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 Sujet du message: Re: SCIENCES
MessagePublié: 21 Oct 2012, 17:58 
Grand Pope
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Enregistré le: 23 Fév 2006, 00:47
Messages: 14749
Je vais demander la nationalité Congolaise.


8)

:clope:

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 Sujet du message: Re: SCIENCES
MessagePublié: 03 Nov 2012, 18:16 
Si ma tante
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Enregistré le: 01 Mai 2005, 13:46
Messages: 16595
Fantastique ! Ca fait "planer". Pendant qu'une partie de l'humanité ne rêve que de nous envoyer à l'âge de pierre islamique, une autre partie fait avancer la science. :wink:

http://www.franceculture.fr/2012-11-02-adn-et-stockage-de-donnees-vers-une-future-bibiotech

ADN et stockage de données, vers une future "bibiotech" ?
02.11.2012 Hélène Combis-Schlumberger

Trois-cents pages d'un livre stockées dans un milliardième de gramme d'ADN, le support de notre hérédité ! Sous la houlette de George Church, des chercheurs de l'université Harvard sont récemment parvenus à coder les vingt-six lettres de l'alphabet à partir de suites de nucléotides, les composants de l'ADN. Comment, pourquoi et quelles folles perspectives cette performance scientifique ouvre-t-elle - ou n'ouvre-elle pas - ?

Que les férus de science fiction ne s'emballent pas (encore) : sans désavouer totalement les possibilités d'utilisation de ce procédé de stockage pour l'avenir, le généticien Franz Manni et l'informaticien François Rechenmann les tempèrent...

Retour sur la performance

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© Marie-Eve Schodet, à partir d'une structure de protéine trouvée sur LibMol

Le procédé est simple, presque enfantin. Pour parvenir à stocker les 53 426 mots et les 11 illustrations d'un essai sur la biologie de synthèse, sous forme de fragments d'acide désoxyribonucléique (ADN), l'équipe de chercheurs de Harvard est partie du système binaire informatique. Celui-ci fonctionne sur des suites de 0 et de 1 (des bits), chaque lettre de l'alphabet étant traditionnellement codée par 8 bits, soit un octet. Ces lettres ont ensuite été transcrites à partir de la structure à base de sucre de l'ADN. Matière organique mais non vivante, l'ADN est un polymère constitué de quatre types d'éléments appelés nucléotides : l'adénine (A), la thymine (T), la cytosine (C) et la guanine (G).

Ainsi, les 0 du système binaire ont été indifféremment codés à partir d'une molécule A ou C, tandis que les 1 se sont vu transformer en molécules G et T. Au final, huit nucléotides codent donc pour une lettre. "Nous aurions pu affecter une valeur différente à chaque nucléotide et doubler la densité de stockage", précisent les chercheurs pour la revue, La Recherche. Sachant qu'avec ce procédé, le poids du livre transcrit est seulement d'un milliardième de gramme d'ADN, contre 650 kilo-octets pour sa version numérique.

La densité de stockage de cette matière biochimique est donc bien plus importante que celle proposée par l'informatique. A ce propos, George Church et son équipe se félicitent qu'il soit possible de stocker l'ensemble des données mondiales dans... quatre grammes d'ADN ! Soit 1,8 zettabytes. A titre de comparaison, la quantité d’ADN présente dans l’organisme humain avoisine les trois-cents grammes. En effet, si la séquence de l’ADN à l’intérieur de chaque cellule peut approximativement s'étendre sur un mètre, son poids est infinitésimal, car il s'agit de brins extrêmement fins.

De ce fait, à quoi peut donc ressembler ce livre stocké dans l'ADN ? "Il ne ressemble à rien ! Il ressemble à un minuscule grain de poussière à regarder au microscope.", s'amuse Franz Manni généticien et maître de conférences au Musée National d'Histoire Naturelle. Les éléments qui constituent l’ADN possèdent une structure chimique relativement simple. Pas difficile donc, de synthétiser celle-ci en laboratoire : "Il faut constituer le sucre, le nucléotide, mais il s'agit d'éléments assez basiques. C’est une des raisons pour lesquelles l’information est stockée, en biologie, dans l’ADN, car ce sont des constituants qui ont pu voir le jour au début de la vie, c'est-à-dire lorsque la complexité chimique et moléculaire du monde était plus simple que celle qu’on a aujourd’hui."

