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 Sujet du message: Re: Bat Ye'or
MessagePublié: 16 Oct 2010, 07:09 
En ce qui concerne les conférences possibles de Bat Ye'Or, je viens de recevoir à mon adresse e-mail personnelle l'annonce d'un article du site drzz http://www.drzz.fr/%c2%ab-les-nouveaux-kagebistes-%c2%bb-par-michel-garrote/ et vous verrez que Bat Ye'Or fait partie de l'équipe du site drzz. Je pense que, dans ce cadre, des conférences seront peut-être organisées.

En ce qui me concerne, contrairement à ce qui est faussement annoncé sur Wikipedia, je ne participe aucunement à de multiples sites web. http://fr.wikipedia.org/wiki/Anne-Marie_Delcambre "Collaborant à divers sites web et revues". Savez-vous pourquoi cela a été écrit ? uniquement pour occulter et minimiser ma participation à Liberty Vox. :hein: :rage:

Quand je reçois sur mon ordinateur un article de drzz.fr, avec possibilité de se désinscrire, ce que j'ai fait immédiatement puisque je n'étais pas inscrite :sif: cela confirme mon analyse des fonds de commerce concurrents. Et en plus certains sites sont payants et demandent des dons. Peut-être même que les sites ont une valeur commerciale et que les participants sont payés ?

Je dis cela parce que je suis la bécassine du Net et que je me garderai bien maintenant de mettre le petit doigt dans toute cette mélasse. Je me tiens éloignée de tout et ne m'intéresse qu'à l'évolution de mes marqueurs c'est-à-dire à l'évolution de mon cancer.

Liberty Vox, qui est traîné dans la boue, est un site clean, clean, clean, je puis l'assurer. Ni fasciste ni communiste et il ne doit pas rouler sur l'or. Et dire que l'on m'a reproché ma participation intensive à Liberty Vox :rofl:

C'est comme pour le père Samuel : je l'ai vu agir, et je puis témoigner qu'avec son exagération orientale, c'est un homme bon et honnête. :amen:


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 Sujet du message: Re: Bat Ye'or
MessagePublié: 16 Oct 2010, 08:17 
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Enregistré le: 30 Avr 2005, 01:16
Messages: 6806
:wink: Ca, je puis vous l'assurer, nous ne gagnons pas d'argent avec LV etnous n'avons aucun gain occulte. Nous n'hébergeons pas de publicité et ne faisons pas d'appel aux dons. LibertyVox coûte mais ne rapporte rien, si ce n'est l'immense plaisir de le voir exister et prospérer, plaisir d'offrir une tribune libre à ceux qui font vivre le site : les libertynautes. Et, comme vous l'avez remarqué, il n'y a même pas d'auto-promotion personnelle des fondateurs puisque nous souhaitons rester dans l'ombre. 8)

Donc nous faisons avec les moyens du bord et ils ne sont pas "lourds". C'est pourquoi il ne faut pas s'attendre prochainement à la refonte graphique et technique du site à laquelle nous aspirions. :wink:


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 Sujet du message: Re: Bat Ye'or
MessagePublié: 07 Nov 2010, 11:00 
Je vous remercie de diffuser mon interview sur ce livre référence et irréfutable.

http://veroniquechemla.blogspot.com/2010/11/interview-de-david-g-littman-et-de-paul.html

Interview de David G. Littman et de Paul B. Fenton sur « L’exil au Maghreb, la condition juive sous l’islam 1148-1912 »
Par Véronique Chemla. Dimanche 7 novembre 2010

Le 9 novembre 2010, sera publié le livre « L’exil au Maghreb, la condition juive sous l’islam 1148-1912 » de Paul B. Fenton et David G. Littman aux Presses universitaires de Paris Sorbonne. Cet ouvrage majeur présente une anthologie chronologique de récits de témoins oculaires en Algérie et au Maroc. Puis, par une sélection d’archives du Quai d’Orsay, du Foreign Office, de l’Alliance israélite universelle (AIU) et de son homologue britannique l’Anglo-Jewish Association, il décrit les efforts diplomatiques déployés en faveur des Juifs maltraités au Maghreb. Il démythifie la « tolérance interconfessionnelle égalitaire et harmonieuse sous l’islam incarnée par al-Andalous ».

Comment est né ce livre ?

David G. Littman : Je me suis intéressé au destin des Juifs du Maghreb lors d’une mission humanitaire au Maroc en 1961 pour amener des enfants Juifs clandestinement en Israël (« Opération Mural »).

Dès 1969, j’ai effectué des recherches sur leur histoire et celle des Juifs d’Orient, au quai d’Orsay, puis à la bibliothèque de l’Alliance Israélite Universelle (AIU) où ces archives étaient alors peu explorées. J’y ai découvert les fragments d’une mémoire collective faite de persécutions, de brimades et d’humiliations, dont la période coloniale et l’exode dès 1948 avaient presque effacé le souvenir.

J’ai confronté ces témoignages avec les rapports de l’homologue britannique de l’Alliance, l’Anglo-Jewish Association (AJA), et les documents du Foreign Office (FO) à Londres. Les archives de l’AIU ont constitué une source incontournable : elles éclairent de l’intérieur la condition abjecte de la grande majorité des Juifs du Maghreb, détruisant des mythes.

En 1972, j’ai discuté à Jérusalem avec deux historiens éminents du judaïsme oriental, Shlomo Dov Goitein et Hayyim Zeev Hirschberg. Le premier m’a vivement encouragé à poursuivre mes recherches originelles et le professeur Hirschberg m’a proposé de me concentrer sur le Maroc et de collaborer à l’ouvrage qu’il écrivait sur l’histoire des Juifs du Maghreb.

Afin d’assurer une vision équilibrée, Hirschberg a proposé de compléter la documentation de l’AIU avec des récits de voyageurs non-Juifs du XIXe siècle et des siècles précédents. Par son intermédiaire, j’ai rencontré en 1975 un doctorant, Paul B. Fenton qui avait visité des communautés juives en voie d’extinction au Maroc et m’a communiqué des sources hébraïques et arabes.

Malheureusement, le professeur Hirschberg est mort en janvier 1976 – six mois après une longue période de travail en commun chez moi – sans avoir achevé l’ouvrage projeté. J’ai décidé de poursuivre ce thème d’étude que j’ai évoqué dans plusieurs articles et une monographie (1985) sur la mission au Maroc en 1863-1864 de Sir Moses Montefiore.

A partir de 1986, mes obligations de représentant d’organisations non gouvernementales (ONG) à la Commission des droits de l’homme aux Nations unies à Genève et ma collaboration à d’autres travaux historiques m’ont éloigné de ce projet. Beaucoup plus tard, je l’ai repris avec mon ami devenu professeur, Paul B. Fenton. C’est donc le fruit d’un labeur entamé il y a 40 ans que nous présentons dans notre livre.

Quelles sont les originalités de ce livre ?

Paul B. Fenton : Fruit de longues années de recherche, c'est la première tentative de cerner la réalité historique de la condition sociale et juridique des Juifs en Algérie et au Maroc sous l'islam, depuis le haut Moyen-âge jusqu'à l'époque de la colonisation.

L'originalité du livre tient surtout à la richesse de ses sources documentaires. A ce jour, aucun autre livre n’a fourni un corpus aussi considérable et varié de textes juridiques, littéraires et historiques, souvent extraits d'éditions rares ou inédites, car provenant d'archives.

Voyageurs, aventuriers, diplomates, médecins, juristes, chroniqueurs et enseignants - Juifs, chrétiens et musulmans - y sont mis à contribution dans une vaste anthologie qui fournit aux lecteurs et chercheurs les sources premières, et, pour certaines, traduites en français pour la première fois, entre autres, de l'anglais, de l'allemand, de langues scandinaves, de l'arabe, de l'espagnol, de l'hébreu et du hollandais.

Chaque document est présenté et commenté de façon à mettre en évidence la singularité de son témoignage. Le tout est accompagné d'une riche iconographie de documents historiques, de gravures artistiques et de photographies journalistiques, souvent méconnus.

Comment vous êtes vous répartis entre co-auteurs le travail ?

David G. Littman : J’avais réuni une immense documentation provenant de l’AIU et du Foreign Office, en plus des rapports de voyageurs dont certains étaient en français et d’autres que j’avais fait traduire dans cette langue. Paul B. Fenton a traduit et présenté des textes juridiques musulmans, des chroniques arabes et hébraïques et des textes judéo-arabes.

Nous avons approfondi la recherche des récits de voyageurs, et il a effectué un nouvel examen des dossiers de l’AIU relatifs au Maroc, avec une attention particulière pour les documents en hébreu qui y sont nombreux. Nous avons ensemble choisi des illustrations.

Pourquoi ce titre qui se réfère à la galût ?

Paul B. Fenton : Les Juifs du Maghreb ont désigné leurs souffrances par ce terme : galût, mot hébreu qui signifie « exil » ou « captivité ».

David G. Littman : J’ai constaté lors de ma mission humanitaire en 1961 que les Juifs du Maroc cherchaient par tous les moyens à quitter leur pays natal pour retourner dans leur terre ancestrale.

Pourquoi avoir centré votre livre sur le Maroc et l’Algérie ? Ces deux pays sont-ils représentatifs de la condition juive au Maghreb ?

Paul B. Fenton : Depuis l’époque de l’expulsion des Juifs d’Espagne, le Maroc et l’Algérie comptaient la plus grande présence juive en « terre d’islam ». Ces deux pays ont été très tôt des pôles d’intérêt pour les Européens. On y trouve donc le plus grand nombre d’informations de sources juives, européennes et musulmanes, sur la condition des Juifs sous l’islam.

A la différence de l’Egypte et du Liban où il y avait des communautés chrétiennes importantes, les pays du Maghreb constituent un paradigme unique : du fait de la quasi-disparition des chrétiens, ils abritaient dès le XIIe siècle une population composée essentiellement de musulmans et d’une minorité juive.

Combien de Juifs vivaient au Maghreb durant la période étudiée ?

David G. Littman : Ce nombre a varié au fil des siècles, en fonction des vicissitudes subies par les Juifs ; il est difficile à évaluer.

Probablement moins de 50 000 Juifs ont survécu au Maghreb au Moyen-âge, mais à l’aube du XXe siècle ce nombre s’est élevé à plus de 200 000 âmes et en 1948 il a dépassé 400 000 âmes – et plus de 500 000 si l’on y inclut les Juifs de Tunisie.

De nombreux centres d’études rabbiniques se trouvaient au Maghreb. Quelle est la place du Maghreb dans le judaïsme et l’histoire des Juifs ?

Paul B. Fenton : Il faudrait un nouveau livre pour répondre à cette question.

