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Fumistes et compagnie

Leonardo da Vinci se doutait-il que son tableau deviendrait, en ces premières années de notre XXIe siècle, un juteux filon pour romanciers à succès? En tout cas, la publicité commerciale se voit fort mal récompensée de s’en être inspirée, puisque la voilà traînée au ban d’infamie pour crime de blasphème.

La Cène

La Cène

Leonardo da Vinci se doutait-il que son tableau deviendrait, en ces premières années de notre XXIe siècle, un juteux filon pour romanciers à succès? En tout cas, la publicité commerciale se voit fort mal récompensée de s’en être inspirée, puisque la voilà traînée au ban d’infamie pour crime de blasphème. Les magistrats ont en effet donné raison à l’épiscopat indigné qui demandait l’interdiction d’afficher la pub d’un fabricant de fringues féminines pastichant l’oeuvre de da Vinci. Cette affiche, par laquelle le scandale arrive, nous montre Jésus et ses apôtres présentés, horreur, en femmes plutôt bien foutues, revêtues des vêtements pourtant fort décents d’un créateur de modes. Qu’en serait-il si ces gracieuses personnes étaient dévêtues? Le responsable de cette infamie, serait déjà réduit en cendres sur les bûchers de la Sainte Inquisition sans doute.

Diable (si on ose dire), quelle indécence sacrilège que d’imaginer Dieu s’incarnant dans sa Fille et celle-ci s’entourant de douze "apôtresses". Impossible! Même mon correcteur d’orthographe refuse cette version féminine de l’apôtre. Et le crucifix! Peut-on imaginer dans une église cette image obscène d’une jeune femme crucifiée presque totalement dénudée? Nous pouvons comprendre l’indignation des Catholiques qui ont porté l’affaire devant la Justice; ils n’avaient que Dieu pour eux, voici qu’ils ont aussi la Justice. Et les juges leur ont en effet donné raison.


Mais on dit que si le nageur imprudent qui se baigne dans un marigot doit compter sur la Providence, le crocodile aussi. Il en est de même pour la justice qui ne peut satisfaire l’un, sur la base d’un délit qui ne figure même pas dans notre code pénal, sans mécontenter l’autre.

Dès lors, nous pouvons aussi comprendre la réaction indignée de la L.D.H contre cette «régression», contre ce «retour de l’ordre religieux», contre cette «atteinte délibérément disproportionnée à la liberté d’expression», contre ce «jugement qui rétablit le délit de blasphème» et qui signe «le retour de l’Inquisition».

«LDH»… Pour ceux qui ne s’en rendraient plus compte, et selon le souvenir d’amis vieux Ligueurs, que j’ai interrogés, ce serait un sigle qui se prononce: «Ligue des Droits de l’Homme», fondée à l’époque de l’Affaire Dreyfus pour lutter contre les atteintes aux droits de l’homme et contre l’antisémitisme.

Pendant que nous y sommes, poursuivons avec le MRAP, sigle flou, à lecture variable au gré des vents, d’une association créée au sortir de la guerre mondiale, aux beaux jours du stalinisme triomphant, pour capter les anti-racistes et stigmatiser le racisme d’Europe occidentale et d’Amérique et, à ses débuts, même lutter contre l’antisémitisme qui sévissait dans… les pays «capitalistes»…

C’est qu’il cause vraiment bien, ce Tubiana qui préside aux destinées de la L.D.H… Deux mains d’un homme normalement constitué ne suffiraient pas pour applaudir, comme il le mérite, tant de vigueur mise au service d’un combat pour la liberté d’expression, tant de vertu républicaine et laïque! Devant tant de convaincante éloquence, ne devrions-nous pas nous ruer, chéquier en main, vers cette méritante association pour y adhérer et renforcer ainsi son action ?

