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Les Coprocrates |
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En ce début d’année, André Dufour revient sur “l’affaire” Finkielkraut. De quoi commencer 2006 sur un joli coup de gueule. |
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Non! Les braves gens n’aiment pas que l’on suive une autre route qu’eux.
(Clin d’oeil posthume de Georges Brassens à Alain Finkielkraut)
C’est une affaire entendue, il n’est d’intellectuel que de gauche
anti-américaine et pro palestinienne, mais comme il n’en existe
paraît-il plus ailleurs, il faut bien admettre avec les
néo-inquisiteurs que tout ce qui sort de ce schéma est réac ou, au
mieux, néo-réac. Du reste, pour débusquer les réacs et faire la chasse
aux sorcières, les néo-inquisiteurs, dignes disciples des
vétéro-staliniens, ont déjà mis en place toutes les institutions
nécessaires à l’hygiène idéologique de notre société: un ministère de
la Vérité qui siège à la rédaction du Monde Diplomatique, une police de
la pensée présidée par Jean Daniel et une cour de justice populaire de
la Pensée qui siège dans la rue, au pied d’un arbre dont les branches
supportent des cordes à nœud coulissant...
Dernier en date des condamnés d’office: Alain Finkielkraut. N’est-il
pas «l’ennemi du peuple» idéal? Il n’est ni communisant, ni alter
mondialiste, ni anti-américain, ni pro palestinien, ni antisioniste. Il
lui arriverait même de préférer, tout compte fait, Georges Bush à
Saddam Hussein ou à Béchir El Assad, Ariel Sharon à Yasser Arafat ou au
Hamas. Il n’appelle donc pas au boycott des universités ou des produits
d’Israël et, last but not least, ne fait pas cause commune avec
l’Intifada et la nuit de cristal des banlieues françaises, alors que
tout penseur qui se respecte doit mettre son cerveau, définitivement
programmé, au service des «indigènes de la République» en révolte
contre la République colonialiste et esclavagiste qui exploite les
désoeuvrés à coups d’allocations et de subventions.
Mais le pire, l’impardonnable, c’est que contrairement à ses
contempteurs, il n’a jamais brouté aux râteliers des léninisme,
stalinisme, trotskisme, maoïsme et autre polpotisme qui, là où ces
«ismes» ont instauré la dictature du prolétariat, ont fait plus de
victimes que le système nazi, à la notable mais non exonératoire
différence près qu’ils n’ont jamais eu à en répondre devant quelque
tribunal de Nuremberg, puisque nul n’est là pour les dénoncer. Voilà
donc un témoin bien gênant.
Non, Alain Finkielkraut n’est pas de la Famille excrémentielle de cette
mouvance, il ne partage pas avec cette prétentieuse mafia le secret
initiatique de leur complicité avec les crimes des dictatures du
prolétariat dans lesquels ils ont tous trempé, tant par un soutien
actif que par un silence complice.
Finkielkraut est donc un Profane, un hors groupe, un paria, un
«néo-réac» selon la terminologie des vétéro-staliniens. Alors puisque
nous en sommes au «jeu des dénominations» lancé par le clan des Nouvel
Obs, Libé, Monde et autres penseurs recyclés des latrines du
stalinisme, du trotskisme ou du maoïsme, on peut se demander si cette
mouvance ne serait pas celle des coprocrates et si la nature du pouvoir
qu’ils visent à instaurer en lieu et place de la démocratie libérale ne
serait pas la «coprocratie».
Celle-ci ne supporte pas ceux qu’elle n’est pas parvenue à souiller;
Finkielkraut est de ceux-là. Le revêtant alors d’un san-benito, les
Torquemada de cette coprocratie le jettent en pâture à la populace
vociférante sur commande avant de mener l’autodafé à son terme sur le
bûcher.
On peut s’étonner de constater que ses détracteurs sont, pour la
plupart, juifs comme lui alors que tout antisémite normalement
constitué croit «qu’ils se soutiennent entre eux». C’est oublier que
l’Inquisition a toujours compté dans ses rangs nombre de convertis
juifs qui ne figuraient pas parmi les plus tendres tortionnaires...
