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Il était une fois la LICRA

André Dufour analyse la Mrapisation de la Licra et la dérive totalitaire de l’antiracisme.

Laïcité à la carte pour «certains ou pour beaucoup» ?

Il était une fois une très respectable Ligue des Droits de l’Homme, créée dans la foulée de l’inique condamnation du capitaine Dreyfus par un tribunal militaire se comportant comme un Etat dans l’Etat et au dessus des lois ; elle avait pour vocation de défendre l’homme et le citoyen contre l’arbitraire. Pervertie par l’entrisme des nantis trotskistes, saupoudrés d’un humanisme de pacotille, elle est devenue entre leurs mains une arme au service d’une idéologie d’essence totalitaire.

Il était une fois une LICRA, née dans la foulée des pogroms perpétrés en Russie, en Ukraine et en Pologne à peine ressuscitée. Je la croyais, jusqu’à récemment, immunisée contre les idéologies puisque, ne pouvant la noyauter, le parti communiste stalinien, mobilisant ses compagnons de route et ses idiots utiles, finit par créer de toutes pièces, dans la foulée de l’émotion suscitée par la découverte des indicibles crimes nazis, un Mouvement contre le Racisme, l’Antisémitisme et pour la Paix (MRAP).

Ce prétendu Mouvement contre le Racisme dont le A ne se prononce plus «antisémitisme» mais désormais «amitié» et le P ne se lit plus «paix» mais désormais «peuples», est avec le régime Nord Coréen de Kim Jong-il et le régime cubain de Fidel Castro, l’une des dernières métastases de l’empire stalinien. N’en attendant rien d’honnête, le MRAP a au moins le mérite de ne m’avoir jamais déçu. Orphelin du totalitarisme stalinien, son actuel leader s’est vite consolé de la disparition de son géniteur en se mettant au service d’une autre idéologie totalitaire, l’islamisme. Que voulez-vous, on ne se refait pas. Au nom du droit à la différence, Mouloud Aounit a le droit d’être comme il est. Et puis un poste de leader d’un business antiraciste, de surcroît subventionné par le contribuable, offre quelques avantages dont le moindre n’est pas de favoriser son élection au Conseil Général, voire au Parlement, fonctions qui, en une seule législature, assure une retraite d’un montant qu’un simple prolétaire ne touchera pas au terme d’une vie entière de travail. La Nuit du quatre août n’est pas encore passée par là.

La LICRA succombe à son tour à la contamination Mrapiste en se faisant l’avocat de toute cause identitaire pour peu qu’elle ne soit pas française ou européenne. J’aurais déjà dû m’en douter lorsqu’elle s’est acoquinée avec le MRAP dans sa grotesque plainte contre Jean Raspail, l’un des plus grands écrivains français vivants, «coupable» de fidélité à son identité française et, plus récemment, dans son soutien à une militante «oummaïste» islamiste pro voile contre l’infortunée Fanny Truchelut, naïve citoyenne attachée à la laïcité, c'est-à-dire à la loi de la République et à ses valeurs. Il ne reste plus à la LICRA, qu’à fusionner ou, pour le moins, à se fédérer avec ses deux compères de la partie civile : LDH et MRAP, ardents pourfendeurs de l’antisémitisme pour peu qu’il émane d’un européen, si possible d’extrême droite. Le MRAP, aux basques duquel la Licra s’accroche, est au dessus de tout soupçon. Son président n’a-t-il pas naguère gagné son procès en diffamation contre son «confrère» de SOS-Racisme coupable d’avoir dénoncé les cris de «Mort aux Juifs» hurlés derrière la banderole du MRAP ? Pour une fois, je crois que Mouloud Aounit dit vrai en affirmant que ces vociférateurs antisémites venus des «banlieues défavorisées» n’étaient pas membres du MRAP. Dont acte. Mais on peut alors se demander qui était diffamé : le MRAP ou les «Jeunes» des «banlieues défavorisées», portant ainsi atteinte à leur posture de discriminés institutionnels ? Quoi qu’il en soit on peut seulement se demander pourquoi le service d’ordre musclé du MRAP n’a pas aussitôt chassé ces trublions et pourquoi le MRAP, si vigilent contre le racisme des «Souchiens», n’a pas aussitôt déposé plainte contre ces racistes d’importation. Mais comme je l’ai dit plus haut, je ne me suis jamais fait d’illusions sur ce mouvement. Je constate seulement que la LICRA n’est pas très regardante sur ses alliances au point d’en arriver à d’étranges compromissions.

