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Le bilan

Le Mur de Berlin est tombé, mais est-ce la fin de la pensée communiste ? Louis Dedouet tire le bilan des commémorations.

Le lecteur se souvient peut-être qu’en septembre, dans un article intitulé « L’anniversaire », je faisais le pari que la célébration du vingtième anniversaire du mur de Berlin se ferait, en France, de façon plus « en demi-teinte » qu’ailleurs.

La moindre des choses, lorsque l’on se livre à une prédiction, c’est de regarder, honnêtement, si les événements vous ont donné raison ou tort. Il ne m’appartient pas de prétendre, ici, que j’aurais eu raison : c’est au lecteur de se faire sa propre opinion. Au reste, je vois bien que mon affirmation, trop généralement formulée, était difficilement vérifiable : l’abondance de l’information à recueillir dans nombre de pays d’Europe, tant écrite qu’audio-visuelle, nécessiterait un dispositif d’analyse lourd. Et c’est alors un livre qu’il faudrait, pas un article, pour pouvoir apporter un début de réponse argumentée. On peut cependant tenter d’esquisser un rapide bilan.

Quantitativement, il semble qu’il n’y ait rien à dire : tous les grands medias ont consacré, c’est vrai, un temps d’antenne, plus ou moins long, à l’anniversaire, certains ayant même fait le déplacement et organisé des émissions depuis Berlin. TF1, France 2, France 3, TV 5 monde, Radio-France, Europe 1, RTL, pour ne citer qu’eux, étaient dans ce cas.

Cela suffit-il à dire, comme le fait, le 8 novembre, l’excellent Yves Thréard sur son blog du Figaro que «  Hors d'Allemagne, c'est en France que le vingtième anniversaire de la chute du mur de Berlin est fêté avec le plus d'éclat » ? C’est à voir, d’autant que certains des arguments qu’il avance jouent surtout au niveau des dirigeants, peu de l’opinion ou des medias  (« culpabilité » française de n’avoir pas été dans les premiers à encourager la réunification, nécessité de témoigner de l’importance du couple franco-allemand dans la construction européenne…)…

Je note d’abord que dans les temps qui ont précédé le 9 novembre, au niveau de l’information du grand public, il n’y a pas eu grand-chose dans le domaine télévisuel : le documentaire « Un mur à Berlin » de Patrick Rotman sur France 2, ainsi qu’une intéressante interview de Michael Gorbatchev par Hubert Védrine. Certains d’entre vous ont peut-être aussi entendu une très belle chronique de Guy Carlier, pour une fois plus émouvant que vachard, sur Europe 1. Et puis c’est à peu près tout. Il se peut bien sûr, que plusieurs émissions m’aient échappé. Mais là où, par exemple, la radio suisse romande, à travers l’opération « Radio-Trabant », va circuler quinze jours durant de Bucarest à Berlin, le long de l’ancien Rideau de Fer et organiser rencontres, interviews etc . nous n’aurons eu droit qu’à quelques émissions ponctuelles. Il y aurait eu pourtant matière à rappeler l’importance de l’événement. Symbole de l’effondrement d’un système à prétention universaliste, la chute du mur a induit, au niveau mondial, une nouvelle donne stratégique, économique, politique. Elle a constitué, de ce fait, une vraie rupture historique : on l’a écrit parfois, 1989 marque la fin du XXème siècle comme 1914 en marquait le début.  Par ailleurs, en 2009, plus de 30% de la population française est âgée de moins de vingt quatre ans et, de ce fait, n’a pas vécu l’événement, ou, pour la frange la plus âgée, n’était pas en capacité d’en comprendre la portée[1]. Il y avait donc de quoi informer, expliquer, mettre en perspective…

Cette relative discrétion de l’information dans les temps qui ont précédé le 9 novembre a suffi cependant à en indisposer plus d’un : comme vous, sans doute, j’ai entendu parler de « fièvre commémoratrice ». Les mêmes qui n’ont pas de mots assez forts pour exiger de nos compatriotes un devoir de mémoire, les mêmes qui nous rebattent les oreilles avec la repentance que devrait, selon eux, entraîner notre passé colonial, se sont soudain sentis agacés des modestes rappels de quelques vérités touchant à la mise en œuvre du socialisme réel... Amusant, non ? J’ai noté aussi que, façon adroite d’occulter la réalité historique tout en menant d’autres combats plus actuels, on dégradait l’événement en pure polémique politicienne : Sarkozy était-il ou pas à Berlin le 9 novembre ? N’était-ce pas plutôt le 10 ou le 11 ? Franchement, face au bouleversement qu’a représenté la fin de la bipolarisation du monde, est-ce bien là l’essentiel ?

