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«Le terrorisme islamique est le défi du siècle»

Rencontre avec Roland Yéhouda Dajoux, auteur du livre «Israël miroir du monde. Histoire d’une terre retrouvée» (Editions Persée) qui nous a accordé cet entretien.

LibertyVox: Bonjour Roland Dajoux, merci de nous accorder cet entretien. Il y a 3 mois vous avez publié «Israël miroir du monde. Histoire d'une terre retrouvée» (Editions Persée). Comment se portent les ventes ?

Roland Y. Dajoux : Mon éditeur m’a promis un premier bilan des ventes fin août, je vous donnerai un chiffre précis dans quelques semaines. Je peux vous dire, dès à présent, que l’accueil par la presse est encore hésitant, on évite hélas d’aborder le sujet du terrorisme islamique. Ce sujet est considéré comme tabou par les tenants du «politiquement correct»  qui nous disent qu’il vaut mieux ne pas «faire de vague» ! C’est la raison pour laquelle j’ai eu du mal à trouver un éditeur «courageux» et à ce titre, je suis reconnaissant aux Editions Persée. 

LV : En quoi selon vous Israël est-il un "Miroir du monde" ?

RYD : Israël, ce tout petit pays de 20.000 km2, est le plus médiatisé du monde. On y compte le plus grand nombre de journalistes au km2. Le moindre évènement qui s’y passe est immédiatement répercuté dans le monde entier en temps réel, alors que, comme le dit Bernard Henry Lévy, il y a tellement de «guerres oubliées» sauvages et meurtrières qui se déroulent à l’abri des caméras. Après avoir été exclu de l’Histoire, le peuple d’Israël que l’on croyait fossilisé, demeure le point de focalisation de l’inconscient collectif de l’humanité. Tel un miroir, ce pays tant convoité, attire les regards du monde entier qui projette ainsi ses haines, ses angoisses et ses propres turpitudes dans l’espoir de les attribuer à l’Autre, cet Autre qui demeure toujours, le Juif, devenu aujourd’hui israélien !  Le roi Salomon écrivait déjà dans le Livre des Proverbes (Mishlé): «On croit lire chez autrui la haine qu’on lui porte». A l’heure des guerres médiatiques, le monde court le risque de prendre les  images pour la réalité, j’invite donc le lecteur à regarder derrière le miroir afin de ne pas confondre la source de la lumière avec ce qui n’est que son reflet. Mais ce petit pays porte aussi en lui tous les espoirs d’un monde angoissé, traumatisé et déprimé et c’est la raison pour laquelle, au début de mon livre, j’ai cité Elie Wiesel: «L’humanité a découvert qu’elle vivait dans la menace de l’anéantissement. Or elle rencontre un peuple qui a toujours vécu ainsi et qui porte cependant en lui une dimension d’éternité et un amour de la vie exceptionnel. Elle lui demande son secret». Vous remarquez que mon livre comporte aussi un sous-titre : «Histoire d’une terre retrouvée». Je m’oppose à l’idée répandue par la propagande palestinienne que les Israéliens sont des colons, des conquérants ou encore des étrangers sur la terre de leurs ancêtres. En retournant sur la terre dont il a été chassé par d’authentiques conquérants, tels les Assyriens, les Perses, les Romains, les Croisés, les Arabes et les Turcs, le Peuple d’Israël mène, aujourd’hui, une véritable guerre de libération de son patrimoine historique.

LV : Nos lecteurs ne vous connaissent qu'au travers de vos articles. Parlez-nous un peu de vous.

