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Lettre ouverte au Cardinal Tauran

Anne-Marie Delcambre adresse une lettre à Son Eminence, le cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux.

Votre Eminence,

Quand on lit vos propos («Comment a fait Dieu pour revenir dans nos sociétés. C’est le grand paradoxe : grâce aux musulmans». «Ce sont les musulmans qui, devenus en Europe une minorité importante, ont demandé de l’espace pour Dieu dans la société».) et qu’on a connaissance du sermon de Son Excellence, l’évêque d’Alger, Mgr Pavy, prononcé en 1853, il y a un siècle et demi, on se demande si tous les deux appartenez bien à la même religion !

Voici, Eminence, des extraits de l'homélie de ce prélat du XIXème siècle. Sa franchise de ton, concernant l'islam, est tellement éloignée de votre frilosité pleine de soumission qu'on a peine à croire ce qu'on lit.

http://www.euro-reconquista.com/site/spip.php?article30

«Pour commencer, celui qui prétend être le prophète d’Allah, Mahomet, devrait avoir des lettres de créances", c’est-à-dire la prophétie, les miracles et l’intégrité de l’ensemble de sa vie... "Rien de tout cela ne se trouve chez Mahomet, cet homme de pillage et de sang qui prêche sa doctrine à coup de cimeterres, en promenant la mort sur un tiers du globe alors connu !

Prophète ? "Il n’a même pas su deviner qu’un jour le poison lui serait servi par des mains soumises".

Et les miracles ? "Mahomet répète jusqu’à satiété que Moïse, Jésus-Christ et les autres prophètes ont fait des miracles, témoignage précieux pour notre foi, mais que lui n’est pas chargé d’en faire : il n’est chargé que de la prédication ; voilà la confession de son impuissance et par conséquent de son imposture et de son erreur". Par ailleurs, dit-il "j’ai lu le récit de ses 18 miracles, d’après les auteurs arabes. Ce sont des phénomènes sans raison d’être, des contes puérils où tout au plus des tours de sorcellerie qui feraient rire de pitié nos fameux prestidigitateurs... Tantôt ce sont des arbres qui se promènent, des pierres qui parlent et autres niaiseries que nous avons honte de rapporter ici. Voilà tout son bagage de thaumaturge" ! Et manque d’arguments et de miracles Mahomet fait croire que "le miracle des miracles, c’est le Coran, prodige qui dépasserait en beauté toutes les formes humaines..."

"4 ou 5 chapitres du Coran sont assez agréablement tournés, j’en conviens ; mais... qu’est-ce que peuvent faire 5 chapitres pour racheter les prodigieuses niaiseries, les maximes jetées sans ordre, les hiéroglyphes bizarres, les non-sens habituels et les flagrantes contradictions qui remplissent les 114 chapitres de ce tome indigeste" ?

"Dans le Coran je n’ai rien trouvé de bien neuf. Presque tout, excepté les infamies, y est emprunté et contrefait. (….)

Le dieu de Mahomet "change l’éternelle beauté du ciel en un lieu de prostitution, dont les orgies dépassent en lubricité multiple et stérile tout ce que l’idolâtrie elle-même, dans ses conceptions les plus abjectes, avait pu rêver. Le dieu de l’islam, c’est un être tellement immonde, en sa complaisante faiblesse, que si l’autorité chargée de la garde des moeurs rencontrait dans nos rues quelque chose de semblable, elle devrait à l’instant l’arrêter et le dérober aux yeux d’un public, hélas, pourtant si facile ! Et ce serait là le vrai Dieu ?"

"Oh, non, non, ce n’est pas là le vrai Dieu du ciel et de la terre, le Dieu des nations, le Dieu des prophètes, le Dieu de Moïse, le Dieu de Jésus-Christ. Ce n’est pas Vous, ô Sainte Trinité, que cet homme a violemment combattue. Ce n’est pas Vous, ô Père saint, ô Verbe éternel, ô Esprit de lumière et de charité ! Ce n’est pas Vous, Jésus, le salut et la vie de mon âme... Cet homme, Mahomet, ne vous a pas connu, il n’a pas su vous aimer, lui. Pardon, Seigneur, si, pour la défense de votre nom, j’ai parlé d’un autre dieu que vous !"

"L’islam est une prétendue religion que certains Français entourent encore de tant de respect... Quelle morale est-ce donc, mes frères, que celle dont votre évêque n’ose pas exposer les principes, même pour les flétrir ?"

La morale de l’islam ? "L’association du sang à la volupté, la guerre à l’infidèle, guerre permanente, guerre qui doit durer jusqu’à leur entière extermination ou soumission au tribut."

"En lisant l’Evangile, j’ai appris à prier ; en lisant le Coran, je n’ai rien appris, et le musulman, j’en suis sûr, n’y apprend, lui, qu’à répéter de creuses et de vides formules. Je serais tenté de dire qu’une telle prière est un outrage, puisqu’elle s’adresse à un dieu qui n’existe pas, ou qui existe avec des attributs tout opposés à ceux que lui prête la doctrine du musulman."

Et la science ? "Elle a paru, chez eux, comme un météore ; elle est restée, chez nous, comme un soleil dont les feux alimentent sans cesse l’activité de l’intelligence humaine... Quel progrès ont-ils fait dans l’agriculture ? Aucun ; et, tandis que nos moines défrichaient l’Europe, les musulmans ont abandonné à la stérilité ces belles provinces de la Syrie et de l’Afrique, si fertiles et si peuplées à l’époque où l’islamisme s’abattit sur elles."

