La Une de LibertyVox en RSS: 15 derniers articles 30 Tous
Retour à l'accueil
Retour à la Une  

L'anniversaire...

Il y a bientôt 20 ans tombait le Mur de Berlin. Louis Dedouet revient sur cet événement et la non prise en compte des acquis de l’expérience.

 Au moment où j’écris ces lignes – début septembre 2009 – nous sommes à deux mois de célébrer le 20ème anniversaire d’un évènement heureux : dans la nuit du 9 au 10 novembre 1989, sous les coups de pioche d’Allemands de l’Est pressés de fuir un régime tyrannique, le mur de Berlin commençait à tomber. Après 28 années de barbelés, de miradors et de vopos, Ossis et Wessis fraternisaient cependant que l’occident, avide de symboles, retiendrait de cette nuit et des folles journées qui l’ont suivie une image : installé sur une chaise au milieu des gravats, Rostropovitch jouait du violoncelle. La musique de Bach flottait, légère, sur les décombres d’un ordre ancien et, sous l’œil des caméras du monde entier, les acteurs de ces instants historiques se congratulaient, à la fois ébaubis et emplis d’espérance…  

Le phénomène de déliquescence de l’empire soviétique était, à vrai dire, amorcé depuis plus longtemps. A Moscou, Gorbatchev, liquidateur d’un régime en faillite, tentait depuis 1985, de sauver ce qui pouvait l’être en promettant Glasnost et  perestroïka. Le prenant au mot, les Hongrois, dès mai 1989, ouvrent la frontière avec l’Autriche, créant ainsi une première vague de départs vers l’Ouest. En août, une grande chaîne humaine est organisée à travers les pays baltes. En septembre, Mazowieki devient à Varsovie le premier chef de gouvernement non communiste d’un pays du bloc de l’Est. C’est un processus historique irrésistible qui se met en marche : il ne s’arrêtera plus et conduira, deux ans plus tard, à la dissolution de l’URSS, emportant au passage un Gorbatchev déchu qui tentait de canaliser le mouvement en l’accompagnant.

Si l’effondrement de l’univers soviétique fut heureusement pacifique, pour l’Occident, un temps tenté par «les dividendes de la paix» et «la fin de l’histoire»[1], le danger demeurait. Il changeait simplement de nature en même temps qu’il changeait de couleur, virant du rouge au vert, et d’une menace d’affrontement classique (batailles de forces mécanisées) à des formes plus sournoises de déstabilisation. Nous allions ainsi passer, en quelques années, d’un «monde avec une menace mais sans risques, à un univers sans menace mais avec risques»[2]. Sans savoir encore tout cela, tout à la joie de l’instant, nous entrions dans une nouvelle ère…

On peut imaginer sans peine que les allemands fêteront la chute du Mur : il est pour eux le symbole même de la réunification[3]. Hongrois, Tchèques, Polonais et autres peuples d’Europe centrale leur emboîteront peut-être le pas : ils ont certes leurs calendriers propres[4] de sortie du communisme mais la chute du mur est, pour tous, devenue un symbole, celui du retour à la liberté. Quant à la Commission européenne, elle s’est donnée comme priorité de communication interinstitutionnelle «le vingtième anniversaire des changements démocratiques en Europe centrale et orientale».

Car le démantèlement du «mur de la honte» n’est pas que le symbole du retour à la liberté, il acte aussi la victoire des démocraties sur un empire totalitaire. Victoire économique, victoire politique, victoire éthique également. On admettra que cela n’arrive pas tous les jours et peut légitimement donner lieu à réjouissances… Je fais pourtant aux lecteurs de LibertyVox le pari qu’en France la célébration sera, sinon moins affichée qu’ailleurs (ce serait tout de même difficile de l’escamoter…), en tous cas traitée davantage en demi-teinte.

