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Yzkor (souviens-toi)

Si le devoir de mémoire devient un ritualisme de commémoration stérile, sans le sens aigu de ce qu’il implique, le monde libre disparaîtra, victime de sa propre lâcheté. Une perspective que David Dawidowicz entend bien dénoncer.

Deux commémorations ont marqué la dernière semaine du mois d’avril. Les Juifs de France, comme ceux du monde entier, commémoraient la Shoah dans laquelle six millions de Juifs de tout âge, «du nourrisson au vieillard» furent méthodiquement exterminés pour leur seule «faute» d’être nés Juifs. En reconnaissant ce génocide, l’Allemagne libérée de l’hitlérisme a du même coup rendu fréquentables les nouvelles générations allemandes.

Les négationnistes, complices militants des criminels, s’évertuent à nier ce génocide qui trouble encore le sommeil des survivants, tandis que le national islamisme qui prend le relais du national socialisme rêve d’une nouvelle shoah nucléaire qui, en exterminant les Juifs d’Israël, n’épargnera pas pour autant la population arabe avoisinante, ce dont les délirants islamistes se fichent éperdument, ni la population européenne, ce qui s’inscrit dans les objectifs du djihad.

Vendredi 28 avril, ce fut au tour de la mairie de Paris d’accueillir une manifestation commémorant le génocide des Arméniens perpétré par la Turquie dont le nombre de victimes de tout âge se situe entre un million deux cent mille et un million cinq cent mille, «coupables» d’être nés Chrétiens dans une région soumise au national islamisme turc. Le négationnisme d’État dans lequel la Turquie prétendue «laïque» s’enferme ne fait que pérenniser ce génocide. Nier un génocide c’est en effet un moyen de le parachever en gommant ce qui survit des victimes: leur nom, leur souvenir; c’est leur refuser non seulement une sépulture mais aussi soustraire leurs bourreaux au tribunal de l’Histoire de sorte qu’ils pourront toujours récidiver.

C’est ce que les communautés juives françaises s’efforcent de sauver en procédant chaque année à la lecture ininterrompue des noms et âges des victimes déportées de France vers les camps d’extermination.

Yzkor, souviens-toi, n’oublie jamais.

C’est ce que font aussi les Français d’origine arménienne au cours de rassemblements dans un certains nombre de villes de France.

En faisant obstruction à l’érection d’un mémorial à Lyon et à toute manifestation commémorant le crime imprescriptible commis par le régime Jeunes Turcs, les fachos national islamistes turcs implantés en France rendent la communauté turque de la région lyonnaise infréquentable et nous démontrent, s’il en est encore besoin, que la Turquie n’a pas sa place dans l’Union européenne. Elle reste infréquentable et incompatible avec les valeurs de l’Europe à laquelle elle prétend, contre toute évidence, appartenir. L’irruption des perturbateurs nationaux islamistes turcs dans un espace devenu lieu de mémoire arménien est une profanation. Que diraient les Musulmans si des Arméniens, cibles du racisme national islamiste turc, faisaient irruption dans une de leurs mosquées pour la profaner?

Ma mémoire juive me permet de le dire sans le moindre ressentiment contre la Turquie. Je n’oublie pas en effet que dans les ténèbres des 15ème et 16ème Siècles, lorsque les Juifs persécutés par l’Inquisition et chassés d’Espagne par sa très catholique reine, rejetés de toutes parts de l’Europe chrétienne, ont été accueillis dans l’espace turc et on pu y survivre. Ce passé, perpétué dans les excellentes relations entre ce pays et Israël prouve au moins qu’une Turquie tolérante n’est pas inimaginable. Elle ne dépend que de la volonté du peuple turc et surtout de ceux qui le gouvernent. Or, pour le moment, la Turquie qui depuis des décennies asphyxie littéralement la petite Arménie, qui ne constitue pourtant aucune menace pour sa grande et puissante voisine, se révèle de plus en plus islamiste, procédant à un véritable nettoyage ethnique. À Istanbul par exemple, les quelque deux mille Grecs Orthodoxes qui y restent encore nous feraient oublier que cette ville fut autrefois une ville chrétienne et cosmopolite, majoritairement grecque avec une forte proportion d’Arméniens. Majoritairement arméniennes étaient également jusqu’en 1915 les villes et régions de Van, Erzeroum, Trébizonde et autres. Il n’y reste aujourd’hui aucun Arménien. Expulsés ou exterminés. Le régime «laïque» turc a rendu ces villes et régions purifiées de toute présence arménienne et chrétienne. Dans un cas analogue, les nazis disaient naguère d’une région après l’extermination des Juifs qu’elle est «Judenrein», «nettoyée de ses Juifs». Le territoire de la Turquie, berceau de l’Arménie et foyer hellénique dans sa partie occidentale, est «nettoyé» des Arméniens et est en train de se nettoyer de toute présence chrétienne. On pourrait demander aux fachos turcs qui importent en France leur racisme anti-arménien si des Chrétiens pourraient manifester aussi librement en Turquie.

