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Un Etat dans l’Etat

La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale nous rappelle André Dufour… A voir.

Morts lourds, morts légers

Comment s’appelle-t-il donc ce médecin sans frontières, humanitaire en guise de faux nez du trotskisme, pro palestinien et pourfendeur actif d’Israël, cette fois-ci «en tant que Juif», contingent au sein de l’UJFP (Union Juive Française pour la Paix) ? Mais bon sang, «où avais-je donc la tête» ? il s’agit bien de Rony Brauman, mètre étalon de l’humanitaire au service de l’agitprop. Je l’ai récemment entendu quelques minutes au hasard d’un zapping, dans un débat télé sur le thème des ONG à la lumière de la trouble affaire de l’Arche de Zoé. En passant, il insiste sur le fait qu’il ne faut pas trop dramatiser la situation au Darfour, comme les Américains ont tout intérêt à le faire : alors qu’on y comptait encore l’an dernier 20 ou 30 000 morts par mois ou quelque chose d’approchant (en passant sur le fait que ces exterminations sont imputables aux milices arabes soudanaises), ce chiffre est tombé à 1300 «seulement» par mois. Ces derniers devraient apprécier leur privilège de faire partie des morts légers ; ils pèsent en effet si peu sur la capacité d’indignation de notre french docteur. En tout cas Rony Brauman les supporte fort bien.

Alors pourquoi diable dramatiser une situation bien moins grave qu’on l’imagine? En somme, pour nous placer au niveau «humanitariste» et idéologique du Rony Brauman, les morts ne s’évaluent pas à la pièce mais au poids en fonction de trois paramètres correctifs : l’ethnie à laquelle ils appartiennent, leur potentiel d’instrumentalisation politique, et l’identité de leurs meurtriers. Ainsi les combats de Jénine qui firent, voici quelques années, quelques dizaines de morts parmi les combattants, y compris israéliens, avaient déclanché l’hystérie médiatique, allant jusqu’à comparer les juifs aux SS et les arabes de Jénine aux derniers juifs révoltés du ghetto de Varsovie.

Tous les réseaux pro palestiniens, tout ce que nos banlieues comptent de «jeunes», tous nos antisémites déguisés en «antisionistes», tous nos petits nazillons gauchistes ou alter mondialistes, arborant le keffieh qui remplace le caduque drapeau rouge, hurlaient dans nos rues des slogans non seulement anti-israéliens mais tout simplement antisémites, brut de décoffrage (n’est-ce pas derrière les banderoles du Mrap qu’on hurlait «mort aux juifs» ?) tandis que l’éternelle petite cohorte remuante des janissaires bobos «Juifs utiles»* de gauche signaient ès qualité pétitions sur pétitions condamnant Israël.

Et puis soudain, devant des massacres inouïs qui sont commis ces dernières années et en ce moment même à travers le monde, les carriéristes des grandes vertus, comme les colonnes de Baalbek son muettes, leur ligne de l’indignation étant déconnectée. Que se passe-t-il donc ? Tout simplement que ces grandes gueules humanitaires bidon, qui tirent les ficelles des gogos qui les suivent, se fichent éperdument des «victimes», sauf quand elles sont de nature à servir leurs objectifs politiques et idéologiques. Alors que chaque Palestinien tué par les Israéliens déclanche des vagues de dénonciations, de condamnations, de stigmatisation et d’appels au boycott d’Israël, les centaines de morts palestiniens causés par les empoignades entre le Fatah et le Hamas dans la Bande de Gaza laissent les pro palestiniens indifférents. Or, au Darfour, ce ne sont pas les Américains ni les Israéliens mais des musulmans arabes, donc ontologiquement du bon côté, qui exterminent des musulmans noirs, ce qui doit être considéré comme un idéalisme désintéressé puisque jadis, les précurseurs de ces mêmes milices soudanaises les auraient capturés vivants… pour les vendre comme esclaves.

