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Tenue correcte exigée

Pologne, antisémitisme, islamisation, Tintin, Gîte des Vosges... C’est le bloc-notes d’André Dufour.

Pauvre Pologne, maudite Pologne…

Dans ce mois d’août si riche en anniversaires et commémorations, Elisabeth G. Sledziewki, maître de conférences à l’IEP de Strasbourg nous rappelle dans le Figaro du 9 août 2007 l’insurrection contre les nazis déclanchée le 1er août 1944 par la résistance polonaise, que selon l’auteur, il ne faut surtout pas confondre, comme continuent de le faire les Français, avec le soulèvement des derniers survivants juifs du ghetto de Varsovie finalement écrasé l’année précédente.

Nous ne pouvons que nous joindre à l’hommage qu’il faut rendre à la mémoire de ces centaines de milliers de Polonais victimes du totalitarisme barbare des nazis, sans oublier pour autant ces Polonais qu’il est idéologiquement incorrect de rappeler, sommairement exécutés par les camarades communistes du Kremlin.

Mais le soin qu’apporte Elisabeth G.Sledziewski à « séparer le bon grain de l’ivraie », à distinguer la révolte du « ghetto », c'est-à-dire des Juifs, de celle des Polonais, des « vrais » en somme, est révélateur d’un héritage culturel dont la Pologne semble avoir du mal à se nettoyer.

La première insurrection était en effet celle des Juifs qui avaient le sinistre « privilège » d’avoir auparavant subi l’antisémitisme obsessionnel, viscéral et meurtrier de leurs concitoyens polonais qui semblait tenir lieu de doctrine de cette Pologne ressuscitée qui vit le jour à la défaite allemande de 1918. Dans ce nouvel État débordant la ligne Curzon fixée par les Alliés, donc agrandi de lambeaux de territoires arrachés aux Lituaniens, Biélorusses, Ukrainiens et Allemands, seuls les Catholiques de langue polonaise étaient considérés comme « vrais » polonais, soit un peu moins des deux tiers de la trentaine de millions d’habitants. Répartis de façon inégale sur tout le territoire, les Juifs constituaient 10% de la population globale, mais atteignaient entre 20 et 40% dans de nombreuses villes, voire, par endroits, la majorité. C’est cette minorité ethnique qui devint une obsession, une idée fixe des politiciens polonais. En vingt ans d’existence (1919 à 1939) pas une seule session du Sejm (parlement polonais) qui n’inscrivît à son ordre du jour les mesures à prendre pour réduire le nombre des Juifs, leur poids dans la vie économique et culturelle et surtout pour les priver de leurs moyens de vivre : la plupart des entreprises et des artisans juifs étaient ruinés par les appels au boycott largement suivis et les jeunes qui avaient la capacité d’étudier se voyaient opposer un numerus clausus officiel dans les universités. Rien n’était négligé pour les pousser à émigrer, encore fallait-il en avoir les moyens. Alors la plupart d’entre eux connaissaient une extrême pauvreté, sans parler des restrictions opposées par les éventuels pays d’accueil. Alors que Hitler mettait un point final à ses préparatifs en vue d’envahir la Pologne, le gouvernement de ce pays ne trouvait rien de plus vital que de déléguer un ministre à une conférence internationale qui se tenait Allemagne dont l’objectif visant à coordonner la déportation de tous les Juifs européens à Madagascar ou tout autre pays africain. Nous sommes à quelques semaines de la guerre, les Juifs de Pologne, pris dans une nasse, n’ont plus d’issue. L’envahisseur allemand n’allait pas tarder à tirer parti de cette situation bien préparée.