Nombreux sont les Turcs qui déplorent le négationnisme de leur pays. Mais inorganisés, stigmatisés par les autorités de leur pays, privés du soutien des politiciens et des médias français qui font preuve de couardise devant l’irascibilité des autorités turques, ils ne peuvent faire entendre leur voix, laissant le terrain médiatique à la racaille «représentative». Le même drame est vécu par la majorité tranquille de l’immigration maghrébine otage du national islamisme criminel. Des irresponsables soutiennent que la France devrait faire un pas vers les communautés immigrées pour les encourager à s’intégrer. Or, parlant d’expérience, je puis affirmer que ce sont les immigrés dont je faisais partie qui ont fait l’effort «d’apprendre la France» et n’ont jamais eu l’idée saugrenue d’exiger, avec le soutien d’une gauche déglinguée, que les Français s’adaptent aux immigrés de toutes origines, ni d’exiger que dans les quartiers à forte densité d’étrangers, les enfants français apprennent le polonais, le yiddish… ou l’arabe pour se faire comprendre de leurs camarades immigrés. Et on n’a jamais vu des hordes d’ados immigrés procéder à la «dépouille» des enfants français «de souche».

Or, chaque fois qu’il y a de telles violences, les médias parlent de «heurts intercommunautaires», de sorte qu’on ne sait pas qui agresse et qui est agressé.

Ces médias ne sont pas à un mensonge ni à une lâcheté près, alors que leur rôle devrait comporter une part de pédagogie en direction de l’immigration et non de démagogie qui ne fait qu’encourager le refus d’assimilation. Or, ceux venus de la sphère musulmane qui, au cours des trois décennies écoulées, ont fait irruption sur le sol de la vieille Europe et dans notre pays, doivent apprendre qu’il y a encore peu, on connaissait en France, en Belgique, aux Pays Bas, en Grande Bretagne, au Danemark un art de vivre ensemble. Les immigrés venus de partout, fuyant autant l’intolérance que la pauvreté, une fois dépassées quelques manifestations minoritaires de xénophobie, le découvraient d’abord avec étonnement et ravissement et se coulaient aussitôt dans le moule. C’est le cas de mes amis arméniens qui, tout en restant fidèles à leur culture et à leur mémoire, sont devenus des Français exemplaires dont la France peut s’honorer. Je suis moi-même un immigré et j’ai vite appris, avec le français qui est devenu ma langue maternelle d’adoption, l’art de vivre ensemble pour former une nation avec les Français «Gaulois», avec les immigrés italiens, espagnols, russes «blancs», polonais, «annamites», réfugiés allemands anti-nazis, juifs turcs ou polonais qui sont entre temps devenus des Français que rien ne distingue de leurs compatriotes. C’est la culture laïque qui fut le principal facteur de cette harmonieuse intégration. Dans cette culture, la religion comme les secrets d’alcôve relève de la sphère strictement privée et intime. Son étalage dans la sphère publique à tout propos et hors propos est une indécence.

C’est ce que les immigrés musulmans devraient intégrer dans leur système de pensée et dans leur comportement s’ils veulent éviter un phénomène de rejet. Un bon nombre d’entre eux l’ont compris, mais nos autorités préfèrent se choisir comme interlocuteurs les plus virulents communautaristes.

