 |
| Retour à la Une |
La prime au crime et à la trahison : L'Affaire Djamila Amrane-Minne |
 |
Comment une terroriste criminelle du FLN, ayant du sang sur les mains, a-t-elle pu poursuivre une carrière universitaire en France sans être inquiétée ? Un article de Mattheus. |
 |
Au moment où l'État
Algérien -l'État-FLN- vient encore, une fois de plus, déverser sa haine
anti-française sur les ondes internationales en déclarant que son Assemblée
examinerait bientôt un projet de loi « criminalisant le colonialisme
français » ; au moment où l'état français ne trouve rien d'anormal à ce
qu'une ancienne terroriste vienne bénéficier du système de santé d'un pays
qu'elle avait combattu naguère de la manière la plus lâche, il semble opportun et nécessaire de mettre en lumière une affaire jusqu'ici passée sous
silence par tous les médias français : l'affaire Djamila Amrane-Minne.
De quoi s'agit-il ? D'un nouveau dossier Boudarel*, d'une nouvelle forfaiture
d'état, d'un nouveau caillou noir à jeter dans le jardin du déshonneur
français. Mais qui est Djamila Amrane-Minne ?
Née en 1939 en métropole, Danielle Minne, de son nom de jeune fille, arrive avec
sa famille en Algérie en 1948 et devient, à l'âge de 17 ans, membre du
« réseau bombes » de Yacef Saadi. A cette époque, fin 1956, début
1957 (début de la Bataille d'Alger), le FLN, dont la politique terroriste est
librement affirmée et revendiquée, cherche des jeunes femmes à l'allure
innocente pour distraire l'attention de la police et poser des bombes dans les
lieux publics. Danielle Minne, qui prend le pseudonyme de
« Djamila », est l'une d'entre elles.
Dans l'après-midi du 26 janvier 1957, la jeune femme entre au bar Otomatic, à
Alger, et va déposer un engin explosif dans les toilettes. Elle ressort.
Quelques minutes plus tard, la bombe explose, suivie de deux autres détonations
à la Cafétéria du Milk-Bar (déjà touchée quelques mois plus tôt) et au café du
Coq-Hardi. Bilan : 4 femmes tuées, une soixantaine de blessés (plusieurs amputés),
dont de nombreux enfants. Un élément de plus dans la lutte de terrorisme
aveugle à laquelle se livre le Front de Libération National, presque
unanimement considéré aujourd'hui, en France comme (évidemment) en Algérie,
comme un mouvement de combat pour la liberté, une sorte de Résistance luttant
contre l'hydre fasciste incarnée par la présence française en Afrique du Nord. Danielle
Minne, ayant rejoint les maquis FLN, est vite arrêtée. Jetée en prison, elle en
ressort à l'époque de l'indépendance.

Mais cela n'est rien. Cela est de l'histoire ; histoire d'un terrorisme lâche
et sans honneur, certes, mais comme en tant d'autres lieux et à tant d'autres
époques. Cela n'est rien, car le pire est à venir et il nous est
scandaleusement contemporain.
Danielle Minne, devenue après mariage, Djamila Amrane-Minne, a pu, sans jamais
être inquiétée, sans jamais qu'un obstacle vienne se mettre sur son chemin, devenir
universitaire en France et suivre, dans le pays même qu'elle avait trahi, une
carrière parfaitement honorable à l'ombre du statut avantageux de fonctionnaire
de l'enseignement supérieur. Oui, une porteuse de valise du FLN, pire, une
poseuse de bombes, une terroriste revendiquée, est devenue, avec la bénédiction
passive et le soutien actif de l'Etat et de ses institutions, Maître de
Conférences à l'Université du Mirail, à Toulouse.
En 2002, elle est même nommée Professeur des Universités, plus haut grade de la
hiérarchie, par un décret signé de Jacques Chirac, Président de la République !
Pendant des années, cette femme a enseigné l'histoire de la décolonisation (sic
!), publiant articles et ouvrages sur la question, avec une prédilection
particulière, nous indique sa bibliographie, pour le sort des femmes sous la
colonisation française, elle qui, lors des attentats de janvier 1957, avait
froidement contribué à en tuer quatre, et à en blesser plus d'une vingtaine ! Membre
du Groupement de Recherches en Histoire Immédiate (GRHI), son statut
l'autorisait à siéger en jurys de thèse universitaire, et à encadrer de jeunes
chercheurs.

