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Les Oiseaux

Ils paraissent inoffensifs, se tiennent groupés sur leurs perchoirs puis, soudain, ils se transforment en bêtes furieusement agressives. “Les Oiseaux”, le bloc-notes d’André Dufour.

Les Septante et les halls d’immeubles

Ce n’est pas de l’antique traduction de la Bible en grec qu’il s’agit mais d’une poignée de grévistes, soixante-dix en tout, qui s’arrogent le pouvoir exorbitant de bloquer un terminal pétrolier du port de Marseille au risque de mettre raffineries et usines en chômage technique. Moyennant quoi, leurs syndicats aux méthodes mafieuses hurleront contre les délocalisations.

On se demande alors comment réagirait notre gouvernement si un navire de guerre hostile bloquait le port de Marseille ? A en juger par la mollesse des réactions de nos « autorités » devant le chantage de la CGT, qui ne rassemble qu’un faible pourcentage des travailleurs français, on est en droit de craindre que nos autorités se laisseraient rançonner par le navire hostile plutôt que de le couler pendant qu’elles en ont les moyens. C’est tout le problème du droit de grève, légitime en soi, que 70 dockers affiliés à un syndicat en mal d’adhérents pervertissent en un droit de nuisance. Au point où on en est, la France pourrait remplacer son symbole du coq gaulois par celui d’un hall d’immeuble des « banlieues », passages obligés pour les locataires, mais plus ou moins encombrés par des bandes de glandeurs qui y font la pluie et le beau temps et peuvent y bloquer l’accès aux appartements, importuner, voire molester ou violenter qui bon leur semble.

Et la France n’est pas à court de glandeurs encombrants, mouches du coche ou racketteurs fonctionnant en groupes de pression, se présentant sous diverses étiquettes, souvent subventionnés, du genre antiracistes ou droits de l’homme sélectifs, des antiracistes antisémites, des islamistes du CFCM, droits spécifiques des Noirs du CRAN, ou de Jaunes ou de Bigarrés, d’homosexuels, de « banlieues défavorisées », de diverses chapelles écolos, de soutien à l’immigration illégale, de palestinophiles et de palestinophrènes, de lobbys syndicaux ou corporatistes, des droits des passeurs de clandestins, de chasseurs, de pêcheurs à la ligne, d’anti-chasse et anti-tabac réunis, d’idéologues de gauche, de théoriciens à la casse, d’autonomistes de l’île de la Jatte, de vétérans « ayant fait » mai 68, de staliniens recyclés, de défense de la cause des pédophiles persécutés, de végétariens, de procréateurs chastes, d’aide aux veufs polygames, d’obsédés de la Révolution prolétarienne, de secours aux obsédés sexuels, de djihadistes modérés républicains, de multiculturels, de pro métissage, cette énumération à la Prévert n’étant pas exhaustive, sauf que le raton laveur est supprimé sous les menaces et pressions du syndicat des capitaines de bateaux lavoirs.

Or on ne gouverne pas sans objectifs et surtout sans autorité pour les réaliser. Devant les intérêts et sensibilités contradictoires, cela ne se fait pas sans faire des mécontents. Le courage consiste à l’assumer. Autrement dit, accepter d’être impopulaire. Mais comme nos politiciens, parmi lesquels on a du mal à déceler un homme ou une femme d’État, se soucient davantage de leur élection ou réélection que de la France, ils se soumettent non pas aux règles d’une démocratie reposant sur le suffrage universel, mais à celles du marketing et plient devant les nombreuses exigences contradictoires des uns et des autres. C’est ainsi que la France a beau chanter « marchons, marchons », elle est condamnée à faire du sur place. Pourtant, il n’y a pas de démocratie sans autorité.

Un gouvernement sans autorité laisse le pouvoir réel à des individus non élus, à des mafias, à des groupes d’intérêts économiques, idéologiques, dogmatiques ou religieux. Et l’avenir n’est pas très lisible à en juger par le véritable métissage des idées de la part de candidats à la présidence, de sorte qu’il y a un peu de Sarkozy, voire du Le Pen chez Royal comme il y a chez Bayrou des gènes de Royal et de Sarko, et qu’il y a du Jaurès avec un chouya de Le Pen et de Villiers chez Sarkozy. Même Le Pen se découvre soudain un amour soudain pour les Maghrébins implantés en France, laissant le maréchal Pétain à une certaine gauche bovéso-gauchiste enkeffiée qui, dans l’affaire du criminel Cesare Battisti, nous demande de tenir « toutes les promesses, même celles des autres »

Tenir les murs, tenir les ports, tenir les gares et aérogares

À l’instar des Oiseaux d’Alfred Hitchcock, ils paraissent inoffensifs et le sont au départ. Ils se tiennent juste groupés sur leurs perchoirs puis, soudain, on ne sait trop sous quel effet déclanchant, ils se transforment en bêtes furieusement agressives.

