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Pas un jour sans que le mot “racisme” ne soit lâché à l’encontre de tel ou tel ayant l’outrecuidance de remettre en cause le dogme du politiquement ou du religieusement correct. Mais qui sont les vrais racistes? Jean-Gérard Lapacherie se fait horloger pour remettre quelques pendules à l’heure et que le sens des mots ne soit pas perverti.

Des mots et des choses ou de ce que nous apprend l’histoire du mot «racisme»

Les auteurs du Trésor de la Langue française (vol. 14, 1990, CNRS, Gallimard) définissent avec précision le sens du mot racisme: c’est «l’ensemble de théories ou de croyances qui établissent une hiérarchie entre les races, entre les ethnies» et c’est la «doctrine politique fondée sur le droit pour une race (dite pure et supérieure) d’en dominer d’autres». De fait, ce qui caractérise le racisme, c’est la croyance, fondée sur la seule idéologie, que:

1) L’humanité n’est pas une, mais divisée en races ou groupes ethniques (idée que l’auteur de ces lignes ne partage pas).

2) Ces races n’ont pas les mêmes talents ou les mêmes vertus.

3) Elles sont réparties sur une échelle hiérarchique.

4) La position d’une race dans la partie haute de la hiérarchie l’autorise à maltraiter, soumettre et même tuer ceux qui sont supposés hiérarchiquement inférieurs.

Racisme et raciste sont formés à partir du nom race auquel a été ajouté le suffixe «isme», comme communisme de commune ou protestantisme de protestant. Isme a pour acception «doctrine», «idées ou propositions à caractère explicatif», «croyances organisées». Dans ces mots, ce qui fait problème, ce ne sont pas les suffixes isme ou iste, dont le sens est clair, mais la «racine», à savoir race. Dans le Dictionnaire de la Langue française que Littré a publié dans la seconde moitié du XIXe siècle, le nom race n’a pas de sens infâme. Alors, racisme et raciste n’existaient pas. En se fondant sur les emplois qu’il relève chez les écrivains français, du XVIIe au XIXe siècle, il donne à race le sens de «famille» et celui «d’espèce». «La race, écrit-il, est la famille considérée dans la durée. De plus elle est la lignée purement naturelle et physique, tandis que la famille implique un rapport social et moral». Le mot a un sens défavorable quand «il se dit (ce qui arrive quelquefois, précise-t-il) d’hommes se ressemblant ou par la profession ou par les habitudes ou par les inclinations: en ce sens il a quelque chose d’ironique ou même d’injurieux» dans les expressions «la race des poètes», «les philosophes, race crédule», «ô imitateurs, race servile». Dans ces emplois, race est injurieux, mais il n’est pas infâme. À propos de race, pris dans le sens «d’espèce», Littré précise: «Dans le langage de la zoologie, espèce est plus étendu que race. L’espèce galline en général, et, en particulier, la race galline qu’on élève en Normandie ou en Bresse». Comme Littré tient à ce que les mots soient employés dans le sens que fixe la convention, il continue ainsi : «C’est une faute où l’on tombe souvent de dire la race bovine, ovine, porcine, chevaline, pour l’espèce. Il faut dire, en général, l’espèce bovine, et, particularisant, la race bovine de Durham, la race normande; la race (de chevaux) percheronne, etc.» Terme de zoologie, la race est «la réunion d’individus appartenant à la même espèce, ayant une origine commune et des caractères semblables, transmissibles par voie de génération». L’infamie apparaît quand race «se dit des hommes». Littré cite des emplois qui ne sont pas périlleux en soi, mais qui peuvent le devenir, si l’idéologie s’en mêle: ainsi dans «les populations de race germanique», «la race caucasienne», «la race juive».

