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Manifeste islamosceptique

FFL récuse le terme d’islamophobie. A l’instar d’André Dufour affirmant que son combat contre le Nazisme n’était pas germanophobe, FFL s’affirme dans ce manifeste comme “Islamosceptique”.

Les totalitaristes de tout poil l'ont bien compris: la liberté de parole conditionne la liberté de pensée. Pas de liberté d'expression en Chine communiste, en Russie soviétique, en Corée du Nord ou en République Islamique d'Iran. Oussama Ben Laden sait parfaitement, lui aussi, que le débat d'idées est une perspective terrible pour l'avancement de sa cause. Ce n'est pas un hasard s'il a déclaré que les caricaturistes danois ne pouvaient être excusés et devaient être punis. Ce n'est pas un hasard si les critiques de l'islam sont menacés de mort jusqu'en Occident, simplement pour avoir commis le "crime d'expression", de Salman Rushdie à Ayaan Hirsi Ali, de Taslima Nasreen à Messaoud Bouras.

Dès lors, il est terrifiant de constater qu'Oussama ben Laden, en condamnant les caricaturistes, ne faisait que rejoindre les positions de Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris, qui a décidé de poursuivre France Soir pour la publication des caricatures, ou de Jean-Marc Roubaud, député UMP qui souhaite interdire les manifestations d'opinions défavorables aux religions.

Dalil Boubakeur et Jean-Marc Roubaud ne sont certes pas l'équivalent d'Oussama Ben Laden. J'ose croire qu'ils ne souhaitent pas infliger aux caricaturistes, ou à ceux qui les publient, le type de sanction que préconiserait un Ben Laden, et eux s'expriment dans le cadre légal ou législatif. Il est néanmoins consternant de constater qu'ils recherchent les mêmes effets que le chef terroriste: la peur de s'exprimer dans le domaine religieux, et donc une limitation effective et draconienne de la liberté de pensée.

Le symptôme le plus éclatant du refus effectif de tout débat de fond, c'est le choix des mots imposé par les terroristes "intellectuels", ceux qui ne posent pas de bombes mais veulent faire taire l'opposition à coups de procès truqués et de sanctions financières écrasantes. Et leur arme suprême, c'est le mot "islamophobie", avec l'adjectif dérivé "islamophobe".

Ce mot est redoutable. Il stigmatise irrémédiablement ceux auxquels il est adressé. Son étymologie, qui implique une peur irrationnelle (phobie), désigne par implication un malade mental, un déséquilibré inapte à la vie en société.

La personne taxée d'islamophobie est ainsi placée en position d'infériorité ignominieuse, ravalée au rang des xénophobes, homophobes et autres racistes.

C'est jusqu'à sa santé mentale qui est mise en doute, comme celle des agoraphobes, claustrophobes ou autres arachnophobes.

Le drame, c'est que les terroristes de la pensée ont tellement enraciné dans notre langage ce mot vénéneux que certains critiques de l'islam, parfaitement sains d'esprit, l'ont accepté au point de se déclarer eux-mêmes islamophobes, faute d'un mot qui leur appartienne. Ils s'auto désignent et s'auto condamnent ainsi, offrant les verges pour se faire battre en adoptant le langage des pires ennemis de la liberté d'opinion.

Pire encore, des extrémistes réclament une "loi contre l'islamophobie"! Ils souhaitent continuer à pérenniser ce mot piégé, pervers, en l'inscrivant dans la loi républicaine. Pour criminaliser encore plus la pensée, quitte à nous rapprocher dans les faits de la théocratie totalitaire dont rêvent, en fin de compte, les terroristes armés et les plus intransigeants des ayatollahs.

Or cet assaut sur les libertés d'expression et de pensée doit être perçu comme un signal d'alarme, tant par sa nature que par son ampleur. Car Dalil Boubakeur et Jean-Marc Roubaud ne sont pas des cas isolés. L'OCI, Organisation de la Conférence Islamique, utilise l'affaire des caricatures danoises – elle-même une manipulation islamiste - pour tenter de faire instituer par l'ONU un délit de blasphème. Ceci peut représenter le premier pas vers un totalitarisme religieux à l'échelle mondiale. Il vaudrait mieux nous passer de l'ONU que d'accepter une telle dérive. Malheureusement, seuls ceux qui devraient représenter notre démocratie peuvent intervenir à ce niveau, et ils ne représentent aujourd'hui… plus grand chose.

Contre le terrorisme intellectuel, il appartient à chaque esprit libre de résister par la parole. Et, pour commencer, il nous appartient de choisir notre vocabulaire.

Le scepticisme est une vertu que l'Occident a cultivée jusqu'à en faire un art. Il constitue, après tout, un des fondements du progrès scientifique, qui repose sur l'expérience, l'analyse et qui exige des preuves.

On peut être sceptique à plusieurs titres quand il s'agit d'islam.

- D'abord, on peut être sceptique quant à la nature divine du Coran et au caractère prophétique de Mahomet. C'est même pratiquement indispensable pour un non Musulman, sauf à vouloir défier Dieu en connaissance de cause, ou s'auto condamner à un statut d'être inférieur et promis aux flammes éternelles! Le doute vis-à-vis des religions constitue d'ailleurs un des fondements de la laïcité: ce doute implique que les religions ne sont pas à priori plus ou moins valides les unes que les autres, et doivent donc cohabiter pacifiquement dans un cadre restreint. Elles ne doivent pas être imposées à la société par une démarche politique.

