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Nuit et Bobards

Libertyvox poursuit sa campagne de soutien à Bat Ye’or. Après Anne-Marie Delcambre, Thomas Ower, dans un article violemment polémique, porte ici des coups cinglants à Malek Chebel et Esther Benbassa…

À propos de certains historiens.

Qui se souvient encore de ce manuel intitulé «Histoire du Parti Communiste (Bolchevik) d’URSS» que tout membre du Pari Communiste français devait étudier? Mais attention! Il fallait surtout s’assurer que ce manuel était bien la dernière édition dûment remaniée et expurgée, selon un rite bien établi, après chacune des innombrables purges meurtrières dont le totalitarisme communiste s’était fait une spécialité... En effet, les personnages qui étaient la veille encore des grands personnages couverts de louanges en tant que héros de la Révolution, disparaissaient de la dernière édition ou y étaient décrits comme traîtres, comme vipères lubriques à la solde de l’impérialisme capitaliste, des hitléro-trotskistes «vomis par le peuple», des «sionistes», ou tout ça à la fois. De toute façon ça n’avait aucune importance, ils allaient, en tout état de cause, recevoir leur balle dans la nuque. Il en allait de même pour les photos de groupe des archives historiques, que des retoucheurs maquillaient pour combler le vide laissé par un «traître» éliminé et effacé. Car à l’instar des nazis, ce n’est pas seulement l’homme qu’il fallait supprimer, mais aussi jusqu’au souvenir de son existence. Avec la mort de Staline, son système s’étant écroulé, cette façon d’écrire l’histoire ne semblait plus de mise.

Force est pourtant de constater que, à l’instar de la catastrophe de Tchernobyl, quelques particules contaminées de cette mentalité stalinienne nous polluent encore. Cela nous vaut, entre autres, un Malek Chebel ou une Esther Benbassa, son poisson pilote qui, de fait, met sa «qualité» de juive à son service pour le laver de tout soupçon d’antisémitisme.

Au plan moral, les historiens soviétiques peuvent au moins bénéficier de circonstances atténuantes: ne risquaient-ils pas leur vie en cas d’indocilité? On ne peut donc leur faire grief de ce manque de probité que l’on attend de tout professionnel, du cuisinier au chef d’Etat, en passant par les universitaires, les journalistes et les historiens.

Mais la probité, comme l’élégance du reste, semblent une notion inconnue de ces fossiles d’«historiens» résiduels, sortes de mutants, d’hybrides de «juges» staliniens croisés de wahhabites et de négationnistes à la Garaudy ou à la Faurisson.

Aussi, à court d’arguments sérieux et crédibles pour réfuter les thèses de Bat Ye’or sur la condition de dhimmi en terre d’Islam, Malek Chebel, soutenu par Esther Benbassa, autre «historienne» du même tonneau, a l’inélégance d’exécuter sommairement Bat Ye’or par lapidation médiatique, en la qualifiant «d’historienne de fin de semaine» ou du «dimanche» et de soutenir, au mépris de toute vérité, qu’«en terre musulmane, toutes époques confondues, les Juifs n’ont jamais été victimes de pogroms, de déportation massive, de discrimination ou d’extermination», et de nier le caractère discriminatoire, humiliant et vexatoire de la dhimmitude imposée aux Chrétiens et aux Juifs, comme condition du droit même de vivre. Comme quoi, en plus des «Etats voyous», nous sommes gratifiés d’historiens voyous; ça se tient.

Or, on sait que si la charia «protégeait» effectivement le Chrétien et le Juif soumis au statut, octroyé mais révocable, de dhimmi, c’était contre paiement d’une capitation, véritable rançon, sans parler du protocole et des modalités humiliantes et volontairement vexatoires de ce statut discriminatoire. À cette aune, un Al Capone «protégeait» lui aussi les commerçants moyennant versement d’une «obole». Mais comme les Occidentaux sont «spirituellement» incultes, ils désignent ça par le mot anglais «racket», que Malek Chebel traduit en arabe par le terme «jiziya», plus conforme à la Charia. Voilà qui change tout! Mais ce n’est pas tant cette histoire de «protégés» qui les fait tant baver de rage. Alors que, à force d’assaisonnements, d’aromates, d’agents de sapidité et d’ornements, ces «historiens» et autres «intellectuels» essaient de désodoriser et d’enjoliver un mets avarié et indigeste pour nous le faire avaler, voilà que Bat Ye’or, dans ses écrits, leur «casse la baraque». C’est impardonnable. Le metteur en scène néerlandais Théo Van Gogh a déjà payé de sa vie le prix de son audace et, sa compatriote Ayan Hirsi Ali, qu’une fatwa a condamnée à mort, doit être protégée à chaque pas par des gardes de corps. Mais rassurons nous, Malek Chebel ne tue personne de ses mains. Dans la répartition des tâches du jihad, les uns portent la bombe, le couteau ou la Kalachnikov, d’autres, manient la plume et l’arme de la parole. Par sa plume, Chebel désigne seulement la cible aux égorgeurs. Tout cela se complète et s’emboîte.

