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Le vote des immigrés

Jacques Piétri explique, s’il en était besoin, pourquoi on ne peut accepter aujourd’hui sans danger le vote des Immigrés.

De manière récurrente, chaque fois que des élections nationales se profilent à l’horizon, le serpent de mer du «vote des Immigrés» refait surface. François Mitterrand, qui n’était pas à une démagogie près, l’avait inscrit à son premier programme présidentiel; s’il savait se montrer démagogue, l’ancien Président pratiquait, avec non moins de dextérité, le pragmatisme, ce qui l’avait conduit à oublier ce ténébreux projet.

Les partis de gauche et d’extrême gauche ne sont pas sans arrières pensées lorsqu’ils réclament la mise en œuvre d’une mesure qui implique une modification de la Constitution, ils escomptent que les étrangers voteront en masse pour eux, leur permettant ainsi de conquérir de nouvelles municipalités. Le parti socialiste, si toutefois il revient au pouvoir en 2007, proclame qu’il entend, cette fois, appliquer ce que Mitterrand proposait en 1981.

En soi, que des étrangers, vivant et travaillant depuis plusieurs années, dans notre pays, puissent participer à des élections locales n’est pas scandaleux, tel est déjà le cas pour tous les ressortissants de la CEE, depuis la loi du 5 février 1994. Mais si un Espagnol ou un Anglais peuvent voter, en France lors des élections locales et bien entendu européennes, ils ne sauraient participer à des élections nationales. Certains pays européens, comme l’Espagne ou le Portugal, accordent le droit de vote aux résidants dont les pays pratiquent le principe de la réciprocité. C’est ainsi qu’un Péruvien peut participer aux élections municipales espagnoles, parce qu’un citoyen espagnol, habitant au Pérou, peut voter aux élections locales de ce pays.

La tradition républicaine française est à la fois plus complexe et plus simple, plus complexe, car toute évolution du droit de vote oblige à une modification de la Constitution. En effet, cette dernière prévoit en son article III que «La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum... Sont électeurs, dans les conditions déterminées par la loi, tous les nationaux français majeurs des deux sexes, jouissant de leurs droits civils et politique». En d’autres termes le droit de vote est un privilège réservé aux Citoyennes et Citoyens sauf dérogation explicite.

Ce principe, très simple, remonte à la Révolution, il a été depuis constamment réaffirmé. Dominique de Villepin était, il a quelques mois, dans la droite ligne de la pensée d’Ernest Renan, lorsqu’il faisait observer que le lien entre citoyenneté et nationalité était essentiel. Pour Renan, la Nation était avant tout «une âme, un principe spirituel... le désir de vivre ensemble». L’appartenance à une Nation l’emporte sur toutes autres formes d’appartenance, ni l’origine ethnique, ni la religion, ne fondent l’identité nationale. Certes, il y a sans doute aujourd’hui des citoyennes et de citoyens qui se rappellent avoir des ancêtres espagnols, portugais, italiens, etc... car le phénomène remonte à moins d’un siècle, mais «aucun citoyen français, disait encore Renan, ne se souvient s’il était Burgonde, Alain, Taïfale ou Visigoth». S’agissant d’élections, le lien entre citoyenneté et nationalité est au centre de notre système.

À l’inverse de ce qui est souvent écrit, il n’est pas très difficile d’obtenir la nationalité française, pour autant que l’on remplisse les conditions qui prouvent que l’on veut véritablement bénéficier de ce qui ne doit jamais être un droit, mais un honneur grevé de multiples devoirs. Chaque année, cent cinquante mille personnes accèdent à cette dignité, (169.000 en 2004, dont 50% de Maghrébins) ce qui fait de la France un des pays les plus ouverts du monde.

Pour toutes ces raisons, de bon sens et de droit, la question du vote des étrangers est un de ces faux problèmes qu’affectionne tant notre pays. Mais il y a une autre raison qui conduit à s’opposer à un tel projet, raison de circonstances, raison d’inopportunités certes, mais raison stratégique, raison d’ordre planétaire et qui risque de durer.

Il serait temps de répondre à la question suivante: Pourquoi les enfants d’immigrés polonais ou italiens de l’entre-deux guerres, portugais de l’après-guerre, se sont intégrés sans problème au sein de la communauté française, alors qu’une forte proportion de la troisième ou quatrième génération d’immigrés maghrébins, n’est toujours pas intégrée et vit en lisière de notre société? On m’objectera qu’à la troisième génération, on peut plus aisément distinguer, et par conséquent, le cas échéant, discriminer, un descendant algérien par rapport à un descendant portugais. Pourtant un petit-fils de Vietnamien ne passe pas non plus inaperçu et son intégration ne pose pas de problème particulier. Avancer des raisons strictement économiques n’est pas davantage pertinent. Crois-t-on que la situation des enfants des immigrés des années trente était particulièrement brillante? Elle était infiniment plus féroce qu’aujourd’hui, les «ritals» et les «pollacks» comme on disait à l’époque, n’avaient pas la vie facile, nos racistes contemporains apparaissent comme de joyeux lurons par rapport à leurs prédécesseurs, d’il y a trois quarts de siècle. Sans compter que la situation économique et sociale de ces immigrés était souvent lamentable et les aides dont ils pouvaient bénéficier inexistantes.