C’est dire que la Pologne avait, en matière d’antisémitisme actif, quelque peu devancé l’Allemagne nazie. Pour être juste, il faut dire que nombre de Polonais s’opposaient à cette politique imbécile, préjudiciable en fin de compte aux intérêts et au rayonnement de leur pays, et suicidaire. (C’est par exemple la France et non la Pologne qui peut se glorifier du Prix Nobel d’un Charpak, pourtant né à Lodz) mais leur voix avait du mal à se faire entendre face à l’antisémitisme d’une Église omnipotente et aux partis nationalistes tels que la ND. C’est sur ce terreau fécond que l’occupant nazi put tranquillement entreprendre son œuvre d’avilissement et d’anéantissement des Juifs. Dans quelques localités, la populace polonaise n’attendait même pas l’arrivée des avant postes allemands pour se livrer à des massacres et aux pillages des Juifs. Et l’Allemagne trouvait assez de volontaires polonais, mais aussi ukrainiens et baltes, pour constituer des corps d’auxiliaires chargés de traquer, débusquer et tuer les Juifs. On sait que sur environs 3,5 millions de Juifs que la Pologne comptait en août 1939, plus de trois millions furent exterminés. Ce serait trahir la vérité et leur mémoire que de passer sous silence le fait que parmi les « Justes des nations » honorés à Yad Vashem, c'est-à-dire ces non-Juifs qui ont sauvé des Juifs, ce sont les Polonais qui fournissent le plus important contingent. Ils sont d’autant plus héroïques que les risques qu’ils prenaient non seulement en raison des Allemands, mais surtout en raison des innombrables délateurs parmi leurs compatriotes à l’affût étaient énormes. Mais il s’agissait moins de résistants organisés obéissant à une consigne du gouvernement polonais en exil que d’individus isolés obéissant à leur conscience. Alors, au printemps 1943, au moment où les derniers Juifs parqués dans le ghetto de Varsovie se soulèvent, ils sont bien seuls. Peut-on parler de solidarité ou d’aide de la part de la résistance polonaise pour les quelques rares armes vendues par des Polonais au prix du marché noir ? Toujours est-il que c’est avec ces quelques pétoires, des cocktails Molotov et des armes improvisées que les derniers survivants du ghetto de Varsovie ont tenu tête aux troupes nazies et à leurs auxiliaires locaux un mois durant. Un mois durant lequel la résistance polonaise n’a pas bougé. Le sort des Juifs n’intéressait pas le nationalisme polonais incarné par le gouvernement en exil. Et voilà que l’année suivante, profitant de l’avance soviétique qui avait atteint la rive orientale de la Vistule, la résistance déclanche son insurrection polonaise « pur jus » . Elisabeth G.Sledziewski nous rappelle la suite. Les résistants polonais n’avaient simplement pas retenu la leçon de l’Histoire pourtant toute récente : Soviétiques et Nazis furent alliés en 1939 pour dépecer et se partager la Pologne ; le pouvoir communiste de Moscou fit même exterminer tous les officiers et cadres polonais tombés entre leurs mains, histoire de décapiter la Pologne de ses élites. En 1944 Staline ne voyait une Pologne que totalement sous sa coupe et, pour mettre le gouvernement polonais de Londres et les Alliés anglo américains devant le fait accompli, il venait de créer son propre gouvernement « polonais » à Lublin, ville polonaise que l’Armée Rouge avait récemment libérée. Il n’avait donc pas l’intention de se voir accueilli à Varsovie par un gouvernement indocile. Nous assistons alors à un nouvel accord, de facto, entre Staline et Hitler pour laisser aux troupes de ce dernier le temps de liquider la résistance nationale polonaise. L’insurrection polonaise de Varsovie en 1944 connaissait ainsi le même sort que celle de l’insurrection juive l’année précédente. Une fois le dernier résistant capturé ou massacré, l’Armée Rouge, qui faisait la pause à Praga, faubourg de Varsovie sur la rive droite de la Vistule, faisait son entrée dans Varsovie, ville fantôme dont tous les immeubles avaient été préalablement dynamités par les nazis.

Le fait qu’effectivement les Français connaissent mieux l’insurrection du ghetto de Varsovie que celle plus tardive de la résistance polonaise peut, à mon avis, être imputable au politiquement correct que la France subit depuis la Libération de la part d’une classe intellectuelle « de gauche », c'est-à-dire communiste et « progressiste » qui censurait durant plusieurs décennies tout ce qui désacralisait le régime stalinien. La passivité soviétique devant l’écrasement de l’insurrection de Varsovie fait donc partie de ce que nos élites intellectuelles, dans le sillage du communisme stalinien dont ils perpétuent le mode de pensée et la « morale », préfèrent passer sous silence.

