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Les Infra-Laïcistes

André Dufour consacre son bloc-notes à Fanny Truchelut, Guy Môquet et Fadela Amara.

Dégueulasse !

«C’est dégueulasse !» dit Fadela Amara à propos des mesures, pourtant bien timides et surtout très tardives, que le gouvernement souhaiterait prendre pour limiter, n’en déplaise aux pétitionnaires automatiques, le déferlement d’une immigration massive, souvent frauduleuse, de peuplement d’une ampleur sans précédent dans notre Histoire, ruineuse et déstabilisatrice pour notre pays et destructrice de nos valeurs républicaines et laïques.

Nous ne pouvons que respecter cette dame qui, courageusement, oppose sa conscience et ses convictions à des mesures qu’elle juge contraires à ses valeurs et à son éthique. N’a-t-on pas naguère stigmatisé les fonctionnaires, les militaires et les policiers qui, par «devoir d’obéissance» ou par indifférence, voire par lâcheté, se sont rendus complices d’un système abject et criminel ? Alors bravo ! Mais cette dame de grande vertu aurait gagné en crédibilité si elle avait assorti son cri d’indignation d’une démission fracassante du gouvernement. Vertu pour vertu, il semble incompatible de cracher dans la soupe jugée nauséabonde et de s’accrocher en même temps à tous les privilèges et avantages pécuniaires présents et à venir que procure la très disputée fonction ministérielle.

L’impact des mots contaminés

Mais là n’est pas mon propos. Ce n’est pas à Fadela que j’adresse mes griefs. Je veux juste lui demander pardon de lui piller son mot, un simple mot qui, à l’instar de Cambronne, la fera peut-être passer à la postérité. La prochaine génération de Parisiens connaîtra peut-être une rue Fadela Amara et une station de métro du même nom. Juste pour un mot. De même que l’innocent «détail» n’est plus prononçable depuis qu’il se confond avec Jean-Marie Le Pen. Notre Premier ministre s’en est tout récemment rendu compte. Et voilà que surgit l’horrible mot «rafle». Son interdiction avec la chose qu’il désigne protégera désormais les malfrats, les truands, les narco trafiquants et tous les réseaux terroristes et autres criminels contre toute arrestation puisque celle-ci, qualifiée de rafle, établira automatiquement un lien avec la rafle des hommes, femmes et enfants juifs rassemblés pour être livrés aux bourreaux nazis. Car en fin de compte, sous prétexte de défendre ceux qui viennent en France en infraction à nos lois, les «signataires» et protestataires en tous genres qui veulent priver notre justice de tout moyen de faire exécuter ses décisions, rendent un fieffé service à la pègre, à croire que c’est celle-ci qui tire les ficelles et canalises les vertueuses indignations à leur profit.

Les dégueulasses, les collabos, les Ponce Pilate et les infra-laïcistes

En raison de problèmes d’ordre privé, je n’ai pas eu la possibilité de m’exprimer depuis la condamnation de Fanny Truchelut par le tribunal d’Epinal, mais Riposte laïque, notre excellent confrère, est courageusement monté au créneau et lui a apporté un soutien sans faille http://www.ripostelaique.com . Nos internautes liront avec profit, si ce n’est déjà fait, les comptes-rendus de l’infâme procès du 5 octobre :
Anne Zelensky http://www.ripostelaique.com/spip.php?auteur22781 , Annie Sugier http://www.ripostelaique.com/spip.php?auteur22761 , Pascal Hilout http://www.ripostelaique.com/spip.php?auteur25 , Pierre Cassen http://www.ripostelaique.com/spip.php?auteur2

Je ne parlerai pas du sieur Mouloud Aounit : on ne pouvait s’attendre à autre chose du produit d’un coït nullement contre-nature du stalinisme et de l’islamisme. Par ailleurs j’ai déjà suffisamment évoqué l’ex-président de la LDH et n’ai donc pas besoin d’en rajouter. Je relève seulement qu’il a eu l’impudence de lancer à Anne Zelensky et à Annie Sugier venues témoigner en faveur de Fanny Truchelut au nom de la Ligue du Droit International des Femmes (MIDIF) : «vous êtes la honte du pays». Ce n’est pas en singeant une phrase naguère lancée contre le Front National par Jean-Pierre Marquet que l’on fait pour autant preuve d’humanisme. C’est au mieux du psittacisme. Je pense plutôt que Me Michel Tubiana est la honte de la Ligue des Droits de l’Homme, telle que ses fondateurs l’ont conçue et de l’école de pensée de J.P. Marquet dont il se réclame.