Racisme et raciste sont donc, en français, des mots jeunes. Le premier est attesté pour la première fois en 1902, le second en 1892. Le racisme est une idée récente ou moderne qui est infâme par l’usage délirant qu’en a fait la science, non pas les sciences exactes, mais une des sciences sociales qui a pour nom anthropologie. Ce mot formé de mots grecs signifie «science de l’homme» ou science «humaine»: je dis humaine par ironie, cette science méritant tous les qualificatifs possibles, dont inhumaine, mais pas celui dont elle s’affuble. C’est elle qui a fait de race une source d’opprobre. Fascinés par les sciences de la nature, les savants en sciences de l’homme ont transféré aux hommes ce que les zoologistes ont établi à propos des animaux. La race percheronne a des caractères physiques précis, visibles, tangibles, qui font que les percherons sont différents de chevaux d’autres races, les chevaux arabes, par exemple, plus petits, plus nerveux, plus rapides. Ils se sont fondés sur ces réalités pour distinguer les hommes et les classer en races, en fonction de leur robe (la couleur de leur peau), de leurs cheveux, de leurs yeux, de la forme du crâne ou de l’angle sphénoïdal. Classer implique deux opérations: distinguer, ce qui en soi n’a rien d’infâme, et ordonner hiérarchiquement, ce qui l’est ou peut le devenir. On classe des élèves, en les répartissant en fonction de leur âge dans des niveaux différents, 6e ou 1e, mais on peut aussi les échelonner dans une hiérarchie, du meilleur au moins bon, en fonction des notes, comme on le fait dans les concours, ce qui n’a rien d’infâme, mais peut le devenir, si le classement se fait en fonction de la race. Ce n’est pas la comparaison en soi qui est dangereuse, mais les conclusions qu’on en tire. On compare deux devoirs d’arithmétique. L’un est farci d’erreurs, l’autre n’en contient aucune. Le premier est noté 1, le second 19. Nous, hommes, nous ne croyons pas que «tout se vaut» et que 2 + 2 = 5 vaut 2 + 2 = 4. Ce qui est abject, c’est de tirer de ces résultats des conclusions quant aux élèves, du type: les arabes sont supérieurs en mathématiques aux juifs ou aux aryens ou inversement.

C’est ce à quoi les anthropologues ont conclu. Ce faisant, ils ont discrédité les «sciences» de «l’homme» et de la «société». Or, ceux qui ont fait de race et de ses dérivés des mots infâmes sont justement les mêmes, non pas au sens d’identiques (ce ne sont pas les mêmes individus), mais au sens de prédécesseurs (ils font des sciences humaines et sociales), que ceux qui, de nos jours, tiennent pour infâme le nom race. La boucle est bouclée, direz-vous. Les antiracistes d’aujourd’hui sont les racistes d’hier. Au racisme, infamant à juste titre, que les sciences de l’homme ont inventé et théorisé, les spécialistes actuels de ces sciences opposent le métissage. Le racisme dont ils accablent la France et les Français, le racisme ordinaire (bien que Littré ait montré que la langue française et le peuple qui la parle n’ont jamais donné à race le sens criminel qui est le sien dans les seuls écrits des anthropologues du XXe siècle) peut être limité ou annihilé par le métissage, dont ils chantent les vertus, la grandeur, les beautés. Or, s’il existe un mot raciste, qui devrait faire horreur à tous les hommes à cause du racisme qu’il charrie, c’est métissage. Selon Littré, c’est «l’action de croiser une race avec une autre pour améliorer celle qui a moins de valeur». Le mot, précise-t-il, «est réservé généralement pour les croisements pratiqués dans l’espèce ovine». Métissage est appliqué aujourd’hui aux hommes. Qu’une race supérieure puisse améliorer une race jugée inférieure est une idée sale, épouvantable, infamante, abjecte: c’est du racisme pur, primaire, viscéral. Cela n’empêche pas les spécialistes des sciences sociales de réclamer à cor et à cri plus de métissage, toujours plus de métissage, du métissage en veux-tu en voilà, du métissage à en avoir la nausée, au point que le peu reluisant «métissez-vous les uns les autres» a remplacé le beau «aimez-vous les uns les autres». Ces idéologues ne sont pas pour rien les successeurs des Go Bineau ou Vacher de Lapouge, qu’ils stigmatisent pourtant comme parangons de l’Immonde. Le problème (car il y en a un) n’est pas que le nom race ait pris un sens raciste, ni qu’il ait été supplanté par métissage, mais que ce soit les antiracistes patentés ou de subvention, les antiracistes labellisés, garantis, médiatisés, etc. qui ont substitué l’immonde métissage à l’insignifiant race. Qu’ils aient renoncé à race se justifie. Mais rien ne justifie qu’ils y aient préféré un terme raciste, sauf si l’on pense (et c’est ma thèse) qu’ils se livrent à une de ces manipulations idéologiques dont ils sont avides et coutumiers. Essayons de démonter la manipulation.