Les Polonais libérés de l’occupation nazie ont-ils au moins retenu la leçon ? Assurément pas. On ne peut pas dire que les rescapés juifs ou ceux d’entre eux réfugiés en Union Soviétique qui tentaient de regagner leurs foyers eurent droit au meilleur accueil : dans de nombreuses localités, ils furent agressés, lynchés par la populace, ce qui les conduisit à s’expatrier en Europe Occidentale, en Amérique ou en Israël. Puis ce fut au tour du régime communiste attentif au moindre revirement de Staline, de renouer avec le bon vieil antisémitisme « de papa » contre les quelques dizaines de milliers de Juifs qui s’accrochaient encore à leur pays natal. Mais ce n’était pas la même chose : ce n’était plus le bon vieil antisémitisme de papa mais son new look rebaptisé « antisionisme ». Ça change tout, n’est-ce pas ? C’était d’autant plus grotesque que la plupart des Juifs qui avaient choisi contre vents et marées de vivre en Pologne étaient des militants communistes idéologiquement hostiles au sionisme. C’était donc bel et bien l’antisémitisme culturel de la Pologne qui reprenait force et vigueur derrière l’étiquette « antisioniste » qui fait florès chez nos altermondialistes et autres gauchistes de France et de Navarre.

Mais depuis la chute du mur de Berlin le communisme qui avait révélé son véritable visage fait de hideur et de mensonges n’est plus aux commandes. Mais ce serait oublier la pérennité culturelle de la Pologne. Alors la très catholique Radio Marija, animée par un prélat que le Souverain Pontife ne rechigne pas à recevoir, est toujours là pour entretenir la flamme du bon vieil antisémitisme ancestral qu’elle inculque à une jeune génération, celle qui naquit dans un pays sans Juifs. Cette génération ne côtoie plus dans les rues de Lodz, Varsovie, Czestochowa ou Lublin que des fantômes juifs. Ce sont peut-être ces derniers qui sont les plus gênants et qu’il faut encore et toujours traquer et chasser.
Maudite Pologne, pauvre Pologne.

Syndrome polonais

Quelqu’un pourrait-il m’expliquer pourquoi les Français issus de l’immigration polonaise n’éprouvent, dans leur immense majorité et contrairement à leurs congénères grandis en Pologne, aucune prévention contre les Juifs ? J’en ai été témoin lorsque je fréquentais encore l’école puis dans l’armée et dans la clandestinité. Quelques uns de mes camarades avaient des noms en –ak, -wicz ou –ski et ils étaient aussi bien Juifs que Catholiques sans que cela ne causât le moindre problème. J’ai même vu, tant à l’école qu’à l’armée, des « polonais » catholiques user du poing contre un connard qui avait traité un camarade de sale Juif.

Le terreau français labouré, travaillé et fertilisé par les Lumières, par un christianisme plus ouvert et surtout par la laïcité et la séparation entre la Religion et l’Etat serait-il moins propice à la prolifération des mauvaises herbes antisémites que le terreau polonais ? Aussitôt énoncée, je constate une faille dans cette hypothèse.

En effet, alors que dans les pays du Maghreb, Juifs et Musulmans sous domination « coloniale » avaient des relations de bon voisinage, je ne comprends pas pourquoi transplantés en France, les musulmans issus du Maghreb et d’Afrique Noire ont à leur actif 99% des propos et des violences allant jusqu’aux enlèvements et meurtres (comme ce fut le cas pour l’infortuné Ilan Halimi). L’Islam serait-il allergique au terreau républicain et laïque ? Même au XIXème et la première moitié du XXème siècle où il était de bon ton en France de manifester un antisémitisme verbal, un Juif identifiable comme tel n’était jamais agressé physiquement sur la voie publique. Cela était coutumier en Pologne, pas en France ; il en allait de même sous l’occupation allemande : l’antisémitisme était alors le fait de l’administration, des journalistes émargeant à la Propagandastaffel, mais pas de l’homme de la rue. Combien de fois a-t-on même pu voir, en été 1942, des usagers du métro manifester ouvertement leur sympathie aux usagers « décorés » de l’étoile jaune au point que la presse collabo éprouvait le besoin de condamner ce comportement « anti-français » ….

