LibertyVox • Voir le sujet - Ces orientalistes détestés !
 
 
Retour à l'accueil
Index du forum

LibertyVox

La voix est libre !
Nous sommes le 08 Avr 2020, 23:00

Heures au format UTC [ Heure d’été ]




Publier un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 219 messages ]  Aller à la page Précédente  1 ... 11, 12, 13, 14, 15
Auteur Message
MessagePublié: 18 Nov 2011, 14:55 
François Jourdan est engagé dans le dialogue islamo-chrétien mais il se bat pour défendre ses convictions. Il est profondément catholique et je dois dire qu'il est aussi profondément honnête. Même exilé par sa hiérarchie de m...il a réussi à écrire un livre important. J'aime bien ce curé et il n'a pas à mon égard cette attitude méprisante de ces catholiques dialogueux.
:lovfla:


Haut
  
Répondre en citant  
MessagePublié: 18 Nov 2011, 15:20 
Vicious
Avatar de l’utilisateur

Enregistré le: 09 Mar 2011, 17:44
Messages: 4332
Localisation: Dans la Caverne
Un de ceux qui comme vous et les Urvoy, restera dans l'ombre des dialogueux fuligineux et apologistes. :nause2:

_________________
J'ai plus peur de nos propres erreurs que des plans de nos ennemis. Périclés


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
MessagePublié: 07 Déc 2011, 14:29 
Avatar de l’utilisateur

Enregistré le: 12 Jan 2010, 00:09
Messages: 81
Nous avons lancé une pétition destinée aux éditions (catholiques sic) Bayard pour la publication du livre de Michel Orcel : De la dignité de l'islam.

Voir dans le fil "pétitions" : http://www.libertyvox.com/phpBB/viewtopic.php?f=5&t=2430&p=233310#p233310


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
MessagePublié: 09 Déc 2011, 11:05 
Justement jamais le bonhomme n'aurait dû me citer dans ce livre car c'est aussi ridicule que de me mettre dans "l'islamophobie d'origine juive" parce que j'ai fait une conférence dans une synagogue pour "révéler" ce que l'islam dit au sujet des juifs.


Haut
  
Répondre en citant  
MessagePublié: 16 Fév 2012, 13:34 
Vicious
Avatar de l’utilisateur

Enregistré le: 09 Mar 2011, 17:44
Messages: 4332
Localisation: Dans la Caverne
Pas "étrange" du tout au contraire... :sif:

http://notredamedekabylie.net/Autresrubriques/ExpressionAwal/tabid/63/articleType/ArticleView/articleId/774/De-la-dignite-de-lislam-Un-bien-etrange-livre.aspx

"De la dignité de l'islam". Un bien étrange livre
Publié par Christian Mira le jeudi 8 décembre 2011

L'auteur est Michel Orcel. Wikipédia le présente comme un "écrivain et psychanalyste français", pourvu de diplômes universitaires (institut d’études politiques de Paris, maîtrise de philosophie, DEA d’islamologie, doctorat ès Lettres et Sciences humaines, habilitation à diriger des recherches doctorales en littérature et civilisation italiennes), ayant occupé un poste de maître de conférences (1992-1996). Il exerce son activité professionnelle à Marrakech.

Le livre a été publié par l'éditeur catholique Bayard, affilié à un groupe de presse et d'édition, présent dans 16 pays, occupant le 5ème rang en France.

Les titres universitaires de l'auteur, le sous-titre "Examen et réfutation de quelques thèses de la nouvelle islamophobie", supposent une étude objective du sujet traité. Là réside l'étrangeté de ce livre. En effet, sur une base de forme et fond médiocres, Orcel se livre à un enchaînement d'agressions ad hominem grossières et diffamatoires contre des islamologues universitaires français, dont le défaut est de ne parler de l'islam, et de ne pas l'enseigner, comme le font les universités des pays musulmans. En effet, le choix de ces islamologues n'est pas l’apologétique, mais l’analyse critique. Leur recherche se fait selon les normes de l'exégèse historico-critique des religions. Ces normes, adoptées par les chercheurs occidentaux depuis le 19ème siècle, sont caractérisées par une méthodologie rigoureuse, et des recherches objectives minutieuses, qualités totalement absentes de ce livre. Deux recensions intéressantes dévoilent les différents aspects du vocabulaire utilisé, le style et la technique de l'auteur. Elles nous évitent de le faire, et méritent donc d'être consultées. Il s'agit des recensions de Didier Fontaine sur le site Amazon (http://www.amazon.fr/product-reviews/2227482214/ref=cm_cr_dp_all_summary?ie=UTF8&showViewpoints=1&sortBy=bySubmissionDateDescending) et de Scrutator Sapientiae sur le Forum Catholique (http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=618039)

La forme et le fond de cet ouvrage conduisent, dans un premier temps, à hésiter à en parler dans le cadre d'un article. En effet, d'une certaine façon ceci reviendrait à attacher de l'importance à un aussi médiocre pamphlet à prétention scientifique, et ainsi à apporter poids et crédit à l'auteur. Cependant le fait que l'islamologue Marie-Thérèse Urvoy soit la cible privilégiée fait pencher en faveur du volet "en parler" dans le dilemme "en parler – ne pas en parler". L'une des raisons est la reproduction (avec son accord) sur Notre-Dame de Kabylie de certains de ses articles et extraits d'ouvrages (rubriques "Du vocabulaire de l'islam" dans "Dialogue islamo-chrétien" et "Expression / Awal"). Indirectement ce site se sent donc visé. Une autre raison est une recension du journal La Croix (du groupe Bayard), phare de la presse catholique dominante, référence de "vérité" pour la grande majorité des catholiques français, favorable à la thèse d'Orcel. Sous le titre "Aux sources de l'islamophobie contemporaine", ce quotidien débute très fort": "L’islam fait peur et certains groupes le considèrent même comme dangereux. Deux livres permettent de comprendre les ressorts de cette crainte qui se traduit par des propos haineux voire racistes". Au sujet du livre d'Orcel, après avoir parlé de "l'islamophobie savante", on lit "À travers quelques exemples simples, il dénonce les présupposés et le manque de rigueur scientifique dans l’étude et l’interprétation des sources chez des intellectuels et des universitaires œuvrant dans le champ de l’islamologie, dont certains maîtrisent mal l’arabe" (les parties soulignées ne le sont pas dans l'original). Pour la suite cf. le site de La Croix.

Ne "boxant pas dans le même catégorie" (cf. la présentation dans Wikipédia Marie-Thérèse_Urvoy), il est très probable que la professeure Urvoy ne répondra jamais aux attaques dont elle est la cible. Bien que ne disposant pas des moyens de diffusion de La Croix, et ainsi touchant une part infinitésimale des catholiques qui ont pris pour "paroles d'Évangile" la recension de ce journal, à son modeste niveau Notre-Dame de Kabylie, a le devoir de répondre. Ce site se limitera aux points qui concernent essentiellement Marie-Thérèse Urvoy, les deux recensions, mentionnées plus haut, ayant déjà donné l'information relative à l'ensemble des islamologues objet de l'emportement de l'auteur (Lammens, Théry, Bonnet-Eymard, Luxenberg, Brague, Moussali, Gallez, de Prémare, Gilliot, Delcambre, Urvoy). A propos de M.T. Urvoy, il s'agit ici d'apporter des éléments complémentaires montrant le non-sens, l'absurdité, des agressions du livre.

La place de choix, réservée à Marie-Thérèse Urvoy, apparait à travers quelques passages la concernant:

- Page 21 "Marie-Thérèse Urvoy une islamophobe convaincue".

- Page 43 "Parmi les égéries de l'islamophobie cléricale, une place de choix revient sans contexte à Marie Thérèse Urvoy. ….Qui, sous les aspects d'une science stricte et discrète, participe à sa manière à l'islamophobie savante. … Mme Urvoy (elle ne s'en cache pas) juge l'islam à l'aune du dogme catholique; elle a pour objectif immédiat la destruction du dialogue islamo-chrétien qu'elle exècre passionnément – ce qui est bien déplorable car cette passion l'amène à oublier toute humilité (scientifique et religieuse) face à une figure aussi géniale et majestueuse que celle de Louis Massignon".

- Page 44 "Mme Urvoy a aussi commis un ouvrage intitulé "L'action psychologique dans le Coran", visant à démontrer que le Livre saint de l'islam est un manuel très élaboré de manipulation mentale. Sans commentaire".

- Page 107 "Mme Delcambre s'est également fait une spécialité de la dénonciation de ce qu'elle, et ses comparses- notamment Mme Urvoy dont on reparlera plus loin- appellent la dhimmitude".

