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Le déshonneur et la guerre

David Bescond répond au député du Gard, Jean-Marc Roubaud, au sujet de sa proposition de loi sur le délit de blasphème.

Réponse au député du Gard Jean-Marc Roubaud


Face à votre initiative lamentable d'introduire le délit de blasphème dans la loi de 1881, de nombreux patriotes se sont légitimement émus d'une telle capitulation en rase campagne devant les islamistes. Vous avez cru bon de leur donner une réponse. Hélas, non seulement elle confirme votre lâcheté mais en plus elle démontre que vous êtes un menteur. Regardons en détail le contenu de votre missive dont on peut lire l'intégralité sur le site de France-échos ( http://www.france-echos.com/actualite.php?cle=8866 ).


Vous dites que dans une démocratie il ne doit pas y avoir de sujet tabou. Croyez-moi, le fait de baisser son pantalon devant l'islamisation progressive de la société française n'est en rien un sujet tabou mais davantage une pratique très à la mode dans les milieux politiques, culturels ou intellectuels français. Vous n'êtes pas un rebelle monsieur le Député. Encore moins un résistant. Simplement quelqu'un qui se couche devant l'islamiquement correct. Vous dites que votre proposition s'adresse à toutes les religions… Quelle hypocrisie. L'ensemble de votre réponse démontre que votre unique préoccupation est de ne pas indisposer le monde musulman et, cela va de soi, les masses musulmanes présentes sur le territoire français. Nous y reviendrons plus loin.


Contrairement à votre affirmation, votre proposition de loi ne fait pas que rajouter le mot "dessin" à l'intérieur de la loi sur la presse de 1881. Voici l'article 29 de cette fameuse loi:

- Toute allégation ou imputation d'un fait qui porte atteinte à l'honneur ou à la considération de la personne ou du corps auquel le fait est imputé est une diffamation . La publication directe ou par voie de reproduction de cette allégation ou de cette imputation est punissable, même si elle est faite sous forme dubitative ou si elle vise une personne ou un corps non expressément nommés, mais dont l'identification est rendue possible par les termes des discours, cris, menaces, écrits ou imprimés, placards ou affiches incriminés.

Toute expression outrageante, termes de mépris ou invective qui ne renferme l'imputation d'aucun fait est une injure.

Et voici ce que vous proposez:

1. Dans la dernière phrase du premier alinéa, après le mot : "imprimés" est inséré le lot: "dessins ".

2. Après le premier alinéa, il est inséré un alinéa ainsi rédigé "Tout discours, cri, menace, écrit, imprimé, dessin ou affiche outrageant, portant atteinte volontairement aux fondements des religions, est une injure".


On est loin du simple ajout du mot "dessin". En insérant cet alinéa, ce qui au passage démontre bien qu'il n'existait pas puisque vous devez l'insérer dans la loi (vous saisissez?), vous introduisez bien le délit de blasphème dans notre république. Et le fait d'ajouter le mot "dessin" est-il un simple hasard? Une caricature, suivez mon regard, n'est-elle pas un dessin?

Mais vous ne vous contentez pas de ce premier mensonge puisque vous ajoutez dans votre réponse que la loi du 29 juillet 1881 condamne déjà les atteintes volontaires aux fondements des religions. Cela est faux. À aucun moment la loi du 29 juillet 1881 n'évoque cette notion. En revanche votre proposition de loi, si elle devait être adoptée, l'introduit. Que des juges interprètent mal la loi est une chose, que celle-ci en fasse mention en est une autre. Ayez au moins le courage d'assumer votre forfaiture. La suite de votre prose nous réserve encore bien des surprises.

"Alors, suite à la parution des caricatures de Mahomet, que s'est-il passé: des émeutes, des morts, des blessés, des intérêts occidentaux saccagés. Peut-on rester insensibles, confortablement installés dans nos certitudes nationales ou européennes?"

Je suis atterré de voir que ce qui vous désole n'est pas la réaction criminelle, outrancière et intolérante des fils d'Allah. Non ce qui semble vous émouvoir c'est l'outrage supposé fait à la religion musulmane. Vous semblez réserver votre sensibilité aux bourreaux plutôt qu'aux victimes. À moins qu'il ne s'agisse de votre part d'un simple sentiment de peur. Attitude caractéristique du parfait dhimmi. Quant à nos certitudes monsieur le Député, elles concernent le droit inaliénable à la liberté d'expression, le droit inaliénable à la libre critique des religions, de toutes les religions. Si vous n'êtes plus capable de défendre ces piliers de notre démocratie, la simple décence devrait vous conduire à démissionner.

"Peut-on ignorer la situation explosive du Proche et du Moyen-Orient qui peut, d'un moment à l'autre, dégénérer en conflit mondial?".

