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Le coryphée de la sous-préfecture

Après André Dufour, c’est au tour de Martin Birnbaum de s’intéresser au cas Guigue.

Le texte d’André Dufour relatif au sous-préfet Guigue mérite, il me semble, une suite. En effet, André Dufour s’est donné la peine de supporter la lecture du dernier pamphlet de ce triste sire. Son dégoût transpire à chaque paragraphe quand il relate l’essentiel du texte publié par le torchon électronique stipendié par ceux qui promeuvent l’islamisme dans notre pays.

Eh bien, s’agissant de quelqu’un qui signe chacun de ses ignobles «papiers» : «Diplômé de l’Ecole Normale Supérieure et de l’ENA» et qui en vertu de tels diplômes nous regarde comme des fourmis analphabètes, il devrait avoir droit à plus d’une réaction dans LibertyVox.

Qui est Bruno Guigue ? Comme tant d’autres anciens de Normal’Sup il s’est nourri au lait marxiste d’un des papes de l’école, Louis Althusser. Vous vous souvenez ? Celui qui a assassiné sa femme dans son appartement à l’école, celui, pour lequel l’intelligentsia de l’époque a fait bloc pour qu’il ne soit pas condamné pour son acte. «L’acte épouvantable d’Althusser a évidemment plongé le monde intellectuel français dans la stupeur. Une mobilisation s’est organisée. Les experts ont déclaré Louis Althusser non-responsable et le non-lieu a été prononcé en février 1981, à l’issue d’une procédure d’une brièveté exemplaire. Althusser n’a donc pas comparu devant une cour d’assises» disait plus tard une émission de France Culture (19.07.05). Membre du Parti Communiste depuis 1948, s’évertuant à démontrer que la pensée de Karl Marx est une science, Althusser a inoculé dans le cerveau de centaines d’élèves les germes du marxisme sans s’occuper de ce que cette doctrine a eu comme résultats dans les pays où elle s’est installée surtout à la force des baïonnettes. Dans le cerveau de Bruno Guigue aussi.

C’est ainsi qu’en 1997 Bruno Guigue publie un livre sous le titre rhétorique «Faut-il brûler Lénine ?». Naturellement il regrette, comme le fera M. Poutine plus tard, la disparition du régime des soviets. Il ne peut ne pas s’empêcher de s’élever contre l’idée que la disparition du régime soviétique rejaillit sur son origine et vaut condamnation de l’idée communiste. Et il s’efforce de démontrer que de sa victoire impromptue (?!) sur le communisme, l’Occident tire une arrogance qui efface, à ses propres yeux, jusqu’au souvenir de ses propres imperfections. Le paysage est en place, les propos de l’acteur ne sont pas innocents, fonctionnaire payé par l’état pendant ses études et après, il ne peut faire autrement que cracher dans la soupe. Mais s’occuper de la disparition de l’URSS n’est pas à la hauteur de ses ambitions géopolitiques … et les causes anciennes comme le Vietnam se sont perdues dans les poubelles de l’histoire.

Mais … «Nous sommes de ce côté du monde où les morts s’entassent dans un inextricable charnier. C’est en Europe que ça se passe. C’est là qu’on brûle de Juifs, des millions. C’est là qu’on les pleure » (Margueritte Duras). Quoi de plus normal dès lors que d’apporter sa contribution à ce qui préoccupe la planète, le conflit israélo-arabe. Car d’un côté il y a les juifs et de l’autre les damnés de la terre selon Frantz Fanon. Et le voilà qu’il commet un premier opuscule «Aux Origines du Conflit Israélo-arabe» avec le sous-titre évocateur «L’invisible remords de l’Occident». En survolant le sujet il n’hésite pas à travestir la réalité en affirmant que chaque avancée diplomatique s’est vue régulièrement annulée par un regain d'intransigeance de la part des dirigeants israéliens. Le refus patent, maintes fois répété par les pays arabes individuellement et collectivement, d’accepter l’existence d’un état juif en Palestine n’a pas l’air de le faire douter de sa conclusion péremptoire. Et il n’hésite pas à affirmer qu’avec l’Occident, l’Etat Hébreu entretient une relation singulière, tout se passant comme si Israël bénéficiait, en permanence, de la clause de la nation la plus favorisée. Sachant ce que l’on sait depuis la renaissance de l’Etat d’Israël, sachant qu’à chaque moment important de la vie de cet état, l’Europe (et les pays qui composent le continent) n’ont eu de hâte que de s’opposer à lui, le propos de Bruno Guigue dispute l’ignoble à l’ignorance. Tout en affirmant que «dans la conscience occidentale, Israël reste Israël mais il doit désormais son existence à l’influence du lobby juif américain plus qu’à son pouvoir d’enchantement». Il n’y a pourtant pas d’autre exemple de renaissance d’un état, ex nihilo, qui aurait régénéré une terre, un peuple et une civilisation. Mais pour Bruno Guigue l’essentiel -antienne antisémite éculée- Israël existe parce que lobby juif américain ! D’une pierre deux coups, lobby juif et américain, que demander de plus pour délégitimer l’Etat d’Israël ?