Je profite de cette évocation pour relever un curieux dénominateur commun à toutes ces organisations précitées qui se disputent ou se partagent le juteux marché bien verrouillé du business antiraciste. Combien de plaintes ont-elles déposées contre les auteurs de propos, actes, écrits, blogs, sites, voire actes de violence et de vandalisme de caractère raciste visant les «souchiens» hommes, femmes ou adolescents ? Ne répondez pas tous à la fois ! A croire qu’il suffit d’être originaire d’outre Méditerranée pour échapper à toute sanction visant les actes ou propos injurieux et diffamatoires portant atteinte à l’honneur et à la dignité des hommes et des femmes pour l’unique raison qu’ils sont les «Autres», les «Différents». N’est-ce pas ça le racisme ?

Mais que peut-on attendre de mieux des idéologues formés à l’école du totalitarisme dont l’antiracisme ne serait que le cadet de leurs préoccupations si cela ne leur permettait pas de s’ériger en commissaires politiques ? Et puis voilà que l’un de mes amis, adhérent à la LICRA, m’envoie un papier de la section de Neuilly informant le public d’un cycle de conférences autour du thème : «Laïcité, Démocratie, république Française, Valeurs et Religions». Constatons dores et déjà que tous ces substantifs ont une initiale majuscule, sauf «république». Mais bon, je ne vais pas jouer au psychologue de bistrot pour une coquille. Je n’en conclurai donc pas qu’à la Licra on manifeste plus de déférence à la Religion qu’à la «république».

Bien que maîtrisant normalement la langue française, je cherche un décodeur pour m’aider à traduire en français commun ce texte sibyllin rédigé en Lingua Tertii Imperii. Tout ce qui y semble clair, c’est que la première conférence de la section de Neuilly-la Défense de la LICRA, aura lieu le 25 novembre 2008 à 20h15 à la Maison des Associations, salle A, 2 bis, rue du Château, Neuilly-sur-Seine (Entrée gratuite, se renseigner à licraneuillyladefense@noos.fr).

Je vous en livre la note d’introduction telle que je l’ai sous les yeux.

«Le multiculturalisme est désormais présent en France par les migrations intra-européennes, par les migrations extra-européennes au premier titre desquelles les migrations de la Méditerranée. Face à ce multiculturalisme, il est hautement souhaitable d’éviter deux voies :

- Celles (sic) du communautarisme
- Celles (re-sic) du laïcisme qui exclue (re-re-sic) toute religion et qui ne considère toute personne que comme citoyen et non dans son intégrité d’homme avec ses autres caractéristiques.

L’une ou l’autre de ces voies conduit soit à la non-reconnaissance de l’Etat ou de la Nation par certains, ou beaucoup, soit au fait que certains, ou beaucoup, ne se sentent reconnus ni par l’Etat, ni par la Nation».


J’aimerais bien que l’auteur de ce texte nous précise qui sont ces mystérieux «certains ou beaucoup» en faveur desquels la République doit retailler la loi de 1905 pour qu’ils nous fassent la faveur de reconnaître notre Etat et notre Nation. S’agirait-il des Vietnamiens ? Des Cambodgiens ? Des Bouddhistes, Des Guaranis ? Des Mexicains ? Des Costaricains ? Ce mutisme de la Licra nous oblige à conclure que ces «certains ou beaucoup» sont innommables ou ineffables. J’allais écrire que là n’est pas la question, or je crois que là est toute la question.

Ce qui m’interpelle c’est la remise en question implicite de notre système laïque instauré à l’aube du 20ème siècle à une époque où les catholiques et les autres religions, auxquels il convient d’ajouter les libres penseurs, se répartissaient les rôles des «beaucoup» et des «certains». Or tous ces «certains» comme ces «beaucoup», dans leur diversité de croyances et de sensibilités, se sont parfaitement adaptés à la laïcité, telle que définie par la Loi de 1905, dans le respect mutuel, en constatant de surcroît que cette séparation entre le Temporel et le Spirituel s’est finalement révélée bénéfique pour tous. «Gagnant, gagnant» en somme. L’égalité devant la loi, qui est le dogme d’un Etat de droit, jouait en faveur des «certains» comme des «beaucoup».

Or, depuis la seconde moitié du 20ème siècle, une «certaine» culture religieuse venue d’ailleurs, devenue «beaucoup», parce qu’entre autres, de nombreux «certains» qui, en toute illégalité ont quelque peu forcé notre porte avec la complicité des organisations prétendument antiracistes, se sentent mal à l’aise dans le cadre de cette loi à laquelle les autres religions se soumettent sans broncher, ce qui nous amène à conclure que la religion de ces «certains ou beaucoup» n’a rien d’une religion comme les autres et qu’à ce titre, elle exige avec une arrogance qui croît avec leur nombre, avec la pression politique de leur pays d’origine sans oublier celle des hystériques de l’antiracisme, un régime légal dérogatoire, c'est-à-dire un privilège. Ou, selon l’euphémisme de Nicolas Sarkozy, une discrimination positive. La Licra serait-elle chargée par Sarkozy de préparer l’opinion publique à la modification de la loi de 1905 ? Qu’en sera-t-il alors lorsque ce «beaucoup» deviendra la culture majoritaire ?

