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Des vœux pieux…

Qui peut encore raisonnablement croire en la farce d’Annapolis ? Des «voeux pieux» constate Martin Birnbaum.

Par un hasard dont l’histoire a le secret, la conférence d’Annapolis s’est tenue exactement 60 ans après la décision de l’ONU d’approuver le partage de la Palestine sous mandat britannique, en deux états, un Arabe et l’autre Juif.

60 ans après, certains pensent que les esprits sont mûrs et que le sang versé depuis est suffisant pour qu’enfin on mette fin à ce conflit considéré par d’aucuns comme l’alpha et l’oméga de la situation inquiétante du Proche-Orient et, partant, du monde. Serait-ce vrai ?

Tout d’abord Annapolis. Après Madrid en 1991, Oslo en 1993, Wye River en 1998, Camp David en 2000, Taba en 2001, après la «feuille de route», la «vision de deux états» de George Bush, les envoyés Mitchell, Tenet, Zinni, Dayton, après la création du «quartette», l’évacuation de Gaza par Israël sans aucune contrepartie, après … A chaque fois, la «communauté internationale» saluait les efforts des deux parties et clamait haut et fort que «cette fois-ci, c’était la bonne», tout en n’oubliant pas de participer à vilipender Israël, à montrer une compassion sans bornes pour les pauvres palestiniens et leurs représentants et à ouvrir autant que faire se pouvait les robinets des milliards de dollars ou euros en faveur de l’Autorité Palestinienne, sans jamais regarder de trop près dans quelles poches l’argent atterrissait. Cela pour les gouvernements et les institutions internationales tandis que les gauches de partout assimilaient Israël au nazisme et les actes de contre-terrorisme d’Israël à un «génocide» des palestiniens. Mais alors pourquoi Annapolis ?

Nonobstant les efforts de l’Administration américaine en faveur de la création d’un état palestinien, ce n’est pas la «Palestine» qu’elle avait en vue en forçant tous ses «alliés» du monde arabe à venir à Annapolis. Ce que l’Administration souhaite c’est un «front commun» d’opposition aux desseins nucléaires de l’Iran, c’est «isoler» l’Iran. Et pour cela, le prix à payer (le prix qu’Israël devrait payer…), c’est la création d’un état palestinien. On connaît le leitmotiv des pays arabes et du plus important d’entre eux : on aimerait bien aider les Américains (et le monde entier …) aux plans du prix du pétrole, du terrorisme, de l’isolation de l’Iran mais… tant que le conflit avec Israël n’est pas résolu, la «rue arabe» ne le permettrait pas. Et pour montrer qu’ils sont sérieux, les mêmes pays arabes ont tous approuvé «l’initiative saoudienne d’un plan de paix» qui offrait la normalisation de ses relations avec les pays arabes si Israël acceptait ce qu’ils demandaient. Ce «plan de paix», entériné par la Ligue arabe, n’en est pas un (car non négocié), mais un diktat qui prévoit, à l’encontre des résolutions 242 et 338, non seulement le transfert des territoires perdus par les pays arabes pendant des guerres par eux initiés, mais aussi, mais surtout, le retour de tous les «réfugiés» (4,5 millions de palestiniens nés dans plusieurs pays, descendant des 650.000 à 750.000 qui ont fui ou ont été expulsés, c’est selon, pendant la guerre de 1948) ce qui conduirait à voir, non pas deux états pour deux peuples, mais deux états pour le même peuple (vu, entre autres, le différentiel démographique entre palestiniens et israéliens). Il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que cette revendication, en fait, concrétise le refus d’accepter Israël comme état juif, ce qui en soi est une raison suffisante pour ne pas l’accepter. Tel qu’il a été proposé, tel qu’il est soutenu, ce «plan de paix» est destiné à faire la paix avec un état qui ne sera plus Israël … mais avec lequel les relations seront normales.

Annapolis ou pas, les états arabes ne veulent en aucune manière accepter l’existence de l’état juif dans l’ensemble proche-oriental. Des preuves ?

A peine l’encre des textes de la conférence séchée, qu’Adel al-Jubeir, ambassadeur de l’Arabie Saoudite à Washington, déclarait que «les Arabes ne reconnaîtront jamais Israël comme état juif». Saeb Erekat, principal négociateur du côté palestinien, enfonce le clou : «il n’y a pas d’exemple d’état dans le monde qui lie l’identité nationale avec l’appartenance religieuse». Le pauvre, il a oublié la République Islamique d’Iran, la Jamahiriya Islamique Libyenne et, en tout, les 56 pays musulmans, ce qui pourrait ne constituer qu’un oubli. En réalité, ce que Saeb Erekat veut dire, c’est la reproduction du discours récurrent de tous les pays arabes, «pas de reconnaissance d’un état juif». M. Abbas, l’homme auquel l’Occident (Etats-Unis compris) fait maintenant confiance, ajoute lui aussi, «Historiquement, il y a deux états : Israélien et Palestinien. Israël est composé de juifs et d'autres, et ceci nous sommes prêts à le reconnaître, mais rien d’autre». Un sous-entendu est évident, dans l’Etat Palestinien il n’y en aura pas «d’autres».

