MessagePublié: 08 Juil 2005, 15:52 
Le titre du fil de discussion, Anne-Marie !! :D :D :D

Quelle publicité éhontée !!

Hé bien tant qu'on y est :

[img]http://www.20six.fr/pub/rexistences1/islamdesinterdits.jpg[/img]

:wink:


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MessagePublié: 08 Juil 2005, 16:51 
Si ma tante
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Une petite image vaut mieux qu'un grand etc etc... :D :D :D


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MessagePublié: 08 Juil 2005, 17:23 
GAG a écrit:
Le titre du fil de discussion, Anne-Marie !! :D :D :D

Quelle publicité éhontée !!

Hé bien tant qu'on y est :

[img]http://www.20six.fr/pub/rexistences1/islamdesinterdits.jpg[/img]

:wink:


Cher Gag ,

Ce n'est , hélas ! pas une pub personnelle mais puisque certains ne veulent pas appeler cela "islam" . :!: :?: .. je suis obligée de qualifier cet islam pratiqué par les musulmans traditionnels.(80% au moins des musulmans !)............islam des interdits !!
L'islam n'est pas seulement une foi c'est aussi une loi . Mais tout le monde semble l'avoir oublié ! l'islam est devenu grâce aux hypocrites de tout poil ,un vague mysticisme , le modèle de la tolérance , le symbole de la Paix et de l'Amour universel . C'est Sharon , le boucher , Arafat est le Prix Nobel de la Paix et moi je suis danseuse à l'opéra !
Ce serait les islamistes qui mentiraient :!: :?: .Voyez comme la littérature que je mets sur le site est différente :!: :?: :idea:
Je n'ai pas choisi des extraits des ouvrages de Monsieur Ramadan , j'ai pris les consultations juridiques ( fatwas) des juristes de l'islam !
et contemporains . Mais je peux remonter dans le temps ce sera le même son de cloche ..euh je veux dire le même son de ..trompette :idea:
Si vous les qualifiez aussi d'islamistes , alors ne resteront comme vrais musulmans en France que Malek Chebel , Esther Benbassa et Edgar Morin !


Sur ce "fil" j'ai décidé de jouer les funambules et de parler mais ...
pas personnellement ni en citant mon génial :?: livre mais en donnant la parole aux juristes contemporains de l'islam !
Chacun fera l'interprétation qu'il veut . Oui , comme on risque de m'accuser d'islamophobie , j'ai décidé de procéder autrement et de faire parler des théologiens , des juristes qualifiés et AUTORISES ,
de faire appels aux savants ulémas , pour présenter l'islam tout simplement :shock: :x


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MessagePublié: 08 Juil 2005, 17:32 
Si ma tante
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Enregistré le: 01 Mai 2005, 13:46
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Mais ce sont de très saines lectures.. d'ailleurs, il parait que celui-ci n'est pas mal du tout :D :D :D

[img]http://images-eu.amazon.com/images/P/2220054462.08.LZZZZZZZ.jpg[/img]


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MessagePublié: 08 Juil 2005, 20:32 
Merci pour cette publicité inattendue :D :D
Afin de vous remercier j'ajoute cette information -dont mes ouvrages n'ont pas parlé - et qu'il est très intéressant de connaître :roll: :roll:
Désolée pour les féministes mais cela ne concerne que les mecs :!:

http://www.islamophile.org.

La pollution masculine rompt-elle le jeûne ?
Par Sheikh Mohammad Mitwallî Ash-Sha`râwî
Le samedi 24 novembre 2001.

Question

Celui qui a une pollution masculine [1] pendant son jeûne, doit-il arrêter son jeûne, sinon que doit-il faire ?


Réponse

Celui qui a une pollution masculine pendant le jeûne ne doit rien. (son jeûne reste valide). Le Prophète - paix et bénédiction d’Allâh sur lui - a dit : "Le qalam est levé pour trois personnes : l’aliéné jusqu’à ce qu’il retrouve la conscience, celui qui dort jusqu’à son réveil [et l’enfant jusqu’à la puberté]". [2]


Texte Original

[1] On entend par "pollution masculine" l’éjaculation pendant le sommeil par analogie à "pollution nocturne" qui désigne ce fait arrivant la nuit.

[2] L’expression "Le qalam est levé pour" untel signifie que ses actes ne sont pas enregistrés et que l’intéressé n’aura pas à en rendre compte. Le mot qalam désigne la plume utilisée pour l’écriture.



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MessagePublié: 08 Juil 2005, 21:22 
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Les caresses qui rompent le jeûne et qui imposent les ablutions majeures
Le jeudi 20 juin 2002.