- Tout le chapitre VI "Distinguer pour mieux… désunir" (pages 121-142) lui est consacré. Il débute par une longue diatribe, voulant démontrer au départ le sacrilège de l'affirmation: le Dieu des chrétiens n'est pas celui de l'islam. Aux yeux d'Orcel, comme aux yeux des clercs et laïcs engagés dans le dialogue islamo-chrétien officiellement reconnu par la Conférence des évêques de France, c'est le péché irrémissible. Le point de départ est la citation d'un extrait (relatif à la déclaration conciliaire Nostra Aetate) de l'article de Mme Urvoy, publié sous le titre "Le dialogue islamo-chrétien: du principe à la réalité" dans le n° 106 (janvier 2010) de la revue "Catholica", et reproduit sur Notre-Dame de Kabylie . Orcel parle alors de "l'arrogante malignité de ces esprits qui, taxant d'ignorance les Pères conciliaires, prétendent dire à leur place la vérité catholique, et leur mauvaise foi" (page 122), "d'opposition au magistère" (page 124), de "platitude du savoir universitaire" (page 124), de "manipulation d'un discours de Paul VI" (page 125), "Mme Urvoy ne démontre pas, elle se contente pas d'affirmer. … Belle leçon d'honnêteté intellectuelle et morale, on en conviendra " (page 126), "Cette analyse de la foi musulmane incite du reste à se demander si le savoir de Mme Urvoy en matière de théologie chrétienne est aussi sûr qu'elle voudrait le faire croire" (page 130).

A partir de la page 131, sur la base de l'assertion "les islamophobes chrétiens supportent mal de voir que, délaissant les voies de la sainteté chrétienne, beaucoup de nouveaux musulmans d'origine européenne parviennent à l'islam par des voies soufies", le discours se poursuit par un vibrant éloge du soufisme et de Massignon. Il est doublé d'un blâme aux "islamophobes savants" pour leur peu d'enthousiasme pour cette spiritualité islamique. Ce discours se veut une leçon adressée à M.T. Urvoy qui "ignore tout de la mystique musulmane" (page 134). On peut lire: "nous apprendrons également à Mme Urvoy" (page 125), "Portez des lunettes, Mme Urvoy, portez des lunettes..." (page 130 note 16), "si Mme Urvoy s'instruisait un peu auprès de ses collègues spécialistes" (page132, même idée p.134), "On mesure à ces mots la science et l'amour proprement chrétien avec lesquels cette dame aborde le continent de la spiritualité musulmane. … Mme Urvoy doit trembler" (page 137), "Mme Urvoy avec sa charité habituelle" (page 139). Parlant de la réticence de M.T. Urvoy à l'égard de Massignon dans l'article de Catholica, Orcel nous offre le bouquet final: "ces phrases arrogantes montrent la puanteur de la jalousie: jalousie de la petite enseignante de province face au grand universitaire professeur au Collège de France, jalousie de l'âme étroite face au mystique, au tâcheron face au génie. Mais on sent bien que se mêle à la jalousie personnelle, la pestilence d'un autre sentiment. Un sentiment que Mme Urvoy partage avec ses lecteurs et auditeurs: la haine de l'islam " (page 140). L'auteur de "La dignité de l'islam" se garde bien de mentionner que cette réticence, véritable péché mortel pour lui, était partagée par le Père Jomier. Compte tenu de la notoriété de ce grand islamologue, l'auteur de la "Dignité de l'islam" n'a pas osé l'afficher à son "tableau de chasse".

Avec cette accusation de "haine de l'islam", Orcel récidive dans ses interventions pour défendre son livre sur le Forum Catholique. C'est assez maladroit, car il dévoile plus explicitement une hargne, une fureur, et surtout une obsession pathologique "anti-Urvoy", à travers deux "posts" qui font apparaître clairement de quel côté se situe la "haine". Le premier s'exprime ainsi: "En soutenant que le Dieu des chrétiens et le Dieu des musulmans n'ont rien en commun, vous contredisez le Concile de Vatican II et le magistère des derniers pontifes. Vous vous mettez de facto dans une position pré-schismatique ! Vous devez adorer Mme Urvoy, qui fait de même avec une haine qui laisse bien des doutes quant à l'efficacité de la charité chrétienne. Par ailleurs, votre théologie est tellement aberrante que je vous mets au défi de me dire (si Allah et Dieu sont deux dieux différents) comment Yahvé peut-il être encore identique au Dieu chrétien... Mme Urvoy et Rémy Brague tombent dans le même panneau, sans pourvoir répondre à cette question. Il semble au total que vous soyez des marcionites qui s'ignorent... C'est du joli ! ". leforumcatholique.org (http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=617816).

" A un autre intervenant qui cite ses excès de langage dans sa dénonciation des "islamologues savants", Orcel répond: "Oui ! Ces lignes acérées sont bien de moi ! Elles m'ont été suggérées par la haine et la violence de ces auteurs, tout simplement. Elles sont toutes justifiées : je le prouve. Quant au ton, relisez quelques bons polémistes chrétiens (Léon Bloy par exemple)...leforumcatholique.org/message617881. (http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=617881) Orcel n'hésite pas à se comparer à Léon Bloy?

Cette obsession "anti-Urvoy" est bien étrange chez un psychanalyste. Venant d'un homme qui se déclare universitaire, c'est encore plus étonnant. La carrière de Marie-Thérèse Urvoy (cf. Wikipédia) montre l'absurdité des accusations, dont celle de "haine de l'islam", proférées par Orcel qui, comme pour l'ensemble de son texte, confond analyse et injure, critique et diatribe, islamo-critique et islamophobie. Dans cette carrière, on peut par exemple noter que, née à Damas et ayant vécu au Moyen Orient, elle a été reçue première au baccalauréat syrien en langue arabe pour les écoles privées, ce qui lui a donné le titre de membre correspondant de l'Académie Arabe de Damas. On peut ajouter qu'elle a bénéficié des enseignements des plus fameux professeurs d'arabe et de religion musulmane en Syrie et au Liban, dont ceux du Cheik Kaftaro (plus tard Grand Mufti de Damas) à la faculté de la Sharia de l'Université de Damas. L'absurdité de l'accusation est encore plus manifeste avec la rédaction de 25 articles du Dictionnaire du Coran (Collection Bouquins, Robert Laffont, 2007) que Mohammad Ali Amir Moezzi lui a confiée en tant que directeur de la publication. Musulman chiite, le professeur Ali Amir Moezzi est directeur adjoint du Centre d’études des religions du Livre et directeur d’études à l'École pratique des hautes études (Sorbonne). L’absurdité atteint son plus haut niveau en considérant les très nombreuses recherches d'étudiants musulmans que M.T. Urvoy a dirigées, et conduites à une thèse, et pour les étudiants qui ne dépendaient pas d'elle, les jurys de thèses qu'elle a présidés. La dernière présidence de jury est celle de la thèse soutenue le10/12/2011 à l'École pratique des hautes études (Sorbonne) par Mehrdad Shabahang, préparée sous la direction du professeur Ali Amir Moezzi (lem.vjf.cnrs.fr/spip.article198).

Orcel essaie de justifier en partie son "argument" de "haine de l'islam" en disant que M.T. Urvoy est d'une totale ignorance dans le domaine du soufisme. Les citations mentionnées plus haut dans la seconde partie du chapitre 6 sont claires sur ce point, et ont conduit au "bouquet final" fustigeant la "pestilence" de ce sentiment (cf. ci-dessus). La réponse à une telle malveillante incongruité est le dernier livre de M.T. Urvoy "Essai de critique littéraire dans le nouveau monde arabo-musulman" (Cerf, 2011, 381 pages). Les chapitres 3, 4 et 5 (120 pages) traitent de cette mystique musulmane selon les normes scientifiques de l'exégèse historico-critique des religions, et non sur la base de l'apologétique, ce qu'aurait préféré l'auteur de la "Dignité de l'islam" qui, lui, a choisi cette voie dans son livre. Pour information notons les thèmes traités. Au chapitre 3: "Le soufisme populaire comme révélateur psychosociologique" (perception populaire de la sainteté, ritualisme et magie, le genre manaqib comme autoanalyse collective). Au chapitre 4 : "L'ambiguïté du thème de l'amour dans le soufisme". Au chapitre 5 : "Le soufisme intellectualiste ou l'universalisme impossible" (un "penseur de frontière" en islam : Ibn Sab'in; essai et échec d'une ouverture supraconfessionnelle; christianisme et islam: deux approches de la sainteté; soufisme et islamisme)

