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L’identité française est-elle hors la loi ?

A voir les attaques de Ségolène Royal, on finit par se demander si l’identité française ne vit pas ses dernières heures.

Ségolénitudes

«À bas l’identité française» laisse-t-elle entendre à qui veut l’entendre.

Du côté de Toulon, Clichy-sous-Bois, Lille, Roubaix, Tourcoing et autres enclaves «indigènes de la république» interdites d’accès aux représentants et symboles de la République française, il y a beaucoup de monde qui ne demande qu’à l’entendre. On l’y entend d’autant mieux qu’elle promet des droits, encore des droits et toujours plus de droits traduits en espèces sonnantes et trébuchantes avec un esprit d’autant plus généreux qu’elle n’en paiera rien de sa poche.

Quels devoirs, quels efforts imposerait-t-elle aux bénéficiaires de ces gracieusetés ?

Devoir ? Effort personnel ? Ce sont là des gros mots, des obscénités issues d’une pensée réac que la Ségolène, collant à la pensée de son public du moment, dénonce avec véhémence. «Gagnant gagnant» peut-être, mais surtout pas «donnant donnant». Nous resterons donc les donnants et les «indigènes de la République» les prenants.

Un rêve donc pour la clientèle que cette nantie courtise, un cauchemar pour les cochons de payants. Mais à quoi bon se soucier de ces derniers puisque, de toute façon, ils ne font pas partie de la clientèle de cette mystificatrice sans autre programme crédible que celui de se faire élire. Sa meilleure arme, dont elle joue habilement, est l’appel à la discrimination positive en faveur de la femme qu’elle est. Les gens intéressants, ça se récolte du côté de Clichy-sous-Bois où elle s’est exhibée, cuisses dissimulées, dans le rôle de grand’ prêtresse d’une messe devant la plaque commémorant «l’assassinat», par EDF interposé et par flics bouc émissaires, de deux gamins «non intégrés». La politique consistant à savoir choisir, ce geste semble électoralement plus payant que de déposer une rose sur la tombe de l’infortuné Jean-Claude Irvoas, lynché à mort la veille à Epinay, sous les yeux horrifiés de sa femme et de sa fille, par ceux là mêmes dont Ségolène encourage la non intégration, ou de Jean-Jacques Chenadec massacré à Stains. Mais en tant que Français «banal», leur souvenir relevant du politiquement incorrect doit être effacé afin de ne pas «stigmatiser» les «banlieues» connues pour leur susceptibilité à fleur de peau, qui se sentiraient discréditées, stigmatisées. À bas donc l’intégration, mot qui dans sa bouche au sourire formaté et mis en conserve par les surgelés Picard, a la même connotation infâmante que patrie, nation, civisme, responsabilité, effort, valeurs, travail. A ce vilain mot, elle préfère les mots Emploi ou Revenu qui n’impliquent pas une contre partie de travail. Seul le mot Identité lui pose un cas de conscience. Son seul usage admissible est «identité politique» et encore, à condition qu’elle gravite autour de sa personne comme elle la déclaré le 26 février à la radio.

Cette pourfendeuse de l’identité française, mais pas celle des "indigènes de la République" avec leur cohorte de machos et de voilées, ne dénonce pas moins le «ramollissement des identités politiques» qu’elle juge «dangereux» et plus grave que le ramollissement de l’identité française, parce que cela «empêche les Français de choisir entre deux modèles de société», la droite ou la gauche, comme si une troisième voie était impensable. Bayrou, qui échappe à cet univers mental en ne se définissant ni de droite ni de gauche, est donc une sorte de monstre d’autant plus répugnant qu’en cas de second tour, comble d’horreur, il n’appellera pas à voter Ségolène. Serait-ce à cette déclaration que Bayrou est redevable de sa subite remontée dans les sondages ?

Mais à moins de plonger la France dans une perpétuelle guerre inter ethnique, inter communautaire ou inter confessionnelle rappelant l’Irlande du Nord, la Bosnie ou le Kosovo, on pourrait se demander par quelle identité unificatrice elle compte remplacer l’identité française.