Il n’est pas d’accusation plus grave que le racisme. Si la France est raciste, elle doit être mise au ban des nations. Il faut que l’Union européenne l’exclue de son sein, que les pays du monde la boycottent, que l’ONU décide un blocus: tout navire, tout avion, tout camion, tout train, toute voiture doivent être empêchés d’entrer en France ou d’en sortir. On n’échange rien avec les racistes, on ne commerce pas avec eux, on ne va pas chez eux, on ne les accepte pas chez soi, on n’entretient pas de relations diplomatiques avec eux. Il convient de leur appliquer les sanctions qui ont mis fin en Afrique du Sud à l’hideux apartheid. Si les Français sont racistes, c’est leur être -ce qu’ils sont et les définit- qui est anéanti. Raciste, un pays souille les siens, mais aussi toute l’humanité.

L’accusation raciste ne peut donc pas être portée à la légère. Elle n’est recevable que si elle est avérée. Les hommes éclairés, les honnêtes gens, les philosophes, les vrais intellectuels se fondent sur les faits, les textes, les lois, les réalités pour établir le racisme. Ils n’ont pas d’autre horizon que ce qui est attesté, vérifiable, quantifiable et mesurable. Les faits, les textes, les lois, les réalités, les chiffres existent. Il suffit d’aller les chercher là où ils sont consignés, de lire les textes, d’additionner les chiffres, de consulter les lois et les règlements, de saisir les réalités, de prendre connaissance des statistiques ou des constitutions, de les porter à la lumière, de les communiquer à l’humanité tout entière. Ces faits n’ont pas besoin d’être interprétés. Bruts, tels quels, ils parlent d’eux-mêmes. C’est l’éloquence pure, qu’aucun parasite ne brouille. L’arithmétique n’est ni hâbleuse ni verbeuse. Elle élude les ruses, les détours, les ornements de la rhétorique. Pour établir le racisme, il est inutile d’être docteur ou d’avoir suivi des formations diplomantes Bac + 8 ou + 10. Le niveau CM2 suffit. Si on sait compter, on pose les chiffres à la craie sur une ardoise, on additionne, on n’oublie pas les retenues, on divise. Si on a vraiment le niveau CM2, on fait la règle de 3 et on vérifie avec la preuve par 9. L’arithmétique d’école primaire est tout à l’opposé des très aristocratiques Bac + 8 en sociologie. Elle est égalitaire, ouverte à tous, populaire: c’est la démocratie en action. Si l’on dispose d’une calculette, on n’a pas besoin de poser les chiffres. On est sûr de ne pas se tromper.

Les chiffres du racisme sont a) le nombre d'étrangers vivant dans un pays donné et b) le pourcentage de ces étrangers dans la population du pays. Une fois les chiffres établis, la loi à en tirer est le (a+b)² = a²+2ab+b² que nous savions par cœur quand nous avions douze ou treize ans. La voici: plus le nombre d’étrangers vivant dans un pays donné est élevé, plus leur proportion dans la population est forte, moins le pays est raciste. Inversement, moins il y a d’étrangers dans un pays, plus leur proportion dans la population est faible, plus le pays est raciste. Un pays peut être peuplé d’individus que l’on accuse d’être racistes et ne pas être raciste: l’accusation, dans ce cas, est dépourvue de fondement. C’est une insulte, raciste à n’en pas douter. Inversement, il peut être habité par des individus qui se disent «purs» et croient appartenir à une race supérieure et être raciste. Dans l’ordre du racisme, il est normal qu’une race supérieure n’accepte pas que vivent à ses côtés des inférieurs.
Ces chiffres parlent d’eux-mêmes, ils n’ont pas besoin d’être commentés. C’est l’éloquence brute. Éclairée par cette lumière arithmétique, surgit une mappemonde qui redessine le monde. Le monde est divisé. Les pays qui le composent se répartissent, non pas en cinq ou six continents, mais en deux: les racistes et les autres. C’est binaire certes, mais la division a le mérite d’être claire. Les pays racistes sont ceux où il n’y a pas d’étrangers, parfois pas un seul. Les autres, pays normaux, sont ceux où les étrangers sont autorisés à vivre. Le Luxembourg, qui compte 30% d’étrangers dans sa population, n’est pas raciste. L’Algérie, où les étrangers sont menacés de mort et d’où ils ont été quasiment tous chassés, est raciste. La France n’est pas raciste. Les chiffres l’attestent, même si, selon les antiracistes de subvention, y pullulent les beaufs. Le Maroc, qui s’est purifié en trois décennies des trois-quarts des étrangers qui vivaient sur son territoire au début de la décennie 1960, est raciste. La Suisse ne l’est pas, l’Egypte l’est. L’Allemagne n’est plus raciste, la Turquie l’est. La Grande-Bretagne ne l’est pas, l’Afghanistan, le Pakistan, l’Iran le sont, etc. L’Algérie, le Maroc, l’Egypte, la Turquie, l’Iran sont cinq pays, où l’islam a force de loi. Qu’ils soient au cœur du continent raciste n’étonne pas ceux qui savent comment va le monde.

