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Requiem pour l’Europe

André Dufour rejette cette Europe mort-née que les Eurocrates soumis construisent sans l’aval des peuples.

Appelons ça l’Europe puisqu’il est question de donner un nom, même à un fœtus. Mais un nom n’est pas à lui seul une identité, il n’en est qu’un élément, un raccourci qui doit recouvrir quelque chose de réel, de ressenti, de partagé, d’affectif. L’Europe devait superposer aux identités nationales une identité européenne résultant de la quintessence des identités qui la composent, à partir d’une civilisation commune, de codes communs. Or, l’Europe est morte faute d’admettre que derrière la diversité de ses peuples et de ses langues, elle a une identité forgée par un passé commun, des valeurs communes reposant sur trois piliers : Athènes, mère des Arts et de la méthode philosophique, Rome et son organisation fécondées par Jérusalem, c'est-à-dire le judéo-christianisme. Nous, Européens, nous avons une Histoire commune faite de grandeurs mais aussi de confrontations, d’horreurs, de guerres fratricides, de guerres de religions, de révoltes, de révolutions, de génocides culminant avec la Shoa. Instruits par notre Histoire, nous entendons créer une patrie commune européenne en tournant la page sur tout ce qui nous a divisé, pour construire une Europe à partir de tout ce qui nous rassemble.

Mais l’Europe, celle que nous appelons de nos vœux, celle de ses peuples et de leurs cultures et non celle des eurocrates bureaucrates sans âme, des épiciers et autres marchands de soupe ne connaissant que leur profit, fut tout de même durant près de deux millénaires le phare de la culture, de la science, des arts, de la littérature, de la musique, des progrès sociaux, scientifiques et technologiques, ce qui ne l’empêche pas d’inclure dans sa mémoire les crimes qui, ni plus ni moins que les autres groupes humains, ont assombri et ensanglanté son Histoire. C’est sans doute cette aptitude à reconnaître nos erreurs, nos fautes et nos crimes pour en tirer la leçon et nous amender qui rendait la culture européenne supérieure à celle des autres cultures qui, en ce moment même, contestent, rejettent et entendent anéantir la nôtre, tout en venant jusque dans nos bras en tirer tous les avantages matériels et sociaux.

J’écris cela au passé car l’Europe, et singulièrement la France, s’est laissée imposer sans résistance, comme le dénonce Bat Ye’Or dans son incontournable ouvrage «Eurabia», une réécriture de notre Histoire et s’est laissée dicter notre futur par l’alliance, somme tout naturelle, entre le gauchisme altermondialiste, imbécile, hérité du stalinisme, du trotskisme et du maoïsme et le totalitarisme islamique violent, liberticide et criminel. Ces ennemis de nos valeurs faites de respect de la vie humaine et de la liberté absolue de conscience et d’expression ont réussi à stigmatiser toute forme d’attachement à notre identité nationale, tout en valorisant les identités nationalistes extra européennes.

Il n’est que de voir tous ces imposteurs impudents qui hurlent au fascisme lorsqu’il est question de sauvegarder notre identité culturelle et nationale, devenir subitement des militants véhéments de l’identité nationale pourvu qu’elle soit palestinienne ou, c’est à la mode, tibétaine. Quand ils entendent «christianisme» ou «judaïsme», ils dégainent au nom de la laïcité, mais là où ils sont en position de force, encouragent et subventionnent sans vergogne la prolifération des mosquées, prennent fait et cause, au nom de la liberté et parfois de la «laïcité» bien comprise, pour le port du voile dans l’espace public, critiquent librement jusque de façon caricaturale et injurieuse le judeo-christianisme mais, sous la menace de mort, nous interdisent la moindre critique de l’islam. Nous en faisons chaque jour l’expérience. La liberté d’expression et de critique qui, naguère, allait de soi, compte déjà ses martyrs victimes de la bestialité islamique surgie du fond des âges. Or c’est au nom de la tolérance, du droit d’asile, des droits de l’homme que la France, comme les autres pays européens, a accueilli, entretenu, logé, soigné les ennemis des droits de l’homme. Résultat, ce sont ces tarés qui tiennent le haut du pavé alors que Salman Rushdie, écrivain, Ayaan Hirsi, parlementaire élue du peuple néerlandais, Robert Redecker, philosophe et professeur, ou Geert Wilders, parlementaire élu du peuple néerlandais, menacés de mort sont obligés de se cacher, de vivre sous protection policière et se voient dans l’incapacité d’exercer leurs fonctions et de s’exprimer : le film Fitna de Geert Wilders se voit empêché de diffusion et ne circule que sous le manteau grâce à des sites résistants. Alors on peut se demander qui fait la loi en Europe. Assurément pas les Européens. Tout ce qui reste de souveraineté européenne, que l’islam tolère encore, ne s’exerce que sur les quotas de pêche, les subventions agricoles, les fusions de sociétés et la réglementation de l’odeur du camembert. L’Organisation de la Conférence Islamique a plus d’autorité en Europe que les élus européens.

Or, ces «élus» n’ont pas fait beaucoup de bruit face aux pressions des organisations mahométanes pour empêcher la diffusion de Fitna. Tout ce que nos responsables ont objecté, c’est que ce film n’est pas de bonne qualité. Peut-être mais est-ce une raison de l’interdire sournoisement ? Il y a tant d’oeuvres dont la médiocrité n’interdit pas la diffusion. Mais ce Wilders porte une tare réellement rédhibitoire aux yeux de nos commissaires politiques de Libé ou du Monde : il n’est pas de gauche. Et quand on n’est pas de gauche, on est, comme nous sommes tenus de le savoir, facho ou complice des fachos ; a fortiori quand on sait que Geert Wilders est coupable d’aimer Israël où, à la fin de ses études, il a même séjourné dans un village agricole. Impardonnable. Et dire que c’est ça qui fait l’Europe…

Alors pour le commun des mortels, pour ceux qui ne bénéficient d’aucune combine enrichissante pour soutirer quelques subventions communautaires, pour ceux qui n’ont pas de job dans la bureaucratie de l’U.E, pour ceux qui sont attachés à leur identité nationale et culturelle, pour ceux qui croient que l’Europe est aussi judéo-chrétienne que le Maghreb ou l’Arabie sont musulmans, pour ceux qui veulent sauvegarder et faire respecter le caractère européen de l’Europe, c’est quoi l’Europe au juste ? Un marché ? Des hommes furent prêts, ou sont encore prêts, à risquer leur vie pour une patrie, pour une foi, pour un idéal ; mais a-t-on jamais vu un homme prêt à sacrifier sa vie pour un marché ?

© André Dufour pour LibertyVox

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© André Dufour pour LibertyVox - Article paru le 14/04/2008 Imprimer cet article
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