1300 morts par mois deviennent donc «que» 1300 morts, qui ne semblent pas peser bien lourd, dévalués comme de vulgaires francs anciens au regard de la quarantaine ou cinquantaine de terroristes palestiniens de Jénine qui, quelques jours auparavant, avaient exterminé quelques familles juives qui célébraient la fête de Pessah dans un restaurant de Netanya. Cette quarantaine de Palestiniens de Jénine pèsent aussi beaucoup plus lourd que les 250 et quelques morts du quartier palestinien de Nahr-al-Bered (Nord Liban), tout simplement parce que ce ne sont pas les Israéliens mais des Arabes libanais qui sont «dans le coup». On se risque même, du bout des lèvres, à qualifier de «terroristes» le groupe islamiste retranché dans ce «camp palestinien». Et puis il règne, parmi les ONG qui opèrent au Darfour et sans doute ailleurs, une atmosphère de concurrence de boutiquiers et de sectes idéologiques, ce qui, sans nous prononcer sur la présumée culpabilité de l’Arche de Zoé, expliquerait en partie la levée de boucliers des ONG «vertueuses» contre cette organisation.

Quand on vous dit que ce n’est que l’idéalisme pur jus, désintéressé et désincarné qui anime les ONG humanitaires… Ah, j’allais oublier que Rony Brauman est l’un des fondateurs de l’UJFP, groupuscule de quelques «juifs utiles, juifs par intermittence"*, juste le temps de nuire aux Juifs «à plein temps», qui, à l’instar de leurs devanciers qui témoignaient naguère contre les médecins juifs accusés au «procès des blouses blanches» d’avoir tenté d’assassiner l’immortel Staline. Ces bourgeois juifs de Paris étaient alors utiles au totalitarisme criminel soviétique. L’UJFP, privée de totalitarisme soviétique se rabat sur la cause palestinienne. Avec de tels «juifs» serviles, les antisémites d’extrême gauche, d’extrême droite ou d’extrême islam n’ont pas besoin de se salir les mains.

Soufi ou mufti ? **

Pour connaître la réponse à cette question qui porte sur l’avenir de l’Islam et qui oppose le croyant attaché à la spiritualité (le Soufi) au juriste et politique (le mufti), le plus simple est de lire le dernier livre d’Anne-Marie Delcambre et sa préface élogieuse de Daniel Pipes. C’est un ouvrage à la fois d’érudition et de vulgarisation, véritable encyclopédie de poche et guide indispensable à celui ou celle qui, sans préparation préalable, s’aventurerait dans la lecture du Coran ou simplement des apologistes de l’islam et, bien entendu pour celui qui essaie de comprendre ce qu’est l’islamisme dans la mesure où celui-ci se distinguerait de l’islam tout court, ce qui n’est pas évident, tant la ligne de partage entre ces deux concepts semble ténue. Les thèmes sont classés dans l’ordre alphabétique. On peut donc, selon le cas, le lire dans l’ordre ou en consulter un sujet ; à la lettre A, par exemple, on trouve 1. Abrogation, 2. Adultère, 3. Apostasie. A la lettre B nous avons 4. Blasphème, 5. Boissons alcoolisées, et ainsi de suite.

Compte tenu de la richesse du livre, qui rend impossible l’analyse exhaustive dans le cadre limité du présent bloc-notes, limitons nous ici à A.1 «Abrogation». Que signifie cette notion dans la pensée musulmane ? Il n’est pas toujours aisé pour un non-initié de se rendre compte que les surates du Coran ne sont pas présentées dans l’ordre chronologique de leur «révélation» mais… dans un ordre décroissant de leur taille, le premier et le plus long qui suit «l’Ouverture» étant la «surâtu-l-baqara» (sourate La Vache) avec ses 286 longs versets, tandis que sont reléguées en queue du peloton, et quelque peu dans le désordre, les sourates de moins de 10 versets, certaines n’en comptant que trois. Et pour corser le tout, le lecteur apprendra qu’il doit chercher à quelle époque Allah, par le truchement de l’ange Gabriel, a soufflé les versets dans l’oreille de son prophète élu: avant l’hégire, c'est-à-dire au début de la carrière de Mahomet à la Mecque, ou après l’hégire, c'est-à-dire à partir de Médine.