Ils sont inoffensifs ces « jeunes » qui tiennent les murs des halls d’immeubles, lieux de passage obligés dans les grands ensembles des cités. Après tout, au nom de quoi peut-on interdire aux « jeunes » de se retrouver dans ces lieux de passage, même si, à quelques dizaines de mètres, ils peuvent se retrouver dans une maison de jeunes que les municipalités aménagent à grand frais à cet effet ? Ils ne font rien de mal, juste de temps en temps chahuter un peu une jeune fille contrainte de traverser ce passage obligé et jugée proie offerte au premier venu du fait qu’elle n’est pas voilée ; rien de méchant, juste quelques quolibets ou avances « galantes » qui risquent néanmoins de « déraper » si elle leur « parle mal ». Rien de grave, elle sera tout juste la proie d’une « tournante » dans une cave ou remise à poubelles. C’est du romantisme version multiculturelle qui, avec le métissage obligatoire, est l’avenir de la France


Tenir les murs à la Gare du Nord

Cet autre lieu de passage obligé, non seulement pour des centaines de milliers d’usagers quotidiens des trains de banlieue et RER, mais aussi pour les voyageurs des trains internationaux venus de Grande Bretagne, Hollande, Allemagne, Scandinavie, Pologne pour lesquels cette gare rénovée et animée par des galeries marchandes, mais abritant des squatteurs et naufragés de la vie, des petits traficoteurs et des « jeunes » glandeurs, est la première image qu’ils voient de Paris. Ces « jeunes », qui ne sont pas forcément sans emploi ni « discriminés », y traînent quelques heures chaque jour histoire de s’y retrouver entre copains, discuter, importuner quelque peu les commerçants devant les boutiques desquels ils élisent domicile, y entrant pour chaparder quelques objets et draguer les vendeuses, les commerçants devant alors les prier, le plus poliment possible, de déguerpir. Et surtout, comme ils le disent eux-mêmes, ils s’y retrouvent en bande dans le seul but de « foutre la merde », d’où quelques petites bagarres de temps en temps. Rien de grave en somme, ne soyons pas intolérants ni réacs sécuritaires, encore que ces petites nuisances permanentes deviennent parfois exaspérantes pour ceux qui doivent emprunter chaque jour ces couloirs et galeries marchandes ou y travaillent et doivent à tout prix éviter de « parler mal » à ces importuns de crainte que « ça parte de travers ».

L’ennui, plan Vigipirate oblige, ce sont les policiers qui patrouillent sans cesse dans ce secteur névralgique desservant, outre une banlieue densément peuplée, l’Europe du Nord. Il faut donc à tout prix empêcher la réédition des carnages au nom d’Allah que les gares de Madrid ou de Londres ont subis. Sauf du point de vue des penseurs autoproclamés d’une gauche dépréciée qui s’est régulièrement trompée dans le passé, ces mesures ne répondent donc à aucun fantasme sécuritaire. Or, nos « Français Jeunes », à l’ âme sensible et susceptible, voient dans toute présence policière une « provocation ». Alors tout prétexte est bon pour que ces « jeunes » si « tranquilles » montent au créneau, pillent et cassent tout sur leur passage, rejoints par tous les squatteurs, dealers, traficoteurs et professionnels de la manche qui transforment la gare internationale en véritable Cour des Miracles. Pas de quoi en faire tout un plat. Vous et moi, nous paierons les dégâts via nos impôts et nos primes d’assurances et il ne restera plus qu’à attendre la prochaine vague de violences.

Racisme cheminot

Si les contrôleurs de la SNCF n’étaient pas racistes, ils n’auraient pas demandé à un Congolais, en situation irrégulière du reste, de présenter son titre de transport. Donc la SNCF est responsable des émeutes de la Gare du Nord. Responsabilité qu’elle partage avec la police dont la présence provoque et « humilie » les indigènes de la République qui s’identifient plus volontiers à Ben Laden qu’à Jeanne d’Arc. Désormais, seuls les voyageurs au faciès européen devront être contrôlés. Ça évitera émeutes et casse, bien plus onéreuses que le prix de quelques titres de transport.

