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Lard ou cochon?

Malek Chebel, Darfour, SDF, Sarkozy, insécurité, “soupe au cochon”, Philippe Val... C’est le bloc-notes d’André Dufour.

Un islam érotique?

Un hasard me fait découvrir une interview de Malek Chebel dans «Tribune Juive» qui, pour dater déjà de novembre 2006, n’a rien perdu de son actualité. Rappelons, si c’est encore nécessaire, tant ce musulman tolérant et éclairé se donne la peine de nous le rappeler à tout bout de champ, que ce Chebel est un «multidiplômé». Si ce mot ne figure dans aucun dictionnaire, il n’est que temps de l’y introduire, autrement notre langue serait trop pauvre pour définir un personnage d’une telle envergure.

Donc, outre son diplôme de psychologie qu’il ne résiste pas à l’envie de mentionner, Malek Chebel est aussi historien, entre autres. C’est du reste à ce titre et pour faire la promotion de son dernier bouquin, un Kama-Soutra arabe qu’il se fait interviewer par Ivan Levaï, rédacteur en chef de Tribune Juive. Notez que je trouve très bien un dialogue paisible entre un Arabe qui se démarque de l’islam intolérant, et un Juif. Mais pas au point de nous faire avaler n’importe quoi.

Alors que contre toute évidence et que partout dans le monde, même là où il n’exerce pas encore sa sanguinaire violence, l’Islam introduit l’intolérance, le mépris de l’Autre et l’obscurantisme jusque dans les pays qui accueillent en toute confiance une immigration musulmane, Malek Chebel nous «prouve» que l’Islam, le sien, donc le vrai, c’est tolérant, ouvert sur l’Autre, c’est bon, c’est jouissif, c’est érotique.

L’anthropologue (c’est ce qu’il est aussi) prône un retour à l’islam des origines. Tel est aussi l’objectif des Salafistes, Wahhabites et autres Frères Musulmans. Les apparences seraient-elles trompeuses à ce point ? Mais ce sont des dévoyés! soutient Chebel. La vraie religion islamique des origines, fille de Platon et de son discours sur l’amour, est une école Érotique «avec un grand «E» SVP». N’étant pas insensible à l’érotisme que je préfère au fanatisme, je me garderai de contester cette majuscule. Notre historien, anthropologue, psychologue et autres logues, soutient même que pour être un bon musulman, il faut prendre exemple sur le «Prophète» qui, lui, aimait les femmes. Je suppose qu’il les aimait comme on aime un méchoui: le tout est de savoir ce qu’en pense le mouton. Car tout dépend ce que l’on entend par «amour». Je me garderai bien de juger à l’aune de notre culture les mœurs qui prévalaient en Arabie voici 14 siècles, mais je doute fort que «consommer» sa bru, une gosse de neuf ans ou une captive faisant partie du butin dont le «Prophète» a exterminé le mari et tous les proches, soient le meilleur modèle de l’Amour avec ou sans A majuscule, ni même de l’Érotisme. Au «mieux» s’agirait-il d’une perversion sexuelle. Je me garderai cependant de juger l’idéal sexuel et érotique de Monsieur Chebel, aucune université ne m’y autorisant. Par contre, Monsieur CHEBEL est historien. En cette qualité indiscutable, puisque sanctionnée par un diplôme, il «prouve» que l’islam est religion des Lumières en prenant pour exemple une Andalousie où un Maimonide s’entretenait aimablement avec un Averroès, cette «heureuse période» ayant pris fin à une date très précise, en 1492 avec la chute du dernier califat de Cordoue et de Grenade. «1492 a signé la mort de la civilisation arabo-islamique». Et le psychologue diplômé de se lancer dans une digression philosophico-hermético-symboliste sur l’année qui est également celle de la découverte de l’Amérique par l’Occident chrétien et le point de départ de la domination de l’Occident.