Or, à La Mecque, Mahomet, en position de faiblesse et cherchant encore sa voie face au culte local des trois divinités féminines, emploie un langage beaucoup plus bienveillant, plus pacifique, plus tolérant envers les religions, venues de l’extérieur, implantées en Arabie (judaïsme, christianisme, zoroastrisme) qui lui servent de modèles, que durant sa phase médinoise. Par exemple, on trouve dans le Coran cette sourate «Dis !: Ô vous les infidèles. Je n’adore pas ce que vous adorez. Et vous n’êtes pas adorateurs de ce que j’adore. Je ne suis pas adorateur de ce que vous adorez. Et vous n’êtes pas adorateurs de ce que j’adore. À vous votre religion, et à moi ma religion». Quel bel exemple de la célèbre tolérance religieuse qui, selon ses thuriféraires, caractérise la doctrine mahométane ! Bien plus tolérante que le Christianisme à la même époque. D’autant plus que placée presque à la fin du Coran, cette sourate 109, dite «Les infidèles», pourrait passer pour le couronnement du Coran, cet édifice spirituel dicté par Allah soi même. De même ce verset 62 de la sourate La Vache "Ceux qui ont cru, ceux qui se sont judaïsés, les Nazaréens (nom que les juifs donnaient aux Chrétiens) et Sabéens, quiconque d’entre eux qui a cru en Allah, au Jour dernier et accompli de bonnes œuvres, sera récompensé par son Seigneur"… (on sent ici l’influence de la pensée juive consignée dans le Talmud : «Les Justes de toutes les nations auront accès au Monde à vénir»).

L’ennui, c’est que ces sourates datent de la période mecquoise, donc d’avant l’hégire, à une époque ou Mahomet et sa poignée de disciples sont en position de faiblesse, alors que par la suite, durant la période médinoise qui voit les forces et les richesses de Mahomet croître, le ton des autres sourates se durcit pour en arriver à l’appel à l’asservissement, à l’abaissement, à l’humiliation et au meurtre des Juifs, des Chrétiens, des Zoroastriens et autres infidèles. Alors, dira-t-on, le Coran se prêterait donc à différentes lectures de sorte que sans qu’il ne soit nécessaire de le reformer, il suffit de faire son choix entre les différents versets ; donc l’islam peut, sans se réformer, se révéler une religion d’amour, de tolérance et de paix pour peu que les musulmans éclairés relèguent aux oubliettes les versets politiquement incorrects de nos jours. C’est oublier que l’islam est verrouillé et qu’aucun choix n’est laissé au Musulman pour s’écarter d’un iota de la tradition sans tomber dans le crime d’apostasie, ne serait-ce que par le principe de l’Abrogation instauré par les «savants» mahométans, à savoir que, lorsque deux versets se contredisent, le verset «révélé» en dernier abroge le ou les versets qui l’ont précédé et ont force de loi pour l’éternité.

Il semblerait dès lors que l’éternité de la Parole d’Allah soit de bien courte durée même si, comme le veut la tradition, le verset le plus récent est plus parfait que celui qu’il remplace. Ce sont en tout cas les versets les plus durs, les moins tolérants, les plus violents de la période médinoise qui semblent avoir «abrogé» les plus conciliants, les plus tolérants, les plus pacifiques d’avant l’hégire, c’est du moins ce que m’affirment mes amies et amis issus de l’Islam et qui aspirent à un islam réformé, qu’ils estimeraient possible si, comme ils le disent, les penseurs musulmans partisans d’un tel aggiornamento se montraient moins timorés et si nos autorités ne se rangeaient pas du côté des conservateurs et des fondamentalistes fédérés au sein du CFCM et courtisaient moins cet islam rétrograde et insoluble dans la République. «Vaste programme» comme disait le générale De Gaulle. Je crains pour mes amies et amis (et pour nous mêmes) que cette génération ne verra pas pointer un tel avènement.