Voilà comment on écrit l'Histoire... Voilà comment on crache sur la France... Imagine-t-on
un seul instant un ancien de l'OAS, jamais repenti, professeur à l'Université
d'Alger, et recevant aujourd'hui une retraite de l'État algérien ?
Que l'Algérie, pays dévasté par un demi-siècle de dictature et de guerre
civile, honore les Français qui se sont joints au terrorisme FLN, c'est une
chose. Mais que la France ait pour une terroriste patentée la sollicitude et
les égards qu'elle a toujours refusés aux Pieds-Noirs et aux Harkis, sacrifiés
pour raison d'état, c'est à la fois une honte, et un crime. Une honte qui
entache le blason déjà marqué de notre histoire nationale. Un crime à l'égard
du peuple français et de ceux, nés sur les deux rives de la Méditerranée,
qu'ils soient de souche européenne ou nord-africaine, chrétiens ou musulmans,
qui ont vécu et sont morts pour la justice et l'honneur de notre pays.
On va dire que nous cherchons à rouvrir les blessures du passé... Mais elle ne
sont pas refermées. Elles resteront béantes tant que des injustices de cette
espèce seront permises ou favorisées. On va dire qu'il y a prescription, et
amnistie, ce qui est vrai. Mais notre but n'est pas de traîner Mme Amrane-Minne
devant les tribunaux. Elle a affaire avec celui de sa conscience. Notre but est
seulement de projeter la lumière crue de la vérité sur ce dossier honteux, et
de faire en sorte que les Français, tous les Français, puissent contempler
cette trahison personnelle récompensée par une trahison d'état !
Bien que dotées d'un statut autonome assez avancé, les universités françaises
sont publiques. Elles vivent par le soutien de l'Etat. Celui-ci, s'il était
dirigé par des hommes honnêtes ayant à coeur l'intérêt général, l'honneur de
son peuple et le respect de son histoire, ferait au moins en sorte de dénoncer
publiquement ses errements de cinquante ans. Un Etat honnête, au minimum,
suspendrait immédiatement toutes les prestations publiques dont Mme Minne, on
l'imagine, bénéficie dans sa retraite. Par respect pour les seules victimes, ce
serait la moindre des choses.
Il n'en sera rien, hélas ! Les Français d'Algérie, victimes d'une épuration
ethnique oubliée, et les survivants Harkis, musulmans fidèles remis aux balles,
aux couteaux et aux scies des égorgeurs, apprécieront l'étendue de l'outrage.
Les Français de métropole, eux, qui pour beaucoup, font face comme ils le
peuvent à une crise économique et morale sans précédent, n'auront rien à dire,
comme d'habitude. En plein débat truqué sur « l'identité nationale »,
le travail honnête et le patriotisme silencieux ne sont plus des valeurs quand
la trahison et l'assassinat permettent l'avantage d'une carrière paisible sous
le refuge des honneurs publics.
Dès 1963, Djamila Amrane-Minne s'est piquée de poésie, publiant des textes
inspirés de sa « lutte » révolutionnaire. Une autre poétesse,
américaine, celle-là, et aux mains non entachées du sang des siens, a écrit
: « Pécher par le silence
quand nous devons protester transforme les hommes en lâches ». (Ella Wheeler Wilcox. 1850-1919)
Alors nous protestons ! Nous protestons aussi fort que nous le pouvons pour
mieux montrer à tous l'odieux visage que sait si bien adopter la lâcheté de
l'état français quand il vient à s’abaisser dans la plus indigne des
forfaitures !
© Mattheus pour LibertyVox
Pour contacter l'auteur : mattheus@libertyvox.com
Notes :
*En 1950, Georges Boudarel, militant communiste français, passe au Vietminh.
Nommé commissaire politique dans un camp de prisonniers, il y torture ses
compatriotes. Revenu des années plus tard en France, il entreprend, sans jamais
être inquiété, une carrière universitaire. A la veille de sa retraite, alors
que, sans honte, il demande à l'Etat de faire reconnaître et valoir ses années
indochinoises comme « voyage d'études en Extrême-Orient », il est
reconnu par des anciennes victimes. S'ensuit un procès, qui n'aboutit à rien.
Boudarel, bénéficiant de sa retraite allouée par l'état français, s'éteint
paisiblement en 2003. 

|