Eh bien, pour une proposition qui s'adresse à l'ensemble des religions, vous conviendrez que vos exemples ont une fâcheuse tendance à se limiter au dar-el islam. Hélas monsieur le Député, si la France ne peut plus ignorer ce qui se passe aujourd'hui au Proche et Moyen-Orient, c'est à des députés comme vous qu'elle le doit. À des députés qui depuis trente ans, depuis cette loi funeste du regroupement familial, sont directement responsables de la politique d'immigration-invasion suicidaire, irresponsable. Cela vous va bien de venir tirer la sonnette d'alarme. Que ne l'avez-vous fait plus tôt. Oui, de par la simple présence de 6 millions de musulmans sur le territoire français, notre pays n'est plus souverain quant à sa politique étrangère. Nul n'ignore que le choix pro-palestinien du Quai d'Orsay ou plus largement la politique pro-arabe de la France est guidée par le souci de ne pas désespérer Clichy-sous-Bois. Comme jadis, prisonnière d'une autre influence, notre politique nationale se devait de ne pas désespérer Boulogne-Billancourt. Alors je vous pose cette question: Que comptez-vous faire? De renoncement en capitulation, où croyez-vous que votre politique va nous mener?

"Peut-on ignorer qu'il existe des républiques laïques (que je défends) mais aussi des républiques religieuses? Peut-on ignorer que le monde est fait de cultures et d'avancement des sociétés très différents?"

Est-ce à un moment de lucidité, ou de culpabilité, que l'on doit votre précision? Vous dites défendre les républiques laïques, mais tout ce qui précède peut nous faire douter de votre sincérité. Qu'entendez-vous par "républiques religieuses"? Cela peut vous sembler naïf, mais voici deux mots qui sont pour moi contradictoires. Pensez-vous à la république islamique d'Iran? N'avez-vous pas le sentiment que ce pays est à la république ce que les pays de l'est, abusivement qualifiées de démocraties populaires, étaient à la démocratie? Pour tout dire il y a quelque chose d'indécent de la part d'un député de la république de mettre sur un même plan nos démocraties occidentales avec des dictatures, car c'est bien de cela dont on parle lorsqu'on évoque des républiques religieuses, dans lesquelles règnent la charia, la discrimination la plus abjecte envers les femmes et les minorités religieuses, le fanatisme et la haine de l'autre. Des régimes où sont bafoués les plus élémentaires des droits de l'Homme. Et le fait qu'il existe des sociétés d'avancement très différents doit-il amener les sociétés les plus évoluées à abdiquer leurs valeurs afin de ne pas choquer les autres? C'est un nivellement par le bas dont vous vous faites le promoteur monsieur le Député.

"L'évolution des moyens de communication a ramené le monde aux dimensions d'un village où tous les faits, tous les actes sont vécus et connus par tous. On peut s'en féliciter, on peut le regretter, mais c'est la réalité aujourd'hui. On ne peut plus tenir un discours pour un cercle proche, il doit être universel."

Et bien entendu, votre discours universaliste se résume, là aussi, à choisir le plus petit dénominateur commun. C'est-à-dire à privilégier les délires obscurantistes sur l'héritage des lumières. Au nom de la charia nous devons relativiser. Mais rassurez-vous monsieur le Député. Nous vivons déjà dans la société de la relativisation absolue dans laquelle tout se vaut. Le cri des pacifistes n'est-il pas emblématique à ce titre: "Ni Bush, ni Blair, ni Ben Laden"? Au nom de ce relativisme, n'acceptons-nous pas sur le sol de la république la polygamie et son corollaire, les mariages forcés? Et moi qui pensais que la déclaration des droits de l'homme était universelle, que les représentants de la République avaient pour vocation de défendre et de porter ce message à l'ensemble de l'humanité. À moins que vous fassiez parti de ce cercle français qui estime que la démocratie est une valeur réservée uniquement à l'Occident et qui ne peut s'appliquer universellement.


"Il faut donc le prendre en compte sans pour autant remettre en cause le principe même de la démocratie des pays dits avancés. La liberté est unique, elle ne saurait privilégier une forme de liberté plutôt qu'une autre. C'est pour cela, qu'à mon sens un équilibre subtil doit exister entre la liberté d'opinion et de la presse face aux libertés de pensées et de religions. La liberté d'expression ne saurait ainsi se donner le droit de calomnier ou de bafouer les sentiments religieux d'aucune communauté ou d'aucun Etat, quel qu'il soit, pas plus que la liberté de pensées ou de religions ne saurait brider la liberté d'expression. L'heure n'est pas à alimenter ou à entretenir la discorde par une liberté d'expression débridée ou par un dogmatisme d'un autre temps mais à mettre en oeuvre les moyens de lutter contre toutes les dérives qui nourrissent la haine. Ces principes doivent être appliqués par toutes les nations. La liberté d'opinion n'est pas la liberté de se faire plaisir, la liberté de religion n'est pas de contraindre l'autre."