Anne-Marie Delcambre se réfère beaucoup à Daniel Pipes qui a préfacé son livre. Leur vision de l’Islam est convergente ; ce qui les différencie semble-t-il, c’est le degré de pessimisme (il est en effet difficile, en matière d’islam, de parler d’optimisme) qui transparaît je crois dans le sous titre : «Quel avenir pour l’islam ?». Le plus grave reproche que d’aucuns font à Anne-Marie Delcambre c’est de ne pas appartenir à la cohorte de professeurs formatés de gauche, ce qui la rend suspecte d’islamophobie, mais plus crédible que les hagiographes prétendus islamologues ou historiens. Encore que le fait d’éprouver peu d’attirance pour une religion ou une autre puisse être considéré comme une forme de racisme, l’islam n’est pas la seule religion qui véhicule l’intolérance et qui porte un lourd passé de crimes. Le supplice et l’abominable mise à mort du tout jeune Chevalier de la Barre par le clergé catholique sous le règne Louis XV ne plaide pas en faveur du catholicisme. Mais ce genre d’abomination n’étant pas inscrit dans le Nouveau Testament, l’Eglise a pu se libérer sans se renier, bien au contraire, de ces pratiques barbares, la séparation entre le temporel et le spirituel, entre l’Eglise et l’Etat, ayant parachevé l’intégration de l’Eglise dans le cadre des lois de la République. Au point qu’on imagine mal l’Eglise catholique d’aujourd’hui torturer et mettre à mort un individu pour propos ou écrits qu’elle jugerait blasphématoires. Or, c’est ce que l’islamisme fait encore en ce moment même et entend imposer ce retour aux pratiques barbares, cet abaissement de la femme, cet étouffement de la pensée libre à tous les Musulmans qui tentent d’adapter leur foi aux mentalités des temps modernes.

Si combattre cette barbarie, cette idéologie dangereuses, est qualifié d’islamophobie, soyons islamophobes comme le sont de nombreuses musulmanes et de nombreux musulmans. Je ne crois pas trahir l’auteur en disant qu’elle met son érudition et son talent au service de la liberté, de l’égalité et de la fraternité pour toutes les musulmanes, pour tous les musulmans. À lire sans retenue, à relire et à conserver précieusement pour le consulter et s’y référer.

Un Etat cancer dans l’Etat républicain

La République français est une et indivisible depuis que Louis XIV s’est opposé à l’instauration d’un Etat dans l’Etat. Mais ce que le monarque a interdit aux Protestants français, la République française et les Etats européens sont en train de le tolérer et de l’entériner en faveur de l’Islam importé. Il y a en effet «Etat dans l’Etat» lorsque le droit commun n’est pas opposable à tous les habitants d’un même pays. Il y a Etat musulman dans la République italienne lorsque «la Cour de cassation acquitte un père musulman qui avait frappé sa fille, Fatima, selon les règles de la charia» (Ivan Rioufol dans le Figaro du 9/11/07), alors que dans un cas identique, un père italien «ordinaire» aurait été condamné selon la loi italienne.

Je note en passant non sans plaisir que mon précédent bloc-notes (la Phobocratie) est bien dans l’air du temps, quoi qu’en disent les discours soporifiques de nos autorités politiques et intellectuelles, puisque l’excellent Ivan Rioufol relève lui aussi dans son propre bloc-notes que «partout en Europe s’observe la peur d’affronter l’islam politique, aux dogmes pourtant incompatibles avec la démocratie». Je ne disais pas autre chose dans mon précédent article à propos de la peur manifestée par nos propres autorités à expulser des imams étrangers prêcheurs de haine. Mais il y a plus grave et quelque chose d’inquiétant qui plane sur tout individu qui ne se plierait pas aux exigences de l’Etat dans l’Etat. C’est notre justice et notre police qui, consciemment ou inconsciemment se mettent au service de cet Etat cancer dans l’Etat républicain. Il suffit que des «associations» déposent plainte contre tout individu, tout site, tout organe de presse qui n’aurait pas l’heur de plaire à l’Etat cancer. La législation française ne manque pas d’offrir clefs en main tous les chefs d’accusation imaginables tels que racisme, islamophobie, xénophobie, discrimination et j’en passe.

En passant au peigne fin les discours, les dessins, les caricatures, les écrits, les «associations» au service de l’Etat cancer finissent toujours par trouver matière à plainte. Le Parquet ne manque alors pas de lancer la police aux trousses du «délinquant» et si celui-ci, pour des raisons diverses dont la sécurité n’est pas la moindre, s’exprime sous un nom d’emprunt, l’enquête policière révèlera sa véritable identité et ses coordonnées aux «plaignants». Sachant que si l’Etat républicain a aboli la peine de mort, l’Etat cancer ne se prive pas de la prononcer et de l’appliquer.