Tahert en Algérie, mais surtout Fès au Maroc, étaient des foyers rayonnants de culture juive dès le Xe siècle lorsque leurs savants entretenaient une correspondance régulière avec les grandes yechivoth (académies talmudiques) de Babylonie.

Salomon b. Juda, Juif de Fès, est même devenu le recteur de l’académie de Jérusalem en Orient. En Occident, le Maghreb a également fourni à l’Espagne des érudits comme le juriste Isaac al-Fasi (originaire en fait de Constantine) et le poète et grammairien Dunach b. Labrat, qui ont contribué aux débuts de l’essor de la culture judéo-andalouse.

Depuis, une chaîne continue d’éminents rabbins a traversé les siècles, dont la figure de proue fut sans doute au XVIIIe siècle R. Hayyim Ibn Attâr. De plus, les rabbins de l’Algérie furent les premiers à répondre massivement à l’appel du sionisme spirituel au XIXe siècle et vinrent renforcer la présence juive en Eretz Israël.

Vous présentez 300 documents et 73 illustrations dans votre livre. Comment les avez-vous choisis ?

David G. Littman : Notre critère de choix était le sujet traité : les relations quotidiennes et traditionnelles entre Juifs et musulmans.

Votre première partie est constituée de 135 témoignages oculaires de voyageurs européens. Quelles sont vos sources ?

David G. Littman : Ces très nombreux récits proviennent d’origines diverses : française, anglaise, allemande, hollandaise, italienne et scandinave. Leurs descriptions des humiliations obligatoirement infligées aux Juifs maghrébins concordent toutes. Elles les présentent dans toute leur rigueur dès le XIIe siècle.

Nous en reproduisons beaucoup d’exemples émanant de voyageurs, de diplomates, de médecins et d’esclaves pris par les corsaires barbaresques. De nombreux voyageurs partageaient l’antijudaïsme de l’époque. Cependant, sous leur plume, on note un accent de compassion, voire de commisération face aux souffrances des Juifs. Prenons le cas du révérend Lancelot Addison qui résidait comme aumônier à Tanger (acquis par Charles II d’Angleterre) de 1662 à 1669. Il décrit la condition des Juifs comme « une autre forme d’esclavage » (doc. A 45). A la même période au Maroc, Germain Mouette écrit : « Il leur [Nda : les Juifs] est très rarement fait justice dans ce pays ». (doc. A 47)

Les documents qui émanent de témoins oculaires objectifs et de victimes donnent un reflet fidèle de la réalité maghrébine. Ils font entendre les voix du petit peuple.

Que répondriez-vous à ceux alléguant que vous auriez brossé un tableau à charge ? Y a-t-il des récits donnant une image différente de la condition juive au Maghreb et nuançant ce tableau sombre ?

David G. Littman : Nous avons publié des documents montrant que certaines autorités musulmanes pouvaient manifester une compréhension favorable aux Juifs à différentes époques. Sans la protection (« dhimma ») du sultan, le sort des Juifs aurait été encore pire.

La publication de ces centaines de témoignages, à forte charge émotive, ne vise pas un dessein polémique. Nous ne souhaitons pas attiser de vieilles rancunes ou freiner les tentatives de dialogue interreligieux. Nous sommes persuadés – comme Bat Ye’or l’a affirmé dans ses écrits – que tout dialogue entre Juifs et musulmans qui ne reconnaîtrait pas la réalité historique de la dhimmitude, est condamné à s’enfermer dans des boniments infructueux et obérant un avenir fondé sur l’acceptation de l’altérité dans l’égalité.

Quant à l’allégation que nous aurions brossé « un tableau à charge », ces 720 pages démontrent la vacuité et l’inutilité de ce genre d’allégations polémiques et « politiques ». Notre livre ne prétend pas être exhaustif, mais nous défions celui ou celle qui voudrait apporter une contradiction de réunir autant de textes qui montreraient que les Juifs ont vécu heureux et égaux aux musulmans au Maghreb durant la période étudiée.

Magna est veritas, et praevalebit / La vérité est puissante, et triomphera.

Au fil des siècles, quelles sont les lignes de continuité et les évolutions ?

Paul B. Fenton : Même si, lors de sa conquête de l’Afrique du Nord et d’autres régions, l’islam a épargné « les gens du Livre » (Juifs, chrétiens), tandis que les autres peuples conquis devaient embrasser la nouvelle religion ou être massacrés, la théologie et la législation musulmanes ont tout mis en œuvre pour contraindre les Juifs et les chrétiens à se convertir.

Les brimades physiques et économiques liées au statut du dhimmi ont fini par éroder les communautés chrétiennes au Maghreb. Des communautés chrétiennes jadis florissantes : le christianisme nord-africain préislamique avait donné un des pères de l’Eglise, St Augustin, mort à Hippone (aujourd’hui Annaba, Algérie).

Les communautés juives ont tenu bon, mais au prix d’immenses sacrifices. Leur histoire est ponctuée par une longue série de massacres, de persécutions et de conversions forcées, dont le paroxysme est marqué par leur extermination à l’époque des Almohades (1147-1269) et par l’activité anti-judaïque du théologien Abd al-Karîm al-Maghîlî (vers 1493) de Tlemçen dont les prédications haineuses peuvent être comparées à l’œuvre de Luther.

Les écrits de ce théologien musulman feront parties des premiers textes imprimés au Maroc au XIXe siècle et il restera une référence jusqu’à la colonisation. J’ajouterais que les débuts de la colonisation française, tant en Algérie qu’au Maroc, ont correspondu à des périodes de grandes souffrances pour les Juifs, boucs-émissaires traditionnels de la frustration musulmane.

Le décret Crémieux de 1870, qui a octroyé la nationalité française aux Juifs nés en Algérie, les soustrayant ainsi à leur statut dhimmi, a provoqué une recrudescence considérable de l’antisémitisme arabe en Algérie. Si les Juifs ont pu se maintenir au Maghreb, c’est grâce à « la raison d’Etat » qui reconnaissait dans leur industrie commerciale et leurs habiletés intellectuelles et artistiques une source d’exploitation utile. C’est cette double prospérité, spirituelle et économique, maintes fois pillée par leurs concitoyens musulmans, qui leur donna la force de survivre.

L’idée dominante, y compris dans des manuels scolaires français d’histoire, est celle d’une coexistence interreligieuse heureuse et égalitaire sous l’islam. Votre livre dépeint une image sombre et bouleversante de la condition juive sous l’islam : celle de la dhimmitude faite de souffrances, d’humiliations, de massacres, de conversions forcées, de viols, de pillages, émaillée d’accusations de crimes rituels, etc. Pourquoi ce contraste ? Y a-t-il eu des périodes de tolérance ou des amitiés entre Juifs et musulmans ?

Paul B. Fenton : D’aucuns veulent nous faire croire que l’expérience juive au Maghreb était d’une sérénité idyllique que seul l’avènement du sionisme au XXe siècle est venu troubler. Les témoignages rassemblés dans notre livre, émanant de sources juives et non juives, sont accablants : ils révèlent une succession ininterrompue de souffrances à travers les siècles.

Il faut en finir une fois pour toutes avec le mythe de l’« Age d’or ». Il n’y a jamais eu une coexistence interreligieuse heureuse et égalitaire sous l’islam. Ce n’est que sous les protectorats français et espagnol que le judaïsme maghrébin a connu une ère de répit et de bonheur. « L’invité ne se rappelle que de la dernière nuit », dit le dicton judéo-arabe. Ce sont les souvenirs de cette période prospère qui ont faussé notre vision historique.

Cependant, la mémoire juive collective a manifesté toute sa clairvoyance au lendemain de la décolonisation, sinon on ne comprend pas pourquoi le judaïsme nord-africain a choisi, dans sa quasi-totalité, de quitter sa patrie ancestrale. Cela n’empêche pas qu’il y eut, sur le plan individuel, des fortes amitiés entre Juifs et musulmans, tant qu’elles n’étaient pas troublées par l’hostilité collective.

Votre seconde partie est constituée des archives de l’AIU et des diplomaties française et britannique. L’AIU a été fondée en 1860 par six juifs français qui ont exprimé dans leur Appel leur pensée conjuguant le judaïsme et des idées de la révolution de 1789 : égalité des droits, liberté, etc. Ces fondateurs ont combattu pour toutes les minorités religieuses persécutées, en particulier pour les Juifs au Maroc, les chrétiens au Liban, les protestants en Espagne. Ils ont accordé un intérêt prioritaire à l’accès à l’éducation et à la culture françaises en vue de l’émancipation et la « régénération » des Juifs, afin que ceux-ci deviennent des citoyens modernes, dans le monde entier. Que révèlent les archives de l’AIU ?

David G. Littman : Les premiers documents remontent aux débuts de la pénétration de l’AIU au Maroc avec la fondation de la première école juive à Tétouan fin 1862. En 1863, Adolphe Crémieux est devenu président de l’AIU.

Des centaines de lettres confirment indiscutablement les récits de voyageurs européens à l’âge du libéralisme et de l’émancipation. Dans leur grande majorité, ces documents décrivent la situation avilissante et vulnérable des Juifs dans les pays du Maghreb et les humiliations qu’ils subissaient. La précarité de leur situation s’aggravait dans certaines régions plutôt que d’autres.

Ces textes révèlent le courage extraordinaire des représentants de l’AIU qui s’efforcèrent de protéger les populations locales et, avec abnégation, défendirent des causes humanitaires face aux multiples périls, agressions et injustices dont souffraient quotidiennement leurs coreligionnaires.

Les archives de l’AIU fournissent des documents historiques de première importance relatifs à des événements qui ont été complètement oubliés par des chroniqueurs, tels le massacre des Juifs de Casablanca et de Settat en 1907 – une cinquantaine de Juifs furent tués, des centaines blessés, femmes et filles subirent les pires outrages, des Juifs enlevés ont été ensuite vendus – et le pogrom de Fès en 1912 au cours duquel plus de soixante israélites sont morts, une cinquantaine furent blessés, le tiers du mellah a été livré aux flammes, le quartier Juif entièrement mis à sac, une population juive de 10 000 âmes réduite à 8 000 par l’exode et survivant par la charité.

Ce pogrom de Fès a marqué profondément la mémoire collective du judaïsme marocain et constitue l’un des facteurs majeurs de l’exode massif des Juifs marocains au lendemain de l’indépendance de leur pays ancestral en 1948.

Dans ces archives de l’AIU, on relève aussi des récits captivants de portée plus générale, décrivant, entre autres, des événements publics, des coutumes locales, des faits folkloriques, des superstitions. Grâce à ces documents, on peut dresser un tableau comparatif de la condition juive dans diverses régions du Maghreb de cette époque, ainsi que des réactions des individus et de la collectivité juive.