L’ennui, c’est qu’il semble avoir plus de bagout, propre aux militants rompus aux techniques de l’agit-prop et de l’entrisme, que de constance dans ses principes, à moins qu’il ne s’agisse d’une mémoire défaillante. Faut-il la lui rafraîchir? Il n’y a pas si longtemps, il se joignait à son indissociable compère Aounit, son homologue du M.R.A.P, pour grossir la meute lancée aux trousses de Louis Chagnon, professeur d’Histoire dans un lycée proche de Paris, au motif que dans le cadre d’un cours d’Histoire consacré au septième siècle, il avait évoqué l’émergence de l’Islam et présenté Mahomet, personnage non pas mythique mais bien historique, en des termes dont le seul défaut est d’être strictement conforme à la vérité historique, mais, ô scandale, pas du tout à celle de l’hagiographie liftée au goût des gogos occidentaux par Tarik Ramadan et relayée en France par l’U.O.I.F

Que l’infortuné enseignant soit privé, par une inspection d’Académie zélée, de son poste et de son gagne pain, importe peu au cossu militant de la lutte des classes que la LDH a porté à sa présidence. Que pèse un tel dommage pécuniaire et moral d’un minable gagne-petit face au blasphématoire affront au Prophète, délit de surcroît attentatoire à la ligne politiquement correcte? Force est de croire en la gravité du délit, voire du crime, puisque les syndicats d’enseignants, dont on connaît la promptitude à lever l’étendard de la révolte pour défendre leurs intérêts corporatistes, sont restés muets dans cette affaire. C’est qu’on ne transgresse pas impunément le dogme qui leur est inculqué par Le Monde Diplomatique!

C’est qu’il est fort utile ce Monde Diplomatique; il joue un peu, dans le domaine de la pensée, le rôle des Surgelés Picard, pour ceux qui ne sont pas en mesure de faire la cuisine, à la différence près qu’avec ce dernier, on peut varier les plats.

Mais, comme il me reste beaucoup de considération pour la LDH qui a toujours compté dans ses rangs des hommes et des femmes d’une grande probité et de haute valeur morale, force est d’en déduire qu’il existerait deux LDH homonymes: l’une qui dénonce la restauration du délit de blasphème, et l’autre qui traque, punit et éradique le blasphème.

Maître Tubiana devrait y mettre bon ordre, car c’est cette homonymie qui, sans doute, prête à confusion. Par exemple, il nous sera difficile de savoir laquelle de ces LDH qui, jadis, livrait bataille à l’antisémitisme, s’est jointe au MRAP d’Aounit pour obtenir la réintégration de deux élèves «franco maghrébins», renvoyés du Lycée Montaigne à Paris, sur décision du conseil de discipline, pour agressions répétitives assorties de propos antisémites contre un élève juif ? Voyant dans ce renvoi un acte «raciste», le sang de Maître Tubiana n’a fait qu’un tour; il a obtenu leur réintégration et, par voie de conséquence, condamné leur souffre douleur juif à se trouver un autre établissement. Que faire d’autre puisque l’antisémitisme précoce de ces jeunes maghrébins est désormais légitimé par des associations à vocation antiraciste... Tout est donc rentré dans l’ordre des «droits de l’homme non juif» et du néo-antiracisme. Chacun sait en effet, dans la France farouchement laïque, mais façonnée par le gauchisme, que s’affirmer musulman, c’est du dernier chic, c’est progressiste, autant dire dans le sens de l’histoire, tandis que s’affirmer catholique, c’est réac et ringard… Quant à s’affirmer juif, c’est provocateur, agressif, à l’image des colons armés et barbus, des marchands d’esclaves, des racistes, le symbole de celui «qui a tout alors que nous on n’a rien ». Bref, dans la religion de la lutte de classes, le Juif c’est la classe des exploiteurs et des oppresseurs. Alors le petit exploiteur juif n’a qu’à se payer une école privée. Les Droits de l’Homme (et du citoyen) ne sont pas prévus pour lui.


INTIFADA en France

Rassurez-vous, je ne parlerai pas ici de la manif lycéenne du début mars dans laquelle les gosses « hexagonaux » ont été sauvagement agressés et dépouillés par une horde d’un millier de barbares, pardon, de «jeunes des banlieues» rompus aux techniques de la razzia et bien décidés à casser du «croisé» ou du «batou», voire du «colon», puisque ces «jeunes des banlieues» sont colonisés ici même par les Français. Ce n’est qu’une affaire franco-française qui préfigure en modèle réduit la France de très bientôt.