On oublie trop que depuis que la France ne connaît presque plus d’immigration du travail, les nouveaux venus et leur progéniture ne sont pas là pour payer mais pour recevoir. C’est le fruit de toute une culture d’assistanat social et médical universel, sans contrepartie d’obligations, développée par les gouvernements tant de droite que de gauche dont bénéficient même les immigrés clandestins. Il est donc logique de payer d’un coup de boule à la Zidane le contrôleur qui demande au passager « jeune » son titre de transport, « provocation » qui ne manque pas de mettre le feu aux poudres et déclancher une guerre interethnique. Car on en peut traiter l’Intifada de la gare du Nord comme une simple émeute, comme un acte isolé. Ces violences s’inscrivent dans un ensemble séditieux ; c’est à un séparatisme ethnique que nous sommes confrontés, et non à des troubles « sociaux » qui, eux, se règlent généralement par quelques rallonges budgétaires. Dans le cas d’espèce, subsides, aides et avantages sociaux supplémentaires ne suffiront pas pour retrouver une France harmonieuse ; au contraire. À se demander si la décision que vient de prendre le Conseil Régional d’Île de France, dominé par la gauche, d’accorder la gratuité des transports aux RMistes n’est pas une folie de plus pavée d’apparentes bonnes intentions. Le coût de cette gracieuseté ne serait-il pas mieux employé à créer des emplois, quitte à les subventionner ? Me voilà en plein dans l’immoralité. Faire travailler un érémiste ? Et puis quoi encore ?


Nous devons régulariser tous les sans papiers

Oui, il faut commencer par régulariser ceux qui, entrés irrégulièrement en France, y vivent depuis 10 ans. C’est du moins ce que clame le lobby des irresponsables débiles qui pervertissent l’idée même des droits de l’homme.

Faut-il leur mettre le nez dans leur caca? Le caca, naguère illustré par la bande à Fofana, tortionnaire d’Ilan Halmi, est cette fois-ci illustré par Angelo Hoekelet, ce resquilleur venu irrégulièrement en France avec sa famille voici 22 ans ; ce Congolais est à présent âgé de 32 ans, un « jeune » plutôt prolongé. Il est vrai que par un euphémique glissement sémantique, « jeune » ne désigne plus une classe d’âge mais une minorité « culturelle » d’importation qu’il faut respecter, sachant ou ne sachant pas que toutes les cultures se valent. Nous sommes dès lors dans une situation ubuesque. Cet angélique Angelo, qui a gratifié d’un coup de boule le contrôleur du RER, vit donc dans le « 9.3 » chez ses parents, eux-mêmes dans l’illégalité, autrement leur fils serait également en situation régulière, ce qui ne les prive pas pour autant d’un logement social subventionné ainsi que des soins médicaux, des allocations familiales et on en passe. Et ça dure depuis 22 ans pour cet « individu violent en rupture avec l’autorité, nourrissant une haine de l’uniforme » qui a fait l’objet de 22 procédures accumulées en Seine-Saint-Denis, Val de Marne, Marseille et aussi dans le quartier de la Gare du Nord pour « violences volontaires, vols à l’étalage, port d’arme de quatrième catégorie (pistolet, fusil) et sixième catégorie (couteau,batte de base-ball…), violences à agents, violences et outrages à dépositaires du service public ». Beau palmarès, n’est ce pas ? Mais alors, que fait-il encore en France ? C’est simple, il est protégé par une loi imposée par les bonnes âmes, celle qui abolit la double peine. Autrement dit, un tel individu, une fois sa condamnation prononcée par la Justice, ne peut plus être expulsé. Un clandestin n’a plus qu’à tabasser un flic ou participer à un braquage et le voilà dans la même catégorie que les femmes venues accoucher en France ou les parents d’enfants scolarisés : « inexpulsable ». C’est ainsi que le multiculturalisme associé à l’abolition de la double peine, si chers aux idiots utiles, nous gratifie de quelques dizaines de milliers d’Angelo et autres Fofana. Et tant pis pour les Ilan Halimi torturés à mort par ces barbares d’importation en franchise de port et de douane. Mais l’important n’est-il pas que les militants anti-double peine aient obtenu gain de cause ? Qu’importe le nombre de leurs victimes puisque les beaux principes sont saufs ?