En fait, le généticien pense que cette performance permet surtout de familiariser le public avec la puissance de l'ADN, capable de contenir une très grande quantité d’information : "L’exploit en lui-même revient un peu au même que lorsque l’inventeur de la radio, l’italien Guglielmo Marconi, avec un signal radio, arrivait à partir de Rome à allumer les lumières de Sidney. Ça avait impressionné l’opinion publique parce qu’on se disait « Regarde la puissance de ces médias ! »"

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=_xtAaQRm2Nk


Au-delà du spectaculaire, quelles perspectives ?

Le regard de Franz Manni, généticien

Image
Franz Manni © HCS

En plus de sa capacité de stockage phénoménale, "L'ADN est stable à température ambiante (...) Vous pouvez le déposer où vous voulez, dans le désert ou dans votre arrière-cour, et il sera là 400 000 ans plus tard", déclarait Georges Church, cité par Le Monde informatique. Car, comme le soulignait récemment et avec humour Martin Vidberg, l'ADN peut atteindre le grand âge de 6,8 millions d'années avant d'être détruit. Toutes ces informations prêtent à rêver… et motivent certaines interrogations : l'ADN sera-t-il le support de stockage ultime de l'humanité ? Pas si sûr, pour Franz Manni :



Plutôt résistant l'ADN donc, mais uniquement dans la mesure où il est très bien conservé. Ce à quoi le généticien rétorque : "Si on mettait un disque dur dans une boîte de métal, la résistance au temps serait la même..." Mais comme il se plaît à le souligner, dans des milliers d’années, l’homme (s’il existe encore), saura sans doute toujours accéder facilement à l'information contenue dans l’ADN, puisque ce dernier est le propre support de cette information, en même temps que celui de notre hérédité. A contrario, les données numériques sont tributaires de supports matériels qui évoluent perpetuellement : disquettes, cédéroms, disques durs… Nos descendants disposeront-ils d'un lecteur permettant d'accéder à l'information contenue dans une très vieille disquette datant de 1970 ?… Et concernant la dégradation de la séquence d'ADN par le temps, le problème est en partie pallié par le procédé de synthèse lui-même… :



Plusieurs polymères donc, et heureusement ! Car il suffit qu'un seul nucléotide soit détérioré pour que toute la chaîne se décale, et que l'information, ou le livre, devienne illisible (mais heureusement, l'erreur serait facilement réparable grâce au traitement électronique !). Enfin, même si l'on considérait comme résolues les questions de résistance au temps de l'ADN, ainsi que celles concernant son décodage futur, resterait à savoir comment attirer l'attention des futures générations sur ces micro "grains de poussière" dans lesquels seraient renfermées les informations qu'on souhaiterait leur transmettre... :



Le scepticisme amusé de François Rechenmann, informaticien

Image
François Rechenmann © Antoine Lachand

François Rechenmann est bioinformaticien à l'Institut national de recherche en informatique et en automatique (INRIA). Pour lui, il est un peu tôt pour dire s'il y a un avantage fort à stocker l'information sous une forme biochimique, plutôt qu'électronique ou optique, comme on le fait actuellement. Comme Franz Manni, il rappelle que malgré sa fantastique densité de stockage, l'ADN possède une stabilité relative, susceptible de se dégrader, sans compter que les techniques de séquençage (lecture) de l'ADN sont encore relativement chères et délicates, même si elles sont appelées à progresser dans la dizaine d'années à venir, rendant la lecture de brins d'ADN plus rapide, moins coûteuse, et plus fiable.

D'ailleurs, rapporte Le Monde informatique, "en raison de la lenteur du processus de consignation des données, l'équipe d'Harvard ne considère pour le moment ce type de support que comme un moyen d'archivage de données." Enfin, François Rechenmann attire notre attention sur le fait que "l'ADN n'est pas quelque chose qui a été optimisé, c'est le résultat du bricolage de l'évolution pendant trois milliards et demi d'années." Pour lui, le stockage de données biochimique ne tient donc pas vraiment la comparaison avec le stockage de données numérique :



Le bioinformaticien souligne qu'il est facile d'accéder à l'information contenue dans un support numérique, car "il s'agit d'artefacts : le disque, optique, électronique ou magnétique, a été conçu pour être lu. En même temps qu'on conçoit le support, on conçoit le lecteur." Il a donc tendance à penser que si les générations futures sont capables de décoder l'ADN, elles auront d'autant plus de facilité pour lire un vieux support numérique, quitte à refabriquer les lecteurs nécessaires… Mais pour l'instant ces supports ont de toute façon une durée de vie très limitée. La question ne se pose donc pas réellement. Au final, même si François Rechenmann semble moyennement convaincu quant à l'avenir du stockage de données dans l'ADN, il se dit amusé et enthousiasmé par la performance de George Church :