Non, mon sujet m’est inspiré par le Figaro du 17 mars dans lequel j’apprends que Dame Leila Chahid, personnage officiel et choyé par l’Elysée en tant qu’ambassadrice de feu Yasser Arafat et de l’OLP, fait des tournées régulières dans les écoles et lycées de France. Normal, c’est son boulot que de faire la promotion du nationalisme arabo-palestinien. En ce sens, je la trouve respectable même si nous ne sommes pas du même bord.

Ce qui paraît en revanche contre nature et bien moins respectable, c’est le soutien massif et inconditionnel de toute la palette d’une gauche habituellement peu encline à l’indulgence envers les nationalismes européens ou le sionisme, pour propager et conforter un nationalisme palestinien qui a pris son essor sous l’impulsion d’Amin al Husseini, grand muphti de Jérusalem (oncle de la susnommée Leila Chahid), très proche de Mussolini et de Hitler pour le compte duquel il forma en 1940 une légion de volontaires musulmans combattant aux côtés des SS allemands dans l’extermination de Partisans, d’Orthodoxes, de Juifs, avant que ces légionnaires musulmans ne soient recyclés en Palestiniens pour combattre l’Etat d’Israël naissant et en éradiquer les Juifs... Cela dénote l’immense imposture de ceux qui, de la gauche modérée à l’extrême gauche, font à présent de la «cause palestinienne» leur symbole, leur étendard. Le Keffieh autour du cou de jeunes décervelés ne remplace-t-il pas le foulard rouge du temps où la gauche était majoritairement composée d’ouvriers et non de fils à papa? Mais puisqu’on vous dit que c’est inscrit dans le sens de l’Histoire! Alors mektoub, comme on dit en Novlangue marxiste. En somme, pour ces fumistes individuels ou regroupés en collectifs, il en est du nationalisme comme du cholestérol ou de l’antisémitisme, il y en a un mauvais (le sionisme par exemple) et un bon (pour savoir lequel, se fier au Monde Diplomatique).


La musique adoucit les moeurs

On se souvient de cette malheureuse Marie Trintignant dont la vie fut brutalement abrégée par Bertrand Cantat, son compagnon. C’est un tragique, mais hélas banal fait divers, un dérapage d’un macho frappeur et, justice, bonne ou mauvaise étant faite, il ne conviendrait plus d’en parler. Mais en marge de celle-ci, et cela me semble révélateur d’une overdose de conditionnement idéologique, j’ai entendu à la radio le chœur de ses amis éplorés se portant témoins de moralité; énumérant les qualités humaines de l’assassin quelque peu crapuleux, ils avancent in fine un argument décisif: «Bertrand soutenait à fond la cause palestinienne». Si une telle «qualité humaine» n’a pas ébranlé les juges lithuaniens, c’est sans doute parce que le français est une langue certes universelle, mais qui n’est pas comprise au tribunal de Vilnius, mais je frémis à l’idée que le meurtrier aurait aussi bien pu être, comme cela arrive parfois, pro israélien. Parions que la Gauche pro palestinienne aurait alors demandé le rétablissement de la peine de mort et une exécution séance tenante par supplice de la roue.

Pacifistes

Contrairement à son tonton muphti, rien ne permet d’affirmer que Leila est antisémite. Elle dispose pour le prouver de quelques alibis. Primo je crois que, à la différence du petit agneau de la fable, elle ne tétait même pas encore sa mère au moment où son noble et prestigieux tonton, revêtu d’un seyant uniforme SS, se mettait au service d’Hitler en Yougoslavie. Secundo: dans ses tournées de propagande, elle est rituellement flanquée d’un petit Juif utile de service, dûment gauchiste et « pacifiste» -c’est le Figaro qui le précise-. Eh oui, des pacifistes, les Juifs en ont à revendre, mais depuis qu’ils sont devenus Israéliens, ils ont changé de nature; ils ont perdu le sens du commerce, il faut que ce soient les Palestiniens qui se chargent de les vendre aux Occidentaux. C’est la preuve que ce sont les Palestiniens qui sont devenus les Juifs d’aujourd’hui et les Juifs qui remplacent les nazis d’hier. Or, on se souvient, du moins dans la génération qui a vécu dans les années 30-40, de Marcel Déat, célèbre champion des pacifistes français qui, se préférant Allemand vivant que Français mort et ne voulant pas mourir pour Dantzig, ignorait qu’il allait bientôt mourir pour Hitler. Aujourd’hui, les pacifistes juifs, alors disons du moins les plus gauchistes, ceux que nos médias adulent et mettent en vedette, préfèrent devenir Palestiniens vivants qu’Israéliens morts, en ignorant le sort qui leur serait réservé une fois qu’ils ne seront plus d’aucune utilité à la «cause palestinienne». Mais rassurons le poisson-pilote juif de l’opulente Leila; celle-ci, reconnaissante, lui accordera généreusement le statut de Juif utile et sera donc momentanément protégé.

