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Obscurantismes

Québec, Turquie, Günter Grass, Liban, Le Monde, Enderlin... C’est le bloc-notes de rentrée d’André Dufour.

Science ou mythe?

Les Indiens du Canada, ainsi que les Inuits du Nunavut, acceptent mal l’idée selon laquelle leurs ancêtres seraient originaires du Vieux Continent et auraient traversé à pied l’actuel Détroit de Behring qui constituait à l’époque un isthme. Qu’à cela ne tienne, on ne l’écrira plus. De même rejettent-ils toutes les théories sur l’origine du monde qui contredisent leurs propres mythes. Qu’à cela ne tienne, le Musée des civilisations de Gatineau, au Québec, s’abstient de tout ce qui pourrait heurter ces croyances, pas moins respectables que celles de nos grandes religions, et offrent au visiteur le libre choix entre le darwinisme et les légendes fondatrices des «First Nations».

À la différence des dogmes, la science nous autorise à remettre toutes les théories en question; cela pourrait arriver au darwinisme mais jusqu’à présent, aucune nouvelle découverte ne permet de le contester fondamentalement. Nous avons donc le choix entre une hypothèse scientifique plausible et révisable et des mythes intangibles érigés en vérités éternelles. Le Québec vient donc de faire une concession d’apparence marginale présentée comme équitable et «réparatrice», qui ne manquera pas d’être revendiquée comme précédent par les fondamentalistes des évangiles ou, surtout, du Coran. Nos livres scolaires n’auront l’imprimatur que s’ils sont compatibles avec la ligne marxiste présentée comme alter mondialiste, ce qui exclut toute vision libérale, toute valorisation des valeurs occidentales susceptibles de chagriner le totalitarisme islamique. Déjà, notre ami Louis Chagnon, lâché par sa foireuse hiérarchie et un syndicat de malpropres, a appris à ses dépens qu’un prof d’Histoire reconnu comme tel ne peut impunément enseigner l’histoire de l’Islam sans soumettre son cours à la censure préalable des mosquées. Rappelons qu’il n’enseignait pas au Québec mais bien en France. Ce cas n’est pas aussi marginal que l’on pourrait croire. Voici belle lurette que nos médias censés nous informer nous fabriquent chaque jour des mythes qu’ils substituent à la réalité. Cela demande moins d’effort et moins de temps que de comparer les informations de diverses sources. De surcroît les gens aiment ça. C’est donc plus rentable dans une société qui valorise le profit.

Turpitudes ou «turquitudes»?

Alparslan Arslan, avocat emprisonné en Turquie pour meurtre lors d’un assaut islamiste contre le Conseil d’État, considéré comme un bastion de la laïcité kémaliste, comparaît devant la justice de son pays. Laissons donc la justice suivre son cours, pourrions-nous dire. D’autant plus que cette agression islamiste a jeté des milliers de Turcs dans la rue pour clamer leur indignation aux cris de «Les Mollah en Iran!» et que les corps constitués de l’État, les recteurs d’université en toge et les militaires défilaient devant la tombe de Kemal Atatürk, symbole de la laïcité. L’ennui, c’est qu’il y a deux «Turquies»: celle, minoritaire des corps constitués qui sont laïcs, et celle des Turcs, à 99% musulmans dont l’écrasante majorité a porté au pouvoir un gouvernement islamiste «modéré» (?) dont Recep Tayyip Erdogan, Premier Ministre qui trimballe dans ses déplacements à l’étranger une épouse dûment enfoulardée, avait violemment tancé le Conseil d’État «coupable» d’avoir refusé une promotion à une enseignante qui se rendait à l’école couverte d’un foulard islamique. C’était de la part du chef du gouvernement une sorte d’encouragement en direction d’autres fondamentalistes. Appel visiblement reçu cinq sur cinq. Tout cela ne nous regarderait pas si les apparatchiks bruxellois et nos politiciens imbéciles ne s’employaient pas à nous faire, de gré ou de force, ingurgiter cette inquiétante Turquie dans une Union Européenne dans laquelle elle n’a rien à faire. Qu’elle tente plutôt de se fédérer à l’Iran, à la Syrie, à l’Irak dont elle partage la plupart des «valeurs». Là, elle serait à sa place.