Pour y répondre, il n’est que de voir les pays d’où ces «certains devenant beaucoup» nous arrivent. Y existe-t-il une LICRA, un MRAP, une LDH ou autre SOS Racisme pour faire pression sur le gouvernement qui les subventionne, pour que les minorités culturelles, religieuses ou sexuelles puissent se sentir reconnues par l’Etat ou la Nation sur un pied de stricte égalité avec la culture dominante et que, par voie de conséquence, ils reconnaissent l’Etat et la Nation au sein desquels ils vivent.

Mais devons-nous pour autant discriminer ces «certains ou beaucoup» alors que nombre d’entre eux viennent chez nous justement pour échapper au totalitarisme politique, culturel et religieux qui sévit chez eux ? Il n’en est nullement question, encore que certains de ces hommes et de ces femmes qui renoncent à leur individualité au profit de leurs communautés, entendent, avec le soutien tapageur d’associations «antiracistes», reproduire dans le pays d’accueil le modèle de culture de leur pays d’origine, culture qui, n’en déplaise à ceux qui propagent le bobard selon lequel toutes les cultures sont équivalentes, est pourtant en grande partie la cause du sous développement de leurs pays. A titre de comparaison, qui imaginerait que les Allemands ou les Italiens qui fuyaient le national-socialisme ou le fascisme, prétendaient reproduire chez nous, et de surcroît nous les imposer, les caractéristiques idéologiques et culturelles du pays qu’ils fuyaient ?

Le ton de l’annonce en question me laisse craindre que je serais poursuivi en tant que «raciste» par la LICRA si je lui rappelle que la laïcité qui repose sur la loi de 1905 constitue la singularité de notre République. En vertu de cette singularité, la République, qui garantit à chaque homme et à chaque femme la liberté de croire ou de ne pas croire en une puissance divine, de pratiquer ou de ne pas pratiquer la religion dans laquelle il est né ou qu’il s’est choisie, ne reconnaît et ne juge que des individus, jamais des communautés culturelles, religieuses ou sexuelles. De surcroît il est désobligeant pour les institutions fondamentales de la République d’appeler «laïcisme» ce qui est tout bonnement la laïcité telle qu’elle découle de la Loi.

Dès lors, les débats annoncés sont biaisés d’avance puisqu’ils reposent sur la prémisse tendancieuse selon laquelle notre système exclurait toute religion, ignorerait l’homme dans son intégrité et que seule l’abrogation de la Loi de 1905 ou son «assouplissement» sera le prix à payer à ces «certains ou beaucoup» pour qu’ils daignent reconnaître enfin notre Etat et notre Nation. A condition, bien entendu, de ne plus chanter la Marseillaise.

Mais le véritable problème est ailleurs. La Licra, comme ses homologues ès antiracisme et droits de l’hommisme, laisse entendre que nous sommes responsables et coupables de la non intégration des «certains et des beaucoup» parce que nous les rejetons.

C’est là une monstrueuse imposture qui vise à nous inhiber par un complexe de culpabilité. Ce ne son pas nous, les «Hexagonaux» ou «Souchiens» qui rejetons certains «Certains ou Beaucoup». Ceux parmi les «Certains» qui avaient l’intention de s’intégrer à la Nation y sont parvenus. La vérité est que ce sont les «certains» que le tract de la Licra n’a pas le courage de désigner, qui nous rejettent catégoriquement.

Influencés, sous couvert de religion, par une idéologie conquérante, intolérante, machiste et exclusive, fondamentalement hostile à toutes les valeurs éthiques et culturelles de l’Occident, et disposant en outre de forts soutiens financiers et d’un réseau vaste et dense «d’éducateurs» et «formateurs» venus d’ailleurs, ils usent de tous les moyens, jusqu’à la coercition pour «préserver» leur communauté de toute «contamination» par l’Occident. Selon eux, l’intégration à la Nation exige que ce soient nous, les «Occidentaux», qui devons nous plier à leur culture, à leurs valeurs, à leurs interdits. Ou alors, on ne comprendrait pas pourquoi les autres «certains», comme par exemple l’immigration asiatique majoritairement bouddhiste ou parfois chrétienne, ne nous pose aucun problème et ne nous place devant aucun dilemme.