Depuis des décennies, la propagande islamiste, relayée par le gauchisme et l’alter mondialisme, s’efforce d’inhiber toute résistance et toute contre-attaque des Occidentaux face à l’insécurité perpétuelle que le jihad terroriste fait peser sur eux, en leur inculquant un sentiment de culpabilité dans tous les domaines: croisades, esclavage, peine de mort, colonialisme, dont le monde arabe musulman, paré de toutes les vertus possibles et imaginables, fut l’innocente et éternelle victime. Le bon Islam versus le pervers Christianisme. L’islam qui aurait toujours «protégé» les Juifs et s’en trouverait pur et sans tache de tout antisémitisme, opposé au Christianisme qui les aurait toujours «discriminés et persécutés».

Et voilà que des infidèles, des dhimmis de surcroît, et pire encore, une femme, une juive, viennent souffler sur ce beau château de fausses cartes, en soutenant publiquement que la tolérance des pouvoirs musulmans envers les Chrétiens et les Juifs repose sur un mythe, que ces autorités ne sont pas plus tolérantes envers les nombreux musulmans qui rêvent de respirer un air moins étouffant. Que l’esclavage est non seulement loin d’être l’apanage des Occidentaux, mais que les Arabes, dominant le marché aux esclaves, ont «consommé» plus d’esclaves africains que les Occidentaux dont ils étaient aussi les fournisseurs. Que les Croisades ont été précédées des Jihads qui ne furent pas moins sanglants. Que les Arabes musulmans, sortis de la péninsule, se sont taillé un vaste empire colonial auquel ils ont imposé l’Islam et la langue arabe comme instruments de soumission des peuples colonisés.

La voie est ainsi ouverte pour ajouter, à propos de la peine de mort, dont nous stigmatisons les Etats-Unis en raison des 70 ou 80 exécutions capitales par an pour crimes de sang, alors que nul ne parle des exécutions capitales allègrement pratiquées tout le long de l’année, par centaines, non pas pour des crimes, mais pour des infractions aux prescriptions de la Charia (plus clémente pour les hommes que pour les femmes) dans chacun des pays musulmans. Comparée à l’Islam, l’Amérique chrétienne en est à l’échelle artisanale. Alors «les caves se rebiffent». Même s’ils ne sont pas chrétiens, ils en ont marre de voir le Christianisme malmené et l’Islam respecté et sanctuarisé alors que le Christianisme, contrairement à l’Islam, a su non seulement évoluer, mais ses autorités ont eu le courage de reconnaître certaines de leurs fautes passées, chose qui, pour le moment, est impensable du côté de l’Islam qui s’enferme dans un négationnisme acharné et dans un fondamentalisme le plus rétrograde.

Alors, un microscope ne serait pas de trop pour voir la différence entre un Malek Chebel et Jean-Marie Le Pen, cet autre «historien», qui soutient avec une bonne foi et une compétence comparables à celles de Malek Chebel, que l’occupation allemande de l’Europe entre 1940 et 45 n’avait rien d’inhumain, ce qui est du reste historiquement vrai et «certains» témoins le confirmeraient. Helmut Schweinkopf von Abort, ci-devant Oberstumführer et le commerçant parisien Marcel Dubonbeurre, qui se fréquentaient à Paris en ces beaux jours de l’occupation, me disaient avec nostalgie, et je les crois sur parole : «qu’est-ce qu’on bouffait bien à Paris! Qu’il était doux et agréable ce bruit festif des bouchons de champagne qui sautaient gaiement, et comme on s’amusait dans les cabarets et restaurants fréquentés, sans discrimination, natürlich, par les Allemands vainqueurs et les Franzosen vaincus, rois du marché noir, écrivains célèbres, artistes cotés, philosophes, historiens, journalistes et autres collabos tous fraternellement unis!». Alors, ces histoires d’une France affamée, de ces aliments chichement rationnés, de discrimination raciale et de déportations et d’exterminations, c’est l’invention d’une sorte d’historienne du dimanche germanophobe. Jawohl Kamerad Malek, jawohl Kameradin Esther, puisque des historiens pas moins sérieux et compétents que vous, l’affirment.

Si vous voulez d’autres preuves de ce que les Juifs sont capables d’inventer comme fables pour se faire du fric sur le dos des malheureux Allemands et pour persécuter impunément ces pauvres Palestiniens, référez-vous en toute confiance au Professeur Faurisson, historien du même niveau et de la même rigueur scientifique que Malek Chebel.

Mais qu’est-ce donc que l’Histoire? Comment reconnaître un historien au milieu de cette foule de personnes les plus diverses qui, ayant un jour raconté une histoire, s’affublent de ce titre?