Et puisque l’on parle de l’Amérique, Bruno Guigue ne peut ne pas faire montre de son admiration pour ce qui s’est passé en septembre 2001 : «Dotée de moyens dérisoires, une poignée d’hommes, si déterminés qu’ils consentirent au sacrifice suprême, a infligé à l’Amérique une humiliation sans précédent (11.09.01) » (Israël-Palestine, La géopolitique du divin, nov. 2006). Pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïté, il faut ajouter «Quelque soit l’identité de ses commanditaires, il est clair que l’attaque terroriste est une conséquence directe de la crise qui sévit au Moyen-Orient et qu’elle est une réplique meurtrière à la politique des Etats-Unis dans la région : la complaisance américaine à l’égard de l’occupation israélienne …».

Bruno Guigue ne pouvait pas confiner son talent à l’écriture d’un seul bouquin sur le conflit qui fait les premières pages de toutes les gazettes de la planète. C’est vrai et c’est curieux, un pays qui représente un pour mille de la population mondiale, un parmi les presque 200 pays inscrits à l’ONU préoccupe un monde qui n’a pas d’autres sujets plus importants que de condamner les méfaits auxquels cet état soumet les pauvres palestiniens, branche constituante des 1,5 milliards de musulmans. Peut-être ceci explique cela, Bruno Guigue ne pouvait pas passer à côté d’une telle manne. Pour pourvoir enfin s’affirmer comme défenseur de la cause de ceux qui s’opposent aux juifs en général et à Israël en particulier il n’hésite pas à mentir pour étayer ses convictions.

Ainsi il affirme «La charte du Hamas, par exemple, offre une garantie islamique indéfectible au droit des Chrétiens et des Juifs à vivre en Palestine. Ce qu’elle récuse, c’est la prétention d’un «Etat juif» à y exercer une souveraineté absolue». Bruno Guigue ment : l’article 6 de la Charte reprend d’après le Coran, "Le jour du Jugement ne viendra pas tant que les Musulmans combattent les Juifs (tuent les Juifs) et tant que le Juif se cache derrière des pierres et des arbres. Les pierres et les arbres diront : "Oh ! Musulmans, Oh ! Abdullah, il y a un Juif derrière moi. Viens et tue-le". Tandis que son article 13 martèle «Il n'y a pas de solution à la question palestinienne si ce n'est à travers le Jihad. Les initiatives, les propositions et les conférences internationales sont toutes une perte de temps et de vaines tentatives». Le Hamas n’a pas accepté (et déclare tous les jours de la semaine qu’il n’acceptera jamais) l’existence d’un Etat Juif. Et pour Bruno Guigue que serait un «état» sans «souveraineté absolue» ? Vouloir détruire l’Etat Juif, c’est ce que le Hamas démontre depuis 2006 quand il a pris le contrôle de Gaza pour en faire une nouvelle entité «talibane» avec l’aide des amis de Bruno Guigue, l’Iran entre autres. Il ne fait pas économie de venin quand il éructe contre des anciens condisciples «le philosophe à gages BHL (ce qui ne saurait nous surprendre) comme l’expert patenté AA (qui nous avait habitués à beaucoup mieux) s’adonnent avec gourmandise à la construction de cette nouvelle fable géopolitique selon laquelle le responsable politique de cette nouvelle guerre israélo-arabe est l’Iran» (Il s’agit, sans doute, de Bernard-Henri Lévy et Alexandre Adler taxés dans d’autres textes d’être des «intellectuels organiques». Pas besoin de sortir de Normale pour comprendre qu’il veut dire … juifs !)