Une chose, de toute façon, est de traiter un événement, une autre en est de savoir comment on le fait. Ainsi, le journal « L’Humanité » sort-il, le 9 novembre, une « édition spéciale » de douze pages ! Gros titre, couleurs, c’est du lourd ! Le quotidien marxiste nous invite tout d’abord à « dépasser les interprétations réductrices et passionnelles ». Pour lui, la RDA est morte de n’avoir « pas surmonté de lourdes contradictions » entre des « objectifs émancipateurs » et un régime qui « limitait gravement les libertés publiques et individuelles ». Le mot « dictature », évidemment, n’apparaît pas et le journal se flatte de ce que « des centaines de milliers de citoyens engagés, membres du SED[2] ou non, font de la RDA une société dynamique et solidaire. Ses réalisations sociales sont reconnues ». Il affirme d’ailleurs avec une belle certitude que la chute du régime de Berlin-Est est un « épilogue que ne souhaitaient pas dans leur masse les manifestants qui scandaient « Wir sind das Volk » - Nous sommes le peuple »-… Sacrée façon de célébrer la mort d’un totalitarisme !

De façon à peine moins caricaturale, ce n’est pas parce qu’on déplace des cars TV à Berlin et qu’on commente l’arrivée de personnalités à la porte de Brandebourg ou la chute symbolique de dominos géants que l’on fait nécessairement acte de pédagogie. Il est des façons de « commémorer » qui sont autant d’esquives de la réalité qu’on fait mine d’évoquer. Prélevés dans le traitement qui a été fait par certains medias de la chute du Mur, je prendrai quelques exemples qui me semblent renvoyer à trois stratégies d’évitement banales.

1- Première stratégie : le déni. Par de subtils biais, on réarrange l’histoire. Le mur n’est tout simplement pas tombé !

Mon exemple se situe le 12 septembre 2009, quelques jours à peine après la mise en ligne de mon papier sur LibertyVox. Sur France Inter, lors de l’émission « le 7/9 du week-end », l’invité du jour est Patrick Le Hyaric, directeur de L’Humanité. Il est présent pour célébrer tout à la fois la fête de l’Humanité qui se tient ce même week-end (11, 12 & 13 septembre) à la Courneuve et le 150ème anniversaire de la naissance de Jaurès (né le 3 septembre 1859 à Castres). J’aurai d’ailleurs la désagréable surprise de constater, en allant sur le site de France Inter pour réécouter l’émission, qu’il existe un « partenariat » entre cette radio de service public, financée par le contribuable, et le journal « L’Humanité », qui fut longtemps l’organe officiel d’un parti politique et qui reste le vecteur d’un marxisme à peine revisité… Le thème du jour, c’est « la fin de l’histoire », la fameuse phrase de Fukuyama. On sait que Fukuyama a toujours affirmé qu’il voulait signifier, par sa formule, la victoire des démocraties sur les totalitarismes[3]. Mais, dans son introduction, Stéphane Paoli choisit, petite escroquerie intellectuelle, de lui donner le sens plus restrictif de la victoire du capitalisme sur le socialisme. Ce qui lui permet, contexte de crise aidant, de surfer l’instant d’après sur l’échec du capitalisme 20 ans plus tard… Retenez ça, chers auditeurs de France Inter: le socialisme a peut-être échoué mais le capitalisme, en mettant la planète entière au bord du gouffre, a encore failli bien davantage… On n’a pas le temps de digérer ce tour de passe-passe que Paoli évoque, sans la moindre distance ou remarque critique, ceux qui parlent, non pas de la « chute » mais, subtile nuance, de « l’ouverture » du mur de Berlin. Il ne nous dira naturellement rien de qui sont ces gens, de leur nombre, de leur représentativité… La seule chose à retenir, c’est que le mur n’est pas « tombé » sous les coups de pioche, mais qu’il a été « ouvert »… D’une certaine façon, ce n’est pas faux : historiquement, on le sait, c’est Günter Schabowski, porte-parole du politburo de RDA qui, mal informé des débats qui se sont déroulés dans la journée, va déclarer immédiatement applicable un décret dont lui a parlé Egon Krenz, décret qui autorise les sorties à l’étranger. Les journalistes diffusent l’incroyable nouvelle qui va générer aux postes frontières des embouteillages devant lesquels les gardes, en l’absence de consignes, céderont. Ainsi, le mur a-t-il bien été « ouvert » quelques heures à peine avant que les pelleteuses ne se mettent en branle. Mais le dire ainsi, sans autre précision, est une malhonnêteté : c’est accréditer l’idée qu’il l’a été volontairement, par un pouvoir soudain soucieux de tolérance et d’esprit démocratique. Les tentations de reprise en mains par la force, on le sait, ont existé et c’est un gouvernement aux abois, impuissant parce que lâché par Gorbatchev, qui se dissout en ces jours-là, rejeté par le peuple qu’il prétend représenter et vaincu par ses propres turpitudes. Chacun appréciera comme il convient, sur une radio dite de service public, l’utilisation de l’expression « l’ouverture » du mur de Berlin…