RYD : Je suis né en 1937 à Tunis, donc en terre d’islam. Du côté maternel, l’origine de ma famille viendrait d’Espagne. L’Inquisition et l’expulsion des Juifs ont amené mes ancêtres à poursuivre leur périple autour de la Méditerranée, pour s’installer dans le sud de l’Algérie. Du côté paternel, mes ancêtres se seraient installés en Algérie, dans le Mzab, après la destruction du deuxième Temple, ce qui veut dire, bien avant la conquête musulmane du Maghreb. J’ai vécu à Tunis jusqu’à l’âge de onze ans, élève au Lycée Carnot, lorsqu’en 1948 mon père décida de travailler à Marseille. J’ai effectué toute ma scolarité au Lycée Thiers, mes études de médecine, l’internat, le clinicat. Je me suis installé en tant que chirurgien gynécologue. Je me suis marié à Marseille et mes quatre enfants ont vu le jour dans cette belle ville phocéenne. C’est en 1988 que je décide avec ma famille de «monter» en Israël, c'est-à-dire faire notre «alya», à Jérusalem où j’ai exercé mon métier de gynécologue. Aujourd’hui je me consacre à l’écriture pour lutter contre le lynchage médiatique dont est l’objet Israël.

LV : Pourquoi cette décision d'émigrer en Israël ? Vous n'étiez plus heureux en France ? Vous ne vous sentiez plus français ou est-ce que votre judéité l'emportait sur votre nationalité française ? Pensiez-vous qu'il n'y avait plus de place en France pour les juifs ?

RYD : La décision d’émigrer en Israël a été tout d’abord une décision de couple. Nous souhaitions que nos enfants ne connaissent pas la «double appartenance», cette sorte de schizophrénie que nos parents, nos grands-parents et nous-mêmes avions vécue. Nous ne voulions pas leur imposer les attaques antisémites et antisionistes que nous avions connues. Nous souhaitions que nos enfants retrouvent leur identité originelle, celle de Juifs vivants sur leur terre après 2000 ans d’exil et de prières. Nous n’avons pas vécu notre «alya» comme un départ mais comme un retour. Nous n’avons pas quitté la France comme des fuyards mais comme on se sépare d’un ami qui nous a accueilli pendant un certain temps, avec un sentiment de gratitude et de reconnaissance. D’ailleurs nous avons conservé notre identité française à laquelle est venue s’ajouter notre identité israélienne. Notre décision est donc à la fois personnelle et inscrite dans l’histoire du peuple juif. Nous voulions renouer avec le pays qui fut le berceau de notre existence et vivre son destin en acteur et non plus par substitution. Je ne dirai pas qu’il n’y a plus de place en France pour les Juifs mais que l’histoire de la diaspora d’Israël touche à sa fin et que chaque juif le ressent avec une plus ou moins grande urgence.

LV : Pourtant, nous connaissons des Français, juifs, patriotes qui ne semblent pas empêtrés dans une quelconque double appartenance... Eric Zemmour par exemple. Que pensez-vous d'eux et d'Eric Zemmour en particulier ?

RYD : En effet, il n’y a pas d’incompatibilité à se sentir Français, juif et patriote. Les juifs d’Algérie ont vécu comme une émancipation et un honneur l’attribution de la nationalité française. Mon grand-père maternel, que j’ai bien connu, était fier d’avoir servi dans l’armée française pendant la Première Guerre mondiale, ma grand-mère connaissait par cœur toutes les chansons françaises de son époque ; mon père lui aussi était fier d’être français, il avait participé à la deuxième guerre mondiale. Mes parents, même s’ils vivaient modestement, ont tenu à ce que nous ayons une éducation française dans les meilleurs lycées et universités. En fait le sentiment de double appartenance naît tout d’abord dans le regard de l’Autre qui décèle très vite l’identité juive au delà de la nationalité. A partir de ce constat, il existe plusieurs façons de réagir qui varient selon les personnes et les moments de la vie. Certains préfèrent vivre leur judaïsme dans l’ombre, «juif à la maison, citoyen à l’extérieur», d’autres exhibent leur judaïsme par des particularités vestimentaires, culinaires et sociales, d’autres renoncent à leur religion et se prétendent athées et d’autres enfin se convertissent. En réalité l’identité du peuple juif est indélébile, les nazis n’ont pas hésité à fouiller jusqu’à la troisième génération l’empreinte juive ! En ce qui me concerne, c’est grâce à un retour à l’étude du judaïsme et à sa pratique que j’ai compris que le lieu le plus naturel pour vivre son judaïsme n’est plus dans l’exil même «le plus doré», mais dans le retour vers la terre de la naissance du judaïsme, c'est-à-dire la terre d’Israël. Pendant des siècles, cette aspiration au retour existait mais elle n’était pas réalisable ; aujourd’hui elle est possible mais beaucoup hésitent comme s’il était très difficile de sortir de l’exil ancré en eux. Je ne connais pas personnellement Eric Zemmour. Comme beaucoup, je l’ai vu à la télévision et j’ai lu certains de ses articles. C’est un juif lettré, intelligent et délicat qui souffre sans doute de son acceptation «conditionnelle» dans les médias français. A mon avis, il doit mal vivre sa «double appartenance», même s’il adopte, extérieurement, une posture d’intellectuel qui voudrait «séparer l’Eglise et l’Etat» qui se nichent en lui et qui le taraudent. 