Là, je crois que Chebel , tout musulman des Lumières qu’il soit et que je salue en lui, est fâché avec la chronologie. Pour être dans la norme de l’Islam, cette tendance ne discrédite pas moins un historien. Or, il me semble que le prétendu «islam des Lumières et de la tolérance» de la mythique Andalousie était déjà bien morte dans les années 1150, lorsque fuyant les persécutions des pieux Almohades (dont Averroès eut également à souffrir, semble-t-il) et le choix offert par ces derniers entre la conversion à l’islam ou la mort, Maimonide finit par trouver refuge en Égypte où les Juifs bénéficiaient d’une certaine tolérance de la part de Saladin (qui était, je crois, Kurde et non pas Arabe). En matière de Lumières et de tolérance, ça fait tout de même un décalage d’environ 350 ans par rapport à 1492.

C’est surtout beaucoup de la part de celui qui affirmait naguère, dans Le Point, que l’Histoire étant une science et non un récit, «mieux vaut la laisser à des historiens, formés et surtout non complaisants». Notre apôtre de l’islam érotique et galant visait nommément l’historienne Bat Ye'Or coupable, non seulement de présenter un fait historiquement établi, mais qu’il est politiquement incorrect d’évoquer, à savoir la dhimmitude, mais surtout, circonstance aggravante, d’être une femme.

Le choix quelque peu arbitraire et subjectif de 1492 comme date du décès de l’islam des Lumières n’aurait-il pas l’avantage d’attribuer la faute de l’obscurantisme musulman à l’Espagne chrétienne, ou plus tard aux Turcs, et non à la maladie congénitale de l’islam, comme ce serait le cas pour 1150? Allez donc savoir. Je crains que Monsieur Chebel, historien qui lui-même «prend une partie pour le tout» ne me qualifie «d’historien de fin semaine» comme il le fait pour des historiens, non moins diplômés que lui, qui ne partagent pas sa conception de l’Histoire. À ma décharge, j’appartiens à une génération qui ne pouvait compter ni sur l’abaissement du niveau des diplômes ni sur la discrimination positive pour en décrocher un.

Darfour: Les causes orphelines

Mais où sont-ils donc passés ces militants animés de sentiments humanitaires et compassionnels qui, au nom de la défense des plus faibles, ont quadrillé et truffé notre territoire national et nos institutions de comités et collectifs de soutien à la cause palestinienne et ne manquent pas une occasion pour fustiger depuis près de 60 ans le sionisme, Israël, voire les Juifs en général?

Force est de croire qu’ils ont épuisé dans cette cause toute leur capacité d’indignation et de compassion, ce qui relègue tous les autres drames vécus par d’autres peuples au rang de causes orphelines. La lente digestion du Tibet par l’occupant chinois, le génocide Tutsi au Rwanda, le gazage des Kurdes par feu Saddam Hussein, ou, en ce moment même, le massacre des Masalits et des Zaghawas du Darfour par les janjawids arabes, véritables escadrons de la mort entretenus par le Soudan (qui, à l’instar de Pol Pot, embrigadent des enfants soldats de 11 à 14 ans) ont causé en quatre ans de «crise» (c’est par ce doux euphémisme que nos médias désignent cette série de viols, d’exterminations et de pillage) plus de 200 000 morts et provoqué l’exode d’un million de réfugiés, soit cent fois plus de morts et deux fois plus de réfugiés que chez les Palestiniens durant la guerre qu’ils ont déclanchée entre 1947 et 49, lors de la restauration de l’état d’Israël. Alors nos hystériques histrions pro palestiniens seraient-ils devenus insensibles au point de ne pas juger utile de mettre leurs réseaux et cellules dormantes en branle contre les instigateurs de ce véritable génocide? Mais que vient donc faire la compassion dans cette galère?

C’est que les «militants» en question, généralement anti-libéraux et «américophobes», n’en raisonnent pas moins en termes de marché. Dans cette optique, un «réfugié» Palestinien, «victime» la plus assistée du monde en matière d’aides financières et humanitaires, au point que ça devient une sorte de rente de situation transmissible de génération en génération, est politiquement plus rentable qu’un Masalit ou un Zaghawas dont la majorité du public, tributaire des grands médias, ignore jusqu’à l’existence. Or, bien qu’aussi musulmans que leurs bourreaux, ces peuples exterminés ont le double tort d’avoir une pigmentation noire, des Nègres en somme, et d’être persécutés par des Arabes. Or nos techniciens de l’agitprop connaissent parfaitement une règle élémentaire du marketing politique: on mobilise plus facilement contre les Juifs que contre les Arabes. Et avec moins de risques. A quoi tient le courage… ?