Il en va de même pour ce qui est des immigrés et des réfugiés. Les immigrés sont des étrangers qui s’installent dans un pays, qui y cherchent du travail ou qui en ont trouvé un, qui exercent une activité libérale, qui acquièrent ou ont acquis des biens, qu’ils peuvent vendre sans contrainte. Parfois, les immigrés cessent d’être des étrangers, quand ils obtiennent la nationalité du pays où ils travaillent: de même, les réfugiés ont aussi la possibilité de devenir des naturels. Là encore, pour établir le racisme, il n’est pas nécessaire d’avoir obtenu un doctorat ès sciences sociales sous la direction d’un crétin. Il suffit de s’être assis sur les bancs de l’école primaire. On additionne, on divise ou, si on est fatigué de poser les chiffres, on se contente d’appuyer sur les touches de sa calculette. Plus il y a d’immigrés et plus leur proportion dans la population d’un pays donné est forte, moins ce pays est raciste. Inversement, le pays raciste par excellence est celui qui ferme ses frontières, qui interdit l’immigration ou fait tout pour dissuader les immigrés de s’installer sur son territoire, qui refuse d’accueillir des réfugiés. Les pays qui sont dotés de lois racistes et où pullulent les racistes sont les mêmes que ceux où les étrangers sont indésirables, à savoir l’Algérie, le Maroc, l’Egypte, la Turquie, l’Afghanistan, la Birmanie, l’Iran, etc.

Aux chiffres, s’ajoutent les lois, les pratiques, les règlements, qui sont aussi éloquents que les chiffres, bien qu’ils paraissent moins objectifs. En voici quelques-uns. Les immigrés et les réfugiés ont-ils la possibilité, s’ils le désirent, d’obtenir la nationalité du pays où ils vivent, à certaines conditions fixées par la loi et acceptées ou admises par l’ensemble des nations? Si oui, le pays n’est pas raciste. Il ne se rêve pas comme pur. Il accepte l’Autre ou autrui, il est ouvert, il respecte les différences, etc. Des pays, comme l’Algérie, le Maroc, l’Arabie, réservent la nationalité à ceux qui sont de sang algérien, marocain, saoudien, et qui, bien entendu, professent l’islam. Ils interdisent à leurs ressortissantes d’épouser des infidèles, qui pourraient leur injecter dans le sang -pur, comme il se doit- le sida de l’incroyance. Au regard de ces indicateurs, la France n’est pas raciste. L’Algérie, le Maroc, l’Arabie le sont. Des droits sont-ils accordés aux étrangers, immigrés ou réfugiés? Lesquels? Jouissent-ils des mêmes droits que les autochtones? Leur attribue-t-on des logements sociaux? Peuvent-ils acheter des terres? Peuvent-ils posséder des biens, mobiliers ou immobiliers? Ont-ils le droit d’inscrire leurs enfants dans des écoles publiques? Dans les pays islamiques, la discrimination est la règle. Elle touche les infidèles dont les droits sont limités à celui de respirer sans avoir à en demander l’autorisation. En Egypte et au Maroc, les logements sociaux sont réservés aux nationaux. Ici ou là, dans les pays islamiques, les écoles publiques sont interdites aux étrangers ou aux infidèles. Y a-t-il des juifs et des tziganes? Combien? Sinon, y en a-t-il eu? Quand sont-ils partis? Sont-ils partis librement ou en ont-ils été chassés? Quel est leur statut? Il n’y a pas de juifs dans les pays racistes. En Turquie, en Algérie, en Egypte, au Maroc, en Iran, en Arabie, ou bien ils ont disparu, chassés, pourchassés, persécutés, expulsés, ou bien ils sont interdits de séjour. En l’espace de quelques années, le Maroc a divisé par 10 le nombre de ses juifs. Tous partis, comme les autres immigrés.