LV : Vous écrivez que le terrorisme islamique est le défi du siècle. L’islam en lui-même ne serait-il pas ce défi ?

RYD : Dans ce livre je veux attirer l’attention sur le terrorisme islamique. Aujourd’hui, ce danger ne menace plus seulement Israël, mais en réalité le monde entier. Alors qu’Israël a appris à connaître et à lutter contre ce danger pour sa survie, le monde occidental ne semble pas prêt à admettre l’existence et l’imminence de ce danger et risque d’être piégé par ses propres valeurs humanistes. Nombreux sont ceux qui voudraient voir dans le conflit palestino israélien, la seule cause de l’expansion du fondamentalisme islamique. Ce livre prétend, au contraire, qu’il est le révélateur de la stratégie planétaire du terrorisme islamique. Les attentats du World Trade Center et du Pentagone, perpétrés sur le sol américain, n’étaient pas seulement une menace contre les Etats-Unis, ils annonçaient, en réalité, le début de la mondialisation du terroriste islamique. Les attentats à Karachi, au Yémen, à Djerba, Bali, Moscou, Mombasa, Islamabad, Casablanca, Jakarta, Istanbul, Madrid, Londres, Bombay ne sont-ils pas la confirmation que le terrorisme islamique menace ouvertement le monde libre ainsi que les pays musulmans qui auraient des velléités de s’opposer à ces fondamentalistes ?

LV : Faites-vous une différence entre islam et islamisme ou diriez-vous, comme Anne-Marie Delcambre, que ce n’est qu’une question de degré ?

RYD : Islam veut dire soumission, une soumission totale à Allah ? Pour tous les musulmans, le Coran, al qurān (lecture), a été révélé par Dieu (Allah) à son prophète Mahomet. Outre le Coran, l’Islam s’appuie aussi le hadith, la tradition orale qui rapporte les paroles et les actes de Mahomet. L’Islam englobe dans une même entité, religion, politique et expansion territoriale. La différence entre islam et islamisme est, comme l’a si bien dit Anne-Marie Delcambre, plus un problème de degré que de nature. Dans leur livre, Ghaleb Bencheikh et Antoine Sfeir : «Lettre ouverte aux islamistes» (Editions Bayard), précisent que : «l’islamisme n’est pas une création du XXème siècle : il est né rétrospectivement avec l’islam». Ce qui est grave c’est que l’intégrisme devient une menace réelle pour tous, Juifs et Chrétiens mais aussi pour certains Musulmans qui, à titre individuel voudraient se déclarer modérés, laïques ou démocrates. Salman Rushdie, Talisma Nasrin, Wafa Sultan et Aayan Hirsi Ali n’ont-ils pas tous été condamnés à mort, à la suite de fatwas pour avoir émis des idées critiques sur l’Islam intégriste ?

LV : Ne faudrait-il pas aller au bout de la logique qu'entraîne votre réponse et interdire l'islam ou à tout le moins mettre cette religion et ses adeptes sous étroite surveillance afin de restreindre leurs possibles nuisances ?