Le D.A.L. dingue et les ministres histrions

C’est aussi en vertu du marketing que raisonnent les agitateurs irresponsables du DAL et autres enfants de Don Quichotte qui, exploitant plutôt que soulageant les misères humaines, alignent des tentes sur les berges des canaux tandis que des commandos vont occuper par effraction un immeuble de bureaux du quartier de la Bourse, momentanément vacant, afin d’y loger quelques «sans abris», sous l’œil des caméras télé convoquées en vue de cette action «spontanée». Par ce procédé, le DAL, organisme croupion de ce qui reste du parti stalinien vermoulu, veut sortir de l’oubli. «On n’attend plus que des douches, sanitaires, cuisines et des radiateurs» que dans leur imprévoyance, les architectes de cet immeuble à usage professionnel n’avaient pas pensé à installer. En attendant, les vertueuses «associations» se réservent la plus grande partie des locaux pour en faire des salles de réunions et de débats, des soviets en quelque sorte, et tant pis pour les familles SDF qui servent de prétexte à cet agitprop.

Puisqu’on en est là, je suppose que certains de ces agitateurs ont quelques économies inemployées. Je propose donc qu’on les leur confisque, comme ils le font pour les locaux inoccupés, pour les distribuer aux nécessiteux et pour financer la construction de logements sociaux. Or, ce genre de coups de force ne règle pas le phénomène des «sans logis» ou des mal logés. C’est un vieux procédé stalinien que de gérer la pénurie et de la pérenniser au lieu de créer l’abondance. Notons en passant que la majorité des «mal logés» est composée d’immigrés clandestins du continent africain ou d’Asie vivant dans l’illégalité. Peut-on alors, en vertu de la loi, interdire quelqu’un de séjour et lui donner, par une autre loi, un droit «opposable» à un logement décent et à la mesure de la taille de la famille? Si nous le faisons, le flot continu de nouveaux immigrés illégaux ne cessera alors de grossir et ne fera qu’accroître et non diminuer le nombre de sans logis. Sur ce point, et n’en déplaise à SOS Racisme, c’est Sarkozy qui a raison d’exclure du «droit opposable» ceux qui ne sont pas autorisés à séjourner en France. Mais c’est fou, ce qu’en trois mois, notre gouvernement est capable de faire! À se demander ce qu’il a bien pu faire depuis douze ans que nous le subissons. De toute façon, l’impact financier et économique de cette loi, un pas de plus vers la déresponsabilisation de l’individu, n’a aucune importance, Chirac faisant tout ce qu’il faut pour faire élire Marie-Ségolène à qui il remettra ce bébé qu’il lui aura fait. Si elle est élue, elle n’aura qu’à se dépatouiller avec la dette abyssale qui plombe notre budget national.

Tir groupé sur Sarkozy

Quelle que soit l’issue de cette campagne présidentielle, on peut se demander pourquoi le Chirac et ses ministres larbins s’opposent tellement à Sarkozy même si, en apparence, ils se rallient à sa candidature. Serait-ce pour infraction à l’antiaméricanisme érigé en dogme chiraquien? Alors que les ministres de la Chiraquie rivalisent de servilité, de flagornerie et de bassesse envers les tyrannies arabes ou iraniennes, Sarkozy a eu l’outrecuidance de se rendre aux USA où il a affirmé sa sympathie pour l’Amérique. C’est paraît-il immoral aux yeux de ceux qui se commettent avec les Ahmadinejad, Boutéflika, Kadhafi ou la cohorte de «princes» saoudiens. On peut seulement se demander au prix de quelles concessions et renoncements Sarkozy a obtenu cet apparent ralliement.

Silence! On pille, on brûle, on dépouille!