"Et la famille ? L’époux y est un capricieux despote, la femme une esclave ; point d’instruction, même élémentaire, pour elle ; point de mosquées où elle puisse prier avant l’âge de la vieillesse. (...)"

Ces extraits du sermon prononcé par Monseigneur Louis Pavy, évêque d’Alger, en la cathédrale d’Alger pendant le Carême de... 1853 pourraient être du Père Samuel, prêtre catholique belge, injustement accusé.

Pour Mgr Pavy, comme pour le Père Samuel, le Dieu des chrétiens n’est pas le Dieu des musulmans. Mais il suffit d’examiner la théologie catholique pour constater qu’ils ont raison. Entre l’islam et le catholicisme il y a une totale incompatibilité théologique. C’est l’opinion de (saint) Jean Damascène (8ème s) aussi bien que celle de (saint) Thomas d’Aquin (13ème s).

Or, Eminence, vous et vos prêtres favorables au dialogue islamo-chrétien, subissez l’attraction de l’islam et êtes terriblement tentés par cette religion. Et là vous épousez la vision de l’orientaliste Louis Massignon qui persuada les milieux chrétiens que l’islam se rattachait à Abraham et que le Coran était aussi une révélation. En fait Louis Massignon dont l’homosexualité n’était un secret pour personne, ne pouvait rester serein devant la virilité arabe qui le bouleversait jusqu’au plus profond de lui-même.

Cette attirance envers les musulmans ne s’accompagnait pas d’une attirance pour les juifs, bien au contraire. Il avait une nette préférence pour les musulmans, jugés «meilleurs» que les juifs puisqu’ils reconnaissent Jésus et Marie, croient à la virginité de cette dernière, ce que les juifs ne font pas. Peu importait à Massignon que ce ne soit pas le même Jésus et la même Marie !

En bon disciple de Massignon, Eminence, vous vous rapprochez de l’islam. Mais en même temps vous vous écartez du judaïsme. Vous perturbez la relation entre juifs et chrétiens, rendue si difficile dans le passé. Vous brouillez les cartes, obscurcissez les esprits de vos fidèles, et ceci parce qu’au fond de vous et de vos prêtres demeure un fond d’antisémitisme qui ne dit pas son nom ou qui le déguise en antisionisme.

L’Eglise, la vôtre, ne sait plus ce qu’elle croit ni pourquoi elle le croit. Elle glisse vers l’islam, sans s’en apercevoir.

Dans le passé beaucoup de Chrétiens d’Orient ont été vendus à l’islam, par leurs pasteurs. C’est le cas en Egypte, en Syrie, en Afrique du Nord.

Parce que vous vous sentez affolé par le refroidissement de la foi et de la pratique religieuse en pays européens, vous admirez la dévotion musulmane. Vous vous émerveillez de ces hommes qui, dans un hangar ou dans la rue, se prosternent pour la prière. Mais en revanche quand les fidèles catholiques du Père Samuel prient avec ferveur dans un hangar ou dans un dancing… quand ils se privent pour acheter une église, ils n’ont droit qu’à du mépris de la part de leur évêque, Mg Guy Harpigny, disciple de Massignon et fervent défenseur du dialogue islamo-chrétien.

Le père Samuel qui vient d’Orient, qui parle araméen, turc et persan, qui connaît l’islam de l’intérieur, n’est pas vu, par vous et vos confrères, comme un égal, comme un frère en religion. Quel insupportable racisme.

Ce curé vous semble ridicule, avec son chapeau rond, sa barbe, son christ qu’il brandit à chaque instant. Vous ? vous ne mettez la pourpre cardinalice que dans les cérémonies à l’église. Sinon dans la rue, on pourrait vous prendre pour un directeur de supermarché.

Pour le Père Samuel il n’y a pas de distinction entre sa vie privée et sa vie publique. Il est entièrement prêtre catholique au point d’en devenir gênant pour vous.

Vous ne l’acceptez pas mais vous trouvez des beautés dans la religion musulmane traditionnelle que vous admirez pour ses traditions, son esprit communautaire, sa chaleur humaine, sa généreuse hospitalité.

Mais la gentillesse, la générosité, l’érudition du prêtre catholique oriental, cela ne vaut rien. La communauté du Père Samuel, l’évêque de Tournai, en Belgique, la rejette avec dégoût et s’entend avec des juristes pour l’assimiler à une secte ou à une association de malfaiteurs. Et le Père Samuel est vu comme un escroc, un malfrat et personne ne bouge dans la hiérarchie. Quelle honte !

Eminence, ce n’est pas Dieu que les musulmans ont fait revenir dans nos sociétés. Ce sont les démons du fanatisme, du totalitarisme religieux, de la violence aveugle.


© Anne-Marie Delcambre pour LibertyVox et Euro-Reconquista


Le Cardinal Tauran

Le Cardinal Tauran et Mustafa Ceric, Chef de la communauté islamique bosniaque, durant un colloque islamo-chrétien organisé par le Vatican le 4 novembre 2008.

Le Père Samuel en butte aux persécutions de la justice belge dans l'indifférence de sa hiérarchie.


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© Anne-Marie Delcambre pour LibertyVox - Article paru le 29/11/2008 Imprimer cet article
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