Pendant la guerre au Liban en 2006, entièrement provoquée par le Hezbollah instrumentalisé par l’Iran (dont le programme nucléaire militaire était déjà à l’ordre du jour du sommet du G8 qui se réunissait à Saint-Petersbourg), il a le culot d’écrire «Le philosophe dandy joue les réalistes, il adopte la posture du sage conscient de la cruauté du monde, justifiant au passage la barbarie infanticide israélienne». Vous avez bien lu, «la barbarie infanticide israélienne». Que deux ans après (voir le texte d’André Dufour) il récidive en qualifiant «Israël, seul Etat au monde dont les snipers abattent des fillettes à la sortie des écoles» ne devrait pas surprendre. Et il s’en prend aux «admirateurs occidentaux qui doivent certainement s’extasier sur les prouesses d’une armée capable de tuer aussi aisément des enfants avec des missiles. Ils doivent aussi se confondre d’admiration devant les geôles israéliennes, où grâce à la loi religieuse, on s’interrompt de torturer durant le shabbat. Mais que la bande de Gaza soit transformée par Israël en Oradour-sur-Méditerranée ne heurte pas le sens moral des commentateurs occidentaux». Peut-on imaginer propos plus ignobles que ceux-ci ? Que sait-il ce sinistre clown de ce qui s’est passé à Oradour-sur-Glane ? S’il n’a pas vécu dans sa chair ou celle de sa famille ce haut fait, resté dans les annales de ce qui a été le pire exploit de la Division Das Reich se retirant du Sud-Ouest de la France, peut-être aurait-il pu regarder un livre d’histoire. Mais le sous-entendu est clair : Israël et les nazis c’est du kif au pareil.

Pendant la même guerre, Bruno Guigue ment effrontément en voulant transformer les soldats du Hezbollah en «militants ou activistes» : «Le Hezbollah, lui, est un parti politique minoritaire libanais qui dispose d’une milice dépourvue d’encadrement militaire et d’armement lourd». Les 4.000 fusées tirées par ces «militants» contre des objectifs civils israéliens n’ont pas eu l’air de convaincre Bruno Guigue qu’il s’agissait de tout autre chose que d’une échauffourée de gamins turbulents … Mais sincère, il regrette que «ces pétards mouillés n’ont heureusement fait qu’une dizaine de victimes civiles en Israël». Quand le chef au turban de ce «parti politique» annonce urbi et orbi que le Hezbollah dispose de plus de 50.000 fusées dont certaines peuvent atteindre n’importe quel point d’Israël, croit-on que cela puisse le faire changer d’opinion ?

Pour taper sur le même clou, il n’hésite pas à écrire concernant le seul état de la région où la peine de mort n’existe pas «S’il avait appliqué la peine de mort aux civils palestiniens avec davantage de discernement depuis soixante ans, il n’aurait pas suscité un tel rejet de la part de ses voisins proches ou éloignés».

Sauf qu’entre temps Bruno Guigue, toujours serviteur de l’Etat, est devenu sous-préfet de Saintes … Nommé en Conseil des Ministres sur proposition du Ministre de l’Intérieur, à qui peut-on faire croire que l’on ignorait les antécédents de ce sinistre personnage qui, maintenant, se présente (et est présenté par tout le lobby arabo-musulman de notre pays) en victime car il aurait «critiqué» Israël …

Pour des raisons qui lui sont propres, exposant d’une civilisation européenne dont le bouc-émissaire est Israël, Bruno Guigue n’a pas trouvé d’autre tribune que celle offerte par Oumma.com, organe stipendié par tous ceux qui se font de la lutte contre les valeurs de l’Occident un fond de commerce. Et la proximité d’un Tarik Ramadan dans le même site ne le gêne pas car, en réalité, les deux poursuivent le même combat contre la civilisation judéo-chrétienne en général et contre Israël en particulier. Les mollahs iraniens qui savent séparer le bon grain de l’ivraie, prennent fait et cause pour Bruno Guigue : limogé pour avoir rompu son devoir de réserve en signant un article anti-israélien et antisémite sur le site Oumma.com, il vient d’être promu héros de l’IRNA, la principale agence de presse du régime des mollahs ! Un long article lui est consacré sur le site de l’IRNA qui publie de larges extraits du texte qui lui est reproché. En guise de conclusion, l’auteur de l’IRNA fait sienne la réaction du site Oumma.com à la sanction qui frappe Bruno Guigue : «l’usage d’une saine critique ne peut s’exercer équitablement en France». Réveillez-vous bonne gens, l’Iran des mollahs tance la France pour la liberté des opinions !

Depuis son limogeage, on n’arrête pas de nous dire que l’essentiel n’est pas constitué par ses positions au regard du conflit israélo-arabe mais par le fait qu’il n’a pas respecté l’obligation de réserve qui s’impose à tout serviteur de l’Etat. Bruno Guigue était déjà serviteur de l’Etat à l’Ecole Normale Supérieure, comme il l’était à l’ENA. Ce que son limogeage met en exergue en réalité, ce sont les lignes de force de l’enseignement qui est prodigué aux serviteurs de l’Etat, enseignement qui par delà le mépris de l’autre et l’intégration d’un fond antisémite permanent, conduit notre pays à être le meilleur partenaire de toutes les dictatures du monde et des arabo-musulmanes en particulier, pourvu qu’elles s’opposent aux juifs et aux américains. Des exemples ? Allons …

© Martin Birnbaum pour LibertyVox

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© Martin Birnbaum pour LibertyVox - Article paru le 13/04/2008 Imprimer cet article
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