La documentation de l’AIU relative au Maroc est probablement la plus complète. Elle reflète les multiples aspects de l’existence juive au Maroc dans les domaines sociaux, culturels et éducatifs que d’autres auteurs ont décrits plus en détail.

Les lettres provenant de ces archives, publiées pour la plupart pour la première fois dans notre livre, ont été sélectionnées en fonction de la lumière qu’elles projettent sur les relations judéo-arabes au Maroc. Elles illustrent l’état d’humiliation perpétuelle, d’hostilité latente et, à l’occasion, de violence physique qui fut le lot presque quotidien des masses juives au Maroc jusqu’à l’orée de la Première Guerre mondiale.

Quel est le rôle des Juifs français et britanniques, notamment de Sir Moses Montefiore, à l’égard de leurs coreligionnaires au Maroc et en Algérie ?

David G. Littman : Je donnerai quelques exemples sur le Maroc, une situation bien différente de celle des Juifs en Algérie après la conquête française (1830). En cette période de grandeur impériale, certains milieux de la noblesse et du clergé en Angleterre étaient animés par des aspirations messianiques. Mûs par l’humanisme de cette époque libérale, les Juifs y étaient reconnus comme héritiers d'un passé glorieux, digne de sympathie et d’intérêt, notamment là où l'Angleterre avait des préoccupations politiques et stratégiques. En 1837, la jeune reine Victoria a anobli Moses Montefiore, apparenté à la famille Rothschild.

A Londres, le Board of Deputies – organisation représentant les Juifs britanniques -, sous la présidence de Sir Moses, avait établi un comité de secours aux Juifs du Maroc pour assister ceux de Tétouan et de Tanger réfugiés à Gibraltar et à Algésiras durant la guerre hispano-marocaine (1860). Il en est résulté la première école de l’AIU à Tétouan fin 1862 avec, à ses débuts, un effectif de plus de 100 élèves sous la protection conjointe des Français et des Anglais.

Grâce à son étroite collaboration avec Lord Palmerston, Premier ministre, et au dynamique Earl Russell, ministre des Affaires étrangères, Sir Moses Montefiore avait rempli des missions à l'étranger en faveur de ses coreligionnaires. L’Angleterre le soutint par une aide diplomatique lorsqu’il décida de partir au Maroc dès que furent connues ce qu’on appelait les « atrocités marocaines » mettant en cause l'Espagne catholique. En fait, « l’affaire de Safi » en 1863 a concerné la mort subite du consul espagnol et l’accusation par le sous-consul que le domestique Juif du consul avait empoissonné ce diplomate avec la complicité d’autres Juifs. Espérant améliorer leur situation misérable et libérer les Juifs injustement incarcérés, Montefiore, octogénaire, a entrepris une mission humanitaire au Maroc où il avait aussi de proches parents.

La plupart des lettres provenant du Maroc se terminent par un appel lancé aux gouvernements britannique et français pour « soulager les Juifs du Maroc de l'oppression des autorités maures ». Des supplications furent offertes dans toutes les synagogues, et le 17 novembre 1863 Sir Moses quitta Douvres.

Ayant rencontré le Premier ministre à Madrid, Montefiore et sa suite furent reçus cérémonieusement par le gouverneur britannique à Gibraltar et par la communauté juive, ainsi que par les Juifs réfugiés du Maroc. Puis ils traversèrent le détroit de Gibraltar sur un navire dépêché par l’Amirauté jusqu’à Mogador.

Le 1er février 1864, Montefiore fut accueilli à Marrakech par le sultan lors d’une cérémonie fastueuse. Le 5 février 1864, Sir Moses a reçu un dâhir (édit impérial) destiné à « rendre justice aux Juifs », c’est-à-dire la justice islamique selon la sharîa. A son retour, il en fit part à la reine d’Espagne, à l’empereur Napoléon III et à la reine Victoria quand il les rencontra. Il donna à chacun de ces souverains un exemplaire de ce dâhir qui a été loué chaleureusement par la Chambre des Communes.

L’accumulation des doléances après sa mission au Maroc indique, paradoxalement, que ce dâhir provoqua l'effet contraire de celui recherché. Comme le fit remarquer dans son rapport (AIU, 1876) l'orientaliste français Joseph Halévy, ce dâhir fut rédigé en des termes trop vagues pour qu'il pût avoir une valeur pratique quelconque.

Un autre dâhir (« une mise au point ») l’a suivi selon le chroniqueur de la cour, al Nasiri, annulant le premier qui « présentait simplement un clair énoncé de la loi religieuse, pilier du pacte de protection », c’est-à-dire la dhimma.

En 1950, André Chouraqui écrivait : « Bien que leur situation se soit améliorée progressivement depuis l’établissement du protectorat français [Nda : 1912], les Juifs sont encore politiquement des dhimmis » (La condition juive de l’israélite marocain, préface de René Cassin).

Votre iconographie remarquable de 73 illustrations, dont dix en couleurs - cartes, tableaux (Delacroix, Dehodencq), photos –, revêt plusieurs dimensions : historique, géographique, artistique, sociologique, religieuse… On a l’impression qu’elle a longtemps été méconnue, voire en partie ignorée…

Paul B. Fenton : Les illustrations ont été sélectionnées surtout en fonction de la lumière qu’elles jettent sur les relations judéo-musulmanes. Il serait trop long de détailler chaque illustration. Un exemple : la gravure de Césare Biseo des Têtes de rebelles marocains suspendues aux portes de la ville de Fès, publiée par Edmondo De Amicis, dans son superbe ouvrage sur Le Maroc.

De Amicis explique que les têtes de rebelles étaient apportées et présentées au sultan. « Après quoi les soldats impériaux prennent aux cheveux le premier Juif qu’ils rencontrent, le forcent à vider la cervelle et à remplir le crâne d’étoupe et de sel. On suspend ces têtes à une des portes de la ville ».

Cette corvée ignoble, qui faisait partie des mesures vexatoires à l’encontre des Juifs, leur était dévolue depuis des siècles. Il est vraisemblable qu’elle est à l’origine du terme même qui désignait le quartier Juif au Maroc, le mellâh, « lieu de salaison » !

Pour illustrer un aspect des nombreuses humiliations subies par les Juifs en Algérie, Honoré Fisquet montre dans son Histoire de l’Algérie (1842), peu après la conquête française, dans un croquis dessiné sur le vif un gamin qui saute sur le dos d’un vieux rabbin pour jeter son chapeau dans la fange sans que sa victime ose le réprimander pour son impudence.

Comment le Maroc et l’Algérie présentent-ils les Juifs dans leur histoire nationale ?

Paul B. Fenton : L’immense contribution des Juifs à l’économie et à la culture de l’Algérie et du Maroc a été longtemps ignorée, voire effacée par les autorités publiques. Rappelons que la ministre de la culture Khalida Toumi, dans un entretien à un journal arabophone As-Shourouk, en février 2009, a parlé de « déjudaïser la culture algérienne ». Sait-elle seulement que, grâce à leur importation de blé en Algérie les Juifs ont maintes fois sauvé les populations musulmanes de la famine aux XVIIIe et XIXe siècles ?

Au Maroc aussi, on déjudaïse. Les noms Juifs de ruelles des mellahs, vidées de leurs Juifs, ont été islamisés. Rien ne figure dans les manuels scolaires sur la présence deux fois millénaire de ces Juifs qui étaient là avant l’arrivée des Arabes. De nombreux jeunes ignorent jusqu’à l’existence passée des Juifs dans leur pays.

S’il est vrai que l’on a inauguré en 1997 à Casablanca un musée du judaïsme marocain, le seul musée Juif dans tout l’espace arabo-musulman, ce fut une initiative du Conseil des communautés israélites du Maroc et non d’un organisme arabe.

Cependant, on assiste timidement, surtout au Maroc où l’hébreu est enseigné dans plusieurs universités, à l’éclosion d’un certain intérêt pour l’histoire des Juifs du pays. Quand on commence à gratter les archives commerciales, juridiques et sociales, le fait est inévitable.

Mais beaucoup de ces études sont encore empreintes des clichés et de parti pris anti-Juifs. Ceux-ci défigurent même les pages d’un grand universitaire marocain qui eut le mérite de susciter l’intérêt pour l’histoire des Juifs du Maroc. Malheureusement, quand on lit de près ce qu’il écrit, on y discerne une tendance « révisionniste » qui passe sous silence les pages ensanglantées et minimalise constamment les souffrances, en suggérant souvent que ce sont les Juifs eux-mêmes qui les ont provoquées !

Paul B. Fenton est professeur de langue et de littérature hébraïques de l’Université Paris-Sorbonne. Il est spécialiste de la civilisation juive en « terre d’islam ».

David G. Littman est licencié en histoire moderne et sciences politiques de Trinity College Dublin. Il a publié de nombreux articles sur les Juifs du Maghreb et de l’Orient. Depuis 1986, il se consacre à la défense des droits de l’homme aux Nations unies.

Paul B. Fenton et David G. Littman, L’exil au Maghreb, la condition juive sous l’islam 1148-1912 ». Presses universitaires de Paris Sorbonne, 2010. 800 pages. ISBN : 978-2-84050-725-3
Livre disponible à la librairie des PUPS - 8, rue Danton, 75006 Paris - dès le 9 novembre 2010 et dans les autres librairies le 25 novembre 2010

Les deux auteurs seront présents au 15e Salon des écrivains du B'nai B'rith qui aura lieu le 14 novembre 2010, de 14 h à 19 h, à la Mairie du XVIe arrondissement de Paris, avenue Henri Martin, 75116 Paris. Renseignements : 01-55-07-85-45.

CONFERENCE A L’AIU LE 17 NOVEMBRE 2010
Image
Le Collège des études juives & la Bibliothèque de l’Alliance israélite universelle organisent, dans le cadre du 150e anniversaire de l’Alliance, et en présence d’Albert Memmi, la conférence, suivie d’une réception, Les Juifs du Maghreb, de l’exil à l’exode, le mercredi 17 novembre 2010 de 19 h à 21 h 30 à l’occasion de la parution de L’exil au Maghreb avec Paul B. Fenton et David G. Littman, avec les auteurs du livre et Shmuel Trigano (université Paris X).
A l’Alliance israélite universelle : 45 rue la Bruyère, 75009 Paris
Entrée libre. Réservation souhaitée au 01 53 32 88 65 – biblio@aiu.org


Publié par Veronique Chemla le 11/07/2010 08:35:00 AM


Dernière édition par Delcambre le 07 Nov 2010, 11:46, édité 1 fois au total.

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 Sujet du message: Re: Bat Ye'or
MessagePublié: 07 Nov 2010, 11:26 
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 Sujet du message: Re: Bat Ye'or
MessagePublié: 07 Nov 2010, 13:39 
David Littman, ce grand monsieur généreux et grand seigneur, a eu comme geste très gentil d'envoyer une cinquantaine d'exemplaires au père Samuel ou cent exemplaires, j'ai oublié mais j'en saurai plus aujourd'hui. Je mettrai cela sur le fil du père Samuel. Ce qui est certain c'est qu'un geste comme cela est un geste profondément humain, noble et généreux.