Il est intéressant de noter l'une des sources, qui alimente la fureur d'Orcel, se dévoile quand il écrit page 43 à propos de M.T. Urvoy: "elle a pour objectif immédiat la destruction du dialogue islamo-chrétien qu'elle exècre passionnément". On voit là un préjugé sans fondement, avec la confusion entre la situation du dialogue actuel, basé sur la pensée idéaliste et subjective dominante dans les relations islamo-chrétiennes officiellement reconnues (cf. l'Article), et un dialogue basé sur le réel. Sur ce point, l'étude de Catholica, cible du chapitre 6 du livre, est un exposé rigoureux sur une situation, pour laquelle une condition nécessaire (au sens mathématique) dans le traitement du sujet est une bonne connaissance de l'islam, connaissance se situant pour Marie-Thérèse Urvoy à un niveau internationalement reconnu. En lien direct avec cette condition, l'article fait une remarque de simple bon sens en disant: "on n’est jamais seul à dialoguer et la question est de savoir si les partenaires des chrétiens ont, du dialogue, la même conception qu’eux". L'intervention de Mgr Antoine Beylouni, archevêque libanais d’Antioche, au Synode des évêques du Moyen Orient (2010), montre que ce n'est pas le cas. En effet Mgr Antoine Beylouni dit clairement: "Le Coran inculque au Musulman la fierté d’avoir la seule religion vraie et complète…C’est pourquoi il vient au dialogue avec cette supériorité et avec l’assurance d’être victorieux. …Le Coran permet au musulman de cacher la vérité au chrétien et de parler et agir contrairement à ce qu'il pense et croit". Après avoir parlé des versets abrogés et abrogeant, des versets prônant la violence sacrée, il ajoute: "Devant tous ces interdits et d’autres semblables faut-il supprimer le dialogue? Non, certainement pas. Mais il faut choisir les thèmes abordables et des interlocuteurs chrétiens capables et bien formés, courageux et pieux, sages et prudents ... qui disent la vérité avec clarté et conviction. …". Cette prudence rejoint la position de Benoît XVI relative au dialogue avec les musulmans. Pour le Pape, loin devant les questions théologiques, les aspects pratiques sont les plus importants, tels que: commandements de la loi naturelle, nécessité de ne pas se servir du nom de Dieu pour se livrer à la violence, reconnaissance de la parité entre homme et femme, égalités des droits pour les non musulmans vivant en terre d'islam, liberté religieuse, droit de changer de religion. Le dialogue inter-religieux n'est pas désavoué, il est simplement replacé dans le cadre de ses aspects prioritaires, sur la base d'une approche réaliste et objective des questions que ce dialogue implique. La référence du Pape est un "dialogue des cultures" orienté vers les répercussions culturelles, et éthiques, résultantes pour les différentes religions.

Au plan du dialogue et de l'identité "Dieu des chrétiens - Dieu de l'islam", dans le "tableau de chasse" de Michel Orcel, il y a un grand absent: le père François Jourdan. Rappelons que le père François Jourdan est prêtre eudiste, islamologue, docteur en théologie, en histoire des religions et en anthropologie religieuse. Il a enseigné la mystique islamique à l'Institut Pontifical d'Études Arabes et islamiques de Rome (1994-1998), et l'islamologie pendant 15 ans à l'Institut Catholique de Paris, et 10 ans à l'École Cathédrale. Il fut délégué du diocèse de Paris pour les relations avec l'islam (1998-2008). Deux de ses ouvrages "Dieu des chrétiens, Dieu des musulmans. Des repères pour comprendre" (L'œuvre, 2008, préfacé par Rémi Brague), et "La Bible face au Coran, les vrais fondements de l'islam" (L'œuvre, 2011), démontrent la fausseté de l'assertion "chrétiens et musulmans ont le même Dieu", devenu un dogme du dialogue islamo-chrétien officiel actuel. Est-ce un oubli, ou une hésitation? Orcel se rattrape dans ses interventions sur le Forum Catholique, en réponse à un premier intervenant qui cite le premier livre et les titres de son auteur: voir http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=617885, et à un second voir http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=617886

Dans l'interview "Réponses du père François Jourdan aux questions de Moh-Christophe Bilek", le prêtre eudiste montre clairement en quoi le dialogue actuel est faussé. Il nous le dit, en parlant de dialogue marqué par "l'affectivisme", le "manque de courage et de liberté", "la confusion", "une incompétence inconsciente des théologiens sur l’islam et une incompétence inconsciente des islamologues en théologie", "la tentation vécue dans ce j’appelle ‘le bal masqué’ : le musulman mène le bal car il a peur devant la liberté et les remises en cause radicales qui vont lui arriver". A propos du droit de changer de religion, sujet toujours exclu du dialogue, le père Jourdan dit : ""L’intolérance du Coran (2,217; 3,86-91,106; 4, 14,115,137; 16,106), et de la Tradition sur le fait de quitter l’islam, bloquent et les musulmans et les non-musulmans. Il n’y a que le courage de la vérité qui puisse débloquer". Notons que la "Tradition" concerne les hadiths. Deux parlent de la sanction de l'apostasie (la mort) : Sahih al-Bukhari (Volume 6, livre 61, Numéro 577) et Sahih al-Bukhari (Volume 4, Livre 52, Numéro 260)

Les titres universitaires d'Orcel, dont une habilitation à diriger des recherches, et le sous-titre de son livre "Examen et réfutation de quelques thèses de la nouvelle islamophobie", conduisent naturellement à l'attente d'une analyse de type universitaire des thèses des islamologues furieusement pris à parti par l'auteur. Une telle analyse suppose une démonstration rigoureuse justifiant ce qui revient à une mise en cause de leur honnêteté intellectuelle. Il n'en est rien. On se trouve face au discours d'un militant, utilisant essentiellement un argument: les thèses dénoncées sont dictées par "la haine de l'islam", elles émanent d'islamophobes convaincus. Les Éditions de Paris, qui publient la collection "Studia Arabica" sous la direction de M.T. Urvoy, "se faisant une spécialité de l'islamophobie savante" (page 38), sont dénoncées comme étant "d'extrême droite", ce qui clôt toute discussion. Tout ceci n'a pas empêché la recension de La Croix, favorable à la thèse d'Orcel. Ce quotidien a pu ainsi convaincre la grande majorité de ses lecteurs catholiques de la vérité de l'assertion résumant le contenu du livre: "il dénonce les présupposés et le manque de rigueur scientifique dans l’étude et l’interprétation des sources chez des intellectuels et des universitaires œuvrant dans le champ de l’islamologie". De cette façon ce journal contribue à la mise en cause de leur honnêteté intellectuelle, et de leur compétence professionnelle. La très large diffusion de La Croix, qui figure sur la plupart des tables de presse des paroisses, a été une incitation à parler de cet ouvrage dans Notre-Dame de Kabylie, après un premier temps d'hésitation, ceci malgré la disproportion des moyens en présence de part et d'autre.

_________________
J'ai plus peur de nos propres erreurs que des plans de nos ennemis. Périclés


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
MessagePublié: 16 Fév 2012, 13:52 
Vicious
Avatar de l’utilisateur

Enregistré le: 09 Mar 2011, 17:44
Messages: 4332
Localisation: Dans la Caverne
:lol: :lol: Au sujet de Henri de La Hogue et de François Jourdan puisqu'il était question d'eux dans un passage de l'article précédant.

http://www.gric.asso.fr/recensions/article/francois-jourdan-dieu-des

François JOURDAN, Dieu des chrétiens, Dieu des musulmans. Des repères pour comprendre, L’Œuvre, Paris, 2008 (207p.).

Recension faite par Henri de La Hougue, le 16 janvier 2008

Le livre de François Jourdan [1] , Dieu des chrétiens, Dieu des musulmans, Des repères pour comprendre, a pour but d’aider des chrétiens et des musulmans engagés dans une relation ou désireux de s’y engager, de clarifier les ambiguïtés ou les confusions liées à une mauvaise connaissance des doctrines respectives.

- Depuis quelques décennies, les chrétiens et les musulmans se sont engagés avec générosité dans un dialogue basé sur une expérience commune de vie, mais cela a conduit progressivement à masquer les désaccords doctrinaux qui séparent les deux communautés. Or si le dialogue veut aller plus loin que les relations amicales, il doit aborder ces différences : musulmans et chrétiens doivent être « d’accord sur leur désaccords ». L’acceptation de l’altérité est le seul vrai chemin de respect.

Cette conviction conduit François Jourdan, dans une première partie, à dénoncer et corriger quelques idées, selon lui erronées et largement répandues parmi ceux qui s’engagent dans le dialogue islamo-chrétien, ou encore quelques images de l’islam véhiculées dans la société française. Dans une deuxième partie, l’auteur revient, de manière plus précise, sur les différences entre la conception coranique et la conception biblique de la révélation. Cela l’amène à rejeter l’idée d’un arbre généalogique unique d’où partiraient les trois grands monothéismes, comme si les uns et les autres avaient sur Dieu, sur la révélation et sur les autres, la même conception. Lorsque les musulmans disent reconnaître les deux autres religions, ils n’en reconnaissent en réalité que leur propre conception, dans laquelle, ni les juifs, ni les chrétiens, ne peuvent se retrouver. Pour cette même raison, il est impossible, aux yeux de l’auteur, qu’un chrétien reconnaisse Muhammad comme un prophète ou encore l’islam comme une religion révélée. Dans une troisième partie, François Jourdan aborde quelques dossiers plus techniques, mais important dans sa logique de clarification : le premier concerne le nom coranique de Jésus, ‘Isâ, qui ne correspond pas au nom arabe traditionnel, Yasû’, mais qui renverrait en fait à Esaü, figure négative des chrétiens dans le judaïsme des premiers siècles. Le deuxième concerne le lien entre Saint Paul et l’Église : les textes polémiques juifs, puis musulmans ont souvent considéré que Paul était le véritable fondateur de l’Église, ce qui avait eu pour conséquence une déformation du message originel de Jésus et de ses compagnons. Le troisième dossier est bâti autour d’un schéma dans lequel l’auteur essaie de situer les grandes traditions religieuses, non plus en cherchant une origine commune, mais en prenant en compte leur perception de la transcendance et de l’immanence, ainsi que leur rapport d’immédiateté ou d’infinité avec la divinité. Le quatrième dossier est presqu'une conclusion : il essaie de voir comment un dialogue islamo-chrétien, où chacun se situe dans une logique spécifique, sans essayer de cacher ses différences, peut être fécond. En annexe, on trouve des ensembles de citations qui viennent illustrer les propos du livre.