2- Seconde stratégie : L’esquive. Ne pas parler du fond. Si vous avez à traiter un sujet qui vous est désagréable, le mieux, c’est encore de parler d’autre chose. Il faut alors choisir un sujet proche du thème initial, pour ne pas avoir trop l’air de botter en touche et si possible en limiter le traitement à des éléments non factuels, difficilement mesurables. Pour ce faire, les intitulés à dominante psychologique ou psychosociologique constituent un excellent moyen.

On trouve un bel exemple de cette stratégie, sur France Inter de nouveau, avec le magazine « Interception » diffusé le 8 novembre. C’est une émission, qui se veut sérieuse, nuancée. Qu’il soit néanmoins permis de souligner que, traduit par le titre « Allemagne 20 ans après : le prix du rêve », le choix d’une entrée, non par les faits historiques, mais par le simple ressenti, permet bien des facilités. Ainsi, après avoir posé clairement (mais plutôt brièvement) que la RDA était une dictature, le journaliste se laissera aller, une heure durant, à de nombreuses variations sur le thème qu’il aura lui-même énoncé avec cette affirmation, non étayée : « Amertume, le sentiment domine »… Oubliés les vopos, oubliée la Stasi, ne restent que la vague nostalgie, à bon compte, d’un régime qui dispensait d’avoir à se montrer compétitif... Place en revanche aux inévitables larmoiements idéologiques : un interviewé, qu’on imagine judicieusement choisi, dit sa peur de « l’idéologie de la croissance », des « profits privés à l’encontre de l’intérêt général »… Il « considère que c’est une catastrophe. Ce n’est pas de cet Ouest-là que nous rêvions »…

Il y a pire. Lorsqu’un journaliste d’une radio nationale pose la question « Est-ce que l’histoire de la RDA n’a pas été écrite par l’Allemagne de l’Ouest ? », la forme même de la question, fermée, n’est pas neutre. Le fond non plus, qui suggère une forme douce de colonisation, voire d’annexion pure et simple, pas une volonté de réintégration et de mise à niveau au sein d’une même communauté nationale. C’est de plus une imbécillité : entre 1949 et 1989, l’histoire de la RDA est uniquement écrite par les soviétiques et par les dirigeants de Berlin-Est, essentiellement Walter Ulbricht puis Erich Honecker. Elle ne l’est pas par les allemands de l’Ouest dont l’influence ne devient prépondérante que lorsque la RDA (qui disparaîtra le 23 août 1990) est déjà devenue moribonde... L’universitaire interviewé, heureusement, n’entrera pas dans le jeu de cette invitation à peine voilée au dénigrement de son propre pays, l’Allemagne réunifiée…

Lorsqu’un journaliste d’une radio nationale pose très exactement la question « Quels sont les rêves qui n’ont pas été réalisés ? », il n’invite pas à réfléchir sur la portée historique d’un événement, mais à exprimer des frustrations. Lesquelles constitueront autant de critiques du régime ouest-allemand. Comme s’il allait de soi que, bien que criminel, bien que failli, le régime de la RDA était, dans ses fondements, d’une essence supérieure à celui qui l’a remplacé.