Si David Littman était en danger, le père Samuel volerait à son secours car il a vu en cet homme un coeur pur, une âme d'enfant. Je pense que le père Samuel va prier pour que des milliers de gens achètent son livre
euh, des millions de gens car avec le père Samuel il faut multiplier par cent, par mille.


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 Sujet du message: Re: Bat Ye'or
MessagePublié: 08 Nov 2010, 18:49 
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Enregistré le: 11 Déc 2005, 14:00
Messages: 1638
Je suis intéressé par ce livre, pour l'offrir à quelques personnes de mon entourage qui se bercent toujours d'illusions. Merci pour cette information Mme Delcambre.

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" On ne peut empêcher les oiseaux noirs de voler au-dessus de nos têtes, mais on peut les empêcher d'y faire leur nid "


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 Sujet du message: Re: Bat Ye'or
MessagePublié: 12 Nov 2010, 23:08 
Delcambre a écrit:
Je vous remercie de diffuser mon interview sur ce livre référence et irréfutable.

http://veroniquechemla.blogspot.com/2010/11/interview-de-david-g-littman-et-de-paul.html

Les deux auteurs seront présents au 15e Salon des écrivains du B'nai B'rith qui aura lieu le 14 novembre 2010, de 14 h à 19 h, à la Mairie du XVIe arrondissement de Paris, avenue Henri Martin, 75116 Paris. Renseignements : 01-55-07-85-45.

CONFERENCE A L’AIU LE 17 NOVEMBRE 2010
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Le Collège des études juives & la Bibliothèque de l’Alliance israélite universelle organisent, dans le cadre du 150e anniversaire de l’Alliance, et en présence d’Albert Memmi, la conférence, suivie d’une réception, Les Juifs du Maghreb, de l’exil à l’exode, le mercredi 17 novembre 2010 de 19 h à 21 h 30 à l’occasion de la parution de L’exil au Maghreb avec Paul B. Fenton et David G. Littman, avec les auteurs du livre et Shmuel Trigano (université Paris X).
A l’Alliance israélite universelle : 45 rue la Bruyère, 75009 Paris
Entrée libre. Réservation souhaitée au 01 53 32 88 65 – biblio@aiu.org [/size][/i]

Publié par Veronique Chemla le 11/07/2010 08:35:00 AM

En Belgique je n'ai pas vu le père Samuel qui était parti en Hollande rencontrer des Syriaques. Mais j'ai appris qu'il avait bien reçu 50 livres de Bat Ye'or et 50 livres à recevoir de son mari. Quel magnifique cadeau.


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 Sujet du message: Re: Bat Ye'or
MessagePublié: 26 Nov 2010, 12:53 

Enregistré le: 01 Mai 2006, 15:35
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http://www.ripostelaique.com/Conference-de-Bat-Ye-or-au-Canada.html

Conférence de Bat Ye’or au Canada, le 10 juin 2010 : Etat des lieux de l’Europe

Bat Ye-or dresse un état des lieux de l’Europe complètement soumise aux effets dévastateurs du Dialogue Euro-arabe et met en avant les perspectives inéluctables qui s’annoncent si rien ne vient contrecarrer à temps le projet démentiel de nos "élites".

Le dévoilement du processus, une prise de conscience dans les "chaumières" est urgent car le temps est compté.



Mesdames et messieurs, je voudrais d’abord remercier la Société Canadienne Internationale de presse et l’organisation de la Liberté d’expression de m’avoir invitée ce soir et de m’avoir offert la possibilité de vous parler des enjeux et des dangers qui se profilent dans l’avenir. Mais je voudrais aussi remercier le professeur qui vient de me présenter d’une manière aussi élogieuse, merci beaucoup pour vos paroles tellement gentilles.

La situation politique actuelle en occident, particulièrement en Europe, résulte d’une politique planifiée. Il est important de réaliser que ce que nous vivons aujourd’hui n’est pas fortuit car si tel était le cas, nous n’aurions aucune possibilité de résister et de changer le contexte. Mais comme il s’agit d’une politique planifiée, il est possible de la changer. Et donc, si nous ne sommes pas d’accord avec cette politique, on doit pouvoir demander des comptes sur les erreurs commises.

Je décrirai la situation que nous connaissons aujourd’hui comme un déni, comme une désintégration nationale (Je parle de l’Europe, je ne connais pas la situation du Canada). C’est un rejet de soi, c’est un état de dhimmitude, ce qui signifie soumission, et islamisation intériorisée. Déjà en réagissant aux situations que nous voyons aujourd’hui, nous pensons comme des musulmans. Et je vais vous expliquer pourquoi. Et je vais vous expliquer pourquoi.. Et je vais vous expliquer pourquoi.

Cette politique, qui a été imposée à l’Occident, présente de nombreux aspects. Mais elle a commencé en 1973, avec la Communauté Européenne qui s’est engagée au côté de la Ligue Arabe et de l’organisation jihadiste O.L.P. contre Israël. Cette alliance a constitué le fondement de la négation politique, historique et religieuse de ce qu’est le jihad. Elle caractérise la politique actuelle de l’Occident. On n’a pas le droit de dire qu’il y a un djihad contre Israël, car on ne sait pas ce qu’est le djihad. Il nous est même interdit de penser ou d’imaginer ce qu’est le djihad. Le mot djihad appartient au glossaire des termes qu’il nous est interdit de prononcer.

Cette politique conduite par la Communauté Européenne a imputé à Israël, aux européens et d’une manière générale aux occidentaux, la responsabilité de la guerre, du terrorisme et la culpabilité de l’autodéfense. Nous devrions dire qu’il n’y a pas de djihad, qu’il n’y a pas de guerre, et partant, nous ne devrions pas nous défendre. Cette culture du déni nous guide comme une cause, elle nous impose une censure et neutralise nos défenses contre des forces qui sont les ennemies de notre liberté et de nos valeurs.

La mondialisation constitue un autre facteur de cette situation. Et la politique culturelle musulmane d’hybridation de l’Occident est menée par l’Europe au travers d’engagements officieux convenus avec des pays de la Ligue arabe ou avec d’anciennes colonies musulmanes. Le but de la mondialisation est la disparition des souverainetés étatiques au profit d’une gouvernance mondiale. Cette politique a été conduite pendant des décades par Javier Solana dont la vision de la paix passait par un gouvernement mondial, dirigé par des institutions internationales.

C’est pourquoi il a préconisé que l’Union Européenne œuvre au renforcement des actions et résolutions des Nations Unies, organisation qui est l’incarnation de la gouvernance mondiale. Le gouvernement mondial vise à l’affaiblissement des souverainetés nationales, des piliers démocratiques des gouvernements et des contrôles que les peuples exercent sur leurs propres institutions politiques et leurs lois. Tout cela est remplacé par les règles émanant de l’ONU.

C’est à l’intérieur de la déstructuration des Etats-nations pour bâtir d’abord l’Union européenne, pouvoir supranational, et aussi pour renforcer la gouvernance mondiale exercée par les Nations Unies, que vont être contestées par l’Union Européenne les identités culturelles et nationales judéo-chrétiennes européennes, racines des civilisations occidentales.

Cela résulte du désir ardent de rapprochement de l’Union Européenne avec le monde musulman. Et le renforcement du réseau complexe du Dialogue*, parachève la symbiose avec le monde musulman dans le but d’intégrer une immigration musulmane massive dans l’occident. Cela a conduit à la politique d’apaisement. Si on considère l’Alliance des Civilisations du point de vue de l’Orient, il est clairement établi, dans son rapport daté de 2006, que l’Alliance va œuvrer dans les domaines culturels et politiques, pour le rapprochement entre l’Islam et l’Occident et qu’elle consacrera une attention spéciale aux relations entre les sociétés occidentales et musulmanes.

En fait, l’Alliance des Civilisations assure la promotion en Occident du programme de l’Organisation de la Conférence Islamique. L’organisation de la Conférence Islamique, aussi nommée O.C.I., est un organe composé de 56 pays musulmans, plus l’Autorité Palestinienne. Elle a été créée en 1969, comme une organisation collective musulmane pour combattre Israël, mais elle possède aussi sa stratégie particulière à l’égard du monde occidental.

L’O.C.I. présente une caractéristique unique au monde en ce qu’elle est un organe politique et religieux supranational. Elle ne peut être comparée au Vatican qui est uniquement une autorité religieuse.

L’O.C.I. cumule autorité religieuse et autorité politique. Elle apporte en même temps pour tout le monde musulman : religion, stratégie, politique, législation et culture, tout cela contenu dans une structure unique d’organisation. En fait elle s’est Instituée en termes de taille sur le modèle des Nations Unies.

Les pays membres de l’O.C.I. confirment leur union et leur solidarité inspirées des valeurs islamiques, et elles œuvrent au renforcement, dans l’arène internationale - Il s’agit du droit international, de la politique étrangère - ils partagent des intérêts, et la promotion des valeurs islamiques.

Ils s’engagent à ranimer le rôle pionnier de l’Islam dans le monde. Parmi ses objectifs, la charte de l’O.C.I. stipule la propagation, la promotion et la préservation de l’enseignement, des valeurs de l’Islam et l’unification religieuse du monde musulman en l’enracinant dans le Coran et la Sunna.

Le désir d’unification religieuse affirmé par l’O.C.I. doit conduire à l’unification politique. Et c’est effectivement ce que l’on voit actuellement, alors que tout le monde arabe est devenu fou avec la soi-disant flottille palestinienne.

Ainsi, on voit que cette organisation, cette organisation mondiale, cette organisation mondiale anti- Israël qui est déjà programmée, est soutenue mondialement, et même au niveau de l’O.N.U. L’O.C.I. compte de nombreux organes parmi lesquels, la Cour Internationale de Justice Islamique ainsi qu’une commission permanente indépendante des Droits de l’homme. Ces institutions sont toutes les deux fondées sur la charia.

A l’occasion de ses nombreux sommets et réunions, l’O.C.I. a fait état de ce qu’elle représente l’Oumma universelle. Il s’agit de toute la communauté mondiale des musulmans, y compris les musulmans d’Occident qui font partie intégrante de la nation musulmane. Cela représente un milliard de musulmans, 1 milliard cinq cent millions de musulmans. La politique de l’O.C.I. en Occident est claire. Sa stratégie a été très bien planifiée et elle a même été publiée. " La présence islamique en Occident, déclare l’O.C.I., est irréversible et définitive. L’Occident et l’Europe doivent se restructurer en sociétés multiethniques et multiculturelles pour permettre à l’immigration musulmane de se sentir chez eux".

