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«Hommage» à Barack Obama

John Connor jette l’opprobre sur LibertyVox en refusant d'aduler Obama, le nouveau mondio-prophète adoré par la police de la pensée.

Un concert de louanges sans précédent a accueilli l’élection de Barack Obama, le «Nouveau phare de l’Amérique telle qu’on l’aime». Rien de mieux qu’une ligne éditoriale dressée et unie digne de la regrettée «Pravda» de Moscou, pour rendre hommage au nouveau leader US qui enthousiasme tant tous les journalistes et, par contagion, tout le peuple français. Ainsi, les quelques affreux doutes que certains ont sur le personnage seront rapidement balayés par des Evidences Lumineuses.

C'est les yeux mouillés et un peu tremblant que j'écris ces lignes, ma pensée encore embrumée par l’émotion débordante ayant suivi l'élection de Barack Obama mardi dernier. Barack Obama, La nouvelle lumière de l'Amérique redevenue «elle-même», le «Phare du Monde Libre», réconcilié même avec le monde arabe, banlieues françaises en tête.

La presse française, unanime, pas seulement celle du Très Grand Peuple de Gauche, a décidé que Barack Obama, après deux jours de pré-mandat, serait le plus grand Président des Etats-Unis d'Amérique depuis George Washington (1789-1797), et même peut-être encore plus grand que l’inénarrable Jimmy Carter (1977-1981), c'est dire.

Avec son légendaire sens de la probité et de l'investigation qui la pousse partout à dénicher l'information et fouiller jusqu’aux poubelles des politiques au péril de ses RTT, la presse française a accouché d'articles dithyrambiques, 100% favorables à Obama. L'exemple le plus émouvant étant bien sûr celui d’un journal "conservateur" et "libéral" (Le Figaro) par le très grand journaliste Philippe Labro [1], pas encore remis de la mort de son idole John Fitzgerald Kennedy (1961- 1963).

Puisque 88% des français soutiennent Barack Obama et que cette écrasante majorité ne peut avoir tort, je veux évidemment participer moi aussi à cet hommage et m’associer à la célébration du retour de la Civilisation et de la Lumière en Amérique. Hélas, n’ayant pas la verve aplaventrique et le talent lyrique d'un Philippe Labro ou d’un BHL en transe orgastique [2], j'ai préféré adapter, par simple substitution de nom propre, quelques sublimes lignes de plusieurs grands poètes soviétiques des années 30 à la gloire de Joseph Staline, poètes dont l'Histoire, parfois mauvaise fille bien ingrate, a malheureusement oublié les noms [3] :

"Barack tu es plus haut
Que les hauts espaces célestes
Et seules tes pensées
Sont plus hautes que toi
Ton esprit, Barack Obama est plus lumineux que le soleil."

"Barack... et je n'ajoute rien...
Tout est inclus dans ce nom tellement immense.
Tout : le parti, la patrie, l'amour, l'immortalité.
Tout."

"Ô toi Barack, grand chef des peuples,
Toi qui fit naître l'homme,
Toi qui fécondes la terre,
Toi qui rajeunis les siècles,
Toi qui tresses le printemps..."


Evidemment, comme la regrettée Soeur Emmanuelle en son temps, il m'arrive parfois, seul la nuit, de douter devant tant de Grandeur et de Lumière et alors ma foi vacille... Mais, à chaque fois je me ressaisis et lutte contre ce réactionnaire volcan intérieur, car plusieurs évidences lumineuses persistent:

1 - Barack est Démocrate ! Comme nous le savons en France, les Démocrates sont gentils, intelligents, favorables au métissage, modernes, drôles et cools car de "gauche" et les Républicains sont des méchants sales cons, fascistes, racistes, rétrogrades, non ouverts à la diversité, obscurantistes, car de «droite».

2 – Barack a un programme ! : "Yes We Can" & "Change We Need" ! C'est du lourd, impressionnant, sophistiqué. Tout est contenu dans ce grand vide détaillé. Programme ? Enjeux ? Alliances ? Choix géostratégiques ? Tout y est.

3 – Barack c’est Robin des Bois ! Pas de doute, c'est évidemment la recette miracle que nous adorons en France et qui nous a donné cette stupéfiante prospérité pour tous depuis 25 ans !! Les riches gagnent de l'argent. Les pauvres et les chômeurs, moins. Donc on va prendre aux riches (disons aux moins pauvres) pour donner aux pauvres sous forme d’assistanat. C'est plus simple que de créer du travail pour les pauvres ou que de créer des richesses.

4- Barack est aimé d’Hollywood et des élites ! Les George Clooney avec leurs 20 millions de $ de revenus par film sont très bien placés pour faire du social et défendre les petites gens d’Amérique. Tous ces bobos sont les victimes typiques de cette horrible Amérique pré-Obama qui n'arrivait pas à boucler ses fins de mois et où plus rien ne fonctionnait.

5 – Barack affiche un calme Olympien sous les sunlights, il est super-cool ! Oui, les reptiles dans le désert qui ne ressentent rien du tout avec leur sang froid sont aussi super-cool et calmes, même chauffés à blanc sous le soleil.