Depuis que l’Histoire s’est démarquée du mythe, de la légende, du roman, de la fiction et de la pure propagande politique ou religieuse, un historien digne de confiance fait preuve d’abord et avant tout de probité. Il est l’humble serviteur de la Vérité, conscient de sa responsabilité, imprégné du respect qu’il doit à la mémoire de l’humanité transmise de génération en génération, qu’il va à son tour retransmettre. En plus de ces qualités morales qui sont étrangères à Malek Chebel et consorts, la démarche d’un historien est animée d’un esprit rigoureusement scientifique. Il n’aborde donc son travail qu’après s’être dépouillé de ses convictions, de son idéologie, de sa religion qu’il est ensuite libre, une fois son travail terminé, de retrouver au vestiaire. Faisant taire ses passions, il examine soigneusement chaque document, chaque argument, chaque fait et n’écarte aucun de ceux qui pourraient invalider une conclusion déjà acquise d’avance. En matière d’Histoire, il n’y a pas de vérité partielle. Le partiel est forcément partial. Une demi-vérité cèle un mensonge entier. D’un fait isolé, on ne peut dégager une règle générale, applicable en tout lieu et en tout temps, avant de s’assurer, sans parti pris, qu’il n’existe aucune exception à cette règle et, si tel est le cas, on a le devoir de le signaler sans équivoque. L’historien ne parle pas: il laisse la parole aux documents, aux archives, aux témoins de l’époque qu’il fait se confronter dans un débat contradictoire.

Alors, Malek Chebel et consorts sont-ils des historiens? Avec eux, on a plutôt affaire à des fraudeurs sur l’étiquetage. C’est une activité facile et sans risques qui fait vivre son homme. Les consommateurs de bordeaux et de camembert sont en effet mieux protégés de la fraude par la législation française et par les commissaires de Bruxelles que les étudiants en Histoire ou les simples dilettantes. C’est ainsi qu’un maquilleur, une esthéticienne, un chirurgien plasticien peuvent se faire passer pour des historiens. Mais Malek Chebel ignore sans doute que même avec un visage transformé par un habile chirurgien, le Docteur Mengele, qui s’était illustré à Auschwitz, n’en restait pas moins un monstre, même sous une nouvelle identité. Et il faudrait plus et surtout mieux que lui, pour donner de l’Islam, tel qu’il se manifeste de nos jours, un visage attrayant et séducteur. Et il faudrait aussi quelque chose de plus édifiant qu’une Esther Benbassa, officiant comme faux témoin, pour cautionner cet islam lifté et relooké en surface par Malek Chebel. En voilà un qui pourrait ajouter à sa carte de visite, parmi ses multiples domaines de compétence qu’il étale, celle non protégée par une réglementation, mais pour une fois non usurpée, de maquilleur et de faussaire de l’Histoire.

Islamophobie? Encore un néologisme stalinoïde, une arme de plus, inventée par un jihadiste terroriste pour discréditer d’avance et inhiber toute critique, non pas d’une pratique religieuse qui n’est ni plus ni moins respectable qu’une autre, mais d’un avatar du totalitarisme le plus liberticide et le plus meurtrier de l’Histoire, agitant le drapeau d’une religion dont il impose sa grille de lecture et son application.

À cette aune, Madame Benbassa, qui qualifie Bat Ye’or d’islamophobe, ne devrait pas arrêter son vertueux anti-racisme indiscriminé en si bon chemin. Ainsi, l’antifascisme serait un racisme italophobe et l’anti-hitlérisme un racisme germanophobe. Curieuse dame! Étrange «historienne». Elle est sûrement la dernière à ignorer la vie et les œuvres, écrites en arabe, de Maimonide. Elle connaît sûrement les circonstances qui ont amené la famille de Maimonide à fuir cette Andalousie, cette Espagne du mythique «âge d’or» musulman, pour éviter de devoir choisir entre la mort et la conversion à l’islam. Et des mises à mort pour refus de conversion, Maimonide en fut témoin en terre d’islam. Alors, même s’il a finalement trouvé la paix et la dignité auprès de Saladin, on se demande quel manque de probité, quelle absence de déontologie professionnelle et intellectuelle, quelle perversion pathologique, quelles frustrations refoulées amènent cette Esther à cautionner la fable négationniste de Marek Chebel, publiée dans Le Point du 10 mars 2005, et de couper court à toute contradiction en qualifiant Bat Ye’or d’islamophobe?

J’avoue mon incompétence en matière de rouages psychologiques pour apporter une réponse. Elle devrait se faire suivre par un psy. Tiens! Pourquoi pas Malek Chebel? Ne fait-il pas figurer cette compétence sur sa carte de visite? Il lui fera sans doute un prix d’ami.

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© Thomas Ower pour LibertyVox - Article paru le 21/05/2005 Imprimer cet article
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