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Les Maîtres Chanteurs

A-t-il, comme il le dit avec humour, “une vision réactionnaire des choses” ? Voici “les Maîtres Chanteurs”, le dernier bloc-notes d’André Dufour.

Humour

L’affaire Charlie Hebdo est loin d’être close. Alors, malgré les soutiens de tous bords apportés à cet hebdomadaire, parfois contestable mais qu’il faut défendre au nom de la liberté d’expression, méfions nous du pouvoir de nuisance que détient encore Chirac qui, redevable de je ne sais quoi à la cause islamo arabe, entend museler toute expression qui n’aurait pas l’heur de plaire aux wahhabites via la ligue islamique mondiale. Alors parlons d’humour, puisque c’est là le corps du délit. Parlons de l’humour arabe et musulman. Nul n’en a jamais entendu parler mais «ça eut existé».

Électron libre dans une famille islamiste, Khalil Abou Arafeh est un caricaturiste qui fait grincer les dents des leaders politiques palestiniens, tant de l’OLP dont il dénonce la corruption, que du Hamas qui détourne au profit de son appareil politique et militaire toutes les aides étrangères au détriment du peuple qui croupit dans sa misère. Dans l’univers islamique, il faut un sacré courage pour faire de l’humour, du véritable humour, celui qui consiste à ridiculiser ses propres travers, non pas à semer la haine des autres. Il faut d’autant plus de courage que son prédécesseur, Naji Salim Ali fut assassiné en 1988 pour s’être moqué de Yasser Arafat et des régimes en place dans les pays arabes. Défenseur de la cause du peuple palestinien, il serait mort depuis longtemps s’il vivait à Ramallah, à Naplouse ou à Gaza ; or il vit à Jérusalem dans le quartier arabe «occupé» par Israël, ce qui prolonge sa survie. Les «naïvistes», subjugués par Malek Chebel et mystifiés par Tarik Ramadan, nous objecteront que l’Islam, religion d’amour, de tolérance et de paix, ça n’a jamais été ça, qu’il y eut un âge d’or à Bagdad et en Andalousie, conforme au message d’amour de l’islam initial. Mais il faut croire qu’il s’agit d’amour vache puisque Mahomet soi-même ne se gênait pas de faire occire les poètes, poétesses et «chansonniers» qui le brocardaient. Vous qui appréciez l’humour anglais, les bonnes histoires juives et l’humour en général, comment voulez-vous qu’un humour musulman puisse voir le jour dans de telles conditions ?

Nouvelles de la R.A.T.P

Encore un parlementaire néerlandais qui s’est récemment illustré en disant que les musulmans installés au Pays Bas devraient, pour être fréquentables, déchirer la moitié du Coran et que si Mahomet vivait aujourd’hui en Hollande, il serait passible de prison pour incitation au crime. De tels propos ne peuvent que heurter la sensibilité à fleur de peau des représentants officiels de l’Arabie saoudite, wahhabite et pétrolier, pays bien connu pour sa tolérance envers toutes les croyances et pour son humanisme. Nous pouvons d’autant plus facilement comprendre ces âmes délicates, qu’au même moment, les musulmans des régions méridionales de la Thaïlande, région où ils sont majoritaires, ardents échantillons de cette religion d’amour, de tolérance et de paix décapitent à tour de sabre les bonzes bouddhistes, détruisent statues de Bouddha et pagodes, massacrent les ouvriers des plantations d’hévéas et terrorisent les non musulmans. Aux dernières nouvelles, aucune protestation ne se fait entendre du côté de Riyad et de la Mecque. Pas plus que de la très modérée et républicaine mosquée de Paris.

La Marseillaise de l’intégration

On se demande parfois pourquoi les immigrés d’avant 1960, et surtout leurs enfants, se sont si bien intégrés dans la République française et pourquoi les nouvelles vagues d’immigrés non seulement ne s’intègrent pas mais s’y opposent farouchement. La réponse me paraît simple. Pour intégrer une population venue d’une autre culture, il faut que nous soyons nous-mêmes attachés à notre pays, à notre culture, à nos valeurs, à notre Histoire.