- François Jourdan s’est surtout attaché dans ce livre à aborder le dialogue sur un plan doctrinal, avec la conviction que les différences entre chrétiens et musulmans ne sont pas suffisamment soulignées, tant dans les lieux habituels de rencontre islamo-chrétienne où les relations trop affectives entraînent une peur de blesser l’autre, que dans de nombreux écrits chrétiens sur l’islam. Il dénonce avec raison les sources de confusion liées à des niveaux de compréhension différents du même vocabulaire : la notion de prophétisme, de révélation ne signifient pas la même chose pour un chrétien et un musulman ; l’expression souvent entendue « religions du livre » n’est pas adéquate pour parler du judaïsme et encore moins du christianisme ; l’image d’un tronc commun des trois religions ne peut pas rendre compte de ce qu’est chaque religion. La deuxième partie donnera des repères précieux pour comprendre certaines différences de fond entre la révélation chrétienne et coranique. Il est certain qu’un véritable dialogue ne doit pas masquer, ni même négliger l’importance de ces divergences fondamentales.

- Cependant, la lecture du livre laissera certains lecteurs mal à l’aise pour plusieurs raisons.

D’abord pour des questions de méthodes. La première partie, même si elle veut sortir les lecteurs de l’ambiguïté n’échappe pas à une tonalité polémique. Les paragraphes sont souvent une juxtaposition de citations sorties de leur contexte qui servent à appuyer l’argumentation de l’auteur, mais elles ne cherchent jamais à resituer la citation en fonction de l’ensemble de ce qu’a pu dire l’auteur (c’est typique pour Jean-Paul II) ou en cherchant à comprendre de manière bienveillante la problématique de l’auteur (ce qui est le cas pour les citations de Geffré). Bien que François Jourdan prétende traiter chaque tradition selon sa propre cohérence (p.89), la révélation coranique n’est pas expliquée dans une logique musulmane, mais souvent de manière négative, à partir de la conception chrétienne de l’auteur. Peu de musulmans s’y retrouveront. Tout au long du livre, on trouve d’ailleurs de petites incises négatives qui finalement contribuent à donner, à la fin, une image assez négative de l’islam : « Cette conception [Dieu est sauveur, amour, et fait alliance avec les hommes] est choquante pour l’islam car Dieu y est d’une transcendance ombrageuse, tel un tuteur surplombant tout ce qui n’est pas lui, radicalement séparé de toute créature et attendant de l’homme qu’il se rende à lui ; c’est le sens du mot arabe muslîm traduit par « musulman » ou « soumis » (p.33) » ; « En réalité le mal est profond (p.68) » ; « Quelle consistance peuvent avoir les hommes devant Dieu, et les non musulmans devant les musulmans ? (p.95) » ; « Et l’islam qui, pour Dieu est la religion, la religion « immuable », tend à être à son tour tutelle sur tout ce qui n’est pas musulman : supplanter toutes les religions et rejeter qui veut un autre culte (p.95) » ; « Pour l’islam la transcendance ombrageuse du Dieu tuteur fait que la révélation est conçue comme extérieure à l’homme (p.96) »… Des éléments positifs y sont notés p.179, lorsque l’auteur invite les chrétiens à partager ce qui est bon avec les musulmans, mais ce n’est jamais dans leur perception de Dieu, comme si l’hospitalité, l’accueil, l’attention aux choses religieuses était sans aucun lien avec leur doctrine. C’est d’ailleurs sans doute là une autre limite du livre : il cloisonne la foi en deux parties indépendantes : la doctrine d’un côté et ce qui est vécu de l’autre. La doctrine de l’islam est toujours vue indépendamment de la vie des musulmans, sous le prétexte d’aborder enfin l’islam pour lui-même et non en se réfugiant derrière la diversité de ses interprétations.

Beaucoup d’affirmations manquent également de nuances : la dénonciation de l’idée selon laquelle « il ne faut pas donner l’impression de critiquer l’islam car c’est de l’islamophobie » est explicitée par les attentas islamistes de Londres (p.72-73), comme si les deux choses étaient directement liées. Face au rappel fréquent de la toute puissance de Dieu et de la prédestination, la responsabilité de l’homme dans l’islam n’est jamais évoquée, alors que la plupart des écoles théologiques reconnaissent une vraie liberté à l’homme d’accepter ou de ne pas accepter la charge confiée par Dieu (p.94). La présentation du rejet du soufisme dans l’islam ne rend compte ni de la réalité très forte de l’islam confrérique dans le monde, ni des enjeux qui ont aboutit à la condamnation mentionnée des soufis (p. 74-75). De même, peut-on vraiment dire que « en islam, la révélation ne concerne pas Dieu qui demeure impénétrable (Sr 112) (p.96) » ? Le concept de révélation dans le christianisme est en fait comparé au concept de la révélation dans l’islam, sans que l’auteur cherche à entrer dans la cohérence musulmane de la révélation coranique…

Par rapport à la révélation chrétienne, Claude Geffré est beaucoup critiqué mais l’auteur ne cherche pas à entrer dans la problématique de Claude Geffré pourtant essentielle : tout en préservant la spécificité de la foi chrétienne, que dire de l’action de l’Esprit Saint présente dans les autres religions, non seulement dans leurs aspirations fondamentales, mais aussi dans leurs initiatives, leurs cultures et leur religions (Cf. Redemptoris Missio 28-29) [2] ? Comment rendre compte de l’affirmation répétée des textes du Magistère d’une relation spécifique qui unit la foi chrétienne avec la foi juive et la foi musulmane, au point que Paul VI utilise deux fois l’expression « une foi commune [3] » au Dieu unique , que Jean Paul II affirme aux musulmans que « nous pouvons nous appeler, au vrai sens des mots, frères et sœurs dans la foi en le seul Dieu [4] » et que dans la plupart des discours pontificaux adressés aux musulmans, Jean-Paul II utilise le « nous » inclusif, se situant lui-même dans une démarche commune avec les musulmans. On peut n’être pas d’accord avec la formulation de Claude Geffré (« non pas la Parole de Dieu, mais une Parole de Dieu qui m’interpelle dans ma foi »), mais à condition d’aborder de fait la problématique dans toute sa complexité, ce que l’auteur ne fait pas.

- Faut-il finalement bannir de notre langage : « Nous avons le même Dieu » (p.33) ? C’est vrai que l’expression est porteuse d’ambigüités et qu’il conviendrait d’en préciser les traits communs, mais dans la perspective « de promouvoir l’unité et la charité entre les hommes », les chrétiens n’ont-ils pas pour tâche de regarder « d’abord ce que les hommes ont en commun et qui les pousse à vivre ensemble leur destinée » ? (Nostra Aetate 1) N’est-il pas possible, tout en disant la spécificité de la foi chrétienne de regarder avec une haute estime la foi des musulmans (ce qu’ils confessent et ce qu’ils vivent étant liés) ?