6 - Barack est métis/noir, multi-culturel. C’est son point fort et c’est certainement la seule chose authentique chez ce personnage. L'argument est imparable. C'est bon pour l'image de l'Amérique ! S’il avait été blanc, l’image en aurait souffert car les blancs sont racistes. Gageons que les terroristes qui veulent de temps en temps détruire des tours de 410 Mètres pleines de mécréants pour nous rappeler leur haine de notre mode de vie, de notre civilisation et de nos démocraties en sont tout retournés : "Ossama! On arrête tout !!!! L'Amérique a un gentil président multi-culturel jeune et sympa !!! Nous aimons l'Amérique à présent."

7 - Barack est un bon chrétien qui fréquente une paroisse ! Oui, et en plus il est l'ami du gentil pasteur Jeremiah Wright, celui qui hurle dans ses sermons "Dieu Maudisse l'Amérique" entre deux tirades anti-blancs et antisémites. Il l’a récusé, après plusieurs longues semaines d’hésitation. Ses amis des Black Panthers en furent un peu chagrinés, mais Washington vaut bien une messe, n’en déplaise à la Nation of Islam qui rode dans son ombre. Ca me rassure. Et qu’importe son trouble passé, il faut être raciste pour s’en préoccuper.

8 - Barack a écrit deux livres ! C’est moins que Barbara Cartland ou Paul-Loup Sulitzer, mais quand même… Il y étale une flopée de mensonges patentés et s’y met en scène de façon valorisante. Mais dans un pays où le parjure passe mal, même les journaux démocrates furent obligés de le lui faire reconnaître. Aucun journaliste sérieux ne s’est appesanti sur ces petites erreurs de jeunesse. On ne peut pas lui en vouloir ! Il est l’Espoir du Monde !

J'arrête, la liste est sans fin... Non, je ne peux pas douter. Je ne douterai plus. PARDON !!! Pardon pour mon âme aigrie, pourrie et dégénérée de sale connard libéral qui aime la démocratie, la liberté, l'Amérique des Démocrates ou Républicains et par dessus tout sa terre natale de France. Et si par malheur je venais à encore douter, mon ange protecteur me reprendrait : Jamais ! Jamais tu ne douteras de Barack Obama ! Jamais du petit père des peuples métis ! Certes, l’Amérique choisit démocratiquement son président, et cela ne nous regarde pas. Du moins cela ne devrait pas nous regarder si nous n’assistions pas ébahis à un tel délire collectif, à un tel culte de la personnalité n’épargnant quasiment personne de notre côté de l’Atlantique. Encore, du temps de Staline, ce culte de la personnalité n’avait pas que 8% d’opposants en France ! C’est pourtant le pourcentage de Français qui auraient voté McCain ici et, en dépit de la honte à l’avouer, j’en fais partie.

Alors Pardon j'ai honte ! honte de ne pas croire au nouveau messie planétaire, honte de déceler derrière son image lisse et trop parfaite le syndrome d’un Occident en plein déclin succombant aux sirènes suicidaires d’un gigantesque Syndrome de Stockolm : «Si les pauvres gens du tiers monde nous attaquent, c’est vraiment que nos démocraties prospères le méritent, avec notre arrogance de blanc ex-colonialiste. C’est bien fait pour nous !», honte de refuser cette mainmise du KGB de La Police de la Pensée Française, avec son fanatisme religieux qui nous a obligé à adorer depuis 1945 successivement Lénine, Staline, Mao, Pol-Pot puis au final Barack Obama, honte de détester Michael Moore, honte de ne pas m’agenouiller devant les gourous du réchauffement planétaire, honte de refuser de tendre l’autre joue quand le totalitarisme islamique nous frappe, honte de supporter nos soldats qui se battent loin de notre terre contre des barbares, honte de refuser que ma terre soit envahie par des racistes anti-blancs entretenus par nos impôts pour financer leur Djihad ou leur haine en Rap, honte d’honnir l’ignoble racialisme de ceux qui se félicitent et dansent parce qu’Obama est «noir», honte de préférer lire Michel Houellebecq que Barack Obama alors que ce premier, notre plus grand écrivain, a dû justifier sa vision de l’Islam devant un tribunal de la République Française.

Mais tel que je vois le futur en marche, je finirai sans doute emporté par les très nombreux néo-KGBiste de La Police de La Pensée Française dans un de ces asiles psychiatriques néo-stalino-antiraciste. Faut-il être fou pour ne pas accepter de si divines et obamesques évidences ? C’est toujours mieux que de se perdre à jamais dans les limbes de la terreur promise aux traitres qui succombent à ce politiquement correct.


© John Connor pour LibertyVox

Notes :

[1] http://www.lefigaro.fr/elections-americaines-2008/2008/11/06/01017-20081106ARTFIG00003-deux-ou-trois-choses-que-l-on-ne-sait-pas-de-lui-.php
A conserver précieusement. "Enjoy!" Comme disent nos amis anglo-saxons.

[2] http://www.lepoint.fr/actualites-chroniques/obama-president/989/0/289407
Un texte de BHL dans Le Point, presque aussi beau que son film « Le Jour et La nuit ».
Ca fait un 2ème Collector !!!

[3] cf. STALINE - Jean-Jacques Marie - Fayard 2001 (Les magnifiques poèmes sont en page 9 et 10).


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© John Connor pour LibertyVox - Article paru le 09/11/2008 Imprimer cet article
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