Dans mon enfance des années 30, le chant, qui comprenait La Marseillaise, était une des épreuves du Certificat d’Etudes Primaires, au même titre que l’Histoire de France. Bon nombre de mes camarades de classe venaient de Pologne, d’Espagne, d’Italie. Tout le monde connaissait la Marseillaise par cœur. En 1939, les parents des enfants étrangers s’engageaient dans l’armée française. Ils savaient qu’en défendant la France, ils se battaient contre le fascisme et l’hitlérisme. Devant les pelotons d’exécution de l’Occupation, nombre de Résistants français «de souche» ou immigrés mouraient en chantant la Marseillaise. Et en Pologne ou en Yougoslavie, les opposants aux régimes fascisants chantaient eux aussi la Marseillaise en version vernaculaire. C’était considéré par les flics comme un chant séditieux. Or, que vois-je en triant mes vieux journaux avant de les envoyer au recyclage ?

Dans le Figaro daté du 6 novembre 2002, un petit activiste vert (de gris ?) abusant de sa fonction de maire du 2ème arrondissement de Paris, s’oppose à ce que les enfants des écoles viennent chanter la Marseillaise à l’occasion de la commémoration du 11 Novembre «Moi maire, on ne chantera pas la Marseillaise dans cette mairie» déclarait-il. Alors, que peut-on attendre de nos «jeunes issus de l’immigration» ? Comment leur faire aimer ou au moins respecter cette France qu’un édile résidu de la chienlit déteste ? N’y a-t-il donc personne dans cet arrondissement au cœur de Paris pour remettre ce malotru à sa place ? Il s’appelle, sauf erreur, Jacques Boutault. La relève des Collabos de papa est assurée. Chassez la Marseillaise et vous aurez «Nique ta mère» et autres «Diamsitudes» et «grosssiéritudes». C’est ça la culture à la «Jack Langue». Il est vrai que l’évocation de ces féroces soldats (qui) viennent jusque dans nos bras, égorger nos fils nos compagnes est une offensante allusion à la barbarie islamiste.

Troisième lieu saint contre premier et seul lieu saint.

Ça faisait quelques semaines que nos grands médias, devenus forts «mesurés» devant les Palestiniens qui s’entretuent, ne trouvaient plus grand-chose à raconter contre Israël. Fort heureusement, ils ont trouvé du grain à moudre dans l’affaire de «l’Esplanade des Mosquées», «troisième lieu saint de l’islam» profané par les juifs. Mais lieu saint pour qui ? Et qu’y a t il sous l’Esplanade des Mosquées ? N’y avait-il pas le Mont du Temple, premier et unique lieu saint des Juifs ? Alors les journalistes dhimmisés et tenus en laisse ayant le choix entre Mont du Temple et Esplanade des mosquées ont fait le choix le mieux payant et le moins risqué.

Voter, c’est choisir entre plusieurs inconvénients.

On ne vote jamais pour celui que l’on aime mais pour le «moins pire». Chaque candidat à la présidence promet mieux que son rival mais aucun ne s’attaque aux problèmes de fond qui ne peuvent être résolus qu’à l’échelle planétaire.

Alors, sachant que la politique étrangère et la défense relèvent du domaine réservé du Président, et qu’aucun des candidats ne le remet en cause, la discrétion dont ils font preuve face aux problèmes majeurs à l’échelle planétaire, tels que la menace islamiste tant chiite que sunnite, le dumping et le protectionnisme chinois, la croissance démographique exponentielle, les mouvements migratoires, sans oublier, conformisme oblige, le «réchauffement climatique», même si ce phénomène, alternant sur des périodes longues avec le refroidissement, est aussi vieux que notre planète bleue. Raisonner à l’échelle de la France, c’est bien, mais aucun plan, aucune promesse même sincère, mais déconnectée de la réalité mondiale, n’a d’avenir. Sans doute nos candidats pensent-ils que les Français sont incapables de comprendre des problèmes qui ne sont pas à leur échelle de perception. Les électeurs montrent pourtant que, raisonnant plus loin que leur budget personnel, ils comprennent bien la nécessité de tenir compte de la dette publique dans tous les programmes. Mais ne soyons pas trop sévères : il sera déjà difficile de traduire les promesses électorales dans les faits, alors comment prendre des engagements à l’échelle planétaire alors que le peuple français ne pèse que pour 1% à peine dans la population mondiale et à peine plus dans le concert cacophonique et discordant des nations.

