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Il est temps de comprendre…

André Dufour prend la défense de Dominique Berger, ce professeur de mathématiques condamné pour injure raciale.


Faisant partie de cette génération née peu après la guerre de 1914-18, je me souviens que dans les milieux modestes, c’était un honneur que de passer avec succès son Certificat d’études primaires et un rare privilège que de pouvoir poursuivre sa scolarité jusqu’au Brevet élémentaire ou le baccalauréat. Les enseignants que l’on désignait par Maître ou Maîtresse et qui devaient se débrouiller avec des classes de quarante élèves, étaient des personnages considérés et respectés : les élèves se levaient lorsqu’un enseignant entrait dans la classe, les élèves chahuteurs étaient sanctionnés et renvoyés à leurs parents qui assumaient leur responsabilité.

L’Histoire n’étant qu’une succession de passés, je ne garde aucune nostalgie de cette époque. Je crois que les méthodes d’enseignement doivent évoluer en fonction de l’évolution technologique et démographique et des découvertes dans le domaine de la psychologie, mais je reste inflexible sur un point : la règle de la démocratie qui stipule que nous sommes tous égaux devient perversion lorsqu’elle est appliquée aux relations entre ceux qui portent des responsabilités et ceux qui n’en portent pas, entre parents et enfants, entre enseignants et élèves; il est donc aberrant que ces derniers puissent s’arroger le droit de ne pas respecter leur maître dans l’exercice de sa fonction, de perturber le cours, de se dispenser de la discipline sans laquelle le budget que nous consacrons à l’enseignement n’est que gaspillage. Il y a là matière à réflexion en cette période de déficit budgétaire.

Cela ne veut pas dire pour autant que les enseignants n’ont pas pour obligation de respecter la dignité de leurs élèves. Une observation à connotation raciste de la part d’un enseignant ou d’un supérieur hiérarchique est donc aussi intolérable que la licence laissée à certains élèves d’exercer leur nuisance à l’école. Mais dans les deux cas, c’est en premier ressort au proviseur et au conseil des enseignants de l’établissement concerné et non au Président de la République ou même aux tribunaux qu’il appartient de régler ce genre de problèmes.
Ce qui me ramène au jugement du tribunal d’Épinal condamnant de façon infamante un professeur de mathématiques à un mois de prison avec sursis et à 1500 € de dommages et intérêts, sans sursis, pour « injure raciale », qu’empochera la famille d’un élève de 17 ans d’origine angolaise.

Ce « jugement », qui ne tient aucun compte de l’intérêt et du droit des écoliers de recevoir un enseignement sérieux dans une classe paisible, se fonde sur le fait qu’exaspéré par le comportement inadmissible d’un élève qui perturbait systématiquement ses cours, Dominique, professeur de mathématiques, a fini par « craquer » et a traité de « bamboula » cet élève d’une classe de BEP électrotechnique du lycée professionnel d’Épinal, fait qu’il reconnaît et qu’il regrette d’autant plus qu’il n’éprouve aucun sentiment raciste, et pour lequel il avait aussitôt présenté ses excuses.

Certes, le racisme doit être réprimé, a fortiori de la part du personnel enseignant chargé de transmettre non seulement nos connaissances mais aussi nos valeurs. Mais puisque la défense plaide toujours des circonstances atténuantes même en faveur du plus abject des criminels lorsqu’il est reconnu qu’il était partiellement privé de ses facultés mentales au moment de la commission du crime, essayons de rendre justice à cet enseignant qui ne partage pas la chance de ses vertueux collègues des lycées Montaigne, Louis le Grand ou à Janson de Sailly, ou qui ont passé plus de temps de leur vie professionnelle dans les bureaux ou dans les séminaires que sur le terrain dans une classe à fort pourcentage « d’indigènes de la République ».