C’est tout juste si nos médias asservis et nos hommes politiques en quête de voix font allusion à ce qui est devenu notre banalité quotidienne. Six policiers et un riverain blessés aux Mureaux (Yvelines), agressions aux Tarterets (Corbeil Essonne), un conducteur et une conductrice de bus agressés et blessés et leurs véhicules détruits par des «jeunes», en Seine-et-Marne, qui refusaient de présenter un titre de transport. Et même si on n’en parle même plus, cela n’empêche pas que notre vieux rite de la Saint-Jean se soit islamisé sous forme de milliers de voitures incendiées. Mais il suffit de ne plus en parler et c’est comme si rien ne se passait. Et dans certains arrondissements de Paris, le XIème en ce moment, les passants se font agresser et dépouiller en plein jour par des «jeunes» ou moins jeunes, parmi lesquels nombre de probables bénéficiaires du droit opposable au logement (gratos). C’est à peine si, un lundi 15 janvier 2007, on peut lire dans la rubrique «En bref» d’un quotidien parisien, que «les interventions sensibles des pompiers des Bouches du Rhône se dérouleront désormais sous la protection policière après une agression survenue à Aubagne dans la nuit de vendredi à samedi». Mais qui donc protégera les policiers chargés de protéger les pompiers perçus comme des forces d’occupation par la population devenue majoritairement «jeune»? L’armée ?

Lard ou cochon?

Ceux qui nous gouvernent et ceux qui nous jugent, appuyés par des antiracistes sélectifs, condamnent la distribution de "soupe au cochon" aux nécessiteux, au motif que par le choix délibéré de ce mammifère non ruminant, les organisateurs font étalage de leur racisme en écartant délibérément les adeptes de Mahomet, ce qui rend discriminatoire l’initiative apparemment charitable. (Soit dit en passant, nous qui hésitions entre «religion» et «idéologie politique» pour définir l’islam, nous voilà fixés: ni l’une ni l’autre. L’islam est une «race» et ses détracteurs des racistes). Le jugement de nos autorités politiques et morales paraît cependant spécieux. D’abord, parce que les nécessiteux ne sont pas tous, loin s’en faut, musulmans et ceux qui sont classés comme tels ne sont pas tous pratiquants. Dès lors, peu leur chaut que la soupe soit ou ne soit pas hallal. Mais partant de cette interdiction, on peut soutenir que toutes les soupes populaires ou restos du cœur sont racistes puisqu’ils ne tiennent pas compte des Juifs pratiquants nécessiteux (une race aussi?) qui ne peuvent manger que cachère. Or, les religions sont des choses bien compliquées pour les pauvres car, si selon l’islam, tout ce qui est cachère est hallal et peut être consommé par un musulman, la réciprocité n’est pas valable car ce qui est hallal n’est pas cachère pour un Juif pratiquant. Alors le plus grand dénominateur commun serait de mettre toutes les soupes populaires et restos du cœur sous surveillance rabbinique, comme ça, nul ne serait écarté du festin. Mais on n’en aura pas fini pour autant. Ce serait oublier que la France abrite aussi des hindouistes végétariens, sans omettre les végétariens par conviction. Alors adieu veau, vache, cochon couvée. De la soupe aux cacahuètes et autres protides du règne végétal pour tous les nécessiteux. En attendant qu’une ligue compassionnelle de défense des végétaux en péril ne parvienne à sont tour à imposer sa loi.

Le fond de sauce

J’aime bien l’impertinent Charlie Hebdo et surtout Philippe Val, son éditorialiste qui en relève le niveau. C’est vrai, il a l’art de remettre les choses à leur place et on se sent presque plus intelligent après l’avoir lu.

Pourquoi suis-je donc un tantinet contrarié par son excellent édito du 25 décembre écoulé: «Quelque chose en nous de Jean-Marie Le Pen» dans lequel il se livre à une sorte de psychanalyse, non pas du militant, mais de la clientèle électorale de Le Pen? Ce n’est pas parce qu’il dit que pour être en phase avec le discours de Le Pen, il suffit de laisser sans retenue parler nos bas instincts, de céder à la facilité et se laisser glisser sur la pente, alors que la pensée de gauche (et éventuellement de droite, pourvu qu’elle soit démocratique), plus élaborée et donc plus difficile et nécessitant plus d’efforts, résulte d’une lutte contre nos propres penchants et instincts primaires.