Ségolène inscrit donc dans ses objectifs le ramollissement de l’identité française au bénéfice d’une bien versatile identité politique. On se demande du reste avec elle à quoi servent les différents candidats à la présidence alors que seule sa candidature devrait être retenue. Cette «ramasse tout» n’a-t-elle pas déclaré à propos des autres candidats : «leurs convictions se retrouvent largement dans mon pacte présidentiel» ? Normal puisque pour meubler la «viditude» de son programme qui se résume à «moi et à je», son pacte que sa garde rapprochée lui a concocté n’est qu’un patchwork de tout ce qu’elle a glané dans leurs programmes. Ainsi, celle qui dénonce le ramollissement des identités politiques n’en invite pas moins les partisans des autres partis à ramollir leur propre identité politique afin qu’il n’en subsiste qu’une seule, celle du Parti Unique qui se confond avec sa personne. Son programme se réduit donc au culte de sa personnalité. C’est ça la ségolénitude.

Démocratie d’opinions

On ne peut évoquer la Ségolénitude sans parler de son projet, qu'elle croit innovant, qui en constitue l’armature : «la démocratie d’opinion». À première vue, et à première ouïe, c’est beau à lire et ça sonne bien à l’oreille. Qui est contre la démocratie ? Et qui s’opposerait à la libre expression des opinions ? Mais au risque de passer pour un misogyne alors que sa «qualité» de femme n’y est absolument pour rien, j’ai trouvé la raison de mon opposition à cette «originalité». Elle est d’abord d’ordre sémantique. «Démocratie» fait partie des concepts qui se suffisent à eux-mêmes. Toute adjonction d’un qualificatif n’a d’autre finalité que de les détourner de leur sens initial. Cela devient une idée OGM. Ce genre d’adjonction est le propre des régimes d’essence antidémocratique propre aux régimes totalitaires. Tel fut le cas des «démocraties» devenues «populaires» qui fut le lot des pays Baltes, Pologne, Allemagne de l’Est, Tchécoslovaquie, Hongrie, Bulgarie, Albanie et c’est encore le cas de la Corée du Nord ainsi que de l’immense Chine. Cette perversion du sens de «démocratie» par l’adjectif «populaire», lui-même perverti, avait servi pour le mot «socialisme» devenu le National Socialisme d’un célèbre socialiste nomme Adolf Hitler. Si le pouvoir ne tirait plus sa légitimité du suffrage universel mais des opinions contingentes, fluctuantes et versatiles, il ne serait tout simplement plus démocratique.

L’opinion qui est quelque chose d’intime et de personnel , se manipule et se fabrique. Une démocratie d’opinion ne reposerait donc plus sur les représentants élus du peuple en fonction justement d’une opinion, mais sur des officines, des ONG, des lobbies, des ligues, associations reposant elles mêmes non pas sur la sensibilité de leurs rares adhérents mais sur la personnalité de leurs leaders et leur capacité d’agitprop et de nuisance. Ce ne sera plus l’Assemblée législative réduite au rôle de figurant mais les «grandes gueules» comme celles de la Ligue des Droits de l’Homme, du MRAP, des syndicats ouvriers ou paysans, de l’UOIF, sans parler des ingérences étrangères qui seront la source du Droit.

La Démocratie d’Opinion ou «participative», que Ségolène prétend «innovante» n’est qu’un remake de la «Démocratie Populaire». Rideau ! (de fer)

La pensée hémiplégique

Je suis en train de me brouiller avec un vieux copain parce que Liberty Vox, auquel je prête bien volontiers ma plume, n’est pas très favorables à Ségolène, ce qui, selon lui, et même si Liberty Vox ne fait pas pour autant campagne pour les adversaires d’icelle, nous situe à droite, c'est-à-dire dans «l’axe du Mal». Cette survalorisation de la gauche, avec ce que cela comporte comme diabolisation de la droite qui s’inscrit dans la ligne directrice de la ségolénitude, laisse irrésistiblement supposer que c’est à Ségolène que José Ortega y Gasset pensait quand il écrivait qu’ «être de gauche ou être de droite c’est choisir une des innombrables manières qui s’offrent à l’homme d’être un imbécile ; tous deux, en effet, sont des formes d’hémiplégie mentale». Avec une gauche ségolinisée après avoir été mitterrandisée, on est plutôt comblés.

Airbus

Ségolène, dans sa flagornerie racoleuse envers les gauchistes antilibéraux, devrait se montrer plus discrète et plus prudente avant d’incriminer le libéralisme et l’actuel gouvernement dans les déboires de ce fleuron de l’industrie européenne. EADS souffre non pas du système libéral tant honni mais au contraire du système administratif aberrant, si cher à la gauche, mis en place par le gouvernement Jospin dont elle-même faisait partie. Impudence et imposture seraient-elles les deux mamelles de notre madone ?

L’identité française est-elle hors la loi ?