Ne nous étonnons pas si des Français subissent un jour prochain le sort d’un Théo Van Gogh ou, «moins pire», se trouvent, comme le philosophe Robert Redecker, dans l’obligation de se cacher comme les juifs ou les résistants sous l’occupation de l’Etat nazi ou «au mieux» de renoncer à s’exprimer, à écrire, à enseigner, comme c’est le cas, à la suite du professeur d’Histoire Louis Chagnon, d’un nombre croissant de professeurs coupables du crime de lèse islam. Il n’est du reste pas certain qu’Anne Marie Delcambre, qui «aggrave son cas» avec «Soufi ou Mufti», son dernier né, puisse se maintenir encore longtemps à son poste d’enseignante. Notre Etat serait-il déjà sous protectorat ?

Excuses et repentances.

L’Allemagne démocratique a fait acte de repentance pour les crimes contre l’humanité, et plus particulièrement contre les Juifs et les Tsiganes, commis par l’Allemagne nazie et ses satellites. Cela étant fait, elle a retrouvé sa place au concert des nations. Se sentant coupable d’avoir favorisé l’antisémitisme par «l’enseignement du mépris», l’Eglise n’a pas craint d’en faire acte de repentance et en est sortie moralement grandie. Pour avoir en 1911 agressé et annexé la Cyrénaïque et la Tripolitaine, devenues colonie sous le nom de Libye, l’Italie s’est non seulement excusée mais est également passée à la caisse en finançant, antre autres, la construction de 1700 km d’autoroute reliant la frontière de la Tunisie à celle de l’Egypte. Il est vrai qu’à l’instar de Paris qui valait bien une messe, le pétrole et le gaz recelés dans le sol Libyen rentabilisent l’humiliant passage sous les fourches caudines du dictateur psychopathe qui en détient les clés. Il n’en est pas moins vrai que le colonisation brutale de la Libye n’était pas particulièrement souhaitée ni appréciée par les Libyens.

Les autorités algériennes, qui ne se sont pas montrées avares de meurtres de leurs propres concitoyens, de Pieds Noirs et de Harkis, n’ont de cesse d’exiger des excuses de la France, c'est-à-dire de vous et de moi, pour «notre» passé colonial alors que cette question a été tranchée par une longue guerre et sanctionnée par l’indépendance qui a attribué à l’Algérie un pan énorme de l’ex empire colonial français, à savoir le Sahara ainsi que le bénéfice de la prospection pétrolière effectuée par le «colonisateur».

Les Noirs africains demandent à la France des excuses pour sa pratique passée de l’esclavage, alors que cet odieux mode d’asservissement d’êtres humains, aussi ancien que l’Histoire de l’humanité, impliquait toutes les civilisations, notamment arabes, musulmanes et…. africaines qui l’ont maintenu jusqu’au milieu du XXème siècle tandis que la France a mis cette odieuse pratique hors la loi au XIXème siècle.

Mais qu’importe, seuls les pays «occidentaux» de culture judéo-chrétiennes doivent reconnaître les crimes généralement réels et s’en excuser. Or, à l’instar de la chauve souris de la fable, tantôt oiseau par ses ailes, tantôt souris par ses poils, la Turquie candidate à l’entrée dans la très occidentale (pour ne pas dire chrétienne) Union Européenne, révèle sa nature islamique et asiatique par son attitude négationniste face au génocide arménien. Nous savons que les Turcs, en tous cas leur classe dirigeante, cultivent un orgueil nationaliste exacerbé qui va jusqu’à réprimer la moindre velléité de particularisme religieux culturel ou linguistique. Des minorités ethniques naguère importantes ne sont plus que l’ombre d’elles mêmes du fait d’une sournoise politique de nettoyage ethnique. Mais y a-t-il dans une Europe où les nationalismes (qu’il ne faut pas confondre avec l’attachement à une identité) ont tendance à s’estomper, une place pour un pays incapable de se résoudre à la moindre réparation morale, à la moindre concession, fut-elle symbolique ? Or, on l’oublie trop, la Turquie, pays membre en tant qu’Etat (laïque parait-il) du Conseil mondial des Etats musulmans, cultive une ambition pantouranienne dont le premier pas est l’Anschluss de facto de la moitié d’un territoire d’un pays membre de l’Union Européenne : la République de Chypre. Et elle persiste dans son attitude négationniste du génocide arménien. Or si une partie non négligeable du territoire turc était majoritairement peuplée d’Arméniens avant le génocide, la diaspora arménienne qui en est la conséquence, fait à présent partie de l’ Europe. Ce sont nos concitoyens dans chacun des pays de l’U.E, de sorte que chaque européen est un peu arménien. C’est la raison pour laquelle, par solidarité européenne, je répercute l’appel du CCAF qui m’est adressé par mes amis arméniens. Que les fantômes des hommes, des femmes, des vieillards, des enfants, des nourrissons arméniens que la soldatesque turque a massacrés ou laissés mourir d’épuisement viennent se rappeler au bon souvenir des bureaucrates sans âme qui décident du sort de l’Europe et troubler l’arrogance des négociateurs turcs.

