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Le Berger à l'Empire

José Melchor Gonzales nous demande ce droit de réponse à Guy Millière. Nous accédons à sa requête sous forme de point final à cette polémique. Leurs chemins incompatibles se séparent donc ici.

Il est difficile de répondre à l'invective et à l'insulte, tant je pensais avoir situé le débat au niveau des idées et d'une tentative de construction argumentée de ma position, dont je ne reproche à personne de ne pas en partager les tenants et aboutissants, mais dont je me réjouis que beaucoup, et même de plus en plus, dit-on, rejoignent les fondements.

C'est vrai, je ne suis pas un intellectuel, je suis né au milieu de bergers moi aussi, comme d'autres, avant d'être abandonné dans un orphelinat de Caracas, d'où une famille française m'a sauvé en m'adoptant. Une famille ouvrière, de la navale, une famille de syndicalistes où j'ai appris les valeurs du travail, et du mérite. Où j'ai appris que l'instruction ne faisait pas l'intelligence, et que l'intelligence n'était pas une affaire d'instruction.

Même si cela gêne certains «eugénistes sociaux» à droite, je n'aurai jamais honte de mes origines, pas plus que nombre de néoconservateurs véritables, aux Etats-Unis viennent eux aussi de la gauche et souvent de la plus radicale. Et si je ne suis pas un «authentique» libéral, je consens bien vouloir apprendre tout d'un hériter de Smith et Ricardo, mais qui ne soit pas un fonctionnaire ultra privilégié de l'éducation nationale parlant d'une loi du marché qu'il ne connaît qu'en théorie.

À défaut d'être un érudit, un intellectuel; à défaut de fréquenter les grands de ce monde, et de n'avoir que pour frères des humbles de ce Peuple qui est devenu le mien, j'ai appris que le combat politique ne justifiait pas tout. Alexandre Del Valle le sait, malgré nos disputes parfois virulentes par listes ou par sites interposés, je n'ai jamais divulgué son identité véritable que je connais, considérant que cela, non seulement, aurait été hors propos, mais qu'au regard des menaces qui pèsent sur lui, venant des islamistes, il eut été criminel de le faire. On ne jette pas en pâture un nom, quand sur celui-ci pèse les pires menaces.

Guy Millière n'a pas eu à mon égard, cette décence là. Ceci suffit à qualifier ce qu'il est.

Sur le fond, je ne reviendrai pas une fois encore sur les amalgames dont je croyais que seuls Mouloud Aounit et ses amis détenaient le monopole. Je crains que ses «amis» américains ne s'émeuvent cependant d'apprendre, au regard de la grille de lecture de ce petit professeur d'une université française de banlieue, ce qui n'est absolument pas honteux, et même tout à fait honorable, mais qui n'a vraiment rien non plus, il faut le dire, d'une prestigieuse faculté faisant référence, telle la Sorbonne, dont on comprendrait que même les maîtres de conférence s'y prennent pour les élites de notre beau pays, et qui argueraient probablement eux aussi – si tout du moins ils accordaient un quelconque intérêt à ce qui peut s'ériger en «analyse» de l'autre côté du périphérique - du fait que la CIA est probablement un des plus grands foyers du néo-nazisme dans le monde, tant les premières conclusions que l'agence porte sur l'islam ne laissent guère de doute sur la nature véritable de cette religion, et qui n'est rien de moins que ce que d'autres humbles et moi même tentons depuis longtemps de dévoiler.

Paul Sperry, qui n'est certes pas un intellectuel, puisqu'il ne traduit pas de livres et ne tente pas d'en écrire lui même, mais juste un obscur petit éditorialiste de Frontpage Magazine, en dévoilant la substance des premiers constats faits sur l'islam par toute une ribambelle d'experts recrutés par la CIA pour analyser le contenant véritable du coran et des hadits – texte original en anglais sur FP / traduction française sur Occidentalis – aurait-il révélé un des piliers du nazisme au coeur même du système américain? À en croire Guy, il est probable que oui.