Force est de la croire à en juger par le tollé provoqué par l’idée de Sarkozy de créer un ministère de l’immigration et de l’identité française. De la meute ségolénienne aux groupusculaires PC, LCR et autres MRAP ou LDH, en passant par l’indéfini Bayrou, c’est à qui déchiquettera le mieux cette sorte de «crypto lepéniste». Il n’y a pas si longtemps, le PC, dont le nombre d’adhérents et le poids électoral étaient autre chose que le groupuscule résiduel de la camarade Buffet, et que les Socialistes ménageaient pour des raisons de combines électoralistes, était incapable de désigner les trotskistes sans leur accoler le préfixe «Hitlero». On a même vu dans l’Huma d’après guerre les résultats de je ne me souviens plus quelle élection dans une liste où figuraient Socialistes, MRP, Communistes et autres partis, le score des «hitlériens» sans autre préfixe ou suffixe ; ce n’est qu’en lisant le journal «La Vérité», organe de la «Quatrième Internationale» qu’on comprenait qu’il s’agissait des trotskistes. Alors cette «reductio ad Hitlerum» ou «ad Lepenum» est une vieille puanteur qui se dégage de la pensée totalitaire. Alors, madame et messieurs les candidats à la présidence, un peu de décence, contrôlez-vous, trouvez autre chose si vous voulez être pris au sérieux et parlons d’identité nationale.

Quand un artisan bien élevé va effectuer des travaux à domicile, il essuie ses semelles sur le paillasson, demande la permission d’entrer, respecte le lieu et les gens qui y habitent et ne se mêle surtout pas de leurs affaires. Si non, il est indésirable. Cette règle qui relève de la plus élémentaire politesse est également valable pour celui qui va travailler dans un pays étranger, même si, à cette différence près, il est amené à s’y fixer et à y faire venir sa famille avec vocation de se faire naturaliser.

Pensons alors à nos nombreux concitoyens issus des «naturalisations» d’avant 1960. Eux-mêmes ou leurs parents avaient choisi d’être Français et pour ce faire, ils ont commencé par un effort, celui d’apprendre notre langue dans des cours du soir après une dure journée de labeur, se sont adaptés et conformés à nos us et coutumes sans les dénigrer, envoyé leurs enfants à l’école laïque, se sont engagés dans l’armée française, quelques uns y laissant leur vie ou leur santé à l’instar de leurs compagnons français «de souche». Même s’ils ont à titre privé conservé la langue, la culture et quelques traditions de leur pays d’origine, leur identité est désormais française, la langue dans laquelle ils pensent et s’expriment est le français. Ces Arméniens, Polonais, Italiens, Grecs, Juifs «ladinos» ou «Yiddish», Espagnols, Balkaniques sont désormais Français parmi les Français dont ils partagent l’identité.

Or, voici que des hurluberlus viennent leur dire que le pays dont ils sont fiers d’être citoyens n’a que faire de l’identité française, que celle-ci est même ringarde, réac, que l’Histoire de leur pays d’adoption est tellement honteuse que mieux vaut la remplacer par une Histoire écrite par ceux qui nous sont hostiles, et que persister à s’attacher à l’identité française les rattache à Le Pen. Les voilà non seulement floués mais de surcroît stigmatisés par des imposteurs salauds et irresponsables.

Or, la naturalisation est un pacte, une sorte de mariage, un contrat synallagmatique que ces candidats à la magistrature suprême déclarent cyniquement obsolète, caduque, chiffon de papier. Certes les anciens naturalisés conserveront leur carte «nationale d’identité» qui n’en est pas moins devenue un faux puisqu’elle n’est plus nationale et qu’elle n’implique aucune identité. Celui qui, jadis, a fait l’effort d’apprendre le français pour s’intégrer à la nation française pour devenir un Français ordinaire est, par la grâce de la «discrimination positive», placé à un échelon inférieur à celui des derniers venus, rétifs à l’intégration et à la disposition desquels nos administrations et organismes sociaux impriment des formulaires en chinois, arabe, tamoul et autres langues au demeurant fort respectables mais qui ne sont pas moins des langues étrangères. Alors à quoi bon apprendre le français alors qu’en France le chinois, bantou, arabe, c’est kif kif et font aussi bien l’affaire que le français ? Nos anciens naturalisés si bien intégrés à l’identité française, qui ont tant reçu mais aussi tant donné à la France (pensons à tous ces artistes, à tous ces Prix Nobel d’origine immigrée dont la France s’honore) peuvent à bon droit s’estimer trahis et avec eux, tous les Français, ce qui est inquiétant et grave quand ce démantèlement de la France est orchestré par des candidats à la Présidence.