Puisque l’on parle d’histoire, essayons de voir ce que l’ONU a décidé, il y a 60 ans. La résolution 181 décidant «la création des états, ARABE et JUIF». Non pas Palestinien et/ou Israélien. A l’époque la fiction du «peuple palestinien» n’avait pas encore été prise en charge par toutes les gauches ou tous les adversaires d’Israël de par le monde et les palestiniens n’étaient pas encore identifiés comme tels. La résolution répète les mêmes vocables, ARABE et JUIF, une bonne douzaine de fois. 60 ans après, les pays arabes et, surtout les palestiniens qui n’ont toujours pas d’état (car les pays arabes ne l’ont pas voulu depuis 1948), ne veulent pas reconnaître l’Etat Juif. La traduction à Annapolis a été évidente : ni les représentants de l’Arabie Saoudite, ni aucun des autres pays arabes (exception faite pour la Jordanie) n’ont voulu parler à la ministre des affaires étrangères d’Israël. Traitée, selon le Ministre des Affaires Etrangères des Pays-Bas, comme «la sœur cadette de Dracula». Et pour faire bonne mesure, les Etats-Unis de Condoleeza Rice ont accepté que les délégations arabes et israélienne entrent dans la salle de réunion par des portes différentes. Mais ne pas reconnaître Israël en tant qu’Etat Juif n’est pas innocent, n’en déplaise à ceux qui considèrent la demande comme signe de racisme. Le raccourci est évident, on veut créer un état pour les Arabes (palestiniens) tout en espérant qu’avec le temps Israël deviendrait aussi un état arabe. Bref, non pas deux états pour deux peuples mais, pour commencer, un état et demi pour un peuple et un demi-état pour l’autre en attendant mieux. En attendant mieux car l’état palestinien n’a jamais existé et les mensonges, même répétés à satiété, ne constitueront pas des vérités (ce qui tend à contredire Goebbels …).

Mais, les palestiniens veulent-ils vraiment un état ? Depuis soixante longues années, ils auraient dû (pu) comprendre que leur demande concernant le «retour des réfugiés» en Israël ne sera jamais acceptée par aucun israélien, fût-il la plus gentille colombe. Aujourd’hui, après 60 ans, un état palestinien qui ne respecterait pas les contraintes liées à la sécurité d’Israël a encore moins de chances de voir le jour et ce nonobstant les intérêts des Etats-Unis (ou de l’Europe ou des pays arabes). Il s’agit là d’un élément majeur des changements intervenus depuis l’ère Clinton, depuis le 11 septembre 2001, depuis la guerre en Irak et depuis l’avènement annoncé de l’Iran nucléaire. Un état palestinien qui reproduirait Gaza ? Allons, donc.

Bien sûr, on peut se poser la question de savoir pourquoi les dirigeants israéliens (de Rabin et Pérès à Netanyahu, Barak et Olmert), à l’exception d’Ariel Sharon, se fourvoient à répétition dans des rêves de trouver une solution à ce qui est insoluble. Des rêves qui deviennent des cauchemars : Intifada, conflits asymétriques, homicides par suicide, sur fond de compréhension mondiale des souffrances du peuple palestinien et de condamnations à tire larigot d’Israël pour tous ses pêchés propres ou qui lui sont prêtés.

Il semblerait que deux explications soient possibles. Une qui tient à ce que l’on pourrait appeler «l’âme juive» : prendre sur soi plus que ce qu’on attribue à l’autre de fautes, tenir compte de l’autre plus que de soi-même. L’autocritique n’a pas été inventée par les communistes, elle préexistait dans tout ce que les juifs se sont transmis de génération en génération. Et l’attitude qui en découle est constante, tant que l’on n’a pas la preuve de l’ignominie de l’autre, on essaye de vivre avec. Un des résultats de cette Weltanschauung a été les six millions de morts en Europe. Une deuxième explication tient à l’existence même d’Israël. Forte de tous ses succès contre toutes les tentatives de destruction (guerres de 1948, 1956, 1967, 1973, première guerre du Liban, deux Intifadas, deuxième guerre du Liban, etc.), Israël ne veut pas intérioriser le dessein acharné, implacable, du monde arabe : sa destruction. Alors, on essaye tout, en espérant qu’un jour la «communauté internationale» comprendra que par delà le sort d’Israël, ce qui se joue au Proche-Orient est le sort du monde occidental et en premier lieu de l’Europe.