Question

C’était pendant Ramadân : mon épouse et moi nous sommes caressés et nous nous sommes touché nos sexes respectifs. Mais je ne savais pas que les caresses qui en arrivaient jusque-là imposaient de faire les ablutions majeures (ghusl). Néanmoins, ces caresses n’en ont pas été jusqu’à la pénétration. Quel est le verdict de l’Islam sur ce que nous avons fait ?


Réponse de Sheikh Yûsuf `Abd Allâh Al-Qaradâwî

Il n’y a pas de mal à ce qu’une personne qui jeûne embrasse son conjoint, du moment qu’elle ne craint pas que cela stimule son désir et qu’elle soit amenée à commette l’interdit : la relation sexuelle pendant le jeûne.

`Â’ishah, que Dieu l’agrée, rapporte : "Le Messager de Dieu, paix et bénédiction de Dieu sur lui, embrassait ses épouses et les caressait alors qu’il jeûnait, cependant qu’il était le plus apte parmi vous à contenir son désir sexuel." [1]

A `Umar Ibn Abî Salamah, qui demanda au Messager de Dieu, paix et bénédiction de Dieu sur lui : "Le jeûneur peut-il embrasser ?", le Prophète répondit : "Pose la question à Umm Salamah." Cette dernière l’informa que le Prophète, paix et bénédiction de Dieu sur lui, faisait cela. `Umar reprit : "Ô Messager de Dieu, Dieu t’a pardonné tes péchés, ce qui en fut et ce qui en sera. " Et Le Messager de Dieu, paix et bénédiction de Dieu sur lui, de répondre : "Je jure par Dieu que je suis, parmi vous, le plus pieux envers Dieu et celui qui Le craint le plus." [2]

`Umar Ibn Al-Khattâb, que Dieu l’agrée, raconte : "Un jour, alors que je jeûnais, je me suis laissé aller et j’ai embrassé mon épouse. Je suis donc allé trouver le Prophète, paix et bénédiction de Dieu sur lui, lui disant : "J’ai commis aujourd’hui une grave erreur : j’ai embrassé ma femme alors que je jeûne". Le Messager de Dieu, paix et bénédiction de Dieu sur lui, me demanda : "Que penses-tu du fait de te rincer la bouche pendant que tu jeûnes ?" "Il n’y rien de grave à cela", acquiesçai-je. Il me répondit : "N’est-ce pas la même chose ?"" [3]

Parmi nos prédécesseurs, certains ont autorisé le baiser pour le vieillard mais pas pour le jeûne homme, comme cela est rapporté par Ibn Mâjah, selon Ibn `Abbâs : les caresses sont permises pour le vieillard qui jeûne, mais déconseillées pour le jeune homme. Il semblerait que cette parole remonte au Prophète.

Mâlik, Ash-Shâfi`î et Al-Bayhaqî ont également rapporté cet avis avec des narrations authentiques, d’après `Atâ’ Ibn Yasâr, selon qui Ibn `Abbâs fut questionné au sujet du baiser du jeûneur. Ce dernier l’autorisa alors pour le vieillard mais le désapprouva pour le jeune homme. C’est aussi ce que rapporte Abû Dâwûd d’après Ibn `Abbâs [4].

D’après Abû Hurayrah, un homme demanda au Prophète, paix et bénédiction de Dieu sur lui, s’il pouvait caresser son épouse pendant qu’il jeûnait. Le Prophète le lui permit. Un autre homme vint le trouver pour la même question, et il le lui interdit. Celui à qui il avait donné la permission était un vieillard, et celui à qui il l’interdit était un jeune homme [5]. Ibn `Amr Ibn Al-`Âs rapporte : "Nous étions avec le Prophète, paix et bénédiction de Dieu sur lui, lorsqu’arriva un jeune homme, demandant : "Ô Messager de Dieu, puis-je embrasser ma femme lorsque je jeûne ?", ce à quoi le Prophète répondit : "Non." Puis vint un homme âgé demandant : "Puis-je embrasser ma femme lorsque je jeûne ?", ce à quoi le Prophète répondit : "Oui."" [6]

Al-Aswad raconte : "Je demandai ; à `Â’ishah : "Le jeûneur peut-il se livrer à des caresses ?" Elle me répondit : "Non." Je poursuivis : "Mais le Messager de Dieu, paix et bénédiction de Dieu sur lui, ne caressait-il pas ses femmes ?" Elle répondit : "Il était plus apte que quiconque à maîtriser son désir."" [7]

Pour moi, c’est ici que se situe la condition à imposer aux caresses pour une personne qui jeûne : il faut qu’elle maîtrise son désir, et qu’elle puisse se contenir. Cela est également valable pour le jeune homme. Combien de vieillards en effet ne sont pas capables de se contenir ?