Une dernière question farfelue, pour les amateurs de science-fiction`

L'ADN est-t-il un support biochimique exclusivement terrestre, ou peut-on envisager d'en envoyer dans l'espace pour tenter de prendre contact avec une éventuelle vie extra-terrestre qui, comme nous, serait constituée de cette molécule ? En effet, l'an dernier, après avoir analysé une douzaine d'objets célestes, la NASA y a découvert la présence de bases azotées, composants essentiels de l'ADN. Quant à savoir si celles-ci ont été créées dans le cosmos ou proviennent d'une contamination par la vie terrestre… : "Actuellement, on pense que la première forme de vie, la première molécule capable de se recopier toute seule, était un ARN ancestral, et certains croient qu'il est arrivé sur Terre à dos de météorite, ce qui ne ferait que décaler ailleurs dans l'Univers, la grande question de l'apparition de la vie, affirme Marie-Eve Schodet, agrégée de biologie. Si cela s'est passé ainsi sur Terre, pourquoi pas ailleurs ? Mais tout cela est évidemment à prendre avec des pincettes…"

Quoi qu'il en soit, François Rechenmann comme Franz Manni ne sont pas persuadés que les extra-terrestres, pour peu qu'ils existent, soient constitués du même ADN, doté des mêmes nucléotides, que les humains. Malgré tout, le généticien du Musée de l'homme estime qu'il est possible de tout envisager : "Comme c'est très léger et très petit, ça ne coûte pas grand chose de le faire. On peut toujours arroser l'espace de notre ADN ou de nos livres codés sous forme d'ADN !" Mais il prévient que les radiations ionisantes sont de toute façon très énergetiques, et cassent les brins d'ADN lorsqu'ils les percutent. Sans parler du seul choc thermique de l'espace…

De son côté, François Rechenmann rappelle que si les voyages de l'homme dans l'espace sont limités, c'est justement à cause de la difficulté à résister aux rayons cosmiques : "Pour certains, c'est un obstacle insurmontable qui empêche même d'envisager des voyages humains de très longue durée, à très grande distance, dans le cosmos". Et là n'est pas l'unique raison pour laquelle François Rechenmann se montre sceptique :



Alors, faut-il miser sur l'avenir de l'ADN en tant que support par excellence de stockage de données ? Rien n'est moins sûr. Mais comme le rappelle sagement Franz Manni : "On est encore au début d’une technologie. Souvent, même les formules informatiques sont créées avant qu’elles aient une réelle utilisation."

Hélène Combis-Schlumberger


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 Sujet du message: Re: SCIENCES
MessagePublié: 04 Nov 2012, 22:22 
Tel-Aviv la France !
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Enregistré le: 12 Mai 2007, 14:28
Messages: 4239
Intéressant, mais ils ne donnent aucune specs concernant les vitesses de lecture et d’écriture sur un brin d'ADN :sif: 8)

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Ne jamais faire confiance à un type qui tord des cuillères :)


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 Sujet du message: Re: SCIENCES
MessagePublié: 30 Nov 2012, 12:20 
River
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Enregistré le: 02 Juin 2005, 21:02
Messages: 3795
De la bonne vulgarisation.

Etienne Klein : le boson de Higgs, et après ?
Réalisation : Christian Buffet. 2012

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le boson de Higgs... sans jamais oser le demander ! Une interview lumineuse avec le formidable passeur de sciences, le physicien Etienne Klein. Entretien réalisé par Caroline Ando.

http://www.universcience.tv/video-etienne-klein-le-boson-de-higgs-et-apres--5376.html

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La politique fut d'abord l'art d'empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde. A une époque suivante, on y adjoignit l'art de contraindre les gens à décider sur ce qu'ils n'entendent pas. Paul Valéry.