L’O.C.I. affirme, dans de nombreuses déclarations que les immigrants musulmans installés en Occident, font partie de l’Oumma universelle. Il est de son devoir (devoir de l’OCI) de les protéger dans les pays hôtes et de sauvegarder leur héritage religieux et culturel issu de leurs patries islamiques d’origine, de les garantir contre toute forme de discrimination, oppression, ou exclusion. « Les musulmans, déclare l’O.C.I., ont en commun une identité qui devrait être forgée en Occident, particulièrement en Europe, par l’enseignement obligatoire de l’arabe, langue de la révélation et de la foi islamique, ainsi que de l’étude de l’histoire et de la civilisation musulmanes. »

Cela serait assuré par la coordination d’un vaste réseau d’enseignants islamiques, d’écoles, d’instituts et d’universités, ce qui renforcerait cet enseignement islamique en prévoyant un programme social, éducatif et culturel devant accompagner les migrants musulmans dans leur foi.

L’O.C.I. reconnaît l’incompatibilité des valeurs et législations occidentales avec les préceptes islamiques, aussi, elle recommande une série d’étapes pour empêcher l’intégration et l’assimilation des musulmans dans la culture occidentale. Enfin elle réclame également la fin de la séparation entre les musulmans pour faciliter l’émergence d’un Islam européen uni à l’intérieur d’un Islam plus vaste. Le projet de créer une culture islamique unifiée a pour fin de consolider l’identité musulmane par-delà ses multiples nuances et de presser les communautés immigrées à s’organiser solidement autour de ce système de valeurs, de sorte qu’ils conservent une existence conforme au respect des préceptes islamiques.

Ce cadre créera une réelle solidarité entre tous les migrants musulmans ce qui implique le renforcement de leurs institutions et une profonde prise de conscience communautaire d’un destin islamique basé sur les valeurs communes contenues dans le Coran et la Sunna, ce qui fournit les paramètres d’une bonne gouvernance islamique. Ceci rappelle en permanence au monde occidental sa culpabilité au regard de l’Islam et ses obligations de payer pour la culture islamique et pour le développement économique à cause de cette culpabilité.

L’Union Européenne doit fournir aux immigrants des logements décents, une éducation, la scolarisation, des services de santé, de bons salaires et doit tenir compte de leur différence en adoptant une terminologie de façon à ne pas heurter la sensibilité musulmane. L’Union Européenne et l’Occident doivent devenir multiculturels car leurs valeurs et leur identité nationale sont islamophobes. Nos gouvernements devraient les supprimer ou devraient combattre nos propres identités.

Mais qu’est-ce que l’islamophobie ? D’après les diverses analyses de l’islamophobie publiées par l’O.C.I., les identités nationales européennes, les mesures antiterroristes et le refus d’accepter l’immigration illégale sont autant d’obstructions racistes, xénophobes et anti islamiques au multiculturalisme. Les restrictions européennes à l’immigration sont islamophobes.

Nous vivons à l’époque d’un nouveau djihad pour plusieurs raisons et, donc, de dhimmitude imposée. Nous ne devrions pas être surpris. Il y a une réelle dynamique de réislamisation de l’Oumma à l’échelle universelle que je vais à présent vous expliquer. La foi musulmane veut réaliser l’unification religieuse et politique de l’Oumma, afin de reconstituer une unification politique et dans le but de recréer le califat qui avait été aboli en 1924 par Atatürk.

Le Califat universel, auquel l’Europe a fourni les fondations à l’ONU en détruisant, affaiblissant les identités et les souverainetés nationales, ce califat universel est à présent devant nous. Il en est déjà en position dominante dans la politique de l’ONU et il se tient donc là, devant nous, mais on ne peut le voir car on ne peut pas comprendre, faute de connaître l’histoire, d’appréhender tout le contexte ; nous ne connaissons pas le concept, nous ne disposons pas du vocabulaire propre à nous faire comprendre la réalité que nous vivons aujourd’hui.

Ce califat s’est auto institué en protecteur des masses d’immigrants musulmans de par le monde, et il réclame que ces gens demeurent fermement liés aux traditions islamiques du Coran et de la Sunna. Tout ceci pendant que les européens sont tenus par leurs propres gouvernements, leurs élites, leurs médias européens d’abandonner leurs valeurs historiques et même leur identité judéo-chrétienne, condamnées au titre de l’islamophobie.

Aujourd’hui, l’occident cherche un refuge dans la négation et se raccroche à la mort du minuscule Israël comme à un pari rigolo. Il ne sait pas comment se défendre. Il ne voit même pas le danger. Pour lui, il n’y a pas de danger, et peut-être qu’il ne veut même pas se défendre. L’Occident prend l’eau de toute part. Il a abandonné sa propre identité en abandonnant Israël parce que l’identité chrétienne, l’identité occidentale sont fondées sur la Bible et sur l’histoire du peuple juif et sur les valeurs de la Bible. Le rejet de la Bible, le rejet des valeurs judéo-chrétiennes a spirituellement détruit l’Occident.

L’occident, cet occident, a détruit ses citoyens en achetant la sécurité aux terroristes, en soutenant la destruction d’Israël et en ignorant qu’il s’agit en même temps de sa propre destruction. Un tel Occident n’aura qu’une petite chance de survivre quand il devra faire face au califat universel. Merci.

(Traduction faite par Dido)

*Madame Bat Ye’Or parle du Dialogue Euro-Arabe

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" Quelles que soient les mauvaises nouvelles, vous devez continuer de vivre, même si cela vous tue."
Cholem Aleikhem


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 Sujet du message: Dhimmitude
MessagePublié: 05 Jan 2011, 10:01 
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Enregistré le: 14 Oct 2006, 20:50
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Extrait d'un article de Batwoman trouvé ici :
http://www.legaulois.info/2010/09/dhimmitude.html

Citation:
Comment ces pays chrétiens furent-ils progressivement islamisés et ce, pour le sud méditerranéen, de façon irrévocable? Il y eut, certes, de nombreux facteurs, mais l’un parmi les plus importants, fut la corruptibilité des chefs chrétiens.
A toutes les époques et à tous les niveaux, notamment aux postes de responsabilités, des Chrétiens – chefs religieux, politiques, intellectuels, cadres, militaires – trahissent et collaborent avec les forces musulmanes. Si bien que les victoires de l’islam furent des victoires de Chrétiens islamisés ou ralliés à l’islam contre d’autres Chrétiens.


Cela résume bien la situation de l'Europe d'aujourd'hui et le comportement de nos édiles.

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 Sujet du message: Re: Bat Ye'or
MessagePublié: 05 Jan 2011, 10:03 
Mais, Madame Delcambre le dit aussi dans son livre la schizophrénie de l'islam...


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 Sujet du message: Re: Bat Ye'or
MessagePublié: 05 Jan 2011, 15:31 
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Enregistré le: 14 Oct 2006, 20:50
Messages: 698
Je n'en doute pas. En fait, on finit par se répéter tellement il y a de sites, de blogs, d'information sur l'islam.

J'ai lu également un bouquin de Mark Durie et de Robert Spencer : même vin mais l'étiquette est différente.

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 Sujet du message: Re: Bat Ye'or
MessagePublié: 29 Juil 2011, 09:21 
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Enregistré le: 09 Mar 2011, 17:44
Messages: 4332
Localisation: Dans la Caverne
Cette interview est vraiment très intéressante. (Sur ce forum nous sommes peu à ne pas être sioniste, même si la propagande Palestinienne nous crève les yeux... ). Israël et la communauté juive ce n'est pas ma cause, même si indirectement elle en fait partie, cette femme est passionnante et intellectuellement honnête. Je la trouve même plutôt "douce" pour parler de l'avilissement orchestré par un système politico-religieux ! :mrgreen: Les médias sont vraiment des charognards à diaboliser ce genre de personne, et à faire un rapprochement uniquement à but pernicieux entre elle et les actions d'un terroriste qui cite son nom parmi des centaines d'autres. Encore une qui devrait avoir une bonne place dans de vrais débats, si nous en avions ...

http://www.veroniquechemla.info/2010/01/interview-de-bat-yeor-sur-la-dhimmitude.html

Interview de Bat Ye’or sur la dhimmitude
dimanche 10 janvier 2010

Bat Ye’or est une historienne spécialiste des minorités religieuses dans le monde islamique. Elle a forgé le terme dhimmitude pour désigner le statut cruel des minorités non-musulmanes dans les pays islamiques ou en « terre d’islam ». Elle a aussi analysé Eurabia, alliance euro-arabe visant à unir l’Europe aux pays arabes dans un ensemble méditerranéen. Interview réalisée en janvier 2008.

Quel a été votre parcours ? Votre nom d’écrivain, Bat Ye’or, signifie « fille du Nil » en hébreu…

Je suis née dans une famille juive religieuse et aisée du Caire. Mon père était italien et ma mère française. Mon père gérait la fortune dont il avait hérité. Après la proclamation des lois raciales italiennes, mon père qui avait demandé à être égyptien perdit sa nationalité italienne.

Je dois à ma mère ma passion de la lecture car notre appartement était empli des livres qu’elle achetait. J’ai très tôt découvert ma vocation d’écrivain qui m’entraînait hors de mon milieu bourgeois sur des voies iconoclastes.

Mes parents étaient assez ouverts pour tolérer mon refus des pratiques religieuses et de certains préjugés ordinaires dans mon milieu.

Cependant, je me sentais très proche du combat des Juifs palestiniens. On en parlait entre nous avec de grandes précautions de crainte des dénonciations et arrestations. En effet, durant la Seconde Guerre mondiale, les partis fascistes, pronazis et les Frères Musulmans (2) faisaient régner un climat de peur et d’insécurité. On savait que les masses arabes étaient favorables aux forces de l’Axe (3).

Comment a évolué la situation des juifs en Egypte après 1945 ?

Dès 1945 le combat des nationalistes égyptiens et des Frères Musulmans contre le sionisme et l’Angleterre (4) provoqua des manifestations de foules dans les rues. Ces foules hurlaient des slogans anti-juifs, saccageaient les magasins, attaquaient les quartiers juifs où vivait une population indigente, pillaient, violaient et incendiaient les écoles et les biens communautaires.

La situation empira avec la guerre d’Indépendance d’Israël ou 1ère guerre israélo-arabe en 1948. Une vague de violences se déclencha, accompagnée de meurtres, d’expulsions, d’arrestations et de mises sous séquestre, dont celles de biens de mon père.

Les troubles sociaux endémiques, l’impopularité du roi Farouk et la défaite humiliante des cinq armées arabes face à l’Etat d’Israël provoquèrent la révolte des Officiers Libres en juillet 1952 et l’abolition de la monarchie en 1953.