En ce qui concerne les caresses qui imposent les ablutions majeures, qui rompent le jeûne et qui imposent le rattrapage des jours manqués et une expiation, ce sont les caresses qui finissent par l’introduction de tout ou partie du gland du pénis dans le vagin de la femme. Le Sheikh Sayyid Sâbiq écrit à ce propos :

"La rencontre des organes sexuels : c’est lorsque le gland disparaît dans le vagin, et ce, même s’il n’y a pas eu éjaculation, en raison de la Parole de Dieu - Exalté soit-Il : "Et si vous êtes pollués (junub), alors purifiez-vous par un bain." Ash-Shafi`î dit : "Dans la langue arabe, la janâbah (pollution) désigne en réalité le rapport sexuel, même s’il ne conduit pas à l’orgasme." Il dit également : "Ainsi, lorsqu’on dit qu’untel ajnaba avec untelle, on entend par-là qu’il a eu des rapports sexuels avec elles, même s’il n’a pas éjaculé." Ash-Shâfi`î poursuit : "Par ailleurs, personne ne conteste ; que la fornication, punie par la flagellation, correspond à l’acte sexuel hors mariage, même s’il n’est pas accompagné d’éjaculation." D’après le hadith rapporté par Abû Hurayrah, que Dieu l’agrée, le Messager de Dieu, paix et bénédiction de Dieu sur lui, a dit : "Si un homme s’installe entre les quatre membres d’une femme, puis qu’il a un rapport sexuel avec elle, alors il doit faire ses ablutions majeures, qu’il ait éjaculé ou non." [8] Sa`îd Ibn Al-Musayyab rapporte par ailleurs : "Abû Mûsâ Al-Ash`arî, que Dieu l’agrée, dit un jour à `Â’ishah : "Je voudrais te poser une question mais j’ai honte." Elle lui dit : "Pose ta question et n’aie pas honte. Je suis ta Mère, tu sais.". Il la questionna alors au sujet de l’homme qui a un rapport sexuel mais qui n’éjacule pas. Elle lui répondit que, d’après le Prophète, paix et bénédiction de Dieu sur lui : "Si les organes sexuels se rencontrent, alors les ablutions majeures deviennent nécessaires."" [9] La pénétration impose donc d’effectuer les ablutions majeures, tandis que de simples attouchements ne les imposent pas. Cela est valable aussi bien pour l’homme que pour la femme, et est consensuellement approuvé."

A l’unanimité des savants, seul l’acte sexuel rompt le jeûne et impose le rattrapage et l’expiation.

Al-Bukhârî et Muslim rapportent d’après Abû Hurayrah : "Un homme vint trouver le Prophète, paix et bénédiction de Dieu sur lui, lui disant : "Je suis perdu, ô Messager de Dieu !" "Qu’est-ce qui t’as perdu ?", s’enquit le Prophète. "J’ai eu un rapport sexuel avec ma femme pendant le Ramadân", se plaignit-il. Le Prophète lui dit alors : "As-tu les moyens d’affranchir un esclave ?" "Non", répondit l’homme. Le Prophète reprit : "As-tu la capacité de jeûner deux mois consécutifs ?" "Non", répondit-il encore. Le Prophète poursuivit : "As-tu les moyens de nourrir soixante pauvres ?" "Non", dit-il une dernière fois avant de s’asseoir. Le Prophète, paix et bénédiction de Dieu sur lui, apporta alors un panier de dattes et dit à l’homme : "Distribue ceci aux pauvres." L’homme dit : "A des plus pauvres que nous ? Il n’y a aucune famille dans cette ville qui a besoin de ce panier de dattes plus que nous !" Le Prophète, paix et bénédiction de Dieu sur lui, rit alors jusqu’à ce que ses dents soient apparues, puis il dit : "Va, nourris-en ta famille." Dans la variante d’Al-Bukhârî, on trouve : "A des plus pauvres que moi ?"


Dans la variante de Abû Dâwûd : "Il apporta un panier de dattes, d’une quantité équivalente à quinze sâ`." Et à ce propos, le Prophète dit : "Mange-le avec ta famille, jeûne un jour et implore le pardon de Dieu." [10]

Traduit de l’arabe de la Banque de Fatâwâ du site Islamonline.net.
[1] Hadith consensuel.