Sans doute aurons-nous droit à quelques émissions de télévision avec débats entrecoupés d’images d’archives. Le communiste de service viendra y défendre la fiction d’un communisme idéal, qui reste pour l’humanité un horizon indépassable, et dont les applications que nous avons connues ne sont que des perversions, qui n’ont strictement rien à voir avec lui[5]… Comme la meilleure défense c’est souvent l’attaque, la crise actuelle servira de prétexte bien commode pour dénoncer la «faillite» du libéralisme et redorer le blason des systèmes à économies fortement dirigées.

On peut escompter aussi que quelques hebdomadaires feront leur «Une» sur le thème «La chute du mur : 20 après ?...». Je gage que dans plusieurs cas on s’y étendra avec une certaine complaisance sur «l’ostalgie», cette nostalgie qui saisit une minorité des ex-citoyens de l’Est, car il est vrai que le sentiment de fête ne sera pas sans partage. Avec ses embouteillages géants, ses grands magasins illuminés, ses libertés fleurant bon une certaine décadence, l’Occident fut, à l’Est, longtemps fantasmé, imaginé naïvement comme un eldorado de consommation effrénée, où tout était facile, abondant, obtenu sans effort. La confrontation au réel, pour certains, ne pouvait qu’être désastreuse : dépourvus de culture économique, habitués à des existences médiocres mais assurées (à condition qu’ils n’aient point la tournure d’esprit contestataire…), ils découvrent, en étant incapables de s’y adapter, les exigences d’un système qui bâtit sa richesse sur la compétitivité et l’innovation permanentes. Si l’on ajoute que dans plusieurs pays, le passage à l’économie de marché fut largement préempté par d’anciens apparatchiks rapidement reconvertis, et qu’il faut beaucoup de temps pour que se transforment les habitudes mentales, on conçoit que le désenchantement soit, chez les moins armés, rapidement apparu[6]. Vérité d’évidence, pourtant mal aperçue : les systèmes démocratiques libéraux ne sont pas les paradis qu’on leur reproche de ne pas être et qu’ils n’ont d’ailleurs jamais prétendu incarner. Ils sont seulement des organisations sociétales préférables, infiniment préférables à d’autres, qui n’offrent elles, au-delà des idéaux proclamés, que pauvreté, servitude, répression…

Au jugement de l’histoire, cette vérité-là devrait compter bien davantage que le ressenti, plus ou moins justifié, d’une minorité. Simple question de mise en balance de l’importance relative des deux faits. On peut parier, pourtant, que de nombreux journalistes et intellectuels français se complairont davantage dans la peinture de la désillusion que dans le rappel de la victoire du fait démocratique.

Pour tout citoyen européen, la fin du communisme devrait être une aussi bonne nouvelle que celle de la fin du nazisme, que nous commémorons. En vérité, si le naufrage de l’expérience marxiste ne sera pas, dans notre pays, célébré autant qu’il devrait l’être, c’est parce que l’idée, l’idéal communistes imprègnent encore largement les mentalités et continuent de jouer un rôle certain dans la vie politique française.

Ecrire cela, c’est courir le double risque d’être catalogué «réac» et suspecté d’aimer tirer sur les ambulances : en une soixantaine d’années, le PCF a en effet connu une longue déchéance, à la fois pathétique et a priori rassurante. Représentant environ 30% des voix à la Libération, ce qui est considérable, puis autour de 20% sous les présidences De Gaulle/ Pompidou/ Giscard, il continue de s’affaiblir pendant la séquence mitterrando-chiraquienne pour finir à moins de 2% à la présidentielle de 2007[7] !  Rarement, déclin aura été aussi continu et aussi spectaculaire.