communiqué
Le CCAF appelle à la mobilisation générale
le 14 décembre 2007, à Bruxelles

Le Conseil de Coordination des Organisations Arméniennes de France (CCAF) appelle tous les Arméniens de France à se mobiliser en participant à la manifestation, le 14 décembre 2007 à Bruxelles, organisée par la FRA Dachnaktsoutioun.

Ce jour-là, les 27 chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres de l’Union européenne se réuniront pour se prononcer sur le rapport d’étape de la Commission européenne. Tout est mis en oeuvre pour que la question de la reconnaissance du génocide arménien, en tant que préalable à l’adhésion de la Turquie, soit exclue du cadre des négociations. C’est pourquoi, nous devons marquer notre présence avec force, intensifier notre action et amplifier notre mouvement.

Le 14 décembre, toute la communauté arménienne en Europe doit faire entendre sa voix auprès des chefs d’Etat et de gouvernement pour faire barrage à une Turquie génocidaire et négationniste.

Le Conseil de Coordination des Organisations Arméniennes de France (CCAF) salue l’initiative de la FRA Dachnaktsoutioun et s’y associe pleinement, afin que ce rassemblement soit aussi l’affirmation de notre indéfectible unité.

Paris, le 23 novembre 2007

Du climat et de la démographie.

Combien la Terre compte-t-elle d’habitants ? Il faut se hâter de répondre car dans une heure, le chiffre annoncé aura augmenté. Je crois que le nombre tournait hier autour de six à sept milliards. Les Organismes qualifiés de l’ONU estiment que cette population augmentera de trois milliards d’ici 2050. Quand j’étais lycéen, en 1939 la population du globe était estimée à deux milliards et celle de l’Afrique à 140 millions ; l’empire des Indes, soit l’Inde actuelle + le Pakistan + le Bengladesh comptait environ 360 millions d’habitants, la Chine un peu plus etc…

L’Europe pratiquait un contrôle de naissance de facto même sil n’était pas légal. Et comme il est souhaitable que chaque enfant qui vient au monde ait une bonne espérance de vie, une nourriture suffisante, un logement décent et bien chauffé, il paraît vain de sonner le tocsin à cause de l’extinction toute proche du thon rouge, des déforestations massives ou des émissions de CO2, tout progrès dans ce sens étant aussitôt annulé par un accroissement du nombre de pollueurs. Or, pour des raisons dictées par le politiquement ou le religieusement correct, nul ne fait état de ce facteur aggravant.

Si les consignes de l’Eglise, opposée au contrôle des naissances et aux mesures de contraception, ne sont pas suivies par la majorité des Catholiques (sauf aux Philippines où le gouvernement prohibe la contraception, ce qui aggrave la misère des plus pauvres), la majorité des Musulmans joue le jeu du «croissez et multipliez vous», ce qui devrait faire de chaque écolo un islamophobe. L’Afrique noire ne semble pas en reste. Ce qui nous fait passer de l’écologie à la politique d’immigration. De ce côté-là, les comités de soutien aux immigrés clandestins, les militants du Droit au Logement, se comportent comme les sots du proverbe chinois qui ne voient que le doigt du sage alors que celui-ci leur montre la Lune.

