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Liban: Y a-t-il un gouvernement dans l'avion?

Jacques Piétri complète son précédent article en revenant sur la réalité du Hezbollah et la stratégie de ses “alliés”.

On est en droit de s’interroger sur la réalité et l’efficience d’un gouvernement libanais; il existe bien une sorte d’entité libanaise, dont les membres se désignent du nom de «Ministres», mais qui est manipulée par le Hezbollah. Ce malheureux pays paye aujourd’hui, au prix fort, ses inconséquences passées et présentes. Les lamentables et scandaleuses déclarations du Général Michel Aoun sont à cet égard très éclairantes; non content, en 1990, d’avoir, par son irresponsabilité, précipité son propre camp, celui des Chrétiens, dans la débâcle, il est aujourd’hui prêt à livrer son pays, pieds et poings liés, au fanatisme islamique. Libre à ce personnage de ne pas vouloir de la présence de l’armée française au Liban; notre pays a déjà payé, il n’y a pas si longtemps et très largement, son écot de sang au Liban, point n’est besoin, pour la France, de recommencer, on comprend les réticences de notre pays.

Le général Michel Aoun fait partie de ce courant oriental chrétien qui se nourrit de l’illusion d’un Islam «tolérant», (dont l’histoire, contrairement à une légende tenace, ne donne aucune trace pertinente) et voue une haine implacable envers les valeurs de l’Occident. Georges Corm illustre cette coterie et se fait aujourd’hui l’avocat du Hezbollah, il n’a pas de mots assez sévères pour condamner ces Occidentaux coupables de tous les péchés d’Israël. Il ne faut pas s’y tromper, ces gens-là ne l’écriront pas, mais ils ont en effet un objectif commun avec les Iraniens, Syriens et autres soutiens du Hezbollah: la destruction d’Israël.

On peut comprendre le désarroi et la peur des Chrétiens orientaux devant la montée en puissance de la barbarie islamique, car ils en sont les premières victimes, mais croire qu’ils parviendront à la juguler en faisant preuve de modération et même en s’alliant avec elle, relève de l’illusion. S’imaginer qu’ils vont s’attirer la sympathie des fanatiques islamiques en criant avec les loups c’est-à-dire en hurlant «Mort à Israël», n’est même plus de l’illusion mais de la schizophrénie collective. Nous pouvons, en France comprendre ce genre de fourvoiement, nous le voyons s’exprimer tous les jours par ceux qui ont toujours confondu la tolérance et la complaisance, par les adeptes du «et s’il me plaît à moi d’être battue».

La mise en exergue, avec la complaisance des médias, des victimes civiles libanaises a été le talon d’Achille de Tsahal. Étant à l’évidence admis que la mort d’êtres innocents est une abomination, plusieurs réflexions peuvent être faites à ce sujet. Les médias ont été, dans l’ensemble très discrets sur les victimes, non moins innocentes, des milliers de katiouchas qui se sont abattues sur Israël. Les cibles des Israéliens ont toujours été d’ordre militaire, y compris les infrastructures et les populations civiles étaient au préalable averties par des tracts. Tour au contraire, les tirs du Hezbollah ont été effectués, dans le plus grand désordre militaire, avec pour seul objectif de tuer le plus de monde possible, y compris les familles musulmanes vivant paisiblement en Israël.

Le mode de fonctionnement d’une organisation terroriste, comme le Hezbollah, la conduit à se dissimuler derrière les populations civiles, elle ne cherche pas à les épargner, tout au contraire elle s’en nourrit, les souhaite, les provoque, plus il y a de morts innocents mieux cela vaut pour sa propagande politique. «Voyez ces méchants Juifs qui tuent des femmes et des enfants», telle est la base de la propagande de l’organisation islamiste qui a réussi ainsi à faire basculer les responsabilités de l’agresseur sur l’agressé. Le comble de l’ignominie du Hezbollah, c’est qu’après avoir été le seul responsable de la guerre, il joue à présent le rôle du bon Samaritain, celui qui vient en aide aux malheureux sinistrés, avec l’aide du pétrole iranien. Ce faisant, il joue sur du velours, car les «Autorités» libanaises sont bien incapables de secourir leurs concitoyens et de toute façon, comme aurait pu le dire une ancien Premier Ministre socialiste: Elles n’en ont rien à cirer.

Israël n’a pas fait la guerre au Liban mais au Hezbollah. Ce constat semble avoir échappé aux médias français. Malgré de complaisantes déclarations de solidarité avec le Hezbollah, le pseudo gouvernement libanais semble l’avoir, en partie, compris, car sauf exception, il n’a guère engagé son armée contre les Israéliens; il est vrai que la faiblesse ridicule de l’armement libanais peut aussi l’avoir rendu prudent face à Tsahal.

Les résultats de la résolution 1701 dépendront de l’efficacité ou de l’échec de la FINUL new-look à démanteler le Hezbollah; en l’état des choses, il est difficile d’être optimiste. Le mandat donné à la Finul est des plus ambiguë et l’assistance que doit lui fournir l’armée libanaise rempli d’incertitudes. Le Général Alain Péllégrini, commandant la Finul, observe: «Nous ne sommes pas encore une force pleinement contraignante qui agirait sous le chapitre VII des Nations Unies». (Le chapitre VII autorise les forces de l’ONU à riposter par les armes à toute agression). Les «Autorités» libanaises avaient au début de l’année promis à la Finul de lui envoyer, en renfort, 1000 gendarmes et soldats, ils ne sont, bien entendu, jamais arrivés.

Les bons apôtres du politiquement correct sont incapables de prendre ne compte les dimensions religieuses et culturelles du présent conflit: Israël ne veut que défendre son existence et sa liberté, elle ne prétend pas convertir à sa religion ceux qui ne le sont pas. (Les historiens, mais qui s’intéresse aujourd’hui à l’histoire, nous expliquent que cela fait même 2000 ans que les Juifs ont renoncé à faire du prosélytisme). Les nazislamistes qui combattent Israël ne rêvent que d’établir la Oumma de Calcutta à Poitiers. Quand comprendra-t-on que «l’antisionisme» n’est qu’un prétexte pour les «fous de dieu» et que seul l’Occident est leur ennemi?

Il existe au sein du Liban des éléments bien conscients du péril que représente le Hezbollah, pour l’embryon actuel de démocratie libanaise. Cette crainte est justifiée, tous les amis du Liban, tous ceux qui fréquentent ce pays depuis trente ans ou plus, sont frappés par la «vague noire» qui d’années en années se répand sur ce malheureux pays. Il n’y a pas si longtemps, il était exceptionnel de croiser des femmes habillées du tchador, désormais le noir est la règle pour la majorité des populations chiites et sunnites. Les fusées iraniennes se dissimulent derrière le voile islamique et Ahmadinejad n’a qu’une idée en tête, il ne cesse de le marteler: «Il faut détruire Israël et jeter tous les Juifs – du moins ceux qui survivront à l’holocauste atomique – à la mer». Ceux qui considèrent les déclarations du Président iranien comme des rodomontades, comme des menaces en l’air, sont les descendants de ceux qui hier ne prenaient pas les déclarations d’Hitler au sérieux et le considéraient seulement comme un fou furieux. «Fous et furieux», certes, sans aucun doute, mais de l’espèce la plus dangereuse, celle qu’il faut combattre et éradiquer sans états d’âme. Il en va de notre avenir et de notre liberté.



Jacques Piétri pour LibertyVox


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© Jacques Piétri pour LibertyVox - Article paru le 21/08/2006 Imprimer cet article
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