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Ecrire l’Histoire

Quelques rappels historiques d’André Dufour à l’attention de Caroline Fourest sur fond de Durban II.

Nous sommes en 1938. Moins de cinq ans se sont écoulés depuis qu’un Adolf Hitler a été «démocratiquement» élu chancelier du Reich. La tache brune qui souille l’Allemagne s’étale à présent sur l’Autriche et va déborder sur la Tchécoslovaquie. L’Europe est au bord de la guerre. Face à la France et à l’Angleterre qui ne se sont pas décidées à réarmer à temps et n’ont aucune doctrine militaire, l’Allemagne, qui ne tolère aucune propagande pacifiste tout en subventionnant celle de la France et de la Grande Bretagne, dispose d’une armée intensivement entraînée et combattive. Mais bon prince et bien avant le Raïs Yasser Arafat, le Führer qui, d’une main fourbit ses armes, tend de l’autre main un rameau d’olivier ; pour le cueillir, il suffira à Neville Chamberlain et à Edouard Daladier, garants de l’indépendance et de l’intégrité territoriale de la Tchécoslovaquie, de se rendre à Munich où «Monsieur» Hitler et son compère Benito Mussolini les attendent pour «négocier». Le «camp de la paix» mené par Marcel Déat et autres précurseurs des Carolines se trémousse : les «pacifistes» admettent que, certes, l’Allemagne nazie n’est pas leur tasse de thé, mais la négociation, fut-elle dans des mauvaises conditions, n’est-elle pas préférable à la guerre ? Parmi ceux qui prônent plus de fermeté contre Hitler, on compte Churchill, dont on rappelle aussitôt les exploits colonialistes en Afrique du Sud et derechef qualifié de réac colonialiste, ou les Juifs qu’on ne désigne pas encore comme «sionistes» mais déjà comme fauteurs de guerre, et dont la situation en Allemagne devient de plus en plus tragique. Et puis en France, il y a Charles de Gaulle qui a compris les enjeux militaires qu’il expose dans ses ouvrages lus par les seuls spécialistes, mais il n’est alors qu’un illustre inconnu. Or, si le «camp de la paix» reconnaît plus ou moins cette tragédie, il ne voit aucune raison de provoquer un conflit armé qui embraserait toute l’Europe en nous ingérant dans les affaires internes de l’Allemagne. On connaît la suite.
 
Et pourtant cette suite, connue de tous mais escamotée par nos capitulards actuels, ne semble pas faire obstacle à un nouveau Munich dont nous avons goûté les prémisses à Durban et que l’on s’apprête à rééditer cette année à Genève. Mais avant de poursuivre, procédons à un rappel de principe.
 
On ne réécrit pas l’Histoire, dit-on. Mais c’est ce que font les faussaires et ils ne se privent pas de la gommer quand elle devient gênante. Or l’Histoire consigne l’expérience des peuples. De notre peuple et des peuples européens en l’occurrence. Elle en est la mémoire, celle de nos succès, de nos échecs, de nos victoires et de nos défaites, de notre grandeur mais aussi de nos fautes. Elle doit nous inciter à faire appel à cette mémoire, d’en dégager les analogies, pour éviter de rééditer les mêmes erreurs et les mêmes fautes. La connaissance de l’Histoire est ainsi notre système immunitaire et le socle de la Sagesse. D’où l’importance pour un peuple libre et qui entend le rester d’en contrôler l’écriture et d’en perpétuer l’enseignement. D’autant plus que cette Histoire est aussi celle d’une culture, d’une civilisation et de ses valeurs.
 
On, dit que l’Histoire est écrite par les vainqueurs. C'est-à-dire par les détenteurs du pouvoir. Dans un régime démocratique, le pouvoir émane du peuple et l’écriture de son Histoire fait partie de ses prérogatives. Dès le moment où un peuple consent à se plier à des pressions extérieures pour «corriger» son Histoire et y insérer anachroniquement celle d’autres peuples ou cultures pour en faire une sorte d’Histoire transgénique, ce peuple est déjà colonisé avant la lettre et décérébré. Alors les descendants des peuples que nous avons un jour «humiliés» peuvent nous obliger à effacer de nos manuels d’Histoire toutes nos victoires qui, à leurs yeux, sont leur défaite. Nos voisins européens nous demanderont de rebaptiser le pont d’Austerlitz, les avenues de Wagram, d’Iéna, tandis que les Allemands nous demanderont de rendre à la station de métro Stalingrad, nom qui leur rappelle de fâcheux souvenirs, son ancienne appellation de Rond Point de la Villette, tandis que Poutine nous demandera de débaptiser le boulevard de Sébastopol et la rue de Crimée. Pourquoi pas ? Mais c’est à nous qu’il appartient d’en décider, non aux autres de nous l’imposer, pas plus qu’il ne nous viendrait à l’idée d’exiger des Londoniens de débaptiser Waterloo Station et Trafalgar Square qui perpétuent notre humiliation. De même que nous ne pouvons exiger du Vietnam le retrait de toute référence à Dien-Bien-Phu dans ses manuels d’Histoire.
 