Dans toute leur longue Histoire, les Juifs ont toujours compté, parmi
leurs renégats, leurs plus zélés ennemis, que ce soient les «minim»,
«zidim» et autres «malchinim» sous le joug romain, les moines convertis
lors des «disputations» médiévales, ou, dans les temps modernes, dans
les chapelles marxistes, staliniennes, trotskistes qui vont jusqu’à
nier l’existence d’un peuple juif et même d’une religion juive. Nos
actuels coprocrates antisémites ou juifs n’ont donc rien inventé, ils
font partie, à leur façon, de la Tradition.
Comme tous les pays démocratiques, c'est-à-dire Occidentaux, l’État
d’Israël compte ses ennemis en son sein, dans une classe assez aisée
pour être gauchiste et, jusqu’à présent, assez épargnée du terrorisme
islamiste pour être pacifiste. Mais souvent, à tout hasard et par
précaution, ils ont un pied-à-terre et un compte en banque à l’étranger
comme position de repli. Ces pacifistes de salon sont assez
convaincants pour mobiliser et faire défiler deux cent mille personnes
dans les rues de Tel-Aviv. C’est quand même relativement peu si on
pense que pratiquement tous les israéliens veulent la paix. Les pays
arabes ont eux aussi leurs pacifistes: jusqu’à deux cents qui, à
l’heure de la promenade, défilent en rond dans les cours des prisons de
leurs pays respectifs. Voilà de quoi bâtir la paix, en rappelant
qu’Israël compte cinq millions de Juifs et les pays arabes et musulmans
un milliard de personnes, dont l’hostilité à Israël prend sa source
essentiellement dans le mépris et l’hostilité culturelle qui leur est
inculquée de génération en génération, depuis Mahomet, contre les Juifs.
Comme leurs homologues français et européens, les coprocrates
israéliens condamnent dans leur pays, sous couvert d’un fort louable
universalisme humain, tout attachement à l’identité culturelle,
nationale ou religieuse. Nous serions enclins d’y souscrire! Mais
d’autre part, les susdits justifient l’attachement des Arabes et des
Musulmans à leur propre identité ethnique, nationale, nationaliste,
culturelle et religieuse. Ces prétendus universalistes ne sont en fait
que des dhimmis dans l’âme. C’est fou ce qu’Israël ressemble à la
France avec cette «intelligentsia» repue qui peut se permettre de
cracher dans la soupe pour en dégoûter ceux qui ont faim, sans rien
leur offrir d’autre en échange que du vent. À croire que les Gaulois,
ancêtres des Français paraît-il, étaient des Juifs émigrés de Galilée.
Ou vice-versa. Qui sait ?
C’est là le charme paradoxal des sociétés libres et démocratiques que
ces «penseurs», au nom de cette liberté qu’ils ne comprennent qu’à sens
unique, pour eux-mêmes, peuvent se permettre de bafouer et de trahir au
bénéfice des pires totalitarismes, des plus ténébreux obscurantismes.
Cela n’est pas nouveau à en juger par tous ces intellectuels et
politiciens «progressistes», qui, ayant naguère servi Staline, Mao, Pol
Pot, mentaient sur les crimes du système stalinien pour ne pas
désespérer Billancourt et qui se mettent de nos jours à la remorque du
premier Tarik Ramadan venu, invité d’honneur de tous les Forums
sociaux... Normal: il a des idées et un objectif, eux, ils n’ont plus
rien, même plus les «masses» ou le prolétariat. Les «partis» et
organisations gauchistes aux effectifs squelettiques et
interchangeables en savent quelque chose. Alors, en copulant avec les
Frères Musulmans, ces accros du métissage universel enfanteront d’un
prolésharia (Simon Pilczer dixit), nouveau peuple élu qui, sous la
direction éclairée des spécialistes patentés de la pensée, imposera une
dictature coprocratique populaire avec ses promesses de lendemains qui
chantent et de surlendemains qui déchantent. Comme quoi, mondialisation
libérale aidant, le dogmatisme de gauche se délocalise en «Islamie»
sous développée comme une vulgaire usine capitaliste.
