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L’évêque orientaliste et le prêtre oriental

Un évêque belge qui travaille à l’islamisation de son pays, opposé à un simple curé défendant le message christique, voilà de quoi faire bondir Anne-Marie Delcambre !

On pourrait presque écrire un conte sur ce sujet. Il était une fois, dans le royaume de Belgique, un Belge nommé Guy Harpigny qui, devenu prêtre en 1973, à l’âge de 35 ans, décida de s’inscrire en théologie et en langue arabe, à l’université catholique de Louvain.

On peut se demander pourquoi ce choix de la langue arabe puis ensuite de l’islam par ce prêtre belge chrétien ? Une seule réponse : l’influence du grand orientaliste Louis Massignon. Eh oui, le jeune prêtre allait grossir la cohorte des prêtres chrétiens «massignoniens» qui sont si attachés au dialogue islamo-chrétien. Mais un psychanalyste averti verrait tout de suite que cette attirance pour l’arabe et pour l’islam dérive de plusieurs sentiments. Guy Harpigny a choisi de devenir prêtre pour des raisons qui nous échappent et des raisons qui lui échappent. Ce sont ces dernières qui nous intéressent.

Une certaine bourgeoisie belge traditionnelle n’a jamais vraiment accepté notre modernité capitaliste, individualiste, compétitive. Le prêtre Harpigny, qui fut certainement un bon élève, ne se sent pas à l’aise dans cette société belge laïque où les femmes sont trop libres et égoïstes. Alors, même inconsciemment, il trouve des beautés dans la civilisation musulmane traditionnelle, avec son esprit de partage, la chaleur des relations humaines, les femmes voilées et obéissantes.

Et puis, surtout, «les musulmans, eux, ils croient». Et Guy Harpigny, comme tous les prêtres dialogueux massignoniens, estime qu’il vaut mieux croire à quelque chose que de ne rien croire du tout, et ils s’imaginent (ou veulent s’imaginer) que puisqu’ils croient, ils croient à peu près à la même chose. Ils confondent ainsi allègrement foi et religion dans une cécité volontaire ou involontaire. Le prêtre belge Guy Harpigny va pousser jusqu’au doctorat ses études sur l’islam et ses efforts seront couronnés de succès puisqu’il sera nommé… évêque, dans le diocèse de Tournai.

Or, dans ce diocèse de Tournai, il y a un prêtre oriental, naturalisé belge et qui, lui, n’est pas un prêtre massignonien. Charles-Clément Boniface, dit «le Père Samuel» est né en Turquie orientale d’une famille de chrétiens orthodoxes, de rite syriaque. Très tôt il a choisi d’être moine orthodoxe. Mais il se convertira au catholicisme. Après avoir été prêtre en Turquie, puis au Liban, c’est en Europe, en Belgique où il s’installera et demandera à être naturalisé. C’est dans le diocèse de Tournai que le Père Samuel sera amené à exercer son ministère de prêtre.

Le Père Samuel, attaché au port de la soutane, de la barbe, du chapeau et du grand crucifix, n’acceptera pas la tenue vestimentaire des prêtres belges. Certes, en Belgique les prêtres sont rémunérés mais ce n’est pas ce que recherche le Père Samuel. Ce qu’il veut c’est «avertir», avertir en particulier… du danger de l’islam. Car ce danger, lui il le connaît. Il sait que les musulmans considèrent les juifs et les chrétiens comme inférieurs, tolérés mais non traités en égaux.

Avec stupeur il s’aperçoit que l’Europe, en l’occurrence la Belgique, voit dans l’islam une religion d’amour, de tolérance et de paix ! Comment pourrait-il être d’accord avec cette vision de l’islam, alors qu’une partie de sa famille a été massacrée par les musulmans, alors qu’il sait qu’en terre d’islam les chrétiens sont humiliés et persécutés. Quelle poésie peut-il trouver dans la religion musulmane ? Lui sait que l’islam, par nature, est guerrier et conquérant et qu’il n’est doux que lorsqu’il est minoritaire. Alors ce prêtre oriental se met à parler et à écrire sur l’islam. Certes il n’a pas un doctorat mais il a un vécu théologique, linguistique. Il parle araméen, turc, arabe et il veut dénoncer la naïveté des Européens qui ne voient en islam qu’une version exotique du christianisme.

Entre l’évêque orientaliste, Guy Harpigny, qui poursuit son rêve massignonien de dialogue avec les musulmans et qui est flatté par les musulmans, invité, gratifié, traité comme un prince de l’Eglise et le prêtre oriental qui a toujours à l’esprit comment sont persécutés les chrétiens en terre d’islam, il ne peut y avoir d’accord.

L’évêque orientaliste voit les beautés de l’islam. Il rêve d’une entente entre chrétiens et musulmans sur le sol belge et encourage la construction des mosquées.

Le prêtre oriental voit les beautés de l’occident judéo-chrétien. Il faut voir comme il chérit son église achetée avec les dons de ses fidèles. Pour lui, le geste d'acheter une église, c’est sauvegarder le patrimoine ecclésiastique belge. Il rêve d'une éradication des mosquées. Les deux projets ne vont pas dans le même sens.

En France, une situation semblable s’était présentée entre un évêque orientaliste, Monseigneur Jean-Luc Brunin, officiellement évêque auxiliaire de Lille, chargé du diocèse d'Amiens, devenu aujourd'hui évêque d'Ajaccio (Corse), ébloui par l'islam et le prêtre oriental Antoine Moussali (1921-2003), prêtre lazariste, conscient des dangers de l'islam et nommé dans le diocèse d’Amiens.

L’évêque orientaliste, à qui la présence du Père Antoine Moussali faisait de l’ombre, avait contraint l’érudit oriental à effectuer des tâches subalternes. Et le pauvre prêtre arabe, tellement modeste et tellement savant, auteur d’excellents livres comme «la Croix et le Croissant», était mort dans le plus profond dénuement.

Entre l’évêque orientaliste Guy Harpigny et le prêtre oriental Charles-Clément Boniface, dit «le Père Samuel», il ne peut y avoir d’accord. Tout sépare les deux hommes, tout les oppose. Guy Harpigny travaille à l’islamisation de la Belgique tandis que le Père Samuel travaille à la christianisation de la Belgique. Et ce qui est grave, c’est que les laïcs, libres-penseurs et les juifs (religieux ou athées) pensent que c’est Guy Harpigny qui a raison. Tout plutôt que de voir ressurgir un catholicisme à l’ancienne. C'est ce qu'ils craignent le plus.

Ce que ces Belges islamophiles verront un jour surgir, c’est un islam radical qui les traitera avec autrement de dureté que le catholicisme. A ce moment là ils regretteront de n’avoir pas écouté le Père Samuel. Mais il sera trop tard.


© Anne-Marie Delcambre pour LibertyVox

Image ci-dessus et à a Une : Guy Harpigny, évêque de Tournai

Image ci-dessous: Le Père Samuel

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© Anne-Marie Delcambre pour LibertyVox - Article paru le 10/12/2008 Imprimer cet article
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