Plaidoyer pour ancien jeune con

Quel scandale! On découvre stupéfaits qu’un prestigieux écrivain de la génération d’après guerre, un Allemand exemplaire dûment décontaminé de toute trace de nazisme, et de surcroît récompensé d’un Prix Nobel pour son œuvre littéraire, s’était engagé dans l’armée du Reich pour se retrouver sous le redouté et «prestigieux» uniforme des Waffen SS. Passer de la Hitlerjugend au soutien des régimes totalitaires communistes ne me paraît pas un changement de cap digne de louanges. Quitte à choquer maints hypocrites qui à présent aboient avec la meute après l’avoir hier encensé pour le seul fait qu’il est anti-américain, ce qui le maintenait dans le droit fil de l’anti-américanisme nazi, je ne crois pas devoir m’émouvoir de sa «révélation» alors que nous sommes entourés de milliers d’individus plus méprisables que lui, le talent en moins et l’âge en plus, qui infestent notre grande presse, nos télés, nos radios, nos universités, nos ONG ou partis politiques de tous bords et servent les ennemis de nos valeurs sans même avoir l’excuse de la jeunesse ni de l’ignorance.

Beaucoup d’articles étant déjà écrits sur ce sujet, je ne m’intéresse ici qu’à l’adolescent Günter Grass.

Des garçons et des filles de sa génération, j’en ai côtoyé des centaines en Allemagne durant les quatre années qui ont suivi la capitulation allemande. Inutile de dire que leur enfance et leur adolescence avaient été encadrées par la Hitlerjugend, seule organisation autorisée pour celui qui avait envie ne serait-ce que d’aller à la piscine, pratiquer un sport ou bénéficier de tarifs réduits dans les trains pour partir randonner à la campagne; le piège idéologique se refermait ainsi sur eux.

Situons-nous dans l’univers dans lequel cet écrivain a grandi. Il est né, a été éduqué et a grandi dans le régime nazi. Au moment où il souhaitait rejoindre l’armée, il n’est qu’un gamin de quinze ans; il ne connaît de la réalité que ce que la presse et la radio lui racontent, mais aussi ce qu’il voit de lui même: des villes allemandes s’écroulant sous les frappes «disproportionnées» de l’aviation alliée, des femmes affolées courant, vêtements et cheveux en flammes sous l’effet des bombes incendiaires, des cadavres de civils, de femmes, d’enfants enfouis sous les décombres, quelques survivants que l’on dégage des ruines, des centrales électriques détruites, des voies de communications et des canalisations coupées, des rescapés hagards qui cherchent un refuge. Des femmes et des adolescents servent déjà dans la Flack, la défense anti-aérienne. La défense du régime nazi est le cadet de leurs soucis; ils défendent simplement leurs vies; un avion abattu, ce sont quelques proches parents, quelques voisins sauvés. Alors les choses sont simples aux yeux du jeune Günter: les agresseurs, ce sont les Alliés: Russes, Anglais, Américains qui sèment la terreur et la mort; l’agressé, c’est l’Allemagne et les victimes ce sont les civils, les femmes, les enfants allemands. Il n’a pas l’expérience et la capacité d’analyse pour comprendre la cause initiale de ces «frappes disproportionnées». Il n’a aucune information sur les crimes commis par les forces allemandes dans les régions qu’elles ont envahies, il ne sait rien des exterminations de civils, de Juifs commis par les Einsatzkommandos ou dans les camps d’extermination, crimes dont la propagande nazie ne se vantait pas. On peut lui reprocher d’avoir dissimulé son passé et de l’avoir révélé si tardivement. On peut aussi dire qu’il ne croyait pas devoir en être fier. Mais ses aveux tardifs ne peuvent troubler que ceux, trop nombreux et trop influents, qui voyaient ou voient encore dans les régimes communistes l’antonyme du régime nazi alors qu’ils sont en quelque sorte, sinon synonymes, pour le moins cousins germains.