Constater que «ce n’est pas Le Pen qui a changé mais le regard porté sur lui par une partie de l’opinion» est assurément un symptôme inquiétant pour notre démocratie. Découvrir qu’une majorité de ceux qui s’apprêtent à voter le Pen, sans être pour autant antisémites, n’en sont que plus "dangereux" dans la mesure où "ils ne se sentent pas concernés par l’antisémitisme du Front National". Tout cela est fort bien dit. Mais comment par exemple classer la pensée des gens de gauche, si virulents en faveur des Palestiniens, mais qui se montrent d’une bien indulgente discrétion devant les massacres du Darfour perpétrés par des Arabes soudanais ou devant la surenchère de crimes perpétrés quotidiennement par les Sunnites et Chiites en Irak? Dans quel cas leur pensée est-elle élaborée et dans quel autre cas ne l’est-elle pas ?

Mais, sans pour autant changer notre regard sur Le Pen, prêter au seul Front National l’exclusivité du «fond de sauce antisémite» et soutenir après cela «qu’être de gauche, ou d’une droite antifasciste… ce n’est pas forcément être meilleur, plus gentil, plus humain ; c’est surtout être moins con» me paraît discutable.

Dans quelle catégorie faudrait-il alors classer les anciens électeurs qui étaient «de pensée élaborée» quand ils votaient pour le Parti de Thorez-fils-du-Peuple ou pour ses affidés (jusqu’ à 25% du corps électoral français à l’époque) devenus subitement «cons» en reportant leurs suffrages sur Le Pen? Faut-il jeter le manteau de Noé sur le fond de sauce antisémite de la gauche socialiste qui mijote depuis Joseph Proudhon, père du socialisme français, et dans lequel maints leaders et intellectuels de gauche ont, au cours de l’Histoire et jusqu’à nos jours, trempé leurs propos? C’est passer sous silence la part active des fractions armées «Rouges» Japonaises et Allemandes dans le terrorisme qui, pour ne viser «qu’» Israël, ne faisaient pas moins des victimes juives, même si «collatéralement» des «innocents» (des pèlerins catholiques à l’aéroport Ben Gourion par exemple) y ont laissé leur vie. C’est oublier que lors du détournement d’un avion de ligne d’Air France sur Entebbe (Ouganda), ce ne sont pas des membres ou des sympathisants du Front National mais des bons gauchistes allemands, donc «à la pensée élaborée» qui, à l’instar de leurs papas nazis contre lesquels ils étaient censés se révolter, ont sélectionné les passagers et les membres de l’équipage afin d’isoler et pouvoir exécuter en premier les Juifs dont quelques uns portaient encore tatoués sur l’avant bras un numéro attribué par les géniteurs de ces «penseurs élaborés». On préfère oublier que, le 4 juillet 1976, l’audacieuse intervention d’un commando israélien ayant mis fin à ce cauchemar par l’élimination du groupe terroriste «progressiste», seul un journal à la pensée élaborée puisque de gauche, il s’agit de Libé bien entendu, a qualifié Israël de champion toutes catégories du terrorisme. Les «penseurs» de ce quotidien n’ont guère eu besoin «d’élaborer leur pensée», il leur a suffi de «se laisser aller». A croire qu’ils jugent leurs lecteurs aussi "cons que les lepénistes" dont le niveau cérébral le plus élaboré s’exprime dans le sehr gross humoristik «Durafour crématoire».

Je ne crois pas que les Français soient tombés si bas. Ce serait les confondre injustement avec leurs dirigeants et «penseurs» politiques. Déjà sous Vichy, les Français «d’en bas» valaient bien mieux que la calamiteuse équipe au pouvoir, bien mieux que ses magistrats aux ordres et ses hauts fonctionnaires hélas récupérés par le premier gouvernement de la France libérée. Aujourd’hui les Français se sentent bafoués par ceux que Le Pen a fort habilement désignés par «Classe politique». C’est un coup dur pour la démocratie. Voter Le Pen pour punir cette «classe politique» n’est pas la chose la plus intelligente qu’ils puissent faire, les seuls punis étant comme d’habitude les Français d’en bas. Mais dans une France où il n’est de valeur qu’à gauche ou à l’extrême gauche, le «marché» politique ne leur offre pas grand-chose comme alternative. Il ne suffit pas que Le Pen soit une «fripouille» pour que les politiciens «fréquentables» qui se répartissent le fromage du pouvoir deviennent ragoûtants.