Pardonnez-moi cette longue digression mais nous ne réagissons pas assez, voire pas du tout, contre ceux qui tentent, pour des raisons idéologiques, par lâcheté ou par malhonnêteté intellectuelle, de manipuler et de «bricoler» notre Histoire, voire d’en gommer ou d’en altérer des pans entiers. Comme la science, l’Histoire n’est fiable que si elle s’affranchit des idéologies et des idéologues. Force est de constater que nos manuels d’Histoire sont rédigés sous la surveillance soupçonneuse des commissaires politiques.
 
Le XXème siècle fut celui de deux grandes guerres suicidaires pour l’Europe, celui de grandes impostures et mystifications idéologiques : communisme, fascisme, national-socialisme, celui des grandes erreurs géopolitiques : dépeçage de l’empire austro-hongrois et de l’empire ottoman ; celui aussi, non sans lien avec ce qui précède, des génocides : celui des Arméniens perpétré par la nouvelle Turquie «laïque», banc d’essai qui inspira à Hitler la «Solution finale», c'est-à-dire l’extermination de tous les Juifs tombés sous le pouvoir nazi. La piraterie idéologique s’étant emparée de l’Histoire, on oublie «simplement» de compter parmi les génocides les dizaines de millions de Soviétiques, Chinois, Vietnamiens, Cambodgiens, Nord-Coréens victimes de la barbarie communiste.
 
Et le XXIème siècle qui a fêté ses neuf ans ? Tel le phénix que l’on croyait mort, la barbarie ressurgit après un assoupissement de mille ans sous un accoutrement religieux : l’islam. Idéologie dont nos jobards désignent le côté odieux, belliciste et criminel par islamisme pour la distinguer de l’islam, le paisible, dont ils persistent à ne voir que l’aspect strictement religieux. Appelez ça comme vous voulez, ça ne change pas grand-chose à la réalité sur le terrain. Et cet islam islamo-islamiste livre sa guerre sur tous les points du globe, ici par les armes, là par infiltration, ailleurs par le chantage et l’intimidation.

L’Islam est un monde à part. Rejetant la déclaration universelle des Droits de l’Homme, il lui oppose sa version musulmane, «supérieure» en matière des droits de la femme puisqu’elle stipule qu’une femme condamnée à la lapidation pour «inconduite» voit son exécution ajournée tant qu’elle allaite l’enfant qu’elle portait au moment de sa condamnation. C’est-y pas grandiose ? Est-ce avec ces déments pervers qui entendent nous imposer leur «culture» qu’il faut négocier ? C’est en tous cas ce que nous fait gober une Caroline qui fait dans la laïcité et dans le droit de la femme quand elle écrit dans Le Monde «Il ne faut pas déserter Durban II», qui se tient à Genève cette année. Avec une feinte objectivité, elle admet que Durban 1 fut un festival antioccidental et antisémite orchestré par l’OCI, les organisations islamiques, les ONG bidons mises sur pied pour la circonstance par les Etats musulmans. Elle a déjà utilisé ce genre d’argumentaire pervers pour se ranger dans le camp des «pro voile» contre Fanny Truchelut «ultra-laïciste et ultra-féministe». Aussi tire-t-elle argument du boycott de Durban II décidé par les Etats-Unis, le Canada et, horresco referens, par Israël pour soutenir, toujours aussi faux cul, que si les intellectuels font leur devoir en stigmatisant un organisme onusien «des droits de l’homme et antiraciste» totalement noyauté par l’islam, présidé par la Libye de Kadhafi et «vice-présidé» par l’Iran des mollahs, il est du devoir des diplomates d’être présents à cette conférence d’où ils arracheront, on ne sait jamais, quelques miettes de concessions aux fachos démentiels d’Allah, comme ce fut du reste le cas à Durban 1 où les délégués de l’Afrique du Sud et de la Belgique «restés dans la bataille» ont «limité les dégâts» et même, «fait rare, ont refusé le texte inacceptable venant du forum des ONG».

Drôle d’oiseau cette Caroline qui se régale de quelques miettes laissées tomber par les voraces islamistes et leurs larbins gauchistes. Laïque, elle se dresse contre les «ultra-laïques» dont elle a établi une liste délatrice dans laquelle LibertyVox, parmi nombre d’autres, est montré du doigt (De l’Index, bien entendu. Ce procédé n’est pas sans rappeler un ouvrage qui se trouvait dans la bibliothèque des familles catholiques bienpensantes des années 30 : «Romans à lire, Romans à proscrire», essai de classification au point de vue moral des principaux romans et romanciers depuis l’an 1500, d’un certain abbé Louis Bethleem. Caroline et consorts sont devenus les abbés Bethleem du camp laïque «modéré»). Et dans la défense des droits de la femme, elle combat visiblement les Ultra-féministes puisqu’on la trouve aux côtés d’une militante islamiste pro-voile contre Fanny Truchelut. Pour combattre cette marée montante de l’islamo-fascisme, nous préférons nous aligner sur les «ultra laïques» que sur les «laïques modérés», la «modération» de la Caroline menant tout droit à un nouveau Munich. Eh oui, à Munich, Daladier et Chamberlain ont eux aussi «limité les dégâts» en ne cédant à Hitler, contre l’avis des Tchèques, «que» les territoires des Sudètes en échange de la paix tant désirée, ce qui n’a pas moins ouvert à Hitler la route de Prague. Un an aura ensuite suffi à ses Panzers pour prendre la route de Varsovie et de Paris.
 