Ces indicateurs, qu’ils soient numéraux ou verbaux, dessinent une géographie nouvelle. Au sud de la Méditerranée, de Rabat à Islamabad, s’étend le continent du racisme. Il se confond en grande partie avec le continent de l’islam, ce qui ne dissuade pourtant pas les dirigeants de ces pays de nous infliger, dès que l’occasion s’en présente, leur leçon de morale. Accusant des innocents, ils se disculpent de tout racisme. C’est que, dans le continent raciste, l’accusation se pacse à l’hypocrisie. Les tartufes y font la loi: il y en a plus qu’en comptait au XVIIe siècle la Compagnie du Saint Sacrement. Établis en Europe et en France, ils apportent la tartuferie à la semelle de leurs babouches.

En français, le mot racisme existe depuis une date récente certes, mais il existe. L’accusation raciste est donc une réalité (il est avéré que la France et les Français sont accusés de racisme), mais elle n’a ni réalité, ni fondement. Elle est vraie, au sens où elle est énoncée, non pas au sens où elle est juste. Ce que ce mot désigne, à savoir la certitude de quelques hommes d’appartenir à une race, religion, classe, pays, nation, civilisation supérieurs aux autres, existe aussi, à n’en pas douter, mais pas en France. Il n’a pas de réalité chez les Français. S’il vivait parmi nous, Socrate dirait que le nom s’est éloigné de la règle de justesse qui régit le langage. C’est dans ce sens qu’il y a invention du racisme. Ce qui est faux dans l’accusation raciste, ce n’est pas l’accusation en elle-même, c’est son objet: ce sur quoi elle porte, entité (la France) ou êtres humains (les Français).

Les experts en racisme sont savants. Les Bac + 8 ou plus qu’ils exhibent l’attestent. Bien sûr, ils sont hostiles (du moins, ils le semblent) à ce que le mot racisme désigne, ce qui est à la portée de tous, puisque n’importe qui exprime la même répulsion. Experts en racisme ne signifie pas qu’ils sont racistes (encore que...) ou qu’ils adhèrent à des thèses racistes ou qu’ils les diffusent (encore que...), mais que le racisme est leur fonds de commerce. Voilà pourquoi ils distinguent dix, douze, vingt, cent, mille (etc.) variétés de racisme, toutes différentes, presque autant de variétés de racisme que de racistes dénombrés, et ils voient du racisme partout, même là où il n’y en a pas, car ils en ont inventé une variété rare et extraordinaire: le racisme inconscient, qui ne se manifeste jamais, virtuel ou potentiel, qui reste tapi au fin fond des caves sombres de la conscience. «Si ce n’est pas toi, c’est donc ton frère, ou bien quelqu’un des tiens», accusent ces experts. Vous n’entendez qu’eux, seuls ils ont voix au chapitre. Les citoyens, les Français de la rue, les mal instruits, les Bac – 5, les étiquetés racistes ou beaufs sont intimés de se taire. Leur destin est de se laisser agonir d’injures en silence, l’échine courbée, la tête basse, sans rien dire, les lèvres closes.