En 1954, Gamal Abd al-Nasser s’empara du pouvoir et accueillit en Égypte de nombreux criminels nazis qui participèrent au gouvernement.

En 1955, mon passeport égyptien ne fut pas renouvelé. Malgré cela, je me sentais encore plus égyptienne que juive.

Les violences, les expulsions, les emprisonnements, les meurtres et la confiscation des biens s’amplifièrent avec la guerre de Suez en 1956.

Mais ces excès étaient aussi liés à la situation politique, et surtout au fanatisme haineux fomenté par les Frères Musulmans et le grand mufti de Jérusalem Amin al-Husseini (6).

La population en général, les classes populaires ou celles éduquées, demeurait amicale, souvent hostile à ces débordements. Des juifs furent sauvés par des musulmans au cours de manifestations où ils auraient pu être tués.

Comment votre famille a-t-elle vécu cette période dramatique ?

Ma mère en tant qu’ex-française fut mise en résidence surveillée et ne put sortir de l’appartement durant un certain temps. Il en fut de même de mon beau-frère anglais qui fut ensuite expulsé.

Des règlements humiliants furent proclamés interdisant aux Juifs certaines professions, la fréquentation des lieux publics, des clubs et des cinémas. Il n’était plus possible de rester. En quelque mois une communauté vieille de 3 000 ans disparaissait (7). J’avais le sentiment de vivre et d’observer un événement extraordinaire. Beaucoup de juifs partaient en cachette, sans dire adieu de crainte d’être retenus. De 1948 à 1957, environ 60 000 Juifs sur 75 000 à 80 000 quittèrent l'Égypte (8).

Notre départ avait été retardé par une chute qu’avait faite ma mère.

Puis, en 1957, ce fut notre tour de partir en cachette avec un laissez-passer d’apatrides ; les deux valises autorisées pour chacun furent à plusieurs reprises vidées sur le sol par des policiers égyptiens tandis que l’on nous abreuvait d’insultes. Nous fumes fouillés minutieusement, le plâtre qui enveloppait la jambe de ma mère fut cassé et on me confisqua les 50 livres égyptiennes permises. L’avion de la compagnie hollandaise fut longtemps retenu ; les bras croisés, son équipage attendait, révolté par ce spectacle contre deux personnes pouvant à peine marcher - mon père était infirme - et une jeune fille.

Nous avions difficilement obtenu un visa pour l’Angleterre où ma mère voulait rejoindre ma sœur et sa famille. Quant à moi, j’avais l’intention de partir en Israël, mais avec deux parents invalides, il me fallut remettre ce projet à plus tard. Toute ma famille, qui comptait quatre générations, s’éparpilla à travers le monde.

Ce phénomène toucha toute la communauté ; les cellules familiales implosèrent, un style de vie et de société disparaissait (9).

Comment s’est passée votre arrivée en Angleterre ?

A Londres, un Comité pour les réfugiés juifs nous permit de nous débrouiller. J’obtins une bourse pour étudier à l’Institut d’Archéologie de l’université de Londres. C’est là que je rencontrais David G. Littman (10) en 1959, étudiant l’archéologie de la terre d’Israël. Nous nous mariâmes quelque mois plus tard.

Je découvrais que je venais d’un monde différent de celui de mes camarades étudiants : celui de l’autocensure et de la menace. Leur insouciance et leur liberté me faisaient prendre conscience de ce comportement particulier inhérent à la dhimmitude que je décrivis plus tard.

Deux ans après, je retrouvais ces mêmes attitudes chez les juifs et les chrétiens au cours de mes voyages avec mon mari en Tunisie, au Maroc, au Liban. Parce que je venais de leur monde, celui de la vulnérabilité et de la peur, je pouvais lire leurs sentiments, mais parce que j’avais moi-même changé, je pouvais aussi désormais, les reconnaître.

C’est aussi à Londres, dans les épreuves de la pauvreté et de l’exil que je compris et décidais que j’appartenais définitivement au peuple juif.

Comment vous êtes-vous intéressée à la dhimmitude (11), un concept que vous avez forgé ?

Je ne me suis pas intéressée à la dhimmitude, je l’ai découverte au cours de mes recherches sur les chrétiens des pays musulmans (12), dans mes discussions avec eux, mes observations et mes analyses.

C’est un outil conceptuel que j’ai forgé quand je travaillais sur la traduction anglaise d’une édition augmentée de mon livre Le Dhimmi. A la demande de mes amis chrétiens, j’y avais introduit un grand nombre de documents historiques les concernant et ce concept me permettait d’embrasser un vaste éventail de domaines corrélés. Je n’osais pas l’utiliser dans mes écrits, compte tenu de la malveillance de certains à l’égard de mes livres et articles qui, non seulement affirmaient ouvertement mon sionisme, mais introduisaient aussi une analyse critique de la tolérance islamique.

Étant l’une des fondatrices de WOJAC (World Organization of Jews from Arab Countries) en 1974-75, je militais pour les réfugiés juifs du monde arabe, presque un million, et combattais un certain racisme à leur égard.

Cette attitude m’attirait beaucoup d’ennemis, juifs et non-juifs. On raillait mes analyses sur le dhimmi et sur le sionisme. Ces positions exprimaient beaucoup de préjugés inconscients et une attitude paternaliste envers les juifs orientaux.

Le refus d’accepter la judéophobie de l’islam s’explique dans le contexte des efforts de paix de l’Etat d’Israël avec son environnement et la souffrance très présente à cette époque –quelques années après l’extermination dans les camps – de l’ampleur de la Shoah, certainement le plus grand crime commis contre le peuple juif et l’humanité. L’antisémitisme chrétien avait été bien documenté et étudié. Il n’en allait pas de même pour la condition du dhimmi, qui du reste avait été aboli par la colonisation. Les terribles épreuves de la Shoah, les récits des survivants qui commençaient à être publiés, les études historiques sur ce sujet focalisaient l’intérêt du monde juif.

Mon mari était beaucoup plus sensible que moi à ces attaques et me soutenait toujours.

Je discutais souvent de la dhimmitude avec mes amis chrétiens libanais proches de Béchir Gemayel (14). Nous cherchions un mot pour définir cette situation particulière et le mot dhimmitude me semblait le meilleur, mais j’hésitais à l’utiliser.

C’est seulement quand Béchir Gemayel le mentionna dans son dernier discours précédant son assassinat (15), que j’eus le courage de l’utiliser à mon tour dans le sens d’une condition existentielle déterminée par la théologie, la juridiction et l’histoire des pays islamisés.

Je pensais que désormais les chrétiens l’accepteraient. Mais je me trompais, seule une très petite minorité l’adopta et ce mot aggrava l’ostracisme qui me frappait.

Quelle est la définition de la dhimmitude ?

La dhimmitude est corrélée au jihad. C’est le statut de soumission des indigènes non-musulmans – juifs, chrétiens, sabéens, zoroastriens, hindous, etc. - régis dans leur pays par la loi islamique. Il est inhérent au fiqh (jurisprudence) et à la charîa (loi islamique).

Quels en sont les éléments caractéristiques ?

Les éléments sont d’ordre territorial, religieux, politique et social.

Le pays conquis s’intègre au dar al-islam (16) sur lequel s’applique la charîa. Celle-ci détermine en fonction des modalités de la conquête les droits et les devoirs des peuples conquis qui gardent leur religion à condition de payer une capitation mentionnée dans le Coran et donc obligatoire. Le Coran précise que cet impôt dénommé la jizya doit être perçu avec humiliation (Coran, 9, 29).

Les éléments caractéristiques de ces infidèles conquis (dhimmis) sont leur infériorité dans tous les domaines par rapport aux musulmans, un statut d’humiliation et d’insécurité obligatoires et leur exploitation économique.

Les dhimmis ne pouvaient construire de nouveaux lieux de culte et la restauration de ces lieux obéissait à des règles très sévères.

Ils subissaient un apartheid social qui les obligeait à vivre dans des quartiers séparés, à se différencier des musulmans par des vêtements de couleur et de forme particulière, par leur coiffure, leurs selles en bois, leurs étriers et leurs ânes, seule monture autorisée.

Ils étaient astreints à des corvées humiliantes, même les jours de fête, et à des rançons ruineuses extorquées souvent par des supplices. L’incapacité de les payer les condamnait à l’esclavage. Dans les provinces balkaniques de l’Empire ottoman durant quelques siècles, des enfants chrétiens furent pris en esclavage et islamisés. Au Yémen, les enfants juifs orphelins de père étaient enlevés à leur famille et islamisés. Ce système toutefois doit être replacé dans le contexte des mentalités du Moyen Age et de sociétés tribales et guerrières.

Certains évoquent la Cordoue médiévale ou al-Andalous (Andalousie médiévale sous domination arabe) comme des modèles de coexistence entre juifs, chrétiens et musulmans. Qu’en pensez-vous ? Est-ce une vision idéalisée ou l’occultation, voire l’ignorance de la dhimmitude ?

C’est une fable. L’Andalousie souffrit de guerres continuelles entre les différentes tribus arabes, les guerres entre les cités-royaumes (taifas), les soulèvements des chrétiens indigènes, et enfin de conflits permanents avec les royaumes chrétiens du Nord. Les esclaves chrétiens des deux sexes emplissaient les harems et les troupes du calife. L’Andalousie appliquait le rite malékite, l’un des plus sévères de la jurisprudence islamique.

Comme partout, il y eut des périodes de tolérance dont profitaient les dhimmis, mais elles demeuraient circonstancielles, liées à des conjonctures politiques temporaires dont la disparition provoquait le retour à une répression accrue.

La dhimmitude a-t-elle évolué au fil des siècles ?

En 1860, le statut du dhimmi fut officiellement aboli dans l’Empire ottoman (17) sous la pression des puissances européennes, mais en fait il se maintint sous des formes atténuées compte tenu des résistances populaires et religieuses.

Hors de l’Empire ottoman, en Iran, en Afghanistan, dans l’Asie musulmane et au Maghreb, il se perpétua sous des formes beaucoup plus sévères jusqu’à la colonisation
. En Iran, la dynastie Pahlavi tenta de l’abolir et d’instituer l’égalité religieuse. C’est aussi l’une des raisons de l’impopularité du Shah dans les milieux religieux. Une fois au pouvoir, ceux-ci rétablirent la charîa et la juridiction coranique.

Quels sont les effets psychologiques de la dhimmitude sur les juifs ?

Les juifs des pays musulmans n’ont pas développé une conscience de droits politiques et humains inaliénables parce que ce concept est étranger au dar al-islam et que ce combat ne fut jamais mené par les musulmans, contrairement à la situation en Europe où juifs et chrétiens s’associèrent dans la lutte pour l’égalité et les droits démocratiques.