Qui est donc la « victime » : nous ne le connaissons que sous le nom de Chouaib, venu d’Angola, 17 ans au moment des faits, donc aujourd’hui majeur. C’est le perturbateur type, ne travaillant pas, que ce soit par paresse ou parce qu’il n’a pas le niveau de sa classe, indiscipliné, impoli, venant en classe avec son MP3 collé à l’oreille et un téléphone portable qu’il refuse de fermer en classe et utilise durant les cours, chahute, chante ou danse en classe au rythme imprimé par son MP3 et cela se renouvelle chaque jour en dépit des remontrances qu’il a déjà reçues en conseil de discipline. On voit dans quelle ambiance le prof est contraint de faire son cours ; on voit aussi le préjudice que cette « victime » cause à ceux des élèves pour qui la présence en classe répond à un autre objectif que celui de prolonger leur droit aux allocations familiales. Des enseignants confrontés aux mêmes problèmes me disent leur propre désarroi, la répugnance croissante qu’ils éprouvent chaque jour en se rendant à leur travail. Dominique n’est du reste pas le seul prof de son école à souffrir de ce scolarisé de droit, sa collègue, professeur d’éducation physique étant pour sa part sous antidépresseurs en raison de l’attitude de cette même « victime du racisme » pendant le sport.
Tout cela a été avancé lors du procès ; vainement. Écartant les dénégations de l’accusé, le tribunal n’a retenu que la surenchère de quatre copains de la « victime » entendus comme témoins. Mais s’agit-il vraiment d’un procès équitable ?

Les propos « indignés » mais néanmoins révélateurs de Mme Delphine Jabeur, substitut du procureur, pourraient laisser croire que notre professeur était déjà condamné avant d’avoir été jugé : « Il est temps pour lui, dit-elle, de comprendre que la France est devenue pluriethnique !».

Pour ce qui est de comprendre, on l’a bien compris depuis quelques années et l’accusé lui aussi, à ses dépens. Mais il a cru aussi que les règles qui régissent nos écoles, la discipline, s’imposaient à tous les élèves, sans égard pour leur « ethnie ». Il croyait enseigner les math aux écoliers qui lui étaient confiés, il découvre qu’il enseignait à des ethnies.

Dès lors, derrière ce procès d’apparence vertueux contre le racisme se dissimule un procès idéologique à la mode stalinienne contre ceux qui refusent de souscrire à cette désastreuse idéologie « pluriethnique » qui vise à transformer la République française « une et indivisible » en un confetti « pluriethnique ». Est-ce un crime passible du goulag ? Serions nous racistes et xénophobes que de se vouloir accueillant envers les immigrés mais d’attendre de ces derniers de respecter nos lois, nos us et coutumes, nos valeurs, nos règles de vie ? D’autant plus que le « caractère pluriethnique » de la France n’a aucun fondement légal, la loi de la République ne connaissant que des citoyens français sans distinction de couleur ou de croyance d’une part et, d’autre part, des résidents légaux étrangers.

Est-il raciste de dire que la France est le foyer de ces Étrangers respectueux de nos lois avec vocation de devenir, eux ou leurs enfants, des Français, mais qu’elle est la patrie, la seule patrie des Français et qu’à ce titre, il est légitime qu’ils imposent leurs normes et non qu’ils se plient aux normes des derniers venus ? Après tout, dans leurs pays d’origine, ce sont leurs valeurs, leurs normes et non les nôtres qui ont cours et sont généralement imposées.

Devons nous à présent nous soumettre à l’idéologie devenue le parti unique d’une France peuplée d’une mosaïque pluriethnique à l’image de la Bosnie, du Kosovo, du Liban ou, au mieux, de la Belgique où après le divorce programmé entre Flamands et Français, les Marocains et les Congolais seront bientôt les derniers Belges ?

Et que penser de l’honneur que notre Président de la République rend en recevant à l’Élysée non pas les élèves de familles immigrées qui se sont distingués par leurs résultats scolaires brillants, mais un cancre chahuteur et perturbateur accompagné de ses parents qui l’ont si mal élevé ? Voilà le chahuteur, le cancre devenu le héros de son école tandis que son professeur y sera abaissé, humilié, méprisé…

Je pense aussi à toutes les enseignantes agressées, violées parfois ou poignardées même par les élèves « multiethniques », déjà bafouées et lâchées par leur hiérarchie et à présent déshonorées par notre Président de la République.

J’allais oublier les groupes rock ou rap indigènes de la République dont les paroles anti-françaises, crûment racistes, sont la nourriture intellectuelle de nos écoliers multiethniques. J’y pense car les tribunaux ont débouté systématiquement les plaignants sous prétexte qu’il s’agissait d’œuvres artistiques et qu’à ce titre, elles échappaient à toute censure. Il ne reste plus à ces « artistes » qui enrichissent notre culture que d’être reçus à l’Elysée.

En somme, les Français n’ayant pas le droit à l’appellation d’ethnie, ils n’y aura bientôt plus de place pour eux dans une France «pluriethnique».

« Liliane, prépare les valises !» comme disait jadis Georges Marchais.

André Dufour pour LibertyVox

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© André Dufour pour LibertyVox - Article paru le 29/08/2007 Imprimer cet article
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