Soit dit en passant, a-t-on déjà vu présenter, quelque part dans un journal ou à la télé, un Palestinien ou un Arabe «pacifiste»? Cette qualité, dont nos médias les dispensent, ne semble exigible que chez les Juifs en général et les Israéliens en particulier.

Mais à propos des «tournées des banlieues», comment se fait-il que la propagande palestinienne soit admise dans nos établissements scolaires, alors qu’à ma connaissance, l’ambassade d’Israël n’organise pas de tournées dans les écoles? Disons tout de suite que nombre de proviseurs l’interdisent, ce qui prouve qu’il s’agit, chez ceux qui ouvrent leur porte à la «cause palestinienne» (mais jamais à la cause israélienne), d’une option idéologique.

Incorrigiblement candides, nous pouvions penser que la laïcité dans l’enseignement, s’étendait également à la stricte neutralité dans le domaine politique et idéologique, et que non seulement les curés cathos, mais également et au même titre, les curés rouges, bruns ou verts, propagandistes d’une idéologie, d’une religion, d’une secte, d’une cause politique ou d’une promotion commerciale, étaient interdits d’accès dans nos établissements publics. Mais de quelle planète atterrissons-nous?

Nous oublions que «ces tournées des banlieues» bénéficient de l’appui d’un «collectif» de 25 associations parmi lesquelles «France Palestine Solidarité» et, automatiquement, la néo-Ligue des Droits de l’Homme de notre ami Tubiana. Tout ce petit monde de «damnés de la terre et de forçats de la faim», gravite autour d’un machin se désignant comme association des «Amis du Monde Diplomatique», organisatrice de ces tournées. Rien donc de surprenant de la part de cette espèce de Pravda trotskiste, véritable cheval de Troie de son entrisme dans l’éducation nationale; la Bible étant interdite d’école, elle est remplacée par ce bréviaire d’un gauchisme paranoïaque devenu un confortable et rassurant prêt à penser à nombre d’enseignants et à quelques proviseurs.

Cela explique l’implication de Tubiana dans ce «collectif». Avec lui, la néo-LDH instaure un droit de l’homme à deux vitesses. L’un, inconditionnellement et indistinctement réservé aux Arabes en général et aux Palestiniens en particulier, fussent-ils des sanguinaires assassins ou des corrompus enrichis par la «cause palestinienne», l’autre ne reconnaissant les droits de l’homme aux Juifs qu’à condition qu’ils soient morts dans les camps d’extermination nazis ou prouvant leur pacifisme et leur engagement à la cause palestinienne. On en trouve heureusement quelques échantillons résiduels, de ces prolétaires marxistes juifs, dans les bidonvilles de Neuilly-Passy-Auteuil.

Géographie


Selon le cardinal Angelo Scola, la Turquie, c’est l’Europe puisque «la Turquie, c’est aussi Constantinople». Géographiquement c’est incontestable, du moins ce l’était voici mille ans, lorsque l’Anatolie et les Balkans, constituant l’empire romain d’Orient, dans lequel le grec était la langue dominante, avant que cette région fût submergée par l’invasion musulmane turque; c’est toujours vrai actuellement si l’on se limite aux rivages européens des détroits et de la Mer de Marmara, c'est-à-dire à la Thrace.