Henri de La Hougue

REPONSE DE FRANCOIS JOURDAN A HENRI DE LA HOUGUE ET A SES REPETITEURS, le 26 mai 2008

Beaucoup, voulant rester naïfs mais ne sachant comment répondre à mon livre, se contentent de reprendre la recension de Henri de La Hougue présente sur internet (Google) depuis plusieurs mois à la rubrique du titre de mon livre « Dieu des chrétiens, Dieu des musulmans ». Le cas est patent de la part de la journaliste de La Croix, Martine de Sauto, le 7 février 2008 en page 13 où l’on reconnaît les mots mêmes de H. de La Hougue ; on a l’impression qu’elle n’a pas même ouvert le livre. Mais beaucoup se réfugient dans cette recension qui est une habile construction de coquilles vides, de soupçons non étayés, de procès d’intention. Comment un professeur à l’Institut Catholique de Paris peut-il travailler sans preuves et par allégations. Ce n’est pas du bon travail que de critiquer sans appui : tout le monde peut le faire mais ce n’est pas sérieux. Il me reproche un « mal à l’aise » (mot repris par ses répétiteurs comme ceux en italiques gras qui suivent) dû à ce qu’il regroupe étonnamment sous l’étiquette apparemment savante « d’une question de méthode » :

- 1/ D’abord « une tonalité polémique » : or le préfacier de mon livre (p.8) trouve que d’avoir placé les citations les plus osées en fin d’ouvrage (annexe 1) atteste de mes « intentions iréniques ». Beaucoup de lecteurs n’ont pas trouvé de polémique. Tout dépend sans doute d’où l’on se place. Une susceptibilité qui devance celle même des musulmans ne peut évidemment supporter toute distance critique et toute affirmation des différences. La vraie critique sous jacente mais inavouée, c’est que je ne fais pas de gentillesses aux musulmans. La fin de mon introduction rappelait pourtant bien (p.23-24) que « le dialogue sur le plan doctrinal ne préjuge en rien de la qualité des personnes ». Tout intellectuel doit savoir que si l’affectif domine, on ne peut plus travailler, particulièrement avec l’islam. Délibérément mon livre n’a pas pris le relationnel comme sujet mais la doctrine. On ne peut pas tout traiter, même si, trop facilement, l’auteur me le reproche encore ici ou là, comme sur le soufisme (p.74) et le libre arbitre (p.94) si complexe dans les écoles juridiques islamiques.

- 2/ « Les citations sorties de leur contexte ». L’usage avéré est que jamais on ne donne le contexte des citations sauf si, dans un cas précis, il y a problème. S’il fallait chaque fois resituer dans le contexte, il faudrait infliger au lecteur deux à trois fois plus de texte inintéressant. Mon censeur lui-même me cite hors contexte ! Il me cite même à contresens, comme négatif par rapport à l’islam, quand il s’agit des propos de psychiatres sur le refoulement énergique de la part féminine dans les sociétés arabo-musulmanes (p.68 : « le mal est profond »), propos non dirigés expressément contre l’islam en lui-même par ces auteurs musulmans. Si la moindre critique est irrecevable, on perd la liberté de travailler, ce qui est grave et qui nous empêche alors de parler de l’islam autrement qu’avec la langue de bois. En fait mes citations le gênent, même si elles viennent de musulmans modernisants (alors qu’il faudrait plutôt encourager ces derniers !). Pour mes citations de Jean-Paul II, l’auteur les trouve typiques de ce travers. Je cite trois fois ce pape dans des contextes différents et l’auteur ne donne pas à quelles citations cela s’applique et en quoi l’absence de l’ensemble de la pensée du pape invalide mes citations. Pure affirmation. Quant aux citations sur la position du théologien Claude Geffré, l’auteur, par deux fois y revient, en me suspectant de l’avoir déformée. Il connaît mal la position de C.Geffré à qui j’ai présenté les dites citations un mois avant la parution de mon livre. Je possède sa réponse amicale et intelligente convenant qu’en effet nous avons le droit de ne pas être d’accord et que malheureusement il y a peu de gens à travailler sur ce domaine doctrinal. Il ne s’est pas senti déformé, et n’a pas ressenti le besoin d’en développer plus la problématique ni le contexte, ce que me réclame donc à tort H. de La Hougue. Et quand ce dernier continue en citant Paul VI : « Une foi commune au Dieu unique » et le commente comme une démarche commune avec les musulmans, le contexte justement peut-il nous faire penser que Paul VI croyait au même Dieu que les musulmans ignorant l’Alliance biblique et l’Incarnation ?! Comment celui qui me fait la leçon peut-il nous laisser dans une telle ambiguïté affectionnée, comme il affectionne l’expression ambiguë de « même Dieu » par laquelle il conclue sa recension ! N’est-ce pas justement le rôle des théologiens que de déjouer les pièges et les ambiguïtés au lieu de les entretenir ! Les papes qu’il cite parlent du Dieu unique, ou du seul Dieu mais pas du même Dieu.

- 3/ « La révélation coranique n’est pas expliquée dans une logique musulmane …mais à partir de la conception chrétienne…Peu de musulmans s’y retrouveront ». Cette affirmation générale et sans appui est contredite massivement par l’ensemble de mon livre qui fait justement la clarification approfondie des doctrines islamique et chrétienne, en particulier dans la deuxième partie. Et aucun musulman, à ma connaissance, n’a prétendu ne pas y retrouver sa foi. D’ailleurs l’Ecole Cathédrale avait demandé, après l’obtention de l’Imprimatur pour la doctrine catholique de mon livre, le rapport favorable d’un bon islamologue, et l’a obtenu. Cet islamologue de renommée internationale n’a pas relevé ce genre de confusion. Cette allégation est vraiment mal dite et veut peut-être mettre en cause ma pédagogie de faire des allers-retours fréquents entre islam et christianisme pour bien montrer la portée des affirmations posées. Ainsi lorsqu’en présentant la transcendance islamique de Dieu je pose la question : « Quelle autonomie du créé, quelle altérité est possible » (p.93. 95.96), cette question est posée aussi par le musulman modernisant Abdennour Bidar dans le journal La Croix du 15-16 décembre 2007 p.14 : « L’islam aurait dû prendre garde qu’en éloignant Dieu à ce point de transcendance, on risque de le réduire à un maître qui ordonne…Il y a là un verrou théologique redoutable que nous, musulmans, avons la responsabilité de faire sauter ». Il est utile de le dire là pour mesurer la portée de ce dogme, y compris pour les musulmans qui, comme, Dalil Boubakeur, affirmait aussi récemment que « L’islam est un monothéisme intransigeant ». H. de La Hougue pourra trouver cela désobligeant pour les musulmans, mais c’est l’islam tel quel et non rêvé par des chrétiens qui ne supportent pas que l’islam les éloignent de leurs vues chrétiennes. Pour lui, citer le Coran 3,85 (« Qui veut un autre culte que l’islam est rejeté ») et 48,28 (« L’islam doit supplanter toutes les autres religions ») est irrecevable et, en me citant dans sa recension de la page 95, il tronque ma phrase en omettant ces références qui montrent clairement que c’est le Coran lui-même qui parle ainsi, et ces versets sont tardifs et non abrogés. Il ne veut même pas voir le Coran.

- 4/ Manque de « nuances » : il me reproche le lien entre les attentats de Londres (p.73) et le refus naïf de critiquer l’islam, lien qu’il dit « sans nuances » et non prouvé, alors que je rappelle les graves négligences avérées et notoires de l’administration britannique sur le Londonistan, et son mutisme très remarquable. Cette manière de ne pas vouloir voir est confondante de naïveté.

- 5/ Il me reproche de ne pas voir le lien des qualités d’accueil et d’hospitalité avec la doctrine islamique (qu’il serait bien en peine d’expliciter). En réalité, ces qualités tout à fait réelles ne sont pas liées à l’islam mais sont culturelles à tout l’Orient, musulman ou non, et depuis longtemps ; c’est pourquoi je ne les ai pas mises comme caractéristique d’une cohérence. Par exemple, l’hospitalité d’Abraham à ses trois visiteurs est développée dans la Bible (Gn 18,3-9) mais non dans le Coran très laconique (11,69 ; 15,51 ; 51,26-27).

- 6/ Il me reproche une conception catholique récente de la révélation. Que la Révélation du Christ nous ouvre à la participation à la Vie divine n’est pas récent : 2e lettre de Pierre 1,4 ! Et cela n’a rien à voir avec le Dieu « impénétrable » (sourate 112,2) du Coran (p.96). Tous les islamologues savent très bien qu’en islam Dieu ne révèle pas son Mystère : il n’y a sûrement pas de régime de communion avec Lui, n’en déplaise aux chrétiens qui voudraient voir l’islam à leurs vues chrétiennes. Comment notre censeur peut-il ignorer tout cela ?

- 7/ Il me reproche de ne pas « regarder avec une haute estime la foi des musulmans ». Vatican II « regarde aussi avec estime les musulmans » (Nostra aetate §3) mais ne considère pas leur doctrine, sauf dans « ce qui est vrai et saint dans ces religions…qui apportent souvent un rayon de vérité » (§2). Il note, sans commentaire qui exigerait de très nombreuses nuances pour le coup, leur foi au Dieu Un, vivant et subsistant, miséricordieux et tout-puissant, créateur, qui a parlé aux hommes, et les jugera ressuscités. Ici, tous les mots ont un autre sens en islam et christianisme. Tout théologien doit le savoir. Là encore le déséquilibre entre l’affectif pour les personnes et la liberté d’appréciation sur le chemin de ces personnes signe chez notre censeur une position délibérément naïve, peu lucide et manquant de liberté. C’est souvent ce qui arrive avec les musulmans : leur gentillesse et leur manque grave de liberté nous enlèvent notre propre liberté à nous. Nous devons les aider à acquérir cette liberté. Alors le dialogue sera effectif et profond : vrai.

