La Une de LibertyVox en RSS: 15 derniers articles 30 Tous
Retour à l'accueil
Retour à la Une  

Loi de 1905: La déliquescence de la République

Alors qu’en France les émeutes font rage, Jean-Gérard Lapacherie s’interroge sur le sens de la loi de 1905 dans une République en pleine déliquescence.

A-t-on lu la loi de 1905 ?

Il est un livre dont tous les citoyens devraient faire leur livre de chevet: c’est de Rémi Brague, La Loi de Dieu, “Histoire philosophique d’une alliance”, Gallimard, 2005. L’alliance entre Dieu et la loi, entre la religion et le droit ou la politique, nouée dans la Grèce antique et dans la tradition biblique, a pris des formes différentes et même situées à l’opposé l’une de l’autre dans le judaïsme d’abord, puis dans le christianisme, enfin dans l’islam. Depuis des décennies, les bien pensants, de l’Association pour le dialogue islamo-chrétien ou autres, laissent accroire à l’unité des trois religions, dites d’Abraham, en se fondant sur deux mots du Coran ahl kitab, qui signifient mot à mot “les gens d’un livre”, mais qui sont traduits de façon trompeuse par les “religions du Livre”, «gens» étant transformés en «religions» et «un» livre en «Le» Livre. Le mérite de Brague est de balayer ces illusions. Les trois religions entretiennent avec la loi des relations divergentes, opposées et même contraires. L’abîme qui les sépare est si profond qu’on est en droit de se demander si elles sont compatibles et même où elles peuvent coexister pacifiquement.

L’islam se constitue comme une religion où la Loi se trouve au centre de tout et où elle régit les mœurs, les conduites, tous les comportements. C’est Allah qui est censé dicter la loi. A partir du XVIe siècle, en Europe, l’alliance de Dieu et de la loi est rendue impossible. Ce qui caractérise l’Europe, c’est l’expulsion définitive de la Cité de toute référence à la loi divine, alors que l’islam, surtout, continue à fonder le droit, la loi, le politique sur le divin. Le christianisme n’a jamais confondu Dieu et la Loi. Dès l’origine, la loi et Dieu sont séparés, si bien que la loi de 1905 n’est pas une loi “de séparation” de l’Eglise (ou de Dieu) et de l’Etat (ou de la Loi). Ils n’ont pas été séparés, puisqu’ils n’ont jamais été unis. Le Dieu chrétien n’est pas le législateur des Hébreux. Il crée la conscience humaine et surtout, il transmet la grâce qui amène les sujets à se plier à ce que leur conscience leur dicte. La séparation a façonné les institutions politiques et aussi les institutions de l’Eglise, qui s’est toujours présentée comme un anti-pouvoir ou un pouvoir tournant en dérision le pouvoir temporel.

C’est à la lumière de ce qu’établit Brague, que je me propose d’examiner la loi de 1905. Elle n’est pas ce que l’on prétend qu’elle est. Dans les articles 1 et 2 du Titre premier, elle énonce trois principes: 1° la liberté de conscience; 2° la liberté des cultes; 3° l’interdiction faite aux pouvoirs publics de financer les cultes.

Le premier principe est posé dans la première proposition de l’article 1: “La République assure la liberté de conscience”. Le deuxième principe est affirmé dans la seconde proposition: “et elle garantit le libre exercice des cultes”. Le troisième principe est exprimé dans l’article 2: “la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte”, de sorte que, “à partir du 1er janvier qui suivra la promulgation de la présente loi, seront supprimées des budgets de l’Etat, des départements et des communes, toutes dépenses relatives à l’exercice des cultes”.

La “liberté de conscience”, écrit Emile Littré dans son Dictionnaire de la Langue française (publié dans la seconde moitié du XIXe siècle), est la “liberté de ne pas professer la religion dominante dans un pays”. Ce principe rend en théorie impossibles des faits qui ont pu se produire au cours de l’histoire de notre pays et que Littré résume par “opprimer les consciences, en empêchant par la force et par l’intimidation la manifestation des sentiments religieux ou moraux”. La liberté de conscience est aussi la conséquence nécessaire de la volonté des Français de ne pas faire du catholicisme ou de quelque autre religion, la religion officielle de la France. C’est la République, c’est-à-dire le régime politique qui incarne l’Etat, qui se porte garant de cette liberté et assure à tous les citoyens et à tous les étrangers résidant en France la liberté de conscience. Qu’en est-il dans la réalité? Ce principe est-il appliqué? Tous les Français jouissent-ils de la liberté de conscience?