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 Sujet du message: Re: SCIENCES
MessagePublié: 01 Déc 2012, 02:05 
Du Crime
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Enregistré le: 21 Aoû 2006, 18:43
Messages: 8691
Localisation: dans la jungle
Serge Goldman a écrit:
Une interview lumineuse

:ok: Lumineuse, c'est le mot. Parce que merveilleusement accessible. J'adore ses plannings sur 50/60 ans. Les scientifiques de ce type sont bien les seuls à encore "prévoir" quelque chose, et c'est bien la seule chose qui m'émerveille encore... Le changement, c'est demain !" :mrgreen:

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L'homme pense et Dieu rit
Cioran


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 Sujet du message: Re: SCIENCES
MessagePublié: 14 Juil 2013, 11:48 
Si ma tante
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Enregistré le: 01 Mai 2005, 13:46
Messages: 16595
J'aime Bien Trinh Xuan Thuan. Il a un vrai talent de vulgarisateur et intègre dans sa recherche la poésie, la beauté, la philosophie et même la religion. :wink:

http://www.franceculture.fr/emission-les-matins-vers-l-inifini-et-l-au-dela-2013-07-12

Vers l'infini et l'au-delà
12.07.2013 - 06:30

http://www.dailymotion.com/video/x11tsgn_les-matins-vers-l-infini-et-au-dela_news


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 Sujet du message: Re: SCIENCES
MessagePublié: 19 Déc 2013, 18:23 
River
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Enregistré le: 02 Juin 2005, 21:02
Messages: 3795
Ca fait un moment que JP Luminet prêche son modèle d'univers chiffonné, fini et donc peuplé de répliques fantômes de galaxie. Pour le moment l'expérience ne dément pas, bien au contraire avec les observations du satellite Plack. Et plus besoin de matière noire puisqu'il n'y aurait plus alors de masse manquante, l'univers étant beaucoup plus petit que ce qu'on pense... Un Univers de poche en somme avec beaucoup de répliques fantômes.

Le second aspect décrira les recherches récentes en topologie cosmique, où l'espace " chiffonné ", fini mais de topologie multiconnexe, donne l'illusion d'un espace déplié plus vaste, peuplé d'un grand nombre de galaxies fantômes. L'univers observable acquiert ainsi la forme d'un " cristal " dont seule une maille correspond à l'espace réel, les autres mailles étant des répliques distordues emplies de sources fantômes.`

La vidéo :

http://www.canal-u.tv/video/universite_de_tous_les_savoirs/les_trous_noirs_et_la_forme_de_l_espace.1039

Les trous noirs et la forme de l'espace
Jean-Pierre Luminet. 5 juillet 2000


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 Sujet du message: Re: SCIENCES
MessagePublié: 02 Nov 2016, 09:54 

Enregistré le: 31 Aoû 2007, 11:15
Messages: 310
Localisation: Royaume libre et areligieux du Père Utopie
Pour ceux qui s'intéressent aux chiffres et aux nombres, voir :

https://www.youtube.com/watch?v=0r3cEKZiLmg


Un million de décimales sur un mile (1609 mètres), avec seulement quelques coïncidences remarquables. C'est un exploit... mais est-ce exploitable ?

Dommage que ce soit en américain non sous-titré. Les gars forts, je compte sur vous !!

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“On naît seul, on vit seul, on meurt seul. C'est seulement à travers l'amour et l'amitié que l'on peut créer l'illusion momentanée que nous ne sommes pas seuls.” Orson Welles


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 Sujet du message: Re: SCIENCES
MessagePublié: 02 Nov 2016, 10:26 
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Enregistré le: 30 Avr 2005, 01:16
Messages: 6806
C'est sous-titré. :wink: Il suffit d'activer les sous-titres.


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 Sujet du message: Re: SCIENCES
MessagePublié: 02 Nov 2016, 15:00 

Enregistré le: 31 Aoû 2007, 11:15
Messages: 310
Localisation: Royaume libre et areligieux du Père Utopie
Merci LV de m'avoir ouvert les yeux.

En définitive, il y a très peu de séries remarquables malgré un million de décimales. Le mélange est presque homogène.

Cela rappelle d'autres particularités, par exemple le plus long mot français sans e : institutionnalisation (lipogramme en e) ou le plus court utilisant toutes les voyelles : oiseau (et on ne prononce aucune des lettres le composant). On peut aussi opposer indolore à endolori : même lettres, la première et la dernière sont inversées, le sens aussi. Ressasser se lit dans les deux sens... Et ce n'est pas tout, il y a de quoi s'amuser !