Planter des tentes sur les quais du canal St Martin ou dans la rue de la Banque, pour faire loger les familles africaines, part d’un bon naturel mais d’une profonde irresponsabilité car, à peine logés, les anciens mal logés seront relayés par autant de nouvelles familles sans logis venues d’Afrique surtout, de sorte que nous finirons par nous retrouver dans le scénario décrit par Jean Raspail dans son livre visionnaire «Le camp des Saints». Notre «générosité» deviendrait suicidaire. Où est la solution ? Mais qui donc a décrété que ce soient toujours nous «Occidentaux» qui devons trouver des solutions aux problèmes causés par les autres ? Ce serait du reste toujours mal perçu par les «bénéficiaires».

Lepénisation de Ségolène ?

Voici quelques jours, Mouloud Aounit, patron et commissaire politique du Mrap, expliquait dans le journal La Croix que l’élection de Sarkozy à la présidence de la République était imputable à la lepénisation de la majorité de l’électorat français. Ce sourcilleux défenseur de l’identité maghrébine et musulmane en France, stigmatise ainsi la défense de l’identité française promise par le candidat de l’UMP. Or ne voilà-t-il pas que Ségolène Royal, bénéficiaire du report de voix du parti de Mouloud Aounit, se «lepénise» à son tour ? Quelle autre explication à son brusque revirement dans son texte «Etre français (un F majuscule me plairait davantage) : idées pour retremper une communauté de destin». Et de constater que «l’oubli du sentiment national est au cœur du mal-être français», ajoutant que «Dans un mouvement mêlant sentiments d’impuissance, d’indifférence allant parfois jusqu’au rejet, le sentiment national n’a cessé de s’affaiblir. La gauche a pensé, petit à petit, que c’était une idée de droite, voire d’extrême droite ! Erreur !».

Il ne reste plus à rappeler à Ségolène le rôle joué par son parti dans le rejet du sentiment national et de l’inviter à méditer sur cet aphorisme «un peu d’internationalisme éloigne de la patrie, beaucoup d’internationalisme rapproche de la patrie» que le PS a quelque peu oublié alors que son auteur n’est autre que Jean Jaurès. C’était il est vrai du temps de la SFIO. Le PS n’a pas été pour sa part vraiment internationaliste et encore moins patriote. C’est aussi cela qui explique le décalage entre les idéologues de ce parti et le peuple français. Alors ayant compris la leçon, Ségolène souhaite l’écriture d’un nouveau récit national où la liberté individuelle est assumée pour «avoir les conditions pour réussir», où la fraternité «est exigeante». «La fraternité a trop longtemps été pervertie par une vision angélique qui la dénature : la fraternité, ce n’est pas le laisser faire, ce n’est pas être béat». Bien dit. Mais elle ajoute, fonds de commerce socialo oblige, que «pour les Français (là elle met une majuscule, merci ), ce qu’ils citent en premier comme éléments fondateurs de la nation c’est la sécurité sociale, et ensuite c’est le drapeau». C’est là que ce beau discours dérape pour glisser dans l’angélisme.

Nous avons en ce moment en France des millions de citoyens, par le droit du sol, dont les parents sont venus chez nous, non pas pour notre drapeau, mais pour notre système de sécurité sociale (assurance maladie, allocations familiales, RMI, assurance chômage, habitat social etc.) qui fait cruellement défaut dans leur pays d’origine. Cela ne les empêche pas de brandir dans nos stades les drapeaux du pays natal de leurs parents, de huer la Marseillaise. Or, c’est bien le pays dont les valeurs sont symbolisées par son drapeau et son hymne national qui a généré ces avantages sociaux. A force de revendiquer pour ces «néo-français» et pour les immigrés récents, même illégaux, des droits, tous les droits, encore des droits de plein droit, mais aucun devoir, même pas celui d’un minimum de considération et de respect pour les valeurs et institutions du pays d’accueil dont ils profitent largement, à force de réclamer, comme le fait le maire socialiste de Créteil, un moratoire sur la Loi de 1905 exclusivement en faveur de la construction de vastes mosquées financée par l’Etat, la gauche a largement favorisé l’instauration d’un Etat dans l’Etat. Les propos de Ségolène accusant Sarkozy «d’approfondir les fossés», de cultiver la peur généralisée et la suspicion, montrent que de longs et pénibles efforts l’attendent encore pour rompre avec les impostures dont son parti nous a trop longtemps abreuvés.

