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Immigration ou colonisation?

Leïla Cherghi ouvre le débat sur le "Contrat d'accueil et d'intégration". S'il définit les droits de l'étranger, insiste-t-il assez sur ses devoirs?

Selon les informations du 28 avril, l’Etat «simplifie» l’immigration légale par la création d’une «Agence nationale de l’accueil des étrangers et des migrations». Le premier produit révolutionnaire de cette création est un nouveau sigle, «l’Anaem» qui résulte de la fusion d’un tas de machins émargeant au budget national aussi inefficaces les uns que les autres. Pour le reste, pas grand-chose de changé, loin s’en faut. Cette mesure viserait quelque 150 000 immigrés «légaux» par an. Or, les «illégaux» sont au moins aussi nombreux à entrer chaque année en France. Comme toutes les mesures, cette Anaem part d’une louable intention, celle d’aider les immigrés à s’intégrer dans le pays d’accueil; à cette fin, ils sont invités à signer un «contrat d’accueil et d’intégration» dit CAI (encore un merveilleux sigle qui enrichit notre si belle langue).

Par ce CAI, dont la signature reste facultative, l’immigré s’engage, entre autres, à suivre des cours de français et d’éducation civique. Cela se fait depuis belle lurette aux Etats-Unis où ça marche assez bien. Pour ce qui est de la France, les initiateurs de l’Anaem annoncent avec satisfaction que 90% des immigrés se montrent prêts à signer ce CAI, ce qui semble un pourcentage encourageant. Mais il y a plusieurs hic que nos irresponsables passent sous silence. Le pourcentage de 90% mériterait d’abord d’être plus détaillé dans la mesure où il constitue une moyenne, alors qu’il peut considérablement varier selon le pays d’origine. En outre, les immigrés en question ne paraissent pas être ceux dont notre économie pourrait avoir le plus besoin, puisqu’ils résultent à 80% d’un «regroupement familial», c'est-à-dire d’épouses (uniques mais souvent multiples) et d’enfants (dont rien ne certifie qu’ils ne sont pas «empruntés» dans le pays d’origine), ce qui ne peut se traduire que par l’aggravation des problèmes de logement, de scolarisation et l’accroissement des dépenses sociales et médicales, dans un pays soumis à la loi du marché, alors qu’il n’a même pas réussi à intégrer socialement et culturellement les millions d’immigrés déjà sur place depuis de nombreuses années. Outre ces obstacles à la cohésion nationale, cette immigration non gérée , de par son coût social disproportionné, pèse sur les prix de revient de nos produits et sur nos charges publiques. Cet aspect n’est pas non plus sans incidence sur le citoyen contribuable.

Mais là où les choses deviennent inquiétantes pour notre cohésion nationale, la paix sociale et notre sécurité, ce sont les 10% du total des immigrés qui refusent de signer le CAI. Pourcentage certainement plus important chez les originaires des pays musulmans qui, j’en suis parfois témoin, empêchent leurs épouses de signer ce CAI, comme cela est signalé entre autres pour des ressortissants tunisiens. Or ce refus, outre le caractère discriminatoire à l’encontre des femmes, incompatible avec nos valeurs, mais que nos dirigeants entérinent, vise à empêcher toute intégration harmonieuse de ces familles à la France et mène à la ghettoïsation volontaire des immigrés musulmans et, avec l’accroissement de leur nombre, à la multiplication et extension d’enclaves ethniques travaillées par des éléments hostiles aux principes et aux valeurs de la France.

Comme pour illustrer nos craintes, le même quotidien (le Figaro du 28/4/05) annonce dans un autre article un «coup de filet contre des groupes djihadistes» implantés en France. Ce beau pays des droits de l’homme prônant la tolérance est en effet devenu l’un des principaux foyers de recrutement pour le djihad contre les «Croisés», c'est-à-dire les Chrétiens, et contre l’Occident impie. Or, c’est dans cet Occident dont ils usent et abusent de la tolérance, de la liberté et souvent d’un surprenant droit d’asile politique, que ces djihadistes évoluent dans les implantations musulmanes comme un poisson dans l’eau. Il serait certes odieux de voir un djihadiste dans chaque immigré musulman, mais il serait suicidaire de fermer les yeux sur le vivier que constituent ces jeunes immigrés ou enfants d’immigrés dont l’absence de formation, de préparation et surtout de toute planification de l’immigration, les condamnent au désoeuvrement et deviennent ainsi une proie facile et réceptive pour le crime organisé et surtout, pour les recruteurs islamistes en quête de «chair à canon», sous couvert de religion.

Or, en empêchant les femmes immigrées de suivre des cours de français, les fachos islamo machistes les enferment et les isolent du pays dans lequel elles vivent et dans lequel leurs enfants grandiront. Ceux-ci en seront handicapés dans la pratique du français et seront condamnés à l’échec scolaire avec, à la clé, la délinquance. Nul n’est besoin d’un devin pour le pronostiquer, cela se passe déjà sous nos yeux. Lorsque les jeunes «français» djihadistes rentreront d’Afghanistan, de l’Irak… ou d’un attentat aux Etats Unis, ce sera pour poursuivre le djihad en France dont ils sont citoyens, mais dont ils considèrent les non musulmans ou les musulmans trop tièdes comme des ennemis. «Au mieux», on les retrouvera dans le grand banditisme, si on peut faire la différence entre le crime «pieux» et le crime crapuleux.

Or, ce «scénario catastrophe» n’est pas une fatalité, sauf si nos gouvernants continuent à bricoler «à la Dubout», par rafistolages, des machins qui ne marchent pas, au lieu de tout mettre à plat une fois pour toutes et de procéder à des mesures drastiques mais constructives.

Pour commencer, un CAI ne doit pas être «proposé» mais «imposé» à l’immigrant et à son épouse, comme condition sine qua non de leur droit de séjour, y compris pour ceux qui prétendent, généralement de façon mensongères, que celui-ci n’excédera pas cinq ans. Ou alors, le principe du «regroupement familial» peut très bien se réaliser dans le sens du retour au pays du chef de famille. Du reste, c’est dans le pays de départ que le candidat à l’immigration et son épouse devraient effectuer un stage d’initiation aux coutumes, aux règles de vie du pays d’accueil et à la langue française, ce qui leur fournirait une base pour poursuivre leur formation en France. De même, alors que la polygamie est réprimée par la loi, il est totalement aberrant de tolérer en faveur de tel ou tel groupe religieux et sous prétexte de «tradition», ce qui est interdit aux autres habitants et citoyens. Les familles polygames doivent donc se voir obligées de choisir entre la dissolution (avec des mesures d’aide, d’assistance et de formation aux épouses «divorcées» et à leurs enfants effectivement éloignées du polygame) ou le retour au pays où la polygamie est légale. Bien entendu, toute immigration de familles ou d’épouses de polygames doit être, sans la moindre dérogation, strictement interdite et les contrevenants expulsés sans retour et sans recours. Après tout, et ma famille en a fait l’expérience, la République n’oblige personne à s’installer en France; mais ceux qui le font doivent en accepter les lois, respecter les us et coutumes du pays d’accueil et surtout faire l’effort d’en apprendre la lange et s’y intégrer. Droits et devoirs vont de pair et sont indissociables.

Pour des raisons de sécurité et pour favoriser l’intégration de la population venue des pays musulmans, tout imam ne maîtrisant pas le français serait interdit de séjour en France. En outre, tout imam, toute personne s’adonnant au prosélytisme, et ressortissant d’un pays qui ne tolère pas la pratique d’une autre religion que l’Islam, ou qui réprimerait le prosélytisme d’autres religions sur son territoire, doit être interdit de séjour en France, partant du principe que la tolérance ne peut être que mutuelle; il faudra bien apprendre un jour à ces fondamentalistes qu’ils ne peuvent bénéficier de la moindre tolérance dans notre pays, sans un minimum de réciprocité dans leur pays d’origine. C’est une question de dignité pour la France.

Intrusion de l’Etat laïque dans le domaine religieux? En ce centième anniversaire de la loi de 1905, la France devrait se souvenir des mesures parfois coercitives qui avaient alors été prises, allant jusqu’à l’expulsion des Congrégations. Ce courage dont la Troisième République fit alors preuve contre une Eglise catholique dominante et politisée ferait-il à ce point défaut à la Cinquième République confrontée à un Islam fondamentaliste à propension djihadiste dont même les «musulmans» modérés ou agnostiques ont tout à redouter?

Sursaut national, voire nationaliste? Tout simplement sursaut républicain. Mais que d’obstacles idéologiques à balayer? Que de longs et pénibles efforts attendent encore cette France que j’ai appris à aimer de plus en plus après chaque voyage dans un pays musulman !

Par Leïla Cherghi pour Libertyvox*

*Par crainte des égorgeurs islamistes, protégés contre toute expulsion de France par le droit d’asile ou par le soutien systématique et sans discernement d’associations se réclamant des «droits de l’homme» et de «l’anti-racisme», l’auteur, Française, républicaine et laïque, d’origine maghrébine qu’elle ne renie pas, mère de famille et exerçant une profession libérale, signe sous un pseudonyme.

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© Leïla Cherghi pour LibertyVox - Article paru le 12/05/2005 Imprimer cet article
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