Mais d'où vient subitement ce besoin impératif de trouver un équilibre subtil entre deux libertés aussi fondamentales que la liberté d'expression et la liberté de religions? J'ai grandi dans une France qui ne se posait pas le problème de cet équilibre. Il était naturel. Mais depuis, nous avons introduit au sein de la nation française un élément qui ne l'est pas, l'islam. L'intolérance intrinsèque de l'islam est incompatible avec les fondements de notre démocratie, avec les fondements de la philosophie occidentale. Là et uniquement là se situe le problème. Pour avoir la lucidité de le reconnaître il faut du courage. Lucidité et courage sont deux qualités indispensables à l'action politique. Vous n'avez ni l'une ni l'autre. Et puisque vous n'êtes pas convaincu de la supériorité de nos démocraties dites avancées, laissez moi vous préciser ceci. Pour nous mettre au même niveau que vos "républiques religieuses" il faudrait interdire la construction des mosquées ou les brûler au moindre prétexte d'atteinte au respect du christianisme. Il faudrait interdire le Coran et le culte musulman de la même manière que la bible et le culte chrétien sont interdits en Arabie Saoudite, qui est à l'islam ce que l'Italie est à la chrétienté. On devrait également abattre des imams comme on abat les curés au Nigeria ou en Turquie. On devrait imposer des impôts discriminatoires aux musulmans comme c'est le cas en terre d'islam pour les Chrétiens. On devrait interdire la possibilité pour un Chrétien de se convertir à l'islam sous peine d'être exécuté etc... etc...

Pensez-vous vraiment que tout se vaut monsieur le Député? Et puisque vous parlez du respect, sachez que la base du respect et de l'amitié, c'est la réciprocité. Benoît XVI l'a parfaitement compris puisqu'il a fait de cette réciprocité de l'islam envers la chrétienté son nouveau cheval de bataille. Car pour respecter l'islam, faudra t-il adopter les propositions de l'UCOIL (organisation de musulmans italiens liée aux Frères musulmans) avancées début mars? Cette dernière exige l'ouverture d'écoles coraniques, un contrôle des manuels scolaires par les imams (et demain leur rédaction?!!!) et la création de banques islamiques en Italie. L'UOIF française est sur la même ligne. Il est évident qu'à force de capituler, viendra un jour où il n'y aura plus de capitulation à signer. Nous nous tournerons pour ne voir à l'horizon que des minarets. Il sera alors trop tard. Mais ce qui est grave avec les «idiots utiles» de l'islam de votre genre, c'est qu'ils encouragent des idiots tout court à lancer des propositions stupides. Ainsi pour l'écrivain italien Vittorio Messori "mieux vaudrait abolir l'heure de religion" à l'école plutôt que de l'ouvrir à l'islam. Il conviendrait ainsi de renoncer à notre héritage chrétien pour ne pas froisser les susceptibilités des enfants d'Allah. Cela est d'autant plus idiot qu'une fois que nous aurons appliqué cette politique de renoncement, de reniement serait plus exact, les revendications des musulmans n'en seront pas moins fortes. Bien au contraire. Et demain lorsque les musulmans exigeront d'avoir des muezzins pour appeler à la prière du haut des minarets que ferons-nous? Pour ne pas céder à cette revendication Monsieur Messori proposera-t-il d'abolir les cloches? L'appuierez-vous au nom du relativisme?

"Il ne s'agit pas de reculer mais de se comprendre, car une société de paix se construit dans la compréhension mutuelle et non pas dans l'humiliation."

Il ne s'agit pas d'un recul de votre part mais d'une capitulation sans condition. Même en 1940 nous nous sommes battus! En 1938, des gens aussi lâches que vous, des gens aussi irresponsables que vous, ont cru qu'il était possible de négocier un équilibre subtil avec un dénommé Adolf Hitler. Ils nous disaient "Il faut comprendre les Allemands qui sont humiliés par le Traité de Versailles" etc... etc... On connaît la suite. À vous lire, je ne peux m'empêcher de penser à Winston Churchill: "Ils ont accepté le déshonneur pour avoir la paix. Ils auront le déshonneur et la guerre". Nul doute que vous auriez applaudi à la signature des accords de Munich.

David Bescond pour LibertyVox

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© David Bescond pour LibertyVox - Article paru le 07/04/2006 Imprimer cet article
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