Je m'interroge. Questions ouvertes.
Il m'arrive de visiter quelque fois le site
http://pointdebasculecanada.ca/Dont voici un article qui paraissait, dans son titre, prometteur :
"ONU - Diffamation des religions
L’Organisation des Nations Islamistes Unies"
http://pointdebasculecanada.ca/spip.php?article741Or, on peut y lire ceci :
"En réalité, le terrorisme se produit au nom de l’islam, ou plus exactement, de l’islamisme. L’islamisme est un produit du 20ème siècle fondé sur les écrits de musulmans sincères tels que Hassan al-Banna et Syed Qutb.
Frustrés par le retard des musulmans vis-à-vis de l’Occident, ils ont offert une nouvelle version de l’islam comme alternative socio-politique totalitaire à la démocratie et à la permissivité de l’Occident. Les partisans de Osama bin Laden, du Hezbollah et du Hamas, tout comme les djihadistes qui ont pris d’assaut Mumbai la semaine dernière, ne sont ni des fous ni des esprits dérangés. Au contraire, ils souscrivent à une vision du monde qui est l’antithèse de celle de la plupart des musulmans et de l’Occident."
J'ai eu , disons, comme un ... tic d'agacement en lisant cela. Il y a bien evidemment dans cet extrait( mon propos n'est pas de critiquer le contenu de l'article qu'il faut lire en entier), une présentation, des imprécisions, voir des contre-véritées.
Or, la rédactrice de cet article n'est pas n'importe qui.
Supna Zaidi est directrice adjointe de Islamist Watch, une initiative du Middle East Forum
qui est le think tank de Daniel Pipes dont le but est la promotion des intérêts américains au Moyen Orient.
http://www.meforum.org/Et dont voici l'équipe dirigeante:
http://www.meforum.org/staff.phpEt plus précisemment en toute fin de page :
Supna Zaidi is assistant director of Islamist Watch. She is also editor-in-chief of Muslim World Today, which was the first American Muslim newspaper to fight against Islamism’s encroachment in America. Ms. Zaidi received a B.A. in political theory and a B.A. in history of the Near East and Religion from the University of California, San Diego (1999) and J.D. from New York Law School (2003). After graduation from law school, Ms. Zaidi practiced family, deportation and asylum immigration in New York and New Jersey. To contact Supna Zaidi, e-mail:
zaidi@meforum.org.
Et, tout de suite une première question : quelqu'un a t-il déjà décortiqué le journal dont elle est rédactrice en chef ?
http://www.muslimworldtoday.com/Quel en est le contenu ( islamique soft ? communautaire ? ... ) ? Quelles sont ses positions politiques ? Que diffuse t-elle, au final comme réel message ? Pour quel impact ? Quelle influence ?
Même si à proprement parlé sa dictinction islam/islamisme ne m'étonne pas : souvenez de la préface du livre d'A-M Delcambre "Soufi ou mufti? Quel avenir pour l'islam?". Elle avait été écrite par ... Daniel Pipes dont la position est la suivante :
"Anne-Marie Delcambre et moi avons des visions assez proches de la nature du problème, à une importante exception près. Elle n'établit aucune distinction entre islam et islamisme, alors que cette différence me paraît évidente. Sa démarche est exposée de manière détaillée dans les pages suivantes. La mienne, en résumé, consiste à présenter l'islamisme comme une manifestation spécifique, moderne et extrémiste de l'islam. Contrairement à elle, j'insiste sur les changements intervenant au cours du temps. Les musulmans n'ont pas toujours été aussi agressifs qu'aujourd'hui et, en se tournant vers l'avenir, on voit que la crise actuelle ne prendra fin que si une forme modérée d'islam vient remplacer la version virulente qui prédomine en ce moment.
En termes politiques, cela suppose que les gouvernements occidentaux fassent la différence entre l'islamisme et l'islam modéré, qu'ils répriment l'un et favorisent l'autre. "
http://fr.danielpipes.org/article/5138Nous avons bien là l'exact programme politique de nos élus, ce qui explique aussi qu'à l'émission de France O "Toutes les frances" on retrouve la main dans la main, un Bernard Godard et un Ghaleb Bencheikh, défendant face à Joachim Veliocas, la même idée : l'islam
apaisé existe, il suffit juste de le regarder... De toute manière en France, l'islam est incontournable. Or, Godar, ancien responsable des cultes aux RG qui a travaillé avec Chevènement et Sarkozy sur la construction du CFCM ne peut rien ignorer de la réalité ... quoique, pour ceux qui ont vus l'émission, il a quand même déclaré qu'au final il était de ceux qui trouvaient positifs, en france, "la génération Tarik Ramadan". Encore un truc qui m'a , disons, fait tiqué... et aussi, venant d'un aussi haut ex-personnage des ex-RG, un peu froid dans le dos.
Cf
http://www.islamisation.fr/On le sait, nos élus et dirigeants ont le souhait de promouvoir, coûte que coûte, l'idée d'un islam apaisé dont le logiciel dogmatique serait compatible avec celui de notre République Démocratique Laïque. ( Amen !)
Pire même ils pensent ( peut être) sincèrement que la version hard que nous subissons aujourdh'ui ne serait que celle "
qui prédomine en ce moment." Autrement dit un accident de l'histoire. Et qu'une autre existe, qui rendra sa vraie dimension à cette "grande religion".
Cette conviction là ils ont les moyens de la faire diffuser massivement, quitte à écarter tous ceux, y compris les vrais spécialistes, qui la conteste. Un exemple précis :
Au cours cette émission, alors que Velocias cite, parmi les Universitaires qui devraient selon lui être invités plus souvent à la télé, le nom de madame Delcambre, Godart lui répond qu'elle ... n'est pas universitaire, mettant ainsi sournoisement en doute sur ses "qualités" professionnelles.
Ma question est donc la suivante . Malgré tout le respect que je porte à Daniel Pipes, à ses travaux et son action concrète, qui sont indispensables, quel sera au final la pertinence de l'impact de ses analyses si au lieu de pronostiquer un cancer il ne fait état auprès du malade que d'une bronchite ?
Si donc il distingue une différence de nature et non de degré entre Islam et islamisme ?
Ou comment traiter un problème quand on commence par le nier ?
Et, du coup pourquoi Daniel Pipes a tout de même, malgré cette différence pourtant essentielle, accepté la préface du livre "Soufi ou mufti?" ? Partagerait-il un peu, malgré tout, mais de manière caché, cette idée ?
Et sa fonction de responsable d'un think tank défendant les intérêts américains aux Moyen Orient, lui commandent t-elle, cyniquement, de sacrifier la vérité à d'incontournables stratégies de courts termes visant à maintenir et renforcer les... intérêts américains ?
Qui finance cette think tank ?
Et lui au fond, que pense t-il vraiment ?