La notion de droits s’oppose à celle d’une tolérance concédée au vaincu du jihad moyennant l’acceptation de mesures discriminatoires, situation qui caractérise la condition du dhimmi. Cette tolérance, du reste, est provisoire et peut-être abolie si l’autorité musulmane juge que le dhimmi contrevient aux règlements de son statut. Dans ce cas, divers châtiments sont envisagés. En outre, la notion de laïcité est inexistante dans l’islam et semble même blasphématoire.

Au Yémen et au Maghreb, régions les moins touchées par la modernisation et l’évolution des idées en Europe et où le statut des juifs était parmi les plus sévères, les juifs nourrissaient un sentiment de gratitude envers l’autorité musulmane qui protégeait leur vie. Seule cette protection, mais non le droit, permettait leur existence. Résignés par leur extrême vulnérabilité à subir un despotisme déshumanisant, les juifs inspiraient par leur endurance aux persécutions, l’admiration de nombreux voyageurs étrangers. Seul leur espoir dans la rédemption d’Israël, c’est-à-dire leur libération de l’exil, leur permettait de supporter les humiliations et les souffrances de la dhimmitude.

Comment l’arrivée des colonisateurs français, britannique ou italien a-t-elle été perçue par les dhimmis ?

Il est difficile de généraliser car les colonisateurs n’avaient pas adopté les mêmes systèmes politiques. Mais tous abolirent les lois de la dhimmitude qui s’appliquaient aux juifs et aux chrétiens.

Cependant cette émancipation ne concernait pas seulement la suppression de la dhimmitude, elle impliquait aussi une émancipation de la tutelle exercée par l’autorité religieuse et les notables de chaque communauté sur leurs coreligionnaires. Elle introduisit la modernisation des institutions communautaires et un enseignement scolaire européen (18).

Ces transformations provoquèrent des conflits, mais en général les dhimmis étaient avides de s’instruire, d’accéder aux connaissances modernes et de s’échapper de l’ignorance et de la dégradation que leur imposait le monde sclérosé de la dhimmitude.

Y a-t-il eu des oppositions à cette libération des juifs de la dhimmitude ?

Oui, bien sûr. Il y eut en Algérie le mouvement des colons antisémites qui s’opposaient à l’octroi de la citoyenneté française aux Juifs d’Algérie (19) car elle les libérait de la dhimmitude (20).

En Irak (21), le colonisateur anglais favorisait les musulmans par rapport aux juifs et aux chrétiens. Après l’indépendance de l’Irak en 1932, et bien qu’y ayant gardé des bases militaires, les Britanniques laissèrent massacrer un millier de chrétiens Assyriens en 1933-34. Londres adopta la même politique à l’égard des Juifs palestiniens.

Comment, dans les années 1950, l’indépendance imminente des colonies a-t-elle été perçue par les anciens dhimmis ?

La colonisation avait supprimé les souvenirs de l’état d’avilissement antérieur, d’autant plus que les juifs, mais surtout les chrétiens, voulaient s’intégrer au mouvement de modernisation et de laïcisation de leur pays amorcé avec la colonisation. Cet oubli explique la nostalgie juive des « temps heureux » dans les pays arabes où n’est évoquée que la période de la colonisation, mais non les discriminations de la dhimmitude.

L’amnésie est encore plus forte chez les chrétiens car elle se fonde sur un tabou politique qui attribue à la restauration de l’Etat d’Israël les persécutions des chrétiens dans les pays islamiques. Ce tabou commence à s’écorner depuis que j’ai démontré qu’elles émanent de la structure juridique et théologique de la dhimmitude établie depuis le VIIe siècle et maintenue quasi-inchangée dans certaines régions, ou atténuée au XIXe siècle dans l’empire ottoman, jusqu’à sa suppression par la colonisation.

Comme les indépendances s’accompagnèrent de guerres nationalistes de type jihadiste, elles réveillèrent les antagonismes religieux traditionnels contre les juifs et les chrétiens.

Les guerres arabes contre Israël provoquèrent des pogroms dans tous les pays arabes. L’indépendance de ceux-ci était liée à une réislamisation qui restaurait la haine religieuse.

Les juifs, donc, anticipaient des temps très difficiles et se préparaient à émigrer. La majorité d’ailleurs était profondément sioniste et voulait ardemment retourner dans la patrie juive historique enfin libérée. Mais l’Etat Israël, peuplé notamment de rescapés de la Shoah et qui venait de repousser les armées de cinq pays arabes, souffrait d’une grave crise économique. Cette situation de pénurie ne lui permettait pas de recevoir dans de bonnes conditions l’afflux de centaines de milliers de réfugiés totalement démunis. Il le fit dans des conditions très pénibles.

Comment vos études sur la dhimmitude ont-elles été reçues ?

Mes écrits, dès le début, suscitèrent une vive opposition. Mais j’ai toujours bénéficié des conseils de quelques amis universitaires. Au-delà de ce petit groupe très restreint auquel je dois beaucoup et de l’aide indéfectible de mon mari, mes écrits m’attirèrent beaucoup d’hostilité.

On me reprochait de nier le sort heureux des dhimmis et de lier les juifs et les chrétiens dans un statut commun. Ceci était un sacrilège contre la tendance politique pro-palestinienne des années 1970 en Europe qui visait à rapprocher les chrétiens et les musulmans dans un front uni contre Israël.

La guerre au Liban renforçait cette politique sur laquelle se fondait toute une stratégie euro-arabe antisioniste (Eurabia [22] ). Mon livre ne pouvait tomber à un pire moment.

On m’accusa d’arrière-pensées sionistes démoniaques pour avoir révélé en toute innocence une vérité vieille de 13 siècles, que l’on cachait obstinément au public afin d’attribuer à Israël, les persécutions infligées aux chrétiens par les musulmans. Cette dernière allégation était une façon de démontrer l’origine satanique d’Israël. Décrire un statut d’avilissement commun aux juifs et aux chrétiens inscrit dans la charîa et imposé durant treize siècles, constituait pour les antisionistes et leurs alliés un blasphème impardonnable.

Les thèses de l’universitaire américain Edward Said (23) triomphaient alors. Elles glorifiaient la supériorité et la tolérance de la civilisation islamique et infligeaient un sentiment de culpabilité aux Européens qui s’en délectaient.

Toute la politique euro-arabe d’union et de fusion méditerranéennes se bâtissait sur ces fondations ainsi que sur la diabolisation d’Israël. Mais, à l’époque, je l’ignorais et je ne comprenais ni la nature ni l’origine de l’ostracisme et de la haine qui me frappaient.

Et quel a été l’accueil de vos analyses dans le monde musulman ?

A ma connaissance, les quelques réactions dans le monde musulman furent toutes négatives, mais certains musulmans européens ont réagi très positivement.

Comment avez-vous réagi à ces réactions d’hostilité ?

Les réactions négatives ne me gênaient pas beaucoup car j’ai toujours été une iconoclaste solitaire, cherchant ma voie. Je ne me préoccupais pas particulièrement de mes détracteurs dont les arguments me semblaient très puérils.

Cette recherche débouchait sur un combat politique que je n’avais pas prévu. J’ignorais que je déchirais un tissu de mensonges opaques créés pour soutenir une idéologie politique, celle de la fusion du christianisme et de l’islam fondée sur la théologie de la libération palestinienne (24) et la destruction d’Israël.

C’était toute la structure idéologique, politique, culturelle d’Eurabia, mais je l’ignorais alors.

Vos écrits suscitent aussi l’estime de bien des penseurs…

Des réactions très positives s’élevèrent d’autres milieux.

A la publication du Dhimmi en 1980, je fus très fortement soutenue par le professeur Jacques Ellul (25) que je ne connaissais pas.

A Londres, mes écrits intéressèrent Robert Wistrich (26) qui n’était pas encore l’universitaire mondialement connu qu’il devînt. Il eut le courage de publier deux études dans le Wiener Bulletin malgré ses supérieurs. Je bénéficiais de l’aide amicale du professeur Paul Fenton et du soutien indéfectible de mon mari qui avait une formation d’historien et menait ses propres recherches sur les juifs du Maroc.

Je reçus aussi des éloges d’universitaires spécialistes de ce domaine, mais ces universitaires appartenaient à une génération de chercheurs qui précédait la politisation des études sur l’islam.

Des organisations chrétiennes évangéliques diffusèrent mes livres en grand nombre. Elles me soutinrent ainsi que des chrétiens dhimmis qui me procurèrent des documents et avec lesquels je pus discuter de ces problèmes. Ces chrétiens dhimmis m’encourageaient à poursuivre et m’étaient très reconnaissants de révéler leur histoire. Ils reprochaient à leur hiérarchie religieuse de la dissimuler.

Ce statut de dhimmitude est-il appliqué dans des pays musulmans en ce début du XXIe siècle ?

Malheureusement oui, avec plus ou moins de sévérité selon le degré de réintroduction de la charîa dans les lois du pays.

Les talibans l’appliquèrent à l’égard des Hindous, les coptes en Égypte continuent d’en souffrir ainsi que les chrétiens en Irak, en Iran, au Soudan, au Nigeria. Même la Turquie maintient certaines restrictions sur les lieux de culte.


La dhimmitude ne pourra pas changer tant que l’idéologie du jihad se maintiendra.

Site Internet de Bat Ye’or :
http://www.dhimmitude.org/index.html


(1) Anne Matard-Bonucci, L'Italie fasciste et la persécution des Juifs. Perrin, 2007. 599 pages. ISBN : 9782262025403

(2) Organisation islamiste fondée par l’instituteur Hassan el-Banna en 1928. Dès 1935, elle entretient des contacts avec Amin al-Husseini, mufti de Jérusalem, et participe à la révolte arabe palestinienne de 1936. En 1945, une branche du mouvement est créée à Jérusalem par Saïd Ramadan. Yasser Arafat est membre des Frères musulmans en Egypte dans les années 1950. Formé en 1987, le Hamas (Mouvement de la résistance islamique) est une « aile des Frères musulmans en Palestine » (article 2 de sa charte, 1988).

(3) Il s’agit de l’alliance entre l’Allemagne nazie, l’Italie fasciste, et le Japon impérial.

(4) L’Angleterre occupa l’Egypte en 1882 tout en maintenant l’autorité nominale du Khédive, monarque soumis au sultan ottoman. En 1914 l’Egypte devint un protectorat britannique. En 1922, la Société des nations (SDN) confie au Royaume-Uni un mandat sur la Palestine pour y construire un Foyer national juif.