L’angélique cardinal Scala se tromperait-il d’époque? Mais que signifie le temps inscrit dans l’Histoire pour une éminence qui fait dans l’intemporel? Vivant hors du temps, il ne s’est pas encore rendu compte que Constantinople, ville grecque et byzantine, a été submergée par l’Istanbul turque et musulmane, que des minarets ont été érigés autour de l’imposante ex-église Sainte-Sophie transformée en mosquée. Bien plus qu’un simple changement toponymique, c’est une substitution de populations et de culture par une impitoyable purification ethnique qui s’est poursuivie jusqu’au XXe siècle. Ce prélat devrait demander aux Arméniens et aux Grecs originaires de cette région ce qu’ils en pensent. Ce prélat devrait aussi se souvenir que lorsque les Actes des Apôtres parlent de «l’Asie», ils désignent ce que nous nommons aujourd’hui l’Anatolie, c'est-à-dire la plus grande partie de la Turquie. Ainsi et sans que cela ne constitue un jugement de valeur, la Turquie, c’est à 95 % l’Asie, l’Asie Occidentale, l’Asie Mineure et non l’Europe.

Selon le cardinal Angelo Scola, la Turquie, c’est l’Europe puisque «la Turquie, c’est aussi Constantinople». Géographiquement c’est incontestable, du moins ce l’était voici mille ans, lorsque l’Anatolie et les Balkans, constituant l’empire romain d’Orient, dans lequel le grec était la langue dominante, avant que cette région fût submergée par l’invasion musulmane turque; c’est toujours vrai actuellement si l’on se limite aux rivages européens des détroits et de la Mer de Marmara, c'est-à-dire à la Thrace. L’angélique cardinal Scala se tromperait-il d’époque? Mais que signifie le temps inscrit dans l’Histoire pour une éminence qui fait dans l’intemporel? Vivant hors du temps, il ne s’est pas encore rendu compte que Constantinople, ville grecque et byzantine, a été submergée par l’Istanbul turque et musulmane, que des minarets ont été érigés autour de l’imposante ex-église Sainte-Sophie transformée en mosquée. Bien plus qu’un simple changement toponymique, c’est une substitution de populations et de culture par une impitoyable purification ethnique qui s’est poursuivie jusqu’au XX siècle. Ce prélat devrait demander aux Arméniens et aux Grecs originaires de cette région ce qu’ils en pensent. Ce prélat devrait aussi se souvenir que lorsque les Actes des Apôtres parlent de «l’Asie», ils désignent ce que nous nommons aujourd’hui l’Anatolie, c'est-à-dire la plus grande partie de la Turquie. Ainsi et sans que cela ne constitue un jugement de valeur, la Turquie, c’est à 95 % l’Asie, l’Asie Occidentale, l’Asie Mineure et non l’Europe.

Et géographiquement parlant, la Turquie n’est pas plus l’Europe par la grâce de la Thrace que la France est l’Amérique par Saint-Pierre et Miquelon ou par la Guyane.

Mais à dire vrai, je trouve la délimitation entre l’Europe et l’Asie fort arbitraire, sachant qu’il s’agit d’un seul et même continent désigné par Eurasie et dont «l’Europe» n’est que le sous-continent occidental comme l’Inde en est le sous-continent méridional. Ce n’est pas la chaîne de l’Oural, dans laquelle Charles de Gaulle voyait la frontière orientale de l’Europe, qui constitue une véritable séparation entre Asie et Europe. J’écarte donc tout argument géographique contre ou en faveur de l’adhésion de la Turquie.

La véritable frontière qui sépare les peuples ou des ensembles de peuples n’est donc pas d’ordre géographique. Seuls, un facteur culturel et l’adhésion des peuples à un même système concordant de codes, de valeurs morales et politiques, de symboles aussi, peuvent marquer les frontières qui les séparent d’autres cultures et valeurs. De ce côté-là, la Turquie est bien, mais dans une certaine mesure, européenne puisque, en cette semaine du livre, un titre ayant pour auteur un européen, disons même un aryen indo-européen, y caracole en tête des meilleures ventes: c’est «Mein Kampf», que l’on peut difficilement classer parmi les livres philosémites. Révélateur? En tout cas, c’est un signe d’autant plus inquiétant que l’empire Ottoman musulman, dont la Turquie fut le cœur, était de tout temps beaucoup plus accueillante aux Juifs que ne le furent les pays chrétiens d’Europe, au point que les Juifs expulsés d’Espagne par Isabelle la Catholique purent trouver refuge en Turquie et y perpétuer leur culture Séfarade.