Avec l’implantation de l’islam en France, notre pays s’abaisse au niveau de la Pologne de naguère. Là où un musulman ou une musulmane « visible » peut se déplacer sans crainte, un passant reconnaissable comme Juif se fait injurier et molester par des « discriminés » musulmans. Ça se passe à Paris et dans ses banlieues. Il ne fait pas bon de porter une kippa ou d’avoir simplement « l’air juif » dans certains quartiers de notre douce France. Nous voyons même des individus de culture mahométane, qu’un sentiment d’impunité rend audacieux, venir au commissariat de police menacer leurs victimes de représailles si elles ne retirent pas leur plainte. Les professionnels de l’antiracisme tels que le MRAP ou la Ligue des Droits de l’Homme si prompts à dénoncer outrancièrement le prétendu racisme et la prétendue discrimination montées de toutes pièces lorsqu’ils sont imputés à des « Souchiens », perdre subitement l’usage de la parole lorsque le racisme se situe dans le camp musulman. Force est d’ajouter que ce racisme d’importation et dont les propagateurs sont entretenus par nos prestations sociales ne se limite pas aux Juifs... Maints internautes « gaulois » contraints de vivre dans des « cités sensibles » nous signalent les « incivilités », les menaces et les violences auxquelles leurs enfants et eux mêmes sont quotidiennement exposés par les protégés de la Halde. À l’instar de l’antisémitisme propagé en Europe par le régime nazi, l’antisémitisme islamique n’est que le cheval de Troie*, cadeau de « la chance pour la France », stupidement introduit dans la cité par ses victimes désignées pour s’en emparer de l’intérieur. Car ne nous y trompons pas, derrière l’antisémitisme se profile le racisme induit par l’islam tant « modéré » que « violent » contre tout ce qui n’est pas musulman, contre tous ceux qui refusent de donner à la charia le pas sur nos lois, qui ne supportent pas que leurs enfants puissent devenir demain des dhimmis. Ce racisme transpire à travers les pores du rap et autres « œuvres artistiques » maintes fois subventionnées par les ministres de la culture alors que si elles étaient tournées contre les musulmans, elles vaudraient les plus sévères condamnations à leurs auteurs. Mais ces « œuvres artistiques » ne font-elles pas que traduire les prêches dans les mosquées dont l’effarante imbécillité de nos élus favorise la prolifération sur le sol de la République ?

* lire ou relire « Le Cheval de Troie » de Martin Birnbaum à la Une de LibertyVox: http://www.libertyvox.com/article.php?id=264

Brûlons Tintin

Un Congolais, venu étudier en Belgique (grâce à la générosité volontaire ou pas du contribuable belge), demande aux autorités belges l’interdiction de « Tintin au Congo » au motif que cet ouvrage qui a fait ma joie dans mon enfance, datant du début des années 30, époque où le Congo était colonie belge et alors que ce pays indécis à entre temps changé plusieurs fois d’appellation, donne une image ridicule des Noirs en général et des Congolais en particuliers. Cette demande provoque chez moi quelques réactions contradictoires. En premier lieu, j’aurais tendance à comprendre ce Congolais, la dignité humaine et le respect dû à tous les êtres humains étant indivisibles et c’est un devoir civique que de dénoncer tous les manquements à ce principe. Mais en même temps je me demande pourquoi ce jeune homme tellement susceptible ne commence pas par combattre sur place et non dans son confort bruxellois, les haines interethniques, intertribales ou inter claniques qui, depuis la décolonisation, font beaucoup plus de victimes dans les populations de sa patrie que les quelques bandes dessinées, à cet égard inoffensives tout compte fait. Après tout, si les Belges ont envie de lire Tintin, ce n’est pas à un étranger appartenant à une classe privilégiée (au moins par rapport aux misères dont tant de Noirs souffrent en Afrique). Bon, c’est discutable. Mais c’est la menace de l’Index que notre Congolais fait planer sur tout ce qui s’édite depuis des siècles en Europe et dans le monde.