Alain Finkielkraut s’est fait piéger dans un bistro parisien par un
minable journaliste ultra-gauchiste et rédacteur en chef du supplément
hebdomadaire de Haaretz, parent en dogme et en perversité du Monde
Diplomatique. Normal, tout cela a mariné dans le même tonneau suintant,
relooké par la chienlit mai soixante-huitarde. Selon la bonne vieille
méthode éprouvée de l’agitprop et de la désinformation, facilitée par
une traduction biaisée d’un simple entretien en anglais et la mise bout
à bout de passages tronqués extraits de leur contexte, publié en hébreu
et retraduit en français dans l’usine à faussaires du Monde
Diplomatique. Cela donne un texte que Finkielkraut n’a pas écrit et
qu’il ne lui a pas été donné de relire. C’est ainsi que ces
journalistes, dans la lignée du pacifiste Marcel Déat, comme lui
fascinés et finalement fascisés par le totalitarisme renaissant de ses
cendres dans sa forme islamique et altermondialiste, ont remodelé un
entretien de bistrot pour le transformer en néo Protocoles des Sages de
Sion. Les Sibony et autres Warshawski n’avaient plus qu’à ajouter leur
goutte de fiel dans le Monde. Et les petits chiens du Nouvel Obs qu’à
ramasser sous la table les miettes laissées tombées par ces maîtres à
«penser».
Mais encore une fois, Finkielkraut aurait été pareillement jeté en
pâture aux masses même s’il n’avait rien dit. Car son «crime» réside,
non pas dans ce qu’on vient de lui faire dire à coups de
falsifications, mais dans ce qu’il a pu dire et écrire depuis des
années et l’objectif de la meute qui le traque est de lui interdire de
s’exprimer et d’enseigner. L’enseignement primaire, secondaire et
supérieur est en train de devenir le monopole et la chasse gardée des
altermondialistes, marxistes, anti-américains et antisionistes. Seule
leur idéologie doit y être autorisée. C’est ce qui se produit déjà dans
nos écoles, à en juger par les manuels scolaires labellisés par nos
inspecteurs de l’enseignement. Il ne faut donc pas que les officiers de
l’armée française puissent subir l’influence d’un penseur hérétique.
Mais qu’à-t-il donc dit de si pendable? Encore une fois, il n’y a pas à
se justifier devant des fachos bruns ou rouges, ni devant les officines
«humanitaristes» ou «antiracistes» à leur botte, ils trouveront
toujours une raison d’éliminer ceux qui leur font obstacle. Peut-être
que parmi les causes diverses qui nous ont conduits à la guérilla
urbaine de cet automne, n’aurait-il pas dû dire qu’il fallait tenir
également compte du facteur «islam», non pas que cela fût inexact, mais
politiquement et idéologiquement incorrect. Mais l’ayant dit, cela
méritait un débat public, non pas une balle dans la nuque.
Bon, après avoir porté cette affaire devant les tribunaux, le Mrap de
Mouloud Aounit , aussi magnanime que le «Prophète» de la religion
d’amour, de tolérance et de paix, retire sa plainte. Mais la meute
coprocratique ne lâche pas si facilement sa proie. Voilà qu’un ramassis
d’organisations, d’associations, de collectifs groupusculaires et
autres racailles palestinophrènes, constituant les milices de la
coprocratie, porte à son tour cette affaire devant la Justice. Le
Tribunal estimera-t-il leur «plainte» recevable? Dans ce cas, l’avenir
de la liberté de pensée et d’expression sera derrière nous. La
République française (R.F.) deviendra la RCPPF (République
Coprocratique Populaire du Prolécharia de France).
André Dufour pour Libertyvox.
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