C’est à Izmir, à Istanbul ou à Salonique, alors sous domination turque, que l’on parlait le ladino. Si les Juifs séfarades ont de nos jours disparu de Salonique, ce ne sont pas les Turcs mais des « purs » Européens qui les ont anéantis dans la Shoa. En somme, durant toute leur histoire, les Juifs ont bien plus souffert à l’ombre des clochers européens que des minarets turcs.

Mais le passé est-il pour autant garant de l’avenir? L’Allemagne qui, dès la fin du XVIIIème siècle avait ouvert les universités aux Juifs, les en chassait au XXe, avant d’entreprendre leur extermination; et la France qui avait émancipé les Juifs au début du XIXe siècle, en ne voyant en eux que des citoyens et non une nation, n’en a pas moins instauré le statut des Juifs au siècle suivant et prêté la main à leur extermination. Tout cela n’avait eu pour prolégomènes qu’un anodin petit livre délirant intitulé «Mein Kampf». Alors cet engouement des Turcs pour ce même livre, dont ils ne peuvent plus ignorer son implication, ne devrait-il pas valoir à leur pays un ajournement sin die des pourparlers en vue de leur entrée dans l’Union Européenne.

Car si la politique est contingente, l’enracinement culturel est bien plus durable. Or, je crains qu’avec un certain décalage, les Turcs ne souffrent du même syndrome de peuple injustement vaincu au sortir de la guerre de 14-18, qui a conduit une majorité d’Allemands à porter Hitler au pouvoir. Ce sentiment m’apparaît en effet se manifester, par exemple, dans un journal de la diaspora turque en Allemagne, que le gouvernement de ce pays a fini par interdire en raison de son contenu violemment hostile à la culture et aux valeurs de l’Occident, au Christianisme et, cela va de soi dans toute pensée totalitaire, aux Juifs. Ce n’est qu’un banal incident, dans un pays qui ne finit pas de traquer les résurgences des courants nazis, auxquels s’ajoutent l’islamisme et le nationalisme turc. Mais là où, les choses deviennent révélatrices, c’est que la presse de Turquie, dans sa quasi unanimité, s’est élevée contre cette interdiction dans laquelle elle voit un acte raciste anti-turc et islamophobe. Cela me paraît plus parlant que les discours lénifiants du lobby pro- turc.

Constatons que, pour un autre pays plus européen, plus proche de nous mais moins riche, moins puissant, moins arrogant et moins intimidant, les Européens on su se montrer plus fermes: la Croatie, à laquelle il est à juste titre reproché de n’avoir pas livré au Tribunal de La Haye un militaire, certes héros national, mais criminel de guerre, sur lequel elle ne peut plus mettre la main, puisqu’en 2001 déjà, muni d’un visa généreusement délivré par notre bon Quai d’Orsay, il avait trouvé refuge en France. La France ne s’honore-t-elle pas de son droit d’asile? Bien sûr, nous sommes redevables du mot «cravate» à ce pays, mais l’U.E a raison de se montrer exigeante envers les pays candidats. Nous ne pouvons que nous révolter davantage contre la veulerie, dont la même U.E fait preuve envers un Etat, dont le chef arrogant et l’armée encore garante de la laïcité, refusent de reconnaître le génocide dont le peuple arménien a été victime. Un état qui a envahi et occupe militairement une portion du territoire de Chypre, pourtant membre de l’U.E.

Les chefs de gouvernement, à commencer par notre Président de la république, si favorables à l’adhésion de la Turquie, ont alors bonne mine d’exiger le retrait des forces syriennes du Liban. Une seule question s’impose: la France aurait-elle fait preuve de tant de courage et de vertu sans la puissance américaine qui a fragilisé la Syrie ? Répondre par non serait vexant pour la France américanophobe, alors ménageons les susceptibilités et ne disons rien.


* Peu le savent, mais André Dufour était le pseudonyme de l’auteur durant la résistance. Estimant aujourd’hui avoir un nouveau combat à mener, il a souhaité, comme un clin d’œil, être publié sous ce nom sur Liberty Vox.

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© André Dufour pour LibertyVox - Article paru le 09/05/2005 Imprimer cet article
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