Par exemple, il est difficile de trouver dans la littérature française (qui inclut celle de la Belgique du moins francophone) depuis le Moyen Age jusqu’ à une époque récente, un ouvrage qui ne contienne pas au moins un passage à connotation antisémite ou donnant une image désobligeante de tel ou tel personnage présenté comme Juif. Point n’est besoin d’aller jusqu’aux nauséabondes vomissures du pervers Dr Destouches alias Céline. Si nous devions suivre notre brave Congolais, il faudrait interdire aussi bien Ronsard, Molière, Alphonse Daudet, Voltaire, André Gide, Jules Verne, Romain Rolland et, bien entendu les Belges Georges Siménon …. ou Hergé, les Congolais n’étant pas seuls à devoir se plaindre de ses caricatures. Ce ne sont là que quelques uns parmi des dizaines d’autres auteurs dont les œuvres seraient à mettre au pilon ou pour alimenter les bûchers des autodafés. Il faudrait aussi interdire les écrits de Karl Marx, virulent antisémite malgré, ou à cause de son origine juive entretenant sa « Selbsthasse » (haine de soi). Et puis attention, quelques passages de nos saintes Évangiles pourraient elles aussi tomber au mieux sous les ciseaux de la censure. Mais puisque c’est en Belgique que ça se passe, je suis décidé à saisir la Justice de ce pays contre un ouvrage anti-juif et anti-chrétien, un ouvrage appelant à leur asservissement ou à leur extermination, au pillage de leurs biens, au massacre de tous les opposants, des femmes insoumises, des homosexuels et j’en passe. Je ne parle pas de Mein Kampf devenu best seller dans les pays musulmans, mais du Coran. Mais les autorités belges qui, dans leur couardise, viennent d’interdire une manifestation contre l’islamisation de l’Europe, permettront-elles à la Justice souveraine et indépendante, de juger le Coran ? Et pourtant, cher ami Congolais, le respect que je dois à votre dignité ne m’interdit pas de penser que ce Coran est autrement plus dangereux, plus criminogène, plus pervers, plus immoral que ce Tintin au Congo. Alors laissez moi la liberté de me procurer et de relire cet album de Hergé. Merci pour votre compréhension.

Tenue correcte exigée

Un ami m’ayant, un jour caniculaire de juin, invité à déjeuner au Cercle Républicain, je m’y suis vu interdit d’accès, le règlement des lieux exigeant une tenue correcte. Cette notion de « correct » variant selon le temps et le lieu, celle dudit Cercle impliquait le port d’une cravate ou d’un nœud papillon alors que j’avais le col de chemise ouvert. Ne me sentant aucunement discriminé pour une appartenance supposée à une religion, une ethnie, une race ou une couleur politique, et soucieux, comme tout homme bien élevé, de respecter les us et coutume du lieu où je me rends, j’ai accepté la cravate que le maître de céans me prêtait obligeamment.

Lorsque j’ai l’occasion de visiter une mosquée, je me déchausse. Lorsque j’assiste à une cérémonie dans une synagogue, je mets un couvre chef ou j’emprunte une kippa et lorsque je me rends à l’église, je me découvre la tête. Le tout est de respecter les usages du lieu où je me rends sans contrainte.

En vacances dans un pays musulman avec quelques couples d’amis, nos épouses ont couvert d’un gilet ou d’un châle leurs épaules dénudées afin de ne pas choquer les autochtones.

Mais il semblerait que l’Islam comprend mal cette règle d’élémentaire de courtoisie et de savoir vivre qui implique la réciprocité. Réciprocité serait-il un mot intraduisible en arabe ? Cet hiver, en visitant la cathédrale de Reims, j’ai été choqué par la présence de quelques individus de type arabe qui gardaient ostensiblement la tête couverte d’un bonnet. Ce n’est pas le « type arabe » mais le bonnet sur la tête à l’intérieur d’une église qui me dérange et me choque. Mais ceux que l’on veut nous faire considérer comme « une chance pour la France » ne craignent aucunement de nous choquer. Nous ne comptons pas. Cela ne les empêche pas de nous reprocher notre manque de respect à leur égard.

Or il semblerait que si quelqu’un s’était avisé de leur demander de se découvrir par respect pour le lieu et pour les Catholiques présents ou de quitter les lieux, il serait poursuivi et traîné devant les tribunaux par le Mrap et pourquoi pas par la Halde pour comportement discriminatoire et raciste.

C’est pourtant ce qui est à peu près arrivé à Fanny Truchelut, propriétaire du « Gîte des Vosges » à Julienrupt (Vosges) qui, ayant loué par correspondance une résidence de vacances à une jeune femme portant un nom à consonance maghrébine, ce qui ne posait aucun problème, voit que cette dame ainsi que la maman qui l’accompagne portent le voile islamique. Ça se passe le 11 août 2006. Elle leur fait observer qu’elles sont libres de se vêtir comme elles veulent dans leur chambre ou à l’extérieur du gîte mais que dans les salles : salle des repas et le salon de télévision, elles doivent ôter ce signe ostensible d’appartenance religieuse pour ne pas choquer les autres clients. Ce que ces dames refusent et elles partent après que la propriétaire leur eut remboursé leurs arrhes. Le Mrap, ancien appendice du parti communiste stalinien reconverti en organe de l’UOIF, s’empare de l’affaire. Le Mrap est riche des subventions du contribuable français et probablement de quelques bakchichs hallal provenant de généreux saoudiens et émiratis. Le Gîte des Vosges, gagne pain de la famille Truchelut est contraint de fermer ses portes et Fanny Truchelut, privée de ressources, doit faire face à des frais de justice bien au dessus de ses moyens. C’est ce que les agents de l’islamisation de la France appellent « égalité des chances ».