(5) En 1956, Nasser bloque le golfe d’Akaba, interdit aux navires israéliens de passer via le canal de Suez qu’il nationalise en juillet. Il met sous séquestre les biens de la compagnie du canal de Suez. La France, le Royaume-Uni et l’Etat d’Israël - harcelé par des fedayin à partir de l’Egypte - signent l’accord de Sèvres pour renverser Nasser et reprendre le contrôle du canal. Débutée en octobre, l’intervention militaire de ces trois pays s’annonce victorieuse quand, après la menace de l’URSS et sous la pression des Etats-Unis, elle prend fin en novembre. La FUNU I (Force onusienne d’urgence) est chargée de surveiller le retrait des forces occidentales et de s’interposer entre l’Egypte et l’Etat d’Israël.

(6) Albert Londres, Le Juif errant est arrivé. Ed; du Serpent à plumes, 2000. 295 pages. ISBN-13 : 978-2842612023
Matthias Küntzel, Jihad et haine des juifs, le lien troublant entre islamisme et nazisme à la racine du terrorisme international. Préface de Pierre-André Taguieff. L’œuvre éditions, 2009. 180 pages. ISBN : 978-2-35631-040-8
Martin Cüppers et Klaus-Michael Mallmann, Croissant fertile et croix gammée, le IIIe Reich, les Arabes et la Palestine. Traduit de l’allemand par Barbara Fontaine Ed. Verdier, 2009 . 352 pages. ISBN : 978-2-86432-591-8

(7) Les Juifs en Égypte. Éditions de l'Avenir, Genève, 1971. Traduit en hébreu par Aharon Amir, dans une édition revue et augmentée, sous le titre (romanisé) Yehudi Mitzraiyim, avec une préface de H.Z. Hirschberg. Maariv (Tel-Aviv, 1974). Publié avec le concours du ministère israélien de l'Éducation, de l'Organisation sépharade mondiale et du Congrès juif mondial (CJM).

(8) « Le facteur dhimmi dans l’exode des Juifs des pays arabes » (pp. 33-60), dans Shmuel Trigano (sous la direction), L’exclusion des Juifs des pays arabes : Aux sources du conflit israélo-arabe, In Press, 2003. 399 pages. ISBN 2-84835-011-3.
Jean-Pierre Allali, Les Réfugiés échangés. Séfarades-palestiniens. Ed. Jupéa, 2007. 168 pages.
Fortunée Dwek, Nonno un juif d’Egypte. L’Harmattan, 2006. 258 pages. ISBN : 2296009131.
Moïse Rahmani, L'exode oublié. Juifs des pays arabes. Edition Raphael, 2007. 438 pages. ISBN : 2877810704.
Nathan Weinstock, Une si longue présence, Comment le monde arabe a perdu ses Juifs, 1947-1967. Plon, 2008. ISBN : 2259204937.

(9) Association des juifs originaires d’Egypte (http://www.ajoe.org) et Association historique des juifs d’Egypte (http://www.hsje.org/homepage.htm).

(10) David G. Littman est un historien et militant des droits de l’homme. Il représente l’Association pour une éducation mondiale (AWE) et l’Union mondiale pour le judaïsme libéral (WUPJ, http://wupj.org) auprès de l’ONU à Genève (Suisse). http://www.dhimmitude.org/littman-biography.html

(11) Bat Ye'or :
Le Dhimmi : profil de l'opprimé en Orient et en Afrique du Nord depuis la conquête arabe. Préface de Jacques Ellul. Éditions Anthropos, Paris, 1980. 335 p. (ISBN 2-7157-0352-X).
Juifs et chrétiens sous l'islam : les dhimmis face au défi intégriste. Berg international, collection « Pensée politique et sciences sociales », Paris, 1994. 420 p. (ISBN 2-900269-91-1) et collection « Pensée politique et sciences sociales », réédition, sous le nouveau titre Face au Danger Intégriste, juifs et chrétiens sous l’islam, Paris, 2004. 420 p. (ISBN 2-911289-70-6)

(12) Les chrétientés d'Orient entre jihâd et dhimmitude : VIIe-XXe siècle. Préface de Jacques Ellul. Éditions du Cerf, collection « L'histoire à vif », Paris, 1991. 529 p. ISBN 2-204-04347-8.

(13) Organisation mondiale des Juifs originaires des pays arabes à http://wojac.com/

(14) Béchir Gémayel est né dans une famille maronite en 1947, au Liban. En 1976, il crée la milice des forces libanaises au moment des viols et massacres des chrétiens vivant au Sud du Liban. Proche d’Israël, il est élu président du Liban en 1982, et quelques semaines plus tard, il est assassiné avec plusieurs membres de sa famille le 14 septembre 1982.

(15) Les chrétientés d’Orient entre jihâd et dhimmitude VIIe-XXe siècle à http://biblisem.net/historia/yeorchre.htm

(16) Le dar al-islam (maison de la soumission) se distingue du dar al-harb, composé de territoires à conquérir pour les soumettre à l’islam.

(17) Le 24 janvier 2006, à Londres, la Chambre des Communes a évoqué le « génocide oublié » des Assyriens. En 1915, les deux tiers des Assyriens vivant dans l'Empire ottoman ont été tués. Stephen Pound, membre du Parlement, a demandé la double reconnaissance par les gouvernements turc et britannique du génocide des Assyriens et des Arméniens en 1915. Il « a exhorté le gouvernement britannique à demander à l'Union européenne de faire de la reconnaissance de ce génocide la condition préalable à l'adhésion de la Turquie à l'UE. La Turquie nie ce génocide, appelé seyfo par les Assyriens, au cours duquel des personnes sont mortes de faim, de soif, sans aide médicale, violées, tuées à l'arme blanche, d'autres ont été prises comme esclaves, leurs identité et religion changées ». Source : Guysen International News, 1er février 2006.

(18) A noter le rôle de l’Alliance israélite universelle (AIU) à http://www.aiu.org/

Pour la situation des Juifs à cette époque, voir David G. Littman : « Quelques aspects de la condition de dhimmi : Juifs d'Afrique du Nord avant la colonisation », in Yod (Revue des études hébraïques et juives modernes et contemporaines, Publications orientalistes de France), octobre 1976, 3 ::22-52 (Genève, Avenir, 10 mai, 1997) ; « Les Juifs en Perse avant les Pahlevi », Les Temps Modernes, 395, juin 1979 (pp. 1910-35).

(19) Le décret Crémieux (1870) à http://www.akadem.org/sommaire/themes/h ... le_207.php

(20) Yves-Maxime Danan, Quelques observations sur « Les trois exils » de Benjamin Stora, 11 janvier 2007 à http://www.guysen.com/articles.php?sid=5435

(21) Le 2 avril 1941, Rashid Ali al-Gailani arrive au pouvoir à la suite d’un coup d’Etat militaire soutenu par l’Allemagne nazie et le mufti de Jérusalem Amin al-Husseini. Les 1er et 2 juin 1941, à Bagdad, 200 juifs furent assassinés et 2 000 blessés. Environ 900 maisons et des centaines de magasins juifs ont été détruites. Ce pogrom est appelé le farhoud.

(22) Bat Ye'or, Eurabia : L'axe Euro-Arabe. Ed. Jean-Cyrille Godefroy, 2006. 347 pages. ISBN : 2865531899.

(23) Professeur américain de littérature à l’université Columbia de New-York, Edward Saïd (1935-2003) est l’auteur de L’Orientalisme, l’Orient créé par l’Occident (Seuil, 1980). Il est à l’origine avec le chef d’orchestre Daniel Barenboïm de l’orchestre Divan occidento-oriental.
Michel Gurfinkiel, L'ascension et la chute d'Edward Saïd, RCJ, 10 octobre 1999 à http://www.upjf.org/detail.do?noArticle ... sion&rub=7

(24) Naissance d’une théologie chrétienne de la libération de la Palestine (p.14-p.18) et Les déchirures des chrétiens d’Orient (p.24-p.26), in L’Observatoire du monde juif, n° 6/7, juin 2003 à http://obs.monde.juif.free.fr/pdf/omj06-07.pdf

(25) Jacques Ellul (1912-1994) était un historien, théologien et sociologue français : http://www.ellul.org/ et http://www.jacques-ellul.org/

(26) Né au Kazakhstan en 1945, Robert S. Wistrich dirige le Centre international Vidal Sassoon d’étude de l’antisémitisme à l’université hébraïque de Jérusalem : http://sicsa.huji.ac.il. Muslim Anti-Semitism A Clear and Present Danger, American Jewish Committe, 2002 à http://www.ajc.org/atf/cf/%7B42D75369-D ... mitism.pdf

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 Sujet du message: Re: Bat Ye'or
MessagePublié: 27 Nov 2011, 08:56 
Je dois dire que dans son livre "De la dignité de l'islam", Michel Orcel n'a pas pu se priver de citer mes "comparses" (sic)

Page 107 il écrit à propos de la "dhimmitude"

(La création de ce néologisme revient à un personnage singulier et pour le moins contestable, Bar Ye'or, alias Gisèle Littman, Britannique d'origine juive égypyienne qui, en compagnie de son mari David Littman, participa activement en 1961 à l'"opération Mural" montée par le Mossad pour transférer clandestinement des enfants marocains juifs en Israël) et dans une note 8 notre bon Orcel de manière extrêmement venimeuse parle de "navire affrété par le Mossad" baptisé Egozqui a coulé en mer Méditerranée avec à son bord 44 juifs dont la moitié d'enfants... et la note continue sur 12 lignes, une véritable attaque contre les époux Littman en en faisant presque des ravisseurs d'enfants juifs pour les envoyer de force en Israël !!!


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 Sujet du message: Re: Bat Ye'or
MessagePublié: 27 Nov 2011, 18:02 
Si ma tante
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Enregistré le: 01 Mai 2005, 13:46
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Orcel oublie comme d'habitude, avec son cerveau bien lavé et sa malhonnêteté, que si ces juifs, hommes, femmes, vieillards et enfants, ont été évacués par les services israéliens, c'est que leur vie était en danger par le seul fait qu'ils étaient juifs, illustrant jusqu'à l'absurde la proverbiale tolérance musulmane envers tout ce qui n'est pas musulman. C'était l'évacuation ou la mort.

Alors bravo aux époux Littman s'ils ont participé à sauver ces vies.


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 Sujet du message: Re: Bat Ye'or
MessagePublié: 28 Nov 2011, 08:21 
D'abord le Mossad n'a rien à voir dans cette affaire, c'est de la fausse information mais notre bon (?) Michel Orcel sait ce qu'il fait en distillant ce venin.

Il veut déconsidérer Bat Ye'or comme chercheur en en faisant quasiment un agent du Mossad. Il sait qu'en écrivant cela il expose Bat Ye'or et son mari. Combien a-t-il touché pour livrer tous les chercheurs occidentaux non islamophiles à la vindicte musulmane ? :nause2:

Mais les Editions Bayard, c'est à vomir. Si les responsables de ces éditions étaient logiques ils devraient tous passer à l'islam.


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