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Serviteurs zélés...

Serviteurs ou collabos ? «Ils sont payés par ceux qu'ils ruinent et haïs par ceux qu'ils protègent». Un article de Martin Roger.

Tous les pays ou états ont au moins un point commun : des «forces de l'ordre». On a le regard que l'on veut vis-à-vis de cette catégorie de personnes, mais il serait bon de garder à l'esprit cette admirable pensée de Pierre Dac : «Les forces de l'ordre sont bien souvent aux ordres de ceux qui les donnent»...

 Il y a en réalité, deux sortes de forces : L’une censée protéger les frontières, qu'on appelait autrefois l'armée, mais qui par le miracle de la langue de bois devenue langue universelle, s’appelle maintenant «La Défense». Logiquement, pour se défendre, il faut qu'il y ait au moins un attaquant disposant d'une «force d'attaque», or, personne ne semble revendiquer une telle force. L’autre, assure la sécurité intérieure du pays, celle des citoyens, pour leur permettre de vivre dans une relative quiétude quotidienne.

 Tous les pays n'ont pas le même régime politique ni les mêmes populations. Certains ont à leur tête un ou plusieurs personnages plus ou moins puissants, aidés dans leur tâche par des collaborateurs zélés. Ils disposent, en général de forces qui ont pour mission de maintenir l'ordre strictement imposé par le régime et ce, quelles que soient les circonstances et les aspirations du peuple. Ces unités sont donc très importantes et efficaces, parfaitement entrainées et motivées pour assurer la tâche qui leur est assignée. D'autres pays ont un système un peu différent : les dirigeants sont élus par les citoyens et ils gouvernent leur pays d'une manière responsable, en tenant compte des aspirations, vœux et souhaits des citoyens qui les ont élus. Ils ont pour mission le bonheur de la cité. Ces états, fort peu nombreux il est vrai, n'ont pas besoin de forces de l'ordre intérieures importantes car les citoyens sont aussi responsables que les personnes qu'ils ont élues, aussi, il n'y a guère à craindre de désordres intérieurs. Par contre, ils ont besoin d'une très forte armée, car le bien-être dont ils jouissent, attire fortement les convoitises extérieures.

La première question que peuvent se poser des individus servant ou voulant servir dans des forces de l’ordre est justement la nature même du régime politique qui les emploie (ou va les employer). La réponse étant généralement assez évidente, ils peuvent alors s'interroger sur leur mission et les conséquences de leurs actes futurs. Etant parfaitement au courant avant de signer leur engagement, ils ont toutefois presque toujours la possibilité de mettre fin au contrat à tout moment.

Imaginons par exemple un serviteur quelconque, peu importe l'état qu'il sert, qui doit obéir sans état d'âme «aux ordres». Il se peut qu’il doive encadrer une manifestation où des personnes, souvent jeunes de préférence, s'amusent à tout casser, à mettre le feu ou bien se libèrent de leurs frustrations en insultant lesdits serviteurs aux ordres, les caillassent au besoin ou leur tirent dessus avec des armes de guerre. Dans ce cas précis, notre brave serviteur ne réagit pas, il reste stoïque, car les ordres sont précis et ils intiment de ne pas répliquer. Le brave serviteur sait aussi que, s’il résiste courageusement à la petite sauterie, comme il en a reçu l'ordre, il sera chaudement félicité par sa hiérarchie, peut-être même bénéficiera-t-il d'un avancement hautement mérité pour ses valeureux «faits d'armes» et sa parfaite maîtrise de la situation.

Il se peut aussi que le lendemain, notre brave serviteur soit employé à la «voirie» et que sa mission consiste, non plus à rester stoïque face au trafic automobile, majoritairement constitué de gens qui travaillent, mais de déployer un zèle absolument sans faille, de manière à distribuer un maximum de «punitions» à tous ces délinquants en puissance qui pilotent (légalement) une automobile. Et là, tous les moyens sont bons : de l'embuscade pour traquer la seconde d'inattention qui entraine le dépassement de deux kilomètres heures de la vitesse légale, en passant par le contrôle du véhicule sous toutes ses coutures, avec l'air important de l'autorité qui ne s'en laisse pas compter, bref, du personnage qui en impose. Tout naturellement, plus ce brave serviteur aura trouvé de «contrevenants», plus il recevra les félicitations de sa hiérarchie et… etc.  Ce sont là des serviteurs de base, de peu d’honneur et de respect de soi, qui empoisonnent par leur zèle la vie des honnêtes gens.

Et puis il y a des serviteurs plus élevés dans la hiérarchie, comme les juges, qui sereinement sont amenés à juger des actes répréhensibles, voire odieux. Suivant la «personnalité» de l'accusé, la sanction varie de un à dix pour le même crime ; Comment font-ils pour prononcer des sentences de «prison ferme SANS incarcération» ? Eux seuls le savent, mais supporter un tel avilissement doit être invivable aux plus honnêtes.

Comment font-ils pour accepter une telle bassesse, se regarder dans la glace et ne pas avoir honte d'eux ? C'est bien entendu leur problème, après tout, à chacun de construire pas à pas sa propre médiocrité. L'honneur est une valeur visiblement périmée.

Bien entendu ces cas ne sont pas les seuls. Combien de gens honnêtes et innocents se sont suicidés suite à des décisions aberrantes, injustes ou iniques, ont été privés de liberté, spoliés de leurs biens ou de leurs revenus, ruinés ou avilis par le zèle de serviteurs peu scrupuleux, pour ne pas dire totalement irresponsables ?

Et pourtant, ces serviteurs n'ont pas de comptes à rendre, ils continuent à servir, peu leur importe à quoi ils servent... Et pire encore : ils sont payés par ceux qu'ils ruinent et haïs par ceux qu'ils protègent...

 

© Martin Roger pour LibertyVox

 

 

 

 

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© Martin Roger pour LibertyVox - Article paru le 04/08/2009 Imprimer cet article
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