Désolé Caroline. Quand on sait, comme vous, qu’on a affaire à des tricheurs, à des ennemis malhonnêtes, menteurs et de mauvaise foi, on a deux solutions : dégainer ou quitter la table de jeu. Ayant horreur de la violence, la France doit quitter la table de jeu. Et mieux, il y a une troisième solution, la plus digne, la plus honorable et sans doute la plus efficace : ne pas y aller. Organisme officiel ou pas, laissons ce «machin» onusien aux Etats fachos où ils pourront cracher leur venin et s’y afficher, si ça leur chante, comme les seuls antiracistes et les meilleurs garants des droits de la femme. A quoi une présence des pays démocratiques servirait-elle alors que les pays qui bafouent le plus les droits de la femme et qui se révèlent les plus intolérants, les plus racistes, ne sont nullement disposés à appliquer dans leur pays les résolutions qui iraient à l’encontre de leur prétendue religion. Mais ce qui est certain, c’est que la prétendue «laïcité» et le prétendu «féminisme» de ces boutiquières de Pro-Choix et autres UFAL s’inscrit dans le même registre des impostures que le Communisme qui fit de l’URSS la patrie du Prolétariat mondial et du Communisme le parti luttant pour le Pain, la Paix et la Liberté, et qui virent ensuite en Mao le nouveau messie du prolétariat. Dans le combat pour les droits des travailleurs, des femmes et autres causes, il y a ceux dont c’est une fin en soi, d’autres dont c’est un moyen de faire carrière. Je crains que notre Caroline ne se range dans cette dernière catégorie. Celle des alimentaires.
 
Tous les partisans de la laïcité souhaitent celle-ci «apaisée, sereine et sans confrontation avec les religions» et il n’y a effectivement pas de confrontation avec les Chrétiens, les Bouddhistes ou les Juifs. Il me paraît donc malhonnête, comme le font les «laïques modérés, positifs ou ouverts» de suggérer que la laïcité provoque la confrontation avec les religions. Ce n’est pas la laïcité qui a besoin d’être apaisée mais l’Islam. Si confrontation il y a, c’est uniquement dû aux politiciens islamiques qui, chaque jour, sous n’importe quel prétexte, en tous lieux et avec la plus cynique mauvaise foi, se lancent à l’assaut de la laïcité qu’ils jugent attentatoire à leur «religion», paravent d’une idéologie liberticide et homicide. Et si, en apparence, il n’y a pas trop de «confrontations», c’est surtout parce que nos autorités régionales et communales, se comportant en pétochards munichois, et se prostituant pour être réélus, cèdent aux revendications de cette religion ennemie de la laïcité, en toute infraction à la loi de 1905 qui, incontestablement, interdit toute aide publique aux religions.
 
Lorsqu’on a une loi, l’égalité, inscrite dans la trilogie de la devise républicaine, exige qu’elle s’applique à tous, sans exception. Sans discrimination «positive» née d’une roublardise de camelot. Il n’est pas moins légitime de la part d’un gouvernement ou d’une autorité locale de dire «non» à toute dérogation à la Loi de 1905, que pour un musulman de refuser de manger du porc en vertu de sa propre loi. C’est une question de respect mutuel qui commence par le respect de soi et de ses propres principes. Toute concession est une capitulation qui entrainera d’autres revendications sous la menace de violences, provisoirement satisfaites par de nouvelles concessions. On ne négocie pas avec les mauvais joueurs. On leur impose notre loi. Si elle ne leur plait pas, qu’ils aillent satisfaire leur intempérance religieuse dans les pays qui appliquent la loi de l’islam. Nul ne les retient. Mais s’ils entendent rester, welcome, à condition qu’ils respectent nos lois et s’y plient. Quel homme politique, quel véritable homme d’Etat aura le courage de tenir un tel langage ?


© André Dufour pour LibertyVox

 

Image ci-dessus et à la Une : Caroline Fourest

De gauche à droite : Chamberlain, Daladier, Hitler, Mussolini, Ciano

Marcel Déat

Les titres, chapeaux et illustrations sont choisis par la rédaction et ne relèvent pas de la responsabilité des auteurs 

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© André Dufour pour LibertyVox - Article paru le 20/03/2009 Imprimer cet article
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