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 Sujet du message: Re: SCIENCES
MessagePublié: 28 Déc 2016, 18:34 
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Optimus :clope:

Le mystère du pic de carbone 14 de l’an 994
11 décembre 2016, par Pierre Barthélémy

http://passeurdesciences.blog.lemonde.f ... e-lan-994/

C’est une jolie histoire de science, celle d’un mystérieux événement survenu il y a plus de mille ans, détecté par les sciences physiques et compris grâce aux sciences humaines. L’histoire de cette belle collaboration est racontée dans une étude japonaise à paraître dans Solar Physics. Tout est parti d’arbres. En 2013 est publié dans Nature Communications le travail d’une autre équipe nippone qui a identifié, dans les anneaux de croissance de cèdres du Japon, un net surplus de carbone 14 (14C) pour l’année 993-994 de notre ère. Isotope radioactif du carbone, le 14C est formé dans l’atmosphère suite à une réaction nucléaire déclenchée par l’arrivée de rayons cosmiques venus de l’espace. Ces particules chargées (protons, électrons, noyaux d’atomes), très énergétiques, entrent en collision avec les noyaux des atomes de l’atmosphère, ce qui libère des neutrons qui vont à leur tour réagir avec les noyaux de l’azote, le gaz le plus commun dans l’air. Au terme de cette réaction nucléaire, l’azote 14 se transforme en carbone 14, qui est ensuite absorbé et stocké par la végétation.

La détection de cette anomalie dans les cernes d’arbres – mais aussi dans des carottes de glace où l’on a retrouvé un surplus de béryllium 10 et de chlore 36, deux autres radio-isotopes dits cosmogéniques – indique que, peu de temps avant l’année 994, un ou plusieurs flux importants de rayons cosmiques ont atteint la Terre pendant une courte période. Restait donc à déterminer leur origine. Deux possibilités existent : soit une origine galactique ou extra-galactique, soit une origine solaire. Or, si notre étoile a été responsable de cette arrivée de particules chargées, l’éruption solaire a dû avoir d’autres conséquences notables sur Terre, à savoir des aurores boréales particulièrement spectaculaires.

D’où l’idée qu’ont eue ces chercheurs japonais de demander de l’aide à l’Histoire, d’avoir recours à des chroniques médiévales antérieures à l’an mil pour y rechercher d’éventuels témoignages d’époque. Aiguillés par de précédents travaux, ils se sont essentiellement plongés dans des annales allemandes (saxonnes), irlandaises et coréenne. Après épluchage minutieux de ces textes, ils ont découvert huit références correspondant à trois événements rapprochés, un de l’automne 992 et deux de l’hiver 992-993.

« Le ciel était rouge sang »

Le premier date du 21 octobre 992. Deux chroniques saxonnes signalent que, cette nuit-là, « tout le ciel s’est teint en rouge trois fois ». Le second événement survient deux mois plus tard, le jour de la Saint-Etienne qui tombe le lendemain de Noël, le 26 décembre. Cette fois, il est signalé non seulement dans les textes allemands mais aussi dans deux annales irlandaises. L’auteur d’une des chroniques saxonnes évoque un « miracle inouï » : « Soudain, aux alentours du premier chant du coq, venant du nord, une telle lumière brilla que beaucoup crurent que le soleil s’était levé. Cela continua pendant une heure. Après quoi, le ciel légèrement rougi retourna à sa couleur normale. » Un manuscrit irlandais, moins loquace, dit simplement que « le ciel était rouge sang ». La troisième et dernière occurrence se trouve dans un texte coréen. La datation est plus floue puisque les auteurs de l’étude parlent d’une période allant du 27 décembre 992 à la mi-janvier 993. La chronique dit : « Pendant une nuit, la porte du ciel s’ouvrit. » Cela peut sembler à la fois poétique et mystérieux mais l’étude d’autres textes montre que les Asiatiques avaient parfois recours à cette formulation pour parler d’une aurore boréale.

Etant donné que la latitude de la Corée est assez basse, 37° nord pour la capitale de l’époque Kaesong (actuellement en Corée du Nord), l’étude japonaise estime que l’orage géomagnétique qui a engendré cette aurore boréale devait être plus important que n’importe lequel des événements de ce genre enregistrés depuis 1957, mais pas aussi puissant que l’éruption solaire de 1859, dont les effets se virent jusque dans les Caraïbes. Quoi qu’il en soit, la survenue de ces trois aurores boréales remarquables en moins de trois mois suggère une intense activité solaire en cette fin d’année 992. Et explique probablement le mystère du carbone 14 absorbé par les vénérables cèdres du Japon.

Pierre Barthélémy (suivez-moi ici sur Twitter ou bien là sur Facebook)

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