Un Etat dans l’Etat

«La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale», c’est du moins, sauf erreur, ce que stipule l’Article 1 de notre Constitution. Il n’y a là aucune hiérarchie ou préséance dans ce qui forme un tout indivisible. Cet article ne se débite donc pas en tranches optionnelles au gré de la demande.

Or, de nombreux facteurs dénoncés par maints auteurs, et que je n’ai pas manqué de reprendre au long de mes blocs-notes, ont favorisé l’instauration de ce qui devient peu à peu un Etat dans l’Etat. Un Etat de facto, totalitaire, intolérant, rejetant nos valeurs fondamentales, notre culture, notre Histoire, sanctifiant les meurtres au nom de la religion et de ses codes, s’implante tel un cancer dans le corps de notre Etat, tel que défini par notre Constitution et qui a abrogé la peine de mort. Lorsque Ségolène finit par dénoncer «l’oubli du sentiment national» elle oublie simplement que son parti a largement contribué grâce à son vaste réseau d’enseignants et de fonctionnaires de l’Education «nationale» qui forment le fonds de ses adhérents, à gommer peu à peu dans les programmes scolaires tout ce qui ressemblerait à une apologie de notre Histoire, de notre identité, de nos valeurs, de notre culture et de notre langue, au point qu’il devient politiquement incorrect de s’en réclamer. Par contre, comme le mentionne Ivan Rioufol dans sont dernier ouvrage «La fracture identitaire», «Personne ne moufte quand Djamel Debbouze, originaire du Maroc, déclare : «je suis fier de mon appartenance» (lui, il a ce droit qui nous est contesté) ou quand il ajoute en tant que musulman: «Nous sommes d’ici, nous sommes des icissiens». Moi je me suis laissé dire, et je l’ai cru, que quelle que soit son origine ou sa pratique religieuse, un citoyen «de souche», de «droit du sol» ou par naturalisation est tout simplement un Français et fait partie de la nation française. Djamel Debbouze m’apprend que la France est un espace territorial en forme d’hexagone habité par deux nations : les Français (de souche ou de cœur) et les Icissiens, qui ne partagent pas les mêmes valeurs, les mêmes codes et sont régies par des lois différentes.

Lorsque la République renonce, sous la pression des mosquées et des associations musulmanes, à expulser des imams étrangers connus pour dangereux, c’est la loi de cet Etat dans l’Etat qui exerce une sorte de droit de veto sur les lois de la république. Lorsque des professeurs se voient pratiquement privés du droit d’enseigner pour cause d’incompatibilité avec l’Islam (Louis Chagnon ou Robert Redecker ne sont que deux cas parmi tant d’autres), c’est l’Etat républicain qui se soumet à l’Etat dans l’Etat et incite les autres enseignants à plier l’échine, à se soumettre aux normes de l’Etat dans l’Etat. Ce n’est pas une «vue de l’esprit». Compte tenu de l’immigration massive des dernières décennies que nous n’avons pas réussi à intégrer (l’a-t-on seulement envisagé ?), cette fracture identitaire devient une réalité et il est presque trop tard pour en inverser le processus. Alors il ne nous reste plus qu’à étudier le modèle libanais (inventé, si je ne me trompe, par la France) pour l’adapter à notre pays. Et encore ! Tous les Libanais, quelle que soit leur religion, quel que soit leur clan, sont arabophones. Avec le laxisme de l’Education Nationale, avec le nivellement par le bas «pour ne pas désespérer la Seine-St-Denis», nous aurons encore de la chance si la génération montante s’exprime encore dans une langue identifiable au français.


© André Dufour pour LibertyVox

Notes :

Les émeutes de ce Week-end feront l’objet d’un autre article.

* Voir l'article "Les Juifs utiles" du 2/7/05 http://www.libertyvox.com/article.php?id=124

** Soufi ou Mufti. Anne-Marie Delcambre. Desclée de Brouwer éditeur

Image à la Une et ci-dessus: Chapi et Chapo. La Rédaction de LibertyVox entend désormais, par la douceur de ces illustrations, participer à la paix sociale régnant en France.

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© André Dufour pour LibertyVox - Article paru le 26/11/2007 Imprimer cet article
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