François Jourdan.

[1] François Jourdan, docteur en théologie, en histoire des religions et en anthropologie, est prêtre eudiste, délégué du diocèse de Paris pour les relations avec l’islam, il enseigne à l’École Cathédrale et l’Institut d’Études Religieuses de l’Institut Catholique de Paris. Il est l’auteur de La Tradition des Sept Dormants : une rencontre entre chrétiens et musulmans, Maisonneuve et Larose, Paris, 1983 [2001].

[2] Jean Paul II, durant l’audience générale du 9 septembre 1998 rappelle à propos du travail de l’Esprit Saint dans les autres religions : « Il faut tout d’abord avoir à l’esprit que toute recherche de l’esprit humain dans le sens de la vérité et du bien, et en ultime analyse de Dieu, est suscitée par l’Esprit Saint. C’est précisément de l’ouverture primordiale de l’homme à l’égard de Dieu que naissent les diverses religions. A leur origine, on trouve fréquemment des fondateurs qui ont réalisé, avec l’aide de l’Esprit de Dieu, une expérience religieuse plus profonde. Transmise aux autres, cette expérience a pris forme dans les doctrines, dans les rites et dans les préceptes des diverses religions »

[3] Paul VI aux communautés islamiques de l’Ouganda, le 1er Aout 1969, puis au nouvel ambassadeur du Pakistan, le 18 septembre 1969.

[4] Jean-Paul II aux communautés de l’État de Kaduna (Nigeria), le 14 février 1982.

_________________
J'ai plus peur de nos propres erreurs que des plans de nos ennemis. Périclés


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
MessagePublié: 16 Fév 2012, 16:55 
Vicious
Avatar de l’utilisateur

Enregistré le: 09 Mar 2011, 17:44
Messages: 4332
Localisation: Dans la Caverne
:sif: :sif: :sif:

http://www.france-catholique.fr/Francois-Jourdan-La-Bible-face-au.html

François Jourdan, La Bible face au Coran (Les vrais fondements de l’islam), L’Œuvre, 2011, 140 p., 18 e.
par Maurice Borrmans 31 janvier 2012

Docteur en théologie, en histoire des religions et en anthropologie religieuse, François Jourdan avait déjà accompli, en 2008, «  un travail de clarification indispensable  », face à «  une confusion, consciente ou inconsciente, (qui) est entretenue  » quant aux rapports entre christianisme, judaïsme et islam. Son livre intitulé Dieu des chrétiens, Dieu des musulmans, des repères pour comprendre, avait suscité, tout à la fois, adhésions et réserves (cf. la recension d’Islamochristiana, PISAI, Rome, n°34 (2008), pp. 309-311)  : son «  Enquête sur une situation bien confuse  » dénonçait, à juste titre, les ambiguïtés du langage quotidien, et sa «  Présentation des cohérences fondamentales des deux traditions  » rappelait opportunément que chacune dispose de vocabulaires et de valeurs qui lui sont propres, ce qui ne peut qu’engendrer des «  conséquences doctrinales  » fondamentales.

Fallait-il pour autant parler d’expériences religieuses «  inconciliables  »  ? Bien des chrétiens ne le pensent toujours pas, quand il s’agit d’apprécier existentiellement la vie spirituelle de nombreux musulmans. Mais puisque les ambiguïtés demeurent et que «  non seulement les islamologues et les exégètes se contredisent entre eux, mais un même auteur peut ici se contredire comme le pape lui-même, ou évoluer comme le père Geffré […], que peut penser le non-spécialiste troublé dans sa foi devant pareille cacophonie et incohérence des spécialistes  ?  ». L’auteur entend justifier ainsi sa nouvelle intervention en la situant au niveau même des deux Livres de référence dont parle le titre de son ouvrage. Peut-on cependant affirmer avec lui que «  la confusion signe un grave retard théologique d’analyse et de compréhension de l’islam et des musulmans, et de nous-mêmes  »  ? à lire attentivement ses pages, on a l’impression qu’il passe sous silence bien des travaux, publications et recherches qui, depuis cinquante ans, témoignent d’une réflexion chrétienne approfondie quant au dialogue islamo-chrétien. On aurait aimé, de sa part, au moins une brève analyse de ce qui a été fait, dans ce sens, depuis la création, en 1964, du Secrétariat romain pour les non chrétiens, devenu le Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, en 1988.

Il n’empêche qu’on ne peut qu’assentir à ce qu’il dit en ses huit chapitres. à la question du ch. I. Islam, religion de l’alliance biblique  ? (p. 13-39), il démontre que l’alliance de type biblique (partenariat entre Dieu et les humains) est propre aux juifs et aux chrétiens  : scellée avec Abraham et renouvelée avec Moïse, elle est accomplie avec Jésus (les Ibrâhîm, Mûsâ et ‘Îsâ du Coran étant bien différents de leurs homologues bibliques), alors que l’islam est «  plutôt une religion ontologique fondée sur l’alliance transhistorique qui coïncide avec la création du premier Adam  » (Geffré). à l’interrogation du ch. II, Bible et Coran dictés à des auteurs inspirés  ? (p. 41-55), il répond que «  le processus de production du texte  » révèle bien vite que, s’agissant de la Bible, «  le texte est pleinement humain et pleinement divin, pleinement parole de Dieu et pleinement parole d’homme, [car] on est déjà dans une logique d’incarnation  », alors que «  le Coran n’est en rien la parole de Muhammad, mais uniquement la parole de Dieu seul en direct  », donc «  un texte incréé  » et révélé, non inspiré, et partant échappant à toute critique humaine et déclarant falsifiées les Écritures antérieures  » qui sont celles de la Bible.

Au ch. III, Ancien et Nouveau Testa­ments inséparables (57-66), F. Jourdan oppose la «  cohérence biblique (Le Nouveau Testament caché dans l’Ancien et, dans le Nouveau, l’Ancien dévoilé)  » et la «  cohérence coranique  » qui renvoie les vrais Tawrât et Injîl, comme «  pré-Corans  », à la version de «  l’unique Livre prototype, la Mère du Livre  ».

Par suite, avec le ch. IV, Religions bibliques et islam devant la raison (p. 67-75), il est démontré, à la suite de Rémi Brague, que, s’agissant de l’accueil fait à «  l’héritage de la philosophie grecque antique comme usage de la raison  », le christianisme a procédé par «  inclusion  », recourant au commentaire qui est une réécriture, tandis que l’islam a recouru à la «  digestion  », se contentant de la seule paraphrase. Ce qui permet au ch. V. Développement de la tradition interprétante (77-83) d’insister sur «  la tradition orale  » et son antériorité par rapport à l’Écriture dans le judaïsme comme dans le christianisme, ce qui explique que ce dernier « a développé la théologie comme science organique, structurée et soumise à la raison humaine critique  », tandis qu’en islam «  le Coran écrit vient en premier, et la tradition n’est pas la vie de la communauté mais des détails de la vie du fondateur  ».

Toutes considérations qui amènent à la question du ch. VI, Révélation tout entière dans la Bible ou le Coran  ? (p. 85-95). La réponse chrétienne voit en Jésus-Christ «  la Parole de Dieu  » et la pleine «  auto-révélation de Dieu  », alors que l’islam affirme que la «  Parole de Dieu littérale et fondamentaliste  » se trouve être dans le Coran, ce qui engendre deux visions opposées de la «  révélation  » et donc de l’interprétation du «  texte  » en fonction de ses genres littéraires (il convient donc de «  ne pas se tromper de prophétisme  »). La question décisive est alors celle du ch. VII, Clôture de la révélation  ? (p. 97-114), puisqu’il s’agit de s’expliquer sur la notion de «  sceau des prophètes  » et aussi de «  monoprophétisme  », car ce «  concept doctrinal n’est pas biblique  » tandis que «  les prophétismes manichéen et coranique semblent apparentés jusque dans le scellement de la prophétie, et en même temps nettement différents du prophétisme biblique abrahamique, et loin de l’accomplissement apporté par Jésus  ».