[2] Hadith rapporté par Muslim ; `Umar Ibn Abî Salamah, dit Al-Himyarî, n’est pas le fils de Umm Salamah, qui est l’épouse du Prophète.

[3] Hadith rapporté par Abû Dâwûd.

[4] Récit cité par An-Nawawî dans Al-Majmû`, 6/354).

[5] Hadith rapporté par Abû Dâwûd, avec une narration fiable.

[6] Hadith rapporté par Ahmad Ibn Hambal, avec une narration faible, selon l’autorité d’Ibn Luhay`ah ; cité également par An-Nawawî dans Al-Majmû` ; le Sheikh Shâkir a authentifié ce hadith dans son Takhrîj Al-Musnad (Narrations du Musnad), où il estime qu’Ibn Luhay`ah ne peut être récusé.

[7] Récit rapporté par Al-Bayhaqî avec une narration authentique ; conférer Al-Majmû`, 6/355.

[8] Hadith rapporté par Ahmad et Muslim.

[9] Hadith rapporté par Ahmad ainsi que par Mâlik en d’autres termes.

[10] An-Nawawî dit : "La chaîne de narration de la variante de Abû Dâwûd est bonne. Mais cette chaîne comporte un narrateur dont il a considéré la narration comme faible. Néanmoins, Muslim a rapporté, dans son Sahîh, des hadiths d’après ce narrateur, hadiths que Abû Dâwûd n’a pas considérés comme faibles."


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MessagePublié: 10 Juil 2005, 15:31 
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La cigarette et son commerce

Question : Quel est le regard de la religion sur le fait de fumer ou d’en faire le commerce ?



Réponse : La cigarette est interdite, car elle est un mal et contient des substances nocives. En effet, Allah, qu’Il soit exalté, a rendu licite pour Ses serviteurs ce qui est bon parmi les nourritures, les boissons et autres, et en a interdit le mauvais (Khabîth). Allah, qu’Il soit exalté, a dit : « Ils t’interrogent sur ce qui leur est permis. Dis : « Vous sont permises les bonnes nourritures ». »[1] Il dit aussi, qu’Il soit exalté, en décrivant Son prophète, prière et salut d’Allah sur lui, dans la sourate Al-Acrâf, v.157 : « Il leur ordonne le convenable, leur défend le blâmable, leur rend licite les bonnes choses, leur interdit les mauvaises. » La cigarette, quelle qu’elle soit, ne fait pas partie des bonnes choses, mais c’est plutôt une chose nuisible. Il en est de même pour toutes les boissons enivrantes ; il n’est pas permis de fumer la cigarette et d’en faire le commerce, comme c’est le cas pour le vin. Il incombe donc à celui qui fume la cigarette ou en fait le commerce de s’empresser à se repentir et de revenir à Allah, qu’Il soit exalté, le plus tôt possible, de regretter de l’avoir fait et de prendre la décision ferme de ne pas recommencer. A celui qui se repent sincèrement, Allah Tout-Puissant dit : « Et repentez-vous devant Allah, ô croyants, afin que vous récoltiez le succès. »[2] Allah, qu’Il soit exalté, dit aussi : « Et Je suis Grand Pardonneur à celui qui se repent, croit, fait bonne œuvre, puis se met sur le bon chemin. »[3] et [4]



Regard de la religion sur le fait de fumer


Question : Quel est le regard de la religion sur le fait de fumer, et quelles sont les preuves de son interdiction ?



Réponse : Fumer est interdit conformément au contenu clair du Coran, de la Sunna et du raisonnement clair.

Dans le Coran, Allah dit : « Et ne vous jetez pas par vos propres mains dans la destruction. »[5], c’est-à-dire, ne faites pas quelque chose qui cause votre destruction. La preuve en est que fumer la cigarette est similaire au fait de se jeter de ses propres mains vers la destruction. D’autre part, dans la Sunna, on rapporte de source authentique que le Prophète, prière et salut d’Allah sur lui, a interdit le fait de gaspiller l’argent. Gaspiller l’argent, c’est le dépenser dans des choses inutiles. Il est clair que dépenser de l’argent pour acheter des cigarettes est encore pire qu’une dépense inutile, car c’est une dépense dans une chose nuisible.

Parmi les preuves de la Sunna, il y a aussi le hadith du Messager d’Allah : « Il ne faut pas se faire du tort, ni faire du tort. » Donc, se faire du tort est interdit dans la religion, que ce soit au corps, à la raison ou dans ses biens. Il va de soi que fumer la cigarette constitue un tort pour le corps et l’argent.