Nos médias s’alarment de la montée de l’extrême droite en Europe. Il paraît qu’au Royaume Uni, 25% des sujets de sa Gracieuse Majesté s’apprêtent à voter pour un parti d’extrême droite. Mais ayant vu les foules musulmanes, au visage rendu hideux par la haine et la bêtise, manifestant dans les rues des grandes villes britanniques et menaçant de mort les britanniques qui ne se soumettent pas aux oukases de l’Islam, et sachant que selon un sondage, la majorité des britanniques de religion musulmane, tout en désapprouvant l’attentat terroriste du métro de Londres, déclarent que s’ils avaient connaissance d’un attentat en préparation, ils n’en dénonceraient pas les auteurs musulmans par fidélité avec la Oumma, on ne peut que s’étonner que le score électoral de l’extrême droite xénophobe ne soit pas plus élevé. La situation n’est pas différente en France, sauf que notre pays bat le record européen quant au nombre de musulmans de toutes provenances, encore que ce nombre reste, on ne sait trop pourquoi, un secret d’État jalousement gardé.

Quel rapport avec la commémoration des génocides et pourquoi je me limite aux cas des Juifs et des Arméniens alors que nous avons entre temps connu les génocides du Cambodge, du Rwanda , que les Français «de souche» risquent à leur tour d’en être victimes et que se perpétue en ce moment l’extermination des Noirs musulmans du Darfour sans que celui-ci ne fasse descendre les abonnés des manifs islamo gauchistes dans la rue?

C’est que j’ai voulu d’une part me limiter à l’Europe, foyer des pogroms et de la Shoah et parce que nos politiciens liés par un pacte opaque avec les pays musulmans, qui n’est pas sans rappeler les protocoles secrets du pacte germano-soviétique de 1939, imposent contre la volonté populaire et contre toute logique économique, sociale et budgétaire, une immigration «familiale» provenant majoritairement de l’Afrique musulmane. Ils veulent forcer les Européens à admettre la Turquie dans l’Union Européenne. Si cela devait se réaliser, l’Europe aura le sinistre privilège de compter à son «actif» les deux génocides du XXème siècle, à la différence près que l’Allemagne a reconnu celui des Juifs et en a fait repentance, tandis que la Turquie, forte de sa diaspora inassimilée qui peuple déjà l’Europe, nous imposera son négationnisme pour ce qui est du génocide des Arméniens. Or, ce bouleversement démographique et culturel contient en germe tous les facteurs d’une guerre de religions, mais de surcroît, plante les décors de nouveaux génocides. Un État négationniste mû par une idéologie ultra nationaliste est toujours capable de récidiver. Or, nous avons deux États dans ce cas. L’un, guidé par une idéologie national islamiste, version sunnite, qui force la porte de l’U.E avec tous les périls internes que cela représente, l’autre national islamiste version chiite, négationniste également et qui a au moins le «mérite» d’annoncer la couleur: la maîtrise du nucléaire pour anéantir le monde occidental, à commencer par Israël et les U.S.A. Seuls les imbéciles se réjouissent à l’idée que ce sont ces deux pays honnis qui paieront.

Alors plus que jamais, Yzkor, souvenons-nous, n’oublions rien, mais ne nous contentons pas de «commémorer». Cela virerait au ritualisme stérile si ce qui reste de monde libre ne se montre pas clairement résolu de frapper par tous les moyens dont il dispose et sans états d’âme, tout pays dont les dirigeants seront assez fous pour recourir au génocide ou déclancher le feu nucléaire contre l’un des membres de la communauté des nations. Pour ne pas en arriver là, interdisons d’ores et déjà à ceux qui nous gouvernent, tout compromis avec le national islamisme sous quelque masque qu’il se présente. Cela ne ferait que diviser et affaiblir le monde libre et constituerait un encouragement pour nos ennemis. Nous avons une mémoire et des valeurs à défendre, elles ne sont pas négociables.


David Dawidowicz pour LibertyVox

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© David Dawidowicz pour LibertyVox - Article paru le 30/04/2006 Imprimer cet article
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