En posant cette question, j’entends déjà les bonnes âmes du politiquement correct se récrier: «Vous cherchez à stigmatiser les populations de confession musulmane!». L’argument est un peu éculé et inadéquat, il ne s’agit pas de stigmatiser quiconque, il s’agit d’appeler un chat un chat et de tenir compte de la réalité. La question du vote et de l’éligibilité des étrangers (comme cela a été proposé par le récent et pseudo référendum de Saint-Denis) est avant tout politique et sa solution demande un traitement politique. Ce n’est pas une affaire de «bons sentiments» comme la hiérarchie catholique tend à nous le faire croire. La réalité politique française est la suivante: Certains éléments, résidant sur le territoire français essayent de conduire des actions politiques, capables peu à peu d’instiller dans notre droit et notre pratique, des règles antinomiques de nos principes républicains. Parmi ces groupes, les Frères musulmans sont sans doute parmi les plus actifs, comme le signalait récemment Antoine Sfeir. Ces groupes ont pour ambition de créer des îlots communautaires où triompherait leur idéologie politico-religieuse.

On peut compter sur l’habilité des organisations islamistes, secondées et relayées par les groupuscules gauchistes, pour s’engouffrer dans la brèche de la soi-disant «démocratisation» des élections locales. Si l’on souhaite, pour ne prendre qu’un seul exemple, que les piscines municipales aient désormais des heures réservées aux filles et d’autres ouvertes aux seuls garçons – comme Madame Aubry l’a décidé à Lille – il n’y a qu’à «libéraliser le vote immigré». Tandis que les piscines des beaux quartiers resteront mixtes, celles des Cités pratiqueront une discrimination sexiste. La gauche française est tellement aveugle, que sous le fallacieux prétexte du pragmatisme elle contribue à la ghettoïsation de notre pays.

Les partisans du vote des Immigrés brandissent le drapeau de la démocratie, mais c’est une vieille ruse qui ne trompe plus personne. C’est une constante historique: les organisations totalitaires, de droite ou de gauche, se réclament toujours des principes de la démocratie, pour parvenir à leurs fins et au bout du compte supprimer cette démocratie dont ils se réclamaient.

Il est réducteur, pour ne pas dire puéril, d’analyser les évènements de Novembre 2005 sous le seul angle socio-économique, alors que la dimension culturelle est au centre de cette affaire. Il ne faut pas s’y tromper, nous avons assisté à une sorte d’Intifada en gestation; encore à l’état embryonnaire il y a quelques mois, il est vraisemblable que sa prochaine manifestation sera beaucoup plus violente. On peut injecter tout l’argent que l’on veut dans «les quartiers», et on en a déjà injecté beaucoup, rien n’y fera, on ne peut changer des mentalités haineuses et anti-françaises, solidement enkystées depuis plusieurs décennies, en puisant dans les poches percées des contribuables.

Nicolas Sarkozy n’avait pas tort de rappeler que la France on l’aime où la quitte, personne n’est obligé d’y vivre et encore moins de s’y faire soigner, tout en la stigmatisant sans relâche; il est vrai que sur ce dernier point, l’exemple vient d’outre méditerranée!... Oui, la France est bonne fille, une bonne et brave fille qui aime et pratique, à l’envie, l’autodénigrement, qui accepte facilement sur son territoire ceux qui la haïssent et qui au besoin, tels de répugnants souteneurs, la rouent de coups.

Pour ceux dont le soi disant anti-racisme est le fonds de commerce, il n’y a qu’une seule espèce de raciste de par le monde: le Chrétien ou le Juif blanc, le Roumi par extension; quel aveuglement, quel obscurantisme, le racisme est une maladie non sélective, elle atteint sans discrimination toutes les races et tous les peuples. Le plus virulent des racismes est aujourd’hui celui de ces groupes islamiques qui n’ont en tête que la destruction des valeurs occidentales. Ne leur donnons pas des tribunes supplémentaires, à force de vouloir faire preuve de générosité on finit surtout par prouver son imbécillité, mais on ne s’en rend pas toujours compte, car le moment venu on est mort.


Jacques Piétri pour LibertyVox

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© Jacques Piétri pour LibertyVox - Article paru le 29/04/2006 Imprimer cet article
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