Il semble, hélas, que non et que nos dirigeants, nos élites, nos guides, bien qu’ils soient conscients de cet état de choses, ne s’en émeuvent guère, pas plus que de chiens crevés. En effet, dans les quartiers dits populaires ou sensibles, par euphémisme, ou par antiphrase afin de dissimuler qu’ils sont devenus islamiques, la liberté de conscience, sans laquelle la France et même l’Europe ne sont rien d’autre que de vulgaires zones sans culture ni âme, est devenue plus rare encore qu’elle ne l’est dans les pays islamiques purs et durs. Dans ces quartiers, c’est l’islam ou la valise. Les témoignages d’hommes et de femmes courageux, militants du Mouvement des Maghrébins Laïques de France ou de Ni putes Ni Soumise, ne laissent planer aucun doute sur la réalité et l’ampleur de ce phénomène. Dans ces lieux honnis, ceux ou celles qui peuvent jouir de la liberté de conscience ou qui osent encore la revendiquer sont de plus en plus discrets. Il en va de leur sécurité ou de celle de leurs enfants. Ne pas observer l’interdiction de manger ou de boire pendant les journées du mois lunaire de ramadan (on bâfre et on picole la nuit), c’est s’exposer aux crachats, aux menaces, au mépris. C’est voir sa vie quotidienne transformée en enfer. La liberté de conscience n’est plus assurée par la République, d’autant plus que cette même République couvre de subventions ou de passe-droits les organisations, telles l’UOIF, qui, justement, entendent supprimer la liberté de conscience dans les quartiers qu’elles contrôlent. Il faudra que la République choisisse: ou elle assure la liberté de conscience à tous et elle en combat les ennemis, ou elle fait amie ami avec l’UOIF et autres, pour qui la liberté de conscience est un crime, et elle annule l’article premier de la Loi de 1905.

Dans ces quartiers, de jeunes femmes refusent de vivre soumises, c’est-à-dire sous la loi de l’islam, puisque musulman, en arabe, signifie “soumis”. Si elles étaient françaises ou blanches ou menacées par l’Eglise catholique, la République peut-être les protègerait. Encore que. On l’a vue capituler si souvent qu’on ne peut plus rien attendre d’elle. Il y a quelques mois, l’Assemblée nationale et le Sénat ont adopté sans débat un projet de loi visant à porter de 15 ans à 18 ans l’âge légal au mariage des jeunes filles. Pour une fois, tous les élus sont tombés d’accord. C’est qu’il y avait urgence. En effet, des milliers de jeunes filles ou jeunes femmes âgées de quinze ans ou plus, mineures ou fraîchement majeures, dont les parents sont marocains, algériens, tunisiens, sénégalais, maliens, voient, parce qu’elles sont nées en France, leur côte atteindre, à la Bourse des filles à marier, des pics inespérés. Un bref séjour au pays, et les voilà mariées à un cousin qui a payé la dot: le plus offrant rafle la mise. Les parents sont contents, ils ont rentabilisé leur investissement. En échange, le mari a un visa, une carte de séjour, un permis de travail et l’assurance d’obtenir la nationalité et de bénéficier des avantages qu’elle procure. De nombreux Africains utilisent les allocations familiales pour se constituer un capital grâce auquel ils achètent au pays une deuxième, voire une troisième épouse, jeune, à peine pubère. Le cours de la fillette à marier ne cesse de monter dans les bourses sauvages d’Afrique. La traite de femmes, voilà ce que la République laisse prospérer, quand elle ferme les yeux sur les mariages forcés ou la polygamie et qu’elle n’assure pas la liberté de conscience. C’est la traite, non plus pour le travail, mais pour le sexe. Au seul vu de ces faits, dans des décennies, la France risque d’être poursuivie devant un quelconque TPI pour avoir favorisé l’esclavage sur son territoire.