Nous avons encore des cartes à jouer dans le monde mais, pour ce faire, restons nous mêmes et commençons par sauver ce qui reste exemplaire dans notre pays. La laïcité par exemple.

Voilà un mot qui recouvre une notion sans équivalent dans d’autres pays. Les Anglo-saxons comme les Allemands le traduisent par «temporal», temporel, ce qui n’est pas exactement la même chose.

Laïcité, combats avec tes défenseurs.

Or, quand on touche à la laïcité qui est l’un des fondements de l’identité française, nous nous heurtons au «plus pire». C’est ce que nous pouvons à bon droit reprocher à Sarkozy. Il est clair que sous couvert d’une discutable et inquiétante «discrimination positive» propre, à l’en croire, à acheter la paix et quelques voix dans les quartiers «sensibles» et réduire le nombre de voitures calcinées, il ne cache pas son intention de contourner en faveur de l’islam le plus rétrograde les dispositions pourtant sans équivoque de la Loi de 1905 qui interdit tout financement public en faveur de quelque religion que ce soit.

Et quelle valeur accorde-t-il à la citoyenneté lorsqu’il propose, comme sa Royal rivale, le droit de vote aux étrangers ? Est-ce faire preuve de xénophobie que de soutenir que le vote, à quelque échelon que ce soit, est un acte citoyen justement réservé aux citoyens ? Les «politicouillards» de droite et de gauche croient nous rassurer en soutenant qu’il ne s’agit que d’élections locales. Mais une élection locale est-elle un acte politiquement neutre au regard de l’échelon national ? Regardons la quête de signatures auprès des maires à laquelle se livrent les candidats à la présidence de la République ? On est en train de dépouiller les citoyens de toute leur spécificité. Que reste-t-il au citoyen déjà dépouillé de toute priorité en matière d’emploi et de logement social ? Deviendrait-il plus avantageux en France d’être étranger que français ? Au point que maints jeunes actifs et créatifs préfèrent être étrangers chez les Canadiens, les Anglais, les Américains que Français en France.

Les maîtres chanteurs

C’est parce qu’elle est une femme que non seulement la droite mais une partie de la gauche et du PS la rejette. C’est du moins ce que Royal nous couine.

Autrement dit, nous sommes sommés de voter Ségolène pour échapper à l’enfer du machisme. La prochaine fois, on aura le même numéro avec un «indigène de la République». Qui ne votera pas pour lui sera catalogué raciste et, pire, islamophobe. De ce côté-là, nos «ennemis» américains, qu’il est politiquement correct de dénigrer quoi qu’ils fassent, font preuve de moins de complexes et surtout d’aucune tendance à l’auto flagellation. Ce qui n’empêche pas les «afro-américains» d’accéder aux postes les plus élevés dans l’état major et dans la diplomatie et un homme «de couleur» de briguer la présidence des États-Unis. Non pas parce qu’il est issu d’une «minorité raciale visible» mais tout simplement en tant que membre du parti démocrate et parce qu’il prouve sa valeur.

Entraînons-nous à prononcer Gourbangouly Berdymoughammedov.

C’est le nom du nouveau maître du Turkménistan, élu «démocratiquement» après la mort de l’irremplaçable, génial et immortel Saparmourat Niazou, Saparmourat Turkmenbachi le Grand. Vous savez (moi je l’ignorais) qu’il était l’ auteur du Roukhnama, recueil politico spiritualiste que tous les écoliers du cru doivent apprendre par cœur. Ces monstres surréalistes que le stalinisme a engendrés appartiennent à la famille de la gauche. La gauche, c’est bon, c’est beau, la droite, c’est bien vilain, du moins dans la philosophie dichotomique de la Royal Ségolène.