Désinformation et petits mensonges électoraux

« Non, la gauche n’est pas morte » titrait fièrement Guillaume Bachelay dont nous venons de découvrir l’existence dans le Figaro du 21 mars avec son plaidoyer pour sa mouvance politique. Nous devrions pourtant tous le connaître puisqu’il est membre du Conseil national du Parti socialiste. Donc, icelui soutient que la gauche survit jusque dans le discours de Sarkozy « qui cite Jaurès et fustige les patrons voyous, tandis que Bayrou vante désormais l’école publique ». Il est vrai que depuis que les leaders socialistes n’ont plus grand-chose de socialiste et plus rien de commun avec la classe ouvrière démunie, il n’est pas anormal de voir la droite récupérer quelques débris de socialisme.

Présentant le palmarès de son parti, il affirme que celui-ci a assuré la victoire du Non au traité constitutionnel. Or, même si, selon Pétain, les Français ont la mémoire courte, nous croyons nous rappeler, sans pour autant porter un jugement sur le choix de ce parti, que le camarade François Hollande comme la camarade Ségolène Royal avaient engagé leur parti dans la campagne pour le Oui.

Il inscrit aussi dans le palmarès international du socialisme les succès de la gauche en Amérique latine. Je ne sais pas s’il s’agit des FARC et autres narco-marxistes spécialisés dans la prise d’otages et dans le crime, mais il inclut Chavez dans le camp socialiste. Suffit-il donc d’être antiaméricain pour être socialiste ? Dans ce cas, ça multiplie effectivement le nombre de socialistes, de sorte que Madame Royal peut dire « camarade » à Ahmadinejad et aux émirs djihadistes. Ce n’est pas impensable puisque Chavez et Ahmadinejad sont déjà copains comme cul et chemise. Moi, Chavez me rappelle plutôt le sinistre et grotesque Benito Mussolini de mon adolescence, ce qui n’est nullement contradictoire puisqu’ il fut lui aussi un éminent dirigeant du parti socialiste italien, membre la 2ème Internationale, avant de troquer sa chemise rouge contre une chemise noire et devenir le Duce fasciste. Comme quoi, entre les idéologies, les cloisons ne sont pas bien étanches. Et après tout, l’antiaméricanisme, à l’instar de l’antisémitisme, n’est jamais que « le socialisme des imbéciles ».

Il est normal qu’en période de campagne électorale, un apparatchik du Parti socialiste, payé pour cela, vante sa camelote. Mais le faux étiquetage ne reste pas moins un délit rédhibitoire. C’est ce genre de désinformations et de mensonges qui discréditent un parti et sa candidate à la « présidentitude »


La balance de la Justice

Quel beau symbole que cette balance aux deux plateaux de même niveau ! il laisse entendre que la Justice est égale pour tous ! Elle l’est effectivement, mais le personnel navigant d’Air France est fondé de croire qu’au tribunal de Bobigny, dont l’aéroport de Roissy CDG dépend, pratique une égalité à géométrie variable, le plateau penchant plutôt soit du côté des « jeunes des banlieues défavorisées », soit du côté des célébrités nanties. Si vous n’êtes ni défavorisés ni nantis, si vous faites partie de ceux qui vivent de leur salaire durement gagné, ne demandent rien à personne et paient leurs impôts, n’attendez aucune indulgence du TGI de Bobigny. C’est dans ce contexte que le sieur Delarue, voyou taré psychopathe, mais friqué, peut s’offrir le luxe d’injurier et de brutaliser en plein vol le personnel navigant d’Air France, mordre une hôtesse, pour n’écoper que « d’un stage de citoyenneté » de trois jours « pour son comportement violent et outrageant à l’encontre de personnels navigants d’Air France, lors d’un vol Paris- Johannesburg le 13 février alors qu’il était ivre ».