Mais cela cache, en réalité, la survivance de ses principaux idéaux. Portés par ses concurrents de toujours, relookés et perçus comme moins conservateurs : ce qu’on appelle en France, l’extrême gauche ou «la gauche de la gauche»[8] pèse environ 12 à 15% du corps électoral. Quelques millions d’électeurs, ce n’est pas rien, d’autant que cet étiage semble, pour l’instant, incompressible. Aux dernières élections européennes, les listes de l’extrême-gauche totalisent plus de 12 % des voix, sans même tenter d’estimer, dans le médiatique et conjoncturel succès des Verts (+ de 16%), la part de ceux dont la fibre écologique se nourrit davantage de Karl Marx que de René Dumont…

Certes, le monde de l’extrême-gauche ressemble davantage à une mosaïque qu’à un monolithe. Au-delà des deux plus connus (LCR reconvertie en NPA, Lutte Ouvrière), il se compose de mouvements dont certains s’apparentent plus à des sectes ou à des groupuscules qu’à des structures politiques modernes. Cet univers bigarré se chamaille, souvent sur des détails théoriques ou tactiques qui feraient sourire le commun des mortels. Mais il compte ses moines-soldats disciplinés, ascétiques, tout dévoués à la cause[9]. Et ce qui les unit est plus fort que ce qui les divise : c’est la haine du capitalisme et du libéralisme, celui-ci étant le plus souvent assimilé purement et simplement à celui-là. Cette gauche-là en impose, quoiqu’on en dise, par la force, le simplisme et la continuité de son discours, par la crainte aussi, qu’elle diffuse, à gauche, de se laisser déborder : moins antilibéral que moi, tu meurs… Même au sein d’un PS à l’électorat fort bourgeois, une forme de surmoi marxiste continue à exercer sa toute puissance sur les esprits. Au-delà, l’influence culturelle du marxisme demeure importante dans des bastions entiers de la maison France, à l’Université, dans plusieurs administrations ou services publics, dans les media et d’une façon plus générale dans tous les lieux, salons, cénacles intellectuels et artistiques, où s’affiche une bien-pensance moralisatrice, pétitionnaire, mais aussi volontiers excommunicatrice…  

On pourrait penser que, rançon de son succès, cette influence s’est affadie à mesure qu’elle s’est répandue, qu’elle a perdu en force doctrinale ce qu’elle a gagné en audience. Comme elle s’incarne souvent dans des combats présentés comme autant de causes humanitaires (sans papiers, sans logis, etc.), comme le militantisme politique s’y cache soigneusement derrière une nébuleuse d’associations, on pourrait croire que l’essentiel de son message s’est en quelque sorte dilué dans une consensuelle et vague sentimentalité. Pourtant, le dogme est toujours sous-jacent et, après une brève éclipse liée au coup de massue de novembre 1989, revient d’autant plus en force que la crise, en apparence, semble disqualifier les conceptions libérales.

C’est peut-être sur le site de Lutte Ouvrière que l’on trouve l’exemple le plus pur, le mieux condensé, d’un credo à ce jour resté intact, malgré 70 années de mises en application partout et toujours  catastrophiques. On peut y lire, en effet, à la rubrique «Qui sommes-nous ?» :  «Nous sommes communistes[10]. Pour débarrasser la planète de la misère grandissante, des crises économiques à répétition et des guerres, il n’y a pas d’autre solution que d’en finir avec les causes profondes de ces maux : le système capitaliste»…/… La suppression de la propriété privée des moyens de production entraînera à plus ou moins long terme aussi la disparition des différentes classes sociales (bourgeoisie, prolétariat). Une société communiste sera donc fondée sur d’autres rapports entre les êtres humains, non seulement sans que certains peuples en dominent d’autres, mais elle sera également débarrassée du racisme, du sexisme et de toutes les formes d’oppression qui caractérisent la société capitaliste.