Et, «démocratie d’opinion» obligeant, s’ajoutant à la surenchère électoraliste, les affiches de la camarade Marie George Buffet annoncent à leur tour les exigences du ci-devant parti des goulags : «droit de vote et éligibilité sans préalable à tous les immigrés installés en France». En somme, il suffit de débarquer régulièrement ou illégalement et de poser ses baluchons quelque part en France pour avoir strictement les mêmes droits civiques que les citoyens. Ceci n’est pas clairement dans le «pacte électoral» de Ségolène mais comme l’appoint des quelques voix du PC lui sera indispensable au second tour, voire au premier et, en application de la «démocratie d’opinion», il y a fort à parier que l’éventuelle victoire de Ségolène accouchera d’une sixième république. Mais ce ne sera plus la République Française, celle des Français, mais la République de France multiethnique, multiculturelle, multilinguistique, multiconfessionnelle et irrespirable. Il ne restera plus qu’à trouver un nouveau nom à ce qui fut notre pays puisque celui de France ne recouvrira aucune réalité.

Alors, je préfère encore le «scandaleux» projet de créer un Ministère de l’Immigration et de l’intégration, ces deux notions devant être indissociables. Ce n’est pas plus scandaleux qu’un ministère de la famille, des anciens combattants ou de la Défense. C’est même d’une urgente nécessité pour gérer ce phénomène migratoire et résoudre les problèmes qu’il pose tant aux immigrés eux-mêmes qu’aux citoyens.
Une Commission des Sites protège bien l’environnement des monuments historiques et les paysages de France, alors l’identité française, produit de deux millénaires de cultures hellénique, romaine et judéo chrétienne mériterait-elle moins d’égards ?

Il y a quelque chose de pourri…

Non pas tellement au royaume du Danemark qui se porte plutôt bien, ne serait-ce qu’à la façon dont y sont matées les émeutes provoquées par un ramassis de parasites inciviques à la dégaine de gauchistes, libertaires, travellers et toxicos divers venus d’un peu partout qui entendent se loger à l’œil, c'est-à-dire aux frais du contribuable, dans un édifice appartenant à la municipalité, c'est-à-dire à tous ses citoyens.

Serait-ce au royaume d’Israël où chaque jour nous révèle un nouveau scandale ? Personne n’y est épargné : président, premier ministre, hauts fonctionnaires qui doivent, comme n’importe quel citoyen lambda, répondre aux convocations de la police et des juges. C’est à la fois moche pour l’image d’Israël et en même temps exemplaire dans la mesure où nul ne peut s’y mettre au dessus des lois.

De ce côté, la France n’est pas moins exemplaire, mais à rebours. Non pas que Chirac et ses acolytes soient, comme la femme de César, au dessus de tout soupçon, mais tout simplement parce que se proclamant magistrat suprême sans contre-pouvoir et donc seul en mesure de «se» convoquer et de «se» mettre en examen, Chirac a verrouillé l’appareil judiciaire à son profit. Et pour ce qui est des magouilles et des détournements de fonds publics, il dispose d’un harem de kamikazes qui lui ont servi de fusibles. Un Michel Roussin, son ancien directeur de cabinet à la mairie de Paris, peut ainsi écoper de quatre ans, «avec sursis» comme il se doit, de même qu’un Alain Juppé s’est naguère sacrifié pour son maître en endossant les magouilles d’un maire de Paris qui se nommait, sauf erreur, Jacques Chirac. Un homonyme sans doute de notre actuel président. Moyennant leur docilité envers leur «premier magistrat», nos magistrats, qui ne se sont jamais distingués par leur esprit de résistance, viennent de sauver leur statut d’irresponsabilité. C’est ainsi qu’en dépit du scandale d’Outreau qui a prouvé s’il en est besoin l’urgence de réformer le statut des juges, le texte du ministère de la Justice visant à les responsabiliser en cas d’erreur ou de faute, comme c’est le cas pour les garagistes, les conducteurs de taxis, les chirurgiens, les ingénieurs et pour n’importe quel professionnel, a été vidé de toutes ses dispositions qui allaient dans ce sens. Alors oui, il y a bien quelque chose de pourri, mais c’est au royaume de France au crépuscule du règne calamiteux de Chirac.


André Dufour pour LibertyVox

Clovis

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© André Dufour pour LibertyVox - Article paru le 15/03/2007 Imprimer cet article
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