À ses «amis» américains, je pourrais opposer mes propres références, de Debbie Schlussel à Ann Coulter qui appelait à ce qu'on envahisse le monde arabe, qu'on y abatte ses leaders et qu'on y convertisse au Christianisme ses peuples, en passant par Tony Blankley, mais peu importe, je voudrais plutôt évoquer, justement, mes «lectures» arabes, Ayaan Hirsi Ali que j'ai encore rencontré dernièrement cet été, et Taslima Nasreen notamment. Des «nazies», elles aussi, probablement, tant leur position sur l'islam est sans la moindre ambiguïté: la première déclarant «Le problème, c'est le prophète et le Coran (...) Il y a des graines de fascisme dans l'Islam»; la seconde que «venant d'une famille musulmane, je me sens la responsabilité de dénoncer l'islam, car les femmes qui y sont soumises n'ont ni les droits ni la liberté qu'elles devraient avoir.»

Et les femmes arabes, je n'en parle pas d'un «elles» anonyme, mais je lis leurs paroles: Necla Kelek, Seyran Ates, Serap Cileli, Benaïssa, Djura, Chahdortt Djavann, et un homme aussi, Ibn Warraq, qui dans un livre simple et brutal, pas une oeuvre d'intellectuel certes, mais qui avec ses mots d'homme humble lui aussi, explique «pourquoi il n'est pas musulman».

Arrêtons là ce dialogue de sourd. Guy va son chemin, je vais le mien, l'histoire dira qui de nous deux elle choisira. Moi je n'ai qu'un Dieu, pas d'idole, et je ne suis d'aucun clan, d'aucun communautarisme, et je soutiendrai encore Kouchner s'il redisait son soutien à l'entreprise de libération des peuples afghans et irakiens, comme je revendique avec fierté d'avoir soutenu George W Bush pour avoir oser défier la bien pensance et la lâcheté des européens en accomplissant ces actes de paix.

Mais je serai tout aussi critique que Laurent Murawiec concernant le fait que le véritable axe du mal était bien plus contenu dans le royaume saoudien que dans le régime baasiste de Saddam Hussein, aussi bienvenue soit la chute du raïs irakien. Je serai résolument même du côté de mes amis israéliens quand c'est Israël qu'on démantèle.

Je reconnais en tout homme une part de vérité, et Guy a la sienne comme tout à chacun. Je regrette qu'au nom de son adoration pour une certaine Amérique bien pensante, ses idoles, qui ne sont résolument ma propre Amérique, faite, elle, de gens qui réfléchissent et qui doutent autant que moi, au point de poser les bonnes questions, il ne puisse voir le formidable élan issu de l'Union Républicaine Populaire qui se retrouve encore dans la liste Via Resistancia, où des militants dissidents de l'UMP qui ont tous la particularité d'être issus de l'immigration ou des DOM, Français d'origine latino-américaine, antillaise, asiatique (chinoise, coréenne et vietnamienne notamment), espagnole, hongroise et deux jeunes femmes marocaines ayant apostasié l'islam, se sont rencontrés et partage ensemble une même vision d'une France plurielle, pluri-ethinique, multi-culturelle mais française et fière de l'être au delà de leurs origines, et de leurs religions, puisque chrétiens catholiques, juifs, bouddhistes, orthodoxes ou évangélistes, nous nous sommes tous réunis au sein de Via resistancia pour appeler à l'accomplissement d'une nouvelle France, ouverte, mais ancrée en occident, qui soit tout autant un barrage contre les dérives de l'extrême droite, que contre la forme actuelle du véritable nazisme qu'est l'islam

Le seul racisme que je lis est celui de Guy Millière, celui d'une élite dévoyée et méprisante pour le Peuple, parce que celui-ci ne serait pas fait d'intellectuels parfaitement instruits et polis. Pauvres autistes sur leur piédestal social, leur semblant de pouvoir intellectuel, oubliant que la vérité n'est pas dans l'empire, mais est née, il y a deux mille ans au milieu des bergers, sur la paille au fond d'une étable.


José Melchor Gonzales, français d'origine vénézuélienne, marié à une noire antillaise, et fier d'être catholique, républicain et français.

Pour Libertyvox

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© José Melchor Gonzales pour LibertyVox - Article paru le 17/12/2005 Imprimer cet article
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