Fanny Truchelut est en effet la victime expiatoire des inquisiteurs sans foi ni loi et «fusillée pour l’exemple» par une justice non plus de classe mais d’une idéologie perverse. Car le fondement de l’article 225, dans la mesure où il serait applicable au prétendu «délit», n’aurait dû lui valoir, dans le pire des cas, qu’une amende. C’est à peu près ce qui ressort de l’analyse d’Arnaud Dotézac, professeur de droit. http://www.bafweb.com/2007/10/16/analyse-le-cas-de-madame-truchelut/.

Les propos haineux et injurieux de l’opulent Tubiana qui s’autorisait, sans rappel à l’ordre du tribunal, à traiter d’imbécile une «mise en examen» ruinée et sans ressources, s’inscrivent dans le droit fil de la terminologie du Kremlin dans la foulée des «vipères lubriques», des «agents du capitalisme» et autres «cosmopolites», «sionistes», «hitléro- trotskistes à la solde de l’impérialisme (ou des nazis, sauf durant la lune de miel entre Hitler et Staline entre 1939 et 1941)» tous, bien entendu «vomis par le peuple», figurant dans les réquisitoires des procès de Moscou. C’est aussi une marque de discourtoisie et surtout de grande lâcheté de la part d’un individu conscient de ne courir aucun risque en étalant sa muflerie. Propos contre lequel aucun(e) des porte-parole homologués du combat féministe professionnel de Pro Choix n’a protesté. La dignité de la femme n’était pas à l’ordre du jour ce jour-là.

Faux cul comme d’habitude, Caroline Fourest condescend à admettre dans son Pro Choix que cette condamnation est sévère (c’est bien aimable de sa part) mais «qu’il faut accepter», ajoute-t-elle aussitôt pour se faire pardonner son écart par rapport à l’orthodoxie dominante qui constitue son fonds de clientèle. http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2007/10/11/1767-affaire-des-vosges-un-jugement-severe-mais-qu-il-faut-accepter-caroline-fourest . Elle n’hésite pas à recourir aux mensonges pour se justifier, comme par exemple de présenter Mme Truchelut, totalement athée et jamais baptisée comme une activiste catholique à la remorque du MPF. En somme ces féministes laïques, défenseurs du tchador et des excentricités musulmanes, ne se refont une virginité laïque que contre les Chrétiens en général et les Catholiques en particulier. Pendant qu’elles y sont, elles pourraient aussi bien défendre au nom d’un libre choix religieux dans la sphère privée et publique (sauf dans l’école comme elles le disent), le droit à l’excision, à la polygamie, à la lapidation des femmes indociles : c’est même beaucoup plus dans la tradition islamique que le port d’une tenue vestimentaire qui, concernant ce dernier, variait selon l’époque et varie encore selon les pays.

Et si de son côté le président de l’UFAL se joint à la meute des intermittents de l’antiracisme, il semble désavoué par les présidents régionaux et de nombreux adhérents de cette association laïque comme l’atteste la lettre de soutien ci-après :

Fanny Truchelut, nous vous exprimons notre solidarité et notre soutien

Militants de l'Union des Familles Laïques, nous avons été particulièrement indignés par les épithètes de "raciste" colportés à votre encontre par des associations comme le Mrap, la LDH et la Licra.
Nous avons, de même, été heurtés qu'on vous assimile à une intégriste catholique, connaissant les choix que vous avez effectués dans votre vie.
Nous sommes scandalisés, quelle que soit notre opinion sur votre réaction, par le fait que vous ayez été traînée au tribunal, comme une vulgaire délinquante, et que vous ayez subi une condamnation inique : quatre mois de prison avec sursis, et 8.500 euros d'amende et de dommages et intérêts.
Nous vous félicitons de faire appel d'un tel jugement, conscients qu'un tel verdict, comme précédent, ne peut qu'encourager les intégristes islamistes à multiplier les revendications communautaristes et les provocations.
Nous ferons tout pour que vous soyez acquittée, en appel.
Nous vous apportons toute notre solidarité militante, et, saluant votre courage, vous transmettons nos salutations laïques et féministes.