Selon le raisonnement rationnel, la preuve de l’interdiction de fumer est que le fumeur cause des dommages à son âme, l’expose à une anxiété et à une fatigue nerveuse, et celui qui est conscient n’agrée pas ce tort pour lui-même. Combien est difficile la situation du fumeur quand il n’a pas la cigarette, et combien lui est pénible le jeûne et les autres adorations, car cela l’empêche de fumer ; plus insupportable pour lui encore est la fréquentation des gens pieux devant lesquels il ne peut pas fumer. Il est angoissé de s’asseoir avec eux et de les fréquenter. Toutes ces observations montrent que fumer est interdit.

Mon conseil pour mes frères musulmans qui ont été éprouvés par la cigarette est de demander l’aide d’Allah, qu’Il soit exalté, et de décider d’abandonner, car, avec l’aide d’Allah, puis de la bonne volonté, l’espoir d’obtenir Sa Récompense et de éloigner de Son Châtiment il peut s’arrêter.

Un autre conseil est de ne pas s’asseoir avec les fumeurs, afin de ne pas y être tenté. D’autre part, il retrouvera, avec l’aide d’Allah, un dynamisme dans son corps et une vitalité qu’il avait perdu lorsqu’il fumait.

Si quelqu’un dit qu’il ne trouve pas de texte clair qui interdit la cigarette dans le Livre d’Allah ou dans la Sunna de Son Messager, la réponse est que les textes du Coran et de la Sunna sont de deux catégories :

La première regroupe les preuves générales, dont on déduit des règles et des normes (d’autorisation ou d’interdiction) dont découlent beaucoup de choses, jusqu’au Jour de la Résurrection.

La deuxième catégorie regroupe des preuves qui désigne textuellement (l’autorisation ou l’interdiction) de la chose.

Par exemple, pour la première catégorie, on peut citer le verset et les deux hadiths qui prouvent par leur généralité, l’interdiction de la cigarette, même si elle n’est pas mentionnée textuellement.

Pour la deuxième catégorie, on peut citer par exemple, les paroles d’Allah : « Vous sont interdits la bête trouvée morte, le sang, la chair de porc, ce sur quoi on a invoqué un autre nom que celui d’Allah »[6] ou « Ô les croyants ! Le vin, le jeu de hasard, les pierres dressées, les flèches de divination ne sont qu’une abomination, œuvre du Diable. Ecartez-vous en » [7]

Que les textes soient de la première ou de la deuxième catégorie, les serviteurs d’Allah sont contraints de les appliquer.1





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[1] La Table Servie, v.4.

[2] La Lumière, v. 31.

[3] Tâ-hâ, v. 82.

[4] Kitâb ud-Dacwa, Ibn Bâz, p. 236.

[5] La Vache, v. 195.

[6] La Table Servie, v. 3.

[7] La Table Servie, v. 90.

1 Nur calâ ad-darb, Fatawa cheikh Ibn cUthaymîn.


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 Sujet du message:
MessagePublié: 10 Juil 2005, 16:58 
Swiss cheese & chocolate

Enregistré le: 06 Mai 2005, 09:35
Messages: 866
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Qui a dit, en substance, «Le Coran, les biographies, les hadiths – c'est du kif»?

Wellhausen, le père Lammens et le prince Caetani


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MessagePublié: 10 Juil 2005, 17:16 
http://www.cciq.org/ccignew/islam viewfatwa.asp?id=198


Catégorie: Jurisprudence

Lors des visites chez le médecin durant la grossesse et lors de l'accouchement, faut-il que le médecin soit une femme obligatoirement ? Et le mari peut-il assister à l'accouchement?
Abdallah Assafiri - 05/01/2003




Question:
Je veux savoir si lors des visites chez le médecin durant la grossesse et lors de l'accouchement,il faut que le médecin soit une femme obligatoirement ? Et le mari peut-il assister à l'accouchement?

Réponse d'Abdallah Assafiri:
La femme musulmane doit être traitée par une femme médecin musulmane. En l'absence de cette dernière, une femme médecin non musulmane, mais sûre, peut faire l’affaire. ? défaut, on doit avoir recours à un médecin musulman. En l’absence d’un médecin musulman, un médecin non musulman peut être sollicité. Toutefois, celui-ci ne doit découvrir du corps de la patiente que les parties à diagnostiquer et à traiter et il doit intervenir en présence d’un proche parent de la patiente ou de son mari ou d’une femme, pour éviter le tête-à-tête.

Pour la deuxième question, le mari peut effectivement assister à l'accouchement de sa femme.

Wassalam.
Abdallah Assafiri


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