Dans l’histoire, récente ou ancienne, du monde, comme dans l’actualité, le racisme a été ou est le fait des colons, des envahisseurs, des conquérants, des occupants, des étrangers. Il est et a été leur spécialité. À «a été», il faudrait ajouter toujours. On ne connaît pas de contre-exemple. Cette loi se vérifie partout, sous toutes les latitudes, quel que soit le continent, à tout moment de l’histoire de l’humanité. Cela ne signifie pas que les colons, conquérants, envahisseurs, étrangers sont ou aient été tous racistes. Il en était parmi eux à qui le racisme faisait horreur. Cela ne signifie pas non plus que les insultes, les exactions, les discriminations, les crimes, qui ont été inspirés ou suscités par le racisme, aient tous été de leur fait ou de leur seul fait. Il n’empêche: c’est un constat. De cela, découle un corollaire. Dans l’histoire récente ou ancienne du monde et dans l’actualité, les victimes du racisme sont ou ont été les autochtones, les indigènes, les peuples conquis, les ressortissants de pays envahis. Il n’y a pas de raison pour que cette loi archaïque ne régisse plus le monde. En bref, aujourd’hui comme naguère et jadis, les racistes sont les envahisseurs, les colons, les occupants, les conquérants, les étrangers, surtout pas les autochtones dont le pays est envahi, occupé, conquis, abandonné ou donné à des étrangers. En Afrique, de 1830 ou avant, à 1962, ou après, le racisme n’a pas été le fait des indigènes. Ils avaient beau être noirs ou arabes, ils ne croyaient pas pour autant qu’ils formaient une race supérieure, dont la mission sacrée aurait été de trucider les étrangers ou les immigrés. Ce sont les colons, français ou européens, qui, ayant immigré en AOF ou en AEF ou en AFN, commettaient contre les moukères, les bougnoules, les felouzes, etc. des crimes horribles inspirés par l’immonde racisme. À chaque vague d’immigration, 1851, 1871, 1900, 1920, le racisme augmentait, non pas chez les indigènes, mais sur la cible facile et aisément reconnaissable qu’ils formaient, chaque nouvel arrivant invectivant de plus belle contre les autochtones, rêvant de s’en faire un, pour avoir plus de place pour lui et les siens. En Amérique, de 1492 à aujourd’hui, les racistes ne sont pas ceux qui vivent sur ce continent depuis des millénaires, mais les pionniers, les conquistadores, les cow-boys, etc. qui, au nom de leur supériorité fantasmée, ont dépouillé les autochtones de leurs biens et de leurs terres, allant jusqu’à les éliminer presque totalement. Pendant le XIXe siècle, les immigrés, affluant de toute l’Europe et même d’Asie, se sont emparés des territoires de ces Américains de souche qui ont été relégués dans des réserves, quand, par chance, ils ont réchappé aux massacres. Les racistes ne sont pas, n’étaient pas, n’ont pas été, ne seront jamais ces autochtones. Ou s’ils sont ou ont été accusés d’être racistes et stigmatisés comme tels, c’est que le mot raciste a pris un sens différent de celui que la convention lui attribue, qu’il ne signifie plus «imbu de la supériorité de sa race, religion, ethnie, famille, etc.» mais «qui appartient à une sale race ou sale ethnie ou sale religion, une race (ethnie ou religion) inférieure, sans prix, et qui, en conséquence, mérite d’être maltraitée, éliminée ou reléguée dans des réserves, etc.» Pendant des siècles, les racistes ont été les Chinois Han, les cosaques du Tsar, les guerriers mongols, les tribus ottomanes parties des hauts plateaux d’Asie dans une fattah qui s’est arrêtée aux portes de Vienne, heureusement pour nous. Plus près de nous, les racistes étaient les Arabes, imbus de la supériorité absolue de leur religion, qui ont conquis en quelques décennies le Proche Orient et l’Afrique du Nord, pas ceux qui ont été conquis, pas les Araméens, pas les Juifs, pas les Syriens, pas les Coptes, pas les Berbères, pas les disciples du moine Maron. Les racistes sont ceux qui, brandissant le sayf Allah (le sabre qui orne le drapeau de l’Arabie saoudite) et coupant les têtes rétives, ont imposé aux indigènes «de souche» une religion nouvelle, des coutumes, une langue étrangère, etc. par le feu, par le fer, par l’émigration: les racistes ne sont pas les victimes, qui ont perdu leur pays, leurs libertés, leur identité et qui ne sont plus rien, sinon des zombies errant au milieu de ruines.