On peut discuter à l’infini sur ce qui est « correct » et ce qui est « incorrect ». On peut simplement répondre qu’est incorrect tout ce qui heurte la majorité des personnes à une certaine époque, dans une région ou dans un lieu donné. Dans les stations balnéaires, les restaurateurs demandent à leurs clients et clientes sortant de la plage de se vêtir avant de se mettre à table. Chez nous, en France, c’est parfaitement admis et ceux qui veulent rester en maillot ou slip de bain peuvent toujours se faire servir un casse-croûte dans une gargote sur la plage. Et si le port du voile est « correct » à Téhéran, si le hidjab est « correct » à Riyad, si la lapidation d’une femme indocile est « normale » à Riyad, si l’exécution d’une fille indocile par son père ou par son frère est une affaire d’honneur en terre d’islam, toutes ces mœurs ne le sont pas pour autant à Paris et encore moins à Julienrupt, lieu attaché à son caractère régional. Ce qui est une affaire d’honneur en Anatolie n’est qu’un crime crapuleux en France où ces mœurs reflètent l’infériorité de la femme, son exclusion du statut humain, sa « chosification » et sa soumission absolue aux mâles de sa famille, fussent-ils les derniers des cons, comme c’est généralement le cas. Reste à savoir si les Français ont encore le droit d’avoir quelques principes et de les faire respecter dans leur pays, s’ils ont le droit d’être choqués par des mœurs qu’ils jugent barbares, cruels et attentatoires à la dignité de l’homme et de la femme, comme les musulmans s’arrogent le droit de le faire en terre d’islam en fonction de leurs propres normes. Ou bien s’ils doivent renoncer à leur culture, à leurs mœurs, à leur éthique pour leur substituer des lois, des mœurs, des coutumes d’un autre temps, d’un autre lieu. C’est pourtant à cette dernière solution que les forces ennemies de l’extérieur et de l’intérieur veulent nous contraindre.

On pourrait penser, comme les imposteurs du Mrap tentent de le faire croire, que nous sommes devant une France de gauche, laïque, vertueuse et républicaine incarnée par le Mrap et une France xénophobe, raciste et intolérante d’extrême droite qui va de Le Pen à de Villiers, incarnée par Fanny Truchelut reliée par un procédé d’amalgame que le totalitarisme stalinien a développé dans les Procès de Moscou, aux auteurs des profanations récentes de tombes juives dans la région. Or il se trouve que ce n’est pas la presse du Front National mais RESPUBLICA, organe de la France républicaine et laïque, qui rétablit les faits et dénonce ce coup monté qui, à travers la personne de Fanny Trébuchet, vise à faire abroger la loi interdisant le port du voile islamique dans les écoles. Car soyons logiques. Si un tribunal décrète que l’interdiction du port du voile islamique est de caractère raciste et discriminatoire, s’il désigne comme raciste l’hostilité à l’islam pris en tant qu’idéologie politique à fondement religieux, on pourrait difficilement soutenir que ce qui est raciste dans un établissement privé ouvert au public ne l’est pas dans un établissement scolaire. On donnerait de surcroît droit de cité au néologisme « islamophobie » forgé par des islamistes jihadistes, qui sera désormais considéré comme un délit réprimé par le droit français. Cela permettrait à l’UOIF et à ses Français « de souche » domestiqués et porteurs de valises de faire réviser la relaxation dont Charlie Hebdo a bénéficié après avoir publié les dessins « blasphématoires ».

Alors, le procès intenté à Fanny Truchelut l’est aussi contre chacun d’entre nous. C’est un procès contre notre système laïque, contre notre devise Liberté, Egalité, Fraternité. Ceux qui, d’où qu’ils viennent, y adhèrent sont des nôtres. Ceux qui s’y opposent sont nos ennemis, il faut le dire catégoriquement, sans fioritures et sans concession.


André Dufour pour LibertyVox.

Tintin au Congo

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© André Dufour pour LibertyVox - Article paru le 15/08/2007 Imprimer cet article
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