L’ordre juste du PS

Tout le monde en est convaincu, du moins dans la pensée hémiplégique de gauche, que le capitalisme avec son libéralisme, c’est l’inégalité tandis que le socialisme, c’est la réduction des écarts entre les nantis et les travailleurs, entre riches et pauvres. L’ordritude juste en somme. Mais «un dictionnaire sans exemples étant un squelette», voyons un peu comment cette égalité se concrétise dans la plus grande société égalitaire et d’ordre juste du monde dont Ségolène admire le fonctionnement de la justice : la Chine avec ses 1,3 milliards d’heureux bénéficiaires du «socialisme». Dans ce paradis du prolétariat, les 20 % de Chinois les plus pauvres se «partagent» 4,7 % du revenu national, ne laissant que 51% aux 20% de leurs concitoyens les plus riches. Mais les supporters de la Royal préfèrent dénoncer les bénéfices conjoncturels «scandaleux» du groupe pétrolier Total. Vous avez certainement constaté que, pour boycotter Total, tous les socialistes, à commencer par Ségolène et tous les éléphants du Parti qui donnent l’exemple, ne se déplacent désormais qu’à bicyclette ou en rollers pour boycotter avions et bagnoles qui non seulement polluent, mais enrichissent les milliardaires du pétrole. L’argent ainsi économisé alimentera l’ordre juste. On peut toujours rêver

Les campeurs de Don Quichotte

Nul homme sensé et sensible ne peut rester indifférent aux sans-abri, ce scandale qui conduit à traiter avec plus d’égards des délinquants, des escrocs et des criminels emprisonnés que des hommes et des femmes dont la pauvreté est le seul «crime». Faut-il donc commettre un assassinat ou un hold-up pour avoir droit à un abri même derrière les barreaux ? Mais faut-il aussi que les sans-abri servent de figurants d’un spectacle permanent mis en scène par Augustin Legrand, un pro de la scène ?

Le problème des naufragés de la vie ne résulte pas forcément d’un ordre injuste. Autrement ce serait simple à résoudre. J’entends ce comédien talentueux nous déclamer que ces malheureux, que la société a marginalisés, n’ont d’autres dérivatifs que l’alcool et la drogue (dont le coût suffirait pourtant à payer un loyer). Et si, pour nombre d’entre eux, on inversait les données ? C'est-à-dire que c’est l’alcool et la drogue qui les a jetés dans la rue et non la rue qui les a fait sombrer dans l’alcool et la drogue? Pour ceux-là leur problème ne relève pas du logement mais de l’hôpital ou de l’asile psychiatrique. Constatons aussi qu’au fur et à mesure que des «campeurs» sont logés, leurs tentes sont aussitôt occupées par des nouveaux venus. Nul ne prétend qu’il ne faut pas les aider, mais en ajoutant l’immigration effrénée qui se poursuit avec au bas mot plus de 300 000 entrées par an, majoritairement sans qualification professionnelle, le réservoir de sans abri devient intarissable.

Dans l’état actuel des choses, ce problème reste sans issue, la seule chose que les Donquichottistes aient réussi, c’est de faire peser sur nos consciences une culpabilité de plus. Au point où nous en sommes… De sorte qu’être à la rue donne désormais un droit «opposable» au logement, logements que nombre d’ayants droit insolvables ne paieront jamais, laissant ce soin aux impôts et charges sociales versés par des jeunes couples ou individus à revenus modestes, logés fort mal et sans intimité chez des parents et qui, n’ayant aucun droit à «opposer», attendent vainement sur une interminable liste d’attente l’attribution d’un logement social normalement prévu pour eux qui leur permettra de vivre leur vie de couple et de fonder une famille. Dans la ségolénitude, ça s’appelle un ordre juste. Alors je demande humblement pardon d’avoir une vision réactionnaire des choses.


André Dufour pour LibertyVox

Rouget de Lisle chantant la Marseillaise (Par Isidore Pils 1813-1875)


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© André Dufour pour LibertyVox - Article paru le 25/02/2007 Imprimer cet article
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