On peut alors apprécier le tableau de la page qui récapitule l’« inversion de l’être au monde selon la relation avec Dieu  » (p. 111). Et c’est pourquoi le ch. VIII, Au-delà de la clôture, une suite  ? (p. 115-123) invite à de nouvelles perspectives. En effet, « est-il possible d’aller au-delà  ?  ». En islam, «  aller au-delà du livre du Coran paraît très audacieux  »  ; en judaïsme, «  la tradition vivante est toujours à l’œuvre pour interpréter, mais dans les limites strictes de la Torat qui permet de vivre l’alliance dans un cadre donné (le Messie ne ferait que la mettre en œuvre)  » ; en christianisme, «  les Actes des Apôtres ne sont pas finis […]. Tout n’est pas fini avec la résurrection du Christ et son ascension, mais tout reprend un nouveau départ […]. C’est plus particulièrement le temps de l’Esprit Saint  ». Mais comment interpréter le sous-titre du livre  ? à vouloir rappeler, à travers un comparatisme qui insiste sur les seules différences, quels sont «  les vrais fondements de l’islam  », l’auteur donne l’impression, tout en accusant de naïveté nombre de ses frères en christianisme, de vouloir «  faire la leçon  » à certains artisans du dialogue islamo-chrétien. Est-il assez naïf lui-même pour croire que ces derniers ignorent ces différences par lui signalées  ? On peut supposer qu’ils lui sauront gré des conseils qu’il leur rappelle en sa Conclusion (125-135)  : «  Il nous faut accepter ces différences avec compétence et le courage de se dire que nous ne sommes pas pareils, et que ce n’est pas une offense que de le reconnaître, mais au contraire le respect de nos identités réelles […]. Le dialogue est un compagnonnage de vie dans une compréhension plus grande, en trouvant les voies nécessaires pour être ensemble. Un aspect essentiel de ce chemin, c’est d’être clair et vrai  ; alors la confiance peut s’installer. La vérité est réaliste […]. Car le dialogue est reconnaissance d’une altérité consistante et d’un partenariat, dans une volonté de trouver et de bâtir ensemble les chemins de la paix  ». On croit ainsi entendre à nouveau ce que n’ont jamais cessé de répéter les chrétiens de dialogue depuis près de cinquante ans, et il est dommage que F. Jourdan semble en ignorer les expériences et les publications, affirmant à leur sujet que «  la confusion signe un grave retard théologique d’analyse et de compréhension de l’islam et des musulmans  ». Il est regrettable qu’il ne puisse pas distinguer entre les genres littéraires que pratiquent les moyens de communication sociale (et leurs présentations superficielles avec leurs amalgames trompeurs), les sciences des religions (et leurs approches descriptives et phénoménologiques avec leurs évaluations réductrices) et les affirmations du magistère (et ses discernements théologiques et spirituels avec une position souvent médiane). Car bien des expressions dont il souligne l’ambiguïté re­lèvent justement de ces divers domaines de l’information  : à chacun, alors, d’en tenir compte et de faire le discernement nécessaire  !

Mais on aurait surtout aimé qu’il explique comment parvenir à ce «  partenariat  » spirituel à peine entrevu en sa conclusion. Comment peut-on parler de dialogue islamo-chrétien en passant sous silence, comme il le fait, et le § 16 de la Constitution Lumen Gentium et le § 3 de la Déclaration Nostra Aetate  ? Car tout dialogue suppose, comme s’y exercent les textes conciliaires, l’emploi d’un langage plus ou moins commun où les mots qu’utilisent les partenaires pour exprimer leurs expériences sont plus ou moins analogues. On attendait de ce livre qu’il précise la part d’analogie que les textes du Concile, les encycliques (ou discours) des papes et les textes du Conseil pontifical pour le dialogue religieux comportent dans le domaine du partage possible des expériences spirituelles entre chrétiens et musulmans.

Hélas  ! le livre accumule les mises en garde et n’envisage que l’islam «  essentialiste  », oubliant que la subjectivité de la vie religieuse des croyants est capable de donner aux modalités d’expression de leur approche du mystère de Dieu des significations bien supérieures à celles qu’en exprime l’orthodoxie officielle. D’autant plus que l’Esprit Saint est toujours capable d’enrichir dans les consciences des croyants, quels qu’ils soient, les pauvres mots auxquels ils recourent pour exprimer plus ou moins maladroitement leur expérience spirituelle. Et n’est-ce pas cette constante et universelle intervention de l’Esprit Saint qu’a voulu exalter Jean-Paul II en son encyclique Redemptoris Missio  ? Là encore le livre n’en dit mot, alors qu’on espérait qu’il en reprenne et en poursuive la réflexion. Les chrétiens artisans de la rencontre avec les musulmans sauront s’y employer.

_________________
J'ai plus peur de nos propres erreurs que des plans de nos ennemis. Périclés


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
MessagePublié: 28 Juil 2012, 12:33 
Vicious
Avatar de l’utilisateur

Enregistré le: 09 Mar 2011, 17:44
Messages: 4332
Localisation: Dans la Caverne
Image

http://www.edition-originale.com/fiche-livre.php?id_livre=23589

Hadrian RELAND
De religione Mohammedica.

Ex libraria Gulielmi Broedelet, Trajecti ad Rhenum, 1717, pet. in 8 (10x15,5cm), (56) 272pp. (42), 2 parties en un Vol. relié, tirage de tête.
Image

L'édition originale est parue en 1705, elle est moins recherchée car elle ne contient pas d'illustrations. Cette seconde édition est illustrée d'un frontispice, d'une vignette de titre, d'une seconde vignette p. 115 et de 4 planches dépliantes : un tableau figurant la généalogie de Mahome, une planche contenant deux figures de mahométans priant, une troisième de Sainte Sophie, et une très grande planche dépliante (55x33cm) de la Mecque. Elles sont l’œuvre de J. Goeree et gravées par Bernarts et sont d'une grande finesse. L'nsemble est à pagination continue, la seconde partie se distinguant par un faux-titre.

Cartonnage d'époque. Traces de papier miel qui le recouvrait et qui rend aujourd'hui le carton apparent. Dos lisse orné de 4 fleurons et de filets. Pièce de titre de papier miel. Frottements, un coin grignoté. Reliure solide.

L'oeuvre de Reland est sans doute la première entreprise d'exposition de la religion islamique sans critique occidentale et sans dénigrement. Le livre est le fruit d'une étude objective et sincère. La première partie : Compendium theologiae Mohammedicae (en latin et arabe) est l'oeuvre d'un auteur arabe, Mukhtasar, et se trouve pour la première fois traduite en occident. La seconde partie contient le traité de Reland (avec de nombreux passages en arabe) et constitue ainsi que nous l'avons souligné précédemment, la meilleure compréhension de l'Islam qui ait été donnée. Non seulement le premier texte est fort important mais c'était la première fois qu'était donné dans un essai sur l'Islam la précellence à un auteur arabe quant à l'exposition de la doctrine musulmane.

Hadrian Reland (1676-1718) fut bien connu de son temps, célèbre orientaliste, philologue réputé, professeur de philosophie à Haderwijk, il fut également un fin connaisseur des antiquités hébraïques et le découvreur des langues des îles du Pacifique.
Image

_________________
J'ai plus peur de nos propres erreurs que des plans de nos ennemis. Périclés


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
MessagePublié: 10 Nov 2012, 09:51 
Vicious
Avatar de l’utilisateur

Enregistré le: 09 Mar 2011, 17:44
Messages: 4332
Localisation: Dans la Caverne
J'ai lu l'invention de l'islam de Orcel... :lol: Inutile de dire ce que j'en pense, il n'y a RIEN dans ce petit livre qu'on ne puisse trouver sur la plupart des sites qui traitent du sujet.

Encore une fois il s'en prend aux érudits et chercheurs de l'islamophobie savante. Il ne se contente pas de remettre en question les travaux de spécialistes en islamologie, philologie, histoire, théologies comparées, épigraphie, lexicographie, lexicologie, calligraphie, codicologie et paléographie..., il tranche, lui le spécialiste en...en quoi déjà ?

J'ai trouvé ça aussi. Animé par Abdelwahab Meddeb, forcément très neutre comme on l'imagine (il se moque discrètement quand M Orcel évoque "la foi engagée "des Urvoy ou les travaux de "démolition "de Luxenberg et de Crone. C'est vraiment le monde à l'envers puisque Meddeb comme Orcel sont des spécialistes de littérature et poésie)... Il (M.O.) parle de de Libera comme d'un savant d'un tout autre niveau que Sylvain Gouguenheim ('en philo médiévale peut-être, mais face à Dominique Urvoy ou Rémi Brague que vaut de Libera ? :lol: ). Orcel dit "peu importe ma foi d’aujourd’hui" ou encore "mon sens de la justice a été piqué" (en parlant des travaux des savants critiques ou du Discours de Ratisbonne...). Orcel dit que "le Wahhabisme a toujours été considéré comme une secte hérétique en Islam, alors qu'il n'a pratiquement rien à voir avec l'islam. " :roll: Il dit aussi que Jean Damascène n'est pas l'auteur du passage où l'"islam" (en fait « religion des Ismaélites » ou « religion des Agarènes » dans ce passage) est classé parmi les hérésies (100 ou 101ème).

________________
http://books.google.fr/books?id=RISfXyQKUasC&pg=PT56&lpg=PT56&dq=luxenberg+orcel&source=bl&ots=m6Q8qkA0ne&sig=A26osgkpiO2nfrKY5AQmU6I_ZGk&hl=fr&sa=X&ei=Y3OeUM7TKIe80QXfqoGIDg&ved=0CFAQ6AEwBw#v=onepage&q&f=false extrait de L'invention de l'islam: Enquête historique sur les origines Par Michel ORCEL
Citation:
Image

:lol: :lol:
________________

Il cite les époux Urvoy et dit : "des arabisants très pointus et compétents que leur foi rend parfois extraordinairement aveugles" (lui ne dit rien sur sa foi) " ils soutiennent que les figures bibliques ne sont pas les mêmes qu'en islam, que ce n'est pas le même Dieu qui est adoré"... 'on peut parler de phobie chez ces gens au sens psychanalytique du terme, c'est pulsionnel, on est en deçà de la raison et de la théologie. Ça rappelle la religion totémique, (c'est mon totem pas le tien)".