Le mot racisme est manipulé. Au XXe siècle, un pays a excellé dans la manipulation: c’est l’URSS. En Allemagne, à la même époque, les socialistes nationaux n’ont pas bariolé leurs crimes de vives couleurs humanistes: ils faisaient ce qu’ils disaient. Enfermé pendant plus de vingt ans dans les camps du goulag d’URSS, Jacques Rossi sait d’expérience que le communisme a fait dire aux mots le contraire de ce qu’ils signifiaient: «Le mensonge, c’est comme la circulation du sang. On remplace prisonnier politique par ennemi du peuple. Le tour est joué». Ce mensonge institué est nommé toufta ou TFT, acronyme de trois mots russes qui signifient «travail physique pénible». Il est devenu la règle à partir du moment où Lénine a décrété en 1921: «Si jamais les bolcheviks réussissaient à prouver la supériorité du système économique communiste sur le système capitaliste, nous aurions gagné à l’échelle mondiale une fois pour toutes». Seul le mensonge pouvait prouver ce que les faits démentaient. «Bien que ce soit une utopie évidente, les disciples de Lénine décident d’agir comme si c’était la réalité, ce qui engendre inévitablement la toufta, le mensonge et la terreur d’Etat», écrit Rossi. Membre du Parti, Victor Kravchenko a vu les communistes russes affamer les paysans d’Ukraine. Il les a vus aussi cacher la réalité de ce génocide, et cela grâce à une simple manipulation de mot, comme celle qui touche le mot racisme. «Nous autres, Communistes, dans les milieux du Parti, avions grand soin d’éluder («l’horrible tragédie des régions agricoles» d’Ukraine) ou de la tourner adroitement, à grand renfort d’euphémismes ronflants empruntés au sabir du Parti: nous parlions du «front paysan», de la «menace koulak», du «socialisme de village» ou de la «lutte des classes»... Pour n’avoir pas à nous désavouer nous-mêmes, il nous fallait bien cacher la réalité sous un camouflage de mots». Tandis que le communisme s’est propagé dans le monde «grâce au mensonge et au bluff exercés sans limites et sans vergogne à l’égard du monde entier», les grands intellectuels d’Occident sommeillaient sur le mol oreiller de la paresse. Pour se bercer de beaux rêves d’utopie, ces nantis de l’intelligence ont caché que des millions de damnés de la terre avaient été exterminés sans autre motif que l’accusation de «nuisibles» et que des milliards de prolétaires étaient réduits à l’esclavage. En URSS, le «nationalisme», dit «bourgeois», était un crime que les communistes ont assimilé au racisme. Les malheureux qui en étaient accusés étaient condamnés, à la suite de simulacres de procès, à des peines allant de cinq à vingt ans d’internement. Jacques Rossi n’a jamais rencontré, pendant son long séjour au Goulag, un seul bagnard slave, orthodoxe, russe d’un point de vue ethnique, qui ait été condamné pour nationalisme bourgeois. Seuls les Baltes, les Ukrainiens, les Polonais, les Tatars, les Tchétchènes, les Japonais l’étaient. On étiquetait racistes les seuls malheureux sous-hommes que les Soviétiques avaient soumis de force. Les antiracistes ne procèdent pas autrement.

En effet, nos antiracistes de subvention sont marxistes ou léninistes ou maoïstes ou communistes. Ils connaissent sur le bout des doigts la langue de la toufta, au lait de laquelle ils ont été nourris. À la France, ils prédiquent un racisme imaginaire qui, en interdisant aux accusés de se défendre, préserve les accusateurs de répondre de la complicité qu’ils ont manifestée avec des criminels contre l’humanité. Dans la fable de la France raciste, l’agneau est accusé de troubler de son «racisme» l’eau où s’abreuvent les loups. Bien entendu, les négationnistes ne condamnent pas les loups, mais le seul agneau français. Le racisme est le péché imaginaire que la France doit expier pour que les complices de crimes contre l’humanité jouissent éternellement de leur ceinture dorée.

Jean-Gérard Lapacherie pour Libertyvox.



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© Jean-Gérard Lapacherie pour LibertyVox - Article paru le 25/09/2005 Imprimer cet article
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