Je préfère alors cette dissimulation à l’impudente insolence de ceux qui sont ou furent les propagandistes, les militants ou les compagnons de route des régimes criminels qui ont sévi en Union Soviétique, Chine, Vietnam, Cambodge, Corée du Nord. Mais contrairement aux criminels nazis, aucun communiste ne sera jugé dans un procès de Nuremberg ou au Tribunal de La Haye. Or, ce ramassis de ci-devant ou toujours actifs Staliniens, Trotskistes, Maoïstes et autres Polpotistes, que nous connaissons sous l’accoutrement alter mondialiste ou Mrapiste, ne me paraît pas constituer le tribunal le plus respectable pour juger le passé de Günter Grass.

Il me paraît en effet sidérant de voir les mêmes «penseurs», les mêmes politiciens, les mêmes médias, les mêmes journalistes se donner l’illusion de la vertu en se défoulant sur Günter Grass alors qu’eux-mêmes viennent de nous infliger le triste spectacle d’une désinformation éhontée. En matraquant les téléspectateurs et les lecteurs de journaux d’informations et d’images biaisées, ils nous amènent à juger les événements du Proche-Orient avec la jugeote de Günter Grass lorsqu’il avait 15 ans. À la différence près qu’ils ne sont plus des gamins et que contrairement à leurs confrères de l’Allemagne nazie, ils jouissent de la liberté et d’un accès facile aux diverses sources d’information. S’ils présentent Israël comme l’agresseur du Liban, s’ils écrivent qu’Israël viole le cessez le feu en tentant d’empêcher la livraison d’armes iraniennes et syriennes au Hezbollah alors que ce rôle incombait aux forces promises par l’ONU, c’est qu’ils le veulent bien. Si, alors que la presse ne subit, paraît-il, aucune censure mais se plie néanmoins à la censure et aux directives des pays arabes belligérants ou non, c’est qu’ils le veulent bien et qu’ils ont choisi leur camp. Dans ce cas, on ne peut plus parler d’information mais de propagande. Ce n’est pas le même métier. Ne confondons pas journalisme avec agitprop.

Hasard de la mise en page? Je relève dans le Monde daté du 17 août une interview de Günter GRASS en page 11, au verso de laquelle figure un article selon lequel tout est de la faute d’Israël. Que le monde prête ses colonnes à Charles Enderlin, «journaliste à Jérusalem», n’est pas fait pour nous étonner. Ce quotidien «de référence» aime les Juifs pourvu qu’ils soient morts à Auschwitz ou qu’ils soient pro palestiniens. Ce journal est donc servi avec cet avocat zélé de la «cause palestinienne» qui s’est naguère illustré en diffusant une vidéo de son caméraman palestinien relatant l’exécution d’un gamin arabe de 11 ans par les tueurs de Tsahal. Tout laisse croire que ce «document» est un savant montage au bénéfice de la propagande palestinienne qui nous ramène aux meurtres rituels d’enfants chrétiens que la «rumeur» savamment entretenue attribuait aux Juifs. Ça se passait au Moyen-âge. En vrai «progressiste», Charles Enderlin nous y ramène.

On passe ainsi de l’ancien jeune con allemand qui a changé de casquette sans changer son goût pour les systèmes antidémocratiques, à ce genre d’anciens jeunes cons juifs gauchistes devenus, le temps s’écoulant, des vieux cons mais toujours aussi malhonnêtes qui, au fil des pétitions et articles contre Israël, nous rappellent leur méprisable existence.


André Dufour pour LibertyVox

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© André Dufour pour LibertyVox - Article paru le 22/08/2006 Imprimer cet article
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