Citation:
Je tâche et j'ai pris à cœur d'être le plus objectif possible. Le plus beau compliment qu'on puisse me faire c'est de me dire qu'on ne sait pas d'où je parle, et heureusement. C'est un compliment magnifique qui prouve que j'ai transmis un savoir sans y mêler mes propres passions. Je ne suis lié à aucune institution.


http://www.franceculture.fr/emission-cultures-d-islam-la-verite-de-l%E2%80%99islam-2012-07-06

La vérité de l’islam


06.07.2012 (58 min)

Citation:
Italianisant, traducteur du Tasse, de L’Arioste, Michel-Ange, Leopardi, Foscolo (etc.), poète, romancier, essayiste, Michel Orcel a eu la passion de l’Orient et de l’islam avant d’en être l’hôte pendant plus d’une décennie lorsqu’il a élu résidence à Marrakech.

Il constate, avec effroi, dit-il, qu’une part de l’islamologie contemporaine médit l’islam. Après avoir scruté les textes écrits par Marie-Thérèse et Dominique Urvoy, Alfred-Louis de Prémare, Claude Gilliot, Edouard-Marie Gallez, Anne-Marie Delcambre, Rémi Brague notamment, notre invité prend acte que ces auteurs sont de multiples manières liés à l’Eglise.

Ensuite, Michel Orcel s’attache à éclairer ce qu’il estime être les cinq énigmes qui hantent la genèse de l’islam et ses premiers pas dans l’histoire (622-692). Se trouvent ainsi éclairés la figure du prophète, la formation du coran, la fondation de la Mecque, l’origine de la Kaaba, le mystère du Dôme du Rocher.

Il estime enfin que l’épreuve historiographique ne bouleverse pas outre mesure la matière traditionnelle de l’islam. Dans ses grands traits la vérité que l’islam s’attribue peut gagner son authentification quand même elle aurait été construite par des mains humaines.

Bibliographie

Michel Orcel, De la Dignité de l’islam, Réfutation de quelques thèses de la nouvelle islamophobie chrétienne, Bayard, 2011 ; L’invention de l’islam, enquête historique sur les origines, Perrin, 2012

Le Tasse, Le messager, traduit de l’italien par Michel Orcel, Verdier, 2012



Invité(s) :
Michel Orcel, écrivain


_______________________
http://fr-fr.facebook.com/Linventiondelislam?filter=1
Citation:
Michel Orcel, L'Invention de l'islam L'affaire est complexe : en Europe, il n'y a évidemment pas de christianophobie. En Russie, ce sont les musulmans qui sont méprisés, persécutés; en Birmanie, également et de façon affreuse; en Chine aussi (les Ouigours). Le christianisme est quasiment impossible en Arabie saoudite, accepté (plus ou moins bien en Egypte) et au Maghreb. Les chrétiens sont réellement persécutés au Pakistan et en Afghanistan, ainsi qu'en Iraq (depuis l'invasion américaine), ce qui est fort triste car ils sont une composante historique de cette région, et, d'une certaine manière, en Israël (par les juifs surtout). Dans le passé, en revanche, les chrétiens d'orient ont accueilli à bras ouverts l'islam contre la persécution de Byzance...


_______________________
Plus intéressant cette fois, cet entretien d'une vingtaine de minutes durant lequel Orcel vulgarise des travaux sérieux. Dommage qu'il parle du Jésus et figures bibliques en islam sans préciser que l'islam et les musulmans affirment que ces personnages étaient tous musulmans, qu'ils avaient tous la foi de Mahomet et non pas l'inverse. Il semble aussi qu'il refuse d'en dire plus sur sa propre foi tout en fustigeant les "islamophobes chrétiens ou proches des milieux chrétiens"...étrange. Pourquoi ces gens, attaqués par Orcel et "ses jumeaux", ne sont-ils jamais invités à répondre...? :lol:

http://www.rfi.fr/emission/20121021-1-retour-sources-islam

dimanche 21 octobre 2012
1 - Retour aux sources de l’islam

Par Geneviève Delrue

Avec Michel Orcel (10H10-10H30) et Mohammad Ali Amir Moezzi (10H33-11H00), relecture des débuts de l’islam.

Michel Orcel a publié chez Perrin « L’invention de l’islam » qui se présente sous la forme d’une enquête recoupant sources musulmanes et non musulmanes sur la vie du prophète et l’islam naissant. Michel Orcel revient sur cette hypothèse d’un islam issu d’une secte judéo-nazarénne, courant dissident du christianisme orthodoxe de l’époque qui ne reconnaissait pas la divinité de Jésus. Il rappelle également l’existence de diverses versions du Coran.

Mohammad Ali Amir Moezzi dans un livre savant « Le Coran silencieux et le Coran parlant » (CNRS éditions) montre l’articulation entre l’élaboration des Ecritures Saintes –Coran et Hadith- et le climat de violence des premiers siècles de l’islam avec, notamment, pour conséquences la division entre Sunnites et Chiites.

http://www.rfi.fr/aef_player_popup/rfi_player#

__________________________

Citation:
"(Les urvoy) des arabisants très pointus et compétents que leur foi rend parfois extraordinairement aveugles" (lui ne dit rien sur sa foi) " ils soutiennent que les figures bibliques ne sont pas les mêmes qu'en islam, que ce n'est pas le même Dieu qui est adoré"... 'on peut parler de phobie chez ces gens au sens psychanalytique du terme, c'est pulsionnel, on est en deçà de la raison et de la théologie. Ça rappelle la religion totémique, c'est mon totem, (c'est pas le tien)".


François Jourdan: Docteur en théologie, en histoire des religions et en anthropologie religieuse, islamologue, François Jourdan est prêtre eudiste et professeur. Délégué du diocèse de Paris pour les relations avec l’islam depuis 1998, il a enseigné la mystique islamique à l’Institut pontifical d’études arabes et islamiques de Rome. Il est membre du Mouvement international de la réconciliation œuvrant pour la non-violence et enseigne à l’Institut catholique de Paris depuis plus de quinze ans, ainsi qu’à l’Ecole Cathédrale. Orcel soutient la comparaison avec ce genre de personnes :lol: :lol:


Débat Islam : Voile & versets abrogés
http://www.dailymotion.com/video/xd49od_debat-islam-1-voile-versets-abroges_news

Jihad & vision de Dieu
http://www.dailymotion.com/video/xd49bf_debat-islam-2-jihad-vision-de-dieu_news


---------------------------------

Michel Orcel, vous vous demandez pourquoi les travaux en philologie et autres domaines de recherches sont presque au point mort depuis plus de 10 ans. Peut-être devriez-vous avoir l’honnêteté de reconnaitre que ce n'est pas sans risque (accusations de racisme, d'islamophobie, de haine anti-arabes ou musulmans, fascistes, d'être d'extrême droite ou d'être "intégriste catholique" etc. , menaces financières, professionnelles ou physiques) de remettre en question les dogmes de l'islam et ses constructions, et pourquoi pas... vous indigner.

--------------------------------
Que Michel Orcel prouve qu'un seul élément avancé par MT Urvoy est faux dans ces trois entretiens... :roll:

Isa (Jésus) dans le Coran par MT Urvoy
http://www.dailymotion.com/video/x73406_jesus-dans-l-islam-par-marie-theres_webcam

http://www.dailymotion.com/video/x7355m_jesus-dans-l-islam-par-marie-theres_webcam

http://www.dailymotion.com/video/x738pp_jesus-dans-l-islam-par-marie-theres_webcam


Mayam (Marie) dans l'islam par Marie Thérèse Urvoy
http://lumiere101.com/2008/11/07/marie-dans-lislam/

____________________________

Et dans celui-ci. Même Dieu veut dire Dieu unique, pas identique.
Dieu dans l’islam et dans le christianisme
http://lumiere101.com/2009/02/07/dieu-dans-lislam-et-dans-le-christianisme/

_________________
J'ai plus peur de nos propres erreurs que des plans de nos ennemis. Périclés


Haut
 Profil  
Répondre en citant  
Afficher les messages depuis:  Trier par  
Publier un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 219 messages ]  Aller à la page Précédente  1 ... 11, 12, 13, 14, 15

Heures au format UTC [ Heure d’été ]


Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Google [Bot] et 4 invités


Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets
Vous ne pouvez pas modifier vos messages
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages

Rechercher pour:
Aller à:  
cron
POWERED_BY
Traduit par phpBB-fr.com