RYD : Interdire l’Islam, une religion qui regroupe plus d’un milliard d’adeptes, n’a pas de sens. Le fait nouveau est une immigration massive des musulmans qui quittent leurs pays pour aller vers les démocraties occidentales. Ces pays, imprégnés de valeurs humanistes et culpabilisés par leur passé colonialiste, ont accueilli ces immigrés, tout d’abord comme une main d’œuvre à bon marché, puis ils ont autorisé le regroupement familial et ensuite ont ouvert la porte à d’autres immigrés musulmans, d’abord légaux, puis ils ont été dépassés par une immigration clandestine attirée par les avantages socio-économiques et les prises en charge médicales. Si certains de ces immigrés ont été reconnaissants à leurs pays d’accueil, d’autres n’ont pas hésité à vouloir imposer leur propre culture. Ils ont réussi par le biais de la démocratie et parfois par la menace et la terreur, à imposer leurs lois religieuses, au nom du multiculturalisme accepté par l’Occident ! Par ailleurs il faut reconnaître que Bat Ye’Or, avec beaucoup de lucidité et de courage, a dénoncé l’action subversive d’un islam radical qui ambitionne de régner sur Eurabia et bientôt sur l’Amérabia. Il revient donc aux pays d’accueil de décider s’ils acceptent de perdre leurs identités, leurs cultures et leurs territoires au profit de ces nouveaux arrivants ou au contraire s’ils doivent leur imposer leurs codes de vie antérieurs.

LV : Pourtant, Israël, comme beaucoup de pays européen, n’est-il pas menacé à terme par cette forte progression de l’islam ? Le taux de natalité aidant, les Musulmans seront bientôt majoritaires chez nous comme chez vous… comment comptez-vous sauvegarder votre identité sans perdre votre âme ?

RYD : La menace de la natalité comme arme de guerre a été en effet brandie par Arafat qui pensait vaincre Israël par «le ventre des femmes» ! Outre que cette assertion est pour le moins machiste, elle a échoué car le taux de natalité des musulmans israéliens s’est stabilisé, voire a diminué ; quant à la natalité en dehors d’Israël, elle risque d’être un handicap plutôt qu’une arme dans des pays au niveau socio-économique faible. Par contre, en Occident, l’augmentation de la natalité accompagnée des mesures d’accompagnement socio-économiques favorisent indéniablement la croissance et le potentiel d’un Islam radical et toujours conquérant. Non je ne pense pas qu’Israël risque de perdre son âme. Je pense, au contraire qu’on perd son âme en perdant son identité. L’attachement à son identité est normal et naturel, c’est pour cela qu’il faut comprendre que les musulmans ne changeront pas. C’est à nous à affirmer, avec conviction, qui nous sommes et que la terre d’Israël est notre patrimoine. Renoncer même à une partie de notre bien laisserait supposer à nos adversaires qu’ils pourraient obtenir encore plus de concessions. N’oublions pas que nous sommes au Moyen-Orient où règne la culture du marchandage. Mais Israël n’oublie pas qu’on ne négocie pas sa survie.

LV : Et pourquoi pas une perte de la nationalité des Arabes israéliens et une expulsion des plus récalcitrants ne voulant pas prêter allégeance ?

RYD : Nous avons en Israël des députés israéliens qui se disent avant tout palestiniens. C’est ainsi qu’on a vu à plusieurs reprises ces députés prendre fait et cause pour les adversaires d’Israël. Un député israélien palestinien a été démis de ses fonctions pour «collusion avec l’ennemi en temps de guerre» mais… touche encore ses avantages sociaux en tant qu’ancien député ! Récemment, plusieurs députés israéliens palestiniens, dont le vice-président de la Knesset, se sont rendus à Bethléem au congrès du Fatah et n’ont pas hésité à prendre fait et cause pour la politique palestinienne ! Une plainte a été déposée contre eux.  Je pense, en effet, qu’il faut prendre très au sérieux les tentatives subversives de certains et exiger un serment de fidélité et de loyauté comme cela existe dans beaucoup de pays.