Pierre Baracca, président de l'UFAL de Lille, membre du C.A. national de l'UFAL
Brigitte Brébayle, présidente de l'UFAL d'Aix-Marseille
Suzy Candido, présidente de l'UFAL de Toulouse
Pierre Cassen, président de l'UFAL des Yvelines
Christiane Causse, responsable nationale de l'UFAL
Dario Chalom, président de l'UFAL de la Cléris à Sens
Jean-François Chalot, président de l'UFAL 77, membre du BN de l'UFAL
Guylain Chevier, membre du CA de l'UFAL 94, membre du C.A. national de l'UFAL
Christophe Hordé, président de l'UFAL du 78-7
Serge Jaurais, président de l'UFAL de Savigny le Temple, membre du C.A. national de l'UFAL
Marie-José Letailleur, présidente de l'UFAL de Champs sur Marne (77)
Hayet Morillon, présidente de l’UFAL du Mantois
Jacqueline Peltier, présidente de l'UFAL 22
Mireille Popelin, présidente de l'UFAL Lyon
Christine Tasin, présidente de l'UFAL Saintes et environs, de l'UFAL de Charente-Maritime et de l'UFAL du Poitou-Charentes.
Rosa Valentini, trésorière de l’UFAL 78-7 et de l'UFAL des Yvelines
Isabelle Voltaire, membre du B.N. de l'UFAL

Mais au plan strictement des principes éthiques, quel crime imprescriptible Fanny Truchelut doit-elle expier ?


Les Carolines de Pro-Choix ont tort de s’acharner à la classer dans l’extrême droite catholique. Si Fanny a pu être influencée par un quelconque courant d’idées, c’est justement par celui professé par les Carolines : la lutte pour la liberté, la dignité et les droits de la femme, la lutte surtout contre tout ce qui y fait obstacle. Lisez donc ce qui se publie sur ce blog, lisez aussi, si vous avez du temps et de l’argent à perdre, les livres dont la vente est la raison d’être de Pro-Choix. Fanny Truchelut n’a pas eu besoin d’ingurgiter tous ces livres pour y souscrire pleinement. La faute, l’erreur de cette femme simple, courageuse et honnête, c’est d’avoir pris pour argent comptant ce qui n’était que beaux discours d’imposteurs. La lutte pour la laïcité, pour l’émancipation de la femme, c’est une phraséologie à l’adresse des idiots utiles. Fanny, nourrie des idées de Pro Choix, n’a eu, à la vue d’une tête voilée accompagnée d’une matrone en tchador, qu’un réflexe, comme l’écrit, sur un autre sujet, Bernard-Henri Lévy dans son dernier ouvrage (Le Grand Cadavre à la renverse). Or selon le même B.H.L, «un réflexe n’est jamais juste un réflexe (….) ; rien n’est plus intelligent, chargé de culture et de mémoire qu’un bon et sûr réflexe, étant entendu que les réflexes sont des blocs de mémoire, de pensée et de savoir pétrifiés» . N’étant pas, comme les Carolines de Pro Choix, une «intellectuelle» ni une militante de quelque association, Fanny a intériorisé les idées auxquelles Pro Choix fait semblant de croire ; alors à la vue d’un accoutrement qu’elle juge dégradant pour une femme, elle a laissé aller son réflexe. Le même réflexe qu’elle aurait eu si à la place d’une tenue islamique, ces dames s’étaient présentées avec un brassard frappé de la croix gammée conforme à leurs intimes convictions ? Comment les Juges auraient-ils alors interprété cette infraction évidente à l’article 225 ?

Ce jugement, qui n’est pas sans analogie avec l’Affaire Dreyfus, permet déjà de distinguer dans le camp présumé laïque les défenseurs inconditionnels et systématiques de la laïcité et du droit des femmes, attaqués par des défenseurs de la laïcité et du droit des femmes mais lestés d’un «mais». C’est peu de chose qu’un «mais» et pourtant ceux qui en sont porteurs ont naguère, au moment décisif, fini par rejoindre toutes les causes abjectes dans les rangs des opportunistes et collabos zélés du stalinisme, de l’hitlérisme, du pétainisme. Car Vichy ne comptait pas que des hommes venus de la droite et de l’extrême droite, il est bon de le rappeler de temps en temps, ce sont aussi des hommes venus du pacifisme et de la gauche qui se sont empressés de se joindre à la cohorte des collabos. Avec la meilleure conscience du monde.

C’est aussi dans le camp des «laïques mais» que je découvre l’existence d’une Catherine Kintzler, philosophe paraît-il. Laïque prétend-elle et anti-communautariste bien triste. Ce qui nous sépare, ce n’est pas son «mais» mais son «ultra mais». À force d’inventer le concept d’ultra laïcisme (qui lui vaudra sans doute un prix Nobel de philosophie) dont elle affuble les défenseurs de Fanny Truchelut (tiens ! les «vrais» laïques et antiracistes la prétendent ultra catho ! les violons sont mal accordés dans le camp des laïques et féministes de façade) cette Kintzler entraîne ses ouailles (il paraît qu’elle en a quelques-unes) dans l’infra-laïcisme.

