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Liberté chérie

Dans ce texte du 30 septembre 2006, Louis Chagnon se prononce sur l’affaire Redeker.

Les différentes «affaires» qui ont défrayé la chronique de l’actualité ces derniers jours, suite au discours de Ratisbonne de Benoît XVI et à l’article de Robert Redeker, devraient interpeller et scandaliser chaque citoyen de notre pays, comme à chaque fois que les libertés fondamentales sont menacées. Or, le constat que nous pouvons faire est qu’il n’en est rien, mise à part une minorité consciente du danger communautariste, remettant en cause nos libertés publiques et notre laïcité, peu de citoyens se mobilisent et encore moins nos responsables politiques.

Les mêmes hommes politiques qui, il y a quelques mois, proposaient au suffrage des Français un projet de constitution pour l’Europe, dans lequel l’article II-71 précisait: «Toute personne a droit à la liberté d’expression. Ce droit comprend la liberté d’opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées, sans qu’il puisse y avoir ingérence d’autorités publiques et sans considération de frontières.». Ils sont loin aujourd’hui de se bousculer au portillon pour défendre cette liberté, ce qui démontre toute la tartufferie de nos soi-disant élites et de nos responsables politiques de tous bords, qui prétendent penser pour nous et mieux que nous.

Ainsi, ce professeur de philosophie condamné à mort pour avoir écrit quelques vérités sur l’islam n’est guère apprécié et encore moins soutenu. Pour Gilles de Robien, ministre d’une Éducation nationale en pleine déconfiture, aux prises avec un communautarisme musulman agressif (voir le rapport Obin), un fonctionnaire «doit se montrer prudent et modéré en toutes circonstances», alors que cette modération ne concerne évidemment pas les fanatiques musulmans, hurlant leur haine après le discours de Ratisbonne et assassinant, entre autres, un prêtre en Turquie et sœur Sgorbati, dont le seul grand tort avait été de soigner des musulmans à Mogadiscio.

Robert Redeker a simplement usé de sa liberté d’expression, comme tout citoyen d’un pays démocratique, liberté classée par les Constituants de 1791 parmi les «droits naturels, inaliénables et sacrés» dans la Déclaration des droits de l’homme: «art. 11. La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi.». En l’occurrence, dans une démocratie laïque, rien n‘est sacré et tout peut être sujet à débat, y compris la religion. Malgré ces textes garantissant la liberté d’expression, Robert Redeker est mis au ban de la société pour un article au titre prémonitoire: «Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre?».

Mouloud Aounit, qui ne pouvait se laisser distancer par les officines musulmanes vouant le professeur aux gémonies, a même annoncé que le Mrap «saisira ses avocats pour voir s'il y a dans ce texte matière à qualification pénale, et portera plainte le cas échéant».

D’ailleurs, d’après l’AFP, Robert Dereker serait connu pour «ses prises de positions polémiques», il aimerait «attirer l’attention sur lui», «ses propos agaçaient souvent ses collègues» et une élève estimerait «normal que des gens se révoltent car il a dit des choses qui étaient fausses par rapport au Coran». Ainsi, au XXIe siècle, en France, une élève de lycée (qui n’a manifestement jamais lu le Coran) trouve normal que son professeur soit menacé de mort! Nous mesurons là tout l’échec de l’Éducation nationale à former des citoyens à l’esprit critique, responsables et conscients de leurs droits et devoirs.

Rien n’est plus utile que de relire les bons vieux classiques et nos politiques devraient se replonger dans le préambule de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen: «Les représentants du peuple français, constitués en Assemblée nationale, considérant que l’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits de l’homme sont les seuls causes des malheurs publics et de la corruption des gouvernements, ont résolu d’exposer, dans une déclaration solennelle, les droits naturels, inaliénables et sacrés de l’homme (…)»; les restrictions à la liberté d’expression que l’on constate depuis plusieurs années en France, en particulier quand il s’agit de l’islam, pour cause d’angélisme, de politiquement correct et de repentance post-coloniale, démontrent que notre pays a renoncé à ses propres principes. Nos élites intellectuelles et nos gouvernants ont oublié le respect des valeurs qui ont fondé notre démocratie.

Il fut un temps où, en France, les écoliers, dont j’étais, apprenaient un poème de Paul Éluard, écrit en 1942, c’est-à-dire en pleine occupation, intitulé Liberté:

«Sur mes cahiers d'écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J'écris ton nom (…)
»

Soixante ans plus tard, ce n’est plus la Liberté qui s’inscrit sur les cahiers d’écoliers mais de plus en plus la charia et, nos libertés de conscience, de pensée, d’expression, vont bel et bien finir par disparaître parce qu’elles nous semblent tellement naturelles et évidentes que nous ne pensons même plus devoir les défendre. Mais qui le fera à notre place?


Louis Chagnon, citoyen d’un ancien pays libre, pour LibertyVox
30 septembre 2006

Auteur de: «le début des conquêtes arabo-musulmanes, mythes et réalité». Editions Godefroy de Bouillon

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© Louis Chagnon pour LibertyVox - Article paru le 09/10/2006 Imprimer cet article
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