LV : Après tout, vous parlez bien de l’expulsion des Juifs des pays musulmans après la guerre des 6 jours… Ca n’a pas choqué grand monde.

RYD : Je parle des réfugiés palestiniens mais aussi des réfugiés juifs qui ont dû quitter les pays musulmans. Savez-vous qu’au lendemain de la seconde guerre mondiale, il y avait 856.000 Juifs dans les pays arabes (Algérie, Egypte, Irak, Liban, Libye, Maroc, Syrie, Tunisie, Yémen) ? En 2001, ils n'étaient plus que 7.800. Pourquoi cacher le fait que la guerre déclenchée contre Israël par les pays arabes, à la suite du vote des Nations-Unies en 1947, a créé non pas un, mais deux problèmes de réfugiés : l’un juif, l’autre arabe ? Je parle encore des dix guerres que l’Etat d’Israël a dû mener depuis sa renaissance en 1948, de ses victoires militaires et de l’échec des solutions diplomatiques. Les Accords d’Oslo, en 1993, ont entretenu l’illusion de la recherche de la paix en contrepartie de concessions et de retraits unilatéraux de la part d’Israël. Le nouveau gouvernement d’Israël dirigé par Binyamin Netanyahou montre qu’aujourd’hui, en Israël, une majorité de citoyens demandent de reconsidérer la façon de négocier avec les Palestiniens.

LV : Dix guerres en 60 ans, pensez-vous que la paix régnera un jour au Proche-Orient ?

RYD : En tant que juif israélien et croyant, je suis très optimiste pour l’avenir d’Israël. Arafat croyait vaincre Israël. Il a perdu la guerre sur le plan militaire, il a échoué dans sa guerre psychologique. Le Fatah, le Hamas et le Hezbollah ont beau crier victoire malgré leurs défaites militaires, ils n’ont pas réussi «à jeter les Juifs à la mer» ! Ahmadinejad peut hurler à Téhéran et ailleurs qu’il veut «rayer Israël de la carte», il finira comme tous les tyrans. La détermination des israéliens reste inébranlable dans leur lutte contre le terrorisme car on ne doit pas négocier sa survie. Le Coran atteste lui-même que la terre d’Israël appartient aux Hébreux. Un certain nombre de versets du Coran parlent explicitement du retour d’Israël sur sa terre: «Et au peuple de ceux qui avaient été abaissés, (il s’agit des enfants d’Israël sortant d’Égypte), nous donnâmes en héritage les contrées orientales et occidentales de la terre que nous avions bénies.»  Coran, sourate VII, v. 133. Les commentateurs du Coran précisent qu’il s’agit de l’Est et de l’Ouest du Jourdain. Dans une autre sourate du Coran, Moïse s’adresse aux enfants d’Israël et leur dit : «Ô, mon peuple, entrez dans la Terre sainte que Dieu vous avait destinée...». Le Coran, sourate V, v.24. Le texte arabe est plus fort, il dit : «Que Dieu vous avait écrite». Or, dans la tradition bédouine, dans l’Islam, les contrats sont toujours oraux. Ils se font en présence de deux témoins. Lorsqu’une chose est écrite, c’est comme si c’était gravé dans le marbre. De son côté, la tradition juive nous enseigne que la réconciliation entre l’Islam et le Judaïsme aura bien lieu. La Bible hébraïque nous apprend en effet que les deux fils d’Abraham, Isaac et Ismaël, sont allés ensemble se recueillir sur la tombe de leur père : «Abraham expira et mourut, dans une heureuse vieillesse, âgé et rassasié ; et il rejoignit ses pères. Il fut inhumé par Isaac et Ismaël, ses fils, dans le caveau de Makpêlah…». Selon cette même tradition hébraïque, on apprend que la garde de la terre d’Israël temporairement confiée à Ismaël sera rendue à Israël. Précisons que le Coran lui-même confirme la notion de retour d’Israël sur sa terre : «Nous dîmes ensuite aux enfants d’Israël : habitez cette terre et lorsque le terme de la vie future sera arrivé, nous vous réunirons tous ensemble…». La paix véritable ne pourra éclore avec les musulmans que lorsqu’Israël sera reconnu comme le peuple dont le Coran lui-même leur dit qu’il est le peuple de l’Alliance : «Ô fils d’Israël, rappelez-vous le bienfait dont je vous ai comblé, tenez fidèlement le pacte [envers] moi, je tiendrai fidèlement mon pacte [envers] vous...» Coran, sourate II, verset 38. Mais, pour que les musulmans nous reconnaissent comme les fils d’Israël, nous devons nous comporter comme tels et être à la hauteur des valeurs morales que le monde attend de nous.