En quelques lignes, formulées sans complexes, tout est clairement dit. A la sornette de la misère grandissante, la seule réponse apportée est celle de la suppression de la propriété privée. Cette mesure a partout généré la misère, son retrait a, en tous temps et en tous lieux, apporté de spectaculaires améliorations. C’est historiquement incontestable. Il se trouve pourtant des citoyens, pas tous stupides, pour croire en septembre 2009, que là réside la solution à tous les problèmes de l’humanité…

Il s’en trouve aussi pour penser que l’égalité sociale changera les rapports sociaux. On notera d’abord que cette égalité sociale n’a jamais été réalisée, dans aucune des sociétés d’obédience marxiste, ainsi que le démontre l’émergence systématique, en leur sein, des nomenklaturas. Mais surtout, sous couvert d’aspiration à la fraternité, transpire ici la scandaleuse arrière-pensée : le vieux rêve prométhéen de transformer l’homme, fut-ce en le tordant et l’affirmation tranquille que c’est à l’état qu’il incombe de le faire… Les nazis ne pensaient pas autrement…

On peut, sans être spécialement complaisant, comprendre la persistance de l’idéal communiste : nombre de gens ne peuvent se satisfaire d’un monde où le réel prédomine, où l’horizon reste imparfait. Il leur faut de l’espoir, la croyance en une organisation sociale à la fois simple à imaginer aujourd’hui et belle à vivre pour demain, autrement dit : de l’utopie. Pourquoi pas, après tout ? Les hommes vivent aussi d’illusions et de foi : «Ce sont les passions et non les intérêts qui mènent le monde» écrivait Alain.

La principale contre-mesure à ces bouffées d’irrationalité est simple, très imparfaite mais indispensable : il faut s’attacher fermement, inlassablement, à faire la pédagogie du réel. Etre intransigeant avec chaque forme d’escamotage des innombrables méfaits et échecs du communisme, ne pas admettre que soit enterrée la vérité avec la disparition de ses symboles les plus compromettants[11]. Il ne faut pas laisser accréditer l’idée que le communisme est autre chose que la pratique qui en a, en tout temps et en tout lieux, été faite. Cette promesse, jamais tenue, de «lendemains qui chantent» a fait 100 millions de victimes dans les pays où elle a été mise en oeuvre. Plus quelques dizaines de millions de gogos dans les pays où, par chance, elle ne l’a pas été. Aujourd’hui encore, elle sert de caution philosophique à quelques dictatures que l’on qualifierait d’ubuesques si le quotidien dramatique des peuples qu’elles oppriment ne coupait toute envie de sourire…

Lorsque viendra le 9 novembre, les démocrates savoureront comme il convient ce qu’a représenté la chute du mur de Berlin : une victoire de l’esprit de liberté sur ce qui fut l’une des plus grandes infamies du siècle dernier.

 

© Louis Dedouet pour LibertyVox

 

Rostropovitch à Berlin en 1989

Notes :


 

[1]  - On le sait, la formule « Les dividendes de la paix » est de Laurent Fabius, alors président de l’assemblée nationale, réclamant fort hâtivement et fort inconsidérément une baisse des dépenses militaires. Le célèbre « La fin de l’Histoire », de Francis Fukuyama, n’est pas de même nature. Le chercheur américain veut  exprimer l’idée que l’extinction des dictatures fondées sur l’idéologie entraîne la victoire finale du principe de la démocratie libérale. C’est évidemment en ce sens qu’il convient de considérer la formule et non comme un naïf credo en la fin de l’histoire événementielle…

[2]  - J’ai retrouvé cette jolie formule, au demeurant contestable, chez Alain Minc (in « Le nouveau Moyen-âge » Ed. Gallimard, 1993). Depuis la fin de « l’équilibre de la terreur », les risques se sont considérablement multipliés mais toute menace n’a pas disparu. Le « Livre blanc sur la défense» de 1994, première réflexion institutionnelle française consacrée à la prise en compte de ces évolutions, évoque d’ailleurs plus justement l’ouverture d’ « une période d’incertitudes et d’instabilité » dans laquelle, sans que les frontières soient « directement et immédiatement menacées » un « sentiment diffus d’insécurité est fortement ressenti », « lié à des risques nouveaux » mais aussi à de véritables « menaces » (terrorisme, prolifération sont notamment cités).