Bien sûr, cette déférente clémence n’a pas été obtenue sans dédommagements pécuniaires, dont le montant est tenu secret, mais sans doute assez substantiels pour « encourager » les personnes outragées et molestées à retirer leur plainte. Mais cette dépense sera partiellement compensée par la « générosité » du TGI de Nanterre qui vient de condamner la société éditrice du magazine Choc Hebdo qui avait diffusé la vidéo montrant le sosie de Jean-Luc Delarue en train de « péter les plombs » dans un avion. Choc (www.choc.fr) va donc devoir verser au « célèbre » histrion otragé 15 000 € de dommages et intérêts, contre les 100 000 demandés pour sa dignité froissée. C’est « peu » au regard de ses émoluments démesurés dont tout assujetti à la redevance audiovisuelle supporte le coût, même s’il zappe quand il voit cette tronche à la télé, mais c’est toujours ça de gagné. Comptons sur sa « générosité » et sur la pub que cela lui vaudra pour qu’il ajoute ces 15 000 € aux dommages et intérêts qu’il doit verser aux hôtesses dont la dignité froissée dans l’exercice d’un métier pénible ne doit pas être moins prise en considération que celle d’un grossier personnage puant de prétention et imbibé d’alcool.

Mais une question bien plus grave se pose. Le délit dont Delarue se rend coupable fait partie des nombreuses menaces de toute nature qui mettent tout avion et ses passagers en péril. La répression de ce comportement ne dépend donc plus d’un dépôt de plainte qui peut être retiré moyennant compensation financière accompagnée d’une « peine » bidon. Et puisqu’il est question de « valoriser le travail », que dire de l’outrage fait aux personnels navigants qui sont des travailleurs de l’air ? Est-ce de cette façon là que notre prétendue Justice et nos autorités valorisent le travail ? Et que deviennent les règles de sécurité et de vigilance auxquelles les navigants sont astreints et qu’ils se font un honneur d’appliquer scrupuleusement ? Alors le cas Delarue est un exemple de plus de la veulerie de la « Justice » à l’image de ceux qui nous gouvernent et de la dégradation de notre Cité.

Eurolangue ou poisson d’avril ?

La Commission Européenne, n’aspirant décidemment pas au repos, plancherait paraît-il en ce moment sur la langue de l’Europe. Si quelqu’un d’entre vous peut le confirmer, ce serait une heureuse initiative, en tous cas bien plus importante et opportune que de réglementer après d’âpres et laborieux débats le calibre des poireaux ou l’odeur de nos camemberts.

À première vue, nous pensions à la réactivation de l’Esperanto remis au goût du jour, ce qui mettrait fin au monopole de l‘anglais, jargon maternel non plus d’une minorité européenne campant sur les berges de la Tamise où il est peu à peu supplanté par l’ourdou et autres pachtoune ou arabe, mais de la tant honnie Amérique impérialiste, arrogante, unilatéraliste et sioniste.

Avec l’Esperanto, langue facile à apprendre puisque quelques mois suffisent pour la maîtriser, l’Europe, en tout cas ses instances communes, aura enfin une langue commune de travail et de communication. Mais ce n’est pas du tout de cela qu’il est question. Vous ne voulez tout de même pas que la Commission européenne travaille sur des sujets sérieux et constructifs ! Non, ce n’est pas tant la langue mais la sémantique qui est à l’ordre du jour.

Ce qui préoccupe les Commissaires européens, c’est l’image négative de l’Islam véhiculée par un certain nombre de mots et de termes qui lui sont associés, quelle que soit la langue dans laquelle ils sont utilisés. Par exemple Islam ne doit jamais être associé à Islamisme et surtout pas à Intolérance, Obscurantisme, Violence, Mépris des autres croyances, Soumission de l’homme à Dieu et de la femme à l’homme. Djihad doit obligatoirement et uniquement signifier « combat intime contre ses propres mauvais penchants », en attendant que la Commission se prononce sur ce qui est un bon ou mauvais penchant ; le « terrorisme islamiste » doit être prononcé « regrettable acte violent commis sous couvert abusif de l’islam », Islam doit être défini comme « religion d’amour de tolérance et de paix dans laquelle l’Europe a ses racines ». Ce ne sont là que des exemples de toute l’orthodoxie et orthopraxie européenne qui sera imposée aux écrivains, journalistes, conférenciers, enseignants, parlementaires, ministres sous peine de comparution devant la CERS (Cour Européenne de Répression Sémantique).


André Dufour pour LibertyVox

Images ci-dessus et à la Une : « Les Oiseaux » d’Alfred Hitchcock

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© André Dufour pour LibertyVox - Article paru le 03/04/2007 Imprimer cet article
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