La presse écrite n’est pas en reste. Le journal « Le Monde », dans une tribune parue le 7 novembre, laisse percer une certaine jubilation, perceptible dans le titre  « Derrière le mur, les peuples ne rêvaient pas de capitalisme »… De nouveau, on ne traite pas les faits historiques, de nouveau on se réfugie dans des affirmations improuvables. L’auteur de la tribune, Slavoj Zizek, écrit : « …l’immense majorité des dissidents de l’Est ne manifestaient pas pour le capitalisme. Ils voulaient plus de solidarité et un semblant de justice, ils voulaient être libres de mener leurs vies sans être sans cesse contrôlés par l’Etat, libres de se réunir et de parler ouvertement, ils voulaient une vie honnête et décente, débarrassée du bourrage de crâne, de l’hypocrisie et du cynisme. Comme plusieurs observateurs l’ont bien vu, les idéaux qui sous-tendaient leur révolte étaient largement inspirés de l’idéologie dominante : on aspirait à quelque chose comme « un socialisme à visage humain ». Ces quelques lignes mériteraient un long commentaire. On pourrait notamment s’interroger sur les éléments objectifs qui fondent ces affirmations. Sur l’étrange absence, dans cette noble liste d’aspirations, d’une revendication à un mieux être matériel… Sur la capacité d’un régime socialiste à la satisfaire… Mais le titre lui-même illustre parfaitement l’objectif visé : puisqu’on ne peut plus vraiment défendre le communisme, alors il faut détruire l’image du régime libéral qui l’a remplacé…

3- Troisième stratégie : la fuite en avant dans l’utopie. C’est une technique déjà fort ancienne. Dès que les méfaits du communisme ne purent plus être dissimulés, il fallut trouver quelque chose qui permette le maintien de l’illusion.

En 1981, un Jean Ferrat resté très proche du PC, écrit une chanson intitulée – déjà !... - « Le bilan ». En apparence fort critique, elle n’est en fait qu’une invitation à persister dans un idéal d’autant plus pur, d’autant plus à l’abri de toute critique, qu’il n’existe nulle part et qu’il s’agit de l’inventer ! On rappellera ces quelques vers :

Ah ils nous en ont fait approuver des massacres

Que certains continuent d’appeler des erreurs

Une erreur c’est facile comme un et deux font quatre

Pour barrer d’un seul trait des années de terreur

Ce socialisme était une caricature

…/…

C’est un autre avenir qu’il faut qu’on réinvente

Sans idole ou modèle pas à pas humblement

Sans vérité tracée sans lendemains qui chantent

Un bonheur inventé définitivement

La bonne conscience, on le voit, est ici de mise : nous avons, certes, approuvé des massacres, mais c’est parce qu’ « on » nous a fait les approuver ! Quant à la « caricature » de socialisme (que nous avons pourtant défendue bec et ongles), elle ne met pas en cause le « vrai » socialisme, qu’il nous suffit de réinventer et qui reste le vecteur d’un bonheur définitif…  Ferrat et ses semblables, ou le besoin de croire encore…

A ce point de ma présentation des stratégies de contournement de la réalité, qu’on me pardonne de donner un autre exemple, au mécanisme identique, en citant, une fois encore, Jean François Revel. Lors de la parution du « Livre noir sur le communisme », il avait, en quelques lignes d’une implacable lucidité, mis à nu la contradiction intrinsèque de l’argumentaire marxiste : « Premièrement, (faisait-il dire alors à Robert Hue) nous reconnaissons l’existence des abominations relatées dans le livre noir. Deuxièmement, ces abominations n’ont rien à voir avec le communisme. Elles en sont la perversion. Elles n’en découlent pas, elles le trahissent.  On admirera que ces socialistes « scientifiques » plaident avec autant d’ingénuité l’existence de phénomènes historiques sans cause, et qui sont en outre en proie à la contrariante habitude de se répéter avec la régularité d’une rotation astronomique. La répression concentrationnaire ou carcérale, les procès truqués, les épurations meurtrières, les famines provoquées accompagnent tous les régimes communistes, sans exception, tout au long de leur trajet. Et cette association constante serait fortuite ? En revanche l’essence véritable du communisme résiderait dans ce qu’il n’a jamais été, dans ce qu’il n’a jamais produit ? Qu’est-ce donc que ce système, le meilleur jamais conçu par l’homme, nous dit-on, mais qui est doté de cette surnaturelle propriété de ne jamais mettre en œuvre, nulle part, autre chose que le contraire de lui-même, que sa propre perversion[4] ? »

Ce mécanisme de fuite en avant fonctionne toujours, intact, presque trente ans plus tard.