Des preuves ? Voilà ce qu’une sommité musulmane, Sheikh Al-Qaradhawi, déclare : «La conquête paisible a des bases dans notre religion, et donc, je compte que l'Islam conquerra l'Europe sans recourir à l'épée ou au combat. Il fera ainsi au moyen de la da'wa et de l’idéologie. L'Europe est malheureuse à cause du matérialisme, de la philosophie, de la promiscuité et à cause des considérations immorales qui régissent le monde. Il est grand temps pour l'Europe de savoir qu'elle n'a pas d'autre bouée de sauvetage que l'Islam. L'Islam sauvera l'Europe du matérialisme qui y fait rage et dont elle souffre. La promiscuité, qui permet à des hommes d'épouser des hommes et des femmes d’épouser des femmes, horrifie. L’Islam est seul capable de lui donner un horizon sans lui refuser ce monde. Il peut lui accorder la foi sans lui refuser la science. Il peut lui accorder la vérité, sans lui refuser la puissance. Il peut la relier aux cieux, sans la détacher de la terre. Il peut lui accorder l'esprit, sans lui refuser la matière. Le message de l'Islam est un message d'équilibre global, et donc, je crois que la prochaine conquête sera conduite par le da'wa. Mais, naturellement, les musulmans doivent commencer à agir afin de conquérir ce monde.»

Comment expliquer la résistance d’Israël à tout ce qui lui a été infligé ? Les homicides par suicide, cette contribution du peuple palestinien au bonheur de l’humanité, ont été pratiquement arrêtés en Israël. Mais, comme des métastases d’un cancer que l’on ne veut pas diagnostiquer, ils se sont développés en Europe, en Iraq, aux Philippines, en Indonésie, bref, partout où les «activistes ou militants» (dire terroristes serait prendre parti contre eux …) de l’islam veulent détruire les sociétés plus ou moins libres. Et si en Irak les homicides par suicide ont tué cinquante fois plus de musulmans que de soldats américains, de quoi se plaint-on, ils iront au paradis. Le monde a-t-il compris quelque chose après les autres contributions du peuple palestinien à son bonheur ? Les détournements d’avions, les prises d’otages ? Non, le monde n’a rien compris car il ne veut rien comprendre tout en espérant qu’il ne s’agit que «de juifs et des Arabes».

Annapolis ? A peine finie, cette conférence sera suivie par une autre, à Paris. Les bons palestiniens demanderont aux pays «donateurs» 5,5 milliards de dollars pour commencer à préparer la création de leur état. Après les dizaines de milliards de dollars et euros qu’ils ont reçus depuis des dizaines d’années, tout en gardant leur «peuple» dans des «camps de réfugiés» (dont la presse occidentale ne montre que les dépôts d’ordures ou les rues non pavées, occultant les villas et les avenues bordées de palmiers ou les voitures de luxe qui y circulent), ils ont toujours besoin de l’aide du monde. La veuve de Yasser Arafat, après les dizaines de millions de dollars reçus comme prix de son silence à la mort de son «époux», après avoir vécu pendant des années à Paris au Bristol (seul l’Hôtel Crillon est plus cher …) dispose maintenant d’une maison à Malte, offerte par le Colonel Kadhafi, prochain visiteur de marque arabe à Paris. Les souffrances du peuple palestinien ? Le Président Mao disait, avec justesse, dans son Livre Rouge, ne donnez pas du poisson à ceux qui ont faim, apprenez-leur à pêcher.
Pourtant, quand l’Etat français est «à sec» l’Europe (et la France) trouve toujours les milliards nécessaires à donner aux pauvres palestiniens.

Pour quoi faire ? Les pays arabes et leurs frères palestiniens ne reconnaîtront jamais l’Etat Juif. L’Iran se prépare à acquérir les moyens pour pouvoir l’éradiquer. La Syrie (que la France recommence à cajoler pour obtenir une attitude moins inamicale au Liban) qui depuis plus de 25 ans se trouve dans l’orbite de l’Iran se prépare, elle aussi, à l’hallali. On a cru que ce qu’Israël avait détruit à Deir ez Zour, était un réacteur nucléaire en construction. Les dernières informations dignes de foi montrent qu’il s’agissait d’un site d’assemblage de têtes nucléaires : du plutonium fourni par la Corée du Nord, à charger dans des missiles dont la trajectoire (vu la distance) serait beaucoup plus précise que celles d’éventuels tirs à partir de l’Iran contre Israël.

Dormez tranquilles, bonnes gens, l’histoire est en marche, Annapolis, Paris, Moscou, vous verrez tout s’arrangera. Sauf si un jour il y a un feu d’artifice. Souvenez-vous de Samson et de Massada.


© Martin Birnbaum pour LibertyVox

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© Martin Birnbaum pour LibertyVox - Article paru le 02/12/2007 Imprimer cet article
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