C’est là que le «cycle de conférences» de Neuilly, comme d’ailleurs du reste, n’est qu’une aimable parlotte de bobos, certes bourrés de bons sentiments, mais «à côté de la plaque».

Dans le principe libéral du «moins d’Etat possible», la religion, la tendance sexuelle, l’appartenance ou le refus d’appartenance à une communauté religieuse ou culturelle, le choix d’une compagne ou d’un compagnon, d’un «hobby» ou encore les préférences culinaires ou les goûts artistiques ou littéraires, ne relèvent simplement pas, et fort heureusement, de la compétence de l’Etat ni de la Loi.

Nous ne sommes pas, par exemple, en Algérie où le fait d’abjurer la religion d’Etat, ou, pour les minorités religieuses, de pratiquer un rite au dehors des lieux strictement assignés par l’Etat, est criminalisé. Nous ne sommes pas non plus l’Arabie saoudite où toute pratique d’une religion autre que celle de l’Etat, ainsi que le port de tout signe laissant supposer l’adhésion à une croyance autre que l’islam sont interdits et sévèrement réprimés.

Alors, Mesdames et Messieurs de la LICRA, avant de prétendre laisser une place officielle au «multiculturalisme», c'est-à-dire tout bonnement aux communautés venues d’ailleurs et parfois hostiles, songez plutôt aux hommes et aux femmes qui ont choisi notre pays justement pour se libérer du carcan religieux, culturel et communautaire qui, dans leur pays d’origine, entrave dans leur intégrité, l’homme «avec ses autres caractéristiques». Et surtout la femme (curieusement oubliée dans l’article de foi de la Licra).

Votre «multiculturalisme» de gogos ne sera pour eux qu’une nouvelle prison implantée sur le territoire de la République française. Un ghetto culturel et idéologique.

Non, Mesdames et Messieurs de la LICRA, dans le contexte mondial actuel, devant le «choc des cultures» (pas du tout équivalentes, ne vous déplaise) auquel le monde est exposé, c’est le communautarisme (que vous croyez rejeter en le baptisant «multiculturalisme») qui opprime l’homme et plus singulièrement la femme, et c’est la laïcité, fut-elle «laïciste», qui les libère. Mêlez-vous donc de la chasse aux racistes, des vrais et quels qu’ils soient, puisque c’est la raison d’être de votre association, et le contribuable vous subventionne uniquement à cette fin, en vous gardant de classer dans la rubrique «racisme» la simple critique ou même l’hostilité envers un système religieux ou idéologique. Ou alors il faudra ouvrir des vastes et nombreux goulags pour y interner tous ceux qui brocardent ou critiquent, impunément jusqu’à présent, la religion catholique. La remise en cause de la laïcité ne relève pas de votre compétence, mais «au mieux» de votre niaiserie, ou plus vraisemblablement, de votre totale irresponsabilité.

Je sais que d’autres pays accordent un statut officiel aux communautés. Les immigrés qui viennent chez nous le savent aussi. Ce fait apporte une solution au dilemme qui tourmente la Licra, de «la non reconnaissance de l’Etat ou de la nation par certains, ou beaucoup ; soit au fait que certains, ou beaucoup, ne se sentent reconnus ni par l’Etat ni par la Nation» comme vous l’écrivez de façon tellement nébuleuse.

Partant du principe que ce n’est pas à la Nation ou à l’Etat d’adapter sa législation à la culture des nouveaux venus, mais que c’est à ces derniers qu’il appartient de s’adapter aux valeurs, à la culture, aux normes, aux codes et aux lois du pays d’accueil, cela relève du plus élémentaire savoir vivre et tout simplement de la politesse. Au nom aussi de la liberté absolue de conscience à laquelle nous sommes attachés, tant pour nous-mêmes que pour les autres, il est toujours loisible à ceux qui ne sont pas satisfaits de notre système légal, de nos mœurs et de nos coutumes, d’aller se fixer dans les pays dont la législation, favorable au multiculturalisme, c'est-à-dire au communautarisme, répond mieux à leurs aspirations, étant entendu que toutes les autres personnes, tous les autres «certains» qui viennent légalement pour s’adapter et non pour imposer, pour vivre selon nos lois et valeurs et non pour nous soumettre aux leurs, sont les bienvenus et ont pour vocation de devenir citoyens et citoyennes de notre pays. C’est ma seule façon de comprendre et d’admettre la «discrimination positive».


© André Dufour pour LibertyVox

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© André Dufour pour LibertyVox - Article paru le 03/11/2008 Imprimer cet article
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