Le deuxième principe énoncé par la Loi de 1905 garantit la liberté des cultes. Il est écrit “libre exercice des cultes”, et non pas “liberté de professer la religion de son choix”, laquelle fait partie de la liberté de conscience. Le culte est la manifestation collective de croyances. Les croyances religieuses ne regardent que ceux qui les professent, les cultes, qui sont publics, regardent la République. Voilà pourquoi il lui est fait obligation de limiter ce libre exercice, s’il porte atteinte à l’ordre public, comme le stipule l’article 1 : “ La République garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l'intérêt de l'ordre public ”. Ainsi, des cultes qui appelleraient à la guerre, au meurtre, au pillage ou à tuer autrui, infidèle, juif ou païen, devraient être restreints et même interdits. Ni le catholicisme, ni le judaïsme, ni le protestantisme, ni le bouddhisme n’appellent les fidèles à tuer leurs semblables. “Tu ne tueras pas”, tel est le commandement. C’est ce que Dieu a voulu, c’est aussi ce que prône l’Etat. Il en va tout autrement de l’islam, dont le livre sacré, le Coran, contient un nombre x, (“121” disent les musulmans de l’organisation El Mouhajiroun, en français: les émigrés), de versets qui appellent à faire la guerre ou à tuer, voler, racketter les infidèles: (sourate II, verset 191) “Tuez-les où que vous les trouviez, chassez-les d’où ils vous chassaient... S’ils vous combattent, tuez-les, c’est le salaire des incroyants”; (sourate VIII, verset 39) “Combattez-les... pour qu’il n’y ait de culte qu’à Allah”; (sourate IX, verset 5) “Une fois passés les mois sacrés, tuez les incroyants où que vous les trouviez, prenez-les, assiégez-les”; (sourate IV, versets 55-56) “Ceux qui ne croient pas à nos versets, nous les pousserons au feu. Chaque fois que leur peau sera brûlée, nous leur donnerons une autre peau pour qu’ils goûtent le tourment. Allah est puissant”. Ces quatre versets ne forment qu’un florilège des horreurs dont Le Coran est fleuri et que psalmodient en public les musulmans qui se sont installés en France. A ma connaissance, la République ne réprime pas ces appels au meurtre ou ces menaces pesant sur l’ordre public ou la sécurité d’autrui. Elle aurait pu et dû exiger en contrepartie de la liberté de culte accordée aux musulmans, qu’ils suppriment des versions françaises du Coran tous les appels au meurtre (appels racistes) dont ce livre résonne. Elle aurait pu et dû poursuivre devant la justice tous ceux qui continuent à psalmodier ou à enseigner ces appels au meurtre, au pillage, au vol, à la guerre, au combat. Elle aurait pu et dû faire appliquer la loi. La loi l’y contraignait, elle ne l’a pas fait ou elle refuse de le faire. Pis, elle accepte comme interlocuteurs des gens qui, le jour même où ils sont reçus sous les ors des palais de l’Etat, ont psalmodié les versets cités ci-dessus.

Le troisième principe, énoncé dans l’article 2, interdit à quelque collectivité publique que ce soit d’assumer les dépenses relatives à l’exercice d’un culte, que cette collectivité soit une commune, un département, une région, l’Etat. Cet article, lui aussi, est caduc. En effet, qu’est-ce qu’un terrain public offert à un euro symbolique, par bail emphytéotique, à une association dite culturelle, qui y érigera une mosquée, sinon le financement d’un culte par les pouvoirs publics? C’est interdit et pourtant cet interdit est devenu la règle dans des centaines de communes. Qu’est-ce qu’une subvention de x millions d’euros accordée à une association, prétendument culturelle, dont tous les membres sont obligatoirement musulmans et, pour nombre d’entre eux, étrangers, pour qu’elle fasse ériger un centre dit culturel, dans lequel sera aménagée une mosquée et où le Coran et la charia seront enseignés à des enfants, sinon le financement illégal d’un culte? Quand, en plus de ces enseignements de base, sera diffusée la haine des femmes, des mécréants, des Chrétiens, qu’est-ce que cela, sinon la violation des principes sacrés qui fondent la France? Tout cela se fait malgré la loi de 1905 et en violation de ce qu’elle énonce.

Le clergé et l’Eglise enseignaient la charité, l’amour du prochain, la solidarité. Dans des centres dits culturels, financés par les citoyens contre leur volonté, l’obligation de charité est remplacée par l’imposition d’une identité islamique, l’amour par la haine, la solidarité avec tous les hommes qui souffrent, quelle que soit leur religion, par la préférence communautaire, id est islamique. La Loi de 1905 a une réalité dans les recueils de lois, où elle est enfermée; elle n’a pas de réalité dans les faits, car cette loi qui, en 1905, a éliminé de la vie publique l’Eglise et le clergé catholique, est détournée au seul profit des musulmans.

Des hommes politiques expriment leur volonté de modifier la Loi de 1905. On peut se demander s’ils vivent dans le même pays que nous, puisqu’ils ne se sont même pas rendus compte que cette Loi était caduque. Les raisons qu’ils invoquent sont diverses: obliger les pouvoirs publics à financer les mosquées, faire belle figure dans les instances internationales, montrer que la France est l’amie de l’islam, faire allégeance aux Etats islamiques producteurs de pétrole de peur que ceux-ci ne soient tentés d’interrompre les livraisons de brut, etc. La vraie raison est ailleurs: ce sont les élections. Changer la Loi de 1905, c’est s’assurer les suffrages de deux ou trois millions de musulmans. Des élus sont près de brader les lois de la République pour se faire élire ou réélire. Plus que les émeutes, les crimes, la guérilla, ces faits disent l’abîme de déliquescence dans lequel sombre la République.

Jean-Gérard Lapacherie pour Libertyvox

Retour à la Une

© Jean-Gérard Lapacherie pour LibertyVox - Article paru le 09/11/2005 Imprimer cet article
URL de cet article = http://www.libertyvox.com/article.php?id=140