LV : Ça c'est une réponse plus théologique que politique, bien qu'on puisse discuter de votre interprétation des intentions musulmanes. Politiquement parlant, de façon pragmatique, pensez-vous sérieusement que la paix règnera ? Ne craignez-vous pas une conclusion plus apocalyptique à cette renaissance d'Israël ?

RYD : Sur le plan politique, l’élection de Netanyahou marque un tournant dans la politique d’Israël. Notre Premier Ministre a compris la politique du double langage et la tactique du cheval de Troie des Palestiniens. En exigeant des Palestiniens qu’ils reconnaissent Israël comme un pays juif, Netanyahou dénonce leur ruse et prend les Palestiniens à leur propre piège puisque, aussi bien le Fatah que le Hamas, dans leurs Chartes, refusent catégoriquement cette reconnaissance. Les musulmans israéliens et la gauche extrémiste israélienne refusent eux aussi la notion d’Etat Juif et défendent l’idée d’un «Israël, pays de tous ses citoyens» ! Netanyahou n’est pas tombé non plus dans ce piège. Il exige la reconnaissance d’Israël comme un pays juif, non pas pour exclure des minorités ethniques, mais pour leur faire comprendre qu’ils vivent en Israël et il affirme ainsi, haut et fort, la nature de notre identité, de notre culture et le respect de notre territoire. Les pays occidentaux qui sont en danger d’islamisation ne devraient-ils pas, peut-être, considérer l’expérience d’Israël comme un exemple à suivre et non pas à combattre ? Depuis des décennies, la paix n’a pas été obtenue pas les concessions territoriales et politiques, elle ne régnera que par la force de dissuasion d’Israël. La paix exige aussi, de notre part, la  conviction de notre droit moral à retrouver notre patrimoine après deux mille ans d’exil. Dans le Judaïsme, on ne parle pas d’apocalypse mais d’une paix dans laquelle chacun pourra, de façon imagée, vivre «sous son figuier et son olivier». Ce n’est pas seulement le rêve d’Israël, c’est aussi une de ses prophéties dont certaines se sont déjà réalisées sous nos yeux.

LV : C’est bien beau tout ça, mais ne croyez vous pas que le meilleur moyen pour Israël d’avoir la paix serait de ne pas chercher à la faire à tout prix et de frapper fort chaque fois que nécessaire ? En d’autres termes, vu que vous n’aurez jamais la paix, ne croyez-vous pas ce désir de paix totalement illusoire ?

RYD : Dans le Livre des Prophètes, on demande ce qu’est la paix : «La paix, c’est posséder tellement de force que l’on puisse se reposer comme un lion au milieu d’un troupeau de brebis. Ces brebis ne tenteront pas d’attaquer le lion, car elles savent, selon la loi naturelle, qu’elles seront dévorées au premier bêlement». 

LV : Magnifique conclusion ! Il est des «classiques» qui mériteraient d’être lus ou relus par nos «élites». Merci Roland Dajoux !

 

© Roland Y. Dajoux et la Rédaction pour LibertyVox

Pour joindre l’auteur : daju@netvision.net.il

 

Photo à la Une : Roland Y. Dajoux

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© Roland Y. Dajoux pour LibertyVox - Article paru le 07/08/2009 Imprimer cet article
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