C’est à peu près sur le même registre que joue Caroline, l’autre, la Brancher, avec force contorsions et impostures. Les infra laïcistes convergent sur un point décisif : on classe chaque individu non pas pour ce qu’il pense, croit ou espère, mais d’après l’idéologie prêtée à son boulanger, à son médecin, à son laveur de carreaux ou, en l’occurrence, à son avocat.

Dès lors, Fanny Truchelut est condamnée par ces commissaires politiques, non pas pour son démêlé avec une activiste du tchador, mais pour avoir été défendue par un avocat, proche ou membre paraît-il, du MPF de tendance catholique. Bien que cet avocat faisant honnêtement son métier, ce qui le distingue de maints confrères, n’ai pas étalé ses croyances philosophiques ou religieuses, les parties civiles révèlent leur véritable nature, à savoir que conformément à leur idéologie, il est licite, pour le camp «infra laïque» de s’afficher musulman activiste, c’est même attendrissant, tandis que rester fidèle à la tradition catholique est condamnable et contagieux. Si tel est le cas, et ne serait-ce que pour le salut de l’âme laïque de Fanny, on se demande pourquoi aucun avocat issu de ces honorables mouvance anti-catho ne s’est proposé de la défendre. Je veux bien croire qu’elle s’en serait sans doute mieux tirée, mais alors ces tartuffes confirmeraient que les juges sont partiaux.

En somme ce n’est pas Fanny qui est condamnée, même si c’est elle qui paie la note, mais Me Varaud et à travers lui, le MPF qui est la bête noire des islamistes. Au moment où j’écris ces lignes un ami me transmet un courriel dans lequel Me Varaut, défenseur de Fanny Truchelut, répond aux cancans des Carolines. C’est dit avec dignité, hauteur et un sens de la mesure dont les Tubiana, Aounit et leurs Carolines devraient s’inspirer, à supposer qu’ils en aient la capacité. http://www.mediaslibres.com/communiques-de-presse/index.php/2007/10/19/1769-maitre-alexandre-varaut

Le clivage gauche/droite est contingent et non dans la nature de la France. De 1940 à 1944, la France n’était pas divisée entre les Français de droite et ceux de gauche mais entre ceux qui se roulaient dans la fange de la collaboration ou s’alignaient docilement sur Moscou, et ceux qui sauvaient l’honneur de notre pays. L’honneur de la France était davantage du côté d’un homme de droite et catholique, comme le colonel De La Roque qui fut déporté pour avoir refusé de collaborer avec la «Révolution Nationale» de Vichy et son ignoble «Statut des Juifs», que du côté d’une certaine gauche qui s’y est vautrée, ou d’un Maurice Thorez, déserteur de l’armée française et «réfugié» à Moscou durant la lune de miel entre Hitler et Staline.

En 2007, l’honneur et la dignité de la profession d’avocat se trouve du côté de Me Varaut et non de du côté de Tubiana. Je le regrette d’autant plus que ma philosophie, ma façon de ressentir, mes réflexes, sont plutôt de gauche. Je suis un enfant du Front Populaire ayant porté des gamelles de nourritures aux grévistes qui occupaient leur usine. Ado, j’ai manifesté contre la politique de «Non intervention» qui assurait la victoire de Franco. J’ai un passé d’antifasciste, d’antinazi, de résistant, de FFI, puis, la paix revenue, d’Ajiste, internationaliste. Je fus nourri de lectures de Jean Jaurès, Karl Marx, Jack London, Hemingway, Anatole France, Malraux et j’en passe, bref tout ce qu’il faut pour une culture de gauche. Ce n’est donc pas moi qui trahis la gauche, c’est cette gauche défigurée par toutes sortes de Tubiana, d’Aounit ou de Carolines qui me trahit. Politiquement isolé (de moins en moins je le constate avec plaisir) mais libéré, je suis à la recherche constante de la vérité et je la prends là où je la trouve et d’où qu’elle vienne. Je laisse à nos censeurs de gauche la satisfaction de «Préférer avoir tort avec J-P. Sartre plutôt que d’avoir raison avec Raymond Aron».