Ainsi lors de l’émission, déjà évoquée, de Paoli, Patrick Le Hyaric, évoque la nécessité d’aller vers un « socialisme à inventer tous ensemble au niveau mondial ». Les expériences passées n’ont pas été des réussites concédera-t-il, mais il faut une « alternative au capitalisme ». Inventer un socialisme au niveau mondial ! Ben voyons !

Ainsi Martine Aubry, dans une interview donnée au JDD le 8 novembre, déclare t-elle « C’est bien un nouveau modèle que la gauche doit construire ». Et d’ajouter, pour que les choses soient bien claires : « il ne s’agit plus d’amender le libéralisme[5] ou de corriger ce capitalisme à la marge. Il s’agit de changer le système, de changer de système. C’est à cela que nous travaillons »…

Ainsi le 9 novembre, le journal « l’Humanité », offre-t-il, sans rire, une tribune à Egon Krenz, le dernier et éphémère patron d’une RDA alors en coma dépassé. Que dit Krenz, dans sa dérisoire entreprise d’autojustification ? « L’idée socialiste, les valeurs socialistes vivent et vivront. Je reste persuadé que l’avenir sera le socialisme ou la barbarie ».

Les utopies, on le voit, ont la vie dure. Elles résistent à tout, aux leçons même de l’histoire. Ce n’est pas une simple commémoration qui va suffire à les extirper du cœur de certains hommes.

Quant à celles-ci, celle de novembre 1989 comme celles de juillet 1789, de novembre 1918, de mai 1945, peut-être ne sont-elles plus adaptées à l’époque ? Ce serait bien dommage… Conçues pour nous forger une identité commune autour de quelques grandes leçons du passé, organisées pour nous unir autour de symboles forts, elles ont parfois gagné en enflure médiatique ce qu’elles ont perdu, au fil du temps, de signification profonde. Jusqu’à ne plus devenir, pour un grand nombre de gens, qu’une journée éventuellement fériée, occasion d’escapade si la météo est bonne et si le litre de gazole n’est pas trop cher…

Il faut dire que le monde tourne vite, que sa compréhension nécessite du temps et de solides compétences intellectuelles… Comment attendre d’un citoyen lambda qu’il se penche sérieusement sur le passé alors qu’il vit un présent incertain et qu’on lui demande, chaque matin, de préparer le futur en « sauvant », rien que ça, la planète ! Dans la vie de chacun d’entre nous, s’entremêlent journellement, en un zapping infernal, actualités internationales et locales charriées par les médias, préoccupations professionnelles, heurs et malheurs privés. Il faut faire avec… Nous parlions libération de peuples depuis quarante années sous la botte soviétique et déjà les rues et les étals des magasins se parent des illuminations de Noël…  Ainsi va la vie… Décidément, le bilan de l’anniversaire de la chute du Mur est difficile à établir…

 

© Louis Dedouet pour LibertyVox



[1]  - Données INSEE.

[2]   Sozialistische Einheitspartei Deutschlands - Parti socialiste unifié d’Allemagne, d’obédience marxiste léniniste.

[3]  « Le point final de l’évolution idéologique de l’humanité et l’universalisation de la démocratie libérale occidentale comme force finale du gouvernement humain ». Francis Fukuyama in « La fin de l’Histoire », article publié en 1989 dans la revue « The National Interest ». Un livre « La fin de l’histoire et le dernier homme », du même auteur est également paru en 1992, en réponse aux critiques suscitées par l’article.

[4]  Extrait de « La grande parade », Essai sur la survie de l’utopie socialiste, Ed. Plon, 2000.

[5]  Elle déclare en même temps : « Le marché, c’est l’initiative et l’innovation, ce qui me va parfaitement ». Comprenne qui pourra… Il est vrai que la gestion politicienne de sympathisants restés accrochés à des lambeaux d’utopie parce que leur parti a refusé, des décennies durant, de leur dire la vérité, peut conduire au grand écart, idéologique et dialectique…

 

 

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© Louis Dedouet pour LibertyVox - Article paru le 09/12/2009 Imprimer cet article
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