Qu’un Douste-Blazy puisse présenter l’Iran d’Ahmadinejad comme un facteur de stabilité du Proche-Orient tandis que, côté gauche, la Marie-Péronnelle Royale se montrer compréhensive envers un Nasrallah ou déclarer que la justice chinoise (à elle seule, la «justice » chinoise prononce, sans recours, plus de condamnations à mort que tous les pays du monde réunis) est un excellent modèle en matière d’efficacité et de rapidité, à croire qu’elle va rétablir chez nous la peine de mort et faire payer à la famille du condamné les frais de l’exécution, place la Marie-Ségolène au même niveau que Le Pen, à la différence près que la pensée de la première est «élaborée» alors que celle de Le Pen est "réservée aux cons». Ce sont des symptômes qui ne gagnent pas l’estime et le respect des citoyens et c’est toujours ça de gagné pour Le Pen. Il n’a qu’à se laisser glisser sur la pente de la sottise de ses adversaires à la «pensée élaborée» pour assurer son fonds électoral. Quand la gauche fait corps avec la droite chiraquienne dans son antiaméricanisme sous couvert d’une opposition à l’intervention américaine en Irak, c’est tromper les pacifistes de gauche ou de droite alors que cette intervention allait simplement mettre un terme à quelques profits en «bons de pétrole» et autres juteux avantages non imposables (pas imposés, en tous cas) généreusement distribués par Saddam Hussein à nombre de dirigeants politiques français, allemands et russes, sans parler des grandes et moyennes entreprises et hommes d’affaires français et autres Européens qui faisaient leur beurre dans la vente de fournitures dont Saddam avait besoin, d’abord dans sa guerre contre l’Iran, puis pour massacrer son peuple indocile. Vous avez dit «pacifisme»?

Et pour revenir à cette gauche étiquetée que la «pensée élaborée» rend vertueuse, que dire de l’alliance entre un Chavez portant label de gauche et un islamisme nazifiant à la Ahmadinejad communiant dans un même antiaméricanisme, avec ce que cela comporte de soutien à l’antisémitisme (voir le concours de dessins antisémites de Téhéran), ce qui ne plait certes pas à toute la gauche «mais pas au point d’y provoquer une rupture» comme dirait Philippe Val, le sort réservé aux Juifs ne méritant pas que l’on rejette le «fond de sauce» antiaméricain et antilibéral qui, en France, soude la gauche à la droite autour de la même gamelle et constitue le front commun des plus vils affairistes et des plus vertueux prolétaires. «C’est le problème» ajouterait encore Philippe Val.

Cela étant dit, moins de quatre semaines nous séparent du jugement suite au procès pour «blasphème» intenté à Philippe Val par les islamistes d’Arabie et par leurs antennes «françaises». Là, nous sommes sans réserve aux côtés de Philippe Val. À chacun son fond de sauce commun. Ce procès qui dépasse sa personne nous concerne tous car il s’agit ni plus ni moins que d’accorder à l’Islam un privilège exorbitant, refusé aux autres religions: l’inscription du crime de blasphème au code pénal d’une république laïque, donnant ainsi une assise légale à la censure sur tout ce qui se dit, s’écrit, se dessine ou s’enseigne, non seulement au sujet de l’islam, mais aussi sur tout ce qui n’est pas conforme à la religion et la culture musulmane. Ça nous vaudra un nombre incalculable d’interdits.

Nous attendons avec angoisse le verdict de nos magistrats. Dans quelques semaines, nous saurons si la France est encore une démocratie dans laquelle s’exerce la liberté absolue de conscience, d’expression et de critique, ou si notre pays dont les rois avaient su et osé remettre les papes à leur place, celle du spirituel, capitulera devant les réseaux islamistes les plus obscurantistes, les plus attentatoires à la dignité des hommes et des femmes. Bonne et heureuse année 2007, Philippe Val.


André Dufour pour LibertyVox

Photo en Une: Malek Chebel.

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© André Dufour pour LibertyVox - Article paru le 18/01/2007 Imprimer cet article
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