- On peut par ailleurs, sans verser dans la théologie, être sceptique quant à la compatibilité de l'islam, dans sa dimension politique, avec les lois républicaines et les valeurs de l'Occident. C'est d'ailleurs le sens de l'arrêt du 31 Juillet 2001 de la Cour Européenne des Droits de l'Homme, qui confirme l'incompatibilité évidente de la Charia avec la démocratie.

Il s'agit dans les deux cas d'un scepticisme envers les textes de l'islam, envers la doctrine islamique ou envers la viabilité du prophète Mahomet en tant que "beau (ou excellent) modèle" pour les musulmans sur le plan pratique (Coran, Sourate 33 Al-'Ahzâb, verset 21), dans la mesure où il était un chef de guerre qui pillait, tuait, commanditait des assassinats et possédait des esclaves, entre autres. Il ne s'agit en aucune manière d'une phobie à l'encontre d'une catégorie de personnes en raison de leur religion. Il s'agit encore moins d'une forme de racisme. Ce scepticisme est légitime, et même indispensable. En effet, l'islam ne se limite pas au domaine spirituel. Dans son expression la plus complète, il s'agit bien d'un système de pensée global, totalitaire, dont les aspects juridiques sont aussi nombreux et importants que les aspects religieux.

Puisque l'islam possède une dimension politique indéniable, dont l'existence n'est d'ailleurs même pas contestée et se trouve souvent revendiquée par les musulmans eux-mêmes, il est absolument absurde et anti-démocratique de vouloir lui épargner le type de critiques qui sont adressées aux autres courants politiques.

Il faut d'ailleurs rappeler que, même sur le plan religieux, la critique est permise. Dans son rapport annuel 2005, le Haut Conseil à l'Intégration rappelle unanimement qu'"en République, la critique de la religion, comme toutes les convictions, est libre, qu'elle est constitutionnellement garantie et qu'elle fait partie de la liberté d'expression. Elle ne saurait être assimilée au racisme et à la xénophobie, que les membres du Haut Conseil à l'Intégration réprouvent et combattent activement".

Le terme "islamophobie", qui va à l'encontre de ce principe, est précisément l'inverbation de cette confusion mentale. Il est donc nécessaire pour quiconque tient à la liberté de pensée et d'expression de rejeter ce mot.

Je propose, pour le remplacer, le terme "islamoscepticisme", assorti de l'adjectif "islamosceptique".

L'esprit islamosceptique est de type scientifique, raisonné, ou même cartésien.

L'islamosceptique ne se définit pas par une hostilité primaire envers les idées, et encore moins envers les personnes, mais réclame toujours des preuves et n'hésite pas, dans un souci de vérité, à poser des questions qui dérangent. Parce qu'on ne construit pas de dialogue sur la base de mensonges.

L'islamoscepticisme renvoie au prosélyte la charge de la preuve. Il est l'attitude de la raison face aux superstitieux de tout poil.

En outre, le débat entre islamoscepticisme et islam peut éventuellement permettre à ce dernier d'échapper à ce que l'islamologue Anne-Marie Delcambre appelle "la schizophrénie de l'islam" dans son ouvrage du même nom. Car l'islamoscepticisme, c'est aussi le retour du principe de réalité tel que défini par la civilisation occidentale, c'est à dire le retour du contexte laïque et démocratique qui limite nécessairement les revendications politiques des religions en général.

On peut imaginer le dialogue suivant:

"C'est du racisme, vous n'êtes qu'un islamophobe" (d'un revers de la main, le prosélyte islamophile suggère l'insignifiance de son interlocuteur).

"Absolument pas. Vous pratiquez un amalgame qui n'honore pas votre cause: je ne suis absolument pas raciste, et encore moins islamophobe. Je suis, par contre, totalement islamosceptique, et je le revendique puisqu'à mon avis votre idéologie religieuse n'est pas viable dans le contexte réel de notre société".

Au lieu de passer pour un malade mental islamophobe, l'islamosceptique observe le prosélyte depuis les remparts d'une forteresse de raison. La forteresse du "bon sens" et de tous ceux qui souhaitent conserver le droit à la pensée. De ceux qui dialoguent mais ne s'en laissent pas conter par les obscurantistes, et qui justement ne tombent pas dans l'absurdité du racisme. Les islamosceptiques sont de ceux qui posent les questions, non pas comme des élèves un peu crétins qui goberaient sans réfléchir la "connaissance" des savants autoproclamés de l'islam, mais comme des juges impartiaux des idées, observant, parfois avec un sourire en coin, les apprentis ayatollahs bafouiller leur galimatias superstitieux et moyenâgeux.

Les esprits libres ne doivent plus permettre que des obscurantistes les qualifient d'islamophobes. Je propose comme parade l'islamoscepticisme. La bataille des mots, c'est aussi celle des perceptions, et donc celle des idées et des idéologies. Dans une société de dialogue honnête et constructif, c'est l'emploi à tort et à travers du mot "islamophobe" qui devrait donner lieu à des condamnations pour diffamation. Or, il n'existe pas actuellement de dialogue honnête ou constructif. La généralisation des termes "islamophobe" et "islamophobie" démontre au contraire que la démocratie subit l'assaut d'un terrorisme idéologique, partenaire effectif du terrorisme des armes, que les islamosceptiques ont pour tâche urgente et vitale de dénoncer et de désamorcer.


FFL pour LibertyVox

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© FFL pour LibertyVox - Article paru le 19/06/2006 Imprimer cet article
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