Alors oui, il faut sauver le soldat Fanny Truchelut et sur ce point je fais encore référence à B.H.L quand il parle du «réflexe dreyfusard» . Je cite « …le réflexe, il n’y a pas de meilleur mot, qui fait que, quand il y a meute, et homme seul face à la meute, je commence toujours par entendre ce qu’a à dire l’homme seul… ».

Or le tribunal d’Epinal, qui est la Justice mais certainement pas toute la Justice, n’a pas entendu Fanny, cet «homme seul», il n’a entendu que les aboiements de la meute. C’est pour cette raison que l’inique jugement d’Epinal doit être invalidé.

Laissez Guy Môquet en paix

J’avais son âge lors de son exécution. Il était membre des jeunesses communistes. Il a été arrêté par la police de Vichy alors qu’il distribuait des tracts du Parti Communiste, clandestin depuis que Maurice Thorez, secrétaire général de ce parti soutenant le pacte conclu entre Hitler et Staline, était allé se mettre à la disposition de ses maîtres à Moscou. Quelques-uns de mes copains étaient membres de ce parti avant ou dès le début de l’Occupation allemande. Je figurais donc parmi les «abonnés» d’office de leurs tracts (le «mat» disaient-ils). J’ai encore en mémoire leur contenu qui épargnait l’Allemagne nazie et les «prolétaires» de la Wehrmacht qui occupaient la France. Un numéro du terrible hiver 1940-1941 réclamait de la part des autorités françaises des rations supplémentaires de charbon pour les femmes des prisonniers de guerre (mais pas leur libération : c’eut été contraire à l’esprit du pacte germano-soviétique). Ce n’était pas faire preuve de résistance que de formuler ce genre de revendications matérielles qui ne s’adressaient même pas aux Allemands. L’ennemi désigné, c’était la Grande-Bretagne capitaliste et impérialiste. Je pensais à l’époque que c’était un signe d’imprudence et un manque de scrupules de la part des dirigeants communistes que d’exposer pour de telles «conneries» des gosses, des lycéens, à une arrestation d’une durée indéterminée. Ce n’est donc pas pour délit de résistance mais pour appartenance à un parti communiste que la police et la «justice» asservie de Vichy ont envoyé le lycéen Guy Môquet en prison. Ce n’en était pas moins ignoble pour autant. Ce n’est qu’en juin 1941, lorsque l’armée allemande agresse l’URSS, que la direction du PCF se découvre une vocation de résistante. À croire que le «Parti» marche au rendement, il expose inutilement ses «troupes» dans une manifestation où ils peuvent être reconnus par les gens de leur quartier. Des arrestations s’ensuivent et, à la suite d’un attentat, militairement discutable, commis par le communiste Fabien sur un militaire isolé allemand dans la station de métro Combat, les allemands placardent leur première affiche rouge annonçant l’exécution «du Juif» Tyszelman et «du communiste» Jacques Bonsergent. Seuls Fabien et Bonsergent seront par la suite honorés d’une station de métro portant leur nom. C’est à la suite d’autres attentats que les Allemands exigent des «autorités» de Vichy la livraison d’un nombre important de prisonniers de droit commun ou politiques parmi lesquels figure l’infortuné Guy Môquet. L’odieux, c’est que ce sont les magistrats de Vichy (serment d’allégeance et collaboration obligent) qui opéraient la sélection sur des critères politiques (les communistes en priorité) et raciaux (les Juifs).

Revenus en force dans le gouvernement de la Libération, les communistes se sont hâtés de donner un coup de pouce à l’horloge de l’Histoire pour accréditer le mythe d’un Parti Communiste, «Parti des Fusillés» qui aurait résisté dès le début de l’occupation allemande et en a payé le prix le plus lourd. Guy Môquet en devenait le symbole idéal.

Pour moi, Guy Môquet est un pauvre gosse parmi les innombrables pauvres gosses tsiganes, juifs ou otages tels que la population d’Oradour sur Glane qui, sans être pour autant des résistants, furent victimes de la barbarie nazie. C’est à ce titre que j’honore sa mémoire. Je comprends donc la réticence des enseignants, surtout des profs d’histoire dont la vocation est d’enseigner l’Histoire et non les mythes. Le reste est une affaire de charognards qui se disputent à présent son souvenir.


© André Dufour pour LibertyVox

En raison de la surveillance policière française dont LibertyVox fait l'objet, nous ne doutons pas que nos amis policiers trouveront dans ce DVD une version plus conforme (ou Halal) des faits.

Source image ci-dessus et à la Une: "Bonne nuit les Petits".

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© André Dufour pour LibertyVox - Article paru le 23/10/2007 Imprimer cet article
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