[3] - La date du 9 novembre ne sera pourtant pas retenue comme jour anniversaire de la fête nationale allemande : elle correspondait aussi à d’autres moments plus sombres de l’histoire du pays, le putsch d’Hitler et la nuit de cristal s’étant notamment produits des 9 novembre. C’est pourquoi la date du 3 octobre, jour officiel de la réunification, lui sera préférée. J’entends donc ici par fête, non pas forcément fête officielle, mais surtout fête populaire et reconnaissance médiatique de la portée de l’événement.

[4] - 6 septembre pour la Lettonie, 23 octobre pour la Hongrie, 17 novembre pour la Tchéquie et la Slovaquie, 11 mars pour la Lituanie, etc….

[5]  - Il faut, sur ce point, relire absolument « La grande parade » Ed. Plon-2000, de Jean François Revel. Cet « Essai sur la survie de l’utopie socialiste » analyse brillamment les procédés mis en œuvre  par nombre d’intellectuels et politiciens de gauche pour esquiver les conséquences d’un bilan calamiteux et réhabiliter, au mépris de l’histoire, l’idéologie communiste.

[6]  - Dans un sondage récent proposé à un panel de citoyens de l’ex-RDA, 17% d’entre eux étaient d’accord avec la phrase : « Il aurait mieux valu que le mur ne tombe pas. Avec le recul la RDA était avec son socialisme un meilleur état. » (Paru dans le magazine Super Illu). 17%, c’est beaucoup. On n’oubliera pas, quand même, les 83% qui ne se sont pas reconnus dans cette affirmation…

[7]  - Marie-George Buffet réalise 1,93% en 2007, soit le score le plus bas de toute l’histoire du PC. Les résultats obtenus dernièrement semblent meilleurs, sans doute grâce  à des stratégies d’union (municipales de 2008 et européennes de 2009) mais pas seulement : 8,8% obtenus aux cantonales de 2008, où le PC faisait cavalier seul.   

[8]  - Cette vilaine litote, souvent utilisée par une part non négligeable de la presse, parlée et écrite, a pour objet de ne pas associer la gauche révolutionnaire à la notion d’extrémisme. Il existe ainsi, aux deux bouts de l’éventail des opinions républicaines, une « extrême droite » et, non pas une « extrême gauche » mais une « gauche de la gauche ». Les mots ne sont jamais innocents…

[9]  - Certains lecteurs se rappellent peut-être le remarquable article que l’Express avait consacré en octobre 1998 à « Hardy », alors patron occulte de Lutte ouvrière et à ce que ce parti, au fonctionnement très secret, attendait de ses militants (conditions draconiennes de recrutement, anonymat systématique –le « blaze »-, vie privée soumise au regard du parti, célibat fortement encouragé, etc….). Malgré quelques mesurettes de transparence rendues obligatoires par la médiatisation d’Arlette Laguillier, il semble que les choses n’aient pas tellement changé…

[10]  - Mis en gras par les auteurs du site de Lutte Ouvrière et non par moi.

[11]  - Un exemple parmi d’autres : La faucille et le marteau ont disparu du logo du PCF. Seul le rouge est resté. De même, le parti a abandonné un peu de bimbeloterie stalinienne : « dictature du prolétariat », « centralisme démocratique », etc….. En revanche, malgré sa déroute électorale, le PCF, vraisemblablement encore le 3ème parti de France par le nombre de ses militants,  n’a finalement pas cédé grand-chose de ses convictions politiques et se trouve, par exemple,  à des années-lumière de l’itinéraire réformiste et pragmatique suivi par le PC italien. 

Retour à la Une

© Louis Dedouet pour LibertyVox - Article paru le 07/09/2009 